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Quartier de Chaillot

48° 52′ 09″ nord, 2° 17′ 30″ est
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Pour les articles homonymes, voirChaillot.

Quartier de Chaillot
Quartier de Chaillot
Chaillot au printemps 2011 autour de sonéglise.
Administration
PaysDrapeau de la FranceFrance
RégionÎle-de-France
VilleParis
Arrondissement municipal16e
Démographie
Population20 885 hab.(2016[1])
Densité14 666 hab./km2
Géographie
Coordonnées48° 52′ 09″ nord, 2° 17′ 30″ est
Superficie142,4 ha = 1,424 km2
Transport
Gare(RER)(A)Charles-de-Gaulle - Étoile

(RER)(C)(E)Neuilly - Porte Maillot

Métro(M)(1)(2)(6)(9)
Tramway(T)(3b)
Bus(BUS)RATP223031324352637273808292PC244341

Boucles Nord de Seine274

Localisation
Localisation de Quartier de Chaillot
Géolocalisation sur la carte :Paris
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Quartier de Chaillot
Géolocalisation sur la carte :France
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Quartier de Chaillot
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Lequartier de Chaillot est le64equartier administratif deParis. Situé dans le16e arrondissement sur lacolline de Chaillot, il a pour origine un village du même nom situérue de Chaillot mais dont leterritoire paroissial, deux fois plus étendu que l'actuel quartier, recouvrait, outre le16e au nord de larue des Carrières dePassy et à l'est de larue Léonard de Vinci, le sud du8e, appelé depuisfaubourg dela Conférence, soit depuis l'actuelleplace de l’Étoile tous les bords deSeine à l'est d'unbois de Boulogne autrefois plus étendu entre lecimetière de Passy inclus jusqu'à laConcorde.

Premier village à l'ouest deParis répondant dans le prolongement dudecumanus à l'orientalCharonne, c'est auXVIe siècle que Chaillot se désenclave avec la construction d'un château pour la reineCatherine de Médicis, d'autres grandes demeures puis d'établissements religieux, notamment lecouvent de Chaillot. En 1659, il devient officiellement un faubourg de la capitale. Scindé en 1785 par lemur des Fermiers généraux, sa partie peuplée intègre le1er arrondissement. Sous lePremier Empire, un projet depalais du roi de Rome, sur la colline, avorte mais est suivi par plusieurs esquisses architecturales (statues monumentales, lotissements…). Unquartier de Chaillot est formé en 1860 au sein du nouveau16e arrondissement. Lepalais du Trocadéro y est construit à l'occasion de l'Exposition universelle de 1878, autour duquel de nombreux bâtiments d'habitation sont édifiés. Le palais laisse la place aupalais de Chaillot en 1935 pour l'Exposition spécialisée de 1937.

Étymologie

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La première mention de Chaillot est celle de son église,Ecclesia de Caleio, et figure dans unebulle datée de 1097[2]. Elle y est mentionnée comme la principalecuredonnée en 1060 parHenriIer auprieuré Saint-Martin-des-Champs[3] que ce roi a fait reconstruire après que lesNormands l'ont détruit.

Dans les documentslatins postérieurs, le terme varie entreCallevio,Calloio,Challoio, voireCalloium, et mêmeChalouel[2] ou, auXIIIe siècle,Chailloel[3]. Enfrançais, on écrit auXIVe siècle le plus souvent « Chailluyau », auXVe siècle, « Chailluyau », « Chaleau », « Chayoux » ou « Chailliau[2] ». L'orthographe « Chaillot » ne deviendra la norme qu'auXIXe siècle.

L'étymologie de « Chaillot » fait référence au « caillou » qu'est lacolline de Chaillot, ou à la « forêt ».

Situation

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Chaillot est situé au bord du méandre de Boulogne de la Seine sur un sous-sol de calcaire grossier de l'ère tertiaire "leLutétien" d'une épaisseur de 20 à 30 mètres surmonté d'un banc de pierre de 7 mètres exploité depuis l'époque gallo-romaine pour la construction des édifices parisiens. Une plate-forme de calcaire, lacolline de Chaillot, s'étire de la butte de l'Étoile et ses abords (quartier des Ternes et partie haute dufaubourg du Roule) jusqu'à la rue du Ranelagh dans le quartier de la Muette, ancienne commune de Passy. Cette plateforme a été partiellement arasée, notamment la butte de l' Étoile et la place du Trocadéro mais ce relief est encore très visible au-dessus des jardins du Trocadéro et par les pentes des rues de part et d'autre de larue Lauriston, ancien chemin du Bel Air, qui constitue une ligne de crête qui dominait le village étiré le long d'une rue à l'emplacement de l'actuelle rue Chaillot et de ses prolongements au sud-ouest (rue des Batailles à l'emplacement de l'avenue d'Iéna de laplace d'Iéna aux jardins du Trocadéro) et au nord-est (actuellerue Quentin-Bauchart).

Chaillot était limité à l'est par le marais qui s'étendait autour de Paris à l'emplacement du cours préhistorique de la Seine qui rejoignait le cours actuel à proximité de l'actuelle place de l'Alma puis par le grand égout qui lui succéda, à l'ouest par la forêt de Rouvray, actuel bois de Boulogne, au nord par la seigneurie de Villiers-Neuilly qui contrôlait le bois de Boulogne. La limite nord de Chaillot par l'actuelle avenue des Champs-Élysées et avenue de la Grande Armée ne date que de la création de cette nouvelle route de Neuilly auXVIIIe siècle, doublant l'ancien chemin de Neuilly correspondant à l'actuelleavenue des Ternes.

La seigneurie de Chaillot qui échut en 1684 aux religieuses de la Visitation n'était pas très étendue : elle ne dépassait pas l'emplacement de la place de l'Étoile au nord, celui de la rue Lauriston à l'est. Sa limite avec Passy était constituée par les rues Vineuse et de l'Alboni[4].

