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Radiodiffusion-télévision française

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Ne doit pas être confondu avecRTF Télévision.

Radiodiffusion-télévision française
logo de Radiodiffusion-télévision française
Logo de la RTF de 1959 à 1964.

Création
Dates clés29 mars 1954 : création du Programme en modulation de fréquence
4 février 1959 : transformation enEPIC et changement d'identité visuelle
5 juillet 1962 : disparition de France V
21 décembre 1963 : diffusion expérimentale deRTF Télévision 2
27 juin 1964 : dissolution juridique de la RTF
Disparition
Personnages clésWladimir Porché
Gabriel Delaunay
Christian Chavanon
Raoul Ergman
Robert Bordaz
Forme juridiqueSociété nationale(jusqu'au)
Établissement public à caractère industriel et commercial
Siège social36,avenue de Friedland
Paris8e(1949-1963)
Maison de la RTF(1963-1964) :
116,quai de Passy,Paris16e
Drapeau de la France France
DirectionRobert Bordaz
ActionnairesÉtat français
ActivitéAudiovisuel
FilialesRadio :
France I
France II
France III
France IV
France V

Télévision :
RTF Télévision
RTF Télévision 2

Effectif72(en 1949)

Société précédenteRDF
Société suivanteORTF
RTA(indépendance de l'Algérie en1962)
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LaRadiodiffusion-télévision française, dont le sigle usuel estRTF, est unesociété nationalefrançaise chargée duservice public de l'audiovisuel, créée par décret le en remplacement de laRadiodiffusion française (RDF), devenue par décret unétablissement public à caractère industriel et commercial le et remplacée par l'Office de radiodiffusion télévision française (ORTF) le.

Histoire

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Un « T » pour bien symboliser la télévision

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En 1949,Pierre Sabbagh présente le premier journal quotidien.

Le décret du[1] remplace l'administrateur général de laRadiodiffusion française par un directeur général de laRadiodiffusion-télévision française (RTF) nommé par le gouvernement et assisté d'un conseil supérieur consultatif. Le nouveau nom de la société nationale de radiodiffusion marque bien l'essor pris par ce nouveau média qu'est latélévision. Malgré tout, le mode de fonctionnement de la RTF ne diffère pas de celui de la RDF puisqu'elle est totalement dénuée d'autonomie propre et est toujours placée sous le contrôle direct de l'État, par l'intermédiaire duministère de l'Information. Le voit l'apparition du premierjournal télévisé conçu parPierre Sabbagh, mais sans présentateur. Le, uneredevance audiovisuelle de 4 000 anciensfrancs par an est instaurée pour les quelque trois mille possesseurs de téléviseurs (jusqu'alors, seuls les équipements radio sont assujettis à la redevance). Le, plusieurs diffuseurs européens, dont la RTF, quittent l'Organisation internationale de radiodiffusion pour former l'Union européenne de radio-télévision. La diffusion de la télévision française à la nouvelle norme de819 lignes débute officiellement le, en parallèle de la diffusion au standard441 lignes qui doit être maintenue jusqu'en 1958.

Également sous l'ère de la RTF, apparaissent de nouveaux programmes, notammentles émissions religieuses du dimanche matin, l'émission jeunesse (Le Club du jeudi), les premières pièces de théâtre diffusées en direct, les premières années de la diffusion en direct du défilé du14 Juillet (retransmis la première fois le[2]) et les premières retransmissions internationales qui permettront aux téléspectateurs français d'assister en direct au couronnement de la souveraine britanniqueÉlisabeth II le. Cet évènement contribue énormément au succès de la télévision en France par l'achat massif de téléviseurs qui passent de 59 971 à 125 088. En parallèle, l'offre de radiodiffusion s'enrichit avec la création duProgramme musical en modulation de fréquence le à l’initiative du poèteJean Tardieu, directeur duClub d'essai de la RTF.

Le, la diffusion en441 lignes s'arrête définitivement à la suite d'un incendie de l’émetteur. Entre-temps, entre 1950 et 1969, la télévision régionale fait progressivement son apparition, en commençant parTélé-Lille. Les stations régionales servant également de relais, les programmes, jusqu'alors exclusivement parisiens, peuvent être reçus dans chaque zone couverte par une antenne régionale.


