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Quatrième République (France)

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Page d’aide sur l’homonymie

Pour les articles homonymes, voirQuatrième République.

République française
Quatrième République

 – 
(11 ans, 11 mois et 7 jours)

Drapeau
Drapeau
Blason
Armoiries
Devise« Liberté, Égalité, Fraternité »
HymneLa Marseillaise
Description de cette image, également commentée ci-après
Étendue de la France et de son empire colonial à la fin de la Quatrième République.
Informations générales
StatutRépublique parlementaire, voirerégime d'assemblée
Texte fondamentalConstitution du 27 octobre 1946
CapitaleParis
Langue(s)Français
ReligionAucune officielle (catholicisme,protestantisme etjudaïsme reconnu auHaut-Rhin,Bas-Rhin etMoselle)
MonnaieFranc français,franc Pacifique,franc CFA etpiastre indochinoise (1947-1952)
Histoire et événements
21 octobre 1945Lesélections législatives débouchent sur untripartisme :PCF/MRP/SFIO
27 octobre 1946LaConstitution du 27 octobre 1946 est promulguée
5 juin 1947Dans un contexte deguerre froide, leplan Marshall est uneaide financière américaine
27 juillet 1949Ratification de l'entrée dans l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN).
11 février 1950Création duSMIG.
18 avril 1951Création de laCommunauté européenne du charbon et de l'acier (CECA)
10 avril 1954Loi instaurant laTVA.
7 mai 1954Défaite deĐiện Biên Phủ : par lesaccords de Genève, la France se retire d'Indochine
1er novembre 1954LaToussaint rouge marque le début de laguerre d'Algérie.
28 février 1956Legouvernement Mollet institue une troisième semaine decongés payés.
mars 1956Indépendance duMaroc et de laTunisie.
novembre 1956l'URSS et les États-Unis mettent en échec la France et le Royaume-Uni àSuez.
25 mars 1957Letraité de Rome instaure laCommunauté économique européenne (CEE).
4 octobre 1958Laguerre d'Algérie provoque l'adoption delaconstitution de laVe République.
Président
(1er)1947-1954Vincent Auriol
(Der)1954-1958René Coty
Président du Conseil
(1er)1947Paul Ramadier
(Der)1958Charles de Gaulle
Parlement français
Chambre hauteConseil de la République
Chambre basseAssemblée nationale

Entités précédentes :

Entités suivantes :

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LaQuatrième République, ouIVe République, est le régime républicain en vigueur enFrance du au. Elle est instituée après la période du GPRF(Gouvernement Provisoire de la République Française), qui fait suite à lalibération de la France de l'occupation allemande. Malgré la grave crise qu'avait connue laTroisième République au cours desannées 1930, elle reste globalement fidèle au modèle de larépublique parlementaire qui s'était imposé à partir de1875.

Ce nouveau régime républicain doit assurer lareconstruction et relancer l’économie après la guerre tout en faisant face à la montée en puissance duParti communiste français (PCF) dans le contexte de laguerre froide, ainsi qu'à la remise en cause des institutions par leRassemblement du peuple français (RPF) du généralde Gaulle. Économiquement, la Quatrième République réaffirme les principes de la nationalisation des services publics nationaux et monopoles de faits et l’existence de laSécurité sociale créée sous le GPRF, mais maintient un modèle d’économie de marché tout en orientant les efforts économiques à travers unPlan. Elle engage la France dans les alliances occidentales, au sein de l’OECE (futureOCDE, chargée de la gestion des fonds duplan Marshall), de l'OTAN et descommunautés européennes (CECA puis CEE et Euratom). En revanche, elle ne parvient pas à construire l’Union française qui doit succéder à l’Empire outre-mer.

Le régime connaît de sérieuses difficultés pour dégager des combinaisons politiques stables, l'essentiel du pouvoir étant détenu par l'Assemblée nationale, incapable de susciter de majorité claire, dans laquelle les forces politiques opposées à l’existence même de la Quatrième République disposent d’un poids considérable. Affaibli par le refus de ratifier le traité créant lacommunauté européenne de défense (CED) en 1954 puis ébranlé par l’échec de l'armée française en Indochine en1954, ce régime ne se ressaisit pas malgré la volonté dePierre Mendès France parvenu au pouvoir. Il ne survit pas aux crises provoquées par laguerre d'Algérie qui a débuté la même année. Rappelé au pouvoir dans ce contexte,Charles de Gaulle instaure par voie référendaire laCinquième République en 1958.

Formation

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Après laLibération, le régime politique de laTroisième République ainsi que de nombreuses personnalités politiques sont discréditées, pour avoir été incapables de mener la guerre contre l'Allemagne. Pour beaucoup d'autres, et en particulierde Gaulle, l'homme du18 juin 1940 dont la popularité est immense, de nouvelles institutions s'imposent.

Première Assemblée constituante

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Article détaillé :Élections législatives françaises de 1945.
Projection graphique de la composition de la première Assemblée constituante issue des élections législatives de 1945
  • PCF : 27,13 % des voix, 159 sièges
  • MRP : 25,60 % des voix, 150 sièges
  • SFIO : 24,91 % des voix, 146 sièges
  • Radicaux &UDSR : 12,12 % des voix, 71 sièges
  • FR : 9,04 % des voix, 53 sièges
  • Autres : 1,2 % des voix, 7 sièges

LeGouvernement provisoire de la République française (GPRF) décide de procéder le à un doubleréférendum sur la question des institutions, et à une élection législative :

  • la première question du référendum consiste à demander si la nouvelle assemblée doit être constituante : si la réponse est positive, elle se chargera de rédiger une nouvelleConstitution pour la France ; autrement, elle constituera une nouvelle législature de la Troisième République (la dix-huitième depuis1871). Étant nombreux à lui imputer l'humiliation de juin1940, les électeurs votent « oui » à 96 % ;
  • la seconde question prévoit de limiter les pouvoirs de cette Assemblée, les électeurs votent « oui » aux deux tiers.

