
Lesréfugiés et exilés de la guerre d'Espagne ( -) et laposguerra ouaprès-guerre espagnole (jusqu'à la mort deFranco en1975) sont des mouvements migratoires transfrontaliers et des expatriations vers des foyers extra-européens caractérisés par leur ampleur, leur précipitation et l'absence de projet précis pour les populations déplacées.
À partir de1939, à la fin de laguerre civile espagnole et la défaite desrépublicains, de nombreuses personnes, républicaines pour la plupart, ont quitté l'Espagne franquiste dans une vague d'émigration qu'on a appeléeRetirada (retraite
enespagnol etcatalan),exil ou exode républicain. Les destinations ont été variées, mais c'est laFrance qui a été la plus choisie, les trois autres grands pays d'exil ou de refuge étant leRoyaume-Uni, leMexique et l'URSS ; dans une moindre mesure certaines destinations comme leChili, l'Argentine etCuba.
Le départ d'Espagne de ces personnes n'a pas toujours été définitif. Certainsréfugiés n'ont fait que passer par la France pour quitter lePays basque, occupé par les franquistes, et rentrer par laCatalogne, encore tenue par les républicains. Toutefois, la plupart de ceux qui ont quitté le pays n'y sont pas revenus avant la fin de la guerre d'Espagne. Certains exilés sont retournés dans l'Espagne franquiste, en particulier quand le régime s'est (légèrement) adouci, d'autres ont attendu latransition démocratique. Pour de nombreux républicains espagnols, l'installation à l'étranger est devenue définitive, mais ces familles gardent le souvenir de la guerre civile. Depuis laLey de la Memoria Historica, certains enfants et petits-enfants d'exilés ont récupéré la nationalité espagnole en mémoire de l'exode.
En 2019, les commémorations officielles du80e anniversaire de laRetirada se succèdent, notamment en France.
Les premiers mois de cette guerre, de l'été1936 à décembre de la même année, voient le début d'un exode provisoire dontBartolomé Bennassar a souligné qu'il incluait également un « exode droitier » en provenance de laCatalogne et de l'Aragon[1]. Plus de 10 000 Basques[2],républicains ou neutres, quittent le pays pour laFrance qui cherche alors à les renvoyer[3] ; en Catalogne, ce sont plusieurs milliers de personnes neutres, méfiantes ou hostiles envers les républicains qui partent par bateau versMarseille ou vers l'Algérie. Celles-ci fuient aussi par les Pyrénées avec l'aide de passeurs. L'ensemble de réfugiés qui atteignent la France et l'Italie depuis la Catalogne est estimé entre 30 000 et 35 000[4]. Parmi ceux-ci, plus de 2 000 réfugiés catalans qui veulent échapper à l'appel sous les drapeaux sont accueillis en France entre et[5]. Au front du Nord, avec l'avancée destroupes franquistes, une dizaine de milliers de Basques quittent le sol espagnol en1937, constituant la première grande vague d'émigration par voie terrestre, et par la mer à partir deSantander[6]. Ils atteignentBordeaux,La Rochelle et vont jusqu'àLorient. Peu après, la contre-offensive de la43e division républicaine alimente en1938 une nouvelle vague d'exode ; les républicains se réfugient cette fois directement de l'autre côté de la frontière[7].
