| Devise | « Fraternité, justice, travail » |
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| Hymne | L'Aube Nouvelle |
| Statut | Républiquemarxiste-léniniste Étatcommuniste àparti unique |
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| Capitale | Porto-Novo |
| Langue(s) | Français |
| Religion | Athéisme d'État |
| Monnaie | Franc CFA |
| Adhésion officielle du pays au marxisme-léninisme | |
| Proclamation de la république populaire du Bénin | |
| Adoption de la nouvelle constitution | |
| Nouvelle constitution, adoptée par référendum, abandon de l'adjectifpopulaire |
| 1975-1990 | Mathieu Kérékou |
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Entités précédentes :
Entités suivantes :
Larépublique populaire du Bénin est lerégime politique duBénin de1975 à1990. Le pays était alors gouverné par leParti de la révolution populaire du Bénin, parti d'inspirationmarxiste-léniniste.
Le régime de la république populaire du Bénin, aussi appeléPériode révolutionnaire, connut des transformations importantes au cours de son existence : une brève périodenationaliste (1972-1974) ; une phasesocialiste (1974-1982) ; et une phase comportant une ouverture vers les pays occidentaux et lelibéralisme économique (1982-1990)[1].
Le, l'armée prend le pouvoir enrépublique du Dahomey et dissout le Conseil présidentiel ainsi que l'Assemblée nationale. Le commandantMathieu Kérékou prend la tête du nouveau gouvernement. Le est publié le discours-programme de« politique nouvelle d’indépendance nationale ». Un nouvel organisme, le Conseil national de la révolution, est créé : la« formation idéologique et patriotique » devient obligatoire. L'administration territoriale est réformée, maires et députés remplaçant les structures traditionnelles (chefs de village, couvents, prêtresanimistes…). Le prononce àAbomey, devant une assemblée de notables stupéfaits, un discours proclamant l'adhésion officielle de son gouvernement aumarxisme-léninisme[2]. La république du Dahomey s'aligne sur l'URSS[3]. LeParti de la révolution populaire du Bénin, conçu comme un parti« d'avant-garde », est créé le même jour. En 1974, sous l'influence de jeunes révolutionnaires – les « Ligueurs » – le gouvernement engagea un programme de nature socialiste : nationalisation des secteurs stratégiques de l'économie, réforme du système éducatif, mise en place de coopératives agricoles et de nouvelles structures d'administration locale, lancement d'une campagne d'éradication des « forces féodales » dont notamment le tribalisme[1]. La première année de pouvoir« marxiste » est marquée par des purges dans l'appareil d'État. Kérékou fait condamner, et parfois exécuter, diverses personnalités de l'ancien régime politique, ainsi que certains de ses propres collaborateurs : le capitaine Michel Aikpé, ministre de l'intérieur, est abattu par un garde du corps du chef de l’État dans ce qui semble avoir été une tentative de coup d’État[4],[5]. Le, à l'occasion du premier anniversaire du discours d'Abomey, le nom deDahomey est symboliquement abandonné au profit de celui de Bénin, du nom duroyaume du Bénin qui s'était autrefois épanoui auNigeria voisin. Le pays devient larépublique populaire du Bénin. La fête nationale est fixée au, faisant référence aux trois journées de1972,1974 et1975, surnommées par le régime« les Trois glorieuses ».
En, une tentative de coup d'État, diteOpération Crevette[6], menée par le mercenaireBob Denard et appuyée par laFrance, leGabon et leMaroc, échoue et contribue à durcir le régime, qui s'oriente désormais officiellement vers la voie du gouvernement àparti unique[7]. La constitution est adoptée le de la même année, son article 4 précisant qu'« en république populaire du Bénin, la voie de développement est lesocialisme. Son fondement philosophique est le marxisme-léninisme qui doit être appliqué de manière vivante et créative aux réalités béninoises. Toutes les activités de la vie sociale nationale en république populaire du Bénin s'organisent dans cette voie sous la direction du Parti de la révolution populaire du Bénin, détachement d'avant-garde des masses exploitées et opprimées, noyau dirigeant du peuple béninois tout entier et de sa révolution »[8]. Une loi fondamentale institue une assemblée nationale toute-puissante[9].
L'opposition est muselée, et les prisonniers politiques restent détenus des années sans jugement ; les élections se déroulent selon un système de candidatures uniques. Des campagnes sont menées pour le développement rural et l'amélioration de l'éducation. Le gouvernement mène également une politique d'inspiration antireligieuse, dans le but d'extirper la sorcellerie, les« forces du mal » et les« croyances rétrogrades » (levaudou, religion traditionnelle bien implantée dans le Sud, est interdit[10]), ce qui n'empêche pas Kérékou, quelques années plus tard, d'avoir sonmarabout personnel. La république populaire du Bénin ne bénéficie que d'une aide modeste de la part des autres pays communistes, accueillant quelques équipes de coopérants venus deCuba, d'Allemagne de l'Est, d'URSS ou deCorée du Nord[11]. Élu président par l'Assemblée nationale révolutionnaire en1980, réélu en1984, Mathieu Kérékou échappe à trois tentatives de coup d'État en1988.
