Le vocableQuébec — signifiant « là où le fleuve se rétrécit » en languealgonquine — était utilisé par lesAlgonquins, lesCris et lesMicmacs[4] pour désigner le rétrécissement duSaint-Laurent à la hauteur ducap Diamant, lieu de fondation de laville de Québec () et« commencement de la terre et province deCanada » ()[5]. En 1632,Samuel de Champlain décrivit ainsi l’endroit :« […] un détroit dans le fleuve, comme le disent les Indiens […][4],[6]. » Le nom est attesté avec différentes graphies :Qvebecq en 1601[7];Quebeck,Kébec en 1609[8];Québec en 1613[9] etKebbek[6].
Le Québec est de genre masculin. Lorsqu’on utilise le mot « province », il est d’usage d’écrire « La province de Québec ». Avec les autres mots, l'article doit être utilisé. On écrira donc, par exemple, « Le gouvernement du Québec ». Son abréviation est « Qc » et il est le second lorsqu'on ne précise pas l'ordre à suivre, étant donné qu'il est la seconde des provinces et territoires à faire son entrée dans la confédération[10].
Le territoire québécois est subdivisé en treize provinces naturelles[15], ainsi qu'en trois zones de végétation et dix domaines bioclimatiques[16].
Le territoire québécois est plus étendu que celui de laMongolie, mais de taille plus réduite que celui duMexique, comparable avec une superficie de 1 667 926 km2[17].
Évolution territoriale du Québec depuis sa création en 1867 jusqu'à sa dernière modification frontalière notable en 1927.
Le territoire québécois est contigu avec quatreÉtats du nord-est desÉtats-Unis (leMaine, leNew Hampshire, l'État de New York et leVermont), trois provinces canadiennes (l'Ontario, leNouveau-Brunswick etTerre-Neuve-et-Labrador) et un territoire fédéral (leNunavut) ; au total, bien que fort incertaine et imprécise — soit la moins précisément délimitée de l'Amérique[18] —, la frontière québécoise circonscrit le Québec sur plus de 12 000 kilomètres[19] et l'enceint d'une périphérie terrestre (environ 50 % du périmètre total), fluviale (environ 12 %) et maritime (jusqu'à 38 %). Ayant pour base territoriale les parties de laprovince du Canada, qui constituaient autrefois leBas-Canada[loi 2], la province de Québec connut trois transformations frontalières depuis 1867 — année de laConfédération canadienne —, à savoir deux extensions participant dudistrict de l'Ungava (création des territoires d'Ashuanipi, Mistassini et Abitibi en 1898, et la création duNouveau-Québec en 1912[loi 3]), puis une réduction en 1927 (cession d'une partie duLabrador).
De là, lafrontière séparant le Québec du Nouveau-Brunswick suit, vers l'est, une ligne droite jusqu’au point situé, plein sud, à un mille terrestre du point le plus au sud dulac Long ; une ligne droite jusqu’au point le plus au sud de laseigneurie de Madawaska et deTémiscouata ; la limite sud-est de ces anciens fiefs jusqu’à leur angle sud-est, àDégelis ; vers le nord, la ligneméridienne jusqu’à l’intersection avec la ligne droite qui est tirée dans l'axe Est-Ouest et qui esttangente à la ligne de partage des eaux séparant le bassin versant de larivière Rimouski de celui dufleuve Saint-Jean ; vers l’est, cette dernière ligne jusqu’à l’intersection avec la ligne méridienne qui est tangente à la ligne de partage des eaux séparant le bassin versant de la rivière Rimouski de celui de larivière Ristigouche ; cette ligne méridienne jusqu’au48e parallèle nord ; vers l'est, ce parallèle jusqu’à larivière Patapédia ; le milieu du lit principal de cette rivière descendant jusqu’à larivière Restigouche ; et le milieu du lit principal de cette dernière rivière descendant jusqu'à un point terminal à l'embouchure de labaie des Chaleurs[loi 8].