De la refonte des radios à la transformation en ÉPIC

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Le, l'offre radiophonique est considérablement modifiée. Le programme musical à modulation de fréquence,France IV, est supprimé et l'offre radio de la RTF se retrouve composée de trois chaînes, qui changent de nom pour l'occasion :

La suppression du programme musical ayant entraîné de nombreuses protestations, il est réintroduit sous le nom deFrance IV-Haute Fidélité dès le[3].

En est créée parHenri Kubnick l'émission devenue culteLe Jeu des 1 000 francs,à l'origine100 000 francs par jour sur France I avant l'entrée en vigueur des « nouveaux francs ». À la télévision, la RTF crée en 1959 le tout premier magazine d'information télévisé,Cinq colonnes à la une, qui sera diffusé jusqu'en 1968.

L'ordonnanceno 59-273 du transforme la RTF enétablissement public à caractère industriel et commercial (ÉPIC)[4]. La RTF adopte son fameux logo « atome » qui sera conservé même après la transformation en « ORTF » en.

Le premier essai de retransmission de télévision enMondovision par le satelliteTelstar entre les radômes d'Andover auxÉtats-Unis et dePleumeur-Bodou en Bretagne a lieu le.

1963 : l'année des réformes et des nouveautés

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Face à l'érosion constante de l'audience des chaînes de radiodiffusion de la RTF au profit despostes périphériques et à la fréquence desgrèves au sein de l'établissement, le gouvernement et la direction de la RTF décident de réagir en procédant à une série de réformes dès 1963. La première d'entre elles a lieu en avec les actualités télévisées lorsque la priorité absolue est donnée à l'image par rapport aux commentaires du présentateur, de manière à laisser le téléspectateur juge de l'événement. La seconde concerne la simplification des chaînes de radio de la RTF en, réduites de quatre à trois, en s'efforçant de donner à chacune un style propre afin de redresser l'audience. France I et France II-Régional fusionnent pour devenir « RTF Inter », cette dernière se divisant en deux programmes distincts en soirée : Inter Jeunesse enondes longues et Inter-Variétés enondes moyennes. France III-National devient « RTF Promotion » et récupère également quelques productions jusqu'alors diffusées sur France II-Régional. France IV-Haute Fidélité devient « RTF Haute Fidélité » et se consacre essentiellement à lamusique classique[5]. Ces nouveaux noms ne durent que peu de temps, puisqu'un référendum est organisé auprès des auditeurs pour renommer les chaînes, dans le cadre de la réformeRoland Dhordain, avec application le[6]. RTF Inter devient « France-Inter »[N 1], RTF Promotion devient « France-Culture » et RTF Haute Fidélité devient « France-Musique ». La troisième réforme consacre la décentralisation des émissions de radiodiffusion, dont le nombre des émissions régionales augmente de 50 % alors que l'auditoire double grâce au regroupement des chaînes France I et France II sur France-Inter et de télévision par la multiplication des journaux télévisés régionaux produits par les Centres d’Actualités Télévisés (CAT) implantés dans chacune des grandes régions économiques. La dernière réforme est l'institution à la télévision d'un programme minimum en cas de grève.

Le, la RTF emménage dans son nouveau siège social ultra-moderne situé au 116quai de Passy dans le16e arrondissement deParis qui regroupe pour la première fois en un seul lieu la direction générale de la RTF, les directions de la Radiodiffusion et de la Télévision, les services et les studios de la radiodiffusion. Le de la même année, une deuxième chaîne de télévision,RTF Télévision 2, est créée en utilisant la bandeUHF625 lignes. L'ancienne chaîne unique,RTF Télévision, est dès lors appelée familièrement « la première chaîne » (mais le sigle, lui, ne change pas).

En 1964, il est décidé de réformer la RTF afin de lui donner de nouveaux statuts et une plus grande autonomie. La loi du, qui entre en application le, transforme la Radiodiffusion-télévision française en « Office de Radiodiffusion-télévision française » (ORTF)[7]. Radio et télévision sont désormais placées sous la tutelle et non plus l'autorité duministre de l'Information.

Identité visuelle

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Le apparaît le nouveau logo « atome » de la RTF constitué des trois lettres R, T et F posées horizontalement sur trois ellipses, évoquant aussi bien des ondes radioélectriques que le système solaire ou la course d'un électron dans un univers fermé.

