Renard est un terme ambigu qui désigne le plus souvent enfrançais lescanidés dugenreVulpes, le plus commun étant lerenard roux (Vulpes vulpes). Toutefois, par similitude physique, le terme est aussi employé pour désigner des canidés appartenant à d'autres genres, comme les genresAtelocynus,Cerdocyon,Dusicyon,Otocyon,Lycalopex etUrocyon. Dans la culture populaire, le renard est un personnage symbolique et littéraire qui représente l'intelligence et surtout laruse.
Jusqu'à la fin duXVIIe siècle[5], le renard est encore fréquemment appelé ungoupil[N 1]. Le terme actuel derenard, pour désigner l'animal, n'est autre que le prénomRenart donné augoupil héros duRoman de Renart. Au centre de ce recueil d'histoires imaginaires, Renart le goupil est très rusé et les tours qu'il joue aux autres animaux et aux humains ont rendu le personnage très célèbre (on disait : « malin comme Renart »). De ce fait, son prénom s'est substitué àgoupil paréponymie. Sur ce point, voir lasymbolique du renard et lerenard dans la culture.
Quant au termegoupil, il est attesté sous les formesgulpil en 1155,volpil en 1180,golpilz en 1120,gupil en 1121-1134. Il procède dugallo-roman*WULPĪCULU, variante du latin populaire*vŭlpīculus[7] ou du bas latinvulpiculus[8], dont sont directement issus l'occitanvolpìlh et l'ancienitalienvolpiglio. La forme masculinevulpiculus est une altération du latin classiquevulpēcula « petit renard » (qui a donné l'espagnolvulpeja), diminutif devulpēs « renard » en latin classique[8], d'où l'italien modernevolpe. Le passage de [v] à [w] en gallo-roman s'explique par l'influence phonétique du francique (peut-être inspirée dans ce cas par le vieux bas francique*wulf « loup »), ensuite [w]se durcit régulièrement en [gʷ], puis se délabialise en [g] en français central et à l'ouest, mais pas dans les dialectes d'oïl septentrionaux (ex. : bas-lorrain, champenois, picard, ancien normand septentrionalwoupil).
Le latinvulpēs est issu de l'indo-européen commun *(H)ulp-i-, qui est continué par l'avestiqueurupi « martre » et lelituanienvilpišỹs « chat sauvage », ainsi que par des formes dérivées comme lepersanrubâh (روباه) « renard » et lesanskritlopāśá « chacal »[9].
Les caractéristiques générales des renards sont celles desCanidés, avec des nuances pour chaque espèce, de même que l'habitat ou les données biologiques et comportementales peuvent varier selon l'espèce et même la sous-espèce : voir les articles détaillés pour plus d'informations sur leur physiologie ou comportement respectifs.
Noms en français et noms scientifiques correspondants
Voici deux tableaux énumérant les différentes dénominations attestées en français, par espèce, ainsi que des synonymes des binominaux comprenant les mots « renard » dont la plupart viennent deMammal Diversity Database(2025-09-21)[12].
Pour les vrais renards
Voici un tableau regroupant les « vrais renards » au sens zoologique du terme, c’est-à-dire ceux font partie du genre actuelVulpes, dont le renard roux est le premier représentant, dont certaines de ses sous-espèces et populations contiennent le nom générique de « renard ». Le statut de « renard » de ces espèces a été très peu discuté au fil du temps, malgré des changements de genres répétés chez certaines d’entre elles. L’on comptait comme anciens genres liés aux renards « Cynalopex » et « Alopex ». Toutes les espèces portent le nom de « renard » dans leur nom vernaculaire le plus répandu, à l’exception deVulpes zerda, le plus souvent désigné sous le nom de « Fennec » et faisait l’objet d’un genre distinct du nom de « Fennecus ».Vulpes corsac est parfois désigné sous le seul nom de « Corsac ».
