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René Benjamin

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René Benjamin
René Benjamin dansParis-Soir du 26 mai 1938.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 63 ans)
ToursVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Domicile
Activités
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Rédacteur à
Père
Ernest Benjamin(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Conflit
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Œuvres principales
signature de René Benjamin
Signature.

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René Benjamin, né le àParis[1] et mort le à la clinique Saint-Gatien deTours (Indre-et-Loire), est unécrivain,journaliste etconférencierfrançais.

Prix Goncourt en 1915 pour son romanGaspard qu'il écrit à l'hôpital de Tours où il séjourne durant plusieurs mois, il est reçu à l'académie Goncourt en 1938. Ami deMaurras et deLéon Daudet, partisan de l'Action française[2], il soutient lemaréchal Pétain pendant l'Occupation allemande et est considéré comme l'un des idéologues durégime de Vichy.

Biographie

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Les parents de René Benjamin sont parisiens l’un et l’autre ; sa famille paternelle l'est depuis plusieurs générations. Son père, Ernest Benjamin, fondé de pouvoir d’une maison de vente de draps, est membre et secrétaire général de laSociété des gens de lettres, où il est devenu l’ami d’Octave Mirbeau et deFrançois Coppée. Sa mère, Berthe Hüe, est musicienne. Ernest Benjamin meurt alors que son fils aîné atteint sa seizième année. René, jusqu'alors aucollège Rollin de l'avenue Trudaine à Paris, entre aulycée Henri-IV[3] où il obtient plusieurs prix auConcours général[4]. Il continue ses études de lettres à laSorbonne et, à 21 ans, effectue son année de service militaire obligatoire.

Premières œuvres

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En 1908, René Benjamin se lance dans lejournalisme. Il est quelque temps rédacteur auGil Blas et signe des chroniques dansL’Écho de Paris[5]. Le premier livre qu’il publie,Madame Bonheur, est édité à compte d’auteur parBernard Grasset en 1909. En 1911, il fait jouerLe Pacha, à l'Odéon[6].

« Ayant publié ce premier roman, écrira-t-il plus tard, je compris qu’avant de m’abandonner à l’imagination, je ferais peut-être mieux de regarder le réel, et je passais des journées entières dans les prétoires et les amphithéâtres à me régaler de bêtise humaine[7]. »

C'est à partir de ses observations qu'il écritLa Farce de la Sorbonne (1911),Les Justices de paix ou les vingt façons de juger dans Paris (1913),L’Hôtel des Ventes, sous-titréParis, sa faune et ses mœurs (1914), enfinLe Palais et ses gens de justice qui paraît seulement en 1919.

La Première Guerre mondiale

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Benjamin participe à la campagne de Louvain et d'Argonne[8]. Il est gravement blessé dès le début de laPremière Guerre mondiale, en, près deVerdun[5]. Après plusieurs mois d'hôpital, àTours, il est versé dans les services auxiliaires où il sert comme convoyeur aux armées sur tous les fronts successivement. La guerre est à l’origine de plusieurs de ses œuvres, en premier lieu deGaspard, publié en 1915 parArthème Fayard. Ce roman reçoit leprix Goncourt 1915 à l'initiative deLucien Descaves.

Le[9] à l'église deSaché, René Benjamin épouse Elisabeth Lecoy (1890-1973) qu’il a connue comme infirmière à l’hôpital deSaumur[10] et qui apparaît dansGaspard sous le nom de « Mademoiselle Viette ». Leur mariage est célébré auchâteau de Saché[11], qui appartient alors à son beau-père. Trois enfants naîtront respectivement en 1917, 1918 et 1925, à Paris.

Séjour à Saché

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Jusqu’en 1921, les Benjamin passent leurs vacances à Saché. Le château est alors vendu à Maurice Suzor.

René Benjamin écrit sur ce lieu où a séjournéHonoré de Balzac et qui est devenu aujourd'hui le Musée Balzac :

« Se dire : il a marché là, travaillé là, dormi là. Ses yeux aimèrent ce qu'aiment les miens à présent.»[12]

Il écrit également à Henry Coutant :

«Comme je suis de ceux qui croient à l'invisible, je puis vous assurer qu'à mon mariage, Balzac était invisible et présent. Je l'en ai remercié de tout mon cœur en écrivant pour lui toute ma vie[13]

En 1925, il publieLa Prodigieuse Vie d'Honoré de Balzac chezPlon dans la collection « Le roman des grandes existences ». Pour le journalParis-midi, «M. René Benjamin a écrit quelques pages saisissantes sur la manière dont Balzac vécut, en une nuit d'orage, à Saché, près de Tours la terrible agonie de son Père Goriot.»[14]Marcel Bouteron critique le livre dansLes Nouvelles littéraires et conclut : «René Benjamin m'a fait vivre quelques-unes de ces heures, à Saché, la nuit où Balzac agonisa de l'agonie du Père Goriot.»[15]

René Benjamin et le théâtre

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Comme il le raconte lui-même au premier chapitre deL'Homme à la recherche de son âme, René Benjamin est, dès son enfance, attiré par le théâtre. De 1902 à 1905, entre 17 et 20 ans, il fréquente assidûment laComédie-Française.