  • Logo de la RTF du 9 février 1949 au 4 février 1959
    Logo de la RTF du au
  • Logo alternatif de la RTF de 1949 à 1959.
    Logo alternatif de la RTF de 1949 à 1959.
  • Logo « atome » de la RTF du 4 février 1959 au 24 juillet 1964
    Logo « atome » de la RTF du au

Organisation

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Conformément à l'ordonnance de 1945 sur lemonopole d'État sur les ondes nationales, la Radiodiffusion-télévision française (RTF) est à sa création un service d'État directement contrôlé par leministre chargé de l'Information et qui ne dispose d'aucune autonomie. Une ligne directe relie le bureau du ministre de l'Information à celui du directeur de la Télévision,avenue de Friedland à Paris. Le, l'Assemblée nationale vote unplan de développement de cinq ans pour latélévision, dans lequel un amendement instaure le monopole de programmation et de production de la RTF.

Après son accession au pouvoir, legénéral de Gaulle souhaite donner un peu d'autonomie à la RTF. Le décretno 58-1160[8] du abroge les dispositions de la loi du sur la Radiodiffusion nationale et décide dans son article premier de la gestion de la Radiodiffusion-télévision française, sous l'autorité duministre chargé de l'Information, par undirecteur général nommé par décret enConseil des ministres sur le rapport du ministre de l'Information. Il a sous son autorité l'ensemble du personnel et des services et a rang de secrétaire général de l'Information. L'article 3 de ce décret porte sur la création d'un Conseil supérieur de la RTF dont le président est nommé par décret en Conseil des ministres sur le rapport du ministre de l'Information et douze membres nommés par simple décret. Le conseil supérieur est obligatoirement consulté sur les contrats de concession, les participations à des entreprises annexes, les projets du budget, les comptes annuels, les dons et legs, les émissions d'obligations et de bons, les programmes de travaux et sur les modifications aux lois et règlements relatifs à l'organisation et au fonctionnement de la RTF.

Une réforme plus large est réalisée par l'ordonnanceno 59-273[4] du et par le décretno 59-277 du qui permettent de rompre le principe d'administration directe et d'ériger la RTF enétablissement public de l'État à caractère industriel et commercial doté d'un budget autonome, mais toujours placé sous l'autorité duministre chargé de l'Information. Tous les droits et obligations de l'État concernant la RTF sont transférés au nouvel établissement public. Le directeur général, assisté d'un directeur général adjoint et de directeurs nommés par décret, assume l'ensemble des responsabilités de l'établissement. Les ingénieurs de la RTF se détachent du cadre desPTT dans lequel ils figurent depuis 1951.

Le statut du personnel fait l'objet du décretno 60-125 du. Le, laloi de finances réaffirme le monopole « d'émission et d'exploitation » de la RTF. Les ingénieurs obtiennent le contrôle de l’ensemble des moyens techniques qui permettent d’acheminer les programmes jusqu’aux téléspectateurs : lesfaisceaux hertziens, jusque-là gérés de façon commune par la RTF et lesPTT, sont rattachés à la RTF.

Tous ces décrets et ordonnances, visant à donner plus d'autonomie à la RTF, bouleversent le régime antérieur et font l'objet de critiques constantes qui amènent le gouvernement à faire adopter par la loino 64-621 du un nouveau statut instituant l'Office de Radiodiffusion-télévision française (ORTF).

« La RTF, c'est le gouvernement dans la salle à manger de tous les Français ! »

— Alain Peyrefitte,ministre de l'Information, 1964

Directions

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Direction générale

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Directeurs généraux

Conseil supérieur de la Radiodiffusion-télévision française

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Présidence du Conseil supérieur de la Radiodiffusion-télévision française

Direction des Services artistiques

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La direction des Services artistiques est chargée de la création, de la production et de la programmation des émissions, à l'exception des émissions d'information qui relèvent de la direction des informations. Elle est constituée de deux directions distinctes, l'une pour la Radiodiffusion, l'autre pour la Télévision. Les directeurs des Services artistiques de la Radiodiffusion et de la Télévision sont nommés directement enConseil des ministres.

