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Régiment des Gardes françaises

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Régiment des gardes françaises
Image illustrative de l’article Régiment des Gardes françaises
Drapeau d'ordonnance du régiment des gardes françaises.

Création1563
Dissolution1789
PaysDrapeau du royaume de France : entièrement blancRoyaume de France
BrancheInfanterie
Fait partie de102e régiment d'infanterie
103e régiment d'infanterie
104e régiment d'infanterie
13e régiment d'infanterie
14e régiment d'infanterie
29e division de gendarmerie nationale à pied
30e division de gendarmerie nationale à pied
GarnisonCaserne Babylone
Caserne des Italiens
Caserne de la Nouvelle-France
Caserne Penthièvre
Caserne de la Pépinière
Caserne Tournefort
Ancienne dénominationGarde à pied française du roi
GuerresGuerres de Religion
Guerre franco-savoyarde
Rébellions huguenotes
Guerre de succession de Mantoue
Guerre de Trente Ans
Guerre des faucheurs
Fronde parlementaire
Guerre franco-espagnole
Fronde des princes
Expédition de Djidjelli
Guerre de Dévolution
Guerre de Dix Ans
Expédition de Candie
Guerre de Hollande
Guerre des Réunions
Guerre de la Ligue d'Augsbourg
Guerre de Succession d'Espagne
Guerre de Succession de Pologne
Guerre de Succession d'Autriche
Guerre de Sept Ans
Révolution française
BataillesBataille de Saint-Denis
Bataille de Jarnac
Bataille de La Roche-l'Abeille
siège de Saint-Jean-d'Angély
Massacre de la Saint-Barthélemy
Siège de La Rochelle (1573)
Bataille de Dormans
Siège de La Fère
Siège de La Bréole
Siège de Chorges
Bataille de Vimory
Bataille d'Auneau
Journée des barricades
Siège de Paris
Bataille d'Arques
Bataille d'Ivry
Siège de Rouen
Siège de Chambéry (1600)
Siège de Concarneau
Siège de Caen
Bataille des Ponts-de-Cé
Siège de Saint-Jean-d'Angély
Siège de Montauban
Combat de Riez
Siège de Royan
Siège de Nègrepelisse
Siège de Saint-Antonin
Siège de Sommières
Siège de Lunel
Siège de La Rochelle (1627-1628)
Siège de Saint-Martin-de-Ré
Bataille du pont du Feneau
Bataille du Pas de Suse
Siège de Privas
Siège d'Alès
Siège de Pignerol
Siège de Chambéry (1630)
Bataille de Veillane
Combat de Rouvray
Bataille de Castelnaudary
Siège de Saint-Mihiel
Siège de Corbie
Siège de Landrecies
Siège de Maubeuge
Siège de Saint-Omer
Bataille de Thionville
Siège d'Arras
Siège de Turin
Siège de Bapaume
Siège d'Aire
Siège de Collioure
Siège de Perpignan
Siège de Nice
Siège de Thionville
Siège de Rottweil
Siège d'Asti
Siège de Gravelines
Siège de Mardyck (1645)
Siège de La Mothe
Siège de Courtrai
Siège de Bergues
Siège de Mardyck (1646)
Siège de Furnes
Siège de Dunkerque (1646)
Siège de Lens (1647)
Bataille de Lens (1648)
Bataille de Rethel
Bataille du Fbg Saint-Antoine
Siège d'Arras
Siège de Landrecies
Siège de Valenciennes
Siège de Dunkerque (1658)
Siège de Marsal
Siège de Tournai
Siège de Douai
Siège de Dole
Passage du Rhin
Siège de Maastricht (1673)
Siège de Besançon
Bataille de Turckheim
Bataille de Seneffe
Bataille de Consarbrück
Siège de Maastricht (1676)
Siège de Valenciennes
Siège de Cambrai
Bataille de Cassel
Siège d'Ypres
Bataille de Saint-Denis
Siège de Luxembourg
Bataille de Walcourt
Bataille de Fleurus
Siège de Mons
Siège de Namur
Bataille de Steinkerque
Bataille de Neerwinden
Siège de Charleroi
Siège de Bruxelles
Bataille de Ramillies
Bataille d'Audenarde
Bataille de Malplaquet
Bataille de Denain
Siège Douai
Siège de Fribourg
Siège de Philippsbourg
Bataille de Dettingen
Siège de Fribourg
Siège de Tournai
Bataille de Fontenoy
Bataille de Villinghausen
Bataille de Johannisberg
Prise de la Bastille
CommandantJacques Prévost de Charry
Philippe Strozzi
Louis Marie Florent, duc du Châtelet
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Lerégiment des gardes françaises est unrégiment d'infanterie de lamaison du roi de France créé en 1560 parCatherine de Médicis pour assurer la garde du roi[1]. Durant la Révolution française, lerégiment est licencié par leroi après avoir pris fait et cause avec les révolutionnaires. Les soldats et officiers s'engagèrent alors dans lagarde nationale soldée de Paris qui forma les102e,103e et104e régiments d'infanterie ainsi que les13e et14e bataillons de chasseurs et les29e et30e divisions de gendarmerie nationale à pied.

Création et différentes dénominations

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Colonels et mestres de camp

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Historique des garnisons, combats et batailles du régiment

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Les origines (1560-1563)

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C'est en 1560, après laconjuration d'Amboise, que commence l'histoire du célèbre corps qui pendant plus de deux cents ans porta le nom de gardes françaises[8]. Jusque-là lesrois de France n'avaient guère confié la sûreté de leur personne qu'à des gardesnobles, c'est-à-dire à cheval, ou à des hommes de pied étrangers,Écossais ouSuisses. Ainsi une conspiration de la noblesse conduisitCatherine de Médicis à remettre à une trouperoturière le soin de veiller autour de son filsFrançois II.

Cette première garde à pied française ne fut composée que d'une seule enseigne[9] et eut pour capitaine d'abord François III du Plessis seigneur de Richelieu, prévôt de l'Hôtel, puis quelques mois plus tardPhilippe Strozzi, uncondottiereitalien, cousin deCatherine de Médicis.

Première guerre de Religion

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Au début de l'année 1561, quandFrançois duc de Guise tenta, sous les murs d'Orléans, le premier essai d'organisation régimentaire de l'infanterie, en partageant en trois corps distincts, commandés chacun par unmestre de camp, les gens de pied de l'armée royale, cettecompagnie de Philippe Strozzi fut versée dans lerégiment de Richelieu et participa ainsi, en 1562 et 1563, aux principaux actes de cettepremière guerre civile, qui furent labataille de Dreux et lessièges de Rouen etd'Orléans.

Après lapaix d'Amboise, en 1563, la reine-mère, ayant pris l'engagement de casser les régiments récemment formés et de les réduire en compagnies, songea à augmenter la garde à pied de son fils. Cette garde était, en effet, à peu près la seule force dont elle pût disposer, les autrestroupes d'en deçà les monts étant, d'après les constitutions de l'armée, sous la dépendance absolue ducolonel-généralFrançois de Châtillon, seigneur d'Andelot, et par conséquent à la disposition des plus mortels ennemis deCatherine et deson fils.

Les Anglais étaient maîtresdu Havre qui leur avait été livré parLouisIer de Bourbonprince de Condé pendant les troubles de l'année précédente, et qui avait construit des fortifications en vertu dutraité d'Hampton Court. Lapaix d'Amboise ayant rendu un moment de calme au royaume et de raison aux partis, ceux-ci se réunirent dans la patriotique pensée de reprendre le Havre aux étrangers. Lesiège de cette place fut entrepris au mois de juillet et on y appela lesrégiments de Richelieu,de Sarlabous aîné,de Charry,d'Hémery etde Rieux, conservés provisoirement sur pied pour cette opération. La garnison anglaise capitula le 28 juillet, et la reine, profitant habilement de la victoire, après avoir établi dans le Havre quelques bandes de Sarlabous, s'empressa de casser les régiments, ainsi que cela avait été convenu, et congédia gracieusement les gentilshommes qui, la plupart, n'avaient pas revu leurs manoirs depuis deux ans[8].

Ce fut dans ce village deSaint-Romain-de-Colbosc où la cour coucha le même jour, queCatherine de Médicis, libre de toute entrave, réunit à lacompagnie de Strozzi, qui jusque-là avait seule composé toute lagarde à pied française du roi, 3 autres compagnies durégiment de Richelieu, et 4 compagnies durégiment de Charry, et en forma un corps de 8 enseignes, dont elle donna le commandement aumestre de campJacques Prévost, sieur de Charry.

Régiment de Strozzi et garde à pied française du roi (1563-1569)

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Guerres de Religion

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La première marche de la nouvelle garde fut un triomphe. Son premier service fut de participer à une grande solennité royale et de protéger uncoup d'État. La reine, avant de rentrer à Paris, dont leparlement lui inspirait de la méfiance, s'arrêta àRouen et y fit déclarer le 17 août son filsCharles IX majeur par leparlement de Normandie, quoique ce prince n'eût pas alors quatorze ans accomplis. Les grands comprirent la valeur du coup qui venait de leur être porté et ne tardèrent pas à laisser paraître leur mécontentement.Brantôme indique, en parlant de la garde,« Ceci n'avoit point esté du goût de tout le monde, et moins encore de celuy deshuguenots ». Lemestre de campJacques Prévost, sieur de Charry, étranger aux intrigues des factions, fut la première victime de l'humeur desmécontents. Il est assassiné sur lepont Saint-Michel le.Philippe Strozzi succède alors à Charry en qualité de mestre de camp de la garde, et augmente celle-ci en 1565 de deux compagnies nouvelles, ce qui porte la force du corps à 500 hommes.

Une réconciliation fut traitée, en 1566 àMoulins, entre lesprinces de la maison de Guise, d'une part, lesMontmorency et lesColigny de l'autre, etCatherine, pour faciliter ce rapprochement, promit de supprimer les dix enseignes de la garde du roi après sa rentrée à Paris. Mais Catherine, qui ne se fiait guère à la sincérité de leurs protestations, trouva moyen d'éluder en partie sa promesse. Les deux compagnies de Cadilhan et de La Mothe furent seules supprimées. Celles de Gohas l'aîné et de Sarrieu partirent, la première pour laChampagne et la seconde pour laPicardie, d'où elles revinrent plus tard pour servir de noyaux aux deux régiments qui portèrent les noms derégiment de Picardie etrégiment de Champagne. Les six autres compagnies des gardes furent mises en garnison, la compagnie de Strozzi àCalais ; celle de Cosseins àMontreuil ; Iromberry àPéronne ; Noualhan àBoulogne ; Gohas jeune à lacitadelle de Péronne et Forest àDoullens. Toutes devaient se tenir constamment prêtes à marcher sur Paris au premier ordre.

Le régiment que, vers ce temps, on voit appelé indifféremment régiment de Strozzi et régiment de Picardie, du nom de son mestre de camp et de celui de la province où il était cantonné, ne resta pas longtemps éloigné de la cour. Leprince de Condé et l'amiral de Coligny avaient entrepris d'enlever le roi. Le 28 septembre 1567,Charles IX fut attaqué sur lechemin de Meaux à Paris, et il ne leur eût pas échappé sans la bravoure des Suisses de Louis Pfiffer[10].Pendant cette marche dangereuse, on avait pu mesurer l'étendue de la faute qu'on avait commise en consentant à l'éloignement des gardes. À peine arrivé àParis,Charles IX qui se voyait bloqué dans sa capitale, donne commission àPhilippe Strozzi pour exercer la charge decolonel-général à la place deFrançois de Coligny d'Andelot et lui enjoint de ramener les compagnies des gardes auprès de sa personne avec tout ce qu'il pourra tirer desbandes de la Picardie etde la Champagne.

Leprince de Condé et l'amiral de Coligny, prévenus de ces mesures, veulent s'y opposer et détachent Isaac de Vaudray de Mouy avec 1 200 chevaux pour barrer le passage aux gardes. Mouy les rencontre entreAbbeville etAmiens. Cette troupe, réduite à 400 hommes au plus, « mais composée de vieux soldats choisis, la plupart qui avoient commandé, ou dignes de commander, » marchait serrée, entourée de toutes parts dechariots qui lui servaient de remparts mobiles. Mouy, malgré son intrépide valeur fut intimidé par cet le mâle contenance et n'osa pas attaquer; il se contenta de faire harceler les gardes par seschevau-légers, espérant ainsi les attirer hors de leurs barricades ; mais ils ne tombèrent point dans le piège et continuèrent leur marche, abattant à coups d'arquebuses ceux qui venaient les insulter de trop près. À huit lieues de Paris, la cavalerie protestante abandonna la partie sans avoir pu les entamer. Cette marche d'une poignée d'hommes, pendant trente lieues de plaine, au milieu d'une cavalerie numériquement triple, fut justement admirée à une époque où l'infanterie était encore loin d'avoir établi sa supériorité.

Arrivé àPontoise, Strozzi ayant appris que la route lui serait encore barrée versSaint-Denis etArgenteuil, se décide à aller passer laSeine àPoissy et gagne « dextrement » Paris par larive gauche du fleuve. Il y fut bientôt rejoint par Sarrieu et Gohas, et se trouva à la tête de 6 000 hommes qu'il logea dans lefaubourg Saint-Martin puis le roi créa six compagnies supplémentaires.

Quelques jours après, le, eut lieu labataille de Saint-Denis, où les 6 000 hommes de Strozzi formaient l'aile droite de l'armée royale et occupaient la plaine entrela Villette etAubervilliers. On sait que le centre et la gauche, composés de bourgeois parisiens« bien marnez et dorez comme calices », furent d'abord enfoncés par la cavalerie des princes. Lescalvinistes criaient déjà victoire... mais ils poursuivirent trop loin les bandes qu'ils venaient de vaincre. L'aile droite de l'armée royale, restée intacte, fit un mouvement de conversion à gauche, les prit en flanc et les rejeta en désordre au-delà deSaint-Denis. Strozzi suivit les débris des troupes protestantes jusqu'aux confins de laLorraine et revint ensuite à Paris, où ses bandes prirent leurs quartiers.

C'est pendant ce séjour à Paris, en 1568, que l'infanterie royale reçut une nouvelle organisation. Les 6 000 hommes de Strozzi restèrent sous son commandement immédiat, sous son régiment, comme on disait alors, mais les enseignes dont le nombre s'élevait à cinquante-cinq, tant du régiment des gardes que des bandes amenées par Sarrieu et Gohas, furent réparties en trois corps, commandés chacun par unmestre de camp.Montlezun-Cosseins eut vingt enseignes appartenant toutes à la garde du roi, qui, en décembre 1567, après la bataille de Saint-Denis, avait encore été augmentée des huit compagnies. Les trente-cinq autres enseignes furent partagées entre Sarrieu et Gohas qui conservèrent en même temps leurs compagnies aux gardes.

Dans les derniers mois de 1568, leprince de Condé, qui avait reçu des secours de l'Allemagne, recommença la guerre et obtint d'abord de grands succès dans lePoitou et laSaintonge. Leduc d'Anjou fut envoyé au commencement de 1569 pour s'opposer à ses progrès. Le régiment de Strozzi, qui formait la meilleure partie de l'armée du duc, contribua puissamment à lavictoire de Jarnac le 13 mars. Après la défaite et la mort du prince de Condé, leduc d'Anjou,Henri, fait camper son armée sous les murs duchâteau de La Rochefoucauld enAngoumois, et ce fut là, le 29 mai 1569, que Philippe Strozzi, pourvu de la charge decolonel-général de l'infanterie française à la place deFrançois de Coligny d'Andelot qui venait de mourir àSaintes, partagea définitivement les quarante sept enseignes présentes de son régiment entre les troismestres de camp qui en commandaient les fractions[8].

Régiment des gardes françaises (1569-1789)

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  • Drapeau d'ordonnance de 1569 à 1691.
    Drapeau d'ordonnance de 1569 à 1691.
  • Drapeau colonel de 1569 à 1691.
    Drapeau colonel de 1569 à 1691.

Guerres de Religion

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Dans ce partage, les compagnies des gardes furent distribuées inégalement dans les trois nouveaux corps, ce qui explique, avec l'ancienneté des compagnies de Sarrieu el de Gohas, les prétentions soulevées plus tard par lesrégiments de Picardie etde Champagne contre la priorité de rang des gardes françaises. Ce dernier corps, dont le commandement fut donné à Montlezun-Cosseins, eut quinze compagnies, parmi lesquelles il y avait six compagnies seulement de l'ancienne garde. Deux appartenaient au colonels-général, les autres étaient : Cosseins, Iromberry, La Chambre, Montafié, Savaillans, Chanteron, Thomassin, Bellebrune, Barant-Mesnil, Beaurobert, Launay, Vuély et Saint-Pessaire. Des deux compagnies qui appartenaient à Strozzi, l'une garda l'enseigne blanche du colonel-général, et l'autre lut chargée de porter le grand étendard royal bleu d'azur parsemé de fleurs de lis d'or, qui fut donné plus tard aux autres compagnies et qui demeura jusqu'à la fin le drapeau particulier du régiment des gardes françaises.

À la reprise des hostilités, les gardes assistèrent à labataille de La Roche-l'Abeille enLimousin, firent des prodiges de valeur aucombat de Jazeneuil le, et prirent une part très active ausiège de Châtellerault en juillet 1569. Le 3 octobre, à labataille de Moncontour, ils avaient la garde de l'artillerie qu'ils conduisirent ensuite auSiège de Saint-Jean-d'Angély. Après laprise de cette ville, le 2 décembre, le régiment eut ses quartiers dans leBas-Poitou, où il guerroya tout l'hiver et jusqu'au milieu de 1570.

Le, quelques compagnies des gardes, qui revenaient d'une expédition sur lechâteau de Rochefort, furent attaquées à la fin d'une marche pénible, près deSainte-Gemme, par une nombreuse troupe decalvinistesrochelais conduits parFrançois de La Noue.

Lapaix fut signée le àSaint-Germain, et les gardes revinrent à Paris en passant laLoire, auxPonts-de-Cé près d'Angers, ou le mestre de camp Montlezun-Cosseins fait jeter à la rivière 800filles de joie qui suivaient le régiment. Au mois de novembre, ils accompagnèrentCharles IX àMézières où furent célébrées le 26 les noces de ce prince avecÉlisabeth d'Autriche.

Un corps aussi dévoué à la cour que l'était alors le régiment des gardes françaises ne pouvait pas rester inactif durant lemassacre de la Saint-Barthélemy. Le mestre de camp Montlezun-Cosseins fut un acteur des évènements. Voici commentLancelot Voisin de La Popelinière le raconte dans son ouvragel'histoire de France :

« L'homme qui blessa l'admiral le vendredi, étoit unarquebuzier de la garde. Les protestants voulurent faire partir l'admiral, mais leroi pour empescher cela, lui offrit chambre dedans leLouvre pour s'y retirer : que si la douleur de ses playes ne le permettoit, il promit lui envoier pour sa seureté unecompagnée des soldats de sa garde. Ce qui fust aussitôt rapporté à l'admiral, lequel, s'en contentant, le remercia très humblement. Et furent ainsi mis cent harquebuziers sous Cousseins devant son logis par le commandement du Roy... Dont s'apercevans les capitaux ennemys des confedérez, et ne voulant fuir à si belle occasion de trancher les racines à leurs vieux ennemys, incitèrent assez tost nombre de forains (étrangers) retrouvez dedans Paris pour en peu d'heure avoir toute raison du passé. Ce fut de tuer les plus renomez d'eux en une nuict, se faisant forts d'en faire apreuver l'exécution au Roy,Royne-mère etMonsieur après le fait beaucoup mieux qu'avant le coup pour la grandeur et douteux hazard de si haut dessein. Ainsi curieux de profiter l'occasion qui se présentoit si favorable, avoir marqué les maisons (presque tous les chefs demeuroient près dé l'amiral), et donné les noms des principaux et autres plus signalez après eux. Sur les deux heures après la minuict du samedi venant au dimanchevingt-quatrième août, firent bastre la clocheSainct-Germain de l'Auxerrois pour signal à tous les advertis et autres de mesme volonté de tuer les plus marquez et mieux conushuguenots qu'estoyent en Paris. Alors les gardiens de l'admiral enfoncèrent ses portes et l'avoir tué en son lict, jeté par la fenestre : puis traîné en la rue et sa maison saccagée... Après que la troupe de Cousseins eut commencé le jeu et accomodé l'admiral de la façon que dessus, les autres gardes et la noblesse preste à cet effet, se portèrent de mesme sur les autresquartiers prochains du Louvre[11],[12] ».

Philippe Strozzi,colonel général de l'infanterie, arrive le 13 décembre 1572 au village dePuy-le-Boreau et investit La Rochelle avec une partie des Gardes Françaises et quelques autres régiments. Au printemps de 1573, après l'arrivée duduc d'Anjou et d'une armée formidable, le siège commence avec une rage incroyable de part et d'autre. Le 18 avril, lemestre de camp Montlezun de Cosseins« estant aux tranchées, fut frappé d'uneharquebuzade dont il mourut comme en furie et chaude langueur. Son corps fut porté en son pays avec honneur d'estre un des plus resoluz et fidelles chefs de ce tems. » La place soutint neuf grands assauts et plus de vingt attaques où les Gardes se firent toujours remarquer par leur courage; mais les assiégés réparaient leurs brèches ou les masquaient par des retranchements intérieurs, et rendaient tous les efforts inutiles. Leduc d'Anjou, qui venait d'être éluroi de Pologne, pressé de mettre une couronne sur sa tête, accorda aux Rochelais des conditions si honorables que la paix fut rétablie encore une fois. Lesiège est levé le 8 juillet 1573.

Revenu prendre garnison dans Paris, le régiment est supprimé parCharles IX en septembre 1573. Devenuroi de France après la mort de son frère, le 30 mai 1574,Henri III celui-ci est reconstitué au avec 8 compagnies, sous les ordres deLouis de Béranger, seigneur du Guast.