Les élections législatives, qui ont lieu le même jour, mettent en avant trois partis principaux : leParti communiste français (PCF), qui a tiré un grand prestige de son rôle de force de résistance et de la victoire de l'URSS, leMouvement républicain populaire (MRP) d'inspiration démocrate-chrétienne et laSection française de l'Internationale ouvrière (SFIO). Ces derniers forment par la suite une force gouvernementale unie, que l'on nommera letripartisme.

Après la formation de la nouvelle Assemblée, celle-ci élit le chef du nouveau gouvernement,Charles de Gaulle, à qui revient la formation de son gouvernement : il nomme les ministres, théoriquement en fonction de la représentation respective de chacun des trois partis. De Gaulle se méfie des communistes, alors qu'ils sont arrivés en tête, et ne leur accorde que cinq ministères. Par contre six portefeuilles sont attribués à des fidèles du Général de Gaulle qui n'appartiennent à aucun des trois partis : cette décision marque le point de départ de fortes divergences entre De Gaulle et les partis politiques représentés à l'Assemblée. Pour ne rien arranger, l'élaboration d'une nouvelle constitution se révèle très difficile. De Gaulle, suivi par le MRP, souhaite un régimebicaméral (à deuxchambres parlementaires), doté d'unprésident de la République puissant et « au-dessus des partis » (il précisera ses idées en juin 1946 dans sondiscours de Bayeux puis en septembre lors de sondiscours d'Épinal), alors que les socialistes et les communistes condamnent l'octroi d'un pouvoir fort au chef de l'État. La demande socialiste d'une réduction de 20 % des budgets militaires révolte définitivement le Général, qui démissionne de manière spectaculaire le, dénonçant le« régime exclusif des partis ».

Le socialisteFélix Gouin succède à Charles de Gaulle. Les députés du PCF et de la SFIO, majoritaires à l'Assemblée, conçoivent alors leur proprepremier projet de Constitution. Ce projet prévoit une représentation populairemonocamérale, c'est-à-dire qu'une seule assemblée, élue ausuffrage universel direct, non seulement voterait les lois, mais élirait unprésident du Conseil et approuverait la composition et le programme de son cabinet ministériel, le président de la République ne conservant qu'un rôle honorifique. L'ancienSénat de la Troisième République aurait été remplacé par deux organes consultatifs, le Conseil économique (précurseur duConseil économique et social) et le Conseil de l'Union française. Ce projet est rejeté par référendum le, le« non », soutenu par le MRP et De Gaulle, obtenant 53 % des voix. L'Assemblée constituante est dissoute, une nouvelle élection a lieu le2 juin.

Deuxième Assemblée constituante

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Article détaillé :Élections législatives françaises de juin 1946.
Projection graphique de la composition de la deuxième Assemblée constituante issue des élections législatives de
  • MRP : 28,33 % des voix, 166 sièges
  • PCF : 26,11 % des voix, 153 sièges
  • SFIO : 21,84 % des voix, 128 sièges
  • PRL : 13,31 % des voix, 78 sièges
  • RGR : 8,87 % des voix, 52 sièges
  • Autres : 1,54 % des voix, 9 sièges

Le rejet du premier projet de Constitution entraîne l'élection d'une nouvelle Assemblée constituante le, dont les résultats confirment les tendances politiques précédentes. Les candidats du MRP, mouvement démocrate-chrétien qui s'est opposé au premier projet de constitution, totalisent 28,2 % des suffrages. Le PCF arrive en seconde position avec 26 % et la SFIO en troisième. Les résultats de ladroite reculent encore par rapport à la première Assemblée constituante (13 % contre 16 % en malgré un gain en sièges). Un élu du MRP,Georges Bidault devient président du Conseil et constitue uncabinet qui obéit toujours autripartisme.

Durant l'été 1946, l'Assemblée rédige une nouvelle Constitution malgré tout peu différente de la première proposition, même si elle revient aubicamérisme (deux chambres distinctes possédant le pouvoir législatif). Le régime est strictement parlementaire, le pouvoir exécutif réel étant exercé par leprésident du Conseil (à la manière duPremier ministre britannique) et non par le président de la République qui conserve un rôle honorifique, même s'il demeure chef des armées. Le projet est adopté par l'Assemblée le par 440 voix contre 106. Le général de Gaulle le condamne quelques heures plus tard dans sondiscours d'Épinal (29 septembre)[1]. Le projet de Constitution adopté par le référendum du avec 53,5 % de « oui » entrevéritablement en vigueur le 27 suivant[2].

Institutions

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Article détaillé :Constitution du 27 octobre 1946.
Organigramme de laIVe République.

