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Rafle de Tunis

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Photographie en noir et blanc d'hommes en civil portant des pelles, marchant dans une rue sous la surveillance d'un soldat.
Colonne de prisonniers juifs envoyés aux travaux forcés défilant sous les yeux de la foule deTunis, le.

Larafle de Tunis est unearrestation en masse deJuifs ayant eu lieu le àTunis, sur ordre du colonelSSWalter Rauff, au cours de laquelle5 000Juifs tunisiens sont internés dans des camps detravaux forcés.

Contexte

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Article principal :Histoire des Juifs en Tunisie sous le protectorat français.

La Tunisie est occupée par les armées de l'Axe à la suite de l'opérationTorch lancée par lesAlliés le. Toutefois, les Juifs de Tunisie ne sont pas contraints de porter l'étoile jaune[1], malgré la demande des forces d'occupation, car le texte préparé par larésidence générale et signé en n'est jamais entré en vigueur[2], ce qui est notamment le fait des pressions deMoncef Bey qui désapprouve publiquement les mesures antisémites dès son intronisation le[3]. LesJuifs italiens sont épargnés à la demande des autoritésmussoliniennes« comme si leur italianité était plus importante que leur judéité », selon les termes dePaul Sebag[4]. Ces dernières craignent aussi que ces mesures ne renforcent la présence française en Tunisie : le nombre de Juifs italiens en Tunisie n'est évalué qu'à 3 000 personnes installées surtout à Tunis et rattachées à la bourgeoisie aisée et cultivée[5].

Durant les six mois d'occupation, outre les pénuries alimentaires et lesbombardements subis par toute la population tunisienne, la population juive doit supporter le poids desréquisitions militaires et se voit frappée d'exorbitantesamendes collectives[6]. Le, un certain nombre de personnalités juives sont arrêtées. Devant la protestation du résident généralJean-Pierre Esteva, leministre plénipotentiaire allemandRudolf Rahn lui signifie« que les questions juives ne relèveraient plus de l'administration française » ; ces personnalités sont finalement libérées le[7].

La population juive se voit imposer letravail obligatoire comme en témoigneAlbert Memmi[8] : le haut commandement allemand convoque le le président du Comité d'administration Moïse Borgel et legrand-rabbinHaïm Bellaïche à laKommandantur. Le colonelSSWalter Rauff leur indique que le Comité d'administration est dissous et remplacé sans délai par un nouveau comité présidé par le grand-rabbin, qu'il doit fournir le lendemain matin une liste de 2 000 Juifs âgés de plus de 18 ans pour travailler au service des forces occupantes et qu'il prendra en charge le ravitaillement, l'habillement et l'outillage des travailleurs, ainsi que les allocations pour les familles[9]. À la suite d'uneprorogation du délai fixé, le nombre de travailleurs à fournir passe à 3 000 mais, le au matin, seuls125 hommes se présentent.

Événements

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Rauff se rend à laGrande synagogue de Tunis, y fait irruption et arrête tous ceux qui s'y trouvent, ainsi que tous les Juifs qui passent à proximité[10]. Les rafles continuent durant la journée, comme aux abords de l'école de l'Alliance israélite universelle[3]. Le Comité d'administration décide donc d'appeler au travail les Juifs âgés de 18 à 27 ans, ce qui apaise Rauff qui ne donne pas suite à ses menaces contre les volontaires et les raflés, mais fait arrêter centnotables juifs pour servir d'otages et être fusillés en cas de désobéissance[11],[3].

Dans l'après-midi, un millier de Juifs se présentent avant d'être répartis par groupe de cinquante et embarqués vers leurs lieux de destination. Le soir même, la première victime juive, Gilbert Mazouz (19 ans), ne pouvant avancer assez vite en raison d'un léger handicap, est abattue par un officier allemand sur la route du camp de Cheylus[12].

Conséquences

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Au fur et à mesure de l'arrivée des travailleurs, les otages sont libérés, entre le et le[11]. Les communautés juives deSousse et deSfax fournissent aussi des travailleurs, qui ne sont cependant pas internés dans des camps[13]. La communauté fournit donc la totalité du financement des camps et subvient aux besoins des plus de 5 000 hommes — âgés entre 15 et 45 ans et capables de travailler — transférés dans des camps de travail àBizerte,Mateur,Zaghouan,Enfida,Kondar ou dans la région de Tunis[8]. Les conditions de vie y sont très difficiles, dans des zones pilonnées par l'aviation alliée[14], et une soixantaine de personnes y meurent au cours de leur détention[3], parfois à la suite d'exécutions sommaires[8]. Les camps sont finalement abandonnés pendant ladébâcle allemande face aux Alliés en[8].

Commémoration

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Le80e anniversaire de cet événement fait l'objet d'une commémoration en 2022[15].

Références

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  1. Paul Sebag,Histoire des Juifs de Tunisie : des origines à nos jours, Paris,Éditions L'Harmattan,, 335 p.(ISBN 978-2-296-24036-0,lire en ligne),p. 242.
  2. Sebag 1991,p. 243.
  3. abc etdSophie Reverdi, « L'histoire des Juifs de Tunisie pendant l'occupation allemande »,Réalités,‎.
  4. Sebag 1991,p. 232-233.
  5. Sebag 1991,p. 208.
  6. Sebag 1991,p. 241.
  7. Sebag 1991,p. 232.
  8. abc etd« Mémoires de la Seconde Guerre mondiale en Tunisie »[PDF], surprofburp.info(consulté le).
  9. Sebag 1991,p. 233.
  10. Sebag 1991,p. 234.
  11. a etbSebag 1991,p. 235.
  12. Serge Mazouz, « Commémoration du quatre-vingtième anniversaire de la rafle de Tunis », surfrblogs.timesofisrael.com,(consulté le).
  13. Sebag 1991,p. 240-241.
  14. Sebag 1991,p. 239-240.
  15. Stéphanie Trouillard, « Commémorer les 80 ans de la rafle de Tunis pour ne pas oublier les juifs de Tunisie », surfrance24.com,(consulté le).

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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