Après avoir participé activement à labataille de Dormans, le régiment retourne prendre ses quartiers ou Louis de Béranger, seigneur du Guast, est assassinérue Saint-Honoré le. LePhilippe Strozzi est rétabli mestre de camp du régiment, mais il en laisse le commandement au capitaineBeauvais-Nangis[13] qui conduisit les Gardes Françaises àLangres, où leduc de Guise,Henri, rassemblait une armée destinée à agir enChampagne.

En 1576, on trouve celui-ci àBlois pendant la tenue desÉtats généraux. Il compte alors 2 000 hommes sous ses enseignes.

L'année suivante augmenté de quatre compagnies, il fit partie de l'armée deCharlesduc de Mayenne qui forceHenriprince de Condé à lever lesiège de Saintes et prendTonnay-Charente,Marans,Brouage etMelle.

En 1580, par ordre du roi, lemaréchalde Matignon est envoyé pourreprendre La Fère, d'où les protestants faisaient des incursions jusqu'aux environs de Paris. Les Gardes y ouvrirent la tranchée[14] le 20 juin, du côté du faubourg de Saint-Quentin et emportèrent d'assaut plusieurs ouvrages. La place capitula le 31 août après un siège de soixante-dix jours.

Pendant les années qui suivirent,Henri III, menacé dans Paris même par lafaction des Seize, garda le régiment près de lui. En 1582, leduc d'Epernon obtint la charge decolonel-général de l'infanterie française, qui fut érigée en office de la couronne en décembre 1584. Le faible monarque s'était laissé arracher par le duc d'Epernon une concession qui fut pour lui et ses successeurs une source de contrariétés. Le colonel-général s'était fait donner la nomination des capitaines aux Gardes et exigeait que le mestre de camp prit son attache.Beauvais-Nangis refusa longtemps de se plier à cette formalité, et enfin aima mieux se démettre que de céder. Le régiment fut alors donné, en 1584, auchevalier de Crillon qui ne l'accepta toutefois qu'avec le titre de lieutenant-colonel général de l'infanterie française.

En 1585 les Gardes accompagnèrent le roi àLyon. Une partie du régiment se joignit à l'armée du duc d'Epernon et prit part à toutes les expéditions de ce général, enProvence et enDauphiné, notamment ausiège de La Bréole, en 1586 oùCrillon fut blessé et à ce lui deChorges où lerégiment de Champagne disputa aux Gardes Françaises le droit de le précéder à l'assaut. Lecolonel-général décida en faveur des Gardes qui enlevèrent la ville de vive force, au grand mécontentement des braves de Champagne.

En 1587, après labataille de Coutras,Henri III, effrayé des succès deHenriroi de Navarre, sort de sa torpeur, se met en personne à la tête de son armée et court àla Charité-sur-Loire pour s'opposer au passage des Allemands qui cherchaient à joindre l'armée du Béarnais. Les gués furent si bien gardés que les Allemands désespérant de franchir lefleuve, se jetèrent dans les plaines de laBeauce où ils furent écrasés parHenriduc de Guise auxbatailles de Vimory etd'Auneau. Ces victoires exaltèrent l'ambition duchef de la ligue,Henri de Guise et quandHenri III revint àParis, le duc, soutenu par lafaction des Seize, osa former le projet d'arrêter le roi. Laconspiration fut révélée à ce prince par Nicolas Poulain,lieutenant de la Prévôté de l'Isle de France. Henri III, indigné, se résolut à prendre d'énergiques mesures contre celui qu'il soupçonnait déjà d'en vouloir à sa couronne. Il assembla sa noblesse, augmenta le nombre des compagnies des Gardes françaises, s'entoura de bourgeois ennemis des troubles, et fit venir àLagny les 4 000 Suisses du colonel Gaspard Galatti.

Le, malgré la défense du roiHenriduc de Guise, qui était parti de Soissons, arrive à Paris, se rend auLouvre et passe au milieu des compagnies des Gardes françaises. Le résultat de cette entrevue du roi avec le duc de Guise fut peu favorable à la paix, car le matin du 12 mai, on vitFrançois d'O faire entrer par laporte Saint-Honoré, les Gardes Françaises et lerégiment suisse de Galatti.

« Il y avoit neuf enseignes françoises et quatorze suisses. Elles marchèrent d'abord sans bruit aucimetière des Innocents. Ce fut en cet endroit qu'elles reçurent les ordres du roi. Bientôt après elles firent battre leurstambours et retentir leursfiffres, ce qui mit l'alarme dans toute la ville. Lemaréchalde Biron etCrillon conduisirent auMarché-Neuf deux compagnies françoises et trois suisses. LePetit-Pont fut occupé par une de ces compagnies suisses. Les deux compagnies françoises, celles de Du Guast et de Mallivault s'emparèrent dupont Saint-Michel. Six compagnies, savoir : deux françoises et quatre suisses, conduites parFrançois d'O, se saisirent de laplace de Grève; les autres compagnies aux ordres du capitaine Bonouvrier de Saintonge restèrent aucimetière des Innocents. Deux compagnies françoises qui étoient de service à la cour gardoient laporte du Louvre du côté de larue Saint-Thomas. Pendant tout ce jour, il n'y eut que laporte Saint-Honoré qui fut ouverte, étant gardée par une compagnie françoise[15]. » Au bruit des tambours, les Parisiens s'alarment, ferment leurs boutiques et courent aux armes. Le peuple s'assemble en tumulte dans lesfaubourgs Saint-Antoine etSaint-Marcel. La présence des Suisses excite surtout la colère et devient le prétexte de la révolte. Vers le milieu du jour, sur l'avis des préparatifs qui se faisaientrue Saint-Antoine à l'hôtel de Guise et sur laplace Maubert, le Roi dépêche l'ordre àd'O et àCrillon d'occuper ces points, mais il n'était plus temps.Guy de Laval-Bois-Dauphin avec lesécoliers et lesbateliers deSaint-Jean-en-Grève s'était emparé de laplace Maubert. On avait tendu les chaînes à travers les rues et fermé les avenues avec de grosses pièces de bois et des tonneaux remplis de fumier et de terre. Crillon, repoussé de ce côté, veut rétrograder et se frayer un passage le long de larive gauche de laSeine ; le chemin lui est barré parCharlesduc de Brissac à la tête des habitants dufaubourg Saint-Germain. Les Gardes restent engagés entre les ponts sans pouvoir faire un mouvement; l'émeute est triomphante. Le duc de Guise, voyant alors les choses au point où il les voulait, sort de son hôtel à cheval, une simple baguette à la main, calme comme par magie la sédition et fait reconduire les Gardes au Louvre par le comte de Brissac, mais à rangs rompus, la tête nue et les armes renversées. Telle fut la journée du, dite laJournée des barricades[16]. Elle valut aux Parisiens sept années d'affreuse misère. Le dernier des Valois sortit secrètement de sa capitale le lendemain13 mai, pour n'y plus rentrer. Il quitta la ville par laporte Neuve, passa laSeine àSaint-Cloud, coucha àRambouillet et se rendit le lendemain àChartres. Les Gardes françaises couchèrent le même soir àTrappes et rejoignirent le Roi le 15. Henri III, après avoir erré quelque temps de ville en ville dans laNormandie, se rendit au mois de septembre àBlois pour y tenir lesÉtats généraux.

Après les assassinats deHenri de Guise, le, et de son frère lecardinalde Guise,le lendemain auquel participèrent, selond'Aubigné, leprévôt durégiment Richelieu et le capitaine du Guast, les Gardes Françaises furent envoyés avecles Suisses de Galatti àOrléans. Ces troupes ne purent pas se maintenir dans ce mauvais poste et l'abandonnèrent le pour se retirer àBeaugency. L'immense bouleversement qu'avait produit la fin tragique du chef de laligue catholique, contraignit bientôt leroi à se jeter dans les bras duBéarnais et à se renfermer dansTours pour y attendre les secours que lui amenait son nouvel allié. Henri III n'avait avec lui que quatre régiments, en y comprenant les Gardes françaises.Charlesduc de Mayenne, brulant du désir de venger son frère, rassembla une nombreuse armée dans laBeauce et la conduisit près de Tours où il s'était ménagé des intelligences. Le roi, instruit de son approche, sortit de la ville pour aller le reconnaître, et faillit tomber dans une embuscade de cavalerie qui l'attendait, mais il eut le temps de regagner lesfaubourgs. Mayenne, furieux de l'avoir manqué, ordonna aussitôt l'attaque, le 8 mai.Crillon, chargé de défendre avec les Gardes françaises lefaubourg Saint-Symphorien, y fit des merveilles.

« Il alla recevoir lesenfants perdus au bout du chemin creux qui descend au faubourg, mais trouvant à cette teste de mauvais garçons, soustenus durégiment de Chastaignerais qui ne marchanda point, il fallut revenir à la barrière, qui ne fust guères gardée, pour ce que les terriers des deux costés furent aussitôt saisis par l'harquebuzerie des ennemis, qui leur eust donné à l'eschine; il fallut donc se contenter de défendre la porte du faux-bourg, en laquelle fermant, Crillon se trouva tellement engagé, que n'ayant encore que le costé droit au dedans, il fust blessé[17] au gauche à coups d'espée; et si, tout blessé, il n'eust poussé la porte d'autant de force que de courage, elle estoit prise, pour ce qu'il y demeura seul. »

Le roi rallia ses troupes dans la ville et fit rompre une arche du pont, décidé à tenter un nouvel effort le lendemain. Mais à sept heures du soir, l'avant-garde duroi de Navarre arriva à Tours et Mayenne prit le parti de la retraite.

Les deux rois, avec leurs armées réunies, marchent alors surParis et prennent en passantGien,la Charité,Pithiviers,Étampes,Poissy etPontoise. Après s'être assuré la possession de cette dernière ville, le 25 juillet, Henri III vint établir son quartier général àSaint-Cloud, où il fut frappé, le1er août, parJacques Clément d'un coup de couteau dans le bas-ventre.« Ah ! le méchant moine, il m'a tué, qu'on le tue » s'écrie Henri, et Jacques Clément tombe à l'instant sous les épées des Gardes. Le dernier des Valois vécut encore deux jours et reconnut solennellement, en présence de l'armée, les droits deHenri de Navarre à lacouronne de France.

Huit cents gentilshommes catholiques et neuf régiments d'infanterie s'éloignèrent immédiatement de Henri IV. Le maréchal d'Aumont, sous les ordres duquel les Gardes françaises étaient directement placés, réunit tous les officiers, les présenta au nouveau roi, et l'assura qu'il trouverait dans le régiment un corps disposé à le servir.

En 1590, Henri IV, abandonné par une partie de l'armée, ne se sentant pas assez fort pour continuer lesiège de Paris, envoya lemaréchald'Aumont enChampagne avec les Gardes Françaises et quelques autres régiments, et se retira lui-même enNormandie avec 3 000 hommes de pied français, deux régiments suisses et 1 000 chevaux. Ce fut avec cette poignée de soldats, renforcés par des troupes envoyées parÉlisabeth Ire, qu'ilbattit à Arques les 30 000 hommes deCharlesduc de Mayenne.

Après cette victoire Henri IV réuni toute son armée sous les murs deParis, et le1er novembre les Gardes françaises essayent d'emporter les faubourgs. Cette attaque échoua et le roi se résolut à conquérir d'abord les provinces pour revenir plus fort contre la capitale. Le 5 novembre les Gardes emportaient laville d'Étampes et sonchâteau le 7 novembre. Le 19 du même mois c'était letour de Vendôme[18],[19], le 2 décembrecelui du Mans[20],Alençon capitulait le 15 décembre.

Au début de l'année 1590Pont-Audemer le 21 janvier puisHonfleur le 28. Cette brillante expédition fut couronnée le 14 mars par lavictoire d'Ivry, oùCharlesduc de Mayenne est complètement défait.chevalier de Crillon, guéri de ses blessures, y commandait le régiment des Gardes françaises. Après la déroute de l'armée dela Ligue, Henri IV revint sous les murs de Paris, et le 27 juillet il fit donner l'assaut aux faubourgs. Les Gardes Françaises furent chargés d'emporter lefaubourg Saint-Honoré et lesTuileries, où ils se logèrent après un rude combat. Cette attaque n'eut point, au reste, d'autre résultat, et il fallut encore abandonner la partie.

En 1591, le régiment se distingua aux deux assauts livrés à laville de Chartres et ausiège de Noyon. Il se rendit ensuitedevant Rouen. Placé d'abord aux Chartreux, au pied du mont Sainte-Catherine, il céda ce poste aux auxiliaires anglais et s'établit auBois-Guillaume. Il prit sans doute une grande part à toutes les opérations de cesiège mémorable, mais les chroniqueurs ne le signalent nominativement qu'à l'affaire du 23 janvier 1592. L'amiral de Villars, qui défendaitRouen, fit sortir ce jour-là, sous les ordres du célèbre Charles de Goustimesnil de Bois-Rozé, 300 cavaliers, qui fondirent si brusquement sur le quartier des Gardes, que Crillon eut à peine le temps de rassembler cent hommes, avec lesquels cependant il tint ferme, jusqu'à ce que les autres eussent rallié leurs enseignes. Les Rouennais sortirent en plus grand nombre de leurs murs et le combat devint une véritable bataille, où les succès furent longtemps balancés. Enfin, le roi, arrivant avec un escadron dereîtres, repoussa l'ennemi et le contraignit, l'épée dans les reins, à rentrer dans la place. Crillon eut dans cette affaire un bras fracassé d'un coup d'arquebuse. Le régiment fait également cette même année lesiège d'Épernay.

Pendant deux ans encore, royalistes etligueurs s'épuisèrent en vains combats.Henri IV s'étant enfin décidé à abjurer lecalvinisme, la plupart des villes se soumirent à lui. Sacré àChartres le, il fait son entrée dansParis le22 mars. Les Gardes françaises reprirent leurs anciens quartiers dans les faubourgs. En juin 1594 le régiment accompagna le roi ausiège de Laon.Après la prise de laville le régiment accompagna le roi àAmiens avant d'être engagé ausiège de Noyon[21]

L'année suivante, il passe enBourgogne et prend part auxsièges de Dijon,de Talan etde Gray.

En 1596, on le trouve ausiège de La Fère.

En 1597 il est àcelui d'Amiens que les Espagnols venaient de surprendre. La prise d'Amiens fut suivie de lapaix de Vervins et les Gardes françaises rentrèrent àParis. Le régiment comptait vingt compagnies. Deux furent supprimées[8].

Guerre franco-savoyarde

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Profitant des troubles intérieurs français,Charles-EmmanuelIerduc de Savoie s'empare, le1er octobre1588, dumarquisat de Saluces sous prétexte d'empêcher le chef desprotestants enDauphiné,Lesdiguières, de le prendre pour répandre ses doctrines enItalie. En 1600, la paix étant rétablie dans le royaume,Henri IV déclare la guerre, le, auduc de Savoie. C'est le début de laguerre franco-savoyarde. Trois attaques sont dirigées sur lesÉtats du duc de Savoie. L'une d'elles était conduite parCrillon était composée du régiment des Gardes françaises qui se saisit dePont-d'Ain,Saint-Rambert,Saint-Denis,Poncin,Belley,Pierre-Châtel etFort l'Écluse.

Après cette rapide conquête de laBresse, le 23 août, il marche droit àChambéry, et partage son régiment en deux parties, dont l'une investit la ville du côté deMontmélian, tandis que l'autre occupe le faubourg des Roches. Les deux pointes sont poussées si vivement que les deux détachements se rencontrant inopinément dans la ville et ne pouvant s'imaginer avoir fait tant de chemin, se prennent réciproquement pour ennemis et s'attaquent avec fureur. Il y eut des morts et des blessés, mais on se reconnut bientôt etChambéry resta au pouvoir des Gardes. Ce fut là leur dernier fait d'armes sousHenri IV[8].

Période de paix

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Le, letraité de Lyon met fin à la guerre. À son retour à Paris, le roi, désirant restreindre les charges qui accablaient son peuple, fit de grandes réformes dans son armée. Le nombre des compagnies des Gardes fut réduit à douze. Cependant, pour ne pas mécontenter les braves officiers qui l'avaient si bien servi dans la guerre, Henri décida que les six compagnies excédantes ne seraient supprimées qu'au fur et à mesure de l'extinction des capitaines.

Après lacampagne de Savoie,Crillon, alla dans ses terres y chercher le repos, et se démit enfin de sa charge en 1605.

Pendant cet intervalle, le régiment fut commandé par lelieutenant-colonel d'Arquien, et ne sortit de Paris que pour accompagner le roi dans le voyage qu'il fit àMetz en 1603. Quelques compagnies restèrent en garnison dans cette ville.

Henri IV trouvait exorbitant le privilège accordé par son prédécesseur aucolonel-général de nommer les mestres- de-camp des Gardes. Aussi désigna-t-il de son chef, pour remplacer Crillon,Charles de Créqui-Blanchefort,gendre deLesdiguières, en l'astreignant toutefois à prendre l'attache deJean-Louis de Nogaret de La Valetteduc d'Épernon. Malgré cette condition, leduc fut si irrité de cette nomination qu'il quitta la cour, et se retira dans songouvernement d'Angoumois. Créqui, par les ordres du roi, fut obligé de le suivre àAngoulême, pour obtenir son agrément. Le colonel-général le fit attendre une journée entière à sa porte, et ne lui accorda qu'après bien des délais ce qu'il venait demander.

Période de troubles

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Cette même année 1605, dix compagnies des Gardes Françaises furent employées sous leduc d'Épernon à la pacification du Limousin pour réprimer la révolte deHenri de La Tour d'Auvergneduc de Bouillon. Les nobles duQuercy se soumettent àOrléans (22 septembre), tandis queBouillon se réfugie àSedan et abandonne au roi les places deTurenne, Montfort, Sinceray (20 et 30 septembre)[22],[23].

Pendant le reste du règne d'Henri IV et le commencement de la minorité deson fils, il ne se passa aucun événement important où les Gardes aient eu un rôle à jouer.

En 1611, quatre compagnies se rendirent dans leBerry, pour y réprimer les troubles suscités par un gentilhomme du nom de Florimond du Pui seigneurVastan, qui empêchait les officiers du roi de lever lataille. Celui-ci fut capturé etdécapité le enplace de Grève, à Paris[24],[25].

En 1612, le régiment est porté à vingt compagnies, et suitLouis XIII en 1614 sur laLoire. Laguerre des mécontents venait de commencer, et la reine régente,Marie de Médicis, voulait être en mesure de secourirPoitiers, menacé parHenri II de Bourbonprince de Condé, et de comprimer la révolte organisée enBretagne parCésar,duc de Vendôme etHenri de Gondiduc de Retz. Ces deux buts furent atteints, et cette expédition se termina par la démolition dePort-Blavet, à laquelle douze compagnies des Gardes Françaises, aidées par lerégiment de Rambures, furent employées[26].

En 1615, le régiment suivit àBordeaux le roi Louis XIII qui se rendait au-devant de l'InfanteAnne d'Autriche.Élisabeth, la sœur de Louis XIII, qui épousait en même tempsPhilippeprince de Castille, est escortée jusqu'à laBidassoa par un détachement des Gardes, qui ramena à Bordeaux lajeune reine de France.

Quand l'insolence dumaréchal d'Ancre, Concino Concini, et le scandale de sa fortune firent reprendre les armes aux princes en 1616,Marie de Médicis, qui voulait prolonger l'état de tutelle où elle tenait son fils, et qui se méfiait avec raison de la bonne volonté du régiment des Gardes françaises, envoya à l'armée ducomte d'Auvergne quatorze compagnies, dont les capitaines lui étaient suspects, et garda auprès d'elle les six autres. Les premières furent employées auxsièges de Péronne etde Château-Porcien, et se trouvaientdevant Soissons en 1617, lorsque la nouvelle de la mort du favori,Concino Concini, vint mettre fin aux hostilités. Les compagnies, qui étaient restées à Paris, servirent le, à arrêterHenri II de Bourbon,prince de Condé, dans leLouvre, et le lendemain à châtier le peuple qui démolissait l'hôtel du maréchal d'Ancre,rue de Tournon. Dans les premiers jours de juillet 1617, deux compagnies conduisirent le prince de Condé de laBastille auchâteau de Vincennes, et restèrent chargées de sa garde jusqu'à ce que lerégiment de Normandie vienne les relever.

En, un petit corps d'armée, qui comprenait une compagnie des Gardes, se rendit enBretagne pour réduire à l'obéissance laplace de Concarneau[27].

Au commencement de 1620,Marie de Médicis, brouillée avecson fils, avait réussi à soulever laNormandie. Leroi, averti que lechâteau de Caen est au pouvoir des révoltés, ordonne aussitôt à six compagnies du régiment des Gardes françaises de partir, et de se mettre aux ordres dumaréchaldu Plessis-Praslin. Quelques jours après, lemestre-de-camp,Charles de Créquy, part lui-même avec quatre nouvelles compagnies, et le maréchal faitinvestir la place. La tranchée est ouverte et poussée, avec une telle activité que la garnison se mutine et force le gouverneur à capituler. Deux compagnies restèrent en garnison àCaen, tandis que les autres joignirent l'armée royale qui, après la soumission de la Normandie, chassa les troupes de lareine-mère deLa Flèche etdu Mans, et les poursuivit jusqu'auchâteau des Ponts-de-Cé.