Les institutions de la Quatrième République restent fidèles dans l'esprit à celles de la Troisième République : c'est unrégime parlementairebicaméral.Lepouvoir législatif est exercé par leParlement, constitué de deux chambres distinctes. La principale différence avec la Troisième République réside ici dans le fait que le bicaméralisme est inégalitaire : les deux chambres n'ont pas les mêmes pouvoirs. LeConseil de la République (chambre haute du parlement), renouvelé par moitié tous les trois ans (mandat de six ans) ausuffrage indirect (par uncollège électoral composé degrands électeurs représentant les assemblées délibérantes descollectivités locales, élues au suffrage direct) ne conserve qu'un rôle consultatif. L'Assemblée nationale (chambre basse) est élue ausuffrage universel direct pour cinq ans : la majorité électorale est fixée à 21 ans et les femmes sont intégrées pour la première fois aucorps électoral. Titulaire de la majeure partie du pouvoir législatif, elle contrôle directement les gouvernements, qu'elle investit et peut renverser par unemotion de censure à la majorité absolue.

Lepouvoir exécutif est essentiellement exercé par le président du Conseil. Proposé par leprésident de la République puis investi (accepté par vote à la majorité absolue) par l'Assemblée nationale, il forme une fois confirmé dans ses fonctions un gouvernement s'appuyant sur la majorité politique le soutenant à l'Assemblée. CependantPaul Ramadier, premier président du Conseil, inaugure la coutume d'une seconde investiture devant l'Assemblée une fois le gouvernement composé, comme cela se faisait sous la Troisième République. Une révision de la Constitution en1954 établit officiellement une investiture du gouvernement une fois formé par l'Assemblée nationale. La plupart des prérogatives du président du Conseil sont héritées de la Troisième République : il nomme à tous les emplois civils et militaires, exécute les lois, contresigne tout acte du président de la République. Vingt-quatre gouvernements se sont succédé sous la Quatrième République, dirigés par seize présidents du Conseil différents.

Leprésident de la République est élu par le Parlement composé par la réunion des deux chambres (article 29 de la Constitution), pour une durée de sept ans. Son rôle est essentiellement représentatif, mais il a deux atouts en main : il nomme le président du Conseil et il a le pouvoir de dissoudre par décret la chambre des députés, suivant une procédure très encadrée. En effet, pour dissoudre l'Assemblée, il faut au moins deux crises ministérielles au cours d'une période de 18 mois et qu'elles se soient soldées par l'adoption d'une motion de censure ou le refus de la confiance de l'Assemblée au gouvernement à la majorité absolue des députés[3].

Il garde aussi quelques compétences héritées de la Troisième République, en matière de nominations et de diplomatie : il signe et ratifie les traités et accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires. Il est le chef des armées et préside à ce titre le Conseil supérieur de la défense nationale. C'est aussi lui qui préside leConseil supérieur de la magistrature. Il conserve enfin ledroit de grâce et demeure irresponsable sauf en cas dehaute trahison. En cas de vacance (décès, démission, autre), le président de l'Assemblée nationale assure l'intérim. Les deux présidents de la Quatrième République sontVincent Auriol, ancien ministre socialiste duFront populaire, etRené Coty, classé aucentre droit.

Œuvre de la Quatrième République

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Article détaillé :Histoire de la France sous la Quatrième République.

LaSeconde Guerre mondiale laisse le pays dans une situation économique désastreuse. Les destructions liées aux opérations militaires de 1940, aux sabotages de larésistance, aux représailles des Allemands, aux bombardements alliés et à la Libération ont touché trois fois plus de départements qu’en1914-1918. Les réseaux de transports sont dévastés ; la production industrielle et la production agricole se sont effondrées. Certaines villes sont pratiquement rasées commeLe Havre, détruite à 80 %.

Pendant la période de reconstruction, la population française va devoir accepter un certain nombre de sacrifices pour en payer le prix : maintien durationnement jusqu’en 1949, habitation en baraquements provisoires pour les cinq millions de Français qui ont vu leur logement détruit, baisse du pouvoir d’achat,dévaluation du franc.

Reconstruction et développement économique

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Articles connexes :Politique économique de la IVe République etTrente Glorieuses.
Place deFalaise (Calvados), détruite lors de labataille de Normandie.
Carte de rationnement (1947) telle qu'en circulation en France entre 1945 et 1947.

Dans ces conditions, la reconstruction de l'infrastructure et de l'économie française est à mettre au crédit de la Quatrième République qui parvient rapidement à ramener la croissance. Compte tenu de l’ampleur des destructions, la reconstruction est directement prise en main par l’État. Le,Jean Monnet est désigné pour diriger leCommissariat général du Plan : le plan a pour objectif d’orienter l’investissement vers les secteurs d’activité considérés comme prioritaires, grâce à des mesures fiscales ou de crédit incitatives. Les secteurs les plus stratégiques sontnationalisés : énergie, transports, assurances,Banque de France et banques de dépôt. À cette occasion sont créés lesCharbonnages de France,EDF etGDF. Le secteur privé est aussi très dynamique, lareconstruction du pays, s'effectuant via une forte croissance économique et financière.

Laplanification gouvernementale (planMonnet) est financée par l’aide américaine à travers une substantielle remise de dettes à laquelle s'ajoute leplan Marshall. Le Trésor public américain accorde des aides à l’État lequel accorde des financements aux entreprises françaises qui peuvent ainsi s’équiper auprès de fournisseurs bien souvent américains. C'est donc à la fois une aide économique et budgétaire.

