Pour les articles homonymes, voirLefèvre.
| Peintre de cour | |
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| Sépulture | Cimetière du Père-Lachaise, Grave of Robert-Lefebvre(d) |
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Robert Lefèvre, né le àBayeux et mort le àParis, est unpeintrefrançais.
Pratiquant la peinture d’histoire, de compositions religieuses et de portraits, il est un concurrent indiscuté deGros et deGérard pendant toute la durée du Consulat, de l’Empire et de la Restauration. Il a été successivement le portraitiste de Louis XVI, du Premier Consul, de l’Empereur et des Bourbons de la Restauration[1].
Robert Lefèvre ayant très tôt montré des signes de son talent, son père, qui ne voulait pas le voir entrer dans la carrière d’artiste, l’a placé comme expéditionnaire chez un procureur deCaen, d’où il a fait un premier voyage, à pied, pourParis, pour voir les tableaux de maître[1].
Revenu à Caen, sa vocation remportant sur la volonté de ses parents, il abandonne labasoche et vit en peignant des portraits et des enseignes de magasin. Sa réputation est suffisante à Caen, àBayeux, et dans les localités duCotentin pour qu’il soit appelé à exécuter une série de peintures décoratives en camaïeu dans les deux principales pièces du château au manoir La Motte d'Airel, de la famille de Marguerye[n 1].
En 1784, suffisamment à l’aise pour entreprendre son second voyage à Paris, il entre dans l’atelier queJean-Baptiste Regnault, de l’Académie de peinture, venait d’ouvrir[n 2]. Cette école, qui a longtemps été rivale de celle deDavid, pratiquait également« l’imitation de l’antique, mais avec une interprétation moins rigoureuse et moins froide[2]. ».
Sa réputation a commencé avec laDame en velours noir, qu’il a exposé auSalon de 1791[3]. Le jury de 40 membres l’a mis au nombre des artistes qui se sont réparti le prix d’encouragement de90 000 livres votée par laConstituante. Encouragé par ce premier succès, il en soumet neuf au Salon bisannuel de 1795, puis une série de sept portraits, dont celui d’unArtiste jouant la comédie, en 1796. En 1798, il présente plusieurs portraits et un tableau mythologique,l’Amour aiguisant ses flèches, qui lui avait déjà valu un prix d’encouragement dans un concours[1]:25.
Il produisait, en même temps, nombre de tableaux d’histoire ou de genre, restés dans son atelier ou vendus à des particuliers. Au concours de fructidor an VII, il a obtenu un nouveau prix d’encouragement, et a lui-même été nommé membre du Jury des Arts, à côté de David, Vincent et Regnault, pour la répartition des travaux d’encouragement. En 1805, il a été admis au nombre des membres de laSociété philotechnique, sur un rapport de son secrétaire perpétuel, le publicisteJoseph Lavallée. Il a lui-même, par la suite, été sollicité pour rédiger des rapports sur certains de ses confrères sollicitant leur admission, dont le maître de l’école du paysage historique,Jean-Victor Bertin, et le peintre d’histoireJean-Antoine Laurent[1]:28.
Élève de Regnault, dont les principaux succès sont dus à des sujets mythologiques, il s’est tout d’abord essayé dans le même genre, mais ses envois aux Salons montrent qu’il s’est peu à peu dégagé de l’influence de son maître pour trouver sa voie[n 3]. Dès 1796, il va consacrer son talent au portrait, genre par ailleurs plus profitable. Après labataille de Marengo, il a eu un différend avec le pastellisteJoseph Boze, qui revendiquait un de ses tableaux[1]:55[n 4].
Les portraits deNapoléonIer[n 5], deJoséphine de Beauharnais, deMadame Bonaparte, deMarie-Louise, la princessePauline, le roi d'EspagneJoseph,Lucien Bonaparte,Louis, roi de Hollande, ont fait de lui un portraitiste en vogue attaché aux personnalités impériales. Ce que Napoléon, dont l’esthétique se bornait à admirer ce qui se rapprochait le plus, dans les arts, de la vérité d’imitation, appréciait le plus dans son talent était la ressemblance de ses portraits[n 6].