Quant augolfe du Saint-Laurent, hormis que lesîles de la Madeleine sont territoire québécois[loi 9], trois hypothèses s'opposent l'une à l'autre, l'une voulant que le golfe soit soumis à laConvention des Nations unies sur le droit de la mer, une autre soutenant que celui-ci soit territoire exclusivement fédéral depuis lecap des Rosiers et une troisième alléguant qu'en l'absence de délimitation formelle de la frontière, celui-ci constitue un état de fait inter-provincial selon une série de négociations qui eurent lieu entre 1964 et 1972 — quoiqu'il n'existerait encore aucune convention obligatoire à l'effet que fussent établies telles limites extra-côtières[loi 10] —, auquel cas le tracé de la frontière maritime du Québec serait corroboré, mais non entériné, par legouvernement fédéral[loi 11] et coïnciderait avec la ligne d'équidistance entre les rives québécoises et celles du Nouveau-Brunswick, de l'Île-du-Prince-Édouard, de laNouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador, jusqu'à l'anse Sablon[22].
vraisemblablement établie par reconnaissance tacite dugouvernement du Québec[18], laligne de partage des eaux, jusqu'audétroit d'Hudson, le point terminal étant lecap Chidley, sur l'île de Killiniq[loi 15]. Cela dit, malgré la délimitation juridique de la frontière séparant le Québec duLabrador, quelques zones frontalières ne peuvent être démarquées sur le terrain et ce, du fait de laréalité géographique dudrainage des eaux, qui, dans les hauteurs des terres, coulent, selon les saisons et sous l'effet de divers facteurs, soit alternativement, soit simultanément, dans les deuxbassins versants qui définissent, d'une part, le territoire du Labrador et, d'autre part, la province de Québec, rendant ainsi difficile, voire impossible, la mise en place de bornes qui détermineraient une ligne de partage des eaux qui soit stable et permanente[24].
Lapéninsule du Labrador est couverte par leplateau laurentien, parsemé de massifs tels lesmonts Otish. Lapéninsule d'Ungava est notamment composée des monts D'Youville, des monts Puvirnituq et du cratère des Pingualuit. Alors que de l'Outaouais au Grand Nord culminent des monts de basse et moyenne altitude, les montagnes à hautes altitudes dessinent le Québec depuis laCapitale-Nationale jusqu'à l'extrême est, sur toute sa longitude.
Le Québec possède une des plus importantes réserves d'eau douce de la planète, celle-ci couvrant 12 % de la superficie de son territoire[26] ainsi que 3 % de l'eau douce renouvelable de laTerre[27].
Types de classification du climatKöppen du Québec.
Quatresaisons se succèdent au Québec : leprintemps, l'été, l'automne et l'hiver, dont les conditions diffèrent selon la région. Elles sont alors différenciées selon la luminosité, la température et les précipitations de neige et de pluie.
Dans le sud du Québec, la durée d'ensoleillement quotidien est de huit heures en décembre, période de l'année où elle est la plus courte[29]. Des zones tempérées aux territoires nordiques du Grand Nord, la luminosité varie selon la latitude, de même que lesaurores boréales et lesoleil de minuit.
Le record de précipitations hivernales fut établi durant l'hiver 2007-2008 avec plus de cinq mètres[34] de neige dans la région deQuébec, alors que la quantité moyenne reçue par hiver est de trois mètres[35]. C'est toutefois en1971 que survint la « tempête du siècle » dans le sud de la province.
D'autre part, l'hiver 2010 a été le plus chaud et le plus sec jamais enregistré en plus de 60 ans[36].
Certains animaux d'élevage portent le titre de « race patrimoniale du Québec », à savoir lecheval canadien, lapoule Chantecler et lavache canadienne[loi 18]. De même, en plus des aliments certifiés « biologique », l'agneau de Charlevoix est le premier produit du terroir québécois dont l'indication géographique est protégée[42]. La production animale comprend, en outre, les races porcines Landrace, Yorkshire etDuroc[43] ainsi que de nombreuses races ovines[44], etc.