La priorité est donnée dans un premier temps à la reconstruction des infrastructures et à la remise en marche de l’appareil productif. La reconstruction des villes permet la mise en pratique des théories de l’urbanisme moderne à l’instar notamment deLe Corbusier et des concepts développés lors descongrès internationaux d’architecture moderne.

Paradoxalement, l'instabilité gouvernementale n’aura que peu freiné cette œuvre de reconstruction. Les divers ministres, n'ayant qu'à peine le temps de se familiariser avec leurs dossiers avant la chute de leur gouvernement, laissent en fait l'essentiel de l'élaboration et l'exécution de la politique aux hauts fonctionnaires, lesquels agissent en général efficacement et dans la durée. C'est ainsi que la reconstruction des infrastructures nationales (électricité,chemin de fer, routes, téléphone, etc.) est effectuée à peu près aussi rapidement que dans les autres démocraties d'Europe de l'Ouest (Royaume-Uni,RFA).

Une fois la reconstruction achevée,Edgar Faure, qui conduit la politique financière de à, cherche à motiver l'industrie à produire des biens de consommation et encourage le secteur privé à y investir. On lui doit l’échelle mobile des salaires, censée maintenir le pouvoir d'achat de ceux-ci en situation d’inflation.

Des progrès sociaux fondamentaux

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La politique deSécurité sociale est destinée en particulier à assurer à chacun un revenu dans les différents cas d’interruption de l’activité professionnelle : accident du travail, maladie, chômage et vieillesse.Les ordonnances des 4 et ont généralisé et uniformisé les prestations.La constitution de la Quatrième République confirme cette évolution en inscrivant dans son préambule l'obligation d'assistance de la collectivité aux individus.

Cette sécurité sociale est principalement l'œuvre d'un homme,Pierre Laroque, nommé directeur général des Assurances sociales par le ministre au Travail et de la Sécurité sociale du GPRF,Alexandre Parodi. Elle bénéficie du soutien des trois grands partis de la Libération, PCF, SFIO et MRP. Le parti communiste et la CGT, qui lui est acquise, s'investissent dans le succès de la nouvelle législation sur le terrain, tandis que le communisteAmbroise Croizat succède à Parodi au ministère du Travail le. La Mutualité, exclue de la gestion de la Sécurité sociale par les ordonnances d'octobre, est tenue à l'écart.

Le fonctionnement de la Sécurité sociale est caractérisé par :

  • un financement par des cotisations conjointes des employeurs et des salariés ;
  • une gestion paritaire par les syndicats de salariés et le patronat.

Ces progrès sont complétés par la mise en place du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG).

Les organes de représentation des salariés sont institués dans les entreprises.Dans celles qui emploient plus de 50 salariés, le personnel élit désormais unComité d'entreprise que l'employeur doit consulter en ce qui concerne la marche et la gestion de l'entreprise.

Le retour au pouvoir des socialistes en 1956 est l’occasion d’accorder aux salariés une troisième semaine decongés payés, qui vient s'ajouter aux deux premières accordées sous le Front populaire.

La France puissance européenne dans le cadre de l’OTAN et la CECA

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Articles connexes :Politique extérieure de la IVe République etHistoire de l'Union européenne.
La France au sein de l'Europe de 1945 à 1949.

La fin de laSeconde Guerre mondiale marque les prémices de laguerre froide. La Seconde Guerre mondiale a provoqué l'émergence de deux superpuissances rivales, les États-Unis et l'URSS. En tentant de rallier à eux et à leur modèle idéologique chacun des États du monde, ces deux pays vont faire de l'Europe l'un des principaux enjeux de la guerre froide. La France de la Quatrième République, bénéficiaire duPlan Marshall, est placée de fait dans le bloc occidental, allié aux États-Unis. Georges Bidault rapproche la France, le Royaume-Uni et les États duBenelux dans un accord mutuel de défense, letraité de Bruxelles (1948) pour rejoindre les États-Unis dans l’Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN).

La logique d’affrontement des blocs Ouest et Est conduit les États-Unis à financer l’effort de guerre de la France enIndochine puis à s’y substituer. Après le désastre deÐiện Biên Phủ en 1954,Pierre Mendès France tente de résoudre les problèmes que la faiblesse du pouvoir exécutif a laissé empirer. Il solde laguerre d’Indochine (accords de Genève). Mendès règle le problème de laCED, ce projet d'armée européenne laissé en suspens par ses prédécesseurs et qui empêchede factoWashington de réarmer l'Allemagne malgré le contexte deguerre froide. Sans s'engager personnellement dans le débat, il invite le parlement à trancher : c'est le non qui l'emporte, ce que les partisans de la construction européenne vont considérer comme « un crime » jusqu'à provoquer sa chute.

La mise en échec duRoyaume-Uni et de la France lors de lacrise de Suez par les États-Unis et l’URSS en 1956 illustre les nouveaux rapports de force à l’échelle mondiale. La France prend conscience de l’intérêt de la construction européenne pour peser davantage : elle doit pour cela surmonter le syndrome qu'ont causé trois grandes guerres avec l'Allemagne. Dès1951,Robert Schuman organise les débuts d'une zone d'alliance continentale en Europe en organisant letraité de Paris que la France signe avec la RFA, leLuxembourg, lesPays-Bas, laBelgique et l'Italie afin de créer laCommunauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Six ans plus tard letraité de Rome dessine les bases de l'actuelleUnion européenne. Par cette union continentale la France cherche aussi à retrouver quelque peu sa puissance passée en créant une nouvelle aire d'influence. En effet, l'Italie et la RFA sortent affaiblies de la guerre et ont perdu toute crédibilité sur la scène internationale du fait de leurs régimes passés ; tandis que les États du Benelux demeurent des puissances mineures.

