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Racisme antinoir

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Rassemblement desuprémacistes blancs qui sont membres duKu Klux Klan (KKK) àBaltimore en 1923. Défini commeorganisation terroriste d'extrême droite, le KKK est apparu dans lesétats du Sud des États-Unis auXIXe siècle et est largement considéré comme legroupe de haine antinoir le plus célèbre du pays, atteignant 6 millions de membres dans les années 1920.

Leracisme antinoir ounégrophobie est une forme deracisme caractérisée par la haine, lespréjugés et ladiscrimination dirigée spécifiquement contre les personnesracisées depeau noire, particulièrement d'Afrique subsaharienne ou de ladiaspora africaine[1],[2] mais également la détestation de la culture noire au niveau mondial. Ces sentiments incluent de manière non exhaustive l'attribution de caractéristiques négatives aux personnes à la peau noire, la peur, la répugnance ou ladéshumanisation des hommes noirs et l'objectification (incluant l'objectification sexuelle) et la déshumanisation des femmes noires[3],[4].

D'abord défini par l'universitaire et travailleur social canadienAkua Benjamin, le termeracisme antinoir (abrégé ABR en anglais)[5],[6] décrivait originellement le racisme envers les personnes noires d'ascendance africaine, comme façonné par lecolonialisme européen et latraite négrière occidentale[1],[2]. Le motnoir peut aussi s'appliquer plus largement à d'autres groupes[7],[8],[9], incluant les personnes de peau noire du pacifique, tel que lesAborigènes d'Australie et lesMélanésiens[10],[11]. Ainsi, le termeRacisme antinoir a depuis été utilisé pour se référer au racisme contre les personnes de peau noire d'une manière plus générale[10],[9],[7]. Les plus vieux termesnégrophobie etcouleurphobie[12] étaient des termes créés par lesabolitionnistes américains pour décrire le racisme envers les peuples d'ascendance d'Afrique sub-saharienne qui étaient désignés à cette époque commenègres oucolorés.

Définition et utilisation du concept

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Le terme« racisme antinoir » est notamment utilisé par des groupes luttant spécifiquement contre le racisme à l'égard des personnes de peaunoire, comme leConseil représentatif des associations noires de France (CRAN), qui utilisent parfois comme synonyme le terme de « négrophobie », comme le fait laBrigade anti-négrophobie.

Le termeafrophobie, de l'anglais« afrophobia », est utilisé par le Réseau européen contre le racisme (voirEuropean Network Against Racism)[13]. Le racisme antinoir peut parfois se parer de motivationsbibliques, par exemple chezcertainscalvinistes etévangéliques qui, s’appuyant sur uneinterprétation littérale de lamalédiction de Canaan dans lelivre de la Genèse (9:25 à 27) et de la « Table des peuples », ont justifié l’esclavage, laségrégation et l’apartheid, encouragés par les doctrinesraciales de l’anthropologie duXIXe siècle[14],[15], héritées d'Arthur de Gobineau à qui l’on doit le premier livre en français depseudoscience tentant de prouver la hiérarchie des races dans sonEssai sur l’inégalité des races humaines[16].

Le mot « nègre » est aujourd'hui devenu emblématique du racisme antinoir en français.

Dans le monde

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Afrique

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Afrique du Sud

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Article connexe :Apartheid.

Le racisme enAfrique du Sud remonte aux premiers récits historiques des interactions entre les peuples africains, européens et asiatiques sur les côtes de l'Afrique australe[17],[18]. Il a existé pendant plusieurs siècles de l'histoire de l'Afrique du Sud[17],[18], remontant à la colonisation de l'Afrique du Sud par l'empire colonial néerlandais, qui commence en 1652[17],[18]. Avant quele suffrage universel ne soit établit en 1994, lesBlancs sud-africains, et particulièrement lesAfrikaners, ont bénéficié de nombreuxprivilèges sociaux qui étaient refusés aux peuples indigènes africains pendant le régime raciste de l'Apartheid[17],[18],[19]. Les exemples deracisme systémique envers la population noire au cours de l’histoire sud africaine incluentdéportations,ségrégation raciale,inégalités économiques, et disqualification audroit de vote[18],[19].

