L'idée de « république sœur » apparaît dans les discours des « patriotes » dès les premières années de laRévolution française. Ainsi, en1789,Camille Desmoulins considère les nouvelles Républiquesbelge etliégeoise comme des alliées naturelles de la France « régénérée »[1]. Après lanaissance de la République, en1792, l'expression « république sœur » s'applique surtout auxÉtats-Unis et à laSuisse, avec lesquelles les révolutionnaires espèrent s'allier pour lutter contre la « coalition des tyrans »[1].
Sous le régime de laConvention nationale, les partisans d'une guerre de conquête, notamment une partie desGirondins, considèrent que les pays voisins de la France doivent se « républicaniser », sans quoi ils seraient considérés comme ennemis[1]. Les républiques sœurs doivent servir la France en constituant unglacis protecteur et une zone d'influence[1].
« Le Messager de la paix » : les dirigeants du Directoire reçoivent les envoyés étrangers sous la devise « Les Français unis sont invincibles ». Caricature anglaise d'Isaac Cruikshank, 1796.
Le terme de « république sœur » prend alors son sens le plus courant : unÉtat satellite de laRépublique française créé à la suite d'uneexpédition militaire del'armée de cette dernière[1]. Néanmoins, il ne s'agit pas uniquement derégimes fantoches totalement soumis à la volonté de la France : certains sont dirigés par des révolutionnaires locaux bénéficiant d'un important soutien populaire[1]. C'est notamment le cas de laRépublique batave et de laRépublique helvétique, tandis que les Républiques italiennes sont en grande partie dues à la volonté deNapoléon Bonaparte d'utiliser les mouvements révolutionnaires italiens en vue de ses propres fins[1].
Cependant, Napoléon, dans une lettre àTalleyrand ne cache pas qu'il n'a trouvé qu'un faible concours de la part des républicains italiens :
« Je n'ai point eu, depuis que je suis en Italie, pour auxiliaire l'amour de la liberté des peuples et de l'égalité, ou du moins cela a été un auxiliaire très faible. Mais la bonne discipline de notre armée ; le grand respect que nous avons eu pour la religion, que nous avons porté jusqu'à la cajolerie pour ses ministres ; de la justice ; et surtout une grande activité et promptitude à réprimer les malintentionnés et à punir ceux qui se déclaraient contre nous, tel a été le véritable auxiliaire de l'armée d'Italie. Voilà l'historique ; tout ce qui est bon à dire dans des proclamations, des discours imprimés sont des romans[2]. »
↑La République cisalpine cesse provisoirement d'exister entre le et le (1 an, 1 mois et 6 jours), période durant laquelle l'Autriche occupe son territoire à la place de laFrance.
↑La République du Connaught est également connue sous le nom de « République irlandaise ».
↑La République parthénopéenne est aussi connue sous le nom de « République napolitaine ».
↑L'occupationfrançaise de la République de Lucques cesse provisoirement au profit de l'Autriche entre le et le (1 an, 2 mois et 22 jours).
↑La République rhodanienne est également connue sous le nom de « République du Valais ».