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Regalia du Saint-Empire

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Lesregalia du Saint-Empire sont lesinsignes et ornements du souverain élu à la tête duSaint-Empire romain germanique.Couronne, sceptre,orbe crucigère, ainsi que d'autres objets forment lesregalia dutrésor impérial aujourd'hui conservé àVienne.

Leur origine remonte àCharlemagne, conquérant d'unpuissant empire, consacré par l'autorité papale en 800, qui englobait entre autres la France, l'Allemagne, et l'Italie actuelle, mais la tradition germanique s'ancre à partir du règne d'Otton le Grand.

Après la fin du Saint-Empire en 1806, les regalia sont réinvestis par la couronne autrichienne, puis sont l'objet de dispute et servent d'outils propagandistes au moment de la formation duTroisième Reich.

Dénomination

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Charlemagne, portant les regalia impériales. Portrait imaginaire exécuté parAlbrecht Dürer (1512).
« Reproduction des ornements et regalia impériaux », gravure de la fin duXVIIe siècle représentant l'empereur Sigismond (Bibliothèque princière Waldeck).
« Reproduction du grand Sanctuaire à Nuremberg » avec la Sainte Lance (gravure, finXVIIe).
Les Regalia reproduits dans une encyclopédie allemande (Leipzig, 1909).

En 800,Charlemagne est sacré empereur àRome : il n'existe aucune trace certaine de la couronne ou des insignes impériaux du souverain. Après le partage de l'empire, et la disparition d'un pouvoir central, s'enracine alors un mythe qui va prendre deux aspects : le pouvoir royal en France va bâtir ses regalia sur d'hypothétiquescouronnes de Charlemagne, tandis que les souverains centraux européens, vont en fonder d'autres, chacun se déclarant détenteur des insignes originaux.

Les noms utilisés pour ces regalia sont, en latin,insignia imperialia,regalia insignia,insignia imperalis capellae quae regalia dicuntur. Le latin est lalingua franca en Europe jusqu'auXVe siècle.

En allemand, ils vont être appelésReichsinsignien (insignes impériaux),Reichskleinodien (joyaux impériaux) réunis au sein duReichsschatz (trésor impérial).

Un inventaire du château deTrifels en 1246 les désigne commesignes impériaux (Keiserliche Zeichen). Les termes employés sont liés à la personne ou a la fonction. De plus, jusqu'àCharles IV, des éléments sont ajoutés, d'autres retirés ou échangés.

Histoire

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Plusieurs inventaires médiévaux sont conservés avec cinq ou six objets mentionnés. Dans sonSpeculum regum (1183),Godefroi de Viterbe en énumère cinq : Sainte Croix (reliques de laVraie Croix),Sainte Lance, Sceptre, Orbe et Épée. L'épée ou glaive n'est pas mentionnée dans d'autres listes. Il est ardu d'identifier certains objets dans une source du Haut Moyen Âge ou du Moyen Âge tardif dans la mesure où les mentions encore plus tardives parlent de couronnementin kaiserliche Insignien gekleidet, c'est-à-dire « vêtu d'insignes impériaux » sans plus de précisions. Par contre, l'identification de la Sainte Lance et de la Croix impériale sont évidentes, ces objets étant antérieurs à la période médiévale et abondamment cités. Jusqu'auXVe siècle, les regalia n'ont pas de lieu fixe, car ils accompagnent l'empereur lors de ses voyages à travers le royaume. Lacouronne du Saint-Empire remonterait à la fin duXe siècle, mais sa forme originelle diffère sensiblement de l'actuelle.

Alors qu'ils étaient conservés depuis1424 dans la ville impériale deNuremberg enFranconie, le Conseil de la ville, à l’approche des troupes françaises menaçantes, les fait transférer àRatisbonne en1796. Puis ils sont envoyés en1800 àVienne. La menace française s’approchant de la capitale, on les confie à un certainbaron von Hügel jusqu’à ce que leur sécurité puisse être assurée. Après la dissolution du Saint-Empire en1806, von Hügel profite du flou juridique pour revendre les Reichskleinodien à l’empereur d’Autriche, qui refuse de les restituer plus tard à la ville deNuremberg et les conserve dans laChambre du Trésor (Schatzkammer). Ils restent donc dans le palais de laHofburg àVienne comme propriété desHabsbourg, puis, après la révolution de1918, de l’État autrichien.

Après l’annexion de l’Autriche par l'Allemagne nazie en1938,Adolf Hitler les fait rapporter dans un train spécial àNuremberg. Quand les alliésbombardent la ville, il ordonne que le trésor soit abrité dans l'Historischer Kunstbunker (en) sous lechâteau de Nuremberg. Les regalia sont saisis dans ce bunker le par unenquêteur spécialisé en œuvres d'art, le lieutenantWalter Horn qui en prend officiellement possession, au nom du gouvernement américain. LesReichskleinodien sont restitués en à l’État autrichien et sont depuis conservés dans laSchatzkammer du palais de laHofburg àVienne[1].