  • Le site de Chaillot
  • Site de la colline de Chaillot vers 1840 sur carte d'état major.
    Site de la colline de Chaillot vers 1840 sur carte d'état major.
  • Village et terroir de Chaillot sur carte Roussel de 1748.
    Village et terroir de Chaillot sur carte Roussel de 1748.

Historique

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Le Nigeon du Haut Moyen Âge

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Si Chaillot n'est nommé qu'auXIe siècle, cinq siècles plus tôt, peu avant 586, c'est-à-dire avant d'être promuévêque duMans,Bertrand du Mans, un fils de magnatpoitevin, fait l'acquisition d'undomaine situé au sud de la future paroisse, lavilla de Nimio, orthographelatine du toponyme °Nimjo, devenu Nijuncus puis, enfrançais, « Nigeon[5] ». Nigeon continuera d'occuper jusqu'à la fin duXVe siècle le site de l'actuelTrocadéro entre les actuellesrue Vineuse etrue de la Manutention. À l'époque mérovingienne, Nigeon est undomaine viticole qui prospère grâce à la source du lieu-ditFontanitum, c'est-à-dire « petite source[5] ». Jusqu'auXVIIe siècle et la découverte de la source dePassy, n'est connue dans les environs qu'une seule source, qui jaillit en plusieurs résurgences. Réputée pour ses vertus curatives, la résurgence principale est située àAuteuil, en haut de larue de la Source. Le chemin allant de Nigeon à Fontainette est devenu la « rue de la Fontaine », renommée en 1865 « rue La Fontaine ».

Peu après 614 et la promulgation de sadécrétion visant à mettre un peu d'ordre dans les bénéfices ecclésiastiques,Clotaire II ajoute, pardonation, au vignoble deBertrand du Mans un territoiremaraicher[5] qui est vraisemblablement le futur Chaillot, c'est-à-dire le territoire intermédiaire entre Paris et lamaison forte de Nigeon. Jusqu'en 1790, le territoire de l'ancien Nigeon appartiendra à laparoisse de Chaillot. Le territoire plus au sud, le futurPassy inclus, du moins jusqu'en 1672, relèvera de la paroisse d'Auteuil.

Le, sous le règne deChilpéric II, laforêt du Rouvray,Rubridum sylva, qui s'étend à l'ouest du Paris de l'époque jusqu'à l'actuelleConcorde et lagarenne deMonceau, est partagée entre l'abbaye de Saint-Denis et l'abbaye Sainte-Geneviève, l'ouest et la rive deSeine en aval deSaint-Cloud revenant à celle-là, l'est et la rive en amont à celle-ci. Lesgénovéfains se retrouvent responsables duprieuré Saint-Martin-des-Champs et de l'oratoire que celui-ci entretient auSanctum martyrum.

En 1060,HenriIer fait reconstruireSaint-Martin-des-Champs, que lesNormands avaient détruit, tout commeSainte-Geneviève-du-Mont. Le roi donne auxgénovéfains l'église de Chaillot[3], puisqu'elle est située sur la rive qui leur revient. Chaillot devient la principalecure duprieuré Saint-Martin[3]. Au sud de Chaillot,Auteuil, propriété de l'abbaye du Bec que l'archevêque de CantorbéryAnselme érige en fleuron de l'église deNormandie, échappe auxgénovéfains jusqu'en 1109, date à laquelle ils en font l'acquisition.

Le village du Bas Moyen Âge, sa maison forte et l'étendue de son terroir

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En 1124, lechancelierÉtienne de Garlande, oncle d'Amaury de Montfort et doyen desgénovéfains, fixe, selon les us du lieu, lescoutumes de Chaillot[6]. Au cours duBas Moyen Âge, un village, cité dans une charte de 1176[2], se développe autour d'un chemin qui correspond aux actuelles ruesde Chaillot etQuentin-Bauchart ainsi qu'une partie de l'avenue d'Iéna et qui restera jusqu'auXVIIIe siècle l'unique rue[7]. Entouré devignes, il produit un vin réputé.

Ce terroir faisait partie du domaine seigneurial de l'abbaye de Saint-Denis.Sur lacolline, lamaison forte de Nigeon passe en 1292, avec lecomté deMontfort-l'Amaury, dans le domaine de labranche capétienne dessouverains deBretagne par le remariage deYolande de Dreux, éphémèrereine d'Écosse, avecArthur de Bretagne. C'est là que le meurt à l'âge de quarante-trois ansGuy de Penthièvre[6], puiné du premier lit d'Arthur etdemi-frère deJean de Montfort, lequel, en contestant la primauté de la fille deGuy,Jeanne de Penthièvre que soutient leroiPhilippe de Valois, déclenchera dix ans plus tard la longue et terribleguerre de Succession de Bretagne.

En 1360, durant laguerre de Cent Ans, l'abbaye royale de Longchamp, qui se trouve de l'autre côté dubois de Boulogne, est pillée. Les sœurs, dispersées, se réfugient dans Paris. Elles font l'acquisition d'une maison à Chaillot, qui en devient un sous-fief, avecbasse et moyenne justice. Cetarrière fief s'étend de l'actuelleplace d'Iéna à l'actuellerue Georges-Bizet[8] et scinde la paroisse en deux[9]. L'actuellerue de Longchamp conserve le souvenir de cette dualité territoriale qui ne sera formellement abolie que le[10], l'abbaye de la Visitation ayant acheté ce terrain de Longchamp trente deux ans plus tôt, le[9].

Le, alors que legouvernement civil deParis, qui prendra laBastille un mois et demi plus tard, vient, au cours desÉtats généraux, d'imposer lebonnet phrygien à un roiCharles VI confiné dans sonpalais Saint-Pol,Jean sans Peur, qui retirera bientôt son soutien aux insurgés, positionne son armée entreMontmartre et Chaillot et fixe son état-major à Nigeon[11].