Directeurs de la Radiodiffusion
Directeurs de la Télévision

Direction des informations

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La direction des informations de la RTF a eu différents intitulés successifs : d'aborddirection des informations et du journal parlé de 1945 à 1956, elle devient ladirection des informations de 1957 à 1958 et de 1960 à 1961, puis ladirection des informations et de l'actualité télévisée en 1959 et enfin ladirection des journaux de la RTF de 1962 à 1963. Les directeurs de l'information sont nommés directement enConseil des ministres.Gilbert Burlot assure l'administration du journal parlé et du journal télévisé de 1959 à 1963.

De 1951 à 1959, cette direction est chargée de la radiodiffusion sonore, à savoir le journal parlé métropolitain, les émissions en langue arabe, les émissions pour laFrance d’outre-mer et le service des reportages. Elle est aussi chargée de l’information radio et par intermittence de l’information télévisée (1951-1957, 1959, 1962-1963). De 1957 à 1959, elle est aussi chargée de la télévision, à savoir lejournal télévisé, les magazines d'actualité et les reportages extérieurs d'actualité ou sportifs. En 1959, elle est responsable des émissions d'information radiophoniques et de la sous-direction de l’actualité télévisée. Le reste du temps, cette dernière relève alors directement de la direction de la Télévision.

Directeurs de l'information

En sont créées deux directions de l'information distinctes :

Directeur de l'information radio
  • ? -
Directeur de l'information télévisée

Direction des relations internationales

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Cette direction s'est d'abord intituléeservice des échanges internationaux avant de prendre le nom dedirection des relations internationales en 1959. Elle est rattachée au service des émissions vers l’étranger depuis 1947, puis au directeur des services artistiques de 1951 à 1958.

En 1956, elle est divisée en plusieurs bureaux : bureau des relais radio chargé de l’organisation matérielle des relais, bureau de production chargé de la réalisation d'enregistrements pour les échanges internationaux (émissions artistiques vers l'étranger) et composé de plusieurs sections de production en plusieurs langues, bureau des chroniques depuis 1955 et bureau de coordination des échanges internationaux de télévision à partir de 1959.

Directeurs des relations internationales

Direction des services techniques

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Le directeur des services techniques est le seul responsable des grandes directions de la RTF à avoir rang de directeur général adjoint. Ce poste est toujours attribué à uningénieur.

Directeurs des services techniques
  • Marien Leschi (9/02/1949 - 1963)
  • Claude Mercier (1963 - 24/07/1964)

Service des sports

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Directeur du service des sports

Budget et ressources

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Lebudget de la RTF est directement versé par leMinistère de l'Information dont elle dépend entièrement. Les dépenses sont contrôlés, à priori, par un contrôleur financier représentant leministre des Finances. Pas un contrat, une promotion ou l'acquisition d'un nouveau matériel n'est possible sans l'acceptation du ministre des Finances.

Le, une loi est votée par le Parlement taxant les récepteurs de télévision (4 000 anciens francs). Le, lapublicité sans marque ou « propagande collective d'intérêt général » est autorisée à la radio publique et est introduite à latélévision en 1959.

Le nouveau statut d'établissement public à caractère industriel et commercial accordé en 1959 permet à la RTF de disposer d'un budget autonome, mais le contrôle financier existant est maintenu. Le nouvel établissement public conserve les procédures et privilèges institués pour le recouvrement de la redevance. La gestion financière est suivie par un comité délibérant sur les documents qui lui sont présentés avant transmission aux ministres de l'Information et des Finances chargés de les approuver : état de prévision des recettes et dépenses, budget d'équipement, bilans et comptes des résultats, prises ou extensions de participation financière. L'équilibre financier entre dépenses et recettes doit être assuré par une redevance par poste récepteur dont le taux est fixé par décret pris en Conseil d'État sur rapport des deux ministres intéressés, par la vente des publications, disques et films, par la rémunération des services rendus (les dépenses spéciales de fonctionnement et d'investissement imposées par les administrations publiques sont acquittées par celles-ci dans le cadre des conventions), par les revenus du portefeuille et des participations autorisées et par le produit des amendes et transactions.