Le Bénin tente de vastes programmes de développement économique et social mais sans obtenir de résultats probants. La mauvaise gestion et la corruption minent l'économie du pays. La stratégie d'industrialisation du marché intérieur du Bénin entraîne une escalade de la dette extérieure. Entre 1980 et 1985, le service annuel de sa dette extérieure passe de 20 à 49 millions de dollars, tandis que sonproduit national brut chute de 1,402 à 1,024 milliard de dollars et que le stock de sa dette explose de 424 à 817 millions[12]. Les trois anciens présidents,Hubert Maga,Sourou Migan Apithy etJustin Ahomadegbé (emprisonnés en1972) sont libérés en1981.
Dans les années 1980, la situation économique du Bénin est de plus en plus critique. Le pays connait des taux de croissance économique élevés (15,6 % en 1982, 4,6 % en 1983 et 8,2 % en 1984) mais la fermeture par leNigeria de sa frontière avec le Bénin entraine une chute brutale des revenus douaniers et fiscaux. L'État n'est plus en mesure de payer les salaires des fonctionnaires[13].

En1986, la situation économique du Bénin est devenue critique : le régime, déjà surnommé ironiquement le« marxisme-béninisme »[14], hérite du sobriquet de« laxisme-léninisme »[7]. Une rumeur populaire affirme que le nombre de sympathisants convaincus du régime ne dépasse pas la douzaine[15]. L'agriculture est désorganisée, la Banque commerciale du Bénin ruinée, et les collectivités sont en grande partie paralysées faute de budget. Sur le plan politique, les violations des droits de l'homme, avec des cas de tortures infligés aux prisonniers politiques, contribuent à la tension sociale : l'église et les syndicats s'opposent de plus en plus ouvertement au régime[16]. Les plans duFMI imposent en1987 des mesures économiques draconiennes : prélèvements supplémentaires de 10 % sur les salaires, gel des embauches, et mises à la retraite d'office. Le, la république populaire du Bénin signe avec le FMI son premier plan d’ajustement, en échange d’une facilité d’ajustement structurel renforcé (FASR) de 21,9 millions de droits de tirages spéciaux du FMI. Sont prévus : une réduction des dépenses publiques et réforme fiscale, privatisation, la réorganisation ou liquidation des entreprises publiques, une politique de libéralisation et l'obligation de ne contracter que des emprunts à taux concessionnels. L'accord avec le FMI contribue à déclencher une grève massive des étudiants et des fonctionnaires, qui réclament le paiement de leurs salaires et de leurs bourses. Le, le pays signe un premier accord de rééchelonnement avec leClub de Paris, pour un montant de 199 millions de dollars; le Bénin se voit accorder un allégement de 14,1 % de sa dette[12].
Les troubles sociaux et politiques, la situation économique catastrophique et lachute des régimes communistes en Europe, conduisent Mathieu Kérékou à accepter de mettre un terme à son propre régime. En, une lettre pastorale signée des onze évêques du Bénin exprime sa condamnation de la république populaire du Bénin. Le, Kérékou prend les devants et surprend la population en diffusant un communiqué officiel qui annonce l'abandon du marxisme-léninisme, la liquidation du bureau politique, et la fermeture du comité central du parti[17]. Le gouvernement accepte l'instauration d'une Conférence nationale, réunissant les représentants des différents mouvements politiques. La Conférence s'ouvre le : Mathieu Kérékou s'y exprime en personne le 21 et reconnaît publiquement l'échec de sa politique, déclarant avoir honte de lui-même. Les travaux de la conférence décident de la rédaction d'une nouvelle constitution et de la mise en place d'un processus démocratique assuré par un gouvernement provisoire confié à un premier ministre. Kérékou demeure chef de l'État à titre transitoire. Mathieu Kérékou déclare le à l'attention de la Conférence :« j'accepte toutes les conclusions de vos travaux »[18].
Un gouvernement de transition, mis en place en, ouvre la voie au retour de la démocratie et dumultipartisme. La nouvelle constitution est adoptée par référendum le. Le nom officiel de Bénin est conservé pour le pays, qui devient la « république du Bénin ». Le Premier ministre,Nicéphore Soglo, remporte 67,7 % des voix et bat Mathieu Kérékou à l'élection présidentielle de. Mathieu Kérékou accepte le résultat des élections et quitte le pouvoir. Il redevient président de la République en remportant lesélections de 1996, ayant entretemps abandonné toute référence au marxisme et à l'athéisme pour devenir pasteur évangélique[10]. Son retour au pouvoir n'entraîne aucun rétablissement du régime marxiste-léniniste au Bénin, qui est depuis,historiographiquement, aussi connu comme la « Période révolutionnaire »[19],[20],[21].
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