La vocation religieuse d'un site convoité

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Le,Louis XI qui, sept ans plus tôt, tentait de s'emparer deMontfort etÉtampes, provoquant laligue du Bien public, accapare lahaute justice de Chaillot, malgré la demande d'annulation formulée par leconseiller auParlement Guillaume le Duc[12], probablement mandaté par leschanoines duchapitregénovéfains revendiquant l'antiquité du titre pour leurabbé. Cela permet deux ans plus tard au monarque deconcéder Chaillot, sans droits d'héritage, auGrand chambellanPhilippe de Commynes[12] pour le remercier d'avoir trahiCharles le Téméraire.

Letraité de Picquigny assurant une paix stable, Nigeon redevient une résidence de l'abbé deSainte-Geneviève, seigneur d'Auteuil, qui s'y rend accompagné de deuxécuyers le pour y fêtersainte Madeleine dans une chapelle dédiée[13]. Le même Guillaume Le Duc, qui a passé un arrangement avec le roiLouis XI[12], y fait faire d'importants travaux pour le compte de Philippe Cousin[13],abbé commendataire dont en 1516, avec l'appui du roiFrançoisIer[14], il prendra pour ses vieux jours la place moyennant des compensations sous forme debénéfices[15].

Dès la fin duXVe siècle, Chaillot devient un lieu d'implantation de nouveaux couvents. Cette vocation religieuse du village nait en 1493[16] lorsque lareine de FranceAnne de Bretagne, qui fondera cinq ans plus tard l'ordre de la Cordelière, faitdon du manoir de Nigeon, qu'elle a hérité de son arrière-grand-pèreJean de Montfort, à la congrégation d'inspiration franciscaine desMinimes[17].

Deux ans plus tard, la futurecomtesse d'Étampes rachète aubailli deMontfort, Jean de Cerisy, le bâtiment voisin[18], qui lui sert de résidence. Jean de Cerisy, précédemmentcontrôleur général des finances[19], avait été choisi par lemaréchal de Rieux, durant le temps que celui-ci assumait larégence duduché, pour êtregarde des sceaux[20] et pour cette raison avait été écarté en 1491 par le nouveaubaillistreCharles VIII de France sans qu'il ne reçoive jamais l'indemnité promise[21]. En 1496, elle en fait don aucouvent des Minimes de Nigeon, dont le bâtiment conventuel s'agrandit ainsi depuis l'actuellerue Beethoven jusqu'à ce qui est aujourd'hui larue Le Nôtre entre laSeine et l'actuelboulevard Delessert[16]. Le domaine s'étend alors sur environ trois hectares et demi et comporte unvivier et une chapelle dédiée àNotre Dame de ToutesGrâces[18]. Ce n'est qu'auXVIe siècle que lecouvent des Minimes de Nigeon prendra officiellement le nom decouvent des Bonshommes[16].

Sur le versant ouest de la colline, exposé auvents dominants, desmoulins sont construits, auxquels conduisent depuis les Bonshommes lechemin de la Tour et lechemin des Moulins. Sept cents mètres à leur sud-ouest, les Bonshommes ont pour voisin lechâteau de Pacy, siège d'une seigneurie relevant de lahaute justice d'Auteuil. Entre les deux, sur le territoire d'Auteuil, se développe le long dela route qui conduit aupavillon de la Muette, un hameau qui deviendra uneparoisse autonome en 1672 sous le nom du château et de la seigneurie voisine,Passy.

Le est inaugurée sous le mêmevocable de Notre Dame de ToutesGrâces la nouvelle église ducouvent des Minimes de Nigeon dont la construction avait été commencée en 1493 parAnne de Bretagne[18].

Chaillot vers 1550

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La plus ancienne représentation du village de Chaillot est celle du plan de Saint-Victor du milieu duXVIe siècle.Y sont figurés de gauche à droite :

  • Legrand égout qui coule en bas du village, formant la limite de son terroir.
  • La maison seigneuriale située à l'emplacement actuel de l'angle de larue de Chaillot et de l'avenue Marceau marquée par sa grande tour carrée disparue sur les illustrations du siècle suivant.
  • Le clocher de l'église Saint-Pierre avec mention au-dessus à gauche d'un château non identifié.
  • L'embouchure sur la Seine du grand égout enjambée par un pont sur le chemin au bord du fleuve qui n'est pas encore aménagé en quai. Les abords de cette embouchure sont vides de constructions, avant la création à proximité en 1615 par Marie de Médicis d'un orphelinat qui sera ensuite une savonnerie puis la manufacture royale de tapisserie.
  • La colline de Chaillot (emplacement de l'actuelle place du Trocadéro) avec plusieurs maisons. Un de ces bâtiments sera acquis par Catherine de Médicis en 1583 pour y aménager un château qui deviendra en 1651 le Couvent de la Visitation Sainte-Marie fermé en 1790.
  • Le couvent des Minimes ou des Bonshommes dont la construction commencée en 1493 est très avancée.
  • Chaillot vers 1550 sur le plan de Saint-Victor.
    Chaillot vers 1550 sur le plan de Saint-Victor.

Résidence royale et retraite aristocratique à la Renaissance

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En 1583, lareineCatherine de Médicis achète auxBonshommes un de leurs ermitages situé dans les actuelsjardins du Trocadéro ainsi que le terrain s'étendant jusqu'en face de l'actuelpalais d'Iéna à hauteur de larue Albert-de-Mun[22]. Entre les actuellesrue Le Tasse etavenue Albert-Ier-de-Monaco[22], elle y fait construire unchâteau, « Catherinemont ». L'architecte antiquisantÉtienne Dupérac est chargé des travaux et réalise un château en U avec des jardins en terrasse et une cour en forme d'hippodrome. La souveraine n'en profite toutefois pas longtemps : le chantier commence en 1588 et elle meurt l'année suivante[23].