Le nombre decaribous a considérablement diminué au Québec, notamment en raison de l'activité de l'industrie forestière. Depuis les années 1990, 99 % de la harde la plus nombreuse de caribous migrateurs, qui vit dans la toundra, a été détruite, passant de 800 000 bêtes à un peu plus de 5 000. Le nombre de caribous montagnards, qui vivent dans les hautes sphères de Gaspésie, au nord-est du Québec, a chuté de 60 % pour passer sous les200 individus. Quant au caribou forestier, son habitat a été pour l'essentiel détruit par industrie forestière. Les gouvernements sont réticents à agir pour des raisons économiques. Philippe Couillard, premier ministre de 2014 à 2018, a ainsi déclaré : « Je ne sacrifierai pas un seul job dans la forêt pour le caribou. » En 2020, les autorités décident la suppression de la protection de plusieurs aires préservées et autorisent des coupes forestières dans ces zones[46].
Sur le pourtour de labaie d'Ungava et dudétroit d'Hudson se trouve latoundra, dont la flore se résume à une végétation herbacée et arbustive basse et delichens. Plus au sud, le climat devient propice à la croissance de laforêt boréale, dont la limite nord est lataïga.
À lachute de Constantinople le, la recherche d'une nouvelleroute des Indes paraissait nécessaire à l'Occident chrétien pour faciliter la continuation du commerce avec l’Extrême-Orient. AuXVe et XVIe siècles, lesEspagnols et lesPortugais, puis lesAnglais et lesFrançais ont commencé à chercher une nouvelle route maritime vers laChine et l’Inde orientale. Ils étaient attirés par les épices (utilisées en cuisine et en pharmacie) et l’or. Pourquoi une nouvelle route? Parce que le chemin à pied était long et ardu, et que l’ancienne route maritime vers l’Orient était sous le contrôle desArabes et de marchandsitaliens[55]. Deux solutions ont été proposées pour trouver une nouvelle route maritime de l’Europe vers l’Orient : a) contourner l’Afrique; ou b) faire le tour de la terre vers l’ouest. Les Européens savaient que la Terre est ronde mais ils ne connaissaient pas tous lescontinents de la planète. Les outils des navigateurs étaient lacaravelle, laboussole, l’astrolabe et leloch.
Magellan avait contourné l’Amérique par le sud pour arriver en Orient. Serait-il possible de faire la même chose au nord du continent ? Y trouverait-on de l’or, des épices ? Y trouverait-on des Amérindiens que l'on pourrait convertir au christianisme ? C’est ce que cherchait à savoir la France avec l’aide du navigateur Verrazano. Malgré lesguerres d'Italie, le roitrès chrétienFrançoisIer lança une expédition maritime en 1524. L'explorateurflorentinGiovanni da Verrazzano fut alors chargé de la recherche de ce qui n'allait être découvert qu'au début duXXe siècle : lepassage du Nord-Ouest. Néanmoins, celui-ci longea lacôte du continent qu'il baptisa du nom de Nouvelle-France (Nova Francia, en latin) et, ainsi, ouvrit la voie à l'établissement dupremier espace colonial français (empire royal). Quels étaient les résultats de l’expédition de Verrazano ? C’était de savoir qu’il existe un continent au nord détaché de l’Asie[58].
Théophile Hamel,Portrait imaginaire de Jacques Cartier, vers 1844.
Dans une première expédition commandée depuis leroyaume de France,Jacques Cartier fut le premier explorateur européen sur les terres constituantes du Québec lors de son débarquement dans la région de l'actuelGaspé le 24 juillet 1534.
