Pour l'usage du nom dans la fiction, voirChez nous (film, 2017).
Pour les articles homonymes, voirRassemblement national (page d'homonymie) etRNP.
Ne doit pas être confondu avecRassemblement national.
| Rassemblement national populaire | |
| Présentation | |
|---|---|
| Fondateur | Marcel Déat |
| Fondation | (de jure) |
| Disparition | (de facto[Note 1]) |
| Siège | 128rue du Faubourg-Saint-Honoré 19-21rue Boyer (Paris |
| Positionnement | Extrême droite[2] |
| Idéologie | Fascisme Nazisme Antisémitisme Néo-socialisme |
| Couleurs | Rouge, blanc, bleu |
| modifier | |
LeRassemblement national populaire (RNP) est unparti politique françaisfasciste etcollaborationniste, fondé parMarcel Déat pendant l'occupation allemande. Le RNP, qui a existé du jusqu'en1944, avait une originenéo-socialiste et embrassait le projet d'Europe nazie unifiée[3]. Il se destinait ainsi à« protéger la race ».
Sa particularité est la présence dans ses instances dirigeantes d'éléments issus de lagauchepacifiste.
Le RNP fut, pendant l'occupation, l'un des trois principaux partis collaborationnistes en France avec leParti populaire français (PPF) deJacques Doriot et leParti franciste deMarcel Bucard, prônant un alignement politique, social et militaire sur l'Allemagne nazie.

Le RNP est fondé parMarcel Déat (ancien député SFIO, fondateur en 1933 duParti socialiste de France-Union Jean Jaurès (néo-socialiste), ministre de l’Air début 1936 (avant leFront populaire), et ultra-pacifiste en 1939). Éloigné de Vichy après avoir proposé sans succès unparti unique durant l’été 1940, et même brièvement arrêté par la police de Vichy le en même temps que Pierre Laval, il crée le RNP au début 1941.
Dès le départ, les autorités d'occupation imposent une fusion contre nature du RNP de Marcel Déat, qui recrute plutôt à gauche, et duMouvement social révolutionnaire (MSR) d'Eugène Deloncle, mouvement d’extrême-droite qui continue l’action dela Cagoule.
Le premier comité directeur du RNP-MSR comprend 5 hommes (2 RNP, 3 MSR) :
La fusion entre le RNP et le MSR ne prend pas du fait de la rivalité des chefs et de la divergence des profils des membres des deux organisations. Le MSR conserve de facto son autonomie au sein du RNP et son principal rôle est de former le service de sécurité du RNP, la Légion nationale populaire[4].
La méfiance règne entre les deux chefs, d’autant que l’équipe de Deloncle est spécialiste des complots et des coups de main. Après l’attentat dePaul Collette contrePierre Laval etMarcel Déat le, Déat accuse le MSR d’avoir tenté de l’éliminer. Le MSR est donc exclu du RNP en, non sans quelques derniers coups tordus sanglants. Le RNP se réorganise par l’exclusion des éléments soupçonnés d’être proches du MSR jusqu’aux premiers mois de 1942.


Sur le plan idéologique, le RNP est favorable à un régime à parti unique et d'inspirationfasciste dans une Europe unifiée et socialiste. Il se réclame de l'héritage républicain,laïc etpacifiste, ce qui le différencie radicalement de son grand rival, le PPF de Doriot. Ainsi, le RNP défend le principe dusuffrage universel, l’école publique, une ligneanti-cléricale ou encore le maintien des bustes deMarianne dans les mairies[5][réf. non conforme]. Dans ses écrits, Déat se réclame de la tradition républicaine et révolutionnaire et affirme et loue la parenté entre lejacobinisme et letotalitarisme : « L’État révolutionnaire de1793 est singulièrement proche de l’État totalitaire ; ce n'est pas du tout l'État capitaliste et libéral (...). Disons en raccourci que la Révolution française a tendu vers un national-démocratisme, et que nous tendons maintenant à un national-socialisme. Mais le premier mouvement était aussi révolutionnaire que le second, il avait le même sens, il allait dans la même direction. Il est absolument faux de vouloir les opposer l'un à l'autre »[6]. Par ailleurs, il verse dans unantisémitisme moins violent que le PPF.
La tonalité spécifique du déatisme, faite de surenchère collaborationniste et de défense d'une ligne de gauche républicaine, se traduit par des prises de protestation contre la révocation des maires de gauche, contre les campagnes visant les francs-maçons et les instituteurs et dans le même temps la célébration d'un Hitler imaginaire, qu'il décrit comme désireux d'effacer les frontières au profit d'échanges économiques, édifiant une Europe pacifiée, unie et socialiste[7][réf. à confirmer]. Ces idées entraînent une opposition constante entre le RNP et les élémentsréactionnaires du début durégime de Vichy.
Dès le départ, Marcel Déat entend donner pour la partie programmatique la prépondérance à ses amis ex-socialistes en créant une « série de commissions et de comités d'études réunissant les têtes pensantes de la gauche et de l'extrême gauche », se félicitant de pouvoir recourir à ses « liaisons étendues dans le monde universitaire comme dans toutes sortes de milieux techniques et intellectuels »[8].