Cette émigration est caractérisée par le fait qu'elle est provisoire, Franco ne fermant volontairement pas ses frontières et fichant les réfugiés qui retournent en Espagne. Les historiens estiment que seuls 40 000 exilés sont encore en France à la fin de 1938[8],[9], et parmi eux une proportion importante d'enfants. Devant un tel afflux, les autorités françaises se sont trouvées débordées : elles placent les réfugiés sous le statut d'« hébergés sous contrôle » (notamment les femmes, enfants et personnes âgées hébergées par les familles ou dans des centres d'accueil) ou les regroupent dans descamps d'internement français[10], selon les décrets-lois des et qui permettent l'internement administratif des« indésirables étrangers »[3]. Le, un comité est créé pour étudier la question du transit et de l'admission des réfugiés ; or cette démarche est tardive. Trois mois auparavant, Manuel Azaña était déjà persuadé que la France ne pourrait pas interdire l'accès par les Pyrénées d'une nouvelle vague de réfugiés :« He visto en la prensa valenciana un confuso extracto del discurso de Daladier. Es importante que el ministro de la Guerra francés hable por primera vez en público […] del peligro posible en la frontera pirenaica. Y de la eventualidad de tener que decir ¡No! algún día; temo que cuando se vean forzados a decirlo, sea tarde[11] » (traduction libre :« J'ai vu dans la presse de Valence un extrait confus du discours de Daladier. Il est important que pour la première fois le ministre français de la guerre parle en public du danger possible à la frontière pyrénéenne. Et de l'éventualité pour la France d'avoir à dire, un jour, "Non" ; je crains que quand ils se verront forcés de le dire, ce soit trop tard ».
En France, une solidarité s'organise pour évacuer les enfants, principalement dans les mouvements communistes ou catholiques. Entre 1936 et 1939, près de 15 000 d'entre eux sont évacués d’Espagne, en provenance de la zone républicaine, et envoyés en France pour y être placés au sein de familles d’accueil ou dans des colonies. Le gouvernement républicain espagnol se montre réticent devant ces évacuations ; il affirme toujours que les enfants évacués appartiennent à leur pays, et se montre inquiet à l’idée qu’ils soient « dénationalisés »[12].

L'émigration vers la France connaît un mouvement d'accélération important au cours de labataille de l'Èbre et dans les mois suivants, dans un mouvement appelé laRetirada (retraite)[13]. L'exode des populations en provenance deCatalogne devient massif après la chute deBarcelone le. Legouvernement Daladier doit ouvrir la frontière le, et les réfugiés affluent à travers lesPyrénées parLe Perthus,Cerbère etBourg-Madame. En mars 1939, le nombre de réfugiés espagnols en France est estimé à 440 000 personnes dans un rapport officiel[14]. Les historiens ont estimé à 465 000 exilés dont 170 000 civils le nombre de réfugiés après la chute de la Catalogne[9].
En France même, ce sont les départements du Sud-Ouest, à proximité de l'Espagne, qui ont accueilli le plus de réfugiés, avec une forte immigration espagnole dans les villes deBordeaux et deToulouse, où résidaient déjà des Espagnols. Les autres départements de la côte Atlantique (notamment laLoire-Inférieure avec les camps deMoisdon-la-Rivière et deJuigné-des-Moutiers) ont également été concernés, ainsi que leMassif central, lesBouches-du-Rhône et la région parisienne. L'accueil des arrivants est différent d'un endroit à l'autre : tantôt ils sont bien reçus et font même l'objet d'actions de solidarité (îlots de solidarité trouvant leur source dans l'engagement politique et syndical de gauche ; solidarité intra-espagnole, l'Espagne constituant la troisième source d'immigration française la plus importante avec 250 000 espagnols en 1936[3]), tantôt ils sont regardés avec méfiance voire hostilité dans une France en crise marquée par certaines formes dexénophobie. SelonBartolomé Bennassar, les vagues d'exilés sont moins bien reçues après1939[1].
De nombreux journaux (L'Humanité,Ce soir,Le Populaire,Regards,Le Libertaire, La Flèche de Paris, etc.) multiplient les reportages dans les camps afin d'alerter sur les conditions de vie des réfugiés. Ces derniers sont exposés à la faim et au froid, provoquant chaque nuit des morts, aux maladies mais aussi à la violence de certains gardiens des camps (gardes mobiles et troupes coloniales). Des souscriptions sont menées, tandis que des volontaires distribuent des couvertures et de la nourriture. Dans sa chronique quotidienne pourCe soir,Louis Aragon informe du « déluge de lettres » qu'il reçoit de Français proposant de loger les enfants[15].