Missions

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L'établissement public à caractère industriel et commercial RTF a seule qualité dans les territoires de laRépublique française pour organiser, constituer ou faire constituer, entretenir, modifier et exploiter le réseau des installations de radiodiffusion, radiodiffuser ses programmes ou les mettre à la disposition d'autres organismes de radiodiffusion, percevoir les redevances et les contreparties financières de ses prestations, participer avec les administrations et organismes professionnels intéressés à la fixation des normes des matériels de radiodiffusion et au contrôle de la mise en application de ces normes, assurer directement, sans fil, ou conjointement avec l'administration despostes, télégraphe et téléphone, par fil — aucune atteinte ne pouvant dans ce dernier cas être portée au monopole de ladite administration, sauf par décret contresigné par le ministre intéressé — la distribution au public de ses programmes ou de tout autre programme quelle qu'en soit l'origine, d'une composition et d'une importance analogues aux siens, conclure avec les administrations publiques intéressées et notamment avec le Ministère des postes, télégraphe et téléphone en ce qui concerne les télécommunications, toutes conventions destinées à assurer la radiodiffusion d'émissions sur les territoires où s’exerce l'activité de la RTF.

La RTF peut, en outre, être chargée d'apporter son concours technique aux services de la radiodiffusion d'états étrangers amis.

La Radiodiffusion-télévision française est membre de l'Organisation internationale de radiodiffusion de sa création jusqu'au, lorsqu'elle quitte cette organisation avec plusieurs autres diffuseurs ouest européens pour former l'Union européenne de radio-télévision dont elle est un membre fondateur. Le directeur de la télévision de la RTF,Jean d'Arcy est d'ailleurs à l'origine de la création en1954 du réseau d'échange d'images de cette organisation, l'Eurovision.

Sièges et studios

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Le premier siège social de la Radiodiffusion-télévision française est alors situé dans les locaux duMinistère de l'Information au 36avenue de Friedland, dans le8e arrondissement de Paris et abrite la direction générale. Les services généraux sont alors situés au 107rue de Grenelle dans les anciens locaux affectés à la télévision parGeorges Mandel en 1935[9].

La Maison de la RTF

La direction, les studios, régies et locaux techniques de la radiodiffusion sont installés au 11rue François-Ier dans le8e arrondissement de Paris[10], locaux dans lesquelsRadio Paris, fraîchement nationalisée en 1933, installe son siège et ses studios jusqu'en 1940. La RTF possède aussi d'autres studios radiophoniques au Centre Pierre Bourdan installé au 5avenue du Recteur-Poincaré dans le16e arrondissement de Paris.

La direction de la Télévision, les studios, régies et locaux techniques sont répartis entre les huit étages du Centre Alfred Lelluch au13-15 rue Cognacq-Jay et les vastes studios duCentre René Barthélemy aux Buttes Chaumont, reconstruits en 1953 à la place des anciens studiosGaumont que la RTF a rachetés en, qui produisent la quasi-totalité des programmes diffusés.

À la suite d'un concours lancé en 1952 et remporté par l'architecteHenry Bernard, grandPrix de Rome, laMaison de la RTF est construite au 116quai de Passy dans le16e arrondissement de Paris (aujourd'huiavenue du Président-Kennedy). La RTF dispose enfin d'un siège social ultra moderne de 25 000 m². Ce bâtiment circulaire, formé d'une couronne de 500 m de circonférence avec une tour de 68 m de hauteur en son centre, contient 920 bureaux, 54 studios d’enregistrement, dont un de télévision et trois grandes salles destinées à accueillir des spectacles en public[11]. Au centre, la tour accueille les archives, le plus petit anneau reçoit les installations techniques, isolées du bruit extérieur par le second anneau, qui héberge des bureaux et des studios qui s’enroulent autour d’un couloir circulaire. La Maison de la RTF regroupe pour la première fois en un seul lieu la direction générale, les directions de la Radiodiffusion et de la Télévision, les services et les studios de la radiodiffusion. Elle est inaugurée par leprésident de la RépubliqueCharles de Gaulle le à 19h00[12],[13].

Services

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La RTF contrôle quatre chaînes deradio nationales, dix radios régionales métropolitaines, huit radios régionales d'outre-mer et deux chaînes detélévision nationales.

Radiodiffusion

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La réformeRoland Dhordain du rebaptise les chaînes de radio de la RTF après leréférendum « Baptême RTF 64 » auprès des auditeurs[14].