En 1908, sa pièce en deux actesComprendre est jouée authéâtre Réjane avec l'acteurGabriel Signoret[5]. Elle est remarquée par l'académicienJean Richepin qui exprime une opinion plutôt positive. Il souligne la capacité de l'auteur à capter l’attention par un « dialogue naturel, spirituel sans effort ». Il note également que le premier acte « ne languit pas une minute » et que l’« observation y est fine, juste, comique sans exagération caricaturale ». Bien qu’il mentionne que le deuxième acte « n’est pas aussi fourni que le premier », il reste convaincu que l’essentiel est atteint : « l'essentiel était de remplir ces deux actes ». Il conclut avec optimisme sur l’avenir de l’auteur en affirmant qu'il « nous a fait grand plaisir, doucement, gentiment », et prédit une « jolie carrière dramatique » pour ce dernier[16].

Plusieurs de ses comédies sont jouées authéâtre de l'Odéon que dirigeAndré Antoine et auVieux-Colombier deJacques Copeau. La piècePacha y est jouée en 1911, elle est qualifiée parJean Martet de « fine et précieuse »[17].Fernand Nozière exprime lui aussi une opinion élogieuse de cette pièce, notant que l'auteur « a noté minutieusement les petits ennuis de l’existence quotidienne », ce qui permet à l'œuvre de résonner avec des « moments de notre existence quotidienne ». Il admire la capacité de Benjamin à recueillir « les mots qui semblent d’une grande banalité et qui révèlent une situation, un caractère ». Nozière souligne également que, malgré le risque de « platitude » inhérent à ce type de narration, Benjamin réussit à l’éviter grâce à son « choix » expressif et à ses phrases « qui conservent toujours un accent ». L'auteur extrait ainsi une impression de « vérité » et offre une construction « logique » des actes, qualifiant le tout de « très brillant début — ou presque un début »[18].

SuiventLes Plaisirs du hasard (1922) avecLucien Callamand,Romain Bouquet,Jeanne Lory etSuzanne Bing, etIl faut que chacun soit à sa place (1924) interprété notamment parAndré Bacqué,Jacques Copeau etValentine Tessier[19]. Ces œuvres bénéficient d'une large couverture médiatique.

Les Plaisirs du hasard laisseEdmond Sée « plutôt froid » bien que « nombre de spectateurs [...] riaient »[20]. PourCharles Méré : « Certaines scènes sont d'une irrésistible drôlerie et prouvent que M. René Benjamin est un puissant, un véritable auteur comique. Mais le théâtre a ses exigences. Et cette farce, si copieusement développée en quatre actes, eût gagné à être resserrée en deux. »[21]Lucien Dubech estime également queLes Plaisirs du hasard sont « une erreur, une farce d'atelier peu digne de lui »[22]. .

Par contre il défendIl faut que chacun soit à sa place : « Sa première pièce [Les Plaisirs du hasard] était manquée » dit-il « la seconde est admirable. Encore un pas, un peu plus d'habitude et de métier, il n'y a plus au-dessus que le chef-d'œuvre.Il faut que chacun soit à sa place n'en est pas très loin. Non, vraiment, pas très loin. »[22] Ce n'est pas l'avis de Paul Lombard pour qui le tort de René Benjamin est de croire qu’il peut transgresser les règles du théâtre. Alors que « le théâtre exige un don particulier », Benjamin, en réunissant « trois morceaux de littérature différents », crée « un monstre », où « des ratés » défilent. Il montre une incapacité à renouveler ses personnages. Selon lui, l’œuvre se résume à « un acte de comédie, un acte de satire, un acte de bouffonnerie un peu confuse », et il conclut que Benjamin devrait « retourner à sa place » dans la littérature : « le roman, la chronique, la nouvelle »[23].

En 1932 est jouéParis dont le cinéasteJean Choux tira un film où jouèrentRenée Saint-Cyr etHarry Baur. Cette pièce est jugée par des critiques « extrêmement faible, et innocente et indigente »[24].