Le, lemarquis de Bassompierreordonne l'attaque. Dix compagnies des Gardes, avec le mestre-de-camp Créqui à leur tête, s'élancent sur l'infanterie ennemie qui était sortie de ses retranchements, et la rejettent en désordre dans le château. Attaquées à leur tour par la cavalerie ducomte de Saint-Aignan, elles baissent leurspiques, et lui font tête. Lesarquebusiers profitent d'un moment d'hésitation qui se manifeste dans cette cavalerie, et déchargent si à propos leurs armes sur elle, que les rangs éclaircis se rompent ; les cavaliers fuient en désordre, et le comte de Saint-Aignan reste prisonnier. Après ce double succès, les Gardes Françaises se précipitent au pas de course à la poursuite des fuyards jusque dans les fossés du château. Le soir, la garnison demanda à capituler[8].

Rébellions huguenotes

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  • Mousquetaire et porte étendard du régiment des Gardes françaises..
    Mousquetaire et porte étendard du régiment des Gardes françaises.
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  • Tambour du régiment des Gardes françaises (1630).
    Tambour du régiment des Gardes françaises (1630)
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Le,Louis XIII quittaFontainebleau, et se rendit àTours avec les Gardes. Le roi craignait queDuplessis-Mornay, qui commandait àSaumur, ne se déclarât pour lescalvinistes. Il y envoie six compagnies du régiment avec lesGardes Suisses qui occupèrent le château. Le reste du corps suivit le roi enSaintonge, et arriva avec lui, le 29 mai,devant Saint-Jean-d'Angély, dont l'investissement était déjà commencé. Le soir même de ce jour, les assiégés mirent le feu à leurs faubourgs, à l'exception de celui de Taillebourg, enfermé par les bras de laBoutonne, et qu'ils espéraient conserver comme ils l'avaient fait en 1569. Mais Créqui s'y élance avec les Gardes, s'en empare, et eût poussé plus avant, si les assiégés, en se retirant, n'eussent rompu le pont qui rattache le faubourg à la ville. Dans cette affaire,Charles de Créquy fut blessé à lajoue. Maître de cette position importante, le roi somme, mais inutilement,Benjamin de Rohanbaron de Soubise de remettre la place. On distribue alors les attaques. Les Gardes Françaises, qui présentaient un effectif de quatre mille hommes, furent chargés avecNavarre etRambures, de l'attaque de la Tour-Blanche. En peu de jours, la descente de fossé fut praticable, et les soldats se préparaient à l'assaut, quand la ville arbora ledrapeau blanc. Les Gardes y entrèrent le 24 juin, et se saisirent des brèches et des corps-de-garde. La prise deSaint-Jean-d'Angély fut suivie de la reddition des places deSainte-Foy,Castillon etBergerac. L'attaque desretranchements de Clérac donna lieu à un sanglant combat qui dura depuis huit heures du matin jusqu'à neuf heures du sojr. Les retranchements furent emportés, mais la victoire avait coûté au régiment cent cinquante hommes tués et autant de blessés. Il restait à prendre laville. Les habitants avaient juré de s'ensevelir sous ses ruines, et se disaient soldats sans peur d'une ville sans roi. Mais, après une vigoureuse résistance, voyant leurs efforts inutiles, ils demandèrent à capituler. Les Gardes Françaises terminèrent cette laborieuse campagnedevant Montauban. Ils y ouvrirent la tranchée[14] le 8 septembre et prirent une part active à toutes les opérations de ce siège long et meurtrier. À la levée du siège, le régiment protégea la retraite de l'armée et rentra àParis.

Charles de Créquy, nommémaréchal de France à la fin de 1621, eut la permission de se faire remplacer dans le commandement du régiment par son fils Charles, le marquis de Canaples qui avait épousé une parente duduc de Luynes favori deLouis XIII.

Au début de l'année 1622,Benjamin de Rohanbaron de Soubise s'empare de l'île de Riez et soulève lepays nantais. Les protestants ayant causé enbas-Poitou une telle épouvante, leroiLouis XIII quitteParis avec les Gardes françaises le, et débarque àNantes le 10 avril. À cette époque les marais du bas Poitou n'avaient pas encore été définitivement conquis sur l'Océan, et leterritoire de Riez était séparé de celui deSaint-Gilles par plusieurs ilots et par un canal de cinq cents pas de largeur qu'on appelait le canal de Bosse et qui n'était guéable qu'àmarée basse. Le 15 avril les Gardes s'aventurent bravement au nombre de quatorze compagnies dans ce chemin périlleux. Ils parviennent sans obstacle sérieux jusqu'à l'île de Mons et en chassent l'ennemi, mais il restait à franchir le détroit qui les séparait encore de l'île de Riez. À labasse mer et à la faveur d'une nuit sombre, les soldats s'engagent dans le canal de Bosse, et quoi qu'ayant parfois de l'eau jusqu'à la ceinture, ils arrivent en ordre sur l'autre rive, que l'ennemi,après une lutte désespérée dans laquelle il perd 1 400 hommes, prend le parti de s'embarquer et de se retirer àLa Rochelle.

Après avoir pourvu à la défense de l'île, le roi alla mettre lesiège devant Royan. Au bout de quatre jours, les protestants, voyant les Gardes françaises logés dans le fossé, rendirent la place. Ausiège de Sainte-Foy, où les troupes royales étaient repoussées, les Gardes arrivent et la ville est emportée. Le 10 juin, ausiège de Nègrepelisse, le régiment pénètre de vive force dans la place par une brèche défendue par deux ouvrages. La résistance des habitants fut terrible, leur malheureuse ville fut livrée à un sac complet. Les Gardes arriventdevant Saint-Antonin. Repoussés dans un premier assaut, ils donnent au deuxième avec tant de furie que la place, pour éviter le sort deNègrepelisse, demande à capituler. Après cette conquête,Louis XIII se rendit àToulouse avec deux compagnies. Les autres continuèrent la guerre enLanguedoc sous les ordres dumaréchal duPlessis-Praslin et prirent part ausiège de Sommières etcelui de Lunel au mois d'août. Bientôt après le régiment se trouva réuni tout entier sous lesmurs de Montpellier ou il fut chargé de l'attaque principale. Après la reddition deMontpellier dont les Gardes prirent possession le 19 octobre, le corps suivit le roi enProvence et enDauphiné, traversaLyon le 3 décembre, et rentra àParis le. Il y resta jusqu'en 1627.

Cependantles Rochelais ne pouvaient souffrir que le roi eût fait élever leFort Louis à une portée de canon de leurs murs, pour les contenir dans l'obéissance, et ils avaient appelé les Anglais à leur secours. Une flotte britannique venait de débarquer à l'île de Ré un corps d'armée commandé parGeorge Villiersduc de Buckingham, qui mit lesiège devant la citadelle de Saint-Martin défendue parJean du Caylar de Saint-Bonnet, marquis de Toiras,mestre-de-camp durégiment de Champagne. Le roi résolut d'aller en personne chasser les Anglais de l'Aunis et forcer laville rebelle à rentrer dans le devoir. Quatorze compagnies des Gardes Françaises le devancent et arrivent àMarans, rendez-vous de l'armée. Le,La Rochelle est investie, et les Gardes françaises prennent leurs quartiers au village d'Aytré. Bientôt Louis XIII amène le reste du régiment. La première opération fut de porter secours au marquis de Toiras,assiégé à Saint-Martin-de-Ré. Huit cents hommes des Gardes, avec d'autres troupes, sont embarqués au Plomb sous les ordres de Charles de Créquy-Canaples. Le 30 octobre, entre dix et onze heures du soir, ils mettent pied à terre près dufort La Prée. Bientôt découverts par l'ennemi, les soldats aux Gardes sont attaqués vigoureusement au milieu de l'opération toujours si périlleuse d'un débarquement. Malgré cette difficulté qu'augmentait encore l'obscurité de la nuit, chaque compagnie prend successivement son ordre de bataille et fait si bien son devoir que les Anglais sont culbutés et refoulés dans l'intérieur de l'île et le corps de secours s'établit solidement dans leFort La Prée. Un auteur contemporain etcalviniste a dit à ce propos : « Ces troupes étoient d'hommes si choisis qu'elles eussent été capables de défaire le double de ce qu'elles étoient. » Le 6 novembre,Jean du Caylar de Saint-Bonnet, marquis de Toiras prévient le marquis de Canaples que les Anglais doivent livrer le lendemain un assaut général contre la citadelle de Saint-Martin. Averti par trois coups de canon, Canaples attaqueBuckingham dans ses propres retranchements et le force à porter toutes ses forces de son côté ; puis, satisfait d'avoir fait manquer l'assaut, il se retire par le bourg deLa Flotte, y brûle dans le port trois vaisseaux anglais et rentre aufort La Prée. Le lendemain, lemaréchalHenri de Schomberg débarque avec de nouvelles troupes. À son approche, les Anglais levèrent le siège en toute hâte et voulurent se retirer dans le nord de l'île ; mais, suivis de près par l'armée française etchargés au passage de l'isthme étroit qui est entrela Couarde etArs, leur cavalerie fut renversée sur l'infanterie, et là commença une épouvantable boucherie. Précipités pêle-mêle dans lapresqu'île deLoix par une charge furieuse desenfants perdus des Gardes Françaises, presque tous les Anglais furent passés au fil de l'épée ou noyés. Après l'embarquement des débris de l'armée deGeorge Villiersduc de Buckingham, le bataillon des Gardes revint devantLa Rochelle. Le roi s'étant décidé à prendre la place par la famine, le siège transformé en blocus dura encore près d'un an, et n'offrit plus aucune action digne d'être rapportée. À la fin d'octobre 1628, la ville réduite aux abois, consentit enfin à se rendre, et le 30 octobre, à sept heures du matin, quatre cents Gardes Françaises ayant à leur têteJean-Louis de Nogaret de La Valetteduc d'Épernon,colonel-général de l'infanterie, y entrèrent et prirent possession des tours et des portes[8]. Quelques jours plus tard,Louis XIII reprit le chemin de Paris, laissant toutefois six compagnies du régiment pour la défense de l'île de Ré.

Guerre de Succession de Mantoue

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En 1629, le roi marcha au secours deCharles de Nevers,duc de Mantoue, que les Espagnols tenaientassiégé dans Casal, et demanda àVictor-Amédée de Savoie le passage à traversses États. Sur la réponse équivoque du duc, Louis part deGrenoble et s'avance vers le Pas de Suze. Un défilé, large au plus de six pas, entre deux montagnes d'une hauteur prodigieuse, et au-delà un chemin couvert et trois retranchements formidables semblaient présenter un obstacle insurmontable. Le 6 mars, à six heures du matin, les Gardes Françaises et lesGardes Suisses, lerégiment de Navarre etcelui d'Estissac, qui étaient enbataille devant le passage se précipitent dans le défilé et donnent tête baissée sur les barricades avec une telle impétuosité, que rien ne leur résiste. L'ennemi est poussé jusqu'en vue deSuse qui se rend le soir même. Leduc de Savoie, qui avait failli être pris, demanda la paix, et le siège de Casal fut levé.

Rébellions huguenotes

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Cependant, les protestants avaient profité de l'éloignement de l'armée pour tenter encore une fois la fortune. Après letraité de Cherasco, Louis XIII repasse les Alpes avec une partie de ses troupes, et met lesiège devant Privas. Les Gardes françaises y eurent l'attaque de droite. À l'assaut du 26 mai, ils emportèrent l'ouvrage à cornes et lademi-lune, et en passèrent tous les défenseurs au fil de l'épée. La prise decette ville fut suivie decelle d'Alès et de la soumission de presque toutes les autres places occupées par les protestants.Montauban se rendit également, et dut subir une garnison. Les six compagnies des Gardes Françaises, qui avaient été laissées l'année précédente dans l'île de Ré, y furent envoyées.

  • Sergent, piquier et mousquetaire du régiment des Gardes françaises sous Louis XIII en 1630.
    Sergent, piquier et mousquetaire du régiment des Gardes françaises sousLouis XIII en 1630.

Guerre de succession de Mantoue

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Le duc de Savoie n'avait pas plutôt vu l'armée française repassée de l'autre côté des monts, qu'il avait, lui aussi,recommencé la guerre. Leroi de France donna rendez-vous à ses troupes àGrenoble, où le régiment des Gardes se trouva réuni le. Il comptait alors quatre mille hommes sous ses enseignes pour envahir laSavoie. La campagne commença par laprise de Pignerol, puis par lesiège de Chambéry, où les Gardes emportèrent le faubourg, mais Charles de Créquy-Canaples, leurmestre de camp, y fut mortellement blessé.La ville se rendit peu après, et le régiment marcha à l'attaque du poste de Saint-Maurice, couvert d'un côté par l'Isère et de l'autre par des montagnes inaccessibles. Malgré les difficultés du terrain, ce poste fut emporté, et les Savoyards, mis dans une déroute complète, abandonnèrent tous leurs bagages et passèrent dans lavallée d'Aoste. Après ces rapides succès, le grand objet de la guerre était ladélivrance de Casale, où lemarquis de Toiras, qui avait défendu l'île de Ré, était assiégé parAmbrogio Spinola.Henri II de Montmorency fut chargé de porter de prompts secours à la place, etLouis XIII renforça de huit compagnies des Gardes Françaises la petite armée confiée au duc. Celui-ci s'enfonça dans les gorges voisines deVeillane pour rejoindre lemaréchal de La Force campé près deJavenne. Au passage des défilés, au moment où elles allaient y pénétrer les dernières, les compagnies des Gardes furent chargées par 600 chevaux soutenus de 8 000 fantassins, l'élite des troupes impériales. Le 10 juillet, uncombat terrible s'engagea à l'avantage desImpériaux, maisMontmorency, accourant à la tête desGendarmes du roi, rétabli le combat par des prodiges de valeur. En vain, les vieilles bandes de l'Empereur font-elles de nouveaux efforts; frappées de terreur par l'impétuosité française, elles jettent enfin leurs armes et s'enfuient dans toutes les directions. Ainsi, 1 500 hommes, attaqués dans un terrain défavorable par 9 000 hommes, remportèrent la plus complète victoire. La moitié desImpériaux fut tuée ou prise, et les Gardes s'emparèrent de dix-neuf drapeaux, parmi lesquels se trouvaient ceux du régiment de Gallas, général des troupes ennemies. Ce succès éclatant fut payé cher : quatre cents Gardes Françaises étaient restés sur le champ de bataille deVeillane. Quelques jours après, Montmorency attaque lesredoutes deCarignan. Trois cents Gardes françaises marchent à la tête de l'armée : l'ennemi tente une résistance inutile ; un régiment espagnol est anéanti. Le prince de Savoie fait en toute hâte repasser le pont deCarignan à son armée, et les compagnies du régiment entrent dans la place. Ce fut le dernier exploit de cette guerre qui se termina bientôt par letraité de Cherasco. Les Gardes Françaises rentrèrent en France, et arrivés àLyon, ils reçurent l'ordre de marcher surVerdun que le roi voulait assiéger, mais qui se rendit avant leur arrivée.

Période de troubles

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En 1631, le régiment fait partie de l'armée de Lorraine qui prendPont-à-Mousson etNancy. Pendant cette campagne, on organisa dans le corps quatre compagnies demousquetaires auxquels des chevaux furent donnés pour se transporter plus rapidement d'un point à un autre. Ces compagnies débutèrent au mois de juin aucombat de Rouvray, où fut défaite la cavalerie duduc de Lorraine. À la fin de novembre, ces mousquetaires montés, armés ducorselet et dumousquet, et que le roi avait surnommés « ses Griffons », firent leur entrée àParis aux grands applaudissements de la multitude émerveillée de cette nouveauté. Les autres compagnies des Gardes françaises passèrent l'hiver àMetz.

En 1632,Gaston d'Orléans se jette dans leLanguedoc, dont leduc de Montmorency,Henri, avait le gouvernement, et y rallume la guerre civile. Le roi y envoie lesmaréchaux deSchomberg et deLa Force, et leur donne 500 Gardes Françaises, parmi lesquels se trouvait une partie des mousquetaires. Schomberg, qui n'avait que 2 000 fantassins et 1 200 chevaux, rencontre bientôt lesducs d'Orléans etde Montmorency, avec 10 000 hommes, près deCastelnaudary. Une action particulière engage unebataille générale. Lesmousquetaires, jaloux de montrer leur valeur et leur adresse,escarmouchent sur la gauche des mécontents. Henri de Montmorency, oubliant le rôle d'un général, charge ces enfants perdus, mais presque tous ceux qui l'entourent sont renversés par une décharge faite à bout portant. Fait prisonnier,Henri de Montmorency est conduit àToulouse par les Gardes françaises oùRichelieu le faitdécapiter.

Au mois de mars 1633, lemaréchal de Créqui ayant été nomméambassadeur à Rome, se démit du régiment des Gardes qui fut alors donné àJeanmarquis de Rambures,mestre de camp d'unrégiment d'infanterie célèbre à cette époque, qui fut en grande cérémonie aubois de Vincennes, et faillit payer cher l'honneur qu'il eut ce jour-là de faire manœuvrer le corps devant lareine, car dans le feu de l'exercice, il fut grièvement blessé au visage par un maladroit.

Guerre de Trente Ans

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En 1634, lecardinal de Richelieu s'était décidé à prendre part dans laguerre de Trente Ans contre la maison d'Autriche. L'armée française fut mise sur pied. Le régiment des Gardes, qui n'avait que vingt compagnies, fut porté, par ordre du 8 juillet 1635, à trente enseignes de 400 hommes chacune. Au commencement de cette année, douze compagnies s'étaient rendues àPont-à-Mousson où se rassemblait l'armée ducardinal de La Valette. Les autres arrivèrent bientôt aussi enLorraine avecle roi et firent lesiège de Saint-Mihiel. Louis XIII étant ensuite retourné à Paris avec six compagnies, le reste du régiment fut partagé entre les armées d'Allemagne et de Lorraine. La première ravitaillaMayence malgré les efforts desImpériaux, et força legénéral Gallas à lever lesiège de Deux-Ponts. Dans la nuit du 6 au 7 septembre, l'armée étant campée sur les bords duRhin, près de Mayence, Gallas tenta de brûler le pont de bateaux qui établissait la communication des Français avec la ville. Desbrûlots descendaient le fleuve et allaient atteindre le pont; mais les Gardes, toujours attentifs et prêts au combat, furent bientôt en bataille sur la rive, et ouvrirent un feu si terrible sur les nacelles qui accompagnaient les brûlots, que les soldats chargés de l'entreprise ne songèrent plus qu'à se mettre à couvert. Les brûlots abandonnés vinrent échouer à vingt pas du pont. C'est le 16 septembre que l'armée française, fatiguée d'une longue et pénible campagne, commença cette retraite surMetz. Le 20, les douze compagnies des Gardes commandées par lecomte de Guébriant battirent, près deMeisenheim, huitrégiments impériaux conduits parColloredo, prirent leur canon et un grand nombre de chevaux. Quelques jours plus tard, toujours à l'arrière-garde, elles défirent neuf régiments d'infanterie soutenus par six régiments de Croates ou de dragons. Enfin, après deux glorieux combats livrés à Haudrecheim etVaudrevange, l'armée arriva sous les murs de Metz[28].

En 1635, les compagnies qui faisaient partie de l'armée de Lorraine, assiégèrent au mois de juin, le château des Bruyères, près deRambervillers. La campagne terminée, toutes les compagnies rentrèrent à Paris.

En, leduc de Parme étant venu dans cette ville, le roi voulut lui montrer ses Gardes. La revue et les exercices qui eurent lieu aubois de Boulogne, près duchâteau de Madrid, valurent au régiment d'être complimenté. Cette même année les Espagnols, envahissent laPicardie, sesaisissent de Corbie et envoient des partis jusqu'aux portes de lacapitale qui fut prise de panique. Le régiment des Gardes sortit tout entier de Paris, pour s'opposer aux progrès des Espagnols. Seize compagnies furent jetées dansGuise, que l'ennemi n'osa pas assiéger. Les autres compagnies, aidées durégiment de Piémont, lui disputèrent le passage de laSomme àCerisy. Elles terminèrent la campagne par lareprise de Corbie, qu'elles occupent le 14 novembre.

En 1637, dix compagnies sont employées ausiège de Landrecies où elles ouvrent la tranchée le 10 juillet au bastion de La Clochette. Elles contribuent ensuite à la prise duchâteau de Busigny etde Maubeuge et font lesiège de La Capelle au mois de septembre. Le marquis de Rambures, en allant reconnaître une redoute qu'on venait d'achever, fut enveloppé par sept mousquetaires espagnols et blessé de plusieurs coups d'épée et de mousquet. Comme on venait à son secours, les ennemis, ne pouvant l'emporter, l'achevèrent. Le régiment resta pendant dix-huit mois sansmestre de camp.

En 1638, dix compagnies étaient à l'armée dumaréchal de la Force et dix autres à celle dumaréchal de Châtillon, toutes les deux agissant dans lesPays-Bas. Elles firent lesiège de Saint-Omer qui fut levé,celui de Renty qui se rendit après huit jours de tranchée ouverte, etcelui du Catelet que les Gardes etPicardie emportèrent d'assaut.

En 1639, le cardinal de Richelieu donna le régiment àAntoine III de Gramont, comte de Guiche. Après avoir reconnu leur nouveau chef, les Gardes Françaises furent partagés entre les armées de Picardie et d'Italie. Une moitié, en quittant Paris, se rendit àCompiègne et se trouva à laprise d'Hesdin. Après le mauvais succès de labataille de Thionville, elle alla renforcer l'armée dumaréchal de Châtillon qui couvrait laChampagne, contribua à faire lever lesiège de Mouzon, et prit part ausiège d'Ivoy.