Après l’indépendance de l’Indochine, la France est encore amenée à accorder l’autodéterminationau Maroc et à laTunisie. Le processus d’indépendance des colonies africaines est engagé. L’Algérie pose un problème particulier à cause de la forte implantation française : les divisions de la classe politique à ce sujet entraîneront finalement la chute d’un régime qui n’a pas trouvé un point d’équilibre opérationnel.

Échec politique

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Système d’assemblée ne trouvant pas un point d’équilibre

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Le mode de scrutin choisi pour l'élection des députés favorise l'existence de plusieurs blocs de partis, dont les incessants revirements d'alliance entraînent de fréquentes chutes de gouvernement. Les députés sont d'abord élus auscrutin proportionnel dans des circonscriptions départementales. La faiblemagnitude des circonscriptions et l’attribution des sièges avec laméthode à la plus forte moyenne limitent laproportionnalité du scrutin en favorisant la représentation des grands partis. À partir de 1951 est adopté unsystème électoral mixte, laloi des apparentements incitant les partis à se regrouper avant l’élection au sein decoalitions. Le mode de scrutin ainsi que la prédominance de l'Assemblée nationale au sein des institutions entraînent une dérive progressive du régime parlementaire vers unrégime d'assemblée. Un consultant français de laRAND Corporation,Constantin Melnik, établira dans une étude interne (The House Without Windows) que la Quatrième République connaît, en moyenne, un jour de crise ministérielle sur neuf.

Première législature (1946-1951)

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Articles détaillés :Élections législatives françaises de novembre 1946 etIre législature de la Quatrième République française.

Les élections confirment la domination des trois partis constituants,PC,SFIO etMRP. Toutefois, l’audience de la SFIO qui a joué jusque-là le rôle de pivot s’érode. Paul Ramadier (PS), président du Conseil de janvier au (Gouvernement Ramadier I etII), amplifie d’emblée le pouvoir de l'Assemblée nationale. Il institue la pratique de la double investiture : l'investiture individuelle prévue par la Constitution est suivie d'une investiture collégiale de l'ensemble du gouvernement par l'Assemblée nationale. Il soumet l’action du gouvernement à l’arbitrage des partis[4].

Par ailleurs dans le nouveau contexte deguerre froide, Ramadier confronté à une attitude d'obstruction des ministres communistes leur retire les délégations et pousse le PC dans l’opposition. Une coalition se forme entre tous les partis hostiles d’une part au communisme et d’autre part augénéral de Gaulle, qui vient de fonder leRassemblement du peuple français (RPF). Mais latroisième force est un regroupement par défaut et les rivalités de personnes ne laissent aucune marge de manœuvre pour prendre des initiatives.Henri Queuille est la principale personnalité des gouvernements de à : son nom restera attaché dans une partie des esprits à l'immobilisme de cette période (Gouvernement Queuille I,II 2-,III).

Deuxième législature (1951-1955)

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Articles détaillés :Élections législatives françaises de 1951 etIIe législature de la Quatrième République française.

Les partis constituant la « Troisième force » (SFIO, MRP, radicaux, RGR, modérés) cherchent à reconduire leur majorité grâce à un changement demode de scrutin (loi des apparentements), qui coûte de nombreux sièges au PCF et limite la percée des gaullistes. Lesélections du 17 juin 1951 sont cependant marquées par un glissement à droite. La SFIO confirme son déclin et le MRP perd la moitié de son électorat, principalement au profit du RPF. Une nouvelle majorité de centre-droit se rassemble pour la première fois autour d’Antoine Pinay de mars à (Gouvernement Pinay). Dans un contexte d’inflation aiguë, il rétablit la confiance. Les rivalités politiques se donnent libre cours lors de l’élection du second président de la République :René Coty est élu à l'issue de six jours et treize tours de scrutin.

Cette législature est ensuite marquée par le passage à laprésidence du Conseil de deux figures opposées issues duParti radical :Pierre Mendès France, du 18 juin 1954 au 5 février 1955, puisEdgar Faure à partir de (Gouvernement Faure I etII). Cependant, désavoué par sa majorité moins d'un an après son investiture, Faure dissout l’Assemblée, escomptant que la récente dissolution du RPF par de Gaulle va permettre de renforcer une majorité de centre-droit le soutenant.

Troisième législature (1956-1958)

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élections du 2 janvier 1956.
Articles détaillés :Élections législatives françaises de 1956 etIIIe législature de la Quatrième République française.

La majorité sortante de centre-droit est mise en échec par l’émergence à droite du mouvement protestataire dePierre Poujade. À gauche, un mouvement d’opinion se fait jour en faveur dePierre Mendès France. Il présente une image moderne, fait preuve d'esprit de décision et paraît être le mieux à même de faire évoluer le régime. Il a le soutien deL’Express, le premier grand magazine d’information fondé parJean-Jacques Servan-Schreiber.

Mais il a pour handicap de s’appuyer sur le parti radical, parti de personnalités qui n’a plus d’assise réelle dans le pays. C’estGuy Mollet, secrétaire général de la SFIO, qui devient président du Conseil jusqu’en (Gouvernement Mollet). Son gouvernement doit se consacrer à laguerre d'Algérie qui s’enlise sur le plan militaire, cause un vif débat moral sur la légitimité de ses objectifs et de ses méthodes, et provoque une sérieuse crise financière.