Pour sa dernière pièceMonsieur Fritz Frantz Neumann, représentée authéâtre de l'Athénée en 1934,Robert Kemp indique : « Les intentions de M. Benjamin sont les meilleures du monde. Mais son art le trahit. »[24]

Les satires sociales et politiques

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Dans le prolongement de ses premières études sur les grands aspects de la société, René Benjamin s'engage dans le combat politique de l'entre-deux-guerres. Les étapes marquantes en serontValentine ou la folie démocratique en 1924,Aliborons et démagogues en 1927 etLes Augures de Genève en 1929.

Valentine paraît d’abord dansLa Revue universelle, puis elle est éditée par Fayard, comme tous les livres de Benjamin depuis lesJustices de paix etGaspard. C’est un pamphlet antiparlementaire et antidémocratique où l'on côtoie successivement « Valentine et son père libéral », « Valentine et son fils réactionnaire » et enfin « Valentine et son ami radical ». Valentine est la personnification de l'opinion. DansAliborons et démagogues, Benjamin raconte le congrès des instituteurs laïques syndiqués auquel il a assisté àStrasbourg et dépeint ses protagonistes. Enfin avecLes Augures de Genève, il s’attaque à laSociété des Nations ainsi qu'à celui qui représente la France auprès d'elle,Aristide Briand.

Les critiques insistantes vis-à-vis de l'éducation laïque et son opposition à certains dogmes de la société lui attirèrent l'hostilité de divers groupes, dont les membres de l'Éducation nationale. Cet antagonisme atteint son paroxysme lors d’épisodes où des foules s’opposent à ses conférences, ce qui témoigne des tensions sociales et politiques de la France des années 1920 et 1930[25].

René Benjamin conférencier

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René Benjamin donne des conférences tout au long de sa vie, environ 1400[26]. Il sillonne laFrance six mois par an mais parcourt aussi dans l'Europe, leMoyen-Orient et l'Afrique du Nord. Il parle au cours de ces conférences de ses écrivains du passé favoris :Aristophane,Cervantès,Molière,Balzac,Alphonse Daudet et aussi d'écrivains contemporains :Léon Daudet,Sacha Guitry,Anna de Noailles,Georges Clemenceau.

Sa capacité à captiver les audiences, à travers un mélange d’humour, de satire et d’émotion, lui vaut une renommée dans les cercles littéraires. Son approche de la scène, mêlant improvisation et préparation minutieuse, marque les esprits. Il attire les foules à chacune de ses apparitions. L’un des épisodes les plus marquants de sa carrière survient à la suite de sa participation à un congrès des instituteurs à Strasbourg en 1926[27],[28]. Ses critiques acerbes à l'encontre de certaines pédagogies, publiées dansL’Avenir, lui rapportent des ennemis puissants au sein du corps enseignant. Il se trouve alors ostracisé, ses conférences perturbées par des manifestations hostiles à travers la France[25]. ÀSaint-Étienne en 1927, un auditeur nomméMarius Doron est tué par un contre-manifestant[29].

Jean de La Varende caractérise les conférences de Benjamin par « Tout était en paroles et dans une précision, un choix des mots... Il n’avait besoin que de mots pour exprimer toutes les nuances, toutes les inflexions qu’on demande souvent à l’accent, à l’inachèvement, à l’hésitation. C’était parfait, net comme un trait de plume, un contre de quart, un coup d’arrêt »[30].

Il aborde également dans ses conférences des sujets politiques, comme laguerre d'Espagne et notamment leSiège de l'Alcázar de Tolède.

Sa vie de conférencier est relatée dans le livre de souvenirsLa Table et le verre d'eau dans lequel il entremêle observations sur ses différents auditoires et réflexions sur lui-même et sa façon d'aborder ses sujets. Le titre donné à ce livre l'est par antiphrase car Benjamin avait dès le début banni table et verre d'eau. Il voulait, écrit-il, faire de la conférence « une représentation ».

L'art du portrait

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« Curieux de tout, avide de connaître, prenant parti, René Benjamin courut le monde. Il a voulu voir de près les grands hommes de son temps, ceux qu’il jugeait grands par l’esprit. » écritRobert Cardinne-Petit dansPrésence de René Benjamin en 1949. Ses portraits sont pris sur le vif, puisqu’ils sont exécutés d’après nature, avec le consentement de celui-ci. Dans cette catégorie, on peut citerAntoine déchaîné en 1923,Sous l'œil en fleur de Madame de Noailles en 1928,Clemenceau dans la retraite en 1930,Charles Maurras, ce fils de la mer en 1932,Sacha Guitry, roi du théâtre en 1933. D'autre portraits parsèment son œuvre comme ceux deJoachim Carvallo dansL'Homme à la recherche de son âme, deLéon Daudet dansLa Galère des Goncourt ou dePie XII dansLa Visite angélique.