La presse conservatrice manifeste une certaine inquiétude, voire une franche hostilité à l'égard des réfugiés. L'intransigeant alerte :« Il est à peu près impossible d’empêcher les réfugiés de quitter les camps pour gagner l'intérieur du pays. Perpignan est déjà envahi. Les patrouilles nocturnes, les services d'ordre en gare, les visites domiciliaires révèlent chaque jour la présence de centaines d'Espagnols en situation illégale. » PourLe Petit journal, la« débâcle des marxistes espagnols » oblige à protéger le territoire. L'hebdomadaireGringoire titre :« L'armée du crime est en France, qu'allez-vous en faire ? »[15].

Cescamps connaissent une évolution dans le temps. Devant le « mascaret humain »[1] de laRetirada, les autorités françaises, débordées, regroupent d'abord les réfugiés dans des centres de « contrôle » ou de « triage » à la frontière[9], puis dans des « camps de concentration » (terme officiel de l'époque) ou d’« internement »[9] situés d'abord dans lesPyrénées-Orientales, àSaint-Cyprien,Argelès-sur-Mer,Le Barcarès, en bordure de mer. Des camps d'internement spécialisés qui regroupent notamment desBasques et des anciens desBrigades internationales (Gurs), desCatalans (Agde,Rivesaltes), des vieillards (Bram), et ladivision Durruti (Le Vernet) sont créés à l'intérieur des terres en[16],[9] dans les départements voisins duRoussillon, pour pallier l'engorgement des infrastructures du littoral et aux conditions sanitaires détériorées[17].
Dans l'intérieur du pays, d'autres camps sont institués, comme celui deMagnac-Laval[18], près deLimoges, où sont notamment internées la résistanteDolors Prat Coll et sa sœur Clara[19]. Les deux femmes ont notamment protégé, dans le camp, le petit réfugié madrilène, Carlos Fernández Medrano, âgé de cinq ans[20].Parmi les exilés espagnols, la bibliographie omet souvent ceux qui débarquent en Afrique du Nord. Ils sont tout de même dix mille. Anne Charaudeau explique la façon dont ces bannis sont traités dès leur arrivée[21]. D'abord détenus dans des camps, pour cause de potentielle dangerosité, les asilés deviennent très vite une main d'œuvre indispensable en temps de guerre. En Algérie notamment, les exilés devenus captifs sont utilisés sur les chantiers duTranssaharien dès 1939. À cet égard, la mise au travail des réfugiés n'est pas une invention de la France de Vichy qui la généralise. Peter Gaida, doctorant en histoire à l'Université de Brême, expose les conditions de vie des forçats du Transsaharien après 1940 :« Dans les camps du « Transsaharien », les travailleurs forcés sont exposés à un régime brutal, et de nombreux travailleurs succombent à la faim, aux maladies et à la torture, pour être libérés en, après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord[22] ».
Les clivages de laguerre d'Espagne se retrouvent dans les camps et sont exploités par les autorités françaises qui utilisent par exemple les tensions entreanarchistes etcommunistes pour contrôler ces derniers, comme c'est le cas auVernet d'Ariège[23] qui deviendra un camp disciplinaire de prisonniers politiques sousVichy.
Des historiens des camps du sud-ouest notent un durcissement de la politique d'internement sous Vichy et une « logique d'exclusion »[24].
Les républicains espagnols avaient été intégrés à l'effort de guerre par le biais descompagnies de travailleurs étrangers (CTE), sous laTroisième République.Vichy les convertit engroupements de travailleurs étrangers (GTE) en1940[25]. Entre1942 et1943, 26 000 Espagnols travailleurs des GTE ou autres sont envoyés dans le cadre duSTO sur les chantiers de l'Organisation Todt sur la façade atlantique[26].
Pour Lilian Pouységur, l’épisode des camps a agi comme « un catalyseur de l'identité républicaine espagnole »[16]. Il a eu un fort retentissement dans l'imaginaire républicain, laissant le souvenir d'un pays peu ouvert aux forces anti-fascistes.