ChaîneDirecteurDate de créationDiffusion
Jean Vincent-BréchignacChaîne généraliste nationale diffusée surondes moyennes, surgrandes ondes à partir du et à Paris enmodulation de fréquence à partir du.
Jean Vincent-Bréchignac(1951-1964)Chaîne généraliste puis thématique nationale diffusée surondes moyennes.
Henry BarraudChaîne généraliste puis thématique nationale diffusée surondes moyennes et à Paris enmodulation de fréquence à partir du.
  • Programme en modulation de fréquence(supprimé le)
  • France IV-Haute Fidélité()
  • RTF Haute Fidélité()
  • France Musique()
Jean TardieuChaîne thématique nationale diffusée enmodulation de fréquence et enstéréophonie.
Radio-SorbonneProgramme de radio scolaire et universitaire diffusant surondes moyennes 209,9 m (963 kHz) àParis les cours donnés à l'université dela Sorbonne et des émissions de l'Université Radiophonique Internationale.

La radiodiffusion régionale

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Les chaînes de radio régionales émettent sur le réseau d'émetteurs en ondes moyennes.

Chaînes régionales d'outre-mer
  • Radio Saint-Denis : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de la Réunion(créée en 1929)
  • Radio Saint-Pierre et Miquelon : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Saint-Pierre et Miquelon(créée en 1930)
  • Radio Guadeloupe : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Guadeloupe(créée en 1937)
  • Radio Nouméa : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Nouvelle-Calédonie(créée le)
  • Radio Martinique : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Martinique(créée le)
  • Radio Tahiti : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Polynésie française(créée en 1949)
  • Radio Guyane : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Guyane(crée le)
  • Radio Comores : radio généraliste régionale à destination des auditeurs des Comores(créée en 1961)
  • Radio Brazzaville, qui devient le Poste National en 1950 : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de l'Afrique-Équatoriale française(créée le)
  • Radio France Asie : voix de la France dans le Sud-Est Asiatique et en Extrême-Orient diffusée depuisSaïgon de 1949 à 1956.

Télévision

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ChaîneDirecteurDate de créationDiffusion
RTF TélévisionJacques Armand(1949)
Jean Luc(1949-1951)
Jean Arnaud(1951-1952)
Jean d'Arcy(1952-1959)
Albert Ollivier(1959-1964)
Chaîne généraliste nationale avec décrochages régionaux diffusée ennoir et blanc sur la bandeVHF en441 lignes jusqu'au et en819 lignes.
RTF Télévision 2Philippe Ragueneau
(diffusion officielle)
Chaîne généraliste nationale crée expérimentalement le diffusée ennoir et blanc sur la bandeUHF en 625 lignes.

La télévision régionale

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Jusque-là expérimentation parisienne, la télévision française, en retard de développement vis-à-vis desÉtats-Unis et de l’Angleterre, voit sa zone d'émission s'étendre dès 1950, avec la décision du gouvernement de créer les premières stations régionales de télévision, afin de permettre aux régions urbanisées et industrielles, à proximité des frontières, de capter les signaux de télévision :