Balzac, Molière, Marie-Antoinette

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DeLa Prodigieuse Vie d’Honoré de Balzac, le dédicataireMarcel Bouteron, conservateur de laBibliothèque de l’Institut et de labibliothèque Lovenjoul àChantilly, éditeur en 1950 de la première édition de laComédie humaine dans labibliothèque de la Pléiade dit en 1949 : « longuement porté, mais conçu dans l’exaltation, écrit dans la fièvre, ce petit livre est allé porter sa flamme à la foule immense – ignorants ou lettrés, peu importe – de ceux qui se réconfortent et s’émerveillent au spectacle d’une grande vie. »[31].

René Benjamin aborde et présente de la même manièreMolière onze ans plus tard, en 1936, dans un livre dédié à la mémoire de son père « qui, avant de mourir, eut le temps de me faire aimer Molière. »[32] AvecBalzac etCervantès,Molière est sans doute un des trois écrivains qui ont tenu la plus grande place dans la vie et dans l’inspiration de René Benjamin. Il écrit de Molière : « Dès que Molière, qui n’est encore que Jean Poquelin, regarde, il observe. Dès qu’il parle, il imite. Dès qu’il songe à ce qu’il fera, le théâtre est possible »[33].

En 1939, il écritMarie-Antoinette.

René Benjamin et l’académie Goncourt

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C'estLéon Daudet qui entreprend de faire élire son ami Benjamin à l'académie Goncourt. Sa troisième tentative réussit en 1938, après la mort deRaoul Ponchon. Benjamin contribue quant à lui à l’élection deSacha Guitry. À la mort de Léon Daudet en 1942, l'un et l'autre s’emploient à faire entrerLa Varende, égalementmaurrassien, chez les Goncourt : ce dernier est élu au premier tour mais démissionne après laLibération pour protester contre la validation de l'élection d'André Billy (qui sera confirmée incidemment dans un jugement de 1948[34]).

En 1948, l’académie Goncourt est présidée depuis la Libération parLucien Descaves. René Benjamin et Sacha Guitry ne se sont pas rendus au jury pour l'élection du prix 1947, qui est attribué àJean-Louis Curtis[35]. Le jour de l'annonce, un correspondant anonyme fait savoir aux journaux que, empêchés de participer au jury, Sacha Guitry et René Benjamin ont de leur côté attribué leur prix et ont choisi comme lauréatKléber Haedens, pétainiste notoire, pourSalut au Kentucky. Les académiciens décident de poursuivre l'éditeurRobert Laffont, car immédiatement le livre apparaît aux vitrines des librairies ceinturé d'un bandeau portant l'inscription « Le Goncourt de Sacha Guitry et René Benjamin »[35]. Durant le procès, Benjamin témoigne qu'il est resté à Monaco et se défend d'avoir décerné un prix à Kléber Haedens, il argue qu'il s'est tout au plus trouvé d'accord avec Guitry « pour estimer qu'Haedens aurait mérité leurs suffrages »[36]. L'éditeur remplace le bandeau incriminé par un nouveau bandeau avec l'inscription « le Goncourt hors Goncourt » . Robert Laffont et Sacha Guitry sont finalement condamnés au versement de 700 000 francs de dommages et intérêts, à la publication du jugement et au retrait de la bande entourant l'ouvrage[34]. Benjamin, pour n’être intervenu dans l'affaire que par téléphone, n'est pas condamné.

Entre les mois d’avril et de, Benjamin écritLa Galère des Goncourt. Le livre est publié en Suisse avec une préface de Sacha Guitry. Il contient un portrait laudatif deLéon Daudet.

Seconde Guerre mondiale et Vichy

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De 1940 à 1945, Benjamin et sa famille vivent enTouraine. Comme Maurras, Benjamin soutient immédiatement lemaréchal Pétain. Dans sesCarnets de Guerre (inédits), il relate ses voyages en France, dans lazone occupée comme dans lazone libre lorsqu’il parvient à obtenir un laissez-passer, et parfois enSuisse.