  • Vue en biais de Catherinemont.
    Vue en biais deCatherinemont.
  • Plan du château, qui ne sera pas achevé.
    Plan du château, qui ne sera pas achevé.

À l'été 1590, durant lesiège de Paris,Henri de Navarre s'établit au château de Catherinemont[24]. L'édit de Nantes promulgué et la paix revenue,Henri IV, commeMarie de Médicis, renonce à achever les travaux et récuse l'héritage de Catherinemont. Passé dans lamaison de Gramont[25], le château est habité à partir de 1619[26] par leprésident Jeannin, qui fait des transformations[27] et voudra s'y faire dresser un mausolée extravagant[26]. Le bâtiment voisin ducouvent des Bonshommes est également embelli, par legrand aumônier, lecardinalFrançois de La Rochefoucauld[13].

Le château un siècle après sa construction parDupérac et les agrandissements commandés par Jeannin et Bassompierre.

En 1629, durant le séjour deLouis XIII auchâteau de Madrid, qui se trouve de l'autre côté dubois de Boulogne,Richelieu s'installe auchâteau de Chaillot[28], qui n'est plus appelé Catherinemont mais château deGramont[25] et qui est désormais la résidence du frère cadet deFrançois de Bassompierre. Le maréchal est interné à la Bastille de 1631 à 1643 par Richelieu pour sa participation au complot de lajournée des Dupes. Durant son embastillement, le palais est réquisitionné pour servir de logement à la nièce du roi, laduchesse de Nemours[29], puis de nouveau pour Richelieu[28].En 1646, François de Bassompierre ne laissant pas d'héritier ni son frère, décédé prématurément en 1633, le château est acheté par TanneguyLe Veneur, comte deTillières[27].

Le, la reine déchue d'Angleterre,Henriette de France, veuve du roi d'AngleterreCharlesIer décapité àLondres en 1649, fait acquérir paradjudication l'ancien château deCatherine de Médicis, pour le compte de l'ordre de la Visitation[9]. Ainsi naît lecouvent de Chaillot, doublant lecouvent des Augustines[30], qui avait été inauguré le[31]. Ce n'est que trente-cinq ans plus tard, le, que lesVisitandines, désormais seigneuresses de Chaillot, finiront de racheter les reliefs du sous-fief de Longchamp[9].

Gravure représentant lecouvent de Chaillot vers 1774.

L'ancien château est profondément remanié par Henriette de France. Elle commande à l'architecteFrançois Mansart la construction d'une chapelle et fait venir une partie de lacour. Elle confie l'éducation de sa filleHenriette d'Angleterre auxVisitandines que dirigeLouise de La Fayette.Marie Mancini, la nièce deMazarin, se retire un temps aucouvent de Chaillot,Louise de La Vallière par deux fois.Bossuet prononce en 1669 la célèbreoraison funèbre pour Henriette dans la chapelle de Mansart. Le couvent accueillera par la suite plusieurs personnalités de la branche déchue desStuarts dont le fils d'Henriette d'Angleterre, le futur roiJacques II. La reineMarie d'Angleterre y sera inhumée en 1718.

Le faubourg de la Conférence

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Un arrêt duConseil du roi de[27] fait du village de Chaillot unfaubourg de Paris et prend le nom de « faubourg de la Conférence[32] ». Le faubourg prend son nom de celui de la porte de l'enceinte de Louis XIII la plus proche. La porte de la Conférence avait reçu ce nom parce que c'était celle que les représentants desbourgeois de Paris passaient en 1593 pour rejoindreSuresnes, où se tenaient les négociations qui ont permis l'entrée dans Paris, par la même porte, du nouveau roi Henri IV[33].

La barrière de Chaillot en 1779, avant que ne soit élevé lemur des Fermiers généraux.
Chaillot auXVIIe siècle.

Soumis à la pression démographique croissante de la ville deParis, Chaillot devient le séjour de quelques illustres habitants de la capitale, tel le graveur du roi Louis XIVIsraël Silvestre. Habitantrue des Batailles, voie supprimée qui était située entre laplace d'Iéna et l'avenue Albert-de-Mun, il dresse plusieurs esquisses des lieux.

En 1673,Louis XIV expulse lestanneurs, lesteinturiers et lesmégissiers du centre de Paris pour qu'ils s'installent dans lequartier Saint-Marcel ou le quartier de Chaillot :

« Arrêt du conseil, 24 février 1673[34] :
Le roy s'estant fait représenter en son conseil l'arrest rendu en iceluy le 28 octobre dernier, par lequel sa majesté auroit ordonné l'exécution de l'édit du 2 décembre 1577, et de l'arrest de la cour de parlement du6e may 1623, rendu en conséquence pour la translation destanneurs ettinturiers de larue de la Tannerye, où ils sont à présent estably, en un autre lieu commode èz-environs de la dite ville, et qu'à cest effect, assemblée seroit faicte en l'Hostel de la dite ville des conseillers, quartiniers, et de tel nombre de notables bourgeois que les ditsprevost des marchands et eschevins jugeroient à prospos de mander pour adviser aux moyens de pourveoir à la salubrité de la dite ville, et du lieu le plus proche èz-environs d'icelle où l'on pourroit placer les tanneurs, tinturiers etmégissiers, pour le procès-verbal faict et rapporté être par sa majesté ordonné ce qu'il appartiendroit ; et veu le procès-verbal de la dite assemblée du 7 février 1673, en laquelle les dits tanneurs et tinturiers qui sont logés dans la diterue de la Tannerye et ceux qui sont dans les autresquartiers de Paris sur le bord de larivierre, seront tenus de se retirer dans un an du jour du présent arrest dans lequartier Saint-Marcel etChalyot, aux maisons estant sur le bord de la rivierre, ou autres lieux qui seront par eux indiqués qui ne se trouveront point incommoder au publicq, nonobstant la quelle translation, les dits tanneurs et tinturiers qui se retireront de la dite rue de la Tannerye et autres du dedans de Paris conserveront tous leursprivilèges etexemptions de leurs mestiers, et en qualité debourgeois de Paris, dont ils jouissent, à l'effect de quoy leur seront tous arrêts et lettres expédiés. Enjoignant sa majesté à tous ses officiers de les maintenir et garder en la jouissance des dits privilèges, et de favoriser en toutes choses la ditte translation, et aux dits prevost des marchands et eschevins de tenir la main à l'exécution du présent arrest qui sera exécuté nonobstant oppositions ou appellations quelconques et sans préjudice d'icelles, dont si aucunes interviennent, sa majesté s'est réservé et à son conseil la connaissance, icelle interdite à toutes ses autres cours et juges.
Signéd'Aligre etColbert. »

