Pour les articles homonymes, voirBouillon.
| Statut | République sœur de laRépublique française |
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| Capitale | Bouillon |
| Langue(s) | Français |
| Population (1790) | ~ 12 000 hab. |
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| Superficie (1794) | 230 km2 |
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| Proclamation de la République | |
| Annexion par la France |
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Entités suivantes :
LaRépublique bouillonnaise, ourépublique deBouillon, est unÉtat éphémère créé à la suite duduché de Bouillon autour de la ville, aux confins de laFrance et desPays-Bas autrichiens (actuelleBelgique), d’ à. Elle comptait 12 000 habitants en1790.
Godefroy III (1728-1792), duc de Bouillon et prince deTurenne, favorable à laRévolution française, engage son État dans les voies de la réforme par unédit du et soutient l'Assemblée générale (Parlement) quand celle-ci abolit lesdroits seigneuriaux et féodaux en mai1790[1].
Par la constitution du, leduché de Bouillon (230 km2) affirme son statut demonarchie constitutionnelle[2]. Mais le territoire est occupé par les troupes françaises de la garnison deSedan le suivant[1]. Le ducJacques-Léopold de La Tour d'Auvergne, qui succède à son père en[1], vit auchâteau de Navarre, près d'Évreux ; les derniers ducs de Bouillon n'ont jamais résidé dans leur duché[2]. Il est arrêté etemprisonné en France sous laTerreur le ; il sera libéré ultérieurement. Comme son père, il estcitoyen français bien que monarque d'unÉtat souverain. À Bouillon, quelques révolutionnaires français venus de Sedan tentent de proclamer la déchéance du duc[1].
Constatant qu'il n'y a temporairement plus de contact possible avec son souverain, l'Assemblée générale convoque uneAssemblée extraordinaire des représentants du peuple bouillonnais. Celle-ci aurait proclamé par un décret laRépublique bouillonnaise le. Plusieurs sources[réf. nécessaire] estiment toutefois que l'Assemblée générale n’a jamais proclamé la fin de la monarchie ducale, mais seulement réaffirmé l'« essence démocratique et populaire » de l'État et le transfert de l'autorité exécutive à un conseilad hoc. La monarchie ducale n’aurait pas réellement pris fin. Les documents officiels ultérieurs ne font plus mention du duc, en raison de son emprisonnement.
Le territoire est occupé par un bataillon de la32e demi-brigade d’infanterie de ligne, renforcé dehussards et d’artillerie, le, qui s’établit dans un camp dirigé par le général Marchand. Le, aucombat des longs champs, le général autrichienBeaulieu à la tête d’un corps de 4 000 hommes attaque par surprise et chasse les 2 000 hommes du général Marchand (dont 1 200 gardes nationaux). Le général Marchand a juste le temps de sauter dans uneberline pour gagner Sedan[3].
Le château n’est pas occupé, et les délégués de la ville demandent protection à la France.
Le territoire est annexé le (4brumaireanIV) et intégré dans les départements desForêts, desArdennes et de l'Ourthe[4], non sans que l'Assemblée générale émette publiquement son désaccord envers cette décision.
L’ancien duc meurt en1802 en tant que « citoyen Léopold La Tour d'Auvergne ».
Après la fin de l'occupation française, en avril1814, le territoire de l’ancien duché de Bouillon est occupé par les puissances alliées, le duché est brièvement restauré avec à sa tête un amiral britannique (deJersey),Philippe d'Auvergne, cousin des La Tour d'Auvergne, que le duc Godefroy avait adopté et dont il avait été convenu avec l'Assemblée générale qu'il succèderait à Jacques-Léopold s'il n'avait pas d'héritier. Toutefois, auCongrès de Vienne, un cousin de Godefroy, Charles-Alain-Gabriel de Rohan-Guéméné, général-major de l'armée autrichienne et ressortissant autrichien depuis1808, conteste la validité de cette succession et revendique le trône de Bouillon.
Après quelques mois d'incertitude, l'article 69 de l'Acte final duCongrès de Vienne consacre le l'intégration du duché de Bouillon auGrand-Duché de Luxembourg, et donc auxPays-Bas, dont le roi est grand-duc du Luxembourg.
La question de l'indemnisation des ayants droit et autres prétendants à la succession ducale ne fut pas toutefois réglée avec ce rattachement au Luxembourg, et devint un sujet de contentieux juridique pendant plus d'une décennie.
Bouillon se soulève dès le, et la garnison du château donne sa reddition. Bouillon, comme leGrand-duché de Luxembourg (qui correspondait environ aux actuels deux Luxembourg) fait alors partie de laBelgique qui s'est,de facto et à l'exception de quelques place-fortes, détachée duRoyaume des Pays-Bas.
LeTraité des XXIV articles, signé le, mais ratifié seulement en 1839 par toutes les parties, reconnait,de jure, l'indépendance de la Belgique y compris la partie occidentale de l'ancien Grand-duché de Luxembourg, l'actuelleProvince de Luxembourg, dont fait partie Bouillon[5].