Le, après avoir accompagné lemaréchal Pétain au cours de ses récents voyages, il donne une conférence authéâtre de la Madeleine, théâtre attitré deSacha Guitry, son ami, ayant pour sujet « Le Maréchal Pétain et son peuple »[37].

Pendantl’Occupation, il est reçu à maintes reprises par Pétain[38]. Par ses nombreuses conférences à Paris et en province, ses conversations privées, et les livres qu’il lui consacre, René Benjamin apporte un soutien sans réserve à la politique decollaboration du Maréchal. Il fait partie des idéologues du régime et des « conseillers du prince », avecRené Gillouin etHenry Bordeaux, entre autres, qui adhèrent à la rhétorique du « retour à la terre » et forment un groupe de pression sur ces questions. Selon Régis Meyran, « il participe à la propagande tout en prenant une part active aux débats internes à l’administration de Vichy »[39].

René Benjamin consacre trois livres à Philippe Pétain :Le Maréchal et son peuple en 1941,Les Sept Étoiles de la France en 1942, dans lequel il fait un premier bilan des réformes engagées, etLe Grand Homme seul en 1943. Benjamin rapproche le style de gouvernement de Pétain de celui des rois. Ainsi, écrit-il,« il a décidé d’aller voir le peuple de France, renouant une habitude ancienne qu’avaient les meilleurs de nos princes[40]. »

René Benjamin figure sur la liste noire duComité national des écrivains (CNE)[41]. En décembre 1944, sur ordre d'un juge d'instruction, il est arrêté[42] et interné. Son avocat et amiJean Dars parvient, après un an de démarches, à le faire assigner à résidence à Paris en attendant son procès. Un non-lieu est finalement rendu. L’atmosphère de cette époque est décrite dansLe Divin Visage.

Le fils aîné de René Benjamin, Jean-Loup, combattant lors des campagnes deTunisie, d'Italie et deFrance, trouve la mort le 2 février 1945, aux environs de Mulhouse. Lors d'une mission de reconnaissance, sa jeep saute sur une mine ; il succombe à ses blessures au bout d'une semaine[25]. Quelques mois plus tard, René Benjamin écritL'Enfant tué, une méditation sur la perte.

Décès

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Le dernier voyage de René Benjamin pour rencontrer le papePie XII en 1947 est emblématique de son cheminement spirituel, cherchant réconfort et rédemption[25]. René Benjamin meurt le 4 octobre 1948 à la clinique Saint-Gatien de Tours, des suites d'une crise cardiaque survenue après une opération pour une embolie[43]. Depuis 1927, il résidait auManoir du Plessis àSavonnières, en Indre-et-Loire[44].