Inventaire

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On peut citer :

Les insignes impériaux sont classés en deux ensembles selon le lieu où ils ont été conservés, de 1424 à 1796 àNuremberg, ou jusqu'en 1794 àAix-la-Chapelle.

Regalia d'Aix-la-ChapelleObjet conservé à VienneProbables lieu d'origine et période de production
Évangéliaire du couronnement (Reichsevangeliar ouKrönungsevangeliar)
Aix-la-Chapelle, fin duVIIIe siècle (manuscrit),XVe siècle (reliure).
Bourse de Saint-Étienne (Stephansbursa)
Période carolingienne, première moitié duIXe siècle.
Sabre de Charlemagne (Säbel Karl des Großen)
Europe occidentale, deuxième moitié duIXe siècle.
Regalia de NurembergObjet conservé à VienneProbables lieu d'origine et période de production
Couronne du Saint-Empire (Reichskrone,Krone der Römisch-deutscher Könige und Römisch-deutscher Kaiser)
Europe occidentale, deuxième moitié duXe siècle.
Crucifix de l'Empire (Reichskreuz)
Europe occidentale, vers 1024-1025.
Sainte Lance (Heilige Lanze), diteSainte Lance de Longin ouLonginus
Originelombarde,VIIe siècle.
Reliques de laVraie Croix (Kreuzpartikel)
Province romaine de Judée, vers 30
Épée impériale (Reichsschwert)
Avec fourreau, Allemagne, deuxième tiers duXIe siècle.
Orbe impérial (Reichsapfel)
Allemagne occidentale, fin duXIIe siècle.
Manteau du couronnement (Krönungsmantel) (Pluviale)
Palerme, 1133-34.
Aube impériale (Alba der Reichskleinodien)
Palerme, 1181.
Dalmatique impériale (Dalmatica,Tunicella)
Palerme, vers 1140.
Chausses impériales
Palerme, vers 1170.
Chaussures impériales
Palerme, vers 1130 ou vers 1220.
Gants impériaux
Palerme, vers 1220.
Épée de cérémonie (Zeremonienschwert)
Palerme, vers 1220.
Étole impériale (Stola)
Italie centrale, avant 1338.
Dalmatique à l'Aigle (Adlerdalmatica)
Palerme, vers XII.
Sceptre (Zepter)
Allemagne, première moitié duXIVe siècle.
GoupillonsAllemagne, première moitié duXIVe siècle.
Reliquaire avec maillons de chaînesRome ouPrague, vers 1368.
Reliquaire avec un morceau de vêtement de Saint Jean l'EvangélisteRome ou Prague, vers 1368.
Reliquaire avec un fragment de la crèche duChristRome ou Prague, vers 1368.
Reliquaire avec un os du bras de Sainte-AnneProbablement Prague après 1650.
Reliquaire avec une dent deJean le BaptisteBohême, après 1350.
Boite (Futteral) de la couronne impérialePrague, après 1350.
Reliquaire avec un fragment de la nappe de laCène
Daté de 1518, Nuremberg, par Hans Krug.

Collection présente à Vienne

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  • trois armes, une hache au milieu, à droite une lance de l'époque carolingienne, le fer comporte des embouts métalliques transversaux et latéraux.
    Un exemple d'uneFlügellanze à gauche, de facture carolingienne, similaire à laHeilige Lanze : des pièces latérales sont présentes à la base du fer.
  • Sainte Lance : une petite tige de fer a été insérée dans le fer de lance et maintenue par des fils d'argent et était considéré selon la tradition comme un des clous de la crucifixion de Jésus[Note 1]
    Sainte Lance : une petite tige de fer a été insérée dans le fer de lance et maintenue par des fils d'argent et était considéré selon la tradition comme un des clous de la crucifixion de Jésus[Note 1]

Des pièces conservées au Hofburg, la plus ancienne est probablement la Sainte Lance, qui remonte àHenri Ier de Germanie. C'est uneFlügellanze, unelance comportant deux pièces latérales et opposées à la base du fer, d'époquecarolingienne.

Lacouronne impériale est mentionnée par la poésie médiévale autour de 1200, en particulier par son joyauL'Orphelin, un diamant de grande taille.

Voyages

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Ruines du cloître de Limburg, près de Bad Dürkheim, un des lieux de conservation identifiés.