Entre lesXVIIe et XVIIIe siècles, Chaillot se couvre de maisons de plaisance« enstyle palladien, avec jardins ou parcs décorés de statues et de fabriques[23] ». Au milieu duXVIIIe siècle, le village de Chaillot compte environ 500 habitants et plusieurs édifices religieux. Laroute de Longchamp est un embouteillage incessant decarrosses allant et revenant à l'office de l'abbaye de Notre-Dame-de-l'Humilité, qui est en fait un concert d'opéra des plus brillants après lequel ces dames du Bois de Boulogne reçoivent galamment dans leur loges.

Scission entre Paris et Passy

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En 1787, lemur des Fermiers généraux coupe le faubourg en deux. Le, la partie de Chaillot extérieure à l'enceinte est attribuée à lacommune de Passy[27], qui double d'un coup sa surface d'un territoire quasi désert.

Pendant laRévolution française, c'est le qu'a lieu sur la rive d'en face, auChamp-de-Mars, laFête de la Fédération. Le couvent de Chaillot est déjà désaffecté, quand, le, l'explosion de la poudrerie de Grenelle, elle aussi sur larive gauche, détruit une partie du bâtiment et renchérit une éventuelle restauration de l'ensemble. Les lieux sont déblayés par les pouvoirs publics. En 1800, la colline de Chaillot accueille déjà plusieurs industries, notamment lapompe à feu desfrères Périer (un système de distribution d'eau pour Paris) ainsi que deux manufactures.

Plan du projet dupalais du roi de Rome.

En 1810-1811,Napoléon Ier confie aux architectesCharles Percier etPierre-François-Léonard Fontaine la construction dupalais du roi de Rome, destiné à abriter les quartiers de l'héritier du trône de l'Empire ; pour l'empereur, il doit s'agir d'« unKremlin cent fois plus beau que celui de Moscou », une« cité impériale, la cité napoléonienne » se poursuivant par un parc comprenant lechâteau de la Muette et lepavillon de Bagatelle, et continuant également sur l'autre rive jusqu'au Champ-de-Mars, avec le bâtiment desArchives impériales, une université, une caserne de cavalerie et d'infanterie, une école des arts et métiers, une école des arts et un hôpital militaire[35]. Toutefois, laretraite de Russie et les déboires militaires qui suivent conduisent à l'abandon du projet.

Premiers aménagements au débutXIXe siècle

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Même s'il ne voit pas le jour, le projet du palais du roi de Rome ancre le quartier de Chaillot comme lieu solennel. Lepont d'Iéna, construit entre 1804 et 1813, participe dès lors à l’édification d'un axe partant de l'École militaire sur la rive gauche, axe sur lequel vont s'orienter tous les projets postérieurs du quartier de Chaillot. En 1820, un projet de monument à la gloire de la monarchie française est étudié, après le retour deLouis XVIII. En 1824, un lotissement de luxe, dit villa Trocadéro est envisagé,« qui eût étagé sur la colline divers bâtimentsalla romana autour d'une grande fontaine commémorative figurant les allégories de l'Èbre et de laSeine mêlant leurs eaux, surmontée d'unobélisque ». En 1841, un autre projet, cette fois-ci d'une statue colossale deNapoléon Ier, parHector Horeau est suggéré après le rapatriement des cendres de l'empereur depuis l'île de Sainte-Hélène.

Pendant laDeuxième République, une statue baptiséeHéros est programmée, alors que sous leSecond Empire, plusieurs, comme leGénie de l'humanité et laFrance intelligente éclairant le monde (laquelle a pu inspirerAuguste Bartholdi pour sastatue de la Liberté, 'La Liberté illuminant le monde) sont dessinées[36].

Par métonymie, le quartier de Chaillot commence à faire référence au « Trocadéro » dans les années 1820. De par le projet de « villa Trocadéro » de 1824, mais surtout en 1826, en souvenir de labataille du Trocadéro, qui s'est déroulée le, pendant laquelle un corps expéditionnaire français enleva le fort du Trocadéro, qui défendait le port deCadix, enEspagne. Il s'agissait d'écraser le régime parlementaire en place et de réinstaller sur le trône le roiFerdinand VII. En effet, en 1826, un spectacle comprenant une reconstitution de la bataille a lieu à cet endroit, avec des soldats jouant un rôle et la colline de Chaillot figurant le fort du Trocadéro ; il se finit par des fusées et desfeux de Bengale.

À l’ouest du mur des fermiers généraux, la "Société des terrains de la plaine de Passy" lotit en 1825 le territoire rural compris entre l'avenue de Neuilly, actuelleavenue de la Grande-Armée au nord, le boulevard extérieur au mur des fermiers généraux (actuelleavenue Kléber) à l'est, l'ancienne faisanderie du château de la Muette à l’ouest, la rue de Longchamp au sud, autour de voies rayonnant à partir de l'actuelle place Victor Hugo, reprenant également les chemins ruraux existants, rue du Bel Air (actuellerue Lauriston) etrue de Longchamp. Ces voies forment l’essentiel du réseau actuel à l'ouest de l'avenue Kléber, à l’exception de l’avenue de l’Impératrice, actuelleavenue Foch ouverte en 1854 et de rues secondaires greffées sur les grands axes. Cependant, le quartier se construisit lentement. En 1860, l'urbanisation se limitait pour l'essentiel à proximité de l'enceinte des fermiers généraux, autour de la rue du Bel Air.