Chute

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L'instabilité gouvernementale chronique, les combinaisons partisanes, l'impuissance du Parlement et l'incapacité des pouvoirs publics à résoudre le conflit algérien ont finalement raison de la Quatrième République.

Une nouvelle crise gouvernementale particulièrement grave a lieu le avec la chute dugouvernement dirigé parFélix Gaillard. La dérive des finances publiques avait fait perdre àGuy Mollet le soutien des modérés mais il s'avère qu'aucune autre personnalité n'est en mesure de mobiliser une majorité stable. Le, le MRPPierre Pflimlin est investi Président du Conseil.

Guerre d'Algérie

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Article détaillé :Guerre d'Algérie.

Le même jour a lieu àAlger une émeute depieds-noirs qui craignaient quePflimlin, soupçonné d'être favorable à des négociations avec leFLN, ne« brade l'Algérie ». Des généraux y prennent part, commeRaoul Salan, qui « prend en main les destinées de l'Algérie française », etJacques Massu. Le gouvernorat général àAlger est occupé par lesactivistes, un Comité « de salut public » institué, défiant l'autorité de la métropole. Ce comité est soutenu par une partie de l'armée, d'où sa force.

À partir du15 mai, le Comité — rencontré par des gaullistes, et très probablement incité à le faire — réclame le retour de De Gaulle, en qui ils voient probablement l'homme providentiel du capable de sauver la situation. L'armée va jusqu'à menacer le gouvernement d'une attaque aéroportée en métropole. Trois pouvoirs s'affrontent alors : leGouvernement Pflimlin, leComité de salut public et de Gaulle, dont le poids moral est, enFrance à cette époque, immense. Le, de Gaulle se déclare « prêt à assurer les pouvoirs de la République ».

Retour de De Gaulle et création de la Cinquième République

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Article détaillé :Cinquième République (France).

Ainsi, le, de Gaulle déclare :« J'ai entamé hier le processus régulier nécessaire à l'établissement d'un pouvoir républicain capable d'assurer l'unité et l'indépendance du pays » ; il demande par ailleurs aux forces armées de ne prendre part à aucune manifestation.

Pierre Pflimlin, qui a rencontré secrètement de Gaulle en pleine nuit pour s'assurer de ses intentions (sans rien obtenir), démissionne finalement le. Le président de la République René Coty appelle alors Charles de Gaulle à laprésidence du Conseil, et, fait exceptionnel pour l'homme réservé qu'il était, menace de démissionner si de Gaulle n'est pasinvesti par l'Assemblée nationale. L’Assemblée nationale suit l'avis du président de la République, et investit effectivement le1er juin leGouvernement de Gaulle par 329 voix contre 224 et 37 abstentions.

Le3 juin est votée par l'Assemblée nationale et leConseil de la République laloi constitutionnelle qui annonce une révision de laconstitution de laIVe République, en dérogeant à la procédure de révision constitutionnelle. Une loi de pleins pouvoirs pour six mois est également votée.

Le projet de constitution (conforme à l’esprit dudiscours de Bayeux de 1946) est achevé pendant l'été puis soumis auréférendum le. Elle est d'abord soumise à une commission dirigée par Paul Reynaud puis adoptée par référendum à une large majorité, instaurant laCinquième République.

Annexes

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Chronologie des gouvernements de la Quatrième République

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La Quatrième République a connu 24 présidents du Conseil ayant formé 22 gouvernements en 12 ans[5]. 9 gouvernements ont duré moins de 41 jours (plus d'un sur trois), et pour la dernière année, après, il y a eu 5 gouvernements qui ont duré en moyenne moins de 59 jours. De plus, seuls deux gouvernements ont duré plus d'un an (Queuille I pendant 12,8 mois etMollet pendant 15,6 mois).

Tableau chronologique des gouvernements de la Quatrième République[6]
Gouvernement et représentation de l'AssembléePrésident de la RépubliqueChef du gouvernementDates d'exercice du gouvernementDurée d'exercice du gouvernement
Première Assemblée constituanteConfusion des postes de chef du gouvernement et de chef d'ÉtatGouvernement de Gaulle IIdu au2 mois
Gouvernement Gouindu au4 mois et demi
Deuxième Assemblée constituanteGouvernement Bidault Idu au5 mois
Assemblée nationale, première législaturePrésidence de Vincent AuriolGouvernement Blum IIIdu au1 mois
Gouvernement Ramadier Idu au9 mois
Gouvernement Ramadier IIdu au1 mois
Gouvernement Schuman Idu au8 mois
Gouvernement Mariedu au1 mois
Gouvernement Schuman IIdu 5 au6 jours
Gouvernement Queuille IIdu au13 mois
Gouvernement Bidault IIdu au4 mois
Gouvernement Bidault IIIdu au4 mois
Gouvernement Queuille IIdu 2 au2 jours
Gouvernement Pleven Idu au7 mois et demi
Gouvernement Queuille IIIdu au4 mois
Assemblée nationale, deuxième législatureGouvernement Pleven IIdu au5 mois
Gouvernement Faure Idu au1 mois
Gouvernement Pinaydu au9 mois et demi
Gouvernement Mayerdu4 mois et demi
Gouvernement Laniel Idu au6 mois et demi
Présidence de René CotyGouvernement Laniel IIdu au5 mois
Gouvernement Mendès Francedu au7 mois et demi
Gouvernement Faure IIdu au11 mois
Assemblée nationale, troisième législatureGouvernement Molletdu au16 mois
Gouvernement Bourgès-Maunourydu3 mois et demi
Gouvernement Gaillarddu au5 mois
Gouvernement Pflimlindu 13 au16 jours
Gouvernement de Gaulle IIIdu au7 mois

Partis et mouvements politiques sous la Quatrième République

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Parti communiste français

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Maurice Thorez en 1948.