Sa vogue, comme portraitiste de souverains, était si solidement établie, qu’il n’a jamais eu jamais à souffrir des changements de gouvernement. Dès 1811, son œuvre faisait l’objet de contrefaçons[3]. Après la chute de l’Empire, au lendemain de laPremière Restauration, il a exposé, le, au musée royal des Arts, lePortrait de Louis XVIII, pour laChambre des pairs, exécuté sans séance et entièrement de mémoire. Au commencement de laSeconde Restauration des Bourbons, leMoniteur universel du, annonçait qu’il avait été nommé premier peintre de la Chambre et du Cabinet du roi, statut que laRévolution de Juillet devait lui faire perdre[3]. Quatre ans plus tard, le même journal annonçait, le, qu’il venait d’être nommé chevalier de laLégion d'honneur.
Les principaux, parmi le grand nombre de portraits qu’il a peints, sont ceux deMalherbe[n 7], deGuérin, deCarle Vernet[n 8], dePie VII[n 9], de l’archi-trésorierLebrun, duc de Plaisance[n 10], deCharles X, de la duchesse d’Angoulême, de la duchesse de Berry, deCharles-Pierre-François Augereau duc de Castiglione[n 11], et du graveur et directeur du Musée de VersaillesDominique Vivant-Denon, qui a été le véritable ministre des Beaux-Arts duConsulat et de l’Empire[n 12].

Deux de ses tableaux mythologiques,l’Amour aiguisant ses flèches etl’Amour désarmé par Vénus[n 13],[n 14], ont été gravés parDesnoyers. Les plus célèbres de ses compositions dans le genre historique sontPhocion prêt à boire la ciguë,Roger délivrant Angélique,Héloïse et Abeilard, unCalvaire pour leMont Valérien[n 15]. Sa grande toile,L’Amour désarmé par Vénus, dumusée du Louvre, a été reproduite dansLe nu ancien et moderne[4],[n 16].
Travaillant très vite, il était, en outre doué d’une grande mémoire qui lui a permis, en mainte occasion, d’obtenir une ressemblance complète sans avoir le modèle sous les yeux. C’est ainsi qu’il a reproduit, de mémoire, et avec fidélité, les traits du chansonnierDésaugiers et duduc de Berry, après leur mort[1]:83.
Se plaignant fréquemment, de 1824 jusqu’à 1827, de douleurs de goutte ou de rhumatismes, dans sa correspondance avec son élève, Fanny Defermon, il terminait son dernier ouvrage : l’Apothéose de Saint Louis pour lacathédrale Saint-Louis deLa Rochelle, au moment même où éclatait l’insurrection de Juillet. Des bandes armées passaient bruyamment sous les fenêtres de son atelier, situé au 3,quai d’Orsay, où il était assis devant son chevalet, pour prendre part à l’attaque du Louvre et des Tuileries. Le surtout, le combat a été terrible, des coups de feu retentissaient sur les deux rives de la Seine, et une balle perdue est venue briser l’une des vitres de la pièce où il travaillait, et a troué le grand tableau du Christ en croix[n 17], qui n’avait pas encore été livré aux missionnaires du mont Valérien.
Déjà prédisposé au délire de la persécution, le peintre vieillissant a cru voir, dans cet incident dû au hasard de la bataille des rues, une attaque dirigée contre sa personne, voire une vengeance. Cet incident, ajouté au chagrin de perdre, avec le départ de la famille royale pour l’exil, tous les titres et tous les avantages qu’il tenait du gouvernement deCharles X, a eu raison de sa santé mentale et, dans un accès de désespoir, il s’est coupé la gorge[n 18]. Les journaux qui ont annoncé les obsèques du « premier peintre du Cabinet du roi Charles X » ont évoqué les suites d’« une longue et douloureuse maladie[n 19] », mais cette note, probablement communiquée par la famille, était destinée à masquer la vérité[1]:118[n 20].
Il a eu trois fils. L’aîné, Hippolyte, né en 1791, Charles Paul né en 1792, inspecteur des douanes, et le cadet, Jules, né vers 1795, tué à 18 ans à la bataille de Leipzig en 1813.Il a été l’ami dePierre-Narcisse Guérin, deCarle Vernet, deJean-Victor Bertin, deJan van Damme el, deCharles de Steuben, de Vèze,Jean-Pierre-Henri Élouis, Nourry, Fleuriau, Désaugiers[1]:115.
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