En 1983, Robert Kennedy Jr. est condamné à deux ans de prison avec sursis pour détention d'héroïne[2]. Il dit plus tard avoir été dépendant de cette drogue pendant 14 ans, ayant commencé peu après l'assassinat de son père[3].
Le 8 mai 2024,The New York Times révèle une déposition de Robert Kennedy Jr. datant de 2012, dans le cadre d’une procédure de divorce. Le document indique que des médecins ont diagnostiqué qu’un « ver était rentré dans son cerveau, en avait rongé une partie et était mort ». Il a aussi subi une intoxication au mercure, qui peut entraîner des problèmes neurologiques[4]. Le document fait ensuite état de « problèmes cognitifs évidents » ainsi que « d’une perte de mémoire à long terme et à court terme »[5].
De 1986 à 2017, il travaille comme avocat pour l'ONG de protection de l'environnement Natural Resources Defense Council[2].
Il est l'un des avocats de Dewayne Lee Johnson, qui a gagné un procès historique contreMonsanto en 2018. L'entreprise est condamnée à verser au plaignant 289 millions de dollars[6].
Il estproducteur délégué du filmVaxxed II: The People's Truth, la suite de 2019 du film anti-vaccination complotisteVaxxed[7].
Il préside de 2015 à 2023, l'organisation anti-vaccination World Mercury Project, devenueChildren's Health Defense en 2018[8].
En 2021, les comptesInstagram etFacebook deChildren's Health Defense, l'organisation que préside Robert Francis Kennedy Jr., sont supprimés par la maison-mèreMeta pour « violations répétées de [leurs] politiques sur le Covid-19 »[9].
Logo de campagne du ticket Kennedy-Shanahan.Robert Francis Kennedy Jr. en 2024.
Le, il présente sa candidature à l'investiture desprimaires du Parti démocrate pour l'élection présidentielle américaine de 2024[2]. C'est le quatrième membre de sa famille à être candidat à l'élection présidentielle américaine aprèsJohn Fitzgerald Kennedy,Robert Francis Kennedy etTed Kennedy. Au début du mois d', il annonce renoncer à cette candidature et se présenter comme candidat indépendant pour la prochaine élection présidentielle. Un sondageReuters/Ipsos estime alors qu'il bénéficie du soutien de 14 % des électeurs potentiels[10]. Le, il annonce le nom de sa colistière pour l'élection présidentielle de 2024, l’avocateNicole Shanahan[11]. Il se présente comme une alternative entre les deux anciens présidentsJoe Biden etDonald Trump. Mais, à la suite du désistement de Joe Biden en faveur de sa vice-présidenteKamala Harris, Robert Francis Kennedy descend à 4 % des intentions de vote dans un sondage duWall Street Journal du[12],[13]. Le, il annonce suspendre sa campagne et se ranger derrière le candidat républicain Donald Trump[14].
Lors de l'élection présidentielle, malgré son désistement, son nom reste inscrit sur les bulletins de vote de plusieurs États, de sorte qu'il recueille plus d'un demi-million de voix[15]. Après la victoire de Donald Trump à l'issue de ce scrutin, il est pressenti pour devenir le futursecrétaire à la Santé et aux Services sociaux de ce dernier[16], ce que le futur président annonce officiellement le 14 novembre[17]. Le, sa nomination est confirmée par leSénat par un vote de 52 contre 48[18]. Il contrôle ainsi leCentres pour le contrôle et la prévention des maladies, laFood and Drug Administration et leNational Institutes of Health, la plus grosse agence de financement de la recherche biomédicale, avec un budget annuel total de 1 700 milliards de dollars[19].
Le 2 mars 2025, alors qu'une épidémie de rougeole touche le sud-ouest des États-Unis, notamment l'est du Texas, Robert Kennedy Jr. se prononce en faveur de la vaccination contre cette maladie. Après le décès d'un enfant non vacciné quelques jours plus tôt, il avait dans un premier temps minimisé l'importance de l'épidémie, et au cours des années précédentes, avait été l'auteur de déclarations fausses sur la sécurité duvaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons[20]. Deux jours plus tard, il se prononce également en faveur de traitements alternatifs comme la consommation d'huile de foie de morue, riche envitamine A. Les spécialistes considèrent toutefois que cette approche est surtout pertinente pour les personnes carencées envitamine A, et ne constitue pas une alternative à la vaccination[21].