Jusqu'auXVe siècle, les insignes impériaux ne sont pas conservés dans un endroit fixe : ils accompagnent souvent le souverain dans ses voyages à travers l'Empire et leur possession est primordiale dans le cas de contestations de sa légitimité. Plusieurs places-fortes et lieux sûrs ont néanmoins été identifiés durant cette période :

Notes et références

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Notes

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  1. En2003, pour la réalisation d'un documentaire, une expertise a été réalisée, par le Docteur Robert Feather, ingénieur métallurgiste britannique, qui a reçu du Musée de la Hofburg, l'autorisation d'examiner, non seulement la lance dans un environnement de laboratoire, mais à retirer les délicates bandes d'or de l'étui et les fils d'argent qui recouvrent la lance. L'expertise a été réalisée au moyen de la technique de laspectrométrie de fluorescence X. La date la plus probable de la fabrication du fer de lance se situerait autour duVIIe siècleapr. J.-C., (un siècle plus tôt que l'estimation précédente). Le Dr Feather a déclaré que la tige de fer de sept pouces de longueur (prétendue être un clou de la crucifixion), martelée dans la lame, et mise en valeur par de minuscules croix en laiton, contenait pourtant des traces de cobalt mais que ce morceau de fer ne pouvait pas provenir d'un clou romain duIer siècleapr. J.-C.

Références

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  1. (de)Site de la chambre du trésor.

Bibliographie

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Sceptre.
Sceptre.

(de) -Document utilisé pour la rédaction de l’article

  • Franz Bock :Die deutschen Reichskleinodien mit Hinzufügung der Krönungs-Insignien Böhmens, Ungarns und der Lombardei in geschichtlicher, liturgischer und archäologischer Beziehung, 1. Theil (Einfache Ausgabe). Vienne, 1860.
  • Julius von Schlosser :Die Schatzkammer des Allerhöchsten Kaiserhauses in Wien, dargestellt in ihren vornehmsten Denkmälern. Mit 64 Tafeln und 44 Textabbildungen. Schroll, Vienne, 1918
  • Hermann Fillitz :Die Insignien und Kleinodien des Heiligen Römischen Reiches. Schroll, Vienne, Munich, 1954.
  • Fritz Ramjoué :Die Eigentumsverhältnisse an den drei Aachener Reichskleinodien. Kohlhammer, Stuttgart 1968
  • Wilhelm Schwemmer :Die Reichskleinodien in Nürnberg 1938–1945. In :Mitteilungen des Vereins für Geschichte der Stadt Nürnberg, vol. 65, 1978, pp. 397–413.
  • Annamaria Böckel :Heilig-Geist in Nürnberg. Spitalstiftung & Aufbewahrungsort der Reichskleinodien. Nürnberger Schriften 4, Böckel, Nuremberg 1990,(ISBN 3-87191-146-1).
  • Ernst Kubin :Die Reichskleinodien. Ihr tausendjähriger Weg. Amalthea, Vienne, Munich 1991,(ISBN 3-85002-304-4).
  • Alexander Thon :Die Reichkleinodien. Einst auf Burg Trifels : Herrschaftszeichen, Reliquien und Krönungsgewänder. In :Karl-Heinz Rothenberger (Hrsg.) :Pfälzische Geschichte, vol. 1.2, éd. Institut für Pfälzische Geschichte und Volkskunde, Kaiserslautern 2002,(ISBN 3-927754-43-9), pp. 220–231.
  • Heinrich Pleticha :Des Reiches Glanz. Reichskleinodien und Kaiserkrönungen im Spiegel der deutschen Geschichte. Herder, Fribourg-en-Brisgau. a. 1989,(ISBN 3-451-21257-9) (réimpression :Flechsig, Würzburg 2003,(ISBN 3-88189-479-9).
  • Wilfried Seipel (Hrsg.) :Nobiles Officinae. Die königlichen Hofwerkstätten zu Palermo zur Zeit der Normannen und Staufer im 12. und 13. Jahrhundert. Milan, 2004,(ISBN 3854970765).
  • Peter Heigl :Der Reichsschatz im Nazibunker / The Imperial Regalia in the Nazibunker. Nuremberg 2005,(ISBN 3-9810269-1-8).
  • Alexander Thon :Vom Mittelrhein in die Pfalz. Zur Vorgeschichte des Transfers der Reichsinsignien von Burg Hammerstein nach Burg Trifels im Jahre 1125. In :Jahrbuch für westdeutsche Landesgeschichte 32, 2006, pp. 35–74.
  • Gesellschaft für staufische Geschichte (Hrsg.) :Die Reichskleinodien, Herrschaftszeichen des Heiligen Römischen Reiches. Göppingen 1997,(ISBN 3-929776-08-1).
  • Sabine Haag (Hrsg.) :Meisterwerke der Weltlichen Schatzkammer. Kunsthistorisches Museum, Wien, 2009,(ISBN 978-3-85497-169-6).
  • Johann Wolfgang Goethe :Dichtung und Wahrheit. Erster Teil, Fünftes Buch. (Description du couronnement de Joseph II).
  • Jan Keupp, Hans Reither, Peter Pohlit, Katharina Schober, Stefan Weinfurter (Hrsg.) :„… die keyserlichen zeychen …“ Die Reichskleinodien – Herrschaftszeichen des Heiligen Römischen Reiches, Regensburg 2009,(ISBN 978-3-7954-2002-4).

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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