Le les Gardes Françaises ouvrent la tranchée durant lesiège d'Arras. Les huit compagnies qui étaient en Italie servirent le 29 avril 1640 à l'attaque des retranchements tenus par legénéral espagnol de Léganez quiassiégeait Casal. Elles y furent repoussées trois fois par un feu à bout portant; sans se laisser décourager, elles revinrent une quatrième fois à la charge, pénétrèrent jusqu'au milieu des bataillons espagnols, et s'emparèrent de la principaleredoute, ce qui détermina la chute de toutes les autres et la délivrance de ville. Les compagnies se rendirent ensuite ausiège de Turin. Pendant ce siège, les Gardes défendirent vigoureusement, le 3 juin, le passage du que lemarquis de Léganez voulait franchir pour secourirla ville. À la dernière charge espagnole que ceux-ci exécutèrent sur Nérestang épuisé par une lutte acharnée, les mousquetaires des Gardes s'approchèrent en silence, et, arrivés à vingt pas, ils firent une si furieuse décharge que, lorsque la fumée se fut dissipée, on n'aperçut plus que les talons des Espagnols en fuite. Turin capitula après quatre mois d'un siége qui présente une particularité unique dans l'histoire des guerres. La citadelle de Turin était occupée par une garnison française aux ordres deAntoine de Stainville comte deCouvonges[29], qui était assiégée par leprinceThomas de Savoie, maître de la ville. Lecomte d'Harcourt assiégeait la ville avec une armée française et était lui-même assiégé dans ses lignes par les Espagnolsde Leganez.

Les huit compagnies dont il vient d'être question continuèrent de servir enPiémont en 1641, sous le commandement ducomte d'Harcourt avec lequel elles prirent part ausiège d'Ivrée, ausecours de Chivasso, à laprise de Ceva etde Mondovi, et enfin ausiège de Coni, où le1er septembre elles emportèrent de vive force l'ouvrage à cornes et prirent possession de la place le 8 septembre. Les compagnies qui servaient enPicardie firent, en 1641, lesiège d'Aire, qui résista quarante-neuf jours. Le 29 juin, les Gardes perdirent 190 hommes en livrant l'assaut à la demi-lune. La place capitula le 26 août. Les Gardes terminèrent la campagne par lesiège de Bapaume et partirent de cette ville pour se rendre àFontainebleau ou était le Roi.

En 1642, ils suivent le Roi et sont affectés à l'armée de Roussillon dans le cadre de laguerre des faucheurs. Le, sous les ordres d'Abraham de Fabert, ilsouvrent la tranchée devant Collioure, du côté de la redoute Sainte-Thérèse. Le, ils attaquent 3 000 Espagnols, retranchés sur une colline et couverts par un ruisseau, les culbutent, les poursuivent jusqu'aux portes deCollioure, et emportent le fort d'Argillers et la redoute Sainte-Thérèse. Le, les Gardes entrèrent de vive force dans la ville avant de faire ensuite lesiège de Perpignan, dont la prise termina la campagne de ce côté. Au retour de ce siège, sept compagnies, allèrent prendre possession deSedan. Les compagnies de l'armée d'Italie se trouvèrent ausiège de Nice et à laprise de Tortone et de son château.

La maladie et la mort deLouis XIII, au commencement de 1643, retinrent à Paris, pour protéger lejeune roi et lareine régente, la partie du régiment qui servait en France. Les Gardes Françaises ne figurèrent donc point le 19 mai à labataille de Rocroi. Quatre compagnies furent envoyées plus tard à l'armée que commandait leduc d'Enghien enLorraine. Elles se trouvèrent à laprise de Thionville, et firent partie, au mois d'octobre, du secours que le prince conduisit à l'armée d'Allemagne, occupée, sous les ordres dumaréchal de Guébriant, ausiège de Rottweil. Après la prise de cette place et la mort du maréchal de Guébriant, la confusion se mit dans l'armée, composée en grande partie d'étrangers. Les compagnies des Gardes Françaises se retirèrent àDillingen avec lecomte de Rantzaw ou elles y furent surprises par la cavalerie impériale, et forcées de se rendre. Cette même année 1643, les huit compagnies de l'armée d'Italie contribuèrent à laprise de la citadelle d'Asti et ausiège de Trino. Le 15 octobre, les Gardesinvestirent la forteresse Ponte di Stura, et repoussèrent une sortie le jour de l'ouverture de la tranchée. Ce siège termina la Campagne de 1643, la dernière que les Gardes Françaises aient faite enItalie[30].

En 1644, le régiment entier, sauf quelques compagnies de service auprès du roi, était à l'armée de Flandre sous le commandement deGastonduc d'Orléans, et ouvrit latranchée devant Gravelines le 18 juin. À l'assaut général, malgré la vive résistance des assiégés, les Gardes, après un combat opiniâtre, emportèrent le haut du bastion, et s'y établirent solidement. La ville s'étant rendue le lendemain, ils furent employés à soumettre les forts situés sur larivière d'Aa, et terminèrent cette campagne en forçant les retranchements des Espagnols à Steenfort.

En 1645, le régiment est au passage de larivière de Colme, à laprise de Mardyck, dufort de Lynck qu'il emporte le 23 juillet, deBourbourg,Menin,Armentières,Béthune etSaint-Venant. Quatre compagnies, détachées en Lorraine firent lesiège de La Mothe

En 1646, les Gardes font toujours partie de l'armée de Flandre sous le commandement deGastonduc d'Orléans. Commandés par Jean-François de Biet de Boitron baron de Courcelles, le régiment ouvre la tranchéedevant Courtrai dans la nuit du 14 au 15 juin. Après un siége pénible, contrarié par la présence de 30 000 Espagnols qui inquiètent journellement l'armée française, la ville capitule sous les yeux de l'ennemi[31]. Le régiment participe ensuite à laprise de Bergues et à lareprise de Mardyck. Les Gardes passent ensuite ausiège de Furnes puis àcelui de Dunkerque, où les vingt compagnies présentes sont divisées en deux bataillons qui ont chacun leur attaque particulière, et qui rivalisent de bravoure dans les combats des 24 et 25 septembre et1er octobre.

Six compagnies étaient dansArmentières en 1647 quand l'archiduc Léopold-Guillaume vintassiéger cette ville[32]. D'autres compagnies se trouvèrent cette année à la prise dufort de la Knocque et ausiège de Dixmude. Quatre cents Gardes Françaises, chargés d'attaquer unedemi-lune deDixmude, s'élancent au signal, et renversent les palissades, gravissent le talus de l'ouvrage et en chassent l'ennemi qui est encore contraint d'abandonner les deux demi-lunes voisines. Les assiégés sont alors poussés si brusquement au-delà du fossé que quelques Gardes, passant pêle-mêle avec eux sur un petit pont fait de deux planches qui répondait à une fausse-porte, pénétrent jusque dans la ville qui capitule le lendemain, 13 juillet. Une autre partie du régiment faisait pendant ce temps-là lesiège de La Bassée, où elle emportait aussi unedemi-lune de vive force. Elle coopérait ensuite ausiège de Lens et aucombat de Pont-à-Vendin, qui fut un épisode de ce siège. Le 28 août les Gardes Françaises emportaient encore une demi-lune àLens. Ce fut là et dans leurs rangs que lemaréchalJean de Gassion trouva une mort glorieuse.

En 1648, le régiment est sous les ordres dugrand Condé avec lequel il fait lesiège d'Ypres. Onrencontre ensuite les Espagnols dans la plaine de Lens. Condé, qui avait cru n'avoir affaire qu'à une partie de l'armée ennemie, reconnaît bientôt son erreur et ordonne la retraite. Les Gardes Françaises, placés en première ligne dans l'ordre de combat, forment alors l'arrière-garde et sont fort maltraités par la cavalerie lorraine. Le lendemain 19 août, le prince est contraint d'accepter la bataille et place le régiment en réserve, prêt à rétablir avec lui le combat, si quelque point de sa ligne d'infanterie vient à faiblir. Les Gardes murmurent tout bas de l'inaction à laquelle ils semblent condamnés, mais les événements de la journée se chargent de justifier les prudentes mesures du général. Dans un moment décisif, sur un signe de Condé, le régiment s'élance à travers les intervalles des bataillonsplacés en avant, reprend la tête de l'armée, détruit un régiment espagnol et deux régiments allemands, et détermine par des prodiges de valeur le succès de la journée. Cette charge mémorable coûta cher aux Gardes Françaises. Vingt-deux officiers restèrent sur le champ de bataille, tués ou blessés. Après la victoire de Lens qui met fin à laguerre de Trente Ans par lestraités de Westphalie, (mais reste en conflit avec l'Espagne) les troubles naissants dela Fronde rappellent les Gardes Françaises à Paris.

La Fronde parlementaire

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Les Gardes Françaises contribuent le 26 août 1648 à l'arrestation des présidents duparlement de ParisBroussel etBlancmesnil, et le lendemain 27, deux cents hommes arrachent des mains de la populace, qui voulait le tuer, lechancelier Séguier et le mettent en sûreté auPalais-Royal. Pendant le blocus de Paris, le régiment est logé àPoissy pour être à portée du roi qui s'était retiré àSaint-Germain.

Guerre franco-espagnole

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En 1649, après lapaix de Rueil, il retourne enFlandre dans le cadre de laguerre franco-espagnole et fait lesiège d'Ypres que l'archiduc Léopold-Guillaume avait repris etcelui de Cambrai qui est levé. Il participe ensuite à l'attaque des retranchements de l'armée espagnole à Neufville et ausiège de Condé. Dès leur arrivée devant cette place, les Gardes emportèrent le faubourg et se logèrent sur le bord de lacontrescarpe, ce qui força la ville à se rendre le lendemain.

La Fronde des princes

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En 1650, après l'arrestation des princes deCondé, deConti et de leur beau-frère leduc de Longueville, laBourgogne se soulève; c'est le début de laFronde des princes. Les Gardes françaises marchent alors vers cette province avec leroi et lareine mère. Ils arrivent le 16 mars àDijon et investissentSeurre aux cris de : « Vive le roi ». La garnison répond àce cri et la ville ouvre ses portes. La paix étant faite en Bourgogne, le régiment passe à l'armée de Picardie sous les ordres dumaréchal duPlessis-Praslin.

Quatre compagnies sont jetées dansArras et quatorze dansSaint-Quentin. Les autres tiennent la campagne et se trouvent au mois de décembre à laprise de Rethel et à la bataille livrée le 15 décembre 1650 devantcette ville qui fut suivie par laprise de Château-Porcien, après laquelle le régiment rentra à Paris.

En 1651, quelques compagnies furent envoyées enGuyenne sous le commandement ducomte d'Harcourt. Leprince de Condéassiégeait Cognac. Le comte d'Harcourt réunit son arméeàSaint-Jean-d'Angély, court àCognac et attaque le 14 novembre l'armée des princes qui est complètement dispersée. Après ce succès, le comte d'Harcourt s'assure deTonnay-Charente et marche surLa Rochelle, où lecomte du Daugnon s'était déclaré pour Condé et s'était emparé des tours du port. Quatre compagnies des Gardes, commandées par leLouis de Madaillan, comte d'Estissac, en commencèrent l'investissement. La tour de la Chaîne et celle de la Lanterne capitulèrent immédiatement, mais il fallut attaquer régulièrement la tour Saint-Nicolas. Une mine y ayant été pratiquée, la garnison effrayée jeta du haut en bas de la tour son commandant, capitaine aurégiment d'Aunis. Cette affaire et la soumission deBordeaux terminèrent la campagne.

En 1652, une partie des Gardes sert encore enGuyenne et fait lesiège de Saintes. Les compagnies qui étaient restées à Paris reprirent Saint-Denis, et le 2 juillet se trouvèrent à labataille du faubourg Saint-Antoine. Elles étaient à l'aile droite de l'armée deTurenne avec lemarquis de Saint-Mégrin, et donnèrent tête baissée sur les barricades de larue de Charonne. Mais après la mort de Saint-Mégrin, elles faiblirent, furent repoussées et perdirent même quelques drapeaux.

D'autres compagnies étaient cette année 1652, dispersées dans lesgarnisons deFlandre. Elles prirent part à ladéfense de Dunkerque[33] etde Gravelines.

Guerre franco-espagnole

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En 1653, dix compagnies des Gardes, arrivent le 15 septembre devantMouzon, et entrant immédiatement en garde, y poussent les travaux avec une telle activité que laplace capitule le jour même. Elles se rendent ensuite devantSainte-Menehould, et ouvrent la tranchée le31 octobre devant le roi qui assistait à cedernier siège de l'année. Les Gardes emportant d'assaut la demi-lune le 31 novembre, la ville capitula.

L'année suivante, les Gardes Françaises accompagnèrent leroi àReims, oùil fut sacré. Ils partirent de là pour se rendre ausiège de Stenay, où ils ouvrirent la tranchée le 4 juillet. Après la reddition deStenay, il marcha à l'attaque des lignes espagnolesdevant Arras en occupant l'aile droite dumaréchal d'Hocquincourt.

En 1655, tout le régiment, sauf deux compagnies qui demeurèrent àLa Fère auprès du roi, se rend ausiège de Landrecies. Il est ensuite ausiège de Condé. Laplace capitula le 18, et les Gardes allèrentouvrir la tranchée devant Saint-Ghislain sous les yeux du roi qui venait d'arriver à l'armée.

En 1656, le régiment fut partagé entre les deux armées desmaréchauxde Turenne etde La Ferté. Ces deux maréchaux se réunirent le 15 juin pour faire lesiège de Valenciennes. Les Gardes furent fort maltraités dans la sortie que firent les assiégés dans la nuit du 15 au 16 juillet, pendant que leprince de Condé attaquait les lignes de l'armée française. Après la levée dusiège de Valenciennes, et quelques manœuvres dans leHainaut, les Gardes reprirent leurs quartiers habituels.

En 1657, le régiment fut partagé comme dans la campagne précédente. Les compagnies, qui étaient à l'armée de Turenne,investirent Cambrai. Leprince de Condé contraignit encore les Français à lever ce siège. Les compagnies qui faisaient partie de l'armée dumaréchal de La Fertéassiégèrent Montmédy qui capitula après quarante-six jours de tranchée ouverte. Turenne pritSaint-Venant, fit lever lesiège d'Ardres etassiégea la Mothe-aux-Bois, qui fut rasée. À la fin de cette campagne, pendant laquelle Turenne enleva encoreBourbourg etMardyck, puis les quatorze compagnies des Gardes de son armée s'établirent en quartiers d'hiver àCalais.

Ces compagnies quittèrent Calais le, sous les ordres ducomte de Guiche et joignirent l'armée auVieux-Hesdin[34]. Le 19, elles attaquèrent les régiments irlandais d'York et de Muskerry retranchés àMont Cassel et leur firent 500 prisonniers. Elles se rendirent de là ausiège de Dunkerque, où tout le régiment se trouva réuni le 25 mai. Les Gardes ouvrirent la tranchée devantcette place dans la nuit du 4 au 5 juin. Dans la sortie que les assiégés firent le 7, le comte de Guiche reçut un coup de mousquet qui lui déchira la main droite et qui l'empêcha de prendre part avec le régiment à labataille des Dunes livrée le 14. Leprince de Condé qui se trouvait dans les rangs de l'armée ennemie, voyant l'ordre de bataille des Français et la fière contenance des régiments qu'il allait avoir à combattre, dit au jeuneduc de Gloucester : « Vous n'avez jamais assisté à une bataille? — Non, répondit le duc. — Eh ! bien vous allez voir comment on en perd une ». Les compagnies des Gardes Françaises étaient à l'aile droite que Condé s'était chargé d'attaquer en personne, et elles contribuèrent beaucoup au succès de la journée en rendant inutiles les efforts inouïs que fit ce prince pour rétablir de son côté la bataille déjà perdue par les Espagnols du côté de la mer. Ce même jour, les compagnies restées à la garde des tranchées devantDunkerque soutinrent et repoussèrent une grande sortie. Le régiment prit possession de Dunkerque le 23 juin, et le même jour, une partie du corps allaouvrir la tranchée devant Bergues-Saint-Winox qui fit peu de résistance. Douze compagnies prirent part aux opérations dusiège de Gravelines. Dès le lendemain de l'ouverture de la tranchée, elles s'emparèrentde lademi-lune, ce qui amena peu de jours après la capitulation. Les armées réunies deTurenne etde La Ferté prirent ensuiteAudenaerde,Menin,Ypres et autres petites places de laFlandre.

En 1659,à la paix six compagnies demeurèrent dans Audenaerde et quatre dans Ypres. Les autres accompagnèrent le roi lorsqu'il se rendit au devant de l'InfanteMarie-Thérèse.

Période de paix

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Après le mariage deLouis XIV en 1660, Ypres et Audenaerde ayant été rendues à l'Espagne, tout le régiment se trouva réuni à Paris et y jouit enfin des douceurs de la paix, après quarante-cinq campagnes de guerre consécutives.

En 1661, dix compagnies se rendirent àNancy pour contribuer à la démolition des fortifications la cette ville.

L'année suivante, dix autres compagnies, sont envoyées dans leBoulonnais pour faire cesser les troubles qui agitaient cette province et assistent le 2 décembre à la remise qui est faite par les Anglais àLouis XIV de la ville deDunkerque.

Le, les dix compagnies qui étaient àNancy investissentMarsal. Le roi étant venu en Lorraine, vingt-neuf compagnies du régiment des Gardes françaises prennent part ausiège de cette place qui se rendit le 4 septembre.

Expédition de Djidjelli

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Le six compagnies du régiment des Gardes françaises embarquent àToulon sur la flotte duduc de Beaufort pour participer à l'expédition de Djidjelli dirigée contre larégence d'Alger.

L'armée arriva devant Djidjelli et débarqua le 22 sans résistance. Après avoir occupéla ville et repoussé un grand nombre d'attaques, le corps expéditionnaire est forcé de rembarquer en raison des maladies, de la nostalgie et de la difficulté de s'établir solidement dans ce pays.

Guerre de Dévolution

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En 1666 et 1667, le régiment fait partie des camps de plaisance que le roi assembla alors pour la première fois, et il partit en 1667 ducamp de Compiègne[35] pour l'expédition de Flandre dans le cadre de laguerre de Dévolution. Les quatre bataillons réunis aux quatre bataillons durégiment des Gardes Suisses et aux trois bataillons durégiment du Roi formaient une brigade d'élite. Le 22 juin, les Gardes Françaises, commandés par lemaréchal de Gramont, supprimèrent la cérémonie de l'ouverture de la tranchéedevant Tournai, s'emparèrent immédiatement du chemin couvert, repoussèrent une sortie des assiégés et s'établirent sur l'ouvrage qu'ils venaient d'emporter. Cette manière de procéder amena la capitulation de la place et de la citadelle dès le 23 juin. Quatre compagnies y furent laissées en garnison.Douai se rendit quelques jours après et on y plaça six compagnies. Lesiège de Lille offrit plus de difficultés. Le régiment y emporta lechemin couvert et lademi-lune. Les vingt compagnies qui avaient pris part au siège, furent mises en garnison dansLille et y passèrent l'hiver.

Première conquête de la Franche-Comté

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En 1668, le régiment faitl'expédition de Franche-Comté et participe ausiège de Dole.

Expédition de Candie

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En 1669, cinq cents Gardes font partie du secours envoyé parLouis XIV auxVénitiensassiégés dans Candie par lesTurcs. Ils embarquent au mois de juin àToulon et arrivent àCandie le 22 juin. Dès le lendemain, les Gardes Françaises attaquèrent et lestravaux des Turcs furent emportés et bouleversés; mais malheureusement le feu prit à un dépôt de poudre et de munitions dans la batterie dont venaient de s'emparer les Gardes, tua ou mutila un grand nombre d'officiers et de soldats et mit le désordre et l'épouvante dans le reste. Les Turcs profitèrent de ce terrible accident pour charger. L'expédition fut manquée et les Français furent bientôt obligés de se rembarquer. Ils étaient de retour à Toulon le 26 septembre.

Uniforme en 1670

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Pendant les dix années qui venaient de s'écouler, le régiment des Gardes Françaises avait reçu, comme toutes les autres troupes, de nombreuses améliorations dans son organisation, dans son armement et dans sa tenue. Les Gardes Françaises n'avaient pas encore eu, à proprement parler, d'uniforme. Il leur avait été distribué à différentes époques, notamment à l'occasion des mariages et enterrements des rois, des habits de livrée, appeléshoquetons. Ces habits aux couleurs royales, bleu, rouge et blanc, n'étaient revêtus que dans certaines cérémonies spéciales et ne constituaient point une tenue militaire. Depuis le règne deLouis XIII, quelques capitaines s'étaient efforcés, de mettre de l'uniformité dans l'habillement de leurs compagnies, mais chacun avait réglé le costume de ses hommes suivant sa fantaisie. Louis XIV mit enfin un terme aux inconvénients de cette bigarrure, en prenant à son compte l'habillement des troupes. L'uniforme que reçut le régiment en 1670 se composait d'un vaste habit-tunique gris blanc, galonné d'argent sur les coutures, sur les poches et les parements, d'une culotte écarlate et de bas de la même couleur. Le chapeau noir à larges bords ornés de plumes, la cravate blanche à rabat et le ceinturon porte-épée en peau jaune complétaient cette tenue. Les officiers, pour se distinguer de la troupe, portaient l'habit écarlate et la cuirasse. Louis XIV assembla cette même année 1670 àCompiègne un camp de plaisance pour juger de l'effet de ses innovations. Le régiment fit tout entier partie de ce camp et fut trouvé fort beau.

Guerre de Hollande

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En 1671, quatorze compagnies se rendent au camp deDunkerque commandé par lecomte de Duras, et passent au mois de septembre dans l’électorat de Cologne, où elles hivernent.

Au commencement de 1672, le roi qui avait, le 28 octobre de l'année précédente, exigé la démission dumaréchal de Gramont, colonel des Gardes Françaises, et celle de sonfils le comte de Guiche, pourvu de la survivance de cette charge, donna le régiment auduc de la Feuillade, qui fut installé de la manière suivante. Les compagnies qui étaient alors àParis eurent ordre de se rendre àSaint-Germain. On en fit deux bataillons qui furent placés entre les deux châteaux, se faisant face l'un l'autre. Le roi, à cheval, s'étant mis entre deux, commanda aux officiers de s'approcher. Il prit unepique et unhausse-col des mains du lieutenant-colonel de Pradel, et les ayant donnés au duc de la Feuillade, il dit que la charge de colonel de ses Gardes étant vacante par les démissions du maréchal de Gramont et du comte de Guiche, il en avait gratifié le duc de la Feuillade, et qu'il leur ordonnait de le reconnaître et de lui obéir en tout ce qu'il leur commanderait pour son service. Le roi se retira, et le nouveau colonel, après avoir fait défiler devant lui les compagnies, en prit six, à la tête desquelles il alla monter la garde au palais. Laguerre venait d'être déclarée à laHollande. Au mois de mai, le régiment se rend àCharleroi où se rassemblait l'armée, sauf deux compagnies qui demeurèrent à Paris pour le service dudauphin et de lareine. Les Gardes Françaises commencèrent cette guerre par lesiège d'Orsoy. Pendant ce temps-là, les quatorze compagnies qui avaient passé l'hiver àCologne étaient occupées, sous les ordres deTurenne, à faire lesiège de Büderich. Après la prise decette place (de), elles rejoignent le gros du régiment qui présentait un effectif de 3 000 hommes au fameuxpassage du Rhin. Le corps ouvrit la tranchée devantDoesburg qui capitula rapidement. Après ce rapide succès, vingt-et-une compagnies prirent possession d'Utrecht, et lorsque le roi retourna à Paris, les compagnies qui restèrent à l'armée passèrent sous les ordres de Turenne et eurent leurs quartiers d'hiver sur laMoselle.

En 1673, le régiment combat entre leRhin et leWeser en contribuant à la prise d'Unna, deKamen, d'Altena et de Roham. Le corps passe ensuite le Weser à la poursuite de l'électeur de Brandebourg. Au mois de juin une partie des Gardes françaises quitte l'armée de Turenne pour rallier celle du roi qui se trouvaitdevant Maastricht. Deux bataillons ouvrirent la tranchée devantcette place dans la nuit du 17 au 18 juin. Le 27, ils emportent l'ouvrage à cornes, et s'y logèrent. Le 2 juillet, Maëstricht arbora le drapeau blanc et, suivant l'usage, les Gardes Françaises y entrèrent les premiers, et prirent possession de la porte de Tongres. Les Gardes accompagnèrentLouis XIV dans son voyage enLorraine et enAlsace. Ils restèrent trois semaines àNancy, occupés à rétablir les fortifications de cette ville. Ils s'emparent ensuite deColmar et en rasent les ouvrages[36]. Après le départ du roi, qui rentre à Paris avec un bataillon, les deux autres passent en Allemagne à l'armée de Turenne. À la fin de la campagne, au mois de décembre, ces deux bataillons prennent leurs quartiers d'hiver enBourgogne.

Le, ils quittentDijon sous les ordres duduc de Navailles, entrent enFranche-Comté, participent auxsièges de Pesmes et deGray, et le 6 mai,ouvrent la tranchée devant Besançon, au pied de lacolline de Chaudanne. Laville capitule le 14 mais il restait lacitadelle. Les Gardes Françaises attaquent en plein jour lefront Saint-Étienne, qui couvrait la citadelle du côté de la ville, et l'emportent l'épée à la main. La formidable citadelle de Besançon dut capituler, et le régiment passa ausiège de Dole. Après laconquête de la Franche-Comté, vers la fin de juin, leprince de Condé qui était chargé de tenir tête, en Flandre, auprince d'Orange, demande les Gardes pour renforcer son armée. Le régiment y court et se trouve le 11 juillet à la sanglantebataille de Seneffe. Il y attaque le village de Fay par la droite. Dans ce combat acharné qui se continua la nuit à la clarté de la lune, les Gardes firent des prodiges de valeur, et dirigés par Condé lui-même, ils emportèrent enfin ce village, nœud de la position, y prirent trois canons et couchèrent sur le théâtre même du carnage. Les ennemis perdirent àSeneffe cent-sept drapeaux ou étendards dont une grande partie demeura entre les mains des Gardes Françaises, comme une preuve de leur courage. Le régiment avait d'ailleurs chèrement payé le terrain qu'il avait conquis. Il eut 41 officiers et 507 bas officiers et soldats mis hors de combat. Après labataille de Seneffe, l'armée contraignit leprince d'Orange à lever lesiège d'Audenarde. Les opérations étant terminées de ce côté, trois bataillons des Gardes passèrent enLorraine et servirent pendant l'hiver avecTurenne.

En, ils marchent surColmar et montrent, le 5 du même mois, la plus brillante valeur à labataille de Turckheim. Ils prennent l'ennemi en flanc, lui font ainsi perdre les avantages de sa position et le contraignant à abandonner le champ de bataille. Après cette campagne d'hiver, ces trois bataillons rejoignent les trois autres qui étaient avec le roi dans les Pays-Bas. Le régiment fait alors partie du corps d'observation, campé àGembloux, qui couvre les opérations dessièges de Dinant,Huy etLimbourg. Les Gardes sont ensuite employés à démolir les fortifications deSaint-Trond. Au mois de juillet, le roi rentrant en France, deux bataillons l'accompagnèrent jusqu'àCharleroi, puis se rendirent de là à l'armée de la Moselle sous lemaréchal de Créqui, et se trouvèrent à labataille de Consarbrück. Dans cette funeste journée, ils occupaient la droite de l'armée et firent d'abord plier les corps qui leur étaient opposés. Ils s'emparèrent même de leurs canons, les tournèrent contre eux et les enfoncèrent complètement. Les chances n'étaient pas aussi heureuses à l'aile gauche. Un bataillon des Gardes y courut, chargea l'ennemi sans considérer le nombre et culbuta le régiment impérial de Harrant. Mais sa valeur fut inutile, la bataille était perdue. Ce bataillon parvint d'abord à rejoindre le second qui était resté à la droite; mais bientôt enveloppés tous deux, ils se jetèrent dans un marais, s'y défendirent longtemps avec acharnement et furent enfin obligés de céder à la multitude toujours croissante de leurs agresseurs. Ce qui put s'échapper se jeta dansTrèves.

En 1676, les Gardesarrivent devant Condé. Chargés d'une attaque sur les dehors de la place, dans la nuit du 24 au 25 avril, ils s'élancent au signal donné, renversent les palissades, s'emparent duchemin couvert et desbastions détachés, et poussant les assiégés jusque dans la ville sans leur donner le temps de se reconnaître, ils en prennent possession. Le régiment assiste ensuite ausiège de Bouchain, puis ouvre la tranchéedevant Aire, le 21 juillet qui ouvre ses portes le1er août[37] puis il enlève lefort de Lencke en plein jour. Après ces brillantes opérations, et après avoir contribué à forcer le prince d'Orange à lever lesiège de Maastricht, cinq bataillons des Gardes se rendent à l'armée dumaréchal de Créqui, et leur arrivée fait lever lesiège de Deux-Ponts.

En 1677, on retrouve le régiment sur la frontière de Flandre. Il débute par lesiège de Valenciennes où il ouvre la tranchée dans la nuit du 9 au 10 mars. LesMousquetaires etPicardie lui ravissent l'honneur de prendre Valenciennes, en profitant de leur jour de garde. Il passe ensuite ausiège de Cambrai, y ouvre la tranchée le 28 mars, et avance si bien la besogne que la ville se rend le1er avril. Il en prend possession aussitôt et ouvre le 5 avril la tranchée sur l'esplanade de la citadelle. La brèche est faite le 11 avril et la citadelle de Cambrai capitule le 17. Pendant ce siège, deux bataillons des Gardes sont détachés du côté deDunkerque, et deux autres partent le 7 avril pour aller renforcer l'armée duduc d'Orléans occupée ausiège de Saint-Omer, et qui était menacée dans ses lignes par leprince d'Orange. Ces deux bataillons se trouvèrent le 11 à labataille de Cassel et taillèrent en pièces le régiment hollandais de la Marine, qui leur était opposé. Après la victoire de Cassel, ces deux bataillons servirent ausiège de Saint-Omer, etoccupèrent la place le 21 avril. Pendant le reste de la campagne, les Gardes, aux ordres dumaréchal de Luxembourg, firent lever lesiège de Charleroi, et après plusieurs expéditions insignifiantes prennent leurs quartiers dans les places de la frontière. Au mois de novembre, quatre bataillons furent appelés ausiège de Saint-Ghislain et emportent l'ouvrage désigné sous le nom de « Pâté », un fort entouré d'eau qui n'avait d'autre avenue qu'une chaussée longue et étroite que balayaient les batteries de la place, et la ville capitule.

Dans la nuit du 5 au, le régiment ouvre latranchée devant Gand. La nuit du 8 au 9 mars, les Gardes françaises s'emparent des deuxdemi-lunes etGand capitule le lendemain et la citadelle en fait autant le 12. Le 15 les Gardes étaientdevant Ypres, dont ils enlèvent lechemin couvert le 24.La prise d'Ypres fut suivie d'une suspension d'armes, violée, par le prince d'Orange qui attaqua l'armée française dans ledéfilé de Saint-Denis près Mons. Aussitôt que lemaréchal de Luxembourg eut acquis la certitude que le prince l'attaquait, il fait occuper le passage de l'abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie par quatre bataillons des Gardes françaises et plaça les deux autres bataillons au défilé de Castiau. Les quatre premiers s'emparèrent du sommet de la colline vis-à-vis de l'abbaye et se ruant sur l'ennemi qui s'était jeté dans les bois, l'en débusquèrent et lui prirent ses canons, après avoir supporté pendant sept heures un feu terrible. Pendant ce temps, les troupes qui gardaient le fond du défilé étaient également fort maltraitées. Lapaix de Nimégue ramena les Gardes françaises à Paris. Deux bataillons seulement joignirent le maréchal de Créqui chargé de faire déposer les armes à l'électeur de Brandebourg qui voulait continuer les hostilités. Ils hivernèrent à Nuyts, dans lecomté de la Marck.

Le 26 juin 1679 ces deux bataillons se trouvent aucombat de Minden et à la prise deBergen-op-Zoom qui met fin à la guerre.

Période de paix

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Pendant les quelques années de paix qui suivirent, quelques modifications furent apportées à la tenue et à l'armement des Gardes. Lesfusils àbaïonnette remplacèrent lesmousquets. Dans une revue passée le, dans laplaine de Nanterre, et à laquelle figuraient les cinq bataillons du régiment[38], le5e bataillon parut avec un nouveau costume mis en essai, et qui consistait en une veste de buffle avec des manches galonnées d'or et d'argent.

Guerre des Réunions

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En 1683, le régiment fait, la courtecampagne de Flandre, sous les ordres dumaréchal d'Humières. Il s'empare de laville de Courtrai, le 4 novembre, de sa citadelle, le 6, et deDixmude le 10 novembre.

L'année suivante, les Gardes françaises assistèrent l'arme au bras aux opérations dusiège de Luxembourg.

Période de paix

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En 1685 l'habit bleu de roi fut donné aux Gardes françaises. Ils le portèrent pour la première fois dans une revue passée le 24 mars àMeudon. Cette date a une valeur historique, car c'est cet habit bleu des Gardes françaises, donné plus tard aux troupes d'élite, qui est devenu, en 1789, le type de l'uniforme français. Le costume donné aux Gardes françaises en 1685 était ainsi composé : habit bleu de roi, doublure, parements, veste, culotte et bas écarlate, galonnage d'argent sur tous les bords et sur les boutonnières. La complication de ce galonnage distinguait les grades. Chapeau bordé d'un large galon d'argent. Gants et buffleleries jaunes. En 1763, ce costume fut modifié comme il suit : la doublure de l'habit et la culotte furent bleu de roi. Le collet de l'habit fut écarlate. Le bonnet à poil et à plaque fut donné aux grenadiers. Les longues guêtres, blanches en été, noires en hiver, remplaçaient depuis 20 ans les bas rouges. Enfin, sousLouis XVI, des épaulettes rouges, des buffleteries blanches, et la couleur blanche substituée au bleu de roi pour la doublure de l'habit et la culotte vinrent encore modifier cette tenue.

Tous les régiments d'infanterie avaient depuis longtemps des compagnies de grenadiers. Le régiment des Gardes françaises,troupe d'élite, n'en avait point. On y forma, le, deux compagnies de grenadiers ce qui porta le nombre des compagnies à trente-deux soit 9 600 hommes.

Guerre de la Ligue d'Augsbourg

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Cette même année 1689, laguerre étant rallumée par suite de laLigue d'Augsbourg, le régiment se rend en Flandre et se trouve à labataille de Walcourt. Malgré un feu terrible, il passa sous les yeux de l'ennemi deux ruisseaux débordés, ayant de l'eau jusqu'à la ceinture, et fit des prodiges de valeur. Le 3 octobre les Gardes quittèrent la Flandre pour se rendre en Allemagne, à l’armée dumaréchal de Lorges.

En 1690, quatre bataillons faisaient partie de l'armée de Flandre et se trouvaient à labataille de Fleurus. Placés à l'extrême droite sur la hauteur de Wagnelle, ils battirent tout ce qui leur fut opposé. L'ennemiayant porté la majeure partie de ses forces contre l'aile gauche française, le3e bataillon y courut avec le1er bataillon des Gardes Suisses. À peine arrivées à leur nouveau poste de combat, ces troupes s'emparèrent de six pièces de canon, les tournèrent contre les alliés, et les chargeant ensuite avec vigueur, permirent à la cavalerie d'achever leur défaite. Le 24 octobre, les Gardes françaises quittèrent lecamp de Lessines pour retourner àParis.

  • Drapeaux du régiment des Gardes françaises
  • Drapeau d’Ordonnance de 1691 à 1789. Le drapeau est de fond bleu orné de 41 fleurs de lys or par quartier.
    Drapeau d’Ordonnance de 1691 à 1789.
    Le drapeau est de fond bleu orné de 41 fleurs de lys or par quartier.
  • Drapeau Colonel de 1691 à 1789.
    Drapeau Colonel de 1691 à 1789.

La campagne de 1691 commença par lesiège de Mons. Les six bataillons y étaient. Deux bataillons ouvrirent la tranchée le 24 mars au soir, en présence du roi, près de la porte de Bertaimont. Le1er avril, sous la direction de Vauban, les compagnies de grenadiers donnèrent l'assaut à l'ouvrage à cornes. Elle l'emportèrent en un clin d'œil; mais, vus à découvert par les ouvrages de la place, les grenadiers furent tous en peu de temps mis hors de combat, et cette opération échoua pour avoir été conduite avec trop d'ardeur. Louis XIV conçut de l'humeur de l'échec subi par les Gardes françaises, et dit tout haut qu'il y enverrait des troupes qui ne reculeraient pas. Il y envoya, en effet, le lendemain lerégiment du Roi, qui enleva l'ouvrage à cornes, mais qui y fut écrasé. Louis XIV, revenu de sa boutade, répara le tort qu'il avait fait aux Gardes françaises en accordant le grade de colonel à tous leurs capitaines. Après la prise de Mons qui ouvrit ses portes le 9 avril, quatre bataillons allèrent joindre l'armée du maréchal de Luxembourg assemblée entreMeninetCourtrai. Leduc de La Feuillade mourut en 1691, et le roi nomma lemarquis de Boufflers colonel des Gardes françaises. Il fut reçu à Versailles le 4 février 1692 et obtint, en même temps, du roi, une faveur pour les officiers du régiment : ce fut une ordonnance en vertu de laquelle les lieutenants des Gardes françaises commandaient tous les capitaines d'infanterie, et les enseignes tous les lieutenants.

En 1692, le régiment fit lesiège des ville et châteaux de Namur. Les six bataillons ouvrirent la tranchée en plein jour et à découvert. Au siège des châteaux, ils attaquèrent les dehors de l'ouvrage à cornes. Les grenadiers, après avoir emporté les deuxchemins couverts, et avoir essuyé pendant deux heures, en rase campagne, tous les feux des remparts pour soutenir les travailleurs, voulurent encore essayer de se rendre maîtres de la brèche qui était faite à un demi-bastion de l'ouvrage à cornes opposé à laSambre. Ils grimpèrent fort près de la crête et firent de là le coup de fusil avec les assiégés qui bordaient la brèche et qui jetaient sur eux une pluie de grenades ; mais n'ayant pas pu pousser plus loin, parce que la brèche n'était pas praticable, ils furent obligés de se retirer dans le logement du chemin couvert. Le roi, en retournant à Versailles au mois de juillet, emmena avec lui dix compagnies. Le reste du corps joignit l'armée du maréchal de Luxembourg et prit part à labataille de Steenkerque. L'ennemi sortant des bois jette du désordre dans quelques brigades, mais celle des Gardes restait entière. Dans son rapport au roi, le maréchal de Luxembourg écrit :« L'ordre ne fut pas plutôt donné, à la brigade des Gardes de s'avancer, qu'elle marche avec une fierté qui n'était interrompue que par la gaieté des officiers et des soldats. Ils voulurent ne se servir que de leurs épées et marchèrent ainsi à l'ennemi, entrèrent dans les bataillons des Gardes Danoises et Hanovriennes, et tuèrent un grand nombre d'ennemis à coups de piques et d'épées. Ces régiments furent entièrement rompus. » Dans cette affaire, les Gardes reprirent le canon enlevé et s'emparèrent de quatre pièces. Dans cette bataille le régiment perdit 6 officiers tués, 8 blessés et 198 sergents et soldats tués ou blessés.

En 1693, le régiment suivit d'abord le roi au camp deGembloux en Flandre ; mais Louis XIV étant presque aussitôt retourné àVersailles, deux bataillons l'y accompagnèrent. Les quatre autres restèrent avec le duc de Luxembourg. Le 29 juin eût lieu labataille de Neerwinden. La bataille commença à neuf heures du matin, rien n'était encore décidé à midi. Les Gardes reçoivent l'ordre de donner et s'avancent sur les retranchements des alliés qui concentrent tous leurs efforts sur le régiment. Celui-ci, pendant une heure et demie, soutient un feu terrible et après avoir épuisé toutes ses munitions, il charge la baïonnette au bout du fusil et ouvre une brèche à laMaison militaire du roi, qui s'y précipite et achève la défaite du prince d'Orange. Soixante-seize canons, huit mortiers ou obusiers, neuf pontons, soixante étendards, vingt-deux drapeaux et douze paires de timbales restèrent entre les mains des Français. La campagne de 1693 se termine par lesiège de Charleroi, où les Gardes ne montèrent qu'une fois la tranchée.

La campagne de 1694 qui n'offrit aucune occasion remarquable se fit en Flandre, sous les ordres duDauphin. Six compagnies sont envoyées àRouen pendant les tentatives que fit la flotte anglaise pour s'emparerdu Havre et deDieppe.

En 1695, quatre bataillons servent encore en Flandre sous lemaréchal de Villeroy. Le 12 août ils ouvrent latranchée devant Bruxelles et prennent part aubombardement de la cité.

Les Gardes firent, à la même armée, la campagne de 1696 qui fut encore moins fertile en événements que la précédente, et celle de 1697 marquée par lesiège d'Ath, dont les troupes de Villeroy couvrirent les opérations. Letraités de Ryswick metfin à la guerre et le régiment des Gardes françaises retourna à Paris.

  • Habillement du régiment des Gardes Françaises en 1697. Habit bleu, parements rouges garnis d'éléments blancs.
    Habillement du régiment des Gardes Françaises en 1697. Habit bleu, parements rouges garnis d'éléments blancs.

Période de paix

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En partie ducamp de Coudun près deCompiègne.

Guerre de Succession d'Espagne

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Pendant les douze premières années de laguerre de Succession d'Espagne, le régiment des Gardes françaises fait constamment partie de l'armée de Flandre. En bataillons occupentBruxelles pourPhilippe V puis entrèrent dans les lignes établies entreAnvers etHuy, et prirent leurs quartiers d'hiver àLouvain.

En 1702, le régiment était de la fameuse chasse donnée à l'armée hollandaise que l'on poursuivit l'épée dans les reins jusque sous les murs de Nimègue.

Au commencement de 1703, Louis XIV envoya à sonpetit-fils,Philippe V, un détachement des Gardes françaises pour servir de modèle et fournir des instructeurs aux Gardes espagnoles. Les quatre bataillons qui étaient à l'armée de Flandre et ne firent qu'une seule opération, laprise de Tongres.

En 1704, après le désastre de l'armée d'Allemagne àHöchstädt, le régiment est envoyé sur leRhin et s'avança jusqu'àBiberach pour protéger la rentrée des troupes battues. Au mois d’octobre de la même année, lemaréchal de Boufflers ayant obtenu une compagnie des Gardes du corps, la charge de colonel des Gardes françaises est donnée àAntoine de Gramont duc de Guiche.

En 1705, les bataillons de guerre prirent part ausiège de Huy et à l'attaque des forts Rouge et Picard. Quand les lignes françaises furent forcées le 28 juillet, parMarlborough, la brigade des Gardes soutint la retraite, et par sa fermeté donna aux autres corps le temps de passer le défilé et de traverser laDyle. La bonne contenance des Gardes dans ces tristes circonstances contribua beaucoup à sauverLouvain,Lierre,Malines etAnvers. Le 17 août, Marlborough attaque le centre de l'armée française près d'Overische. Leduc de Guiche avait fait border le ruisseau d'Ische par les deux compagnies de grenadiers. Vainement 600 grenadiers écossais, soutenus par quatorze bataillons des meilleures troupes anglaises, cherchent à les forcer; ils résistent à toutes leurs attaques et les contraignent à renoncer à leur projet.

Le, les Gardes Françaises participe à labataille de Ramillies dont leur brigade occupait cevillage. Attaquée par douze bataillons, elle se défend avec vigueur pendant deux heures et s'y maintient, jusqu'au moment où toute l'aile droite de l'armée française contrainte de plier et de découvre alors le flanc des Gardes. Ceux-ci font alors retraite en bon ordre en vue de toute la cavalerie alliée qui s'était formée sur trois lignes pour les charger. Après cette funeste bataille, les Gardes se retirèrent àLille et en sortirent au mois d'août pour joindre l'armée que leduc de Vendôme assemblait àFrelinghien.

Lors des campagnes de 1707 et 1708, ne présentent pas de faits mémorables, si ce n'est que le régiment participa à labataille d'Audenarde car pendant lesiège de Lille, le régiment resta avec leduc de Bourgogne au camp du Saulsoy.

Le, quatre bataillons partirent de Paris pour se rendre à l'armée. L'été se passa en escarmouches, mais le 11 septembre eut lieu la sanglantebataille de Malplaquet. L'action commença à huit heures du matin et dura jusqu'à trois heures après midi. L'avantage fut pour les Français jusqu'au dernier moment. L'élite de l'armée alliée avait péri, lorsque lord Cadogan trouva moyen de faire une trouée dans le centre de la ligne, qu'on avait malheureusement dégarni pour renforcer l'aile gauche. Le flanc des Gardes qui étaient à l'aile droite se trouva ainsi à découvert. L'ennemi profila habilement de cette faute, prit la brigade des Gardes à revers, la mit en désordre et la contraignit à quitter le terrain qu'elle occupait. Le champ de bataille fut perdu, mais l'armée coalisée l'avait acheté trop cher pour pouvoir célébrer son succès. Il lui fut même impossible d'inquiéter l'armée française dans sa retraite. Pendant ce temps, les compagnies des Gardes qui étaient restées à Paris furent, les 29 et 30 octobre, les instruments de la rage duPère Le Tellier, nouveauconfesseur du roi et successeur dupère de La Chaise, et desJésuites contre l'abbaye de Port-Royal des Champs, dont les quinze religieuses sont emmenées vers différents couvents d’exil[39]. Une dernière sœur, malade, est expulsée le lendemain en litière[40] et le couvent rasé.

Il ne se passa rien en Flandre durant les campagnes de 1710 et 1711.

En 1712 eut lieu labataille de Denain, qui changea totalement la face des affaires. Les Gardes ne s'y trouvèrent pas, mais ils ouvrent ensuite la tranchéedevant Douai dans la nuit du 14 au 15 août, et se signalent le 29 au passage de l'avant-chemin couvert. Douai capitula le 8 septembre puisLe Quesnoy en fit autant en octobre, après une belle défense. Les alliés avaient perdu quarante-cinq bataillons dans cette seule campagne, dont l'heureuse issue hâta la conclusion dutraité d'Utrecht.

En 1713, l'empereurCharles VI ne pouvant se résoudre à la perte de l’Espagne, et continuant seul la guerre, le régiment se rend enAlsace. Pendant le siège de Landau, il fait partie de l'armée d'observation. Après que les lignes de Fribourg eurent été forcées, Villarsinvestit cette place, et les Gardes y ouvrent la tranchée vis-à-vis de la porte Saint-Christophe dans la nuit du 30 septembre au1er octobre. Dès le premier jour, les assiégés tentèrent une sortie qui fut vivement repoussée. À l'attaque duchemin couvert et de lalunette, les compagnies de grenadiers se couvrirent de gloire.Fribourg capitula le lendemain. Ce fut la dernière action de guerre du régiment sous le règne de Louis XIV.

Période de paix

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Le régiment prit possession de Fribourg le1er novembre, et, quelques jours après, il revint àParis, d'où il ne bougea plus jusqu'en 1734.

Le, le colonelAntoine de Gramont céda le commandement du régiment à son fils Louis Antoine Armand de Gramont duc de Louvigny[7] qui l'exerça en survivance jusqu'en 1725, époque de la mort de son père.

En 1719, au moment où laguerre est déclarée à l'Espagne après laconspiration de Cellamare, le régiment est augmenté d'une troisième compagnie de grenadiers. Le régiment compte alors 33 compagnies, dont 3 compagnies degrenadiers.

Guerre de Succession de Pologne

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Suivant l'ordonnance du roi du, le régiment des Gardes Françaises est composé[41] :

  • d'un colonel, d'un lieutenant-colonel, d'un major, de six aides-major, de six sous aides-major, de 33 capitaines, de 36 lieutenants, de 36 sous-lieutenants, de 66 enseignes, de 33 gentilshommes à Drapeau faisant 218 officiers ;
  • de six bataillons de cinq compagnies ordinaires à 140 hommes par compagnie et de 1/2 compagnie de grenadiers à 110 hommes par compagnie, soit 755 hommes par bataillon, soit au total, 4 530 hommes dans le régiment y compris 198 sergents à 6 par compagnie et 132 tambours à 4 par compagnie avec 30 drapeaux ;
  • du commissaire général à la conduite, de deux commissaires-aides, de deux maréchaux des logis, d'un aumônier, d'un sergent d'ordre, d'un auditeur, d'un médecin, d'un aide, de deux chirurgiens, d'un apothicaire, d'un tambour-major, d'un aide, de six contrôleurs. Et d'un prévôt général des Bandes françaises, d'un lieutenant de prévôt, d'un greffier, de douze archers et d'un exécuteur de justice.

Lorsque laguerre de Succession de Pologne éclata en 1733 par suite de la mort duroi de PologneAuguste II, le régiment se tint prêt à marcher, et se rendit sur leRhin à l'ouverture de la campagne de 1734.

Le, la brigade des Gardes, aveccelles de La Marine etde Gondrin, avait, sous les ordres du prince de Tingry attaqué leslignes d'Ettlingen, en enlevant un fort qui protégeait ces lignes[42]. Dans la nuit du1er au2 juin1734, il ouvrit latranchée devant Philisbourg, du côté de l'ouvrage à cornes qui défend le pont du Rhin. Les compagnies de grenadiers firent des merveilles le1er juillet à la prise de la coupure de cet ouvrage.Philisbourg se rendit le 17 juillet, et les Gardes en prirent possession le 18.

En 1735 le régiment sert sur le Rhin, et, après une campagne insignifiante qu'il passe àHaguenau, il reprend le 5 octobre la route deParis. Il est toutefois rappelé et envoyé pendant quelque temps àBergen pour hâter par sa présence la solution de quelques difficultés. Il ne se passa rien d'important pour le corps jusqu'à laguerre de Succession d'Autriche et l'effectif du régiment est ramené à 4 100 hommes.

Guerre de Succession d'Autriche

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En 1741 le régiment est donné àLouis Antoine duc de Gramont, frère du colonel sortant, et cinquièmemembre de la famille Gramont qui ait été honoré de l'exercice de cette charge.

En 1742, les Gardes Françaises font partie de l'armée défensive chargée de couvrir laFlandre et ils passèrent l'hiver dans les places de cette province.

En 1743, après les désastres et la retraite de l'armée de Bohême, les Gardes françaises se rendent sur leRhin, à l'armée dumaréchal de Noailles, et restèrent d'abord cantonnés entreSpire etLandau. Le 26 juin, à la suite de mouvements savamment combinés, l'armée française avait bloqué celle duroi d'Angleterre entreDettingen etAschaffenbourg, de telle façon qu'il était presque impossible à cette dernière de s'échapper. Au milieu de la nuit, les Anglais cherchent à s'évader par un chemin étroit, resserré entre leMain et une montagne. Le maréchal de Noailles, prévenu de ce mouvement, place, pour leur barrer le chemin, la brigade des Gardes françaises dans le village de Dettingen, avec ordre de n'en point sortir. Il avait expressément recommandé à son neveu le duc de Gramont d'attendre dans cette position que l'ennemi vînt lui-même se livrer. Un moment d'impatience et d'indiscipline trop ordinaire à cette époque, dérangea tous les plans du maréchal, changea en défaite un triomphe assuré, et inscrivit unedéroute sur le drapeau des Gardes. Leduc de Gramont, malgré les avis de tous ceux qui l'entouraient, quitta son poste et s'avança avec son régiment etcelui de Noailles pour attaquer l'armée anglo-hanovrienne dans une petite plaine appelée le « Champ des Coqs ». Il fut suivi à regret par quatre autres brigades. De cette façon, ces troupes eurent seules à supporter tout l'effort de 50 000 hommes, dont l'énergie était doublée par l'imminence du péril qui les menaçait, et les batteries françaises établies sur l'autre rive du Main et qui tout à l'heure balayaient l'infanterie anglaise furent réduites à se taire. Le régiment des Gardes qui vint le premier se choquer contre la masse des ennemis fut en un instant mis dans une déroute complète, et trouvant le défilé par lequel il avait débouché obstrué par les brigades qui le suivaient, il ne vit pas d'autre moyen de salut que de se jeter dans le Main pour rejoindre sur l'autre rive le gros de l'armée[43]. Dans cettedéplorable bataille, 200 soldats furent tués et 220 furent blessés. Après ce malheureux combat, le régiment se retira àDrusenheim, qu'il quitta au mois d'octobre pour se rendre àMetz etVerdun.

En 1744,Louis XV se mit pour la première fois à la tête de son armée. Les Gardes Françaises l'accompagnèrent enFlandre ets'emparèrent de Courtrai le 18 mai[44]. Le lendemain ilsinvestissent Menin et y ouvrent la tranchée le 28. Menin capitule le 4 juin et dès le 6 les Gardes arrivent devantYpres, dont lesiège dure jusqu'au 26. Le roi se rend alors àLille qu'il quitte le 2 juillet pour visiterBéthune,Saint-Omer,Calais,Boulogne etDunkerque. Les régiments des Gardes Françaises etSuisses l'avaient précédé dans cette dernière ville. Ce fut là qu'on apprit que l'archiduc Charles avait passé leRhin. Le roi partit deDunkerque le 19 juillet pour aller au secours de l'Alsace, suivi des Gardes qui contribuèrent puissamment au succès desbatailles d'Augenheim etde Reichewaux. L'archiduc s'empressa de repasser le Rhin, et l'armée française vintassiéger Fribourg, dont la prise termina la campagne.

Dans la nuit du 30 avril au, les Gardes Françaises ouvrirent latranchée devant Tournai, sur les deuxouvrages à cornes les plus voisins de la rive gauche du basEscaut. Le 4 mai ils repoussèrent une sortie des assiégés, et le 9 ils se rendirent dans laplaine de Fontenoy. Ils formaient avec lesCarabiniers un corps de réserve. C'était une nouvelle méthode introduite par lemaréchal de Saxe de poster ainsi les troupes qui en imposaient le plus à l'ennemi. Dans lacélèbre journée du 11 mai, les5e et6e bataillons des Gardes Françaises, et un bataillon desGardes Suisses, restèrent à la garde dupont de Calonne qui servait de communication avecTournai, et qui devait, en cas de malheur, servir à la retraite du roi et de l'armée. Les quatre autres bataillons du régiment, deux des Gardes Suisses et lerégiment suisse de Courten, formaient vers le centre une seule ligne qui fermait l'ouverture comprise entre levillage de Fontenoy et le bois du Barry. Ce fut là que se passa toute la bataille. La canonnade commença à cinq heures du matin. Un épais brouillard, qui enveloppait les deux armées, se dissipa vers six heures. Lemaréchal de Saxe et lemaréchal de Noailles, qui servait sous lui, faisaient la visite des postes ; en arrivant aux Gardes Françaises, le maréchal de Noailles appelantLouisduc de Gramont, lui dit :« Mon neveu, il faut s'embrasser aujourd'hui, peut-être ne nous revenons-nous plus. » Un instant après, le duc de Gramont s'avançait avec lecomte de Lowendhal vers la première redoute du bois du Barry, vis-à-vis une batterie anglaise. Un boulet frappe le cheval du duc et le traverse.« Prenez-garde à vous, crie le comte de Lowendhal, votre cheval est tué. Et moi aussi, répond froidement Gramont ». Il avait le haut de la cuisse fracassé du même coup. On l'emporte, et quelques minutes après il était mort. Le lieutenant-colonel, comte de Chabannes, prît le commandement du régiment. À dix heures, leduc de Cumberland, qui commandait l'armée anglo-hollandaise, voyant l'inutilité des attaques sur Fontenoy et sur les redoutes du bois du Barry, prit la téméraire résolution de percer l'armée française entre ces deux points, précisément au poste occupé par la brigade des Gardes, et forma pour ce dessein une colonne pleine de 16 000 hommes d'infanterie. Le terrain s'élevait depuis la place occupée par les Gardes jusqu'à l'endroit où les Anglais se formaient en colonne, et des rangs français on n'apercevait sur le point culminant que les six pièces de canon qui précédaient la marche de l'armée ennemie. Un cri part tout à coup au milieu des Gardes Françaises : « Citation|Il faut aller prendre le canon des Anglais. » Les grenadiers se détachent, y montent rapidement, mais au moment où ils vont atteindre les pièces, ils découvrent derrière elles une masse épaisse d'infanterie qui les reçoit par une décharge terrible. Soixante sont couchés par terre, et le reste est obligé de reculer. Cependant les Anglais et les Français marchaient lentement et silencieusement à la rencontre les uns des autres. On fut bientôt à cinquante pas. Les premiers régiments anglais dont on distinguait alors très-bien les uniformes, étaient celui desGardes Anglaises, puis lesGardes Écossaise[45] et lerégiment de Campbell. Les officiers anglais saluèrent les premiers les Français en ôtant leurs chapeaux. Le comte de Chabannes[46],[47],[48] et leduc de Biron que le roi venait de désigner sur le champ de bataille pour remplacer le duc de Gramont, s'avancèrent et leur rendirent le salut.Lord Charles Hay (en),capitaine auxGardes Anglaises fit alors quelques pas en avant et cria :« Messieurs des Gardes Françaises », tirez. Lelieutenant de grenadiers d'Anteroche, ne sachant ce qu'il voulait, fut à lui : l'anglais lui répéta :« Monsieur, veuillez faire tirer vos gens. Non, Monsieur, répondit d'Anteroche, nous ne tirons jamais les premiers. » Sublime sottise! qui peint bien ce siècle d'insouciance et de frivolité. Les Anglais ouvrirent à l'instant un feu roulant épouvantable. Dix-neuf officiers des Gardes Françaises tombèrent morts ou mortellement blessés; quatre vingt quinze soldats étaient couchés sans vie, et deux cent quatre-vingt cinq étaient blessés. Lerégiment suisse de Courten qui joignait les Gardes Françaises fut écrasé, et toute la ligne fut obligée de reculer en désordre sans avoir tiré un seul coup de fusil. Les débris des bataillons des Gardes Françaises se retirèrent à travers les escadrons des Carabiniers. Une partie alla se joindre aux deux bataillons qui gardaient lepont de Calonne, d'autres se précipitèrent dans un petit chemin creux, qui va duBarry àNotre-Dame-aux-Bois, et se rallièrent enfin autour duroi. Les grenadiers et les plus braves soldats se serrèrent autour du comte de Chabannes[46], vers la redoute d'Eu, et formèrent un bataillon qui retourna bientôt au combat sous les ordres de M. de la Sône. La face des affaires allait en effet changer. Quatre pièces de canon venaient d'être pointées sur l'angle droit de la colonne anglaise, et leurs boulets ouvraient de larges trouées dans cette masse compacte. On vit bientôt la tête de la colonne s'arrêter et la queue se tordre dans la plaine. Lestroupes françaises, ranimées tout à coup par un de ces éclairs d'enthousiasme si habituels à la nation, fondirent impétueusement sur l'ennemi, pénétrèrent dans tous les vides, et brisèrent la colonne en mille tronçons que la cavalerie balaya. Les soldats des Gardes Françaises réparèrent leur échec du matin en entrant les premiers, avecNormandie etles Suisses, dans les rangs des Anglais et en passant au fil de l'épée tous ceux qui voulurent leur résister. La bataille de Fontenoy est la dernière grande action dans laquelle les Gardes aient pris une part active. Le nouveau rôle auquel les troupes d'élite furent appelées ne leur permit plus que rarement d'aborder l'ennemi.

Après cette mémorable victoire, l'armée retourna devantTournai qui ne tarda pas à capituler ainsi que sacitadelle. Le 25 juillet, Louis XV se rendit àGand, et comme il devait aussi visiterBruges, les Gardes allèrent prendre position entre cette dernière ville etOstende pour prévenir toute tentative des troupes légères des alliés. Le 4 août, le régiment rejoignit l'armée àAlost.

En 1746, pendant lesiège de Mons, le régiment campe àWavre et entre le 25 juillet dansLouvain. Quelques jours plus tard, il est au camp des Cinq-Étoiles, et assiste l'arme au bras à labataille de Rocoux. Après une campagne, où il n'eut pas un coup de fusil à tirer, il prend le 16 octobre la route deParis.

Il se remit en campagne au mois d'avril 1747 et séjourna d'abord aux environs deBruxelles. Le roi arriva à l'armée, partit de Bruxelles le 22 juin avec les Gardes et alla camper près deTongres. Pendant labataille de Lawfeld, la brigade occupait le flanc droit du village deHerderen et resta spectatrice de la victoire de l'armée française. Au mois d'août, on s'établit dans le camp de Tongres et la brigade couvrit le quartier du roi faisant face à la chaussée de Saint-Trond àLiège. Les ennemis n'entreprenant rien, elle partit le 29 septembre pour se rendre àLouvain, et quitta cette ville le 7 octobre pour aller à Bruxelles. Le 17 elle prit la route deFrance, s'arrêta quelque temps à Mons à cause de certaines démonstrations dustathouder, et continua son voyage le 22 sur Paris.

La campagne de 1748, qui fut ladernière de cette guerre, n'offre pas d'autre opération importante que lesiège de Maastricht. Dans l'ordre de bataille établi pour ce siège, la brigade des Gardes avec la brigade irlandaise formait la réserve de l'infanterie. Elle n'arriva devant la place qu'après l'ouverture de la tranchée, et prit poste en arrière du village de Cowemberg. Après la capitulation deMaastricht, les préliminaires de lapaix d'Aix-la-Chapelle étant arrêtés, les Gardes retournèrent àBruxelles et de là àParis.

Période de paix

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Au mois de novembre 1748, le capitaine de Vaudreuil fut charge d'arrêter leprince Édouard, prétendant au trône d'Angleterre, que le gouvernement s'était honteusement engagé à expulser de France, et qui refusait de se soumettre à cette exigence inique. Comme il entrait un jour à l'Opéra, il fut entouré par des soldats aux Gardes dirigés par Vaudreuil ; le sergent Lafontaine lui saisit les bras par derrière, et d'un coup de genou le renversa par terre. On legarrotta et on le jeta dans unfiacre. Le malheureux prince se contenta de dire à Vaudreuil : « Vous faites là un vilain métier. » Quel chemin, en effet, avait franchi la noblesse depuis le brave Crillon ! Madame laprincesse de Conti, renchérissant sur les quolibets dont le régiment était l'objet depuis quelques années, lui décocha à ce propos cette sanglante épigramme :« C'est le seul Anglais que ce régiment ait pris depuis la guerre. »

  • Régiment des Gardes Françaises en 1757 (Habit bleu, parements rouges garnis d'éléments blancs).
    Régiment des Gardes Françaises en 1757 (Habit bleu, parements rouges garnis d'éléments blancs).

Guerre de Sept Ans

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Le régiment des Gardes Françaises n'eut aucune part aux premières campagnes de laguerre de Sept Ans.

En, la flotte anglaise ayant opéré un débarquement à l'île d'Aix et menaçant les ports deRochefort et deLa Rochelle, les quatre premiers bataillons prirent la route de l'Aunis, mais ils n'allèrent que jusqu'àTours, la nouvelle étant arrivée de l'éloignement des Anglais.

Au milieu du mois de mars 1759, furent envoyés à l'armée d'observation des côtes de Flandre et restèrent en garnison àSaint-Omer jusqu'au mois de décembre où ils rentrèrent à Paris.

En 1759, les quatre bataillons de guerre firent le même mouvement, mais pendant leur séjour à Saint-Omer un grand nombre de volontaires s'embarqua sur lesfrégates ducapitaine Thurot chargé d'une expédition sur les côtes de la Grande-Bretagne.

Ainsi, le, cinqpiquets des Gardes Françaises ainsi que d'autrestroupes françaises descendirent enIrlande près deCarrickfergus, et le 21, après un sanglant combat elles s'emparèrent de cette ville.L'expédition se rembarqua le 28 février, et le même jour le capitaine Thurot fut attaqué près de l'Île de Man par trois grosses frégates anglaises. Ce brave marin ayant été tué dès le début du combat, ses frégates furent obligées d'amener pavillon après une lutte acharnée. Au mois d'avril de cette même année 1760, quatre bataillons quittèrent Paris pour se rendre à la grande armée d'Allemagne, commandée par lemaréchal de Broglie. Ils assistèrent le 10 juillet à labataille de Corbach et prirent une part active à la poursuite de l'armée ennemie jusqu'àCassel. Ils combattirent ensuite àSachsenhausen où le prince de Brunswick fut contraint d'évacuer ses lignes, et contribuèrent, le 31 du même mois, à la prise deCassel.

Après avoir passé l'hiver à Paris, les Gardes retournèrent sur leRhin, en, à l'armée duprince de Soubise. Le 3 juillet, le princeFerdinand de Brunswick attaqua l'arrière-garde de cette armée près de Werle. Pendant que lesbrigades de Vaubecourt etde Briqueville manœuvraient pour s'emparer des hauteurs, les Gardes restés dans le défilé du moulin de Schaffhausen, soutinrent avec une fermeté inébranlable le feu du canon ennemi, et déconcertèrent tous les efforts de l'armée alliée. Les 15 et 16 juillet, les grenadiers et chasseurs du régiment des Gardes Françaises firent des prodiges de bravoure àVillingshausen. Aidées par les volontaires de Soubise et par labrigade de Briqueville, et pendant quePiémont à droite,Limousin et lesIrlandais à gauche, contenaient les ennemis, les compagnies s'élancèrent sur le village de Scheidingen, et emportèrent avec la plus grande valeur la redoute qui couvrait le pont et le village. Au mois de septembre, leprince de Condé, ayant été chargé de faire lesiège de Meppen[49], prit avec lui lesbrigades d'Orléans etde Condé et le bataillon des grenadiers et chasseurs réunis des Gardes. Celui-ci fut établi sur la rive droite de l'Arz pour couper toute retraite à l'ennemi, et ouvrit la tranchée le 30. Les travaux furent poussés avec une activité incroyable, et la ville capitula dès le 3 octobre. Après cette rapide conquête, les bataillons de guerre du régiment se réunirent àCoesfeld, et se mirent en route, le 15 octobre, pour retourner à Paris,

Au mois d'avril 1762, ils revinrent en Allemagne, et se trouvèrent, les 22 et 24 août, aux combats livrés près deGiessen et deGrünberg et assistèrent, le 30, à l'attaque de Johannisberg, dernière action de laguerre de Sept Ans, et dernière affaire à laquelle le régiment des Gardes Françaises ait pris part.

Période de paix

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Rentré à Paris après la campagne, le régiment, par une ordonnance du mois de décembre, est pourvu d'une musique, la première musique militaire qui ait été formée dans les troupes de France. Jusque-là, quelques corps de laMaison du roi seuls avaient eu deshautbois et desfifres.

Depuis la fin de laguerre de Sept-Ans jusqu'aux premiers jours de laRévolution, le régiment des Gardes Françaises ne quitta pas ses quartiers de Paris. Tous les quatre mois, suivant l'ancien usage, un bataillon se rendait àVersailles pour y prendre le service de la Cour. Laguerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique, ayant été surtout maritime, le régiment n'y prit aucune part.

Mais pendant ces vingt-six années de repos, une révolution immense couvait dans les profondeurs de la nation. La puissance des idées philosophiques, détruisant chaque jour un lambeau du voile qui cachait aux yeux du vulgaire l'artifice au moyen duquel la majorité était exploitée par la minorité, s'ouvrait un passage même au travers des barrières des casernes. Les Gardes Françaises étaient merveilleusement préparés à recevoir ces idées nouvelles. Recrutés par l'élite de cette portion de l'armée que sa naissance roturière éloignait de toute charge militaire élevée, et pour qui une lieutenance de grenadiers était une faveur aussi éclatante que rare, les Gardes Françaises devaient accepter avec enthousiasme l'espoir d'un avenir où le mérite, à défaut de naissance, pourrait concourir pour arriver aux grades et aux honneurs militaires. Il ne faut pas oublier qu'à cette époque le régiment comptait dans ses rangs des hommes qui, commeLazare Hoche, commeJoseph Lefebvre, commeLouis Friant, étaient nés pour commander et qui le sentaient.

Préludes de la Révolution française

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Durant lespréludes de la Révolution française, quoique mêlé tous les jours au peuple de Paris, le régiment demeura fidèle à la discipline et à ses devoirs envers le roi aussi longtemps que vécut lemaréchal de Biron. Mais à sa mort, arrivée en 1788, la Cour, déjà en méfiance, eut la malheureuse inspiration de lui donner pour successeur lelieutenant généralduc du Châtelet, dont la sévérité et le caractère hautain eurent la plus fâcheuse influence sur l'esprit du corps qu'il commandait. Casernés dans les faubourgs de Paris, les soldats aux Gardes étaient liés au peuple de cette ville par de continuels rapports d'amitié et d'intérêts. Leduc du Châtelet voulut brusquement rompre ces liaisons, et, comme cela devait arriver, il ne fit que les resserrer.

Toutefois, pendant l'année 1788 et la première moitié de 1789, malgré les fréquentes punitions que le colonel infligeait pour des manifestations jusqu'alors inoffensives, le régiment des Gardes se maintint dans la ligne du devoir et de l'obéissance. C'est ainsi que le, 300 Gardes dirigés par lecapitaine d'Agoult, exécutèrent l'ordre de la Cour de cerner leParlement et d'arrêter les conseillersd'Eprémesnil etGoislard, et que le un détachement, commandé par lecomte de Vassan, s'empara de l'hôtel des États-Généraux àVersailles et repousse lesdéputés duTiers-État quivoulaient y entrer, et qui, comme on le sait, se réunirent auJeu-de-Paume et y firent lefameux serment de ne point se séparer avant d'avoir réglé laconstitution de la monarchie.

Révolution française

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Ce fut le dernier service que les Gardes-Françaises rendirent à la royauté. Le signal de la révolte fut donné à l'occasion d'une nouvelle sévérité duduc du Châtelet. Un grand nombre de Gardes Françaises avaient cru pouvoir se mêler aux réjouissances qui eurent lieu dans Paris après la réunion destrois ordres des États-Généraux enAssemblée nationale, et le colonel avait pour ce fait envoyé plusieurs d'entre eux à laprison de l'Abbaye.

« Le régiment des Gardes Françaises, ditle Moniteur dans son introduction, généralement plus instruit que le reste de l'armée, donna le premier des preuves de son patriotisme. Deux compagnies de grenadiers de ce corps avaient refusé, dès le 23 juin, de tirer sur leurs concitoyens. M. de Valady,ci-devant officier de cette brave légion et l'un des plus zélés apôtres de la liberté, allait de caserne en caserne pour éclairer les soldats sur les véritables devoirs de l'homme, et sur ce qu'ils se devaient à eux-mêmes et à leur patrie. Son zèle ne fut pas sans succès, et l'on vit bientôt ces généreux guerriers, devenus des prosélytes ardents de la cause commune, mêlés avec le peuple et prendre part aux événements qui intéressaient le sort de Paris. La défiance alarmée des chefs avait fait consigner les troupes dans les casernes dès le samedi 20 juin. Des cohortes entières en sortirent le 25 et le 26. On les vit entrer dans lePalais-Royal par centaines, en rang de deux à deux, quoique sans armes, aux applaudissements de la multitude, qui s'empressa de leur donner du vin, des rafraîchissements, des glaces, de l'argent même et jusqu'à des billets de caisse. Ils joignirent leurs acclamations à celle de la foule, en criant: Vive le Tiers! et rentrèrent paisiblement dans leurs casernes sans causer aucun désordre. »
« Le 30 juin, sur les sept heures du soir, un commissionnaire remit au « café de Foy » une lettre par la quelle on donnait avis aux citoyens que onze Gardes Françaises étaient détenus dans lesprisons de l'Abbaye Saint-Germain, pour avoir refusé de tourner leurs armes contre leurs concitoyens, et que cette nuit même ils devaient être transférés àBicêtre, lieu destiné à de vils scélérats et non à de braves gens comme eux. Un particulier sort du café, monte sur une chaise, et lit cette lettre à haute voix. Aussitôt plusieurs jeunes gens se détachent de la foule en criant: À l'Abbaye ! à l'Abbaye ! Beaucoup d'autres répètent le même cri, les joignent, et tous ensemble s'avancent vers le lieu désigné. La troupe grossit chemin faisant; des ouvriers l'augmentent, vont se munir d’instruments chez unferrailleur, et, à la tête de six mille personnes, se présentent devant laprison de l'Abbaye. À sept heures et demie, la première porte était déjà enfoncée ; les autres éprouvent bientôt le même sort. À huit heures, neuf soldats aux Gardes, six soldats de lagarde de Paris et quelques officiers qui se trouvaient enfermés pour divers motifs, en étaient sortis. »

Les prisonniers délivrés sont conduits en triomphe auPalais-Royal. Ils soupent dans le jardin, et l'on dispose des lits de camp dans la salle des Variétés, où ils couchent sous la sauvegarde des citoyens, qui pendant la nuit veillent à leur sûreté. On fait reconduire dans les prisons un soldat prévenu de crime, le peuple ayant déclaré qu'il ne voulait prendre sous sa protection que ceux qui étaient victimes de leur patriotisme.

« Le lendemain matin, une députation de jeunes citoyens présenta àJean Sylvain Bailly une lettre dans laquelle on invoquait l'intercession de l'Assemblée nationale en faveur de ceux qui, la veille, avaient été arrachés des prisons, et qui étaient, en ce moment, sous la sauvegarde de plusieurs milliers de citoyens. L'Assemblée, partagée entre ce qu'elle devait à la rigueur des principes, au bien de la paix, à la majesté royale et à sa propre dignité, concilia heureusement tous ces intérêts. La députation de l'Assemblée, à la tête de laquelle était l'archevêque de ParisLeclerc de Juigné, fut admise le soir même à l'audience duroi, qui applaudit à la sagesse de cet arrêté. Une lettre de sa majesté, ayant annoncé le lendemain que la liberté des soldats prisonniers suivrait immédiatement le rétablissement de l'ordre, ils rentrèrent en prison la nuit du 4 au 5 juillet, et, le jour suivant, ils reçurent leur grâce... Ainsi, un mot de clémence fit ce que n'auraient pu faire des canons et des armées. Le calme succéda, et tout rentra dans l'ordre... »
Mais ce ne fut pas pour longtemps.« La Cour n'avait cédé que devant la nécessité, et comprenait que désormais elle ne pouvait plus compter sur le régiment des Gardes Françaises. Après avoir montré sa faiblesse, elle chercha par des ruses ténébreuses à se débarrasser de ce corps d'élite, ou tout au moins à rendre son patriotisme inutile à la capitale. On prétexta d'abord la formation d'un camp àSaint-Denis et on ordonna aux Gardes Françaises de s'y rendre sans armes. Le piège était trop grossier et les soldats refusèrent de marcher. Quelques jours après, à l'hôpital du Gros-Caillou[50] où était le parc de campagne du régiment, on fit entendre aux canonniers qu'il était important qu'ils allassent garder l'hôtel de Richelieu, considéré en ce moment commequartier-général, et dès qu'ils furent partis, on chercha à enclouer leurs canons. Quelques Gardes, restés à l'hôpital, s'aperçurent de la manœuvre et coururent avertir leurs camarades. Ceux-ci abandonnent à la hâte l'hôtel de Richelieu et le sixième bataillon accourt en masse de sa caserne, et les canons sont transportés et mis en sûreté au poste de larue Verte. Ces tentatives maladroites achevèrent d'aliéner les Gardes Françaises. C'en était fait, leur valeur et leur expérience étaient désormais acquises à la cause populaire, et dès la semaine suivante, dans les événements qui amenèrent laprise et la destruction de la Bastille, les trois mille hommes qui composaient ce régiment de la garde du roi, vinrent se ranger autour de l'assemblée des électeurs, jurant de mourir pour la patrie. »

Des bruits sinistres couraient dans Paris. On attribuait au parti de la Cour des projets atroces, et la présence inaccoutumée dans la capitale et aux environs de nombreux régiments n'était pas propre à calmer les méfiances. De tout temps la garnison de Paris avait été formée des seuls régiments des Gardes Françaises etSuisses, et en ce moment la ville était cernée par une armée. Une nombreuse division campait auChamp-de-Mars, et, par une préoccupation insultante pour la nation, on ne l'avaitcomposée que de corps étrangers. C'étaient lesrégiments d'infanterie suisse de Salis-Samade,de Châteauvieux etde Diesbach, lerégiment de cavalerie Royal-allemand et leshussards de Bercheny etd'Esterhazy. Telle était la situation des choses et des esprits dans Paris quand, le, à midi, arrive la nouvelle de la destitution deNecker, leministre favori du peuple. À la voix deCamille Desmoulins les patriotes se réunissent et portent en triomphe les bustes de Necker et duduc d'Orléans. En arrivant sur laplace Louis XV, l'immense procession est refoulée par leprince de Lambesc à la tête durégiment de Royal-Allemand, et, dans le désordre de la mêlée, un vieillard et un soldat des Gardes Françaises sont tués. À la vue de ce sang le peuple crie aux armes, les boutiques des armuriers sont enfoncées, les Gardes Françaises s'échappent de leurs casernes,« se mêlent au peuple et déployant une marche plus régulière, impriment ainsi le premier mouvement à la révolution. Rassemblés en force près dudépôt, situé à l'angle duboulevard des Capucines et de larue de la Chaussée d'Antin, ils s'avancent en bon ordre, attaquent un détachement durégiment de Royal-Allemand, et font mordre la poussière à trois cavaliers à la première décharge. Ceux-ci se replient sur laplace Louis XV où était le gros de leur régiment. Sur les onze heures du soir les Gardes Françaises se rendent auPalais-Royal, au nombre d'environ douze cents, se concertent entre eux, et, sans officiers ni artillerie, se déterminent à se porter sur laplace Louis XV pour en chasser les troupes réglées qui l'occupaient. Ils sont encouragés par tout le peuple qui remplissait lejardin des Tuileries. Cette petite armée, fortifiée d'un bon nombre de Parisiens déterminés à vendre chèrement leur vie, se met en marche à la lueur des torches. Mais les troupes de la place ne jugèrent pas à propos de faire plus de résistance que sur les boulevards. Elles se retirèrent àVersailles, et leur exemple fut suivi par tout ce qu'il y avait de troupes réglées dans la ville ».

Les Gardes Françaises employèrent toute la journée du 13 à organiser leurs forces et à prêter le concours de leur expérience à la formation de laGarde nationale de Paris. Les plus instruits indiquaient les moyens de se rendre maître de laBastille dont l'attaque était résolue. Dès l'aube du jour, le 14 juillet, les tambours rappellent et les patriotes se dirigent en foule vers lequartier de Saint-Antoine.

On a fait beaucoup de bruit de la victoire remportée par le peuple parisien sur les défenseurs de la Bastille. Le fait est que la garnison de la vieille forteresse se composait de 82 invalides et de 32 grenadiers durégiment suisse de Salis-Samade. Au point de vue militaire la gloire de la journée revient à cette poignée d'hommes qui se maintint pendant plusieurs heures contre la masse des assaillants. Parmi les attaques qui se firent avec quelque ensemble, à 15h30, on remarque celle d'un détachement des Gardes Françaises composé en grande partie des grenadiers de Reffuveilles et des fusiliers de la compagnie de Lubersac[51], et commandé par le sergent-major Wargnier[52] et le sergent Antoine Labarthe[53],[54]. Au milieu d'une vive fusillade, ces soldats expérimentés arrivent dans la cour de l'Orme[55], traînant à bras cinq pièces de canon et un mortier ; en un clin d’œil trois canons et le mortier sont mis en batterie et dirigés sur les embrasures du fort, dont ils éloignent les canonniers et les tirailleurs. Les deux autres pièces sont braquées sur la porte qui faisait communiquer la cour intérieure avec lejardin de l'Arsenal, et cette porte cède bientôt sous leurs coups. Aussitôt la foule se précipite pourpénétrer dans la Bastille; mais les Gardes Françaises, conservant tout leur sang-froid au milieu du tumulte, forment une barrière au-delà du pont et par cet acte de prudence sauvent la vie à des milliers de personnes qui se seraient précipitées dans le fossé. Cent cinquante Gardes Françaises occupèrent la Bastille jusqu'à sa démolition.

Si les Gardes Françaises ne purent sauver les principaux officiers de la Bastille, au moins les débris de la garnison leur durent-ils leur salut. Les malheureux allaient être sacrifiés sans la généreuse intervention des Gardes qui réclamèrent la vie des prisonniers comme le prix de leurs services. Le sergent de grenadiers Marqué plaça au milieu du détachement qu'il commandait vingt-deux invalides et onze Gardes suisses, seuls survivants de la garnison, et parvint, au milieu de féroces clameurs, à les conduire sains et saufs à lacaserne de la Nouvelle-France.

Fin du régiment

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Après la journée du 14 juillet, on conçoit que le régiment des Gardes Françaises n'existe plus. En effet, dès le lendemain, leduc du Châtelet remettait entre les mains duroi sa démission de la charge de colonel qu'il n'avait exercée que pendant huit mois, et son exemple était imité par tous les officiers qui ne pouvaient plus compter sur aucune obéissance.

Ici donc se termine, à proprement parler, l'histoire de ce régiment d'élite. Mais le licenciement des Gardes Françaises réel en droit, car il est licencié le par ordonnance royale, ne fut de fait point exécuté. La place importante qu'ils occupèrent dans la première formation de laGarde nationale parisienne permet de suivre une partie de la destinée de ce régiment.

Garde nationale de Paris

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Lorsque après ces jours de fièvre on voulut organiser la Garde nationale sur une base solide. Ainsi Le Moniteur indique :« on songea que l'on avait à récompenser les Gardes Françaises, qui les premiers s'étaient courageusement dévoués à la cause commune. Les remettre entre les mains du gouvernement, c'était les livrer au bourreau. Ils étaient placés entre la couronne civique ou la corde : ou vainqueurs ou vaincus, il n'y avait pas de milieu. »

Les compagnies qui se trouvaient de service àVersailles pendant lemouvement de Paris n'étaient pas dans une position plus favorable vis-à-vis de la Cour, car, dans la nuit du 30 au 31 juillet, ces compagnies cédant à l'élan populaire, avaient quitté leurs postes, entraînant avec elles une partie desGardes Suisses, et étaient venues, avec leurs drapeaux et leurs bagages, rejoindre leurs camarades à Paris pour contribuer avec eux à la sûreté de la capitale et au maintien des droits que le peuple venait de conquérir.

La sûreté de Paris demandait une troupe soudoyée, soumise à une discipline exacte et par conséquent casernée. La sûreté de l'Assemblée nationale et de lapersonne du roi exigeait une armée civique prête a les protéger contre les attentats des ennemis de la constitution, et qui, toujours préparée à défendre la liberté publique, ne pût un seul instant l'alarmer. Lemarquis de La Fayette, pour atteindre ce double but, présenta un plan simple, bien ordonné et très populaire, que lacommune de Paris et lesdistricts eurent le bon esprit d'adopter provisoirement. Il composa l'infanterie parisienne de 31 000 hommes dont 1 000 officiers, et la divisa en deux corps, l'un de 6 000 hommes soldés, l'autre de 24 000 hommes non soldés tirés de labourgeoisie. Paris fut partagé en six divisions de dix districts chacun. Un commandant fut créé pour chaque division, et l'on établit danschaque district un bataillon composé de cinq compagnies de cent hommes chacune, dont une soldée et casernée fut placée au milieu des quatre bourgeoises, sous le nom de compagnie du centre. « Laville de Paris s'empressa d'enrôler sous ses drapeaux les premiers conquérants de la liberté, ces Gardes Françaises, à qui la voix du peuple avait déjà décerné le titre glorieux de « soldats de la patrie ». Dans une lettre en date du 21 juillet 1789 adressée aumarquis de La Fayette, le RoiLouis XVI les autorise à entrer dans lesgardes nationales :

« Je suis informé, Monsieur, qu'un nombre considérable de soldats de divers de mes régiments en a quitté les drapeaux pour se joindre aux troupes de Paris. Je vous autorise à garder tous ceux qui s'y sont rendus avant que vous receviez la présente lettre seulement, à moins qu'ils ne préfèrent retourner a leur corps respectifs avec un billet de vous, au moyen duquel ils n'y éprouveront aucun désagrément. Quant aux Gardes Françaises, je les autorise à entrer dans les milices bourgeoises de ma capitale, et leur prêt et nourriture seront continués jusqu'à ce que ma ville de Paris ait pris des arrangements relatifs à leur subsistance. Les quatre compagnies qui sont ici (Versailles) pour ma garde, continueront cependant ce service et j'en aurai soin ».

Mais le général de La Fayette, désirant n'y admettre que ceux que leur volonté libre, le désir d'être utiles et le vœu de demeurer soumis à la discipline militaire, porteraient à s'y incorporer, voulut, avant de recevoir leur engagement, que leur cartouche de licenciement leur fût délivrée; il fit même afficher un placard pour offrir leur congé à ceux qui refuseraient d'accepter le règlement, et même à ceux qui l'ayant déjà accepté, en auraient quelque repentir.Cet avis aux Gardes Françaises excita une fermentation générale. Le bruit se répandit qu'ils se disposaient à partir en très-grand nombre pour retourner dans le sein de leurs familles. L'alarme devint bientôt si vive, que ledistrict Saint-Honoré envoya une députation à ceux qui venaient chercher leurs cartouches chez le commissaire des Guerres pour s'enquérir de leurs intentions et leur témoigner les sentiments defraternité et de reconnaissance qui animaient tous les citoyens. Ledistrict des Petits-Pères écrivit à M. de La Fayette pour lui offrir de prendre à sa charge tel nombre de Gardes Françaises qu'il jugerait à propos, et de pourvoir à tous leurs besoins... AuPalais-Royal, on fit la motion d'ouvrir en leur faveur une souscription nationale pour leur assurer une pension viagère reversible sur leurs veuves. Enfin ledistrict du Sépulcre proposa de leur donner à chacun une médaille d'or de la valeur de 500 livres.

Les Gardes Françaises refusèrent tous les avantages qu'on leur proposait, et servirent de noyau aux soixante bataillons de laGarde nationale de Paris.

Dans cette première organisation de 1789, chaque bataillon de la Garde nationale de Paris fut composé de cinq compagnies, dont celle du centre, dite de grenadiers, et qui avait la garde du drapeau, provenait en grande partie des Gardes Françaises ; et ce drapeau était l'enseigne d'azur à croix blanche du régiment des Gardes[56]. Seulement à la couronne royale qui terminait chacune des quatre branches de la croix, on avait substitué le bonnet de la Liberté, et l'on avait ajouté au centre de la croix, d'un côté l'image de la Bastille embrasée avec cette légende au-dessus : « Ex servitute libertas », et de l'autre une couronne civique et ces mots : « Pro patria et lege ». La Garde nationale adopta également l'uniforme des Gardes Françaises en substituant le revers blanc au galonnage de livrée. C'est cet habit qui, porté si glorieusement pendant vingt-cinq ans par l'infanterie française, brillait encore naguère d'un vif éclat dans l'excellent et beau corps de la Garde municipale de Paris. Aussitôt que l'organisation dé la Garde nationale fut terminée, les Gardes Françaises, qui voyaient Paris tranquille et qui avaient pris au sérieux les paroles de louanges tombées de la bouche deLouis XVI, lorsque ce prince était venu le 17 juillet à l'Hôtel de Ville, manifestèrent le désir de reprendre leur service comme autrefois auprès de la personne du roi. La Cour répondit d'une manière évasive, et ne pouvant parvenir à calmer ses méfiances, craignant peut-être quelque violence, elle eut la fatale idée d'appeler àVersailles lerégiment de Flandre, sur lequel elle croyait pouvoir compter. L'annonce de cette mesure fit un effet désastreux dans Paris, mais la colère arriva à son comble, lorsqu'on apprit que dans un repas donné le1er octobre aux officiers de ce régiment par les Gardes du corps, on s'était laissé aller sous l'influence du vin aux démarches les plus imprudentes, jusqu'à fouler aux pieds la cocarde que venait d'adopter la nation. Le5 octobre, l'insurrection éclate et se précipite sur laroute de Versailles, suivie par La Fayette qui, n'ayant pu empêcher le mouvement, voulait du moins, avec la Garde nationale de Paris, s'opposer aux excès d'une foule furieuse. Il n'arriva qu'à minuit, et obtint aussitôt que les Gardes Françaises reprendraient leurs anciens postes. Mais déjà bien des malheurs étaient arrivés, et le château était rempli debrigands. Le 6, dès le point du jour, un bruit affreux se fait entendre : une bande de bêtes féroces avait envahi l'appartement de la reine, qui n'avait eu le temps que de se sauver demi-nue chez le roi. Quelques Gardes du corps luttaient encore dans l'Œil-de-Bœuf : ils s'étaient retranchés à l'aide de bancs, de tabourets et autres meubles entassés contre la porte ; mais les assaillants frappent à coups redoublés ; un panneau de la porte est brisé; encore un moment, et c'en est fait du roi et de sa famille... Tout à coup un calme profond succède au tumulte... un instant après on frappe doucement... les Gardes du corps se hasardent à ouvrir, et l'appartement se remplit de gardes nationaux. Un officier se présente à la tête des grenadiers :« Messieurs, dit-il, nous venons ici pour sauver le roi, et nous vous sauverons vous aussi : soyons frères! ». C'était le capitaine Gondran, commandant de la compagnie du centre du bataillon deSaint-Philippe du Roule. Au milieu de l'agitation générale, La Fayette avait dit à ses soldats :« Messieurs, j'ai donné ma parole d'honneur au roi qu'il ne serait fait aucun tort à tout ce qui lui appartient : si vous laissez égorger les Gardes du corps, vous me ferez manquer à ma parole d'honneur, et je ne serai plus digne d'être votre chef ». Les soldats parisiens s'étaient aussitôt élancés sur les groupes de furieux qui ensanglantaient le château, et avaient placé les Gardes du corps sous leur drapeau comme sous une égide sacrée. Les brigands qui avaient envahi l'appartement de la reine se disposaient à en jeter les meubles par les fenêtres, lorsque le capitaine Gondran, s'avançant avec sa troupe, leur commande impérieusement de renoncer à leurs projets de pillage sous peine d'être fusillés, et, les faisant coucher en joue, il les mit en déroute. Il ordonne aussitôt aux siens de le suivre, et montant l'escalier de marbre, l'épée à la main, il vint délivrer, comme on l'a vu, les officiers qui défendaient la dernière porte de l'appartement du roi, et secondé par la compagnie de grenadiers dudistrict de l'Oratoire, il établit l'ordre le plus, parfait. Les autres compagnies arrivaient au même résultat sur d'autres points. Tel fut le rôle des anciens Gardes Françaises dans les terriblesjournées des 5 et 6 octobre. Ils accompagnèrent ensuite le roi à Paris et reprirent leur service de dévouement et de sûreté dans la capitale.

Le, ils se réunirent pour une solennité touchante. Ils avaient précieusement conservé ces vieux drapeaux d'azur fleurdelysés sous lesquels ils avaient combattu àIvry, àVeillane, àNeerwinden et àFontenoy. Ils les portèrent en grande pompe dans l'église Notre-Dame, et les suspendirent aux voûtes de la vieille nef. Pendant toute l'année 1790, les anciens Gardes Françaises firent leur service dans Paris, au milieu de l'agitation de toutes les classes de la société, sans qu'on ait eu à signaler parmi eux un seul acte d'indiscipline. Aussi,Louis XVI, qui entrevoyait quelquefois de quel côté étaient ses véritables amis, montra-t-il l'intention de se les rattacher. Le bruit courut, en effet, au mois de novembre, que le roi allait rétablir saMaison militaire. Cette nouvelle excita une grande fermentation dans Paris. La Fayette, interpellé par la municipalité à ce sujet, lui donna communication de la lettre suivante du roi, qui est la seule trace officielle qui soit restée de ce projet :

« Je vous préviens, Monsieur, que lorsque je formerai mamaison militaire à pied, mon intention est d'y admettre, comme vous m'en avez parlé, les grenadiers soldés de la garde nationale de Paris et une partie des compagnies du centre. Je vous consulterai sur ce travail dans le temps que je compterai le mettre à exécution, ainsi que sur le service des volontaires des différons gardes nationaux. Vous savez que mon intention a toujours été qu'ils fissent le service auprès de ma personne dans les différents endroits où je me trouverai ». Ce projet n'eut aucune suite, et un décret du 3 août confirmé par la loi du 28 août 1791 décida que les compagnies soldées de la Garde nationale de Paris serviraient à former deux divisions de gendarmerie nationale à pied, trois régiments d'infanterie de ligne et deux bataillons de chasseurs à pied. Le 5 octobre, il fut procédé par la voie du sort, à la désignation des compagnies qui devaient concourir à laformation de chacun de ces corps :

Ainsi disparaît pour toujours lerégiment des Gardes françaises, partageant le sort de tous ces vieux régiments qui depuis deux siècles avaient défendu si intrépidement la patrie contre toutes les coalitions.

Casernements

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Le régiment des Gardes françaises avaitplusieurs casernes dans Paris :

Personnalités ayant servi aux Gardes françaises

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Jacques Prévost de Charry

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Jacques Prévost seigneur de Charry est un seigneur languedocien, selon François Xavier de Feller, ou nivernais, selon Louis Suzanne, dont lemaréchalBlaise de Monluc parle souvent dans sesCommentaires comme l'un des plus vaillants officiers de son temps. Il fallait qu'il fût aussi l'un des plus vigoureux, si l'on en croit ce qu'en dit François de Boivin du Villars[59] dans son « Histoire des guerres du Piémont ». Il raconte que Charry, dans un combat où il défit 300 allemands de la garnison deCrescentin, abattit le bras d'un revers de son épée au capitaine de cette troupe, quoique armé de corselet et manches de mailles et que ce bras fut porté à Bonnivet, qui admira la force de ce coup. En 1563, Charry, commandait 10 enseignes d'infanterie[9], qui furent choisis par le roi pour en faire sa garde française à pied et il fut le premiermestre de camp du « régiment des Gardes françaises ». Cet honneur lui coûta cher, et fut peu de temps après la cause de sa mort. Étranger auxintrigues des factions, son refus de reconnaître l'autorité et de prendre l'attache deFrançois de Coligny d'Andelot, alorscolonel général de l'infanterie française endeçà des monts. On croit qu'il engagea dans ses intérêtsChâtellier-Portaut[60], gentilhomme dePoitou, dont Charry avait tué le frère quelques années auparavant qui suborna treize assassins[61]. Voici commentLa Popelinière,Brantôme etd'Aubigné racontent l'affaire[62] :

« Ainsi on lui dressa une querelle d'Allemagne fondée sur un meurtre par luy commis en un duel, y avoit quatorze ans, enPiémont, où il tua un gentilhomme, nommé Chastellier-Portaut du Poictou. Lefrère[60] duquel estant à la suited'Andelot, poursuivit lors ceste ancienne querelle... Ains Charry ayant toujours fuy de luy en faire raison,... comme le, il revenoit de larue de la Harpe pour retourner auLouvre, accompagné du capitaine La Gorrète,basque, et d'un simple soldat, fut assailli sur lepont Saint-Michel, par Mouvans,Chastellier[60] et Bricquemaut-Protest, suivis de quelques-uns, ne luy disantChastellier[60] autre chose à la rencontre, sinon :« Te souvient-il, Charry, du tort que tu me tiens? » Metz la main à l'espée, et aussitôt lui lance quelques coups parez, mais le troisième lui perça lecœur,... et la luy tortilla deux fois dedans, afin de faire laplaye plus grande : et par ainsi tomba mort par terre,... comme La Gorrète et son compagnon tâchoient, mais en vain, à le couvrir des coups mortels de cesréformez. Lesquels soudain se mettant au pas pour se retirer et poursuivis par longues huées et réitérées injures du menu peuple, plus que d'aucun autre effort, eurent loisir de tourner souvent tête pour faire enfin retirer ce populas, pour gaigner à leur aise lefaubourg Saint-Germain, où ils trouvèrent les chevaux frais pour faire perdre la veue d'eux plus que le souvenir d'une si outrecuidée hardiesse. Dont plusieurs firent plaintes au roy et à la royne mère, lesquels mirent toute peine de punir un tel attentat. Les corps des meurtris feurent au lendemain portez honorablement en l'église Notre-Dame : y assistans plusieurs Chevaliers de l'Ordre et grans seigneurs et tout l'Hôtel-de-Ville. Où enterrez, fut fait un sermon funèbre à leur louange et détestation des autheurs du massacre... Et ne fut autre chose de ce meurtre, sinon force crieries, mutineries et parolles des capitaines de cette garde. Dieu et la fortune voulurent qu'au bout de quatre ou cinq ans, ledit Chastellier fut pris à labataille de Jarnac, et tué de sang froid, luy faisant payer sa vieille depte ».

Louis de Béranger du Guast

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Originaire duDauphiné[63],Louis de Béranger seigneur du Guast,mignon d'Henri III, est né vers 1540. En 1564, il fut l'amant deFrançoise Babou de la Bourdaisière épouse d'Antoine d'Estrées[64],[65]

Ami dePierre Ronsard, Louis de Béranger du Guast est décrit comme étant« brave, brutal, cruel et terriblement batailleur, très aimé duroiCharles IX. »[66].Gentilhomme de laChambre du RoiCharles IX en 1570, Louis de Béranger du Guast avait un régiment à son nom en 1571. Il passa« pour s'être chargé de beaucoup de sang innocent à laSaint-Barthélemy ».

Toutefois, il encourait la haine deMarguerite de Valois qui le nommait« Le potiron de ce temps », un parvenu, un méchant homme car il avait dénoncéEntraguet comme son amant[67],[68],[69] et du Guast appelait Marguerite« la reine des putains »[66].

Témoignage (1762)

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« Je ne fus pas longtemps sans être instruit du service que le régiment fait auprès du roi. Il est chargé de la garde extérieure de sa personne et toutes les avenues, grilles et portes sont gardées par des sentinelles françaises et suisses à qui l’on donne une consigne particulière, conformément à la tranquillité du château et à la sûreté du roi dans le commandement prend l’ordre tous les jours.

Quant à la troupe, elle n’a de service que quand le roi sort. Alors elle est obligée de se trouver dans la cour royale, rangée en bataille sur trois rangs ouverts, la gauche appuyée à la cour de marbre et la droite à la grille d’entrée. Elle est sous les armes quand le roi passe devant elle, les officiers à la tête, et on attend sans s’écarter son retour pour se remettre sous les armes, après quoi on rentre au corps de garde, sans avoir d’autre service à faire. Les gardes à Versailles ne durent que quatre jours pleins. On part de Paris à 6 heures du matin, ou plutôt de Vaugirard où les compagnies se rassemblent. On fait une petite halte à Meudon, pendant laquelle on déjeune, et on arrive communément à Versailles sur les 9 heures. On s’habille, et au coup sonnant de 11 heures, la garde montante et la garde descendante entrent dans la cour et se relèvent. La nouvelle reste trois jours entiers, non compris la moitié du premier, et est relevée le 5° ; elle retourne ensuite à Paris, en s’arrêtant encore à Meudon où on dîne, et on ne peut arriver que sur les 5 heures chez soi, les officiers étant obligés de reconduire leurs troupes au quartier. L’intervalle de ma première garde et la seconde fut de 28 jours, comme c’est d’ordinaire pendant lesquels nous restâmes fort tranquilles sans nous exercer, et sans avoir rien à faire. »

— BNF, Richelieu, manuscrits français 14 185, Planelli de Maubec, Campagnes d’Allemagne et de Flandres (1760 à 1762), p. 162.

En 1573, durant lesiège de La Rochelle celui-ci monte à l'assaut du bastion de l'Ange ou il est blessé. Il suit ensuiteHenri qui venait d'être éluroi de Pologne dans cepays avant de revenir avec celui-ci en 1574 lorsqu'il devint roi de France à la mort deson frère avant d'être nommé lemestre de camp du régiment des Gardes françaises.

Le, il est à labataille de Dormans[70] à la tête de son régiment. Revenu à Paris il logea dans une petite maisonrue Saint-Honoré à proximité dupalais du Louvre[71]. Ce fut là que le baron de Vitteaux[72] entra, avec d'autres assassins, dans la chambre de du Guast qui fut assassiné dans son lit et ses valets égorgés[66],[71] le.

Le roiHenri le fait enterrer solennellement à côté du grandautel deSaint-Germain l'Auxerrois.

Notes et références

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Notes

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Références

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  1. A. Communay,Les Gascons dans les armées françaises,p. 501-502, Revue de l'Agenais, 1894, tome 21(lire en ligne).
  2. A. Communay,Les Gascons dans les armées françaises,p. 491, Revue de l'Agenais, 1894, tome 21(lire en ligne).
  3. A. Communay,Les Gascons dans les armées françaises,p. 496, Revue de l'Agenais, 1894, tome 21(lire en ligne).
  4. SimonLamoral le Pippre de Nœuville,Abrégé chronologique et historique de l’origine du progrès et de l’état actuel de la maison du Roi et de toutes les troupes de France,t. 3, Liège, Everard Kints,, 622 p.,p. 3
  5. Louis de Béranger, seigneur du Guast (1540-1575).
  6. Bérenger du Guast avait eu un régiment de son nom dès 1571.
  7. a etbLouis Antoine Armand de Gramont duc de Louvigny fils ainé deAntoine de Gramont duc de Guiche et de Marie-Christine de Noailles est né le 20 mars 1688 et décédé à Paris le 16 mai 1741. Il porta successivement les noms de « comte de Louvigny » jusqu'en 1710, de « duc de Louvigny » jusqu'enl720, et de « duc de Guiche » jusqu'en 1725. Il a été colonel des gardes françaises (1717), brigadier des armées du roi (1718), gouverneur et lieutenant général de Navarre et pays de Béarn et ville de Bayonne, maréchal de camp (1727), lieutenant général (1734) et colonel des gardes françaises (1717-1741).
  8. abcdef etgLouis Susane,Histoire de l'infanterie française, Paris, Librairie militaire de J.Dumaine,(lire en ligne),p. 34-40.
  9. a etb1 enseigne également appelée bande (voirBandes françaises) comporte 500 hommes.
  10. Louis Pfiffer ( ?-1594) de Lucerne.
  11. Lancelot Voisin de La Popelinière :L'histoire de France Volume 2 Livre 29 pages 64 à 68.
  12. Louis Susane :Histoire de l'ancienne infanterie Française Tome 2 pages 17 à 19.
  13. Beauvais-Nangis ne lui succéda en titre qu'en 1579.
  14. a etbJaucourt, Le Blond, d’Argenville : Tranchée.
  15. Jacques Auguste de Thou : Histoire universelle Volume 10 page 254 à 260.
  16. Pierre Miquel,Les Guerres de Religion, Paris,Fayard,, 596 p.(ISBN 978-2-21300-826-4,OCLC 299354152,présentation en ligne).p. 348.
  17. Crillon reçut, dans ce combat, un coup d'arquebuse au travers du corps et deux coups d'épée dans le flanc gauche, dont il mit dix-huit mois à guérir.
  18. 1589 : Henri IV assiège Vendôme.
  19. Le château de Vendôme et son enceinte médiévale.
  20. PILLAGE DU MANS.
  21. Suzanne Martinet :Le Siège de Laon sous Henri IV (1594).
  22. Auguste Poirson,Histoire du règne de Henri IV,vol. 2, Hachette et Cie,(présentation en ligne).
  23. Jean-Charles-Léonard Simonde de Sismondi : Histoire des Français, Volume 22 page 119 et suivantes.
  24. Guignard 1943,p. 52-55.
  25. François Alexandre Aubert de la Chenaye Desbois : Dictionnaire généalogique, héraldique, chronologique et historique Tome 3, page 416.
  26. Il y a 400 ans, Blavet devenait Port-Louis.
  27. Le siège de Concarneau en 1619 (Prise et réduction de Conquerneau).
  28. Simon Lamoral Le Pippre de Noeufville : Abrégé chronologique et historique de l'origine, du progrès et de l'état actuel de la maison du Roi.
  29. Antoine de Stainville comte deCouvonges né le 11 août 1624 àMarsal et décédé ausiège de Lérida le 26 novembre 1646.
  30. Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français Tome 6.
  31. Plan de la bataille de Courtrai en 1646.
  32. Plan du siège d'Armentières en 1647.
  33. Maréchal d'Estrades :Relation inédite de la défense de Dunkerque (1651-1652).
  34. L'histoire du vieil Hesdin après le dernier siège de 1553.
  35. Les camps de Compiègne.
  36. L’armement colmarien duXIVe au XVIIe siècle.
  37. Siège d’Aire, 1676.
  38. Le6e bataillon avait été réformé durant la période de paix. Il fut rétabli en 1688.
  39. Entre autres àAutun, qui fut la destination des sœurs Sophie Flexelles et Lucie Pépin. Source : Lucien Taupenot, « De Port-Royal à Autun »,Images de Saône-et-Loire,no 133, mars 2003,p. 2.
  40. Augustin Gazier,op. cit.,pp. 228-229[réf. non conforme].
  41. Lemau de la Jaisse, « Abrégé de la carte générale du militaire de France » 1734,p. 89.
  42. Attaque des Lignes d'Ettlingen en 1734.
  43. Une panique : les Gardes Françaises à Dettingen (27 juin 1743).
  44. LE ROUGE - PLAN DE COURTRAI ET DU CAMP DE 1744. À Paris- gravure originale.
  45. Le régiment desGardes Écossaise avait servi dans les rangs de l'armée française, de 1633 à 1678, sous les noms derégiment d'Hepburn et derégiment de Douglas.
  46. a etbJean-Baptiste de Chabannes, marquis d'Apchon et de la Palice, comte de Pionsac, baron de Vauxmier, de Trisac, de Cheronges, de Duras, de Belarbre, de La Chénal et premier baron d'Auvergne né le 4 octobre 1715 (où 3 octobre 1714) (†20 mars 1781)(fils de Gilbert Gaspard de Chabannes (1685-1746) et Philiberte d'Apchon.
  47. MaisondeChabannes(anciens Cabanis, Chabanes) page 25.
  48. Louis Moréri : Le Grand dictionnaire historique page 422.
  49. Carte de Meppen de 1761.
  50. Maurice Bouvet : L'hôpital des Gardes-Françaises (devenu « du Gros-Caillou »). Un hôpital militaire parisien sous l'ancien régime.
  51. Jean-Pierre Louis de La Roche du Maine Luchet :Mémoires pour servir à l'Histoire de l'année 1789, Volume 4 pages 95-96.
  52. 14 juillet 1789, quelle histoire !.
  53. Le sergent Antoine Labarthe né le àCastelnau-d’Arbieu dans le département duGers.
  54. Le 14 juillet 1789, un sergent gersois prend la tête des forces révolutionnaires....
  55. Recueil de pièces intéressantes sur la Bastille.
  56. Le régiment des Gardes Françaises avait 30 drapeaux, dont un blanc colonel et 29 d'ordonnance de taffetas bleu turquin. Tous ces drapeaux étaient semés de fleurs de lys d'or dans les quartiers et avaient une couronne en or au sommet de chaque branche de la croix.
  57. de Courcelles, « Dictionnaire des généraux français », tome 1,p. 8.
  58. Mémoires de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France, 1874,p. 143.
  59. Mémoires du Sieur François de Boivin, baron du Villars.
  60. abc etdChastelier-Portault : un poitevin dans les guerres de Religion.
  61. François Xavier de Feller : Biographie universelle Tome 2, page 208.
  62. Louis Suzane : Histoire de l'ancienne infanterie française Tome 2.
  63. Favoris, mignons, archi-mignons.
  64. Françoise Babou de La Bourdaisière, marquise de Cœuvres.
  65. Inès Murat : Gabrielle d'Estrées.
  66. ab etcPierre Champion :Ronsard et son temps page 360 à 363.
  67. Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France Tome second page439.
  68. Miniature de Charles de Balsac d'Entragues, baron de Dunes, dit Le Bel Entraguet (1547-1599).
  69. Les Balsac d'Entragues mignons des Valois.
  70. Pierre de L'Estoile :Journal de Henri III, de Henri IV et de Louis XIII Tome 1, page 122 (1575).
  71. a etbJean Charles Léonard Simonde de Sismondi Histoire des Français, Volume 13 page 384.
  72. Le baron de Vitteaux est qualifié de « brave » et d'« assassinateur ».

Annexes

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Sources et bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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