Lerégiment de Pondichéry est un régiment d'infanterie descolonies duroyaume de France, créé en1772,devenu sous laRévolution le107e régiment d'infanterie de ligne.
Lestroupes coloniales sont créés par ordonnance royale du
L'ordonnance royale du, créait, pour la garde desîles de France etde Bourbon, trois régiments désignés sous les noms derégiment de l'Île-de-France,régiment de l'Île-de-Bourbon etrégiment du Port-Louis, distingués par l'habit blanc à revers, et entre eux comme il suit :
Le « régiment de Pondichéry », est créé par ordonnance royale du avec une partie de la légion de l'Ile-de-France qui se trouvait àPondichéry sous les ordres de Pierre Jean Baptiste François Xavier Legardeur de Repentigny[2].
Par le Roi.
Sa Majesté voulant donner aux Troupes destinées à la garde de la ville dePondichéry et de ses autresPossessions dans l'Inde, la même forme que celle des Troupes desautres Colonies, Elle a résolu de réformer les Compagnies d'Infanterie entretenues sous le nom de Bataillon de l'Inde et d'y substituer un Régiment sous la dénomination deRégiment de Pondichéry; Sa Majesté a en conséquence ordonné et ordonne ce qui suit[3] :
Leditrégiment sera composé de deuxbataillons, et chaque bataillon de neufcompagnies, dont une degrenadiers et huit defusiliers.
Chaque compagnie de grenadiers sera commandée par uncapitaine, unlieutenant en premier et un lieutenant en second, et composée d'unfourrier, de deuxsergents, quatrecaporaux, quatreappointés, quarante grenadiers et untambour.
Les quatre caporaux, les quatre appointés et les quarante grenadiers seront distribués en quatreescouades de douze hommes chacune, dont un caporal et un appointé : la première et la troisième escouades formeront la première division, à laquelle sera attaché le premier sergent; la seconde et la quatrième escouades formeront la seconde division, à laquelle sera attaché le second sergent. La première division sera subordonnée au lieutenant en premier, et la seconde au lieutenant en second. Ces deux officiers en rendront compte tous les jours au capitaine qui en répondra aumajor, le major aulieutenant-colonel, et celui-ci aucolonel.
L'intention de Sa Majesté est, que les grenadiers qui viendront à manquer, soient remplacés sur le champ par les compagnies de fusiliers, chacune à son tour.
Chacune des compagnies de fusiliers sera commandée par un capitaine, un lieutenant en premier et un lieutenant en second, et composée d'un fourrier, de quatre sergents, huit caporaux, huit appointés, quatre-vingt fusiliers et deux tambours. Les huit caporaux, les huit appointés et les quatre vingt fusiliers formeront huit escouades de douze hommes chacune, y compris un caporal et un appointé. La première et la cinquième escouades formeront la première subdivision, à laquelle sera attaché le premier sergent ; la seconde et la sixième escouades formeront la seconde subdivision, à laquelle sera attaché le second sergent ; la troisième et la septième escouades formeront la troisième subdivision, à laquelle sera attaché le troisième sergent ; la quatrième et la huitième escouades formeront la quatrième subdivision, à laquelle sera attaché le quatrième sergent. Les première et troisième subdivisions formeront la première division, lui sera subordonnée au lieutenant en premier ; la deuxième la quatrième subdivisions formeront la seconde division que commandera le lieutenant en second. Cesdeux officiers en rendront compte tous les jours au capitaine qui en répondra au major, le major au lieutenant-colonel, et celui-ci au colonel.
L'état-major dudit régiment sera composé d'un colonel, d'un lieutenant-colonel et d'un major, avec unaide-major et un sous-aide-major par bataillon, d'unquartier-maître & de deuxporte-drapeaux aussi par bataillon, et d'untambour-major.
Le major aura le commandement sur tous les capitaines.
Il sera en outre attaché au premier bataillon un aide-major et un sous-aide-major de plus, pour, sous l'autorité du major, discipliner et exercer lesCipayes entretenus pour le service de Sa Majesté.
Ledit régiment roulera avec les autres Régiments des Colonies, lesquels n'auront avec celui-ci d'autre rang que l'ancienneté des colonels ; et où ils se trouveraient dans le cas de marcher ensemble en corps ou par détachement, le commandement appartiendra au grade supérieur, et à grade égal, à l'ancienneté decommission.
Les capitaines, lieutenants en premier et lieutenants en second, commanderont entr'eux dans les places et en campagne, selon l'ancienneté de leurs commissions, brevets ou lettres.
Les appointements des officiers et la solde des soldats dudit régiment seront payés sur le pied qui suit, à compter du jour de la publication de la présente ordonnance, le tout sans aucune augmentation pour raison de logement, ou pour tenir lieu de rations, ou à quelque titre que ce soit.
Les officiers, tant de l'état-major que des compagnies, jouiront de leurs appointements en entier, à la seule déduction des quatre deniers pour livre attribués aux invalides de la Marine, et les capitaines supporteront en outre la retenue des quatre deniers pour livre sur lasolde des bas-officiers et soldats de leurs compagnies.
Veut et entend Sa Majesté, que, sur la solde réglée â chaque fourrier, sergent, caporal, appointé, grenadier, fusilier et tambour, il en soit affecté seize deniers par jour par chaque fourrier et sergent, et huit deniers par chaque caporal, appointé, grenadier, fusilier et tambour, pour s'entretenir delinge et dechaussure.
Le décompte de la retenue pour linge et chaussure sera fait tous les quatre mois, afin que chacun puisse connaître sa situation; et pour cet effet le Chef de chaque chambrée sera tenu d'y afficher le décompte de chacun.
Le régiment de Pondichéry n'est totalement organisé que le.
Par ordonnance royale en date du le régiment est réduit à 1 bataillon composé de 10 compagnies, dont une de grenadiers, une de chasseurs et huit de fusiliers[4], qui fut charger de supporter la défense despossessions françaises en Inde, avec quelques compagnies deCipayes contre les forces Anglaises durant lacampagne des Indes dans le cadreGuerre d'indépendance des États-Unis.
Après avoirdéfendu vaillamment Mahé, le régiment de Pondichéry et deux compagnies de canonniers sontassiégés dans Pondichéry, le, par les troupes de lacompagnie des Indes anglaise durant dix semaines.
Dans la capitulation de qui suivit, le, il fut expressément convenu avec legénéral anglais Munro que le régiment garderait ses drapeaux et serait transporté à l'Ile de France aux frais de Sa Majesté Britannique. Cette capitulation fut finalement violée. Non-seulement le régiment de Pondichéry fut embarqué pour la France, au lieu d'être conduit à l'Ile de France, mais, le, le navire français le Sartines, frété par legouvernement de Madras pour transporter une partie du corps, ayant été rencontré dans le sud ducap Saint-Vincent par le vaisseau anglais de 50 canons, leRomney, commandé par le capitaine Roddam Home, fut traité en ennemi. En vain, le capitaine du Sartines arbora-t-il le pavillon de cartel, l'Anglais fit l'aveugle et lui envoya plusieurs bordées qui tuèrent le capitaine du Sartines et deux hommes du régiment de Pondichéry. Quand le navire fut près de couler bas, l'Anglais l'abandonna. II faisait quatre pouces d'eau par heure, quand il parvint le à mouiller dans larade deCadix.
Le régiment de Pondichéry se rembarqua pour l'Inde en1780 sur la flotte ducomte du Chilleau.
Par ordonnance royale du, la3e légion des Volontaires-étrangers de la Marine[5] et la compagnie établie à la suite de l'artillerie de l'Isle de France[6] sont supprimées et incorporées dans le régiment de Pondichéry pour former le2e bataillon[7].
Arrivé en vue dePondichéry en février1782, il prit terre et contribua, dans le cadre desguerres du Mysore, avec lerégiment d'Austrasie à laprise de Gondelour et ausiège de Trinquemalé, et en1783 à ladéfense de Gondelour.
A la paix, le régiment reprit possession dePondichéry et des autresétablissements français de l'Inde.
En février1791, le régiment de Pondichéry n'arrivant pas a recruter, le2e bataillon est incorporé dans le1er bataillon pour le compléter[8].
Par décret rendu par l'Assemblée nationale constituante, le11 juillet 1791, tous les régiments etbataillons coloniaux desrégiments du Cap, de Pondichéry,de l'Île de France,de la Martinique,de la Guadeloupe,Port-au-Prince etde l'Île-de-Bourbon, prendront les numéros106,107,108,109,110 et111. Il leur sera envoyé les drapeaux décrétés pour les régiments de ligne[9].
A la fin de, pendant laguerre de la Première Coalition, durant lesguerres de la Révolution française, une armée anglaise, composée de 5 000 soldats européens et de 17 000Cipayes vint mettre lesiège devant Pondichéry. Cette ville résista pendant quarante et un jours de tranchée ouverte. Elle se rendit le, et les 570 hommesqui restaient encore du régiment de Pondichéry demeurèrentprisonniers de guerre et les 2 bataillons de cipayes Français furent licenciés.
Il n'est pas besoin de dire que les189e et190e demi-brigade que devait former le régiment de Pondichéry n'ont jamais existé.Ainsi disparaît pour toujours le107e régiment d'infanterieci-devant Pondichéry, partageant le sort de tous ces vieux régiments qui depuis deux siècles avaient défendu si intrépidement la patrie contre toutes les coalitions.
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
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