En juin 2025, il prétend en se basant sur une seule étude de portée limitée que levaccin DTC causerait une mortalité élevée[22].
En avril 2025, lors d'uneconférence de presse au sujet des taux de diagnostics d'autisme aux États-Unis, il déclare que l'autisme serait une« épidémie » et le qualifie de« maladie évitable », allant à rebours des données de la science en ce domaine[23],[24],[25], l'autisme n'étant pas considéré comme une maladie[26]. Il ajoute que« l'autisme détruit les familles et, plus important encore, il détruit notre plus grande ressource, nos enfants », décrivant« des enfants qui ne paieront jamais d'impôts, qui n'auront jamais d'emploi […] beaucoup d'entre eux n'utiliseront jamais les toilettes sans aide » ; le journaliste Axel Juin souligne que ces déclarations sont inexactes, la majorité des personnes autistes n'étant pas dans une situation aussi grave que la décrit Kennedy, et que« de nombreuses personnes diagnostiquées autistes mènent une vie d'adultes très fonctionnels »[27]. D'après l'Agence Science-Presse, ce sont ces propos sur l’incapacité des personnes autistes à vivre un vie autonome qui ont le plus choqué des citoyens américains concernés par le sujet[25]. Des adultes autistes s'expriment le lendemain dansThe New York Times en réfutant que l'autisme détruirait leur vie et en qualifiant les propos de RFK de« déshumanisants »[28]. Ces propos suscitent aussi des condamnations de la part de parents d'enfants autistes, culpabilisés à tort pour avoir fait vacciner leurs enfants[29]. RFK annonce l'embauche d'une personnalité connue pour ses positions anti-vaccin, David Geier, pour recommencer des études statistiques sur les supposés liens vaccination-autisme[30]. Kennedy prétend trouver « la » cause de ce qu'il qualifie d'« épidémie d'autisme », et annonce des résultats pour septembre 2025, ce que de nombreux chercheurs spécialistes du sujet considèrent irréaliste[31]. Peu après, une nouvelle conférence de presse du responsable desNational Institutes of Health, Jay Bhattacharya, dément que la publication des résultats aura lieu en septembre, annonçant des résultats qui pourraient être connus« en l'espace d'un an »[32]. Des médecins soulignent dans leNew York Post que l'hypothèse fallacieuse soutenue par Kennedy en matière de causalité de l'autisme coûtera des millions de dollars pour rien[33].
Fin avril 2025, RFK annonce une surveillance accrue de données de santé d'adultes autistes américains ainsi que des coupes budgétaires dans les services d'aide aux personnes handicapées ; cela soulève des protestations de nombreuses personnes autistes qui dénoncent un recul important de leurs droits humains aux États-Unis, et une instrumentalisation de leur condition pour susciter la peur, dans un contexte où l'administration Trump met également un terme aux programmes de recherche et au soutien financier à la diversité et à l'inclusion, touchant à la fois la scolarisation et l'emploi des personnes autistes[34]. De plus, l'annonce du suivi des données médicalesMedicare etMedicaid d'adultes autistes est décrite par ces adultes autistes opposés à cette collecte de leurs donnés personnelles comme« une pente glissante vers l'eugénisme »[35]. Sous RFK Jr, entre sa prise de fonction et avril 2025, le financement de la recherche sur l'autisme baisse de 26 % en raison des coupes dans les programmes de recherche sur la diversité et l'inclusion, et en particulier ceux concernant latransidentité[36].
