| Aumonier Légion étrangère | |
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| Directeur Le Cheval de Troie | |
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| Aumônier général(d) Forces françaises de l'intérieur | |
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| Formation | Université Paul-Valéry(en) |
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Léopold Bruckberger, appelé aussi frèreRaymond Léopold Bruckberger[1], né le àMurat (Cantal) et mort le àFribourg (Suisse), est unprêtredominicain etrésistant français, égalementécrivain,traducteur,scénariste etréalisateur decinéma.
Appartenant à l'ordre desdominicains, il est également appelé le« R.P. Bruckberger », « R.P. » signifiant « Révérend Père »[2].

Quatrième de cinq enfants d'un pèreautrichien, ingénieur et directeur d'usine, et d'une mèreauvergnate (Eugénie Clémentine Marie Vazelle, 1876-1951), sajeunesse fut difficile, avec l'internement de son père (considéré comme le ressortissant d’une puissance hostile), son évasion, la mise sous séquestre des biens familiaux, ce qui contraignit la famille à vivre de charité. Raymond Bruckberger rejoint l'ordre des Dominicains à l'âge de 22 ans, en1929, aucouvent de Saint-Maximin (Var). Il est ordonné prêtre en1934. Il se voit confier la rédaction de laRevue thomiste où, en1937, il publie sa thèse :Métaphysique.
En1939, il obtient de ses supérieurs l'autorisation de servir. Il rejoint en le corps franc deJoseph Darnand, avec qui il se lie d'amitié. Blessé àChantilly, il est fait prisonnier. Il s'évade en, passe parDijon enzone libre grâce auchanoine Kir, et retrouve Darnand àNice, également évadé, avec qui il songe un instant à créer une association d'anciens combattants. Refusant de prêter serment d'allégeance aurégime de Vichy, il commence à être attiré par l'action dugénéral de Gaulle. Au moment de se séparer de Joseph Darnand, il aurait alors dit à ce dernier :« Si vous continuez dans cette voie, vous passerez en Haute Cour pour trahison, vous serez fusillé et je serai assez con pour venir vous défendre. »
En, au nom de la défense deCharles Péguy, il interrompt un discours d'un responsable deVichy sur l'amitié franco-allemande, en présence de l'évêque deNice et du préfet. Expulsé de Nice, il prend bientôt contact avecClaude Bourdet et laRésistance.
Arrêté par laGestapo en1942, il échappe à la mort, sans doute grâce à l'intervention de Darnand, et fait cinq mois de prison. Dès sa libération, il prend le maquis dans leVivarais, où il fréquenteAlbert Camus. Il fait également la connaissance deRobert Bresson, avec qui il réalise, en collaboration avecJean Giraudoux,Les Anges du péché, dans lequel beaucoup voient une métaphore de la Résistance[3]. Sur les instances dugénéral de Gaulle, la Résistance veut se doter d'un aumônier général.Alexandre Parodi nomme alors Bruckberger aumônier desForces françaises de l'intérieur.
Il participe à lalibération de Paris le. Afin d'éviter une confrontation avec le cardinal-archevêqueSuhard, qui a reçu àNotre-Dame de Paris le maréchalPétain et le commandant allemand de la place de Paris, Bruckberger estime que l'office de la Libération doit être célébré dans labasilique Notre-Dame-des-Victoires. Mais de Gaulle insistant absolument pour Notre-Dame, Bruckberger fait alors savoir que la présence du cardinal Suhard dans sa cathédrale n'est pas souhaitable. LeMagnificat a lieu le sans le cardinal, exclu par de Gaulle lui-même et confiné à l'archevêché. Au dehors, pendant le chant d'action de grâce, des résistants croient voir des tireurs embusqués allemands et tirent des rafales.