  •  : mise en service de l'émetteur de télévision régionale àLille.Télé-Lille, première télévision régionale française, émettant pendant environ deux heures en fin de journée et dotée de son proprejournal télévisé régionalImages du Nord. Le journal national est acheminé chaque jour en train et diffusé sur la région le lendemain en différé.Télé-Lille arrose une grande partie de laBelgique deGand àTournai et compte alors cinq fois plus de téléspectateurs belges que français. Le minuscule studio, le télécinéma, la régie et les équipements d'émission sont installés au sommet dubeffroi de l'Hôtel de ville. Au début des années 1960, la RTF remplace l'émetteur du Beffroi par un grand centre situé à Bouvigny, près deLens (Pas de Calais) qui diffusera en 1967 également vers le Sud, sur un autre canal, les émissions régionales d'Amiens,Télé-Picardie ;
  •  : premier faisceau hertzien de télévision entreLille etParis, permettant à l'émetteur lillois de devenir le premier relais de l'émetteur parisien de latour Eiffel et de relayer le programme national deRTF Télévision. Il continuera néanmoins à diffuser aussi des émissions régionales, notamment à destination de ses téléspectateursflamands ;
  •  : mise en service de l'émetteur régional de télévision deStrasbourg Lauth, à l'angle de la rue Lauth et de la place deBordeaux (à l'emplacement actuel deFrance 3 Alsace).Télé-Strasbourg diffuse ses premières émissions. La construction de cet émetteur provisoire a été accélérée pour éviter que les Alsaciens achètent des récepteurs allemands en 625 lignes incapables de capter par la suite la RTF en819 lignes : à Strasbourg, le Couronnement de la reineÉlisabeth II le est présenté au public par un commerçant captant le tout nouvel émetteur deBaden-Baden de laTélévision allemande. Par la suite, l'ORTF construira un émetteur plus puissant àNordheim en 1964 ;
  • à la rentrée de1954, des décrochages régionaux seront mis en place certains jours de la semaine (variables selon les régions), sur le réseau819 lignes àLille,Lyon,Marseille etStrasbourg avant le début du programme national ;
  •  : naissance de la station régionaleTélé-Toulouse-Pyrénées émettant dePechbonnieu, dans la proche banlieue, mais surtout dupic du Midi, capté dans une vaste zone allant de Castelnaudary à Montauban, Biscarosse et presque jusqu'à Bordeaux sur l'émetteur première chaîne ;
  • octobre- : le ministre de l’Information,Alain Peyrefitte, décide une régionalisation de la RTF autour de Centres d’Actualités Télévisés (CAT) et la mise en place de journaux télévisés régionaux pour toutes les régions. Le ministre inaugure lui-même toutes ces nouvelles éditions régionales en commençant par Lille, le. À partir de cet instant, l’information occupe une place prépondérante dans les programmes régionaux par rapport à la production artistique ;
  •  : le Centre d'actualité télévisée deToulouse-Pyrénées produit son premier journal régional (plateaux et télécinéma) réalisé dans l'immeuble de la Direction régionale de la RTF, 78 allées Jean Jaurès àToulouse et qui prendra le titreMidi-Pyrénées Actualités. Il est diffusé par l'émetteur dupic du Midi de Bigorre et relayé sur la région toulousaine par l'antenne dePechbonnieu. Dès, tous les samedis à 13 heures 30, un magazine filmé relate pendant 25 minutes les faits marquants de la semaine passée sous le titreEchos et Reflets ; tandis qu'un mercredi par mois une émission intituléeRencontres permet, grâce à un court métrage (12 minutes), de faire la connaissance d'une personnalité de passage dans le sud-ouest ;
  •  :Télé Normandie voit le jour depuis le studio deRouen, la station couvre les cinq départements normands (Seine-Maritime,Eure,Calvados,Manche etOrne). Début 1966, la deuxième station normande installée àCaen diffuse son premier journal destiné aux téléspectateurs du Calvados, de la Manche et de l'Orne ;
  • à partir du,la deuxième chaîne relaie les programmes régionaux sur la plupart de ses émetteursUHF, afin que les éditions régionales soient distribuées au mieux du découpage des circonscriptions administratives régionales (les futures régions). Les vastes zones de réceptionVHF de chaque émetteur de la première chaîne sont souvent reçues par plusieurs régions différentes, le réseau ayant été initialement conçu pour couvrir un maximum de population avec un minimum de fréquences. Les réseaux UHF, complétés par des « émetteurs intercalaires » (Parthenay,Alençon,Amiens St-Just,Chaumont,Mortain,Alès Mt Bouquet,Saint-Flour…) ont des zones de diffusion qui « cadrent » bien mieux avec le découpage desrégions créées en 1972.
    Ainsi, l'émetteur deNiort diffuse « Poitou-Charentes »sur la première chaîne, mais relaieNantes sur la deuxième chaîne, à l'intention des téléspectateurs du Sud-Vendée qui sont administrativement rattachés auxPays de la Loire. De même pour le pic du Midi qui se partage entreBordeaux etToulouse, ouAurillac entre l'Auvergne et leMidi-Pyrénées, avec toutefois une édition locale, la toute première de FranceQuercy-Rouergue-Actualités, créée en 1966 par Emile Séverac et Jean Maynard, qui est diffusée sur l'émetteur de Labastide du Haut Mont (département duLot), successivement animée par Jean-Jacques Fillaud, Jeanne Cazals, Jean Doublé et Claude Guilhem. En revanche,Paris et certaines régions proposeront pendant longtemps des émissions pour enfants sur la deuxième chaîne, créant ainsi une disparité de traitement due uniquement à des raisons techniques.