Mauritanie

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Article connexe :Esclavage en Mauritanie.

EnMauritanie, l'esclavage, officiellement aboli en 1980 et criminalisé en 2007, persiste avec un fondement raciste. Les employeurs d'esclaves arabes utilisent des esclaves noirs et la race est une source première de division[20],[21]. La persistance de l’esclavage, en Mauritanie, s’explique par de multiples causes que seuls de profonds changements institutionnels, de mentalité et une volonté politique peuvent changer[22].

La société mauritanienne est minée par les divisions ethniques et la hiérarchie selon la couleur de peau[23]. Le gouvernement a été suspecté de chercher à exclure une partie des Négro-Mauritaniens de la nationalité mauritanienne[24].

Soudan

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AuSoudan, avant la scission duSoudan du Sud, l'adoption imposée de la culture islamique et arabe dans les institutions nationales a entraîné l'exclusion des musulmans africains, des chrétiens africains etanimistes[25],[26]. La constitution plaçait les non-musulmans dans une situation d'infériorité dans leur pays[27].

Les institutions publiques au Soudan se caractérisent par des signes extrêmes de racisme, qui sont ancrés dans les institutions nationales et visent la population des Africains noirs. Par exemple, les habitants qui vivent dans des ghettos autour deKhartoum sont pour la plupart des personnes qui ont été expulsés de leur lieu d'origine. Le gouvernement dirigé par le présidentAl-Bashir a intensifié les expulsions de ces groupes spécifiques. Il autorisait pour cela la police à déporter des populations noires dans des lieux désolés[26].

L'esclavage est toujours pratiqué au Soudan[28]. Les esclavagistes arabes choisissent leurs victimes en fonction de leur race, de leur ethnie et de leur religion et considèrent les Noirs du Sud comme des infidèles inférieurs[29],[30].

Le Soudan a été le théâtre de laseconde guerre civile soudanaise qui a notamment vu, selon certains analystes, les populations civiles noires du Sud être victimes d'une politique du pouvoir arabe de Khartoum d'inspiration raciste et totalitaire sous la forme d'une guerre d'extermination[31].

Laguerre du Darfour, conflit ayant débuté en 2003, est présentée comme opposant[32] des tribusarabes dont sont issus lesJanjawids et des tribusnoires non-arabophones[33]. Pour le spécialiste duSoudan Marc Lavergne, le conflit ne serait pasracial[34] mais les gouvernements qui se sont succédé depuis l’indépendance auraient ignoré les provinces périphériques de la capitale, dont le Darfour, et instrumentaliseraient des miliciens à des fins économiques[35]. SelonGérard Prunier, spécialiste de l'Afrique de l'Est, la cause du conflit au Darfour est « racioculturelle ». Selon ce chercheur, les « Arabes sont minoritaires au Soudan » et « les islamistes ne sont que l’ultime incarnation historique de leur domination ethnorégionale »[36]. Selon un certain nombre d’observateurs kenyans, un racisme systématique est à l'origine des violences et la cause profonde de la volonté arabe d’élimination systématique des Noirs auDarfour[37].

Europe

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France

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Articles connexes :Racisme en France etNoirs de France.
Historique
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Affiche publicitaire de 1895 véhiculant des stéréotypes raciaux.

Selon le rapport 2019 de laCommission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) « le racisme anti-Noirs est imprégné par le racisme d’exploitation pratiqué pendant des siècles dans le cadre de latraite négrière et de l’esclavage colonial. Ce dernier a émergé à partir de la fin duXVIe siècle puis s’est poursuivi auxXVIIe et XVIIIe siècles avec le développement dethéories sur la hiérarchie des races humaines justifiant l’exploitation de celles classées comme inférieures. Des caractéristiques anthropomorphiques et intellectuelles ont alors été attribuées aux personnes noires, assignées en conséquence aux emplois et positions sociales inférieurs »[38].La Tête noire, pièce de théâtre de foire d'Alain-René Lesage etJacques-Philippe d'Orneval (1721)[39], témoigne du racisme latent de l'époque.