Après le départ des éléments droitiers du MSR, Ernst Achenbach suggère à Déat de prendre contact avec les masses et d'insister sur l'orientation socialiste de son mouvement ; de fait, en 1942, la Commission permanente, instance dirigeante du RNP, comprend douze personnes issues dusocialisme :SFIO[9][Pas dans la source],Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès,Union socialiste républicaine[Note 2][réf. nécessaire].
Dans son rapport à Ribbentrop daté du, Abetz prône « un traité de paix qui empêcherait, par la mise en place d'un gouvernement degauche et l'occupation permanente par l'Allemagne, toute opposition contre l'Europe dirigée par le Reich »[10]. L'ambassadeur du Reich en France favorise donc le RNP, conformément à ses inclinations personnelles d'ancien social-démocrate : il préfère travailler avec d'anciens socialistes commeMarcel Déat et avec des collaborateurs surtout motivés par le pacifisme et l'idée d'unifier l'Europe, quitte à ce que ce soit sous domination allemande, plutôt qu'avec Doriot et son PPF suspectés d'être trop indépendant car « il pourrait finir par s'imposer et susciter une mystique nationale capable de rénover la France dans le sens national-socialiste »[11], ce dont Berlin ne veut pas. De fait, le conseiller Schleier, considérant que « la grande majorité des partisans de la politique de collaboration vient de lagauche française[12] » pousse Abetz à favoriser l'entrée au gouvernement de Vichy des syndicalistes et socialistes acquis à la collaboration et Marcel Déat finira par rentrer dans le gouvernement de Laval. Le RNP ne cesse de critiquer les « réactionnaires de Vichy » et le PPF[Note 3].
Très déçu ne pas accéder au gouvernement de Vichy dans le sillage du retour au pouvoir dePierre Laval enavril 1942 ou de l’occupation de la zone sud ennovembre 1942, Marcel Déat consacre l’année 1943 à tenter de réaliser un parti unique de la collaboration qui lui permette de s’imposer. À la suite des rencontres en entre les chefs du RNP (Déat,Albertini) et duMSR (Georges Soulès), qui s’étaient tous connus à laSFIO, le RNP créé leFront révolutionnaire national (FRN) qui parvient à rassembler les principaux partis collaborationnistes hormis le PPF de Doriot : RNP-Front social du travail,MSR,Parti franciste,Groupe Collaboration et Jeunes de l’Europe nouvelle,Comité d’action antibolchévique. Le PPF refuse la manœuvre, mais Déat réussit à débaucher un de ses dirigeants, Jean Fossati (secrétaire du PPF), et nomme à la tête du FRN le seul chef du RNP issu du PPF :Henri Barbé. Le FRN ne mène cependant à rien.
Sur le plan tactique, le RNP critique avec virulence Vichy trop conservateur et pas assez européen mais s'abstient de critiquerPierre Laval : Déat se voit en successeur de ce dernier avec qui il partage des réseaux républicains et pacifistes de nature proches.
Lerégime de Vichy se durcissant, ses points de vue se rapprochent de ceux descollaborationnistes. En, Déat est nommé ministre du Travail et de la solidarité nationale du régime de Vichy et prend dans son cabinet les dirigeants du RNP (Georges Albertini,Georges Dumoulin,Ludovic Zoretti,Gabriel Lafaye, etc.). L’activité du parti est dès lors délaissée.
Le, devant l'avancée alliée, Marcel Déat part à Nancy. Le, Il quitte cette ville pour se réfugier en Allemagne, convié au quartier général d'Adolf Hitler[13]. Il est presque seul (« l’unique du parti » raille son collègueAbel Bonnard en référence à l’ancienne obsession du parti unique). Les membres du RNP, contrairement à ceux des autres partis collaborationnistes, préfèrent dans l’ensemble rester en France.
Les membres du RNP sont issus des classes moyennes urbaines (les trois quarts des dirigeants) : employés, fonctionnaires, enseignants, et aussi artisans, commerçants, professions libérales. Le parti compte peu d’ouvriers (11 %, notamment des cheminots[14]). Au total, le RNP est plus âgé et plus intellectuel, et donc moins activiste, que lePPF et leParti franciste.
En termes quantitatifs, le RNP est, comme tous les partis de la collaboration, un échec, ne parvenant pas à séduire les masses. On lui accorde en général, au maximum, entre 20 000 membres (dont 12 000 en province)[15] et 30 000[16]. Il connaît son apogée en 1942.D’autres estimations ne lui accordent que 2 640 membres vraiment actifs, dont seulement 13 % d’ouvriers de l’industrie[17].
| Dissolution |
|---|
| Sigle |
|---|
| Affiliation |
|---|

Les JNP sont dirigées parRoland Silly et des militants provenant des Étudiants révolutionnaires ou des structures de l’extrême gauche trostkisante d'avant-guerre[19][réf. à confirmer]. Parmi les 9 autres dirigeants figureRoland Goguillot, dit Roland Gaucher, membre de la Fédération des étudiants révolutionnaires et du PSOP.