  • De 1825 à 1860
  • Plan du lotissement de la plaine de Passy de 1825.
    Plan du lotissement de la plaine de Passy de 1825.
  • Quartier de Chaillot en 1860 sur carte d'état-major.
    Quartier de Chaillot en 1860 sur carte d'état-major.

Activités industrielles

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À l'intérieur du mur d'enceinte, l'ancien village de Chaillot, devenu principalement un quartier résidentiel, abritait aussi des activités industrielles et avait une population ouvrière.

Derrière leur pompe à feu construite en 1783, les frères Périer possédaient, à un emplacement situé entre la place de l'Alma et l'actuelPalais de Tokyo une fonderie où furent fabriquées la plupart des machines à vapeur produites en France à cette époque.

Lamanufacture royale de tapis de la Savonnerie était installée de 1627 à 1826 à l'emplacement d'un orphelinat dont les pensionnaires fabriquaient du savon. Après le transfert de manufacture aux Gobelins en 1826, ses locaux sont reconstruits en 1836 et affectés à la Manutention militaire ou dépôt des vivres militaires. La manutention qui a donné son nom à une rue est incendiée et reconstruite à deux reprises en 1855 et pendant la Grande Guerre puis remplacée en 1936 par les musées d'Art moderne du Palais de Tokyo[37].

Le chimisteCharles Derosne installe en 1818 son atelier pour la construction de matériel de distillation au 7 rue des Batailles (emplacement de l'actuelle avenue d'Iéna aux environs de la place d'Iéna). L'entreprise se développe et s'étend sur un terrain de 2 hectares entre la Seine, la rue des Batailles, la Manutention militaire et l'emplacement actuel des jardins du Trocadéro, avec le siège social et l'usine de laSociété Ch.Derosne et Cail, ensuitesociété Cail étendus jusqu'auquai Debilly. Cette usine qui construisait du matériel pour les sucreries, des machines-outils puis, à partir de 1844, des locomotives, dont les célèbresCrampton mises en service sur le réseau de laCompagnie du Nord dès 1849, puis sur ceux descompagnies de Paris-Lyon etde l'Est, était la plus importante entreprise industrielle de Paris, employant jusqu'à 1300 ouvriers dans les années 1850.

Les locomotives étaient montées à l'usine de Chaillot, jusqu'à 25 à la fois, à partir des éléments fabriqués à l'usine de Grenelle ouverte en 1846, chaudières avec leurs tubes de laiton, roues avec leurs bandages et essieux. Après montage, elles étaient peintes et vernies à Chaillot puis transportées jusqu'à laligne de ceinture sur des chariots de 16 à 18 tonnes tirés par un grand nombre de chevaux, jusqu’à 42. L'usine de Chaillot continuait en même temps la fabrication de matériels sucriers, chaudières servant à l'évaporation et à la cuisson des jus, et construisait diverses machines pour les réseaux ferroviaires[38].

L'usine fut détruite par un incendie au cours de la nuit du 24 au et les ateliers furent transférés à l'usine de Grenelle. L'usine de Chaillot ne fut pas reconstruite. Le terrain fut vendu et lesrues Fresnel etFoucault furent tracées en 1877 sur le lotissement[39],[40].

Jusqu'en 1860, des « taupiers »", chiffonniers ou terrassiers, étaient terrés dans d'anciennes carrières ou vivaient dans un bidonville, le "Clos Nicot" sur lequel fut ouverte en 1869 laRue de l'Amiral-d'Estaing[41].

Quartier du Paris haussmannien

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Chaillot est intégré à la capitale en 1860. Il prend le nom de « quartier des Bassins »[réf. nécessaire] et forme avec l'ancienne commune d'Auteuil et l'ancienne commune de Passy le16e arrondissement. Son territoire comprend approximativement celui de l'ancien village de Chaillot entre l'ancienne enceinte fiscale (avenue Kléber) et l'avenue Marceau percée à cette époque, partie intégrée à Paris depuis leXVIIe siècle formant la partie sud-ouest de l'ancien premier arrondissement, augmenté de la moitié est du lotissement de la plaine de Passy qui faisait partie du terroir de la paroisse de Chaillot avant d'être attribué à la commune de Passy en 1790. La moitié ouest de ce lotissement, augmentée du terrain de l'ancienne faisanderie du château de la Muette forme le quatrième quartier de l'arrondissement,quartier de la Porte-Dauphine.

Sous le Second Empire, des travaux d'arasement sont entrepris par le baronHaussmann. La colline de Chaillot perd ainsi trois mètres de hauteur, ce qui permet l'aménagement en 1869 de la grande place du Roi-de-Rome, autour de laquelle de grandes avenues partant en étoile sont tracées : avenues de l'Empereur, du Roi-de-Rome,de Malakoff etd'Iéna.

Chaillot, plus encore que Passy et Auteuil, est la partie la plus radicalement transformée par les travaux d'urbanisme du Second Empire poursuivis au cours de la période suivante, qui font disparaître les derniers vestiges de l'ancien village.

La chute de l'Empire survient après laguerre franco-allemande de 1870 et laTroisième République (France) est instaurée. Apprécié par les monarchistes comme victoire militaire de la Restauration mais rejeté par les républicains comme ayant rétabli une monarchie autoritaire en Espagne, le nom de « Trocadéro » est adopté en 1876, pour se substituer au nom impérial de Roi-de-Rome, par la Troisième République dominée à cette date par une majorité de monarchistes espérant une prochaine Restauration.

