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Reich

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Pour les articles homonymes, voirReich (homonymie).

Évolution territoriale duSaint-Empire romain germanique puis duReich allemand
Le Saint-Empire en 1714, à la suite des traités deRastatt et deBaden.
Le Saint-Empire en 1789, à la veille de laRévolution française.

Reich (prononcé enfrançais : [ʁajʃ] ; prononcé enallemand : [ʁaɪç]Écouter) est un terme de lalangue allemande désignant à l’origine leterritoire sur lequel s’exerçait lapuissance et lasouveraineté d’unprince, d’unroi ou d’unempereur, et plus tard celle d’unÉtat. Il correspond au latinimperium, qui désigne le pouvoir suprême de commandement et le territoire sur lequel il s’étend.

Le terme a un équivalent formé sur la même racine dans plusieurs langues germaniques (Rike ennorvégien,Rige endanois,Rijk ennéerlandais, etc.). Il n’a pas de traduction exacte enfrançais ; il est parfois traduit parempire, mais ne désigne pas derégime en particulier, et larépublique de Weimar et lerégime nazi se qualifiaient officiellement deReich. Unempire au sens constitutionnel du terme est unKaiserreich (Reich d’un empereur), et unroyaume est unKönigreich (Reich d’un roi). Selon les contextes, il peut également être traduit parÉtat,pays,nation,domaine outerritoire. Enanglais, il est parfois traduit parrealm, issu du françaisroyaume.

Histoire

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Deux ensembles politiques se sont nommésReich :

Du point de vue desrégimes, l’Allemagne a connu troisReich :

On peut également trouver le motReich dansÖsterreich, le nom allemand pour l'Autriche[1], et dansFrankreich, le nom allemand pour laFrance[2].Celui-ci signifie littéralement « empire desFrancs ». Pour distinguer la France actuelle du royaume des Francs duhaut Moyen Âge, les historiens allemands nomment ce dernierFrankenreich (littéralement « Royaume franc »).[réf. nécessaire]

De 1871 à 1945, le termeDeutsches Reich est le nom officiel de l'État allemand, doté de nombreuses institutions fédérales, leReichskanzler (chancelier), leReichstag (la chambre basse du parlement allemand), leReichsrat, la chambre haute parlement allemand, leReichspräsident (leprésident du Reich), laReichsbank (l'institut monétaire émetteur de la monnaie) ou leReichsmark (la monnaie allemande ayantcours légal entre 1875 et 1923, puis entre 1924 et 1948).

Durant lapériode républicaine, la constitution dispose :« Le Reich allemand est une république. » (« Das Deutsche Reich ist eine Republik. »). Les deux termes ont pu être vus comme contradictoires : le princeAlexandre de Hohenlohe, fils duchancelierChlodwig de Hohenlohe, écrivait au début des années 1920 :« N’est-il pas caractéristique que la république allemande porte encore le nom deDeutsches Reich et que ses fondateurs n’aient pas osé appeler officiellement ceReich la République allemande ? »

L’écrivain nationalisteArthur Moeller van den Bruck, dansDas dritte Reich (1923), popularise la qualification de l’Empire allemand comme « Deuxième Reich » et appelle à l’avènement d’un « Troisième Reich ». Les nazis reprennent l’expression afin de souligner leur rejet de larépublique mise en place en 1919 et d’inscrire leur projet dans la continuité avec les deux premiers. Arrivés au pouvoir, ils l’abandonnent plus ou moins au profit du seul terme « Reich ».Ils parlent également de « Reich de mille ans » (das tausendjährige Reich) car leur régime était censé durer plus longtemps que le « Premier Reich ».

Lapolitique d’annexions d’Adolf Hitler dans les années 1930 marque la fin de la conception moderne de l’Allemagne commeÉtat-nation et ressuscite un caractère expansionniste de la notion. L’historien du droit Karl Gottfried Hugelmann justifie en 1940 l’« intégration » des Tchèques dans la Grande Allemagne par la « conscience d’une mission » du Reich, et estime qu’« avec l’annexion duprotectorat de Bohème et de Moravie dans le Reich grand-allemand, le caractère impérial de celui-ci […] se manifeste encore plus puissamment ». Le philosopheCarl Schmitt, dans un essai de 1939 sur la notion de Reich endroit international, avance que la langue allemande a « toujours appeléReiche dans un sens spécifique les grandes et puissantes créations de l’histoire – l’empire des Perses, des Macédoniens et des Romains, les empires des peuples germaniques comme de leurs adversaires ». Il voit dans le Reich une zone susceptible d’être soumise à la domination d’un peuple, « un grand ordre spatial dominé par certaines idées et certains principes idéologiques, qui exclut les interventions de puissances étrangères à cet espace et qui a pour garant et protecteur un peuple à la hauteur de cette tâche. […] Le nouveau concept d’ordre d’un nouveau droit international représente notre concept du Reich, celui d’un grand ordre spatial reposant sur le peuple, porté par le peuple. » La presse nationale-socialiste fut très critique de la vision de Schmitt, accusée de forger un pendant allemand de ladoctrine Monroe soumettant le « droit » du peuple allemand à l’expansion à un droit supérieur creux[3].

Après la disparition du Reich allemand en 1945, laRépublique démocratique allemande a conservé le nom de la société publique de chemins de fer mise en place en 1925, laDeutsche Reichsbahn. Il est employé encore aujourd’hui dans le nom dupalais du Reichstag (Reichstagsgebäude), construit durant la période impériale.

Après laRéunification, l’expression« Quatrième Reich » a été employée par Pierre Béhar[pourquoi ?], universitaire français spécialiste de la civilisation allemande[4].

Notes et références

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  1. Entrée« Österreich »[html], surDictionnaire allemand-français,Larousse(consulté le).
  2. Entrée« Frankreich »[html], surDictionnaire allemand-français,Larousse(consulté le).
  3. Karl Gottfried Hugelmann,Volk und Staat im Wandel deutschen Schicksals, Essener Verlagsanstalt, coll. « Volkslehre und Nationalitätenrecht in Geschichte und Gegenwart » nº 1, Essen, 1940, etCarl Schmitt,Völkerrechtliche Grossraumordnung mit Interventionsverbot für raumfremde Mächte: Ein Beitrag zum Reichsbegriff im Völkerrecht, Deutscher Rechtsverlag, coll. « Schriften des Instituts für Politik und internationales Recht an der Universität Kiel » nº 7, Berlin et Vienne, 1939, 88 p., cités dansHeinrich August Winkler,Histoire de l’Allemagne (XIXeXXe siècle). Le long chemin vers l’Occident, trad. par Odile Demange,Librairie Arthème Fayard, Paris, 2005 (1re éd. en allemand 2000)(ISBN 2-213-62443-7), p. 521-522
  4. Pierre Béhar,DuIer au IVe Reich. Permanence d’une nation, renaissances d’un État, Desjonquères, coll. « Le Bon Sens »(ISSN 0993-782X), Paris, 1990, 189 p.(ISBN 2-904227-44-X)

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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