En politique, Rorty était « libéral » au sens américain du terme, c'est-à-dire engagé à gauche et défenseur de ladémocratie, mais il refusait la justification, métaphysique, que lesLumières donnaient selon lui de ces principes.
LeNew York Times voit en lui à sa mort en 2007 "l'un des penseurs contemporains les plus influents au monde."[1]
Rorty a soutenu que la notion du « vrai » n'a pas de portée ontologique. Seules à pouvoir être déclarées « vraies » ou « fausses » sont les assertions (ou « propositions »), toujours formulées par des agents humains, qui seuls leur confèrent leurs valeurs devérité. À ce titre, la vérité n'existe pas « dans le monde » mais est créée par les êtres humains qui énoncent des propositions.
Par exemple, l'expression « l'herbe verte » n'a aucune valeur de vérité, mais la proposition « l'herbe est verte » est susceptible d'être considérée comme étant soit vraie, soit fausse. Mais comment peut-on se prononcer en faveur de l'une ou de l'autre de ces deux valeurs ? Rorty soutient que la valeur de vérité d'une proposition est le résultat d'un accord entre les gens concernés par l'énoncé en question. La valeur de vérité n'existe pas dans le monde, mais son usage dans le vocabulaire des gens reflète une entité dont ils ont le contrôle[2].
DansContingence, ironie, et solidarité (1989), Rorty abandonne la tentative d'expliquer ses théories d'un point de vue analytique, et propose un schéma conceptuel qui puisse remplacer celui des « platoniciens », qu'il rejette. Ce schéma est fondé sur l'idée qu'il n'y a pas de formulation intelligible de la vérité objective, et qu'elle ne doit donc pas être une finalité en elle-même. Rorty soutient qu'en conséquence la philosophie, tout comme l'art et la science, peut et doit être utilisée afin de nous pourvoir de la capacité de nous créer ou recréer. Ce livre est l'occasion pour Rorty d'articuler pour la première fois un idéal politique en accord avec sa philosophie, celui d'une communauté diverse qui soit unie par son opposition à la cruauté, plutôt que par des idées abstraites comme la justice ou l'humanité commune.
Il introduit aussi le terme d'« ironisme », qu'il utilise pour décrire sa mentalité et sa philosophie.