Œuvres

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Livres

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  • Madame Bonheur, Grasset, 1909
  • Les Justices de paix ou les vingt façons de juger dans Paris, Arthème Fayard, 1913
  • Paris, sa faune et ses mœurs, l'Hôtel des ventes, dessins deJean Lefort, G. Oudin, 1914
  • Gaspard (Les soldats de la guerre), Arthème Fayard, 1915 ; réédition de luxe précédée d'un avant-propos inédit de l'auteur, illustrée de 16 dessins inédits deJean Lefort reproduits en fac-similés, parDevambez, en 1917
  • Sous le ciel de France. la guerre, Arthème Fayard, 1916
  • Un pauvre village de France, orné de 29 bois deJean Perrier, L’Édition de luxe, 1918
  • Le Major Pipe et son père, Anglais en guerre, Arthème Fayard, 1918
  • Les Rapatriés, Berger-Levrault, 1918
  • Le Palais et ses gens de justice, Arthème Fayard, 1919
  • Grandgoujon, Arthème Fayard, 1919
  • Amadou bolcheviste, Arthème Fayard, 1920
  • La Farce de la Sorbonne, Paris,Arthème Fayard,, 156 p.(lire sur Wikisource) (réédition complétée d’une brochure publiée en 1911 chez Marcel Rivière et Cie)
  • Antoine déchaîné, Paris,Arthème Fayard,, 190 p.(lire sur Wikisource), reportage sur le tournage deL'Arlésienne d'André Antoine, réédité en 1923 avec un post-scriptum au sujet d’un procès en diffamation intenté parMarthe Fabris.
  • Valentine ou la folie démocratique, Arthème Fayard, 1924
  • Le Soliloque de Maurice Barrès, Arthème Fayard, 1924
  • La Prodigieuse Vie d'Honoré de Balzac, Plon, coll. « Le roman des grandes existences », 1925
  • Minerve ou le Charcutier comprenant Valentine ou la folie démocratique – Il faut que chacun soit à sa place –Villandry ou le visage de la France, Nouvelle Librairie nationale, 1926
  • Aliborons et démagogues, Arthème Fayard, 1927
  • Au soleil de la poésie. Sous l'œil en fleur de Madame de Noailles, Librairie des Champs-Élysées, 1928
  • Antoine enchaîné, Éditions des Cahiers libres, 1928
  • Le maréchal Joffre, suivi de pages inédites et de l’histoire duXXXVe Fauteuil, gravures sur bois dans le texte deRaymond Thiollière – Félix Alcan, 1928 (coll. « Les Quarante », fauteuil XXXV)
  • Glozel, vallon des morts et des savants, Arthème Fayard, 1928
  • La cour d'Assises, ses pompes et ses œuvres, Arthème Fayard, coll. « Le Livre de demain », 1931
  • Les Paroles du maréchal Joffre, Éditions des Cahiers libres, 1929
  • Les Augures de Genève, Arthème Fayard, 1929
  • Clemenceau dans la retraite, Plon, 1930 (coll. « La Palatine »)
  • Taureaux et méridionaux, étude de René Groos. illustrations d'André Villeboeuf, Édition du Capitole, 1930
  • Saint Vincent de Paul, À la Cité des Livres, 1930
  • La Dernière Nuit, Flammarion, 1930 (coll. « Les Nuits »)
  • Barrès-Joffre, Plon (coll. « Grandes figures »), 1931
  • Charles Maurras, ce fils de la mer, Plon (coll. « La Palatine »), 1932
  • Sacha Guitry, roi du théâtre, Plon, 1933 (coll. « La Palatine »)
  • Molière, Plon, 1936
  • Mussolini et son peuple, Plon, 1937
  • Chronique d’un temps troublé, Paris,Plon (coll. « La Palatine »),, 242 p.(lire sur Wikisource)
  • Marie-Antoinette, Les Éditions de France, 1940
  • Le Printemps tragique, Plon (coll. « La Palatine »), 1940
  • Vérités et rêveries sur l'éducation, Plon, 1941
  • La Solitude d'Antoine, Aux Armes de France, 1941
  • Le Maréchal et son peuple, Plon, 1941
  • Les Sept Étoiles de France, Plon, 1942
  • L'Homme à la recherche de son âme : témoignage d'un Français sur le drame de ce temps avec 7 eaux-fortes parAndré Jacquemin, Plon, 1943
  • Le Grand Homme seul, Plon, 1943
  • La Table et le verre d'eau. Histoire d'une passion, Genève, Les Trois Anneaux, 1946
  • L'Enfant tué, Les Éditions nouvelles, 1946
  • Les Innocents dans la tempête, Plon, 1947
  • La Visite angélique, L'Élan, 1948
  • Le Divin Visage, L’Élan, 1948
  • La Galère des Goncourt, préface deSacha Guitry, L'Élan', 1948
  • Le Vin, lumière du cœur, Robert Cayla, coll. « Les Amis de l’originale », 1948
  • Carnets de Guerre 1939-1948, extraits inédits présentés par Xavier Soleil, préface deYann Clerc, Les Cahiers René Benjamin, Cahierno 2 (2e semestre 2013, éditions Pardès)
  • René Benjamin journaliste, choix présenté par Xavier Soleil, préface deFrancis Bergeron, Les Cahiers René Benjamin, Cahierno 3 (1er semestre 2014, éditions Pardès)

Pièces de théâtre

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Librettiste

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  • La Pie borgne,comédie lyrique en un acte représentée pour la première fois au Théâtre national de l'Odéon, le, Librairie Stock, 1921

Ouvrages présentés par René Benjamin

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  • Beaumarchais,Théâtre publié avec une introduction et des notes par René Benjamin, À la Cité des Livres, 1930
  • Émile Pellissier,Le Balcon de Guignol, préface de René Benjamin, Lyon, aux éditions de la République lyonnaise, 1930
  • Georges Ducrocq,La Belle Libanaise, préface de René Benjamin,Plon, 1930
  • Jean Prunière,À Bordeaux. Croquis d'audience, préface du bâtonnier Cadroy et avant-propos de René Benjamin, Bordeaux,Delmas, 1934
  • Karl Reille,Deux Cents Châteaux et gentilhommières d’Indre-et-Loire, préface de René Benjamin, Tours, imprimerie tourangelle, 1934
  • Sennep,Le Milieu, préface de René Benjamin, Librairie Floury, 1934
  • Sainz Rodriguez (sous la direction de),Histoire de la Révolution nationale espagnole, préface de René Benjamin, Société internationale d'éditions et de publicité, 1939
  • Alain Mellet,Intelligence et parlement. Le Drame Poldève, préfacé par René Benjamin et suivi deLa véridique histoire d'Hégésippe Simon, G. Cadet
  • Honoré de Balzac,Conversation entre onze heures et minuit ou Échantillon de causerie française, illustrations de Pierre Noël gravées par Gilbert Poilliot,Maximilien Vox, 1945