En aout 2025, une demande derétractation formulée par RFK Jr d'une étude scientifique danoise prouvant l'absence de lien entre vaccination et autisme est rejetée par la revue scientifique américaineAnnals of Internal Medicine qui a publié l'article en juillet de la même année[37]. En octobre 2025, un mois après une déclaration de Donald Trump mettant en avant un lien de causalité entre la consommation deTylenol des femmes enceintes et l'autisme de leur enfant, il annonce que les preuves en ce sens sont insuffisantes[38].
Militant anti-vaccination, RFK Jr. soutient l'hypothèse sans fondement scientifique d'unlien entre vaccination et autisme[39],[40] et critique le processus d'approbation des vaccins par laFDA[41].
En janvier 2013, il affirme que son père, leprocureur général Robert F. Kennedy, pensait que le président Kennedy n'avait pas été assassiné par un tireur solitaire, et que malgré ses déclarations publiques, il considérait lerapport Warren comme « un bricolage mal fichu » (a shoddy piece of craftsmanship)[42].
Le àBerlin, il prononce un discours, lors d'une manifestation contre les restrictions de liberté liées à lapandémie de Covid-19, dans lequel il affirme :« Les gouvernements aiment les pandémies, et ils aiment les pandémies pour les mêmes raisons qu’ils aiment la guerre. Parce qu’elle leur donne la possibilité d’imposer à la population des contrôles que celle-ci n’accepterait jamais autrement… ». Il reprend la phrase de son oncle« ich bin ein Berliner » et affirme que les gouvernements ont profité de la pandémie pour installer la5G et permettre la collecte des données au profit de milliardaires tels queBill Gates,Mark Zuckerberg etJeff Bezos[43].
Le, à l'occasion d'une manifestation àWashington, il compare les mesures vaccinales aux États-Unis àcelles prises contre les Juifs par lerégime nazi. Ses remarques font réagir lemusée national Auschwitz-Birkenau, qui déclare qu'« exploiter la tragédie de personnes qui ont souffert, furent humiliées, torturées et assassinées par le régime totalitaire de l'Allemagne nazie — y compris des enfants commeAnne Frank — dans un débat sur la vaccination et les restrictions durant une pandémie globale est un triste symbole d'une décrépitude morale et intellectuelle[44] ».
Selon une étude duCenter for Countering Digital Hate, Robert Francis Kennedy fait partie du noyau d'une douzaine de personnes à l'origine de deux tiers de ladésinformation concernant la pandémie sur les réseaux sociaux, notamment surFacebook[45],[46]. Pour l'historien américainJoseph Palermo(en), il serait le représentant typique des antivax degauche, « ceux qui glissent de la défense de l’environnement à ce qu’ils pensent être un combat contre les lobbys pharmaceutiques »[47].
The Real Anthony Fauci: Bill Gates, Big Pharma, and the Global War on Democracy and Public Health, New York,Skyhorse Publishing(en),, 480 p.(ISBN978-1510766808),p. 480 Version française :Anthony Fauci, Bill Gates, Big Pharma : leur guerre mondiale contre la démocratie et la santé publique,Marco Pietteur,
Framed : Why Michael Skakel Spent Over a Decade in Prison For a Murder He Didn't Commit, New York, Skyhorse Publishing,, 240 p.(ISBN978-1-5107-0177-9),p. 240
Thimerosal: Let the Science Speak: The Evidence Supporting the Immediate Removal of Mercury–a Known Neurotoxin–from Vaccines, New York, Skyhorse Publishing,(ISBN978-1-63220-601-5),p. 224
Kent Heckenlively etJudy Mikovits (2020),Plague of Corruption: Restoring Faith in the Promise of Science, Skyhorse Publishing, préface de Robert Francis Kennedy Jr.
DickRussell,Horsemen of the Apocalypse : The Men Who Are Destroying Life on Earth And What it Means for Our Children, New York,Scribner,, 160 p.(ISBN978-1-5107-2175-3), introduction de Robert Francis Kennedy Jr.
↑Corine Lesnes, « Aux États-Unis, le candidat indépendant Robert F. Kennedy Jr fait les frais du basculement de la campagne présidentielle »,Le Monde,(lire en ligne, consulté le).