Service de la recherche de la RTF

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LeService de la recherche de la RTF est l’organe créé en 1960 parPierre Schaeffer au sein de cette institution publique, afin d’agréger les activités de recherche fondamentale concernant laradiodiffusion et latélévision.

Notes et références

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Notes

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  1. Le système de « double diffusion » entre Inter Jeunesse et Inter Variétés perdure jusque dans les années 1970.

Références

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  1. Décret du 9 février 1949 portant nomination à la Radiodiffusion nationale, Journal Officiel du 10/02/1949
  2. Jean-Jacques Ledos,L'âge d'or de la télévision : 1945-1975,, 288 p.(ISBN 978-2-296-17931-8 et2-296-17931-2,lire en ligne),p. 121
  3. Histoire de Radio France -Radio France ( voir archive) :« La réforme des programmes, qui intervient le, modifie la répartition des émetteurs et donne aux chaînes une identité plus forte. »
  4. a etbOrdonnanceno 59-273 du 4 février 1959 relative à la Radiodiffusion-télévision française -Journal officiel, 11 février 1959[PDF].
  5. Histoire de Radio France -Radio France (voir archive) :« En octobre 1963, le nombre des chaînes de radio est ramené à trois. »
  6. Concours Baptême RTF 64 -INA, 25 octobre 1963,min 27 s[audio].
  7. Loino 64-621 du 27 juin 1964 portant statut de l'Office de Radiodiffusion-télévision française -Journal officiel, 28 juin 1964[PDF].
  8. Décretno 58-1160 du relatif à l'organisation de la Radiodiffusion-télévision française, Journal officiel du 4/12/1958
  9. Façade du 107 rue de Grenelle à Paris surUrbanDive.com
  10. Façade du 11 rue François Ier à Paris surUrbanDive.com
  11. Visite de la maison de la RTF le 14/12/1963 surina.fr.
  12. Arrivée du général de Gaulle pour l'inauguration de la Maison de la RTF le 14/12/1963 surina.fr.
  13. Extrait du discours inaugural de la Maison de la RTF par le général de Gaulle le 14/12/1963 surina.fr.
  14. Anne Audigier, « 8 décembre 1963 : France Inter est née. Toute la famille va bien. », surFrance Inter,(consulté le) :« Dès sa nomination [en 1963], [Dhordain] organise un grand concours avec les auditeurs. Le nom que nous portons aujourd'hui, c'est vous qui nous l'avez donné, à la suite du concours "Baptême RTF 64". Il y eut 171 145 réponses et une grande gagnante qui partit faire le tour du monde des radios. »

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Max-Firmin Leclerc,La République du mépris ou ce Cimetière des Crabes, roman-pamphlet, 1975 ; réédité en 2010 aux éditions du Masque d'or
  • Christian Brochand :Histoire générale de la radio et de la télévision en France, vol.2 (1944/1974), La Documentation française, 1994
  • Jean-Noël Jeanneney (dir.),L’Écho du siècle, dictionnaire historique de la radio et de la télévision en France, Paris, Hachette Littératures, 1999
  • Marie-Françoise Lévy (dir.),La Télévision dans la République. Les années 50, éd. Complexe, 1999
  • Aude Vassallo,La Télévision sous de Gaulle. Le Contrôle gouvernemental de l'information (1958/1969), INA-De Boeck, 2005
  • Patrick Mahé,La Télévision autrefois, éd. Hoëbeke, 2006.
  • Évelyne Cohen,Marie-Françoise Lévy (dir.),La Télévision des Trente Glorieuses, CNRS Éditions, 2007
  • Bernard Papin etMyriam Tsikounas (dir.) et le concours de Sabine Chalvon-Demersay,Fictions sérielles au temps de la RTF et de l’ORTF 1949-1974, Paris, INA/L'Harmattan, coll. « Les Médias en actes »,, 262 p.

Articles connexes

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Liens externes

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