En1939-1940, beaucoup de républicains demandent à s'engager dans les bataillons étrangers de l'armée française, malgré la méfiance des officiers français envers ces « Rouges », les communistes étant liés à l'Allemagne par lePacte germano-soviétique. Fin1941-1942, ils sont nombreux à rejoindre laRésistance française, lesmaquis et lesForces françaises libres. On y trouve aussi le bataillon Gernika, composé de réfugiés basques ressortissants espagnols. LaMain-d'œuvre immigrée (les frèresConrad etJosep Miret i Musté,Manuel Bergès,Celestino Alfonso, etc.) va occuper une place majeure et accueillera la majorité des communistes espagnols. La ville de Foix a été libérée par les seuls Espagnols.
C'est le républicain espagnolCelestino Alfonso et le polonaisMarcel Rayman qui assassinèrentJulius Ritter le. Alfonso est présent sur la fameuseAffiche rouge, sa photo est accompagnée de la mention : « ALFONSO espagnol rouge7 attentats ». Cinquante otages sont exécutés en représailles[27],[28]
Les exilés républicains espèrent qu'au-delà de la chute dunazisme, la libération de la France contribuera à la « reconquête » (Reconquista) de leur pays[29]. Par ailleursReconquista de España est le titre de l'organe de presse clandestin espagnol de l'Union nationale espagnole (en espagnolUnión Nacional Española), plate-forme créée sous l'impulsion duParti communiste d'Espagne (PCE). Dans de nombreux départements, notamment le Midi et le Sud-Ouest, des brigades deguérilleros espagnols directement rattachées auxForces françaises de l'intérieur (FFI) participent de manière décisive aux combats de la Libération (à Foix par exemple, ou à Paris avecJosé Barón). Lors de lalibération de Paris, la première unité de la2e division blindée du généralLeclerc à entrer dansParis est une compagnie espagnole (la9e compagnie)[30].
Certains résistants exilés en France sont repris par le régime franquiste après laSeconde Guerre mondiale, commeNumen Mestre, fusillé aucamp de la Bota de Barcelone en 1949[31].
Les travailleurs espagnols ou résistants républicains arrêtés en territoire français n'ayant pas le statut deprisonniers de guerre, ils serontdéportés vers diverscamps de concentration. Éparpillés dans plusieurs camps[32] (les femmes républicaines arrêtées pour faits derésistance passent ainsi par le camp de concentration deRavensbrück, commeNeus Català,Elisa Garrido,Conchita Ramos etFrantxia Haltzuet), ils constituent un groupe important essentiellement dans le complexe deMauthausen-Gusen, dans lequel plus de 7 200 Espagnols sont enregistrés, dont le photographeFrancesc Boix et l'espionJoaquim Olaso Piera : sur 7 288, 4 676 auraient trouvé la mort[33]. Au total, 12 000 républicains espagnols[34],[35] seront acheminés vers des camps de concentration ou de travail entre le, qui marque le premier départ vers Mauthausen, et.



Miquel Abós Serena ;Antònia Adroher i Pascual ;José Antonio Aguirre ;Juan de Ajuriaguerra ;Felipe Alaiz ;Dolors Altaba ;Federico Arcos ;Concha de Albornoz ;Heribert Barrera ;Sara Berenguer ;Manuel Azcárate ;Pablo de Azcárate ;Marcelino Bilbao Bilbao ;Sigfrido Blasco-Ibáñez ;Lorenzo Carbonell Santacruz ;Roque Carrion ;Joan Casanovas ;Santiago Casares Quiroga ;Manuel Castells ;Neus Català i Pallejà ;Leandre Cervera i Astor ;Agustí Chalaux i de Subirà ;Mercedes Comaposada ;Joan Comorera ;Lluís Companys ;Alexandre Deulofeu ;Mika Etchebéhère ;Ángeles Flórez Peón ;Antònia Fontanillas Borràs ;Juan García Oliver ;Miguel García Vivancos ;Julio Just Gimeno ;Federica Montseny ;Dolors Prat Coll ;Antoni Xirau ;Josep Xirau ;Ramón Xirau ;Carlos Fabra Marín (es) ;
Víctor Alba ;Antonio Alos Moreno ;Joaquim Amat-Piniella ;Marcos Ana ;José Antonio Arana ;José Cabrero Arnal ;Jaime Balius ;Fernando Arrabal ;Manuel Azaña ;José Bergamín ;Francesc Boix;Miguel Buiza Fernandez Palacios ;Call (dessinateur) ;Adelita del Campo ;Maria Casarès ;Albert Boadella ;Agustí Centelles ;Manuel Chaves Nogales ;Alexandre Cirici i Pellicer ;Jaume Cuadrat ;Jordi Dauder ;Óscar Domínguez ;Apel·les Fenosa ;Rafael Font Farran ;Agustín García Calvo ;Carme Montoriol i Puig ;Manuel García Morente ;Roberto Gerhard ;Joaquim Vicens Gironella ;Teresa Rebull ;Antonio Soriano.