Selon l'historienne Aurélia Michel, les « Blancs », qu'on s'est mis à appeler comme tels à partir de l'importation d'esclaves dans les colonies, ne sont pas devenus esclavagistes parce qu'ils étaient racistes, mais racistes parce qu'ils étaient esclavagistes. Lesthéories pseudoscientifiques sur les « races » ne viendront qu'auXIXe siècle[40].

Code noir
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Article détaillé :Code noir.

Dans le contexte de l'esclavage, leCode noir est le titre donné à l’Ordonnance royale ouÉdit royal de mars 1685 touchant la police des îles de l'Amérique française de1718, puis aux édits similaires de1723 sur lesMascareignes et de1724 sur laLouisiane, et enfin, à partir du milieu duXVIIIe siècle, aux recueils de textes juridiques relatifs aux territoires français d'outre-mer où l'esclavage était pratiqué. Cet ensemble de textes législatifs institutionnalise et marque du sceau de la légalité des pratiques de domination, d'exploitation et de ségrégation que l'esclavage avait fait émerger[41][source insuffisante].

LeCode noir est ainsi un« instrument juridique coercitif qui, tout en encadrant les pratiques trop arbitraires des maîtres, fait de l'esclave une personne de non-droit, un objet, un "bien meuble" »[42],[43]. Les historiensGilles Havard etCécile Vidal attestent en outre de l'élaboration d'un racisme d'État, reposant sur le concept de la pureté du sang, enAmérique française auXVIIIe siècle[44].

Montesquieu, dans son texte « De l’esclavage des nègres » deDe l'esprit des lois critique ironiquement le système esclavagiste et sa négrophobie, en utilisant des arguments de plus en plus absurdes commençant par: « Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais : Les peuples d’Europeayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres. Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves. Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête ; et ils ont le nez si écrasé, qu’il est presque impossible de les plaindre. »[45].

Code de l'indigénat
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Article détaillé :Code de l'indigénat.

Le terme deCode de l'indigénat renvoie non pas à un code juridique unifié, mais à une législation d'exception et un ensemble de pratiques disparates utilisées dans lesterritoires dusecond empire colonial français depuis le milieu duXIXe siècle jusqu'après laSeconde Guerre mondiale. Enfévrier1944, laconférence de Brazzaville recommande la suppression de l'indigénat, qui est aboli en Algérie par l'ordonnance du 7 mars 1944. Cependant, certaines pratiques perdurent jusqu'aux indépendances[46].

Cette législation d'exception est étudiée par plusieurs historiens :Gilles Manceron la décrit comme un« racisme républicain »,Carole Reynaud-Paligot comme une« République raciale », alors qu'Olivier Le Cour Grandmaison insiste sur une« législation discriminatoire et raciste ». PourEmmanuelle Saada, dans les colonies françaises et avec l'indigénat,« le droit a été une des instances de production de la race »[46],[47].

L'historien Laurent Dornel indique qu'en métropole et pendant laPremière Guerre mondiale, la main-d'œuvre coloniale a vécu une quadruple exclusion, raciale, sociale, sexuelle et politique, sans que l'on puisse pour autant parler d'un racisme d'État :« cette politique officielle française s'est appuyée sur une conception raciale de la culture, de l'économie ou des rapports sociaux, qui a justifié, par l'étroite corrélation entre ethnicité et emploi, un quasi-asservissement économique. Pendant ces années de guerre se sont dessinés les contours de ce que sera, bientôt, "l'immigré" : un corps-machine, sans visage, en même temps qu'un déraciné dont il faut toujours se méfier »[48].