Parmi les avenues rayonnant au départ de laplace du Trocadéro, l'avenue de l'Empereur devient l'avenue du Trocadéro (depuis scindée entre l'avenue Georges-Mandel et l'avenue Henri-Martin) et l'avenue du Roi-de-Rome devient l'avenue Kléber, alors que les trois autres avenues gardent leur nom, moins connotés de victoires militaires d'Iéna, d'Eylau et deMalakoff (par la suite scindée en avenue Raymond-Poincaré et avenue de Malakoff).

En 1878, le palais de l'Exposition universelle prend également officiellement le nom de « palais du Trocadéro[36] ».

Les expositions universelles de laBelle Époque

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Lepalais du Trocadéro.

Lesexpositions universelles voient le jour dans la seconde partie duXIXe siècle : il s'agit autant d'une compétition économique entre nations, d'une façon d'étendre et de montrer son prestige et son modernisme que d'accueillir et de réunir les grands dirigeants du monde. L'Exposition universelle de 1855 est la première à avoir lieu en France ; la suivante,celle de 1867, se tient plus à l'ouest, et donc non loin de la colline de Chaillot : pour la première fois installée sur le Champ-de-Mars, elle accueille 11 millions de personnes ; Chaillot est alors un promontoire qui permet d'observer l'immense palais provisoire de forme ovoïde. L'Exposition universelle de 1878, qui se tient toujours sur le Champ-de-Mars et compte 16 millions de visiteurs voit la construction, sur la colline de Chaillot, dupalais du Trocadéro, bâtiment initialement provisoire mais finalement conservé, devant le coût de l'investissement financier qu'il a nécessité ;sous les jardins, dans lesanciennes carrières de pierre, un immense aquarium d'eau douce est créé. L'exposition de 1889 est symbolisée par la construction de latour Eiffel ; une rétrospective de l'art français a quant à elle lieu au Trocadéro[42].

Projets

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La chaussée de l'avenue Foch,espace vertclassé, sur la moitié de laquelle, la plus proche de l'Arc de Triomphe, s'élèveront divers bâtiments.

Après la vente desserres d'Auteuil par lemaire de ParisBertrand Delanoë, son adjointe et successeurAnne Hidalgo envisage de supprimer la partie de l'avenue Foch qui s'étend dans le quartier de Chaillot pour y conduire un programme immobilier[43].

Démographie

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AuXVIIIe siècle

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Évolution de la population
1709172617451785
110 foyers[44]538communiants[44]110 foyers[44]2 000 habitants[45]

Depuis l'intégration du quartier à la ville de Paris

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Évolution de la population
186118811901191119361954196219751999
13 59420 72837 53938 52834 20037 02034 20027 05021 213
(Sources :[46])

La densité de la population de Chaillot était la plus élevée des quartiers de l'arrondissement en 1861 mais sa croissance fut plus modérée (augmentation de 283 % de 1861 à 1911) que celle de l'ensemble de l'arrondissement (augmentation de 409 % pour la même période) et s'est arrêtée plus tôt, au début duXXe siècle. Après quelques fluctuations jusqu'en 1954, sa diminution est ensuite particulièrement forte. Le quartier qui était le plus résidentiel de Paris en 1900 est l'un de ceux où les sièges sociaux et les banques d'affaires se développent le plus.

Seigneurs de Chaillot

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Il s'agit vraisemblablement, compte tenu de la suite, d'un titre, peut être acheté, relatif aux seulesbasse et moyenne justice et aubénéfice afférent.
  • Nicolas Arrode, décédé en 1316[3].
Probable fils du précédent, Nicolas Arrode est lemaître d'ouvrage parisien d'unerue à son nom tracée auxChampeaux pour relier lefief de Joigny à lapoterne Comtesse d'Artois.
  • Vers 1390 : Jacques Michel[3].
  • Vers 1400 : Arnaud Michel[3].
  • 1438 : Henri Roussel, avocat enParlement[3].
Ses filles et ses gendres renoncent à payer le montant de lacharge[12]. Laseigneurie de Chaillot tombe en vacance.
Gui, fils du seigneur deCouzan, est le neveu dePhilippe etEustache de Lévis, lesquels finiront leurs carrières enArlescardinaux .
Le,Louis XI, bafouant le droit desgénovéfains, fait constater que le seigneur de Chaillot ne possède que lamoyenne etbasse justice[12].
Pour le remercier d'avoir trahiCharles le Téméraire, lahaute justice de Chaillot lui estconcédée personnellement à vie par Louis XI, moyennant l'hommage vassal au seigneur deMarly, qui ne sera donné que le, par procuration qui plus est[12].
  • Vers 1524 : Jean du Fresnay.
Mineur sous latutelle de Jean deThumery, qui exerce de fait[47], et Louis d'Albiac[48].
La seigneurie est achetée le par ce très haut fonctionnaire desFinances[48].
  • 1580 : Philippe Cressé, héritier du précédent[48].
Mineur sous latutelle de Jean le Tonnelier, seigneur deBreteuil[48]. Lahaute justice appartient à unBeauquesne et le titre de seigneur de Chaillot est contestée par la veuve de celui-ci en 1586. Elle revient finalement à un Claude de Prat[48].
  • Vers 1610 : le seigneur de Bassompierre[9].
Second fils de Christophe de Bassompierre et frère du marquisFrançois de Bassompierre, lequel deviendramaréchal et acquerra lechâteau de Catherinemont le[24].
  • 1633 : dame de Bassompierre[9].
Veuve du précédent, établie le1er février de cette année[9].
Paradjudication du de cette année de lahaute justice de Chaillot[9], la seigneurie lui est vendue avec lechâteau de Catherinemont. Les deuxjustices subalternes rémanentes seront acquises par lesVisitandines respectivement le et le[9].
Jusqu'en 1790, le seigneur de Chaillot sera l'abbesse deChaillot.