Postérité

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La maison de René Benjamin

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René Benjamin acquiert leManoir du Plessis à Savonnières en 1923. Cette résidence, inscrite à l’Inventaire des Monuments historiques depuis 1948, possède un jardin créé parJoachim Carvalho, propriétaire et restaurateur duchâteau de Villandry. Le manoir, construit au16e siècle, a été agrandi au18e siècle par l’ajout d’une chapelle[45]. René Benjamin meuble partiellement le manoir avec le mobilier de la famille de son épouse provenant duChâteau de Saché.

De cette maison René Benjamin écrit : « Dans ma maison, il y a mon travail ; dans le jardin, la terre et le ciel - tout ce qu'il faut pour vivre humainement... »[46].

Dans la culture populaire

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Dans le téléfilmAu bon beurre (Édouard Molinaro, 1980), René Benjamin est interprété parJacques Mutel. On le voit prendre des notes d'une entrevue entre le maréchalPétain et des Français. On entend ensuite l'article écrit pour l'Action française.

La jurisprudence « Benjamin »

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René Benjamin est à l'origine d'un desgrands arrêts du Conseil d'État, rendu le[47]. Cette décision est encore aujourd'hui une référence obligée en matière deliberté de réunion et de contrôle des mesures depolice administrative[48]. Elle oblige lemaire à invoquer des circonstances particulières (locales, de temps ou d'espace) lorsqu'il veut restreindre leslibertés publiques au nom de ses pouvoirs depolice administrative.

L'affaire telle qu'elle est décrite sur le site du Conseil d'État :

« M. Benjamin devait donner une conférence àNevers sur le thèmeDeux auteurs comiques :Courteline etSacha Guitry. Devant les nombreuses protestations de syndicats d’instituteurs, qui reprochaient au conférencier de les ridiculiser à l’occasion de chacune de ses interventions, le maire de Nevers décida finalement d’interdire la réunion. Cette décision fut annulée par le Conseil d’État au motif que les risques de troubles à l’ordre public allégués par le maire pour interdire cette réunion n’étaient pas tels qu’ils aient pu justifier légalement l’interdiction de cette réunion, alors que la liberté de réunion est garantie par les lois du 30 juin 1881[49] et du 28 mars 1907[50]. »

Cet arrêt restreint donc la condamnationa priori pour privilégier la répressiona posteriori.

L'Ordonnance Dieudonné du Conseil d'État du 9 janvier 2014 confirme l'interdictiona priori du spectacle deDieudonné et cite l'arrêt Benjamin dans son visa, bien qu'elle en constitue un revirement de jurisprudence[51],[52].