Époque contemporaine
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Le rapport 2019 de laCommission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie, publié en juin 2020, comporte une focalisation sur le racisme antinoir. Il reprend notamment le constat effectué dans le rapport 2018, selon lequel les personnes noires constitueraient une des minorités parmi les plus touchées par les discriminations, tout en étant paradoxalement parmi les minorités les plus acceptées dans les sondages sur la tolérance vis-à-vis des minorités[49],[50]. Il affirme que« l'ampleur du racisme anti-Noirs est dénoncée depuis longtemps par les associations défendant ces minorités – associations noires, afro-féministes, africaines, afro-caribéennes tout comme par les associations universalistes mobilisées dans la lutte contre le racisme ». Il cite l’enquête Trajectoires et Origines (TeO), qui porte sur les descendants d’immigrés établis en France, qui indiquerait que les descendants de Subsahariens ont 1,3 fois plus de risque de subir des traitements inégalitaires ou des discriminations que la« population majoritaire » et que les Noirs, aux côtés des Maghrébins, subissent plus de discriminations que le reste de la population.

Selon le rapport, le racisme anti-Noirs« s’ancre dans une symbolique des couleurs dans laquelle le sombre est synonyme de mal, par opposition à une supposée pureté du blanc ». Il continuerait de se baser sur des stéréotypes raciaux historiques sur les Noirs, notamment celui de la puissance du corps des Noirs allié à un manque de capacités intellectuelles à l'époque de la colonisation française. Ces stéréotypes auraient un impact dans le monde du travail auXXIe siècle. Le rapport se penche également sur le mythe dit du« bon sauvage » noir à l'époque contemporaine. Les Noirs seraient égalementaltérisés etexotisés, considérés comme venant d'ailleurs, spécifiquement d'Afrique, caractéristiques qui l'emporteraient souvent sur leur citoyenneté française dans les représentations, par exemple. Leur présence sur le territoire français serait sans cesse questionnée au travers notamment du comportement de la police à leur égard, qui contrôlerait plus fréquemment les jeunes hommes noirs. Les personnes noires seraient également victimes de préjugés portant sur leur situation socio-économique et familiale, et considérés généralement issus d’une famille nombreuse, pauvre, peu éduquée et habitant dans des quartiers difficiles. Ces préjugés leur seraient particulièrement préjudiciables pour trouver un logement.

La commission recommande de lutter contre cette forme de racisme en reconnaissant tout d'abord sa spécificité. Elle propose de financer des enquêtes devictimation et destests de discrimination (en particulier dans les services publics, les commissariats et les gendarmeries), afin de saisir la spécificité du racisme antinoir et de mesurer son évolution. Elle recommande des mesures dans différents domaines, notamment de« favoriser la mise en place de bonnes pratiques pour la représentation médiatique des minorités visibles », où celles-ci comptent pour 17% de la distribution des rôles. Dans le domaine de l'éducation, elle recommande d’axer davantage les programmes scolaires sur les racines multiculturelles de la France et leurs apports à la culture nationale, en raison du sentiment d'injustice scolaire ressenti par 56% des descendants d'immigrés des pays d'Afrique subsaharienne. De manière plus générale, elle appelle diverses autorités publiques françaises à mettre en place des campagnes de communication pour lutter contre les stéréotypes. Enfin, elle appelle à une« prise de conscience du phénomène par la société dans son ensemble » et une« décolonisation des esprits », et recommande aux individus, particulièrement les personnes blanches, de travailler à leur niveau, citant l’universitaire américainePeggy McIntosh et sa théorie duprivilège blanc[51],[52].

En décembre 2022, le Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale (Cerd) se dit "préoccupé" par "la persistance et l'ampleur des discours à caractère raciste et discriminatoire en France, notamment dans les médias et sur internet". Au terme de l'examen périodique de la politique de la France envers ses minorités, les experts indépendants du Cerd ont émis une série d'observations et recommandations. Ils s'inquiètent du "discours politique raciste tenu par des responsables politiques", dont les noms ne sont pas cités, à l'égard de certaines minorités, en particulier les personnes africaines ou d'ascendance africaine[53].

LeConseil représentatif des associations noires présente en février 2023 un rapport à l'Assemblée nationale sur le racisme, en France métropolitaine, contre la population noire ou « métisse d’ascendance noire ». Selon l'étude, 91% des sondés soutiennent avoir été victime de discrimination raciale dont 85% pour leur couleur de peau. Le rapport présente des chiffres plus spécifiques sur le racisme face à l'emploi, à la police, ... L'étude présente également un sentiment d'amélioration dans la lutte contre les discriminations[54].