La seconde expédition, celle de 1535, plus importante, comprend trois navires, laGrande Hermine,la Petite Hermine et l'Émérillon, et un équipage de 110 hommes. Cette année-là, il explora une terre qu'il nommaCanada dans la région deStadaconé (village sis à l'est de l'actuelleville de Québec)[59]. En effet, en août 1535,Jacques Cartier avait entendu deux jeunes autochtones utiliser le motkanata, qui signifie « village » en langue iroquoienne.Cartier l’a noté dans son journal avec la graphieCanada. Dans ses écrits,Cartier a non seulement utilisé ce nom pour désigner le village, mais aussi le territoire aux alentours. Il écrivait alorsprovince du Canada. Les cartographes européens duXVIe siècle ont rapidement adopté le nomCanada[60]. Puis, il se rendit à la bourgade d’Hochelaga (sis en l'emplacement de l'actuelMontréal) par ce qu'il désignait comme étant leGrand Fleuve. Arrivé auxrapides deLachine, la navigation est devenue dangereuse et il lui était impossible de poursuivre sa route plus loin vers son but,la Chine, « pays du cuivre et de l’or ». Cartier a alors hiverné avec ses marins à Québec, où vingt-cinq sont morts à cause duscorbut. Les autres ont été guéris grâce à un remède amérindien : une tisane d’écorce.Cartier a capturé une dizaine d’Amérindiens, dont le chef du petit village,Donnacona. Il les a tous amenés enFrance.
Plus tard, vers 1580, laFrance s’est intéressée de nouveau à l’Amérique. Lecommerce des fourrures est devenu important enEurope. LaFrance est revenue enAmérique pour chercher un animal: lecastor. Les commerçants français vendaient la fourrure du castor qui leur rapportait beaucoup d’argent en chapeaux de feutre et en manteaux. LaNouvelle-France est devenue unecolonie-comptoir, où la principale activité était le commerce de la fourrure dans ce qu'ils appelaient, alors, lesPays-d'en-Haut.
En 1603, sur lapointe Saint-Mathieu,Samuel de Champlain conclut une entente avec lesInnus,Wolastoqiyik etMicmacs[64], qui allait constituer« un facteur décisif dans le maintien d'une entreprise coloniale française en Amérique malgré un désavantage numérique énorme vis-à-vis la colonisation britannique » au Sud[64]. Ainsi, l'on offrit un appui militaire auxpeuples algonquiens ethurons en défensive contre les attaques et invasionsiroquoises.
Dès 1665, lerégiment de Carignan-Salières développa laVallée des Forts contre les invasions iroquoises et contribua au peuplement de la colonie, par l'arrivée de 1 200 hommes originaires duDauphiné, de laLigurie, duPiémont et de laSavoie. En 1666, l’intendantJean Talon organisa lepremier recensement, dénombrant alors 3 215 habitants.Talon diversifia aussi l'agriculture et peupla le territoire. C'est ainsi que la population de la colonie passa à 6 700 habitants en 1672, conséquemment aux politiques d’encouragement de la natalité et nuptialité.
Dans l'attente des résultats de laguerre de Sept Ans[82] qui se déroulait en Europe, la Nouvelle-France fut administrée sous le régime militaire du gouverneur britanniqueJames Murray[81].
La rupture et le détachement ainsi provoqués entreles descendants de la colonie et lamétropole allaient, au cours des siècles à venir, engendrer une profonde transformation de l'Amérique française, et lanaissance d'une nouvelle nation dont le développement et lemode de vie propre seraient établis sur des assises ancestrales historiquement ancrées au nord-est de l'Amérique, « terre de nos aïeux ». Ce que le commissaire britanniqueJohn George Lambton (Lord Durham) allait décrire dans sonrapport de 1839, serait désormais l'esprit qui règnerait entre les « deux solitudes » en Canada :« Je trouvai deux nations en guerre au sein d'un seul État; je trouvai une lutte, non de principes, mais de races ». Car, les colons britanniques allaient constater que les Canadiens furent jadis emplis autant qu'eux de fierté nationale. Et alors que ces nouveaux arrivants allaient considérer les provinces américaines comme formant un vaste terrain pour la colonisation et la spéculation, les Canadiens allaient, pour leur part, considérer la province de Québec comme étant le patrimoine de leur propre race – non comme un pays à coloniser, mais comme un pays déjà colonisé[84].