Références

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  2. « Mort de René Benjamin »,Le Monde,‎(lire en ligneAccès payant)
  3. « Conférences littéraires, scientifiques et musicales »,La Charente,‎(lire en ligne surGallica)
  4. « Concours général »,Journal officiel de la République française.,‎,p. 5350(lire en ligne surGallica)
  5. ab etcLucienne Simmer, « René Benjamin académicien »,L'Homme libre,‎,p. 2(lire en ligne surGallica)
  6. « Mort de René Benjamin »,Le Figaro,‎,p. 2
  7. L'Homme à la recherche de son âme,p. 22.
  8. C-M Savarit, « Le Prix Goncourt »,L'Echo de France,‎,p. 2(lire en ligne surGallica)
  9. Michel Laurencin,Dictionnaire biographique de Touraine, éditions C.L.D, Chambray-lès-Tours, 1990,p. 76
  10. Société des lettres, sciences et arts du Saumurois, Saumur, Société des lettres, sciences et arts du Saumurois,(lire en ligne),p. 43
  11. « Mariage »,Le Journal,‎,p. 2(lire en ligne surGallica)
  12. René Benjamin,Vacances balzaciennes, La Revue Universelle,p. 659-663
  13. « Benjamin et Balzac »,Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques,‎,p. 4(lire en ligne surGallica)
  14. « Balzac-Goriot »,Paris-midi,‎,p. 2
  15. « La vie prodigieuse de M. Honoré de Balzac »,Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques,no 166,‎,p. 3
  16. Jean Richepin, « Théâtre Réjane - "Comprendre" »,Comoedia,‎,p. 1(lire en ligne surGallica)
  17. Jean Martet, « Le prix Goncourt »,L'Homme enchaîné,‎,p. 2(lire en ligne surGallica)
  18. Nozière, « La semaine dramatique »,L'Intransigeant,‎,p. 1(lire en ligne surGallica)
  19. Pierre Veber, « Premières représentations »,Le Petit journal,‎,p. 2(lire en ligne surGallica)
  20. Edmond Sée, « Les plaisirs du hasard »,L'Œuvre,‎,p. 7(lire en ligne surGallica)
  21. Charles Méré, « Les premières »,Excelsior,‎,p. 4(lire en ligne surGallica)
  22. a etbLucien Dubech, « Chronique dramatique »,L'Action française,‎,p. 2(lire en ligne surGallica)
  23. Paul Lombard, « Les premières »,L'Homme libre,‎,p. 3(lire en ligne surGallica)
  24. a etbRobert Kemp, « Les générales »,La Liberté,‎,p. 4(lire en ligne surGallica)
  25. abc etdLouis-Georges Planes,« René Benjamin ou l'archer au cœur sensible », dans Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux,Actes de l'Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, Paris, E. Dentu,(lire en ligne)
  26. (en) Pieter H. Kollewijn, « Books in French »,Books Abroad,vol. 22,no 2,‎ spring, 1948,p. 162(lire en ligneAccès limité)
  27. « NON, M. Rene Benjamin ne "fessera" pas les instituteurs », surGallica,L'Attaque : organe socialiste révolutionnaire de la jeunesse / rédacteur en chef Ernest Gegout,(consulté le)
  28. Jules deGères et belles-lettres et arts (Bordeaux)Académie nationale des sciences, « Actes de l'Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux », surGallica,(consulté le),p. 79-80
  29. Anne AndréGlandy,Le marquis de Roux (1878-1943), Poitiers, S.F.I.L. et imp Marc Texier,(ISBN 978-2-307-07808-1),p. 133
  30. Paroles françaises, numéro du 21 janvier 1949
  31. Pierre Lanauve de Tartas,Hommage à René Benjamin, 1949 (contribution deMarcel Bouteron).
  32. Molière (dédicace).
  33. Molière,p. 66.
  34. a etb« MM. SACHA GUITRY ET ROBERT LAFFONT lui verseront 700.000 francs »,Le Monde,‎(lire en ligneAccès payant)
  35. a etb« Les " sept " vont poursuivre l'éditeur Robert Laffont et ses " co-responsables " »,Le Monde,‎(lire en ligneAccès payant)
  36. « La petite histoire la toute petite histoire des Dix »,Le Monde,‎(lire en ligneAccès payant)
  37. Je suis partout, 2 juin 1941, page 2.
  38. Il relate ainsi dansCandide, journal maurassien, le19 mai 1943, un dîner entre Maurras et le chef d’État, de façon lyrique.
  39. Régis Meyran,Le mythe de l'identité nationale, Berg international,(lire en ligne), Un réseau d'écrivains régionalistes à Vichy
  40. L'Homme à la recherche de son âme,p. 170.
  41. ’’France Amérique’’, 12 novembre 1944,p. 4 —sur Retronews.
  42. « L'ÉPURATION et les sanctions »,Le Monde,‎(lire en ligneAccès payant)
  43. « Mort de René Benjamin »,Combat,‎,p. 1
  44. Société archéologique de Touraine,Bulletin de la Société archéologique de Touraine, Tours, Georget-Joubert,(lire en ligne),p. 26
  45. Société archéologique de Touraine,Bulletin de la Société archéologique de Touraine,, 263 p.,p. 26
  46. Roger Giron, « La Vie des lettres »,La Liberté,‎
  47. « 19 mai 1933 - Benjamin. Contrôle des atteintes portées par le pouvoir de police à la liberté de réunion », surwww.conseil-etat.fr
  48. « Texte de l'arrêt sur Légifrance. »[archive du](consulté le)
  49. Voir surlegifrance.gouv.fr.
  50. Voir surlegifrance.gouv.fr.
  51. « DALLOZ Etudiant - Actualité: L'ordonnance Dieudonné du Conseil d'État : une décision logique dans le contexte contemporain de la liberté d'expression »[archive du], suractu.dalloz-etudiant.fr(consulté le)
  52. « Dieudonné: l'arrêt «Minority Report» du Conseil d’État », surSlate.fr,(consulté le)

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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