Le logo des JNP était un gamma stylisé (ressemblant à la runeŌthalan fréquemment utilisée par les nazis, mais à l'envers), généralement représenté en bleu dans un carré blanc sur la pointe, le tout sur fond rouge.
Concernant les adhérents, « ceux qui formaient le gros des troupes de la JNP, et dont certains étaient d’anciens Faucons rouges ou étaient issus de familles à forte tradition syndicaliste, suivaient l’exemple de leurs chefs et affichaient des idées nationales-socialistes »[20]. Là aussi, le RNP cultive son image « de gauche » : le chant des JNP est ainsi une marche du Parti communiste d'Allemagne[21][réf. non conforme]. Les JNP n'ont pas de programme d'action mais quatre commandements :
Cette devise adoptée lors du premier congrès servira de thème aux affiches illustrées par le tambourJoseph Bara affichant ainsi la parenté revendiquée par le RNP de l'héritage révolutionnaire et jacobin[22].
Les JNP auraient compté 2 500 membres pour toute la France.

Le RNP est dirigé par une commission permanente de 15 membres (liste des membres en publiée par Lambert et Le Marec et Handourtzel et Buffet) :
Plusieurs personnalités du RNP furent exclues car jugées trop modérées :
Des militants issus de deux tendances politiques différentes vont tenter de mener une stratégie d'entrisme au sein du RNP, c'est-à-dire d'y adhérer de façon tactique pour y former ungroupe d'influence qui puisse infléchir sa politique dans le sens voulu. Il s'agit de certains trotskistes, habitués à la stratégie d'entrisme au sein des partis de gauche, et de certains militants nationalistes algériens, qui espèrent ainsi faire avancer la cause de l'indépendance de leur pays.
Suivant la stratégietrotskiste de « l’entrisme » un petit groupe detrotskistes issu duParti communiste internationaliste deRaymond Molinier) (PCI) est entré au RNP, dontHenri Molinier (membre de la direction du PCI, frère de Raymond),Roger Foirier (PCI, jeunesse duPSOP), Maurice Déglise (membre du comité central desJeunesses communistes puis trotskiste, André Gailledrat dit Morgat (membre du comité central du PCI, rédacteur en chef de la revueLa Vérité, puis membre duPSOP), Jean Desnots (voir FST plus loin).
Certains nationalistesanticolonialistes nord-africains jouent la carte de la collaboration avec l’Allemagne nazie qui leur laisse espérer l’indépendance de l’Algérie afin d’affaiblir la France. Dans cette optique, plusieurs dirigeants nationalistes algériens duParti du peuple algérien (PPA) créé en 1937 parMessali Hadj (surtout l’équipe qui privilégiait l’action en France et non en Algérie) entrent dans les organisations du RNP, espérant qu’il serve de couverture à leur action.
L’antisémitisme du RNP est incontestable mais il est en retrait par rapport à celui des autres partis de la collaboration, les dirigeants exigeant que les Juifs soient rejetés de la Nation mais non de l’Humanité[26]. Ainsi, le bulletin intérieur du RNP, en, admet des distinctions entre diverses catégories de Juifs : les Juifs anciens combattants et les Juifs utiles (savants, intellectuels, producteurs) doivent être intégrés à la Nation[27], ce que le PPF critique violemment par la suite[26]. Marcel Déat écrit dans ses mémoires politiques qu'il s'opposa à l'antisémitisme radical et que distinguant les juifs étrangers arrivés récemment « peu désirables » et les juifs français assimilés, il fit acclamer par le congrès du RNP les noms deBrunschvicg etBergson[28].
Marcel Déat, avant la guerre proche de la LICA qui appela à voter pour lui et qui fut l’un des hommes politiques français qui ont protesté le plus contre l’antisémitisme et le racisme dans les années 1930[29], relativise dans ses mémoires publiés en 1989 son antisémitisme et celui du RNP pendant la guerre.
Le RNP adopta un emblème : un poing tenant fermement trois flambeaux aux couleurs nationales symbolise l'unité de la nation ; il est encadré par un fer à cheval pour lequel on donna une explication de rassemblement économique : sous le pied du cheval se rencontrent le symbole agricole, l'industrie lourde de l'acier et l'effort de l'artisan[30],[Note 4].
À cet emblème, s'ajouta un drapeau rouge frappé d'un losange blanc encadrant un signe bleu d'un bélier zodiacal stylisé, déjà utilisé par les néo-socialistes bordelais en1934, mais dont la forme angulaire associée aux couleurs du drapeau évoque sans ambigüité lacroix gammée des nationaux-socialistes allemands[31], ou laruneOdal inversée.
Le logo de son service d'ordre, la milice nationale patriotique, est constitué d'un losange dans lequel s'inscrit le signe du bélier zodiacal stylisé surmonté d'une flamme tricolore.
Sur les autres projets Wikimedia :