Puis, en cette même année, ladite Couronne remania laconstitution du Canada par laProclamation royale du 7 octobre. De cette ordonnance du roiGeorgeIII, la collectivité canadienne fut alors subordonnée au gouvernement du premierEmpire britannique et circonscrite à la vallée du Saint-Laurent, région désormais désignée sous le nom deProvince of Quebec. De même, à laRébellion de Pontiac, les peuples autochtones luttèrent conjointement pour la conservation de leurs terres et contre le nouvel ordre établi par lesforces armées britanniques.
Les femmes avaient le mêmedroit de vote que les hommes pendant cette période, qui nécessitait d'avoir la qualité de propriétaire terrien, entre autres.
Mais à la suite de la défaite des Patriotes[86], leclergé catholique recouvra son autorité morale au sein du peuple pour la cohésion et le développement de la nation, dans les domaines traditionnels de l'éducation, de lasanté et de lavie sociale. Tout comme les approvisionnements auprès de lamétropole impériale, l’accès aux nouvelles terres demeurait toutefois problématique puisque celles-ci étaient monopolisées par laClique du Château.
La survivance du peuple devint étroitement liée à l'exode des Canadiens qui allaient se déplacer, sur près de cent ans, vers laNouvelle-Angleterre et l'Ouest canadien (phénomène communément appelé, laGrande Hémorragie)[87]. D'autant plus que se manifesteraient bientôt une immigration massive desîles Britanniques, l'Église adopta en conséquence la politique dite de larevanche des berceaux.
Dans cette optique le Canada-Est allait, à la suite du déménagement de la capitale de la Province du Canada de Kingston vers Montréal en 1844, accueillir le Parlement de ce nouveau territoire[90].
LeCanada-Est, francophone et fort peuplé, et leCanada-Ouest, anglophone et peu peuplé, obtenaient alors un nombre identique de sièges à l’Assemblée législative de la province du Canada. Mais dans la foulée de l'immigration en provenance duRoyaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, le poids politique du Canada-Est fut rapidement remis en cause par les débats sur laRep by Pop, conséquence inéluctable de l'accroissement de la population britannique dans l'ouest de la province. La répartition des deux groupes culturels entre les parties du territoire allait toutefois rendre nécessaire la formation degouvernements de coalition sous le régime de l'Union.[réf. souhaitée]
Alors que la masse immigrante desîles Britanniques adopta l'identité canadienne dans la désignation de son lieu de résidence, les « Anciens Canadiens » répondirent à la dualité identitaire ainsi créée en s'identifiant désormais à leurcommunauté ethnique sous le nom deCanadiens français par distinction desCanadiens anglais. Puis, des écrivains entamèrent une réflexion sur la survivance de leur nation (canadienne-française).François-Xavier Garneau écrivit àLord Elgin :« J'ai entrepris ce travail dans le but de rétablir la vérité si souvent défigurée et de repousser les attaques et les insultes dont mes compatriotes ont été et sont encore journellement l'objet de la part d'hommes qui voudraient les opprimer et les exploiter tout à la fois. J'ai pensé que le meilleur moyen d'y parvenir était d'exposer tout simplement leur histoire »[91]. Ainsi donc, tout comme leurs compatriotesAcadiens qui allaient recevoir l'influence d’Évangéline au même moment, les Canadiens français allaient pouvoir conserver leurconscience collective et se préserver de l'assimilation culturelle grâce à l'épopée nationale de Garneau[92] – monument pour la survivance[93] – malgré le raz-de-marée britannique dans les institutions sociales et politiques du Canada.
Les troubles politiques atteignirent un paroxysme en 1849, alors que des émeutiers britanniquesincendièrent l'hôtel du Parlement de Montréal par suite de la promulgation de la loi qui indemnisait les Canadiens français dont les propriétés furent détruites au cours des rébellions de 1837-1838 (Rebellion Losses Bill). Résultat de la coalition des premiers ministresBaldwin etLa Fontaine, cette loi devint un pivot législatif dans l'histoire du Canada alors qu'elle instaura la notion degouvernement responsable.[réf. souhaitée]
À l'instauration de la Confédération, laProvince du Canada fut divisée aux fins de la création desprovinces de l'Ontario et duQuébec, alