Patrese et sonArrows A1 à Imola en 1979En 1982 au GP des Pays-Bas
Champion du monde de karting (1974, tout en participant aux victoires de l'Italie dans lacoupe des Nations la même saison[1], et l'année suivante[2]), puischampion d'Europe de Formule 3 (1976), Riccardo Patrese accède à laFormule 1 à partir duGrand Prix de Monaco 1977, au sein de l'écurie américaineShadow Racing Cars. Auteur de débuts prometteurs, il passe l'année suivante chezArrows, une nouvelle écurie fondée par des dissidents de chez Shadow où il confirme sa pointe de vitesse, même s'il passe pour un pilote trop fougueux. Cette réputation est en grande partie à l'origine de sa mise en cause dans le carambolage du départ duGrand Prix d'Italie 1978 qui coûte la vie au pilote suédoisRonnie Peterson. Fait unique dans l'histoire de la Formule 1, un groupe de pilotes mené parJames Hunt fait pression auprès des organisateurs pour obtenir que Patrese soit interdit de départ au Grand Prix suivant. Une analyse plus poussée du départ du Grand Prix d'Italie ne tarde pas à exonérer Patrese de toute responsabilité et à pointer le rôle de Hunt, également impliqué dans l'accident.
Après trois saisons peu fructueuses chez Arrows, Patrese est recruté en1982 parBrabham pour épauler le nouveau champion du mondeNelson Piquet. ÀMonaco, il remporte, dans des circonstances rocambolesques, le premier Grand Prix de sa carrière : il prend la tête de la course à la suite de l'accident d'Alain Prost au74e tour, part en tête à queue et est doublé parDidier Pironi,Andrea de Cesaris etDerek Daly ; ces trois pilotes abandonnent en vue de l'arrivée et Patrese s'impose. En1983, avec le moteurBMW Motorsportturbocompressé enfin au point, il nourrit de grandes ambitions mais, en plus d'être dominé par Nelson Piquet qui remporte un deuxième titre de champion du monde, il est victime de la faible fiabilité de sa monture. Il s'impose néanmoins enAfrique du Sud, ultime manche de la saison. Cette victoire ne parvient ni à sauver pas une saison globalement ratée, ni à atténuer l'énorme déception duGrand Prix de Saint-Marin à Imola où, devant un public acquis à la cause deFerrari, il était parti à la faute à six tours de la fin de la course alors qu'il venait de prendre la tête de l'épreuve.
Non retenu par Brabham, Patrese trouve refuge, à partir de1984, dans l'écurieAlfa Romeo. Le manque de compétitivité des monoplaces italiennes ainsi que leur fiabilité calamiteuse transforment en chemin de croix les deux saisons du pilote italien qui retourne chez Brabham en1986, en remplacement de Piquet. Progressivement abandonnée par son propriétaireBernie Ecclestone, Brabham n'est plus au même niveau que lors du précédent passage de Riccardo en1982-1983. L'accident mortel de son coéquipierElio De Angelis en mai1986 achève de plonger l'équipe dans le désarroi. Après une autre saison, il passe chezWilliams F1 Team en1988. Ce transfert est anticipé de quelques semaines puisque Patrese dispute pour sa nouvelle équipe l'ultime Grand Prix de la saison1987, remplaçantNigel Mansell blessé.
En 1988, Patrese ne se met que rarement en valeur au volant de la rétive Williams-Judd, au contraire de son équipier Nigel Mansell, mais toute l'équipe reprend des couleurs à partir de1989 et l'arrivée dumoteur V10Renault. Même si, au contraire de son nouveau coéquipierThierry Boutsen, il ne remporte pas une seule course, Patrese met à profit sa grande régularité pour terminer troisième du championnat derrière lesMcLaren-Honda. En1990, il met fin à près de sept années d'insuccès en remportant leGrand Prix de Saint-Marin.
Riccardo Patrese effectue sa meilleure saison en1991. Au volant d'une Williams-Renault, désormais la voiture la plus rapide du plateau, il remporte deux Grands Prix et, malgré le handicap d'un statut de deuxième pilote, se montre souvent aussi performant que Mansell, même s'il ne parvient pas à se mêler à la lutte pour le titre.
En1992, alors que la Williams-Renault apparaît comme l'arme absolue, Patrese se montre loin de son niveau de l'année précédente et subit la loi de Mansell qui obtient facilement le titre de champion du monde. L'Italien s'illustre bien malgré lui lors duGrand Prix du Portugal, sur lecircuit d'Estoril, en percutant violemment la McLaren deGerhard Berger qui rentrait aux stands, réalisant ainsi une spectaculaire cabriole.
Remplacé parAlain Prost, Patrese trouve refuge chezBenetton Formula en1993. L'écart de performance qui le sépare de son jeune équipier allemandMichael Schumacher lui fait rapidement perdre la confiance de son employeur. Sans volant intéressant pour l'année suivante, Patrese met un terme à sa carrière en Formule 1. Il refuse une proposition deFrank Williams lui demandant de remplacerAyrton Senna en1994.
Pilotes italiens en championnat du monde de Formule 1
Les pilotes n'ayant pas participé à au moins une épreuve ne sont pas mentionnés ; les années indiquent une participation à au moins une épreuve de la saison.