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Lerégiment Royal est un régiment d'infanterie duroyaume de France, créé en 1663,devenu sous laRévolution le23e régiment d'infanterie de ligne.
Après la mort deGaston,duc d'Orléans, frère deLouis XIII, unédit du réunit le « régiment de l'Altesse », qui avait été levé par ce prince le, et le « régiment Royal », formé par leduc d'Arpajon en vertu d'une commission du.
La fusion fut complète. Le « régiment de l'Altesse » forma le1er bataillon du nouveau corps, et lui donna son ancienneté. Le régiment Royal forma le2e bataillon et céda son nom.
Le régiment porta d'abord le titre de « régiment du Roi », et ce ne fut que le, que celui-ci reprit le nom « régiment de Royal ».
Pendant tout lerègne de son frère,Gaston,duc d'Orléans, n'avait pas eu de régiment d'infanterie sous son nom. Ce prince, plutôt par faiblesse de caractère que par ambition, avait presque toujours pris parti avec les mécontents. Lecardinal de Richelieu ne pouvait donc point commettre la faute de lui laisser lever des troupes. Mais, en1644, Richelieu et Louis XIII étaient morts, et Gaston étaitlieutenant général du royaume. Il leva à la fin de cette année un régiment d'infanterie, dont il donna d'abord le commandement àHenri François Alphonse d'Ornano, marquis de Sainte-Croix, et qui fut appelé « régiment de l'Altesse », à cause de ce titre que Gaston porta le premier en France, et que, plus tard, les princes du sang changèrent en celui d'altesse royale.
Ce régiment débuta, dans le cadre de laguerre de Trente Ans, en Flandre en1645, et se fit remarquer le 19 juin au passage de la Colme, puis auxsièges de Mardyk,de Bourbourg etde Menin. Le, ausiège de Mardyk, il attaqua lacontrescarpe et lecorps de garde établi dans laplace d'armes.
En1646, le régiment de l'Altesse prit part auxsièges de Courtrai[8],de Mardyk etde Dunkerque. Le régiment de l'Altesse eut l'honneur d'entrer dansDunkerque avec lesGardes.
En1647, il est à laprise de la Bassée etde Lens.
Il ouvre la campagne de1648 par lesiège d'Ypres puisse trouve ensuite à la célèbrebataille de Lens, à laprise de Furnes.
En1649 les troubles dela Fronde commencèrent. Le régiment de l'Altesse assista aublocus de Paris, et se signala le 8 février à l'attaque de Charenton, qui fut suivie de l'expédition sur Brie-Comte-Robert. Il marcha ensuite ausecours de Cambrai, que les Espagnols espéraient reprendre à la faveur des discordes civiles, et contribua à laprise de Condé.
En1650, leprince de Condé ayant été arrêté, son parti prit les armes et souleva laBourgogne. Le régiment de l'Altesse fut envoyé, au mois de février, àSaint-Jean-de-Losne pour garder cette place. Il vint au mois d'avril ausiège de Bellegarde, où le roi « admira sa belle tenue. » Il retourna ensuite dans les provinces du nord, porter secours à la ville deGuise, garda quelque tempsLaon, fit lesiège de Rethel, et prit part à la bataille livrée près de cette ville, oùTurenne fut battu par lemaréchal duPlessis-Praslin.
En1651, le régiment de l'Altesse continua de servir, dans laPicardie et laFlandre.
En1652, leduc d'Orléans, irrité du retour deMazarin, sépara ses régiments de l'armée royale, et les envoya sur laLoire, àCosne, pour couper le passage au cardinal. Cependant Mazarin trompa la vigilance de ses ennemis et rentra à la cour plus puissant que jamais. Le duc d'Orléans, suivant son habitude, fit sa paix , mais son régiment d'infanterie demeura dans l'armée des princes, et peu s'en fallut qu'aupont de Jargeauil ne s'emparât de toute lacour. Aucombat du faubourg Saint-Antoine,Condé le plaça à la tête dufaubourg, où il canonna l'armée royale avec deux petites pièces queGaston lui avait données. En septembre,Louis XIV avait atteint sa majorité. Ce nouvel état de choses ne fut pas favorable auduc d'Orléans, qui fut obligé de se retirer dans sonchâteau de Blois. Pendant ce temps, le régiment de l'Altesse aidait leprince de Condé às'emparer de Sainte-Menehould, et ce fut le lendemain de laprise de cette ville, au mois de novembre, qu'il quitta l'armée des rebelles pour rentrer au service du roi avec lesrégiments de Languedoc-Orléans,de Valois etde Langeron , qui appartenaient aussi àGaston.
En1653, dans le cadre de laGuerre franco-espagnole, le régiment de l'Altesse est envoyé dans leLanguedoc, et passe lesAlpes avec lemaréchal de Grancey. Le 23 septembre il se trouve aucombat de la Roquette et y supporte le principal effort[9],[10].
En1656, on le trouve ausiège de Valencia.
En1657, il sert ausiège d'Alexandrie.

En janvier1658, il entre dans lePlaisantin et s'empare, avec lerégiment de Navarre, deCasalmaggiore. Le 14 juillet, il se couvre de gloire au passage de l'Adda, où il avait la tête de l'avant-garde.Ce fut sadernière action de guerre.
Le régiment Royal, est levé en1656, parLouis,duc d'Arpajon, qui se rend la même année àLa Fère, où leroi le vit. Voici l'article de laGazette de France, qui nous raconte la première entrevue du roi et de son régiment :
En1657, dans le cadre de laguerre franco-espagnole, le régiment Royal fait ses premières armes ausiège et la prise de Montmédy sous le commandement dumaréchalde Turenne. Il prend part, ensuite, auxsièges de Saint-Venant, de Wates etde Mardyk. Lorsque lerégiment de Piémont se futemparé de Bourbourg, il yfut envoyé, à la fin de septembre, avec lerégiment anglais de Morgan pour en relever les fortifications.
En1658, il commença la campagne enLorraine, puis passa en Flandre au mois de juillet. Il se trouva à l'investissement de Gravelines, qui se rendit après 21 jours de tranchée ouverte. Il releva plus tard huitcompagnies des Gardes-Françaises qui occupaientMenin,récemment conquis.
Le régiment resta en garnison dans cette ville jusqu'au, qu'il remit aux Espagnols en vertu dutraité des Pyrénées.
Ce fut alors que, conformément à l'ordonnance du, il fut réuni au régiment de l'Altesse sous le nom deRégiment Royal.
Le « régiment Royal » présenta, pendant les premières années de son existence, une bizarrerie : il eut deux colonels et deux drapeaux blancs, tant que vécurent ensemble leduc d'Arpajon et lemarquis de Pierrefitte, qui commandaient précédemment les régiments dont il fut composé.
Toutefois,Louis d'Arpajon eut le pas surCharles-Antoine du Châtelet, et commanda réellement le « régiment Royal » jusqu'à sa mort en1679.Charles Antoine du Châtelet marquis de Pierrefitte devint alors seul colonel, et tout rentra dans l'ordre.
Après la fusion, courant1660, le nouveau corps se rendit enLorraine et ses deux bataillons furent mis en garnison àNancy etThionville.
En1663, il servit à laprise de Marsal, seule place qui restât àCharlesduc de Lorraine. Après cette campagne, il fut, comme lesVieux Corps, porté à quarante compagnies.
En juin1664, les vingt premières compagnies se rendirent àToulon avec lemarquis de Pierrefitte, et s'y embarquèrent sur la flotte deFrançois de Vendômeduc de Beaufort pour participer à l'expédition de Djidjelli. Le départ eut lieu le, et, après une courte relâche àPort Mahon, l'armée arriva le 22 juillet en vue deDjigelli, sur lacôte d'Afrique. Après le débarquement, le régiment Royal fut chargé d'occuper le fort du Marabout, qui fermait l'entrée du port de Djigelli, et il y demeura jusqu'au rembarquement de l'expédition.
Rentré en France, il resta aux environs deToulon jusqu'en mars1666, et se rendit alors aucamp de Compiègne[12].
En1667, dans le cadre de laguerre de Dévolution, le régiment Royal, attaché à la même brigade que lerégiment d'Auvergne, prend part auxsièges de Charleroi,de Tournai etde Douai, qui firent peu de résistance, et àcelui de Lille, où il partagea les travaux avec lerégiment de Picardie.
Au début de1671, quandLouis XIV acheta pour lerégiment du Roi le rang durégiment de Saint-Vallier, le dernier desPetits Vieux, il voulut que le régiment Royal profitât aussi de cet avancement, et il lui donna le rang qu'avait auparavant le régiment du Roi, c'est-à-dire celui de l'ancien Lorraine, le14e rang[13]. Par la suite, le régiment Royal gagna encore un rang en 1678, quand lerégiment écossais de Douglas repassa en Angleterre. Il devint alors le 13e et conserva ce rang jusqu'audédoublement des vieux régiments, en 1776.
En1672, dans le cadre de laguerre de Hollande, le régiment Royal marche à la conquête de la Hollande et assiste auxsièges de Charleroi etde Doesbourg, aupassage du Rhin et à laprise d'Orsoy etde Rheinberg. Quelques compagnies furent mises en garnison dansDoesbourg,Zutphen etWesel tandis que le reste du régiment passa enWestphalie avec lemaréchal de Turenne etcontribua à la soumission d'Unna,Zoëster,Kamen etAltena.
En1673, les deux bataillons furent employés ausiège de Maastricht. Le régiment Royal y ouvrit la tranchée avec lerégiment de Picardie dans la nuit du 17 au 18 juin. À la pointe du jour, un détachement du régiment eut ordre d'attaquer une maison qui était près de lacontrescarpe. Il y marcha à découvert et s'en empara après avoir tué une partie des défenseurs et fait le reste prisonnier. Après la prise deMaastricht, le régiment suivit leroi enLorraine et resta quelque temps àNancy, dont il releva les fortifications. Il eut ses quartiers d'hiver àSaint-Wendel.
En mars1674, il se rend enFranche-Comté, et pendant l'investissement de Besançon, les mille mousquetaires du régiment sont envoyés avec lerégiment de Picardie et d'autres troupes àPontarlier, pour y faire s'opposer à l'ennemi qui s'assemblait de ce côté. Après avoir soumis cette ville et s'être emparé duchâteau d'Ornans, ce corps revint devantBesançon. Le 17 mai, le1er bataillon monta la tranchée devant lacitadelle qui se rendit le lendemain. Dix jours après, le régiment Royal relevait lesGardes Françaises ausiège de Dole, et sa brigade emportait lechemin couvert.
Il fit encore lesiège de Salins, qui se rendit le 22 juin et rejoignit ensuite l'armée dumaréchal de Turenne enAlsace. Il assista auxcombats de Sinsheim,d'Entzheim etde Mulhausen.
Le le régiment est à labataille de Turckheim, puis ausiège du château de Dachstein. Après s'être reposé quelque temps àMetz, il se rend pour l'ouverture de la campagne à l'armée que lemaréchal de Créqui assemblait àCharleville, pour agir entre laSambre et laMeuse. Le régiment Royal souffrit beaucoup ausiège du château de Dinant. Il fait ensuite lesiège d'Huy, où son1er bataillon ouvrit la tranchée le 4 juin, et quibattit la chamade sous ses drapeaux. Quelques jours après, ilouvrait la tranchée devant Limbourg, dont il emporta le 17 juin lademi-lune. Le lendemain, lamine ayant fait brèche aubastion, le régiment Royal fut commandé pour y faire le logement. Après un combat sanglant, un escouade de 26 hommes, ayant pénétré dans le bastion, fait prisonniers le commandant et le major de la place, et force les assiégés à mettre bas les armes.
Le régiment rejoignit ensuite l'armée du roi àSaint-Trond, et fut employé à démolir les fortifications de cette ville. Pendant le reste de la campagne, l'armée, affaiblie par les renforts envoyés en Allemagne, resta sur la défensive.
En1676, le régiment Royal ouvrit la campagne par lesiège de Condé puis parcelui de Bouchain ou il s'y distingua à la prise duchemin couvert. Il passa de là ausiège d'Aire où il s'empara dufort Saint-François, et fit ensuite partie du corps d'armée dumaréchalde Schomberg, qui forçaGuillaumeprince d'Orange à lever lesiège de Maastricht.
En1677, il prend part ausiège de Valenciennes et àcelui de Cambrai où il emporte le 2 avril deuxdemi-lunes et l'ouvrage à cornes.Cambrai capitula le lendemain, et le régiment Royal est alors envoyé à l'armée deMonsieur,frère du roi, quiassiégeait Saint-Omer. Il se trouve, le 11 avril, à labataille de Mont-Cassel et y occupait la gauche de l'infanterie en première ligne. Le matin même de la bataille, les troupes du prince d'Orange s'étaient emparées de l'abbaye de Piennes, dont lerégiment de Lyonnais les avait débusquées deux jours auparavant. Ce poste important couvrait la gauche de l'armée et les travaux dusiège de Saint-Omer. La brigade de Royal et une brigade suisse le reprirent. Après ce premier succès ces troupes chargèrent la droite de l'ennemi, culbutèrent l'infanterie hollandaise qui formait cette droite et commencèrent ainsi la déroute du prince d'Orange. Le régiment Royal acheva la campagne de 1677, sous lemaréchal de Luxembourg, qui fit lever lesiège de Charleroi, le 14 août. Au mois de novembre il quitta ses quartiers pour prendre part ausiège de Saint-Ghislain, où sesgrenadiers s'emparèrent d'uneredoute.
En1678, le régiment assista auxsièges de Gand etd'Ypres, et à labataille de Saint-Denis, où il ne fut pas sérieusement engagé. Au mois de juin, il se rendit à l'armée d'Allemagne et prit part le 6 juillet à l'affaire de Rheinfelden. Au mois d'août il était aublocus de Strasbourg et il contribua le 11 de ce mois à la prise desforts de l'Ill etde Zolhaus.
À la paix, le régiment Royal fut mis en garnison àFribourg.
En1681, il reçut comme lerégiment de Picardie, l'ordre de se rendre dans leDauphiné, mais à son passage àBrisach, il fut embarqué sur leRhin et alla prendre possession deStrasbourg le 3 octobre.
Il resta en garnison dans cette ville jusqu'en1683, au début de laguerre des Réunions, ou il fit alors partie du camp deMolsheim.
En1684 il sortit deVerdun où il avait passé l'hiver, pour aller faire lesiège de Luxembourg. Il y partagea les travaux desrégiments de Piémont etd'Auvergne, se distingua à l'assaut du 27 mai ou son colonelCharles Antoine du Châtelet,marquis de Pierrefitte y reçut trois blessures considérables.
Après ce siège, le régiment Royal fut mis en garnison àThionville, et il fut employé de1687 à1688 auxfortifications de Mont-Royal.
En septembre1688, dans le cadre de laguerre de la Ligue d'Augsbourg, le1er bataillon joignit le corps dumarquis de Boufflers, campé entreMayence etKreutznach, et prit part aubombardement de Coblence. Pendant ce temps le2e bataillon servait à l'armée du Dauphin et faisait lessièges de Philisbourg etde Manheim.
En1689, le1er bataillon, qui avait passé l'hiver àTrèves dont il démolissait les ouvrages, eut l'ordre de se jeter dansMont-Royal menacé d'un siège. Mais les ennemis s'étant tournéscontre Mayence, lemaréchalde Boufflers résolut d'emporter la petite ville et le château de Kockheim. La réussite de cette expédition fut en partie due au bataillon du régiment Royal. Le2e bataillon servit cette année sous lemaréchal de Lorges, qui se tint sur la défensive.
En1690, tout le régiment était à l'armée chargée de couvrir lesfrontières d'Allemagne.
L'année suivante il se rendit enPiémont, sous le commandement duMaréchal de Catinat. Il se trouva à laprise de Villefranche,de Montalbano,de Saint-Ospizio (Sant'Ospizio),de Nice,de Veillane etde Carmagnola. Au mois d'août il tua 300 hommes auprince Eugène, qui tomba dans une embuscade au moment où il voulait empêcher l'armée française de passer lePô. Après diverses expéditions autour deTurin, le régiment Royal entra dansSuze et prend encore part, le 24 octobre, à un combat où fut mise en déroute l'arrière-garde du prince Eugène, qui avait fait une démonstration jusqu'au pied desAlpes. Le régiment Royal termina cette campagne, par laprise du château de Montmélian, où il laissa six compagnies.
En1692, le régiment porté à trois bataillons est appelé enFlandre. Après avoir assisté ausiège de Namur, il se trouva à labataille de Steenkerque.
En1693, il passe à l'armée d'Allemagne et contribue à laprise d'Heidelberg etd'Awingemberg. Sur la fin de la campagne, le régiment Royal retourna enFlandre avec son nouveau colonel-lieutenant, lemarquis de Calvo et prend part aux opérations dusiège de Charleroi.
En1694, le régiment Royal retourne encore en Allemagne et passe le Rhin le 8 juin. Il n'y eut toutefois que des escarmouches insignifiantes, sauf unpetit combat près de Dernbach.
En1695, le régiment passe enItalie. Cette campagne et la suivante sont stériles en événements.
En septembre1696, le régiment met lesiège devant Valenza[14], mais pendant ce temps on arrêtait les préliminairesde la paix àVigevano. Le siège fut levé et le régiment Royal alla passer l'hiver enDauphiné.
Rentré peu après en France, après letraité de Ryswick, il fait la campagne de1697 avec lemarquis de Boufflers, qui couvrait les opérations dusiège d'Ath.
En1698, il reçoit par incorporation lerégiment réformé de Puynormand.
Quand éclate laguerre de Succession d'Espagne, en1701, le régiment Royal occupeGand, puisNamur, pourPhilippe V, et termina la campagne au camp deRuremonde[15]. Il passa l'hiver dans l'électorat de Cologne où il eut une compagnie enlevée par un parti de cavalerie. Ce fut le premier acte d'hostilité de cette guerre du côté du Rhin.
En1702, le3e bataillon est jeté dansVenloo en défendant avec acharnement cette place. Il rejoignit ensuite les deux premiers, qui servaient sous leduc de Bourgogne, et le corps réuni passa l'hiver àBonn. Un détachement, sorti de cette ville, enleva àGuiminich 300 dragons impériaux, un grand nombre de chevaux, desétendards et destimbales.
À l'ouverture de la campagne de1703, le3e bataillon de Royal est de nouveau détaché et envoyé à l'armée de Flandre, sous lemaréchal de Villeroy. Les deux premiers furentassiégés dans Bonn, au mois d'avril. La place était mauvaise : au bout de douze jours de tranchée ouverte, elle était aux abois. Le marquis d'Alègre, qui y commandait, désespérant de pouvoir soutenir un assaut, tente une sortie en plein midi à la tête du régiment Royal. Il pénètre jusqu'aux batteries ennemies et y encloue dix canons et six mortiers. Il exécute ensuite sa retraite, emmenant 60 prisonniers, entre autres un colonel et plusieurs officiers. Quelques jours après, les assiégeants, convaincus que la garnison était résolue à une résistance désespérée, lui accordèrent tout ce qu'elle demandait. Elle sortit par la brèche et se rendit àLuxembourg. Épuisé par ce siège, le régiment Royal était nu. Chaque soldat reçut une veste et unsarrau de toile, et dans cet équipage le régiment prit la route de l'Alsace et joignit leduc de Bourgogne qui allait faire lesiège de Brisach. Il y monta deux fois la garde de tranchée. Au mois d'octobre, il est ausiège de Landau et prend part le 8 novembre à l'attaque des contre-gardes. Au signal donné, les grenadiers montent à l'assaut, mais ils trouvent derrière le parapet un retranchement d'où part un feu terrible qui les écrase. Cinq jours après, le régiment Royal est plus heureux et, malgré la vive résistance des assiégés, la contre-garde fut enlevée. Le lendemain 14, le régiment Royal sort des lignes avec une partie de l'armée, pour aller au-devant du prince de Hesse-Cassel, et se couvre de gloire le 15 à labataille de Speyerbach. Il y occupait le centre de la première ligne. Le combat avait commencé à la droite : le colonelmarquis de Calvo, profitant d'un faux mouvement de l'ennemi, le charge successivement avec ses deux bataillons : sa manœuvre, imitée par le reste de l'infanterie, décide la victoire. Dans cette bataille, l'armée française prit plus de drapeaux et d'étendards qu'elle ne perdit de soldats. Labataille de Speyerbach coûta au régiment Royal son colonel-lieutenant, lemarquis de Calvo.Landau se rendit immédiatement. Le3e bataillon, qui avait commencé la campagne en Flandre, avait été détaché en septembre avec lemarquis de Pracomtal pour observer le prince de Hesse-Cassel. L'infanterie de ce corps ne put arriver à temps pour prendre part à la bataille. Les trois bataillons du régiment Royal hivernèrent àTrèves et autres places de laSarre.
En1704, le régiment est chargé d'escorter les recrues qu'on envoyait à l'armée de Bavière, et il partage ledésastre de l'armée à Höchstädt. Dans cette bataille, le régiment Royal occupait avec lerégiment de Languedoc le village deBleinheim, à lagauche de la ligne deTallard. Après la déroute de la cavalerie, il fut labouré par le feu à cartouches de quatre pièces de canon qui le prenaient d'écharpe. Ce fut alors que sept bataillons anglais, qui venaient de détruire complètement lerégiment de Zurlauben, prirent le régiment Royal entre deux feux et le forcèrent à se retirer en désordre dans le village. Le colonel du régiment,Pierre René de Brisay comted'Enonville, avec 150 hommes, se jeta dans lecimetière, et, par un feu nourri, parvint à ralentir la marche des vainqueurs. Pendant ce temps, le lieutenant-colonel de Saint-Maurice rallia le régiment dansBleinheim, et, exécutant une sortie désespérée, rejeta les Anglais dans la plaine. Mais le colonel d'Enonville, entouré par de nouveaux ennemis, n'ayant plus autour de lui dans le cimetière que quelques braves, et ignorant ce qu'était devenu le reste de son régiment, se résigna à capituler avec lord Kuts. Il faut dire que les Anglais usèrent en cette circonstance d'une ruse indigne et inutile, car la victoire ne pouvait leur échapper. On trompa le régiment Royal en lui disant que lerégiment de Navarre avait mis bas les armes, et on employa la même supercherie à l'égard du régiment de Navarre. A peine le colonel d'Enonville avait-il donné sa parole, que le lieutenant-colonel de Saint-Maurice reparut avec le gros du régiment ; mais il n'était plus temps, et le régiment Royal dut subir la loi après avoir brûlé ses drapeaux. Cette funeste journée lui coûta 40 officiers tués ou blessés, et plus de 400 hommes.
Après avoir recueilli ses débris àThionville, le régiment Royal alla se rétablir àSedan, et put mettre deux bataillons en ligne en1705. Il servit en Flandre et fit lesiège d'Huy, seul fait important de la campagne, après laquelle il se rendit àValenciennes, où il remit surpied son3e bataillon.
En1706, il alla servir sur leRhin et se trouva le 1er mai à laprise des retranchements de Drusenheim et à la levée dublocus du Fort-Louis, ce qui amena lareddition de Drusenheim,de Lauterbourg etd'Haguenau. La perte de labataille de Ramillies ayant contraintLouis XIV à renforcer l'armée de Flandre, le régiment Royal revint sur cette frontière et fut réparti dans les places menacées. Il eut plus tard ses quartiers d'hiver àDunkerque.
Il passa l'année1707 dansAire.
En1708, il est àMons au rendez-vous de l'armée, et se trouve, le 11 juillet, à l'affaire d'Audenarde, oùil demeure inactif. Détaché ensuite sous les ordres ducomte de La Mothe-Houdancourt, il prend part à l'attaque d'un convoi destiné ausiège de Lille. Un de ses bataillons parvint même à entrer dans la place, et contribue à la belle défense qu'y fit lemaréchal de Boufflers. Les deux autres se trouvèrent à laprise de Leffinghem, et plus tard, renfermés dansGand, ilsdéfendirent cette ville. Dans une sortie, les compagnies de grenadiers, avec d'autres appartenant aux divers corps de la garnison, culbutèrent quatre bataillons anglais. Après la capitulation de Gand, le régiment Royal se retira enPicardie, et fut partagé entre les villes deBoulogne, d'Ardres et deMontreuil.
En1709, le régiment combat avec lerégiment de Picardie àMalplaquet. Il occupe la droite de la deuxième ligned'infanterie. Quand la première ligne fut forcée, le régiment Royal, volant à son secours, chassa l'ennemi des retranchements qu'il venait d'envahir, et rétablit lecombat. Mais les alliés revinrent bientôt sur plusieurs colonnes, firent mine d'en vouloir aurégiment de Picardie, et, tournant tout à coup à droite, tombèrent sur lerégiment des Gardes-Françaises, qui fut enfoncé. Le régiment Royal y court, et, par une charge furieuse à labaïonnette, reprend le terrain que les Gardes Françaises ont été forcés d'abandonner. Les régiments Royal etNavarre pénètrent jusqu'au milieu des batteries ennemies, s'emparent de douze canons, qu'ils sont obligés de laisser faute de chevaux pour les atteler, et rentrent sur la ligne de bataille avec onze drapeaux anglais ou hollandais. C'est dans ce moment, où le succès paraissait assuré, que la blessurede Villars, laissant la gauche sans chef, changea la face des affaires et fit perdre au régiment Royal le fruit de ses d'exploits. Le colonel-lieutenant,comte d'Aubigné, fut blessé.
Les années suivantes, le régiment Royal continue de servir enFlandre.
En1712 il se trouve à labataille de Denain et ausiège de Douai. Avant la fin de ce siège, le régiment allainvestir le Quesnoy, où il eut dans une seule nuit 105 hommes tués ou blessés puis fait partie de l'armée d'observation qui protégeait les opérations dusiège de Bouchain.
En1713, il est sur leRhin, couvre lesiège de Landau, contribue à emporter les lignes desImpériaux devantFribourg, et participe ausiège de cette place, qu'il attaquait du côté dufort Saint-Pierre.Le 31 décembre de cette année, on incorpora dans le régiment Royal lesrégiments de Desangles,de Vassan, etde La Rivière, et après lapaix de Rastadt, on y incorpora encore lerégiment de Laubanie le etcelui de Bombelles le 4 octobre. Malgré ces renforts, le régiment Royal fut réduit à deux bataillons.
Après être resté quelques années en garnison àLille, le régiment passa en1718 àPoitiers.
On le trouve àCambrai en1724 et àToul en1726.
En1727 il fait partie du camp de la Moselle puis il se rend ensuite àSaarlouis, puis àMaubeuge en1728.
Pendant les années1729 et1730, il travaille auxfortifications de Metz. De là il est envoyé àDouai et fait encore partie en1732 des troupes assemblées sur laMoselle. Après le camp, il retourne àDouai.
Quand laguerre de Succession de Pologne éclate en1733, il est appelé à l'armée du Rhin, et fait lesiège de Kehl. Il passe l'hiver à Sedan et rétablit son3e bataillon.
Au commencement de1734, celui-ci est placé àMontmédy. Les deux premiers bataillons joignent leduc de Belle-Isle àThionville et contribuent à laprise de Trèves, àcelle de Traerbach et duchâteau de Greyffemberg, qui dominecette ville. Il se rend ensuitedevant Philisbourg, y monte quatre tranchées et y souffre beaucoup des fièvres, les soldats ayant été presque constamment dans l'eau. Après la reddition dePhilisbourg, le régiment Royal, est employé à surveiller les mouvements duprince Eugène, et occupeOppenheim. Il suit plus tard lemaréchalde Noailles dans sa pointe sur leWurtemberg, et se trouvait au camp deNeuffen quand il reçut l'ordre de passer enItalie.
Rejoint par son3e bataillon, il se met en marche par l'Alsace, laFranche-Comté, leDauphiné et laSavoie, et arrive en six semaines àPlaisance. Il passe l'hiver àReggio etPavie.
Au mois de mai1735, le régiment Royal rejoint l'armée àGuastalla et contribue à laprise de Gonzaga,de Reggiolo etde Revere.
Les préliminaires de lapaix ayant été signés, les Français évacuent lesÉtats de Venise.
Le régiment est mis en garnison àModène et rentre en France, en1736, par la vallée deBarcelonnette. Ses bataillons sont répartis entre les villes deMontpellier,Nîmes,Béziers etCarcassonne. Plus tard il occupePerpignan ,Collioure etMont-Louis.
En1737, il est àVienne,Romans etValence.
En1738, il est tout entier àStrasbourg.
En 1740, au début de laguerre de Succession d'Autriche, il tient garnison àLandau, àMetz en1741 et retourne en1742 àStrasbourg, où l'on rassemblait un corps de troupes qui devait aller renforcer l'armée de Bohême, mais il n'alla que jusqu'àDonauworth. Pendant les mois de juin et de juillet, les deux premiers bataillons firent partie du camp deNieder Altach, le 3e occupaitLawinghen. Le régiment se trouva plus tard à l'attaque duchâteau d'Ebersberg et fut ensuite placé au camp deDeckendorf. Quand les Français furent contraints à évacuer Deckendorf, un lieutenant et 30 hommes furent oubliés dans une redoute. Assaillie par un millier de hussards et depandours, cette petite troupe tint ferme, tua ou blessa plus de 200 Autrichiens et donna le temps aucomte de Saxe de venir la dégager. Au mois d'octobre, le régiment Royal était à laprise d'Elnbogen. En novembre, le régiment Royal alla ausecours de Braunau, dont leprince Charles fut obligé de lever le siège. Enfin, décimé par la guerre, le régiment est mis en cantonnements autour d'Eggenfelden, àReispach,Armstorf,Pfarrkirchen etSimbach , où uneépidémie acheva sa ruine.
En janvier1743, il changea de quartiers et fut mis à Ganghoven et à l'abbaye de Semanshausen. Le 17 mai, il est avec lerégiment de Picardie à ladéfense de Dunkelfingen, soutient un rude combat à la porte de Frontenhausen et perd 26 officiers et 134 hommes tués ou blessés, en repoussant les ennemis qui attaquaient le pont. Le lendemain 18 mai, leprince de Conti se porte, avec les régiments Royal,Provence etd'Angoumois, surLandau qui était menacé. Mais le 5 juin, les Autrichiens ayant forcé le passage duDanube à Pochin, le régiment se retira au camp sousRatisbonne et partagea toutes les opérations de la retraite dumaréchalde Broglie. Il repassa leRhin àSpire et fut envoyé àNancy. Hors d'état de continuer la campagne, il servit de garde auroi Stanislas, qui résidait alors dans cette ville.
En1744, le régiment Royal partit pourCambrai et fut incorporé dans l'armée de Flandre. Il fit lessièges de Menin,d'Ypres etde Furnes, et après le départ des renforts envoyés àl'armée du Rhin, il fut établi au camp deCourtrai et l'hiver venu, il entra auQuesnoy
Il sortitdu Quesnoy en avril1745 pour aller à l'investissement de Tournai. Le 11 mai, il était sur le champ debataille de Fontenoy, et fut d'abord placé en deuxième ligne derrière labrigade d'Aubeterre. Il y eut beaucoup àsouffrir du canon. A neuf heures, la brigade de Royal eut ordre de se porter à la droite entreFontenoy etAntoing, et, plus tard, changeant encore de position, elle vint se mettre en bataille au centre, derrière labrigade des Gardes. Au moment où elle prenait position, la première ligne fut enfoncée. Le régiment, sans se troubler, ouvrit des intervalles pour laisser un passage libre aux troupes qui se retiraient. Les Anglais arrivèrent sur lui. Il les reçut bravement, et, après des efforts inouïs, parvint à faire reculer de quelques pas cette terrible colonne. Mais lorsqu'il allait poursuivre cet avantage , il fut pris en flanc par une autre masse des alliés , qui ouvrit à cinquante pas, sur lui, un épouvantable feu de mousqueterie. Forcé de battre en retraite, le régiment Royal le fit en bon ordre à la faveur de la position durégiment du Roi. À la fin de la journée, le régiment Royal fournit une nouvelle charge contre la colonne anglaise et l'exécuta de front. Les Anglais, dans leurs relations, témoignèrent eux-mêmes de la part que le régiment avait prise à leur défaite, en disant que c'était un régiment de lions. Il eut, en outre, 136 hommes tués et 509 blessés.
« Ce ne sont pas des hommes, ce sont des lions. » Anglais à Fontenoy, 1745.
Après la bataille, il retourna dans les tranchées de Tournai, dont la citadelle tint jusqu'au 19 mai. Il passa de là ausiège d'Audenarde, et prit ses quartiers d'hiver àDunkerque, qu'il quitta un instant pour occuperGand pendant lesiège de Bruxelles.
En1746, le régiment Royal soutient sa réputation lors de labataille de Rocoux. Sa brigade attaque l'angle gauche duvillage de ce nom, sous les ordres dumarquis de Fénélon, qui est mortellement blessé dans ses rangs. Cette brigade, ayant eu tous ses officiers supérieurs mis hors de combat, se trouva,comme à Fontenoy, dans le cas de manœuvrer avec ses officiers particuliers, et le fit avec éclat. Elle s'empara d'une batterie de canons, et chassa l'ennemi jusqu'au delà deRocoux. Le régiment eut ce jour-là 400 hommes tués ou blessés. Le régiment Royal passa l'hiver àLouvain, y forma un4e bataillon et le régiment eut un nouveau colonel : Louis Félicien de Boffin d'Argenson marquis de Puysignieu.
Au mois de mai1747, il était au camp deMalines, qu'il quitta le 16 juin avec lecomte de Saint-Germain, pour remonter laDemer et s'emparer d'Aarschot,Zichem,Diest et Halem puis il se trouva ausiège de Berg-op-Zoom, où il ouvrit la tranchée dans la nuit du 14 au 15 juillet. Il monte le 16 septembre à l'assaut du bastion de Coëhorn, et s'y couvre de gloire. La pointe de l'attaque était faite par deux compagnies de grenadiers du régiment Royal,une de Limousin et deux des Grenadiers royaux, appuyées par les premiers bataillons des régiments Royal,Touraine,Custine,Limousin,Orléans etRochefort. L'ouvrage fut emporté. Le1er bataillon entra aussi de vive-force dans le fort Kickin, où il fit mettre bas les armes à 1 500 hommes. Il s'empara enfin de lademi-lune, située entre les deuxbastions attaqués. Le 25 septembre, il part deBerg-op-Zoom pour se rendre au camp deCapellen.
La campagne de1748 se borna ausiège de Maastricht.À la paix, le régiment Royal vint àSaint-Quentin où ses3e et4e bataillons furent réformés en 1749.
À partir de 1749, le régiment Royal parcourut les garnisons deMetz,Landau,Grenoble etFort Barraux,Romans etEmbrun.
En1753, il est au camp deBeaucaire, et il reste dans leLanguedoc et leVivarais jusqu'en1756.
Cette année là, dans le cadre de laguerre de Sept Ans, il est envoyé àToulon et s'y embarque, le 9 avril, pour l'expédition de Minorque, commandée par leMaréchalduc de Richelieu, et dont il est le plus ancien régiment.Le 18, il descend le premier sur laplage de Ciutadella, petite ville qui se rendit sans résistance. Le 8 mai commencèrent les opérations dusiège du fort Saint-Philippe de Mahon. Le terrain offrait de grandes difficultés aux cheminements, le roc étant presque partout à nu. Lemaréchal de Richelieu se résolut donc à une attaque de vive force sur tous les ouvrages à la fois. L'assaut eut lieu le 27 mai à dix heures du soir. La brigade du régiment Royal eut l'attaque de droite sur la redoute de Marlborough et le fort Saint-Charles. Les troupes escaladèrent avec la plus grande ardeurdes murs de vingt pieds de hauteur, malgré un feu terrible et le lendemain la garnison anglaise capitula.
Royal est resté dans l'île de Minorque jusqu'en mois de janvier1763, date à laquelle il rembarque pour revenir en France. En arrivant à Toulon, on y incorpora,suivant l'ordonnance du 10 décembre 1762, lerégiment de Cambis, qui avait été créé en 1676, et qui avait aussi fait partie de l'expédition de Minorque.
Le régiment Royal, qui était porté par cette incorporation à quatre bataillons, se rendit àMetz au mois de mai 1763, et il y a tenu garnison jusqu'en1766. Il fait, cette année là, partie du camp deSoissons, puis au mois d'août, il est envoyé àCalais.
En septembre1767 il est envoyé àSaarlouis, puis àThionville, en octobre1768, àLongwy etMontmédy en avril1770, àBrest, en septembre1770, àGivet en décembre1770, àSaarlouis en octobre1771, et en septembre1772 àStrasbourg. Ce fut dans cette ville que, conformément à l'ordonnance du 26 avril 1775 qui prescrivit de dédoubler tous les régiments d'infanterie à quatre bataillons, autres que lesVieux etPetits Vieux, il fut partagé en deux régiments.
Ainsi, les1er et3e bataillons formèrent lerégiment Royal et les2e et4e bataillons composèrent lerégiment de Brie.
En octobre 1775, le régiment Royal alla tenir garnison àValenciennes, et qui fut reculé, au24e rang, en 1776,par suite du dédoublement des vieux corps.
En septembre1776, il passa àMézières, àArras en mars1778, et pendant laguerre maritime que la France eut alors à soutenir contre l'Angleterre, il fut cantonné sur les côtes de laNormandie, àRouen,Granville,Cherbourg,Saint-Romain-de-Colbosc,Dieppe etDinan.
À la paix, en mai1783, on l'envoie àValenciennes, d'où il passe, en novembre1784 àSaint-Jean-d'Angély, qu'il quittel'année suivante pour se rendre àCondé. En novembre1787 il passe àCambrai, puis àStrasbourg en avril1788.
Le régiment Royal, sans cesser un instant d'être calme et discipliné, fut un des corps qui se déclarèrent le plus énergiquement pour l'Assemblée nationale et lanouvelle constitution. Pour répondre à des insinuations malveillantes répandues par les agents de la contre-révolution, il adressa, le, au comité de lagarde nationale deStrasbourg, unelettre qui rend bien compte de l'esprit qui animait l'armée à cette époque. Cette lettre, qui offre un intérêt tout particulier, parce que l'illustremaréchal Soult, alors sergent dans le régiment Royal, fut un de ses signataires, se terminait ainsi :
En1791,le régiment, devenu 23e de ligne par le licenciement durégiment du Roi, est envoyé àHuningue.
Il revint, en1792, àStrasbourg, où il est abandonné par quinze de ses officiers au moment où leshostilités allaient commencer. Les soldats furent obligés de poser des gardes pour empêcher qu'on leur enlevât leurs drapeaux. Au mois d'avril, après avoir participé à laprise de Porrentruy, les troubles d'Avignon le firent envoyer dans le midi. Il se rendit plus tard àBriançon, et son1er bataillon, après avoir contribué à laconquête de la Savoie, sous les ordresdugénéralMontesquiou, occupe successivementModane etSaint-Jean-de-Maurienne.
En1793, les deux bataillons firent partie de l'armée des Alpes, commandée parKellermann. Quand ce général futappelé par la Convention à la pénible mission de faire lesiège de Lyon, le1er bataillon du régiment Royal l'y accompagna, et ce fut le seul bataillon detroupes de ligne employé à laréduction de cette cité.
À la fin de 1793, les deux bataillons furent réunis à l'armée des Alpes, et prirent part à toutes les opérations dugénéral Dumas. La conduite du régiment fut admirable à l'attaque des retranchements du Mont-Cenis, le. Le2e bataillon enleva successivement les trois redoutes des Rivets qui étaient hérissées de canons. Pendant ce temps, le1er bataillon, parti deLanslebourg, marchait à la tête de la colonne du centre et, arrivé au pied des palissades de la redoute de la Ramasse, il l'enleva en un clin d'oeil, en chassa les Piémontais, et en tourna contre eux les canons. L'ennemi fut poursuivi dans sa déroute jusqu'à laNovalaise.
Quelques jours après, l'organisation des premières demi-brigades fut exécutée à l'armée des Alpes :
Ainsi disparaît pour toujours le23e régiment d'infanterie de ligneci-devant Royal, partageant le sort de tous ces vieux régiments qui depuis deux siècles avaient défendu si intrépidement la patrie contre toutes les coalitions.
Le régiment Royal avait douze drapeaux, qui tous avaient la croix blanche semée de fleurs de lys d'or[16].
Les onze drapeaux d'ordonnance avaient deux quartiers violets et deux quartiers de couleur noisette.
Il eut l'habit gris-blanc ou blanc, suivant l'époque, avec le collet, les parements, la veste et la culotte bleu-de-roi, les boutons d'argent et le galon de chapeau en or; deux poches en long de chaque côté de l'habit avec cinq boutons sur chaque poche, deux boutons rapprochés a chaque extrémité et un au milieu; trois boutons sur les parements.
Vers 1740, il avait la culotte blanche et le galon de chapeau d'argent.
De 1776 à 1779, il n'avait plus que le collet, les revers et les parements bleu-de-roi.
Pierre de La Rivière-Castéras ou Pierre de Castéras de La Rivière[17], né vers 1677, est le fils de Jean-Louis de Castéras de La Rivière et de Anne de Bellune. Marié le avec Diane Charlotte de Chaumont-Quitry ils ont 5 enfants.
Il commence sa carrière militaire en1691 dans lesmousquetaires du Roi avec lesquels il combat, dans le cadre de laguerre de la Ligue d'Augsbourg, àMons et àLeuze. En1692, il est ausiège de Namur et auxbatailles de Steinkerque,de Nerwinden, en1693 ausiège de Charleroi, et aucombat de Tongres puis aubombardement de Bruxelles.
En février 1702 devenu commandant d'une compagnie de grenadiers il est envoyé enItalie dans le cadre de laguerre de Succession d'Espagne avec laquelle il se trouve à labataille de Luzzara, ausiège de Borgoforte,et aux expéditions dans leTrentin.Rentré en France, en 1703, à la fin de cette campagne, Pierre de La Rivière-Castéras obtient le le commandement d'une compagnie dans lerégiment de Barville. Il fait la campagne de1704 enFlandre et obtient, en mars1705, le commandement de la compagnie de grenadiers durégiment de Barville avec laquelle il se trouve, en1706, à labataille de Ramillies.
Le il est nommé colonel d'un régiment d'infanterie qui prend alors son nom.
Le, le « régiment de La Rivière » est incorporé dans le « régiment Royal ».
Après cette fusion, il est attaché avec son grade à la suite du régiment Royal par ordre du, puis fait brigadier des armées du roi le.
Devenu gouverneur duchâteau de Blois, il meurt vers 1760[18].
Le « régiment de Bombelles » est créé le par donation du « régiment du Comte de Boufflers » àHenri François, comte de Bombelles[19].
Le « régiment du Comte de Boufflers », avait été levé le par Antoine Charles Louis comte de Boufflers. Le régiment, affecté à l'armée de Flandre, a participé durant laguerre de Succession d'Espagne à labataille d'Audenarde en1708 et à labataille de Malplaquet1709.
Donné le àHenri François, comte de Bombelles, il prend le nom de « régiment de Bombelles » et participe en1712, à labataille de Denain, auxsièges de Douai,du Quesnoy etde Bouchain.
Le, après lapaix de Rastadt, le « régiment de Bombelles » est incorporé au « régiment Royal ».
Le « régiment de Desangles » est créé le par donation du « régiment de La Rochedumaine » à Georges de Renard Desangles[20].
Le « régiment de La Rochedumaine », avait été levé le par N. de La Rochedumaine dans le cadre de laguerre de Succession d'Espagne.
Donné le à Georges de Renard Desangles, il prend le nom de « régiment de Desangles » et demeure toujours dans les garnisons.
Quelques mois avant lapaix de Rastadt, le, le « régiment de Desangles » est incorporé au « régiment Royal ».
Le « régiment de La Rivière » est créé le par donation du « régiment de Montluc » à Pierre de La Rivière-Castéras[21]
Le « régiment de Montluc », avait été levé le par François de Lasseran-Massencôme duc de Montluc. Le régiment avait été affecté à l'armée d'Italie jusqu'en1706, dans le cadre de laguerre de Succession d'Espagne.
Donné le à Pierre de La Rivière-Castéras, il prend le nom de « régiment de La Rivière » il passe à l'armée de Flandre.
Quelques mois avant lapaix de Rastadt, le, le « régiment de La Rivière » est incorporé au « régiment Royal ».
Le « régiment de Laubanie » est créé le par donation du « régiment de Martel » à N. Rousseau de Laubanie[22].
Le « régiment de Martel », avait été levé le par N. de Martel dans le cadre de laguerre de Succession d'Espagne. Il sert dans diverses garnisons de laMoselle et dans leslignes de la Lauter.
Donné le à N. Rousseau de Laubanie, il prend le nom de « régiment de Laubanie ».
Le, après lapaix de Rastadt, le « régiment de Laubanie » est incorporé au « régiment Royal ».
Le « régiment de Puynormand » est créé le et formé le avec le « bataillon d'Arnaud » du « régiment de Normandie » pour Hardouin de Gauffreteau de Puynormand[23].
Affecté à l'armée des Flandres dans le cadre de laguerre de la Ligue d'Augsbourg, il participe ausiège d'Ath en1697.
Le, après letraité de Ryswick, le « régiment de Puynormand » est réformé et ses éléments sont incorporés au « régiment Royal ».
Le « régiment de Vassan » est créé le par donation du « régiment de La Houssaye » à Charles marquis de Vassan[24].
Le « régiment de Clermont », avait été levé le par N. de Clermont et affecté à l'armée du Rhin.
Il est donné le à Nicolas Léon Phelippes de La Houssaye, et prend alors le nom de « régiment de La Houssaye ».
Le, il est donné à Charles marquis de Vassan, et prend alors le nom de « régiment de Vassan ».
Quelques mois avant lapaix de Rastadt, le, le « régiment de Vassan » est incorporé au « régiment Royal ».
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