Après la guerre, décoré de lamédaille de la Résistance avec rosette, le père Bruckberger hanteSaint-Germain-des-Prés de sa silhouette caractéristique et devenue très familière aux Parisiens. On peut l'y croiser en compagnie deJean-Paul Sartre etSimone de Beauvoir. C'est l'époque où il dénonce à la fois l'influence duparti communiste, mais aussi l'action des catholiques sociaux autour duMouvement républicain populaire issu de la Résistance. Il se dresse énergiquement contre ce qu'il estime être les abus del'Épuration, assiste quotidiennement Darnand dans sa cellule àFresnes, en1945, obtient une douzaine de grâces du général de Gaulle, et mène en vain campagne pour celle deJean Bassompierre, qui sera exécuté le. Il adhère en mars 1948 auComité d'action de la Résistance. En avril 1948, il s'élève implicitement dans la presse contre la formation quelques jours plus tôt d'un« comité d'honneur pour la libération du maréchal Pétain » dont est membre un cardinal,Achille Liénart, et compare dans sa tribune l'armistice de 1940 et l'entrevue de Montoire entre Pétain et Hitler au viol d'une petite fille de 12 ans[4]. L'article lui est reproché ; il se défend dans une nouvelle tribune, justifiant sa comparaison, comparant l'âge de Bassompierre (33 ans) à celui de Pétain et des membres du comité d'honneur, des« vieillards », rappelant le serment prêté à Pétain par Bassompierre et Darnand, niant être proche des communistes, jugeant que la mise en place du comité d'honneur a eu comme conséquence l'exécution de Bassompierre et réclamant le« droit de ne pas être pétainiste »[5].
C'est précisément ces épisodes qui amènent les autorités ecclésiastiques à l'affecter dans l'Atlas Saharien, àAïn Sefra (Algérie), où il devient aumônier de laLégion étrangère. Cet éloignement de la France met d'ailleurs fin à la revueLe Cheval de Troie, fondée par lui un an auparavant et dirigée depuis son couvent deSaint-Maximin, qui aura coûté cent mille francs par mois à son éditeurGallimard.
Le, il traverse le détroit de Gibraltar, pour revenir en France, où son statut d'assignéextra conventum permet de garantir, aux yeux du futur nouveau président de la République, le général de Gaulle, un vernis de légitimité. Il prend sa retraite en1962. Il collabore alors régulièrement àL'Aurore et auFigaro Magazine. En1985, il est élu à l'Académie des sciences morales et politiques.
Le « père Bruck » est inhumé dans le petit cimetière du village deChexbres (canton de Vaud-Suisse) qui surplombe lelac Léman, lieu où il passa les dernières années de sa vie grâce à la générosité de ses amis suisses.
En collaboration avecJean Giraudoux, il écrit en1943 le scénario du filmLes Anges du péché deRobert Bresson[6].
Son affectation auMaroc en1948 semble avoir interrompu son adaptation du roman deGeorges Bernanos,Journal d'un curé de campagne pourle film homonyme de Robert Bresson, qui sortira en1950, ainsi que le tournage desDialogues des Carmélites d'après un scénario original de Bernanos inspiré deLa Dernière à l'échafaud (Die letzte am Schafott) deGertrud von Le Fort. La mort de Bernanos la même année fait que le projet ne verra le jour qu'en 1960[7] sous le titreLe Dialogue des carmélites, coréalisé parPhilippe Agostini, avec notammentMadeleine Renaud,Jeanne Moreau,Alida Valli,Pascale Audret,Anne Doat,Hélène Vallier,Judith Magre, Pierre Brasseur,Georges Wilson etJean-Louis Barrault.
Il eut en projet durant vingt ans un film sur la vie deMarie-Madeleine, mais ne put jamais en trouver le financement. Il réalisa en outre un film de montage sur la Résistance,Tu moissonneras la tempête (avec des textes desMémoires de guerre du général de Gaulle), sorti en novembre1968.
Après la mort deGeorges Pompidou en, Bruckberger se répand en confidences à la presse au sujet de la vie privée du président de la République et de son épouse. Il évoque le « caractère ombrageux » et « difficile » de la Première dameClaude Pompidou et se targue d'avoir conseillé plusieurs fois Pompidou sur les plans politique et intime. Ces déclarations perçues comme indécentes lui seront vivement reprochées par la suite[8].
À la fin de sa vie, Bruckberger écrivit une pièce,Mourir en Messidor[9], créée de façon posthume authéâtre des Célestins àLyon en dans une mise en scène deStéphane Hillel, et qui fut considérée comme un plagiat desDialogues des carmélites de Bernanos.
Le Père Bruckberger a été également l'invité de la collectionLes Contes de la mémoire enregistrée parFR3 Auvergne en1978 (80 minutes -INALyon)
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