Créé en1920 sous le nom de « Section française de l'Internationale communiste » (SFIC), leParti communiste français (PCF) recueille régulièrement un peu plus d'un quart des voix sous la Quatrième République. Il doit son succès à la grande proportion de communistes dans laRésistance française aunazisme. Cependant, l'électorat communiste va peu à peu s'effriter à cause de ladéstalinisation (révélation des crimes deStaline parKhrouchtchev) et de différents évènements liés à l'URSS, comme la violente prise de pouvoir des staliniens en Tchécoslovaquie (coup de Prague, 1948), l'écrasement de révoltes anti-communistes enRDA le[7], puis enHongrie en (Insurrection de Budapest).

Le dirigeant emblématique du PCF sous la Quatrième République estMaurice Thorez (1900-1964). De la libération à 1947, le PCF va participer aux gouvernements successifs puis prendre part autripartisme. À partir de1947, les communistes s'opposent à l'action des gouvernements puis vont être isolés par laTroisième Force (union de centre-gauche) tout au long de la guerre froide. Il n'y a plus de ministres communistes à partir de 1947 et il faudra attendre1981 et l'élection deFrançois Mitterrand à la présidence de la République pour voir le retour de communistes aux cabinets gouvernementaux.

Gauche socialiste

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SFIO
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Créée en1905, lasection française de l'Internationale ouvrière (SFIO), ancêtre duParti socialiste et portant déjà officieusement ce nom, fut l'un des partis majeurs de la Quatrième République. Un des deux présidents de la Quatrième République (Vincent Auriol) et de nombreux présidents du Conseil (Léon Blum,Félix Gouin) en sont issus. Son dirigeant lors de la Quatrième République futGuy Mollet, par ailleurs également président du Conseil. Il recueillit un quart de l'électorat et participa successivement autripartisme puis à laTroisième Force, ce qui explique son grand rôle durant cette période. La SFIO bénéficia d'une bonne popularité principalement grâce à l'image que les Français conservaient duFront populaire. Cette union nationale desannées 1930 sous l'égide de la SFIO resta gravée dans les mémoires et beaucoup espéraient une telle période de prospérité après la guerre.

La SFIO survécut jusqu'en1969, année où elle fusionna avec plusieurs petits mouvements politiques de gauche (en particulier l'UCRG et laCIR) pour créer leParti socialiste.

UDSR
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L'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR) est un des nouveaux partis de la Quatrième République. Issus de la Résistance, tout comme le MRP, elle voulait prendre le contre-pied d'une SFIO vieillissante, mais ne devint qu'un parti « charnière », comme le Parti radical, en participant à diverses unions ou coalitions gouvernementales et parlementaires dont la Troisième Force (1947-1951).

René Pleven fut le seul président du Conseil issu de l'UDSR mais une des personnalités les plus connues de ce parti resteFrançois Mitterrand, plusieurs fois ministre et qui deviendra président de la République sous la Cinquième République (sous l'étiquettePS).

L'UDSR exista jusqu'en1967 où elle se fondit dans laConvention des institutions républicaines, celle-ci ayant été elle-même intégrée auParti socialiste en1971.

Centrisme

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Parti radical
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Pierre Mendès France en 1948.
Edgar Faure en 1955.

Le Parti radical, ouParti républicain, radical et radical-socialiste, créé en1901, est le plus vieux parti politique existant encore sous la Quatrième République. Il souffrira tout au long de la Quatrième République du discrédit de la Troisième où il eut un très grand rôle politique. Le PR combine des idéauxradicaux, pro-républicains, archi-laïques et donc anti-ecclésiastiques (l’initiateur de laloi sur la séparation des Églises et de l’État de 1905,Émile Combes était d'ailleurs radical).

Discrédité, comme la Troisième République, à la Libération, le Parti radical participe cependant à laTroisième Force entre 1947 et 1951 avant de participer, du fait de sa position charnière entre la gauche et le centre, à tous les gouvernements de la Quatrième République.

Les hommes politiques les plus connus issus du RAD sont le radical de gauchePierre Mendès France et le radical de droiteEdgar Faure, qui s'opposèrent idéologiquement au milieu desannées 1950. Le Parti radical est le parti de la Quatrième République qui a donné le plus de présidents du Conseil (André Marie,Henri Queuille,René Mayer,Maurice Bourgès-Maunoury etFélix Gaillard).

Sous la Cinquième République, le Parti radical fut dissous entre leParti radical valoisien, de droite et leParti radical de gauche, bien qu'en2007 un éventuel rapprochement des deux mouvements fut évoqué.

MRP
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LeMouvement républicain populaire (MRP) est, comme l'UDSR, un nouveau parti issu des organisations de laRésistance[8]. Ayant une idéologiechrétienne-démocrate de centre-droit, il sera plébiscité par les électeurs tout au long de la Quatrième République et participera ainsi autripartisme (1946-1947) puis à la Troisième Force (1947-1951).