Suisse

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À la demande du Service de lutte contre le racisme (SLR) de laConfédération suisse, le Forum suisse pour l’étude des migrations et de la population a effectué en 2017 une étude[55] se penchant sur le racisme antinoir en Suisse. Ce dernier y est défini comme une forme de racisme« envers les personnes perçues ou se considérant comme noires (..) partant du principe qu’il s’agit essentiellement de personnes afro-descendantes, selon la définition qu’en donne le groupe de travail d’experts de l’ONU consacré à cette question »[56]. Plus formellement, le racisme antinoir au niveau« interindividuel » est défini comme

« une situation, un acte ou un événement par lesquels les individus qui sont perçus ou se considèrent comme noirs se sentent, en raison de leur couleur de peau ou autres traits phénotypiques, dénigrés, ridiculisés, exclus ou autrement discriminés, que ce soit en public ou en privé. »

Cette définition serait due en partie significative au Carrefour de Réflexion et d’Action contre le Racisme anti-Noir (CRAN[57]), association suisse qui œuvre depuis le début des années 2000 à la reconnaissance du racisme envers les personnes noires, à la fois en Suisse et au niveau international.

Les auteurs, qui notent qu'ils sont en partie« non-Noires au sens d’« Afro-descendant_e_s » », affirment que le phénomène« a encore peu fait l’objet de recherches en Suisse ». Toutefois, la question aurait déjà été abordée sous différents angles« dans la littérature scientifique consacrée à des sujets proches ». Ils notent également que des débats médiatiques« attirent régulièrement l’attention sur des pratiques de profilage racial de la police ou d’autres incidents racistes » et qu'il y a« tout lieu de penser que la Suisse n’est pas moins concernée par le phénomène que d’autres pays européens, même si les modes d’expressions varient selon les contextes nationaux ou régionaux ».

Monde arabo-musulman

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Article connexe :Esclavage dans le monde arabo-musulman.

Les travaux menés par l’historienBernard Lewis sur les représentations développées par la civilisation musulmane à l’égard des autres êtres humains concluent sur l’existence d’un système perceptif qu’il qualifie de raciste, notamment à l’égard des populations noires[58]. Selon le journalisteSerge Bilé, plusieurs auteurs arabes les comparaient à des animaux[59]. Le poèteal-Mutanabbi méprisait le gouverneur égyptienAbu al-Misk Kafur auXe siècle à cause de la couleur de sa peau[59]. Le mot arabeaabd عبد (pl.aabidعبيد) qui signifiait esclave est devenu à partir duVIIIe siècle plus ou moins synonyme de « Noir »[60], prenant une signification similaire au terme "nègre" dans la langue française duXXe siècle. Quant au mot arabezanj, il désignait de façon péjorative les Noirs[61], avec une connotation raciale officielle que l'on retrouve dans les textes et discoursracialistes. Ces jugements racistes étaient récurrents dans les œuvres des historiens et des géographes arabes : ainsi,Ibn Khaldoun a pu écrire auXIVe siècle:« Les seuls peuples à accepter vraiment l'esclavage sans espoir de retour sont les nègres, en raison d'un degré inférieur d'humanité, leur place étant plus proche du stade de l'animal »[62]. À la même période, le lettré égyptien Al-Abshibi écrivait :« Quand il [le Noir] a faim, il vole et lorsqu'il est rassasié, il fornique »[63]. Cependant, selon Simone Bakchine Dumont,« Il ne faut cependant pas perdre de vue que le musulman réduit à l’esclavage aussi bien le Noir que le Blanc, et qu’il n’existe pas chez lui de théorie raciale à ce propos »[64].

Notes et références

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Voir aussi

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Bibliographie

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  • Aurélia Michel,Un monde en nègre et blanc : Enquête historique sur l'ordre racial, Points,, 400 p.(ISBN 978-2757880050)

Articles connexes

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Histoire

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Théories racialistes et pseudo-sciences

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Stéréotypes

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Aux États-Unis :

Organisations et mouvements anti-racisme antinoir

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Autres racismes

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v ·m
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