José Arana Goróstegui ;Josep Escolà ;
José Barón Carreño ;Manuel Bergés i Arderiu ;Rafael Gómez Nieto ;Amado Granell ;Conrad Miret i Musté ;Josep Miret i Musté ;Manuel Pinto Queiroz Ruiz dit Manuel Lozano ;Domingo Tejero Pérez ;Conchita Ramos.
LeMexique post-révolutionnaire, en la personne de son présidentLázaro Cárdenas, a déclaré accepter une partie de l'émigration dès[36], à l'instar duChili, qui était également bien disposé à l'égard de laRépublique[9] et affréta leWinnipeg.
D'autres pays d'Amérique latine sont des centres mineurs de ré-émigration, vers lesquels la France envoie des réfugiés :Argentine,Venezuela,Colombie etCuba accueillent environ 2 000 exilés[37].
L'un des épisodes les plus connus est levoyage de l'exil républicain surleMassilia qui débute dans le port dela Pallice, àLa Rochelle, le et se termine àBuenos Aires le[38], avec à son bord de nombreuses figures intellectuelles et artistiquesantifranquistes comme l'écrivaineféministeElena Fortún, le peintreManuel Ángeles Ortiz ou encore la journaliste galicienneAmparo Alvajar[39].
De nombreuxscientifiques (lephysicienBlas Cabrera ou lechimisteAntonio Madinaveitia au Mexique),médecins etbiologistes (Severo Ochoa auxÉtats-Unis),artistes etécrivains (Ramón J. Sender aux États-Unis,Tomás Segovia etJosep Bartoli au Mexique) viennent alimenter la recherche et la création dans leurs pays d'accueil. LaGénération de 27 a ainsi été dispersée en Europe et en Amérique.
Près de 20 000 exilés[40] s'embarquent pour leMexique, avec un niveau de qualification plus élevé que la moyenne des réfugiés[41] : il s'agit pour une bonne part d'intellectuels, de scientifiques et d'artistes. Cet apport a contribué au dynamisme mexicain : pour l'historien et philosophe Juan Marichal,« l'exil espagnol fut une fortune » pour le pays[42].
Des enfants embarquent également, comme les 500Niños de Morelia , connus également sous le nom desEnfants de la Guerre[43], à destination du Mexique depuis le port deBordeaux[44].
L'acclimatation est en outre différente de celle qui prévaut enFrance dans le même créneau chronologique. L'écrivainJosé Gaos (en), installé au Mexique, a forgé lenéologisme detranstierro pour qualifier cette émigration doublée d'une intégration avancée dans les cultures hispano-américaines, en réaction au termedestierro (exil) plus couramment employé[45].
De nombreuses figures intellectuelles et politiques trouvent refuge aux États-Unis. C'est le cas de la ministre républicaineVictoria Kent, qui y refait sa vie[46] avec la philanthrope américaineLouise Crane et dont les archives sont conservées à l'université Yale[47].
Toute la famille du poèteFederico García Lorca, assassiné par les franquistes en 1936, y trouve également refuge. Ainsi, sa mèreVicenta Lorca, son pèreFederico García Rodríguez[48], ses sœursConcepción,Isabel et son frèreFrancisco sont accueillis dans la famille de la professeureGloria Giner de los Ríos García et du ministreFernando de los Ríos, installés à New York.
La plupart de ces personnalités poursuit une carrière universitaire dans des établissements comme leMiddlebury College[49] ou l'Université Columbia, commeLaura de los Ríos Giner[50].
Les chiffres de l'émigration républicaine vers l'URSS sont contestés, les historiens s'accordant sur plusieurs milliers de départs, essentiellement des cadres duParti communiste accompagnés de leurs familles. Quelque 2 900 à 3 200 enfants sont également envoyés en URSS entre et[51].
Ils connaissent des destins divers ; plusieurs d'entre eux sont restés dans laRussie post-soviétique, parfois jetés augoulag, telValentín González, d'autres ont été dispersés ou tués au front pendant laSeconde Guerre mondiale.
Cet épisode a suscité une littérature abondante[52].
Si le camp vainqueur est reconnu des pays observateurs internationaux après la chute deBarcelone, les choses ne sont pas réglées pour autant en Espagne. LaSeconde Guerre mondiale a marginalisé le sort des Espagnols, le pays n'étant pas même un front périphérique.
La policefranquiste poursuit les opposants et épure les villages, laissant une situation que les historiens espagnolistes qualifient deposguerra de1938 jusqu'au début desannées 1960, période durant laquelle des exilés continuent à fuir le régime qui consolide son assise sur le plan intérieur.
En 2019, la France commémore officiellement le80e anniversaire de laRetirada, en particulier dans la ville de Paris[53], dans les Pyrénées-Orientales et dans tout le sud du pays, à la mémoire des 500 000 républicains espagnols qui ont franchi la frontière française au début de 1939.
Pour la première fois, un Premier ministre espagnol,Pedro Sánchez, se recueille àMontauban sur la tombe du dernier président de la Deuxième République espagnole,Manuel Azaña. Il a également rendu hommage dans la ville deCollioure au poète Antonio Machado, décédé en 1939[54].
Ressources
Biographies
Aspects culturels
| Mouvements armés et guérilla |
| ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Mouvements politiques clandestins et coalitions |
| ||||
| Mouvements ouvriers et syndicaux | UGT ·CCOO ·Eusko Langileen Alkartasuna ·Hermandad Obrera de Acción Católica ·CNT ·FIJL ·Grèves de 1962-1963 en Espagne · Mouvement libertaire espagnol (MLE) ·FAI ·Union syndicale ouvrière ·Union des femmes espagnoles ·Jeunesses socialistes unifiées | ||||
| Opposition culturelle, intellectuelle et religieuse | Òmnium Cultural ·Tácito ·Concubinage de Munich ·Radio España Independiente ·Radio París ·Événements du Palais de la Musique ·Pablo Picasso ·Droits des femmes pendant le franquisme et la Transition | ||||
| Exil et gouvernements en exil | Exil républicain espagnol ·Gouvernement de la République espagnole en exil ·Gouvernement en exil de José Giral ·Gouvernement en exil de Rodolfo Llopis ·Gobierno Provisional del País Vasco · Rôle du Mexique · Soutien soviétique et international ·Conseil national du Pays basque ·Diaspora espagnole en France -Retirada -Stanbrook | ||||
| Figures majeures de l’opposition | Juan de Borbón y Battenberg ·Salvador de Madariaga ·Rodolfo Llopis ·Fernando Álvarez de Miranda ·Joaquín Satrústegui ·Íñigo Cavero ·José María Gil-Robles y Quiñones ·Nicolás Sartorius ·Dolores Ibárruri ·Santiago Carrillo ·Octavi Alberola ·Antonio García-Trevijano ·Indalecio Prieto ·José María de Areilza ·Ignacio Fernández de Castro·Julio Álvarez del Vayo·Josep Irla ·Josep Tarradellas ·Jordi Pujol ·José Antonio Aguirre·Amado Granell ·Claudio Sánchez-Albornoz ·Diego Martínez Barrio ·José Giral ·Felipe González ·Antonio Fontán ·Luis Jiménez de Asúa -Federica Montseny -Lluís Companys | ||||
| Concepts et contextes | Réconciliation nationale (Espagne) (es) ·Transition démocratique espagnole ·Répression sous Franco -Terreur blanche -Dictature franquiste en Catalogne | ||||