Différents présidents du Conseil furent ainsi issus du MRP,Georges Bidault,Robert Schuman (précurseur avecJean Monnet de l'Europe) et enfinPierre Pflimlin, dernier chef du gouvernement de la Quatrième avant le retour de De Gaulle et la création de la Cinquième République.Le parti étant divisé sur laquestion algérienne, certains de ses membres rejoindront legaullisme alors que d'autres fonderont leCentre démocrate, qui lui-même se fondra dans l'UDF en 1978.

Droite

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Gaullisme
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Affiche de 1947 appelant à voter pour les listes duRassemblement du peuple français.

Charles de Gaulle n'a pas de parti politique au lendemain de la Libération. Se rapprochant vers 1945 du MRP, il en diverge à propos des institutions à donner à la Quatrième République. Finalement, il démissionne du gouvernement et lance les bases d'une nouvelle politique dans sondiscours de Bayeux (1946) avant de créer un nouveau parti, leRassemblement du peuple français (RPF) en. Se voulant un parti au-dessus des autres partis (de Gaulle était parti du gouvernement en 1946 en dénonçant le « régime exclusif des partis »), il va inventer les bases dugaullisme.

Opposé dès sa création à la Quatrième République et à ses institutions, il sera l'un des deux partis, avec lePCF, à s'opposer à la Troisième Force (coalition gauche-centre-droite pro-Quatrième République). Le RPF réalise tout de même de bons résultats aux élections législatives (21,6 % des voix aux élections de 1951) mais ne participe à aucun gouvernement. Dès 1952, des dissensions apparaissent dans le mouvement gaulliste. Certains élus soutiennent les prérogatives des élus CNIP, ce qui aboutit à plusieurs scissions successives. Essoufflé le RPF sera définitivement dissous en 1955. Le mouvement gaulliste éclatera ensuite en plusieurs petites formations politiques sans envergure, parmi lesquelles lesRépublicains sociaux deJacques Chaban-Delmas seront les seuls à conserver une véritable audience.

Après le retour au pouvoir de De Gaulle et la mise en place de la Cinquième République en 1958, le gaullisme unifié au sein de l'Union pour la nouvelle République (UNR) dominera la vie politique française jusque dans lesannées 1970.

Autres partis de droite
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À la Libération, ladroite est très fortement discréditée car elle est assimilée à laCollaboration et aurégime de Vichy[réf. nécessaire]. Quelques mouvements existent cependant, comme lePRL ou les Républicains indépendants, malgré un très faible score aux premières élections. En1949, la plupart des courants de droite classique, lassés des alliances de centre-gauche (tripartisme), se regroupent dans un parti unique, leCentre national des indépendants (et paysans) (CNIP). Ce parti recueille autour de 10-15 % des suffrages et participe entre1947 et1951 à la Troisième Force. Le deuxième président de la Quatrième République,René Coty, est issu du CNIP, de même que deux présidents du Conseil,Antoine Pinay etJoseph Laniel. Bien que devenu marginal, ce parti est toujours en activité à l'heure actuelle.

Extrême droite

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Logo de l'Union de défense des commerçants et artisans.

L'Union de défense des commerçants et artisans (UDCA) est à l'origine unsyndicat créé parPierre Poujade en1953. Opposé aux impôts qui touchent alors commerçants et artisans, il défend une politique d'extrême droite (poujadisme). Profitant de la lassitude des Français vis-à-vis des institutions de la Quatrième République qui font se succéder les gouvernements, l'UDCA devient vite populaire et obtient lors desélections de janvier 1956 plus de 11 % des suffrages à travers l'Union et fraternité française (UFF), parti politique affilié à l'UDCA et dont le plus jeune député étaitJean-Marie Le Pen. L'UDCA resta un mouvement d'opposition et ne participa ainsi à aucun gouvernement.

Le mouvement poujadiste s'essouffle en tant que tel avec la fin de la Quatrième République en 1958 mais on peut retrouver des ressemblances politiques (comme l'« antifiscalisme » revendiqué par Jean-Marie Le Pen) entre l'UDCA et certains partis d'extrême droite contemporains (FN,MNR).

Notes et références

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  1. Discours disponible sur la Digithèque MJP.
  2. Bernard Lanne,Histoire politique du Tchad de 1945 à 1958 : administration, partis, élections, Karthala Éditions, 1998,p. 71.
  3. Marie-Anne Cohendet,Droit constitutionnel,3e édition,p. 226.
  4. Jacques Fauvet,LaIVe République, Fayard, 1959.
  5. AssembléeNationale, « Le Gouvernement provisoire et la Quatrième République (1944-1958) - Histoire - Histoire de l'Assemblée nationale - Assemblée nationale », surwww2.assemblee-nationale.fr(consulté le).
  6. LaIVe République, Que sais-je ?,p. 123.
  7. Voir l'articleInsurrection de juin 1953 en Allemagne de l'Est
  8. BernardLachaise,Résistance et politique sous laIVe République, Presses universitaires de Bordeaux,, 171 p.(ISBN 2-86781-335-2,OCLC 419688067).

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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Mouvements, courants et personnalités politiques

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Décolonisation

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Liens externes

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Avant la promulgation de la constitution de 1946 :Gouvernement provisoire de la République française
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Crises de la Quatrième République
Voir aussi :Quatrième République,Liste de scandales politiques français
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