Personnalités

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Dans la littérature

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Sources

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  1. Population en 2016 Recensement de la population - Base infracommunale (IRIS).
  2. abc etdJean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris, Paris, Prault, 1754,p. 42.
  3. abcdefgh etiJean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 46.
  4. Michel Roblin,Quand Paris était à la campagne : origines rurales et urbaines des vingts arrondissements, Paris, Picard,, 255 p.(ISBN 2-7084-0134-3),p. 191-193.
  5. ab etcJean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 43.
  6. a etbJean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 54.
  7. Jean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 53.
  8. Béatrice de Andia &Pierre-Yves Balut,Le 16e: Chaillot, Passy, Auteuil : métamorphose des trois villages.,p. 73, Délégation à l'action artistique de laville de Paris, Paris, 1991.
  9. abcdefgh etiJean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 50.
  10. Jean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 59.
  11. Jean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 60.
  12. abcdef etgJean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 47.
  13. ab etcAn., « Auteuil auXIIIe siècle »,Édouard Charton (dir.),Le Magasin pittoresque, Paris, Jouvet & Cie, 1838,vol. VI,p. 235.
  14. M. L. Madelin, « Les premières applications du Concordat de 1516, d'après les dossiers du Château Saint-Ange »,Mélanges d'archéologie et d'histoire, Paris,EFR, 1897, , vol. XVII,no 1,p. 332.
  15. M. L. Madelin, « Les premières applications du Concordat de 1516, d'après les dossiers du Château Saint-Ange »,Mélanges d'archéologie et d'histoire, Paris,EFR, 1897, vol. XVII,no 1,p. 341.
  16. ab etcAuguste Doniol,Histoire duXVIe arrondissement de Paris, Paris,Hachette, 1902,p. 7.
  17. E. Margueritte et L. P. Margueritte,Auteuil et Passy des origines à nos jours, Paris, Société historique d'Auteuil et Passy, octobre 1946,p. 62.
  18. ab etcJean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 55.
  19. D. Le Page,Finances et politique en Bretagne. Au début des temps modernes, 1491-1547, Vincennes, Institut de la gestion publique et du développement économique, 1997(ISBN 9782821828605),p. 417.
  20. Archives départementales de la Loire-Atlantique, Nantes, В 51, fol. 29.
  21. D. Le Page,Finances et politique en Bretagne. Au début des temps modernes, 1491-1547, Vincennes, Institut de la gestion publique et du développement économique, 1997,II, 6[Quoi ?],748 p.(ISBN 9782821828605),p. 211.
  22. a etb« Plan de la Ville et Faubourg de Paris divisé en douze municipalités », Paris, Jean, 1797.
  23. a etbOry, page 10.
  24. a etbA. Doniol,Histoire duXVIe arrondissement de Paris, Paris,Hachette, 1902,p. 8.
  25. a etbJean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 58.
  26. abcde etfJean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 61.
  27. abc etdA. Doniol,Histoire duXVIe arrondissement de Paris,p. 11.
  28. a etbA. Doniol,Histoire duXVIe arrondissement de Paris,p. 10.
  29. A. Doniol,Histoire duXVIe arrondissement de Paris,p. 9.
  30. Ory,p. 12-13.
  31. Jean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 57.
  32. Jean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 51.
  33. Ory,p. 14.
  34. Félix et Louis Lazare,Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments.
  35. Ory,p. 14, 16 et 19.
  36. a etbOry,p. 20-22.
  37. Marie-Laure Crosnier Leconte,Le promeneur du16e arrondissement, Paris,Parigramme,, 275 p.(ISBN 2-84096-036-2),p. 118
  38. Jean-François Belhoste,Paris et ses chemins de fer, Paris, Action artistique de la ville de Paris,, 288 p.(ISBN 2-913246-46-X),p. 56-57
  39. « Les établissements Cail de Chaillot », surmapage.noos.fr/hubert.demory(consulté le)
  40. Hubert Demory,Auteuil et Passy de l'annexion à la Grande Guerre, Paris, l'Harmattan,, 288 p.(ISBN 978-2-296-09870-1),p. 50
  41. Marie-Laure Crosnier Leconte,Le promeneur du16e arrondissement, Paris,Parigramme,, 275 p.(ISBN 2-84096-036-2),p. 20
  42. Ory,p. 23-28.
  43. « Paris : un projet de coulée vert sur l'avenue Foch »,Le Monde, Paris,.
    « Paris : l'avenue Foch pourrait radicalement changer de visage », surwww.lefigaro.fr,(consulté le).
  44. ab etcJean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 45.
  45. Marie Laure Crosnier Leconte,Le guide du promeneur16e arrondissement, Paris,Parigramme, s1995, 275 p.(ISBN 2-84096-036-2),p. 19
  46. Bernard Rouleau,Villages et faubourgs de l'ancien Paris : histoire d'un espace urbain, Paris,éditions du Seuil,, 376 p.(ISBN 2-02-008896-7),p. 270
  47. a etbJean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 48.
  48. abcde etfJean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 49.
  49. Jean Lebeuf,Histoire de la banlieue ecclésiastique de Paris,p. 56.
  50. [PDF]« Elle me fit entendre qu’elle aurait du regret à quitter Paris. Je craignais tant de la chagriner qu’il n’y avait point de hasards, que je ne méprisasse pour lui plaire ; 71 cependant, nous trouvâmes un tempérament raisonnable, qui fut de louer une maison dans quelque village voisin de Paris, d’où il nous serait aisé d’aller à la ville lorsque le plaisir ou le besoin nous y appellerait. Nous choisîmes Chaillot, qui n’en est pas éloigné. »,eq.ebooksgratuits.com (consulté le 3 mai 2019).

Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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