Ce tableau présente l’ensemble des espèces de canidés qui sont ou ont été désignées sous le terme de « renard ». Dans certains cas, ces espèces ont initialement été classés dans le genreVulpes avant d’être retirées dans des périodes postérieures. La désignations de « renard » chez ces espèces est plus ou moins controversée, et nombreuses d’entre elles portent des noms alternatifs : par exemple leCulpeau (Lycalopex culpaeaus) souvent désigné sous le nom de « renard de Magellan », fut désigné dans la littérature sous les noms de « « Chien », « Loup », ou « Chacal » de Magellan ». Certaines espèces qui portaient le nom de « renard » à un moment donné, ne le portent plus aujourd’hui et inversement. L’attribution de ces terminologies chez ces espèces est purement subjective et faite par souci de vulgarisation dans certains ouvrages grand public.
Cette section est franco-centrée et doit êtreinternationalisée (décembre 2018).
Cette section devrait êtredéplacée dans l'articleVulpes.Pour plus d’informations, se reporter enpage de discussion.(décembre 2021)
Maladies
Les renards sont vecteurs de l'échinococcose alvéolaire, maladie qui peut se révéler mortelle chez l'homme. Cette pathologie se découvre plusieurs années après l'avoir contractée :certaines personnes sont mortes, car on croyait à uncancer du foie[pas clair]. Ces maladies sont transmises par lasalive ou les excréments descarnivores porteurs ou par ingestion d'aliments souillés par eux. Néanmoins, un cycle se forme entre rongeurs et renards[25]. Le ver se trouvant dans les excréments du renard et les rongeurs le mangeant, puis le renard mangeant les rongeurs, il y a un cycle naturel. Seuls une vingtaine à une soixantaine de cas sont déplorés chaque année en France[26]. De plus, les chiens et chats[27] non vermifugés peuvent la transmettre.Pour éviter de l'attraper, il faut avoir de l'hygiène[pas clair][28] dès que l'on est dans la nature ou avec des animaux.
Certains renards font eux-mêmes preuve d'hygiène et d'astuce en sachant se débarrasser de leurs parasites externes : par exemple, il a été observé qu'un renard, après avoir récolté dans sa gueule sans l'ingérer une importante touffe de poils de bouquetins abandonnés en début d'été, se plongeait progressivement dans un lac en commençant par la queue et finissant par le museau, restant ainsi quelque temps parfaitement immergé, de sorte que les parasites migrent vers la touffe qu'il abandonna ensuite[29].
Larage est une maladie que le renard transmettait autrefois. Une campagne de vaccination par voie orale a permis de s'en débarrasser rapidement en Europe occidentale, si bien qu'elle ne sévit plus en France depuis 1998[30].
Rôle écologique
Les renards ont un rôle important dans la régulation desrongeurs en campagne, tels que lescampagnols, lesmulots, lessouris, ou encore lesrats. Ils en consomment des milliers chaque année, ce qui en fait desauxiliaires de cultures efficaces pour les agriculteurs, permettant de limiter les dégâts que font ces rongeurs aux récoltes[31],[32].
Ils ont également un rôle important dans la lutte contre lamaladie de Lyme en consommant les rongeurs sur lesquels vivent lestiques transmetteur de cette maladie, tels lescampagnols et lesrats taupiers, limitant ainsi le nombre de rongeurs contaminés et réduisant leurs déplacements[33],[32].
Le renard et lechat haret qui ont été introduits enAustralie contribuent à la disparition de plusieurs espèces dans ce pays[34] :
Considéré comme espèce susceptible d'occasionner des dégâts (ESOD) enFrance[35], entre 600 000 et1 million d'individus y sont tués chaque année[36]. Les chasseurs reprochent au renard de leur faire concurrence en s'attaquant aupetit gibier, tels que lelapin, laperdrix ou lefaisan (il serait ainsi la première cause de mortalité du faisan selon laFédération des chasseurs de laLoire). Réputé pour être un « voleur de poules », il est également accusé par les agriculteurs de s'attaquer auxélevages de volailles en plein air[32],[37].
Les défenseurs du renard estiment cependant qu'il ne fait que profiter du « gibier d'élevage » relâché par les chasseurs eux-mêmes, qui constitue alors une proie facile ne sachant pas se défendre dans la nature[32],[38]. Ils avancent également que la responsabilité du renard dans les attaques que subissent les volailles d'élevage, bien que réelle, est surestimée par rapport à celle d'autres prédateurs comme lesrapaces[32]. Le renard serait en outre unopportuniste, qui ne chercherait à s'attaquer qu'auxpoulaillers peu protégés[39]. La prédominance descampagnols prairiaux dans leurrégime alimentaire en fait desauxiliaires des cultures, lapullulation de ces rongeurs étant responsable de dégâts occasionnés aux productions agricoles et forestières et qui peuvent être chiffrés. Selon les sources, la prédation exercée par un renard sur les campagnols fait économiser 2 400 à 3 000 € par an à l'agriculture, et même 3 800 € en région céréalière[40].
Comme d'autres prédateurs, c'est également un animal qui s'autorégule : la proportion defemelles gestantes et le nombre de renardeaux parportée s'adaptent selon les ressources et le territoire disponibles. Ses défenseurs estiment donc qu'il est inutile de chercher à réguler sa population par la chasse[31],[41].
Prédateurs
En raison de l'élimination récente et généralisée par l'Homme des grands canidés et des grandsfélins, les prédateurs du haut de la pyramide alimentaire dans de nombreux écosystèmes terrestres sont maintenant des carnivores de taille moyenne (tels que leslynx ou coyotes[42] enAmérique du Nord). Or, bien qu'étant un prédateur relativement généraliste, le coyote élimine volontiers ses concurrents prédateurs, et notamment le renard[42]. Il est démontré que l'activité prédatrice du coyote favorise l'abondance desoiseaux chanteurs et même l'abondance de certains rongeurs ainsi que la diversité biologique. Ceci s'explique par le fait qu'ils réduisent les populations de chiens et de chat domestiques ainsi que de renards[42] (ce qui montre au passage l'importance du renard en matière de lutte contre les rongeurs).
La réintroduction ou le confortement de populations deloup gris dans de nombreuses régions d'Amérique du Nord va à nouveau modifier la chaîne d'interactions prédateurs-proies[42] ; une étude basée sur unesérie chronologique de30 ans de suivi du loup, du coyote, du renard et de leur abondance relative dans l'état duMinnesota (États-Unis) montre en effet que le retour des loups réduit également (ou supprime parfois) à son tour des populations de coyotes[43], ce qui redonne au renard sa position demésoprédateur, et qui pourrait lui permettre d'à nouveau et mieux réduire les pullulations de petits rongeurs[42].
Ainsi, une prédation plus marquée par les petits prédateurs (renards et mustélidés), et moins marquée par les coyotes (prédateurs de moyenne envergure) grâce à leur contrôle par quelques« grands » prédateurs (loup, cougar, lynx) pourrait être plus semblable au potentiel écologique et à l'écosystème historique qui était en place avant la disparition ou régression du loup du « sommet de la pyramide »[42] (cette situation n'est néanmoins pas comparable à la situation préhistorique où les grands prédateurs étaient non seulement plus nombreux mais aussi beaucoup plus grands et plus puissants que le loup (Lion d'Amérique,Tigre à dents de sabre,Ours à face courte…), même après trois ères glaciaires et au début de l'actuel inter-glaciaire. La « déstructuration » ou la « restructuration » des communautés de prédateurs en raison de la perte ou de la restauration des populations de moyens et/ou grands prédateurs est susceptible de modifier le spectre de taille des proies consommées massivement, avec des implications importantes, directes et indirectes, pour labiodiversité[44] et la santé humaine[42],[45].
Notes et références
Notes
↑Lorsque le renard était ungoupil, le lapin était unconil.
↑abcdef etgLevi T, Wilmers CC, Wolves-coyotes-foxes : a cascade among carnivores; Ecology. 2012 Apr;93(4):921-9 (Résumé).
↑Berger KM, Gese EM.,Does interference competition with wolves limit the distribution and abundance of coyotes? ; J Anim Ecol. 2007 Nov; 76(6):1075-85.
↑Berger KM, Gese EM, Berger,Indirect effects and traditional trophic cascades: a test involving wolves, coyotes, and pronghorn. J. Ecology. 2008 Mar; 89(3):818-28.
↑ Berger KM, Conner MM.,Recolonizing wolves and mesopredator suppression of coyotes: impacts on pronghorn population dynamics. Ecol Appl. 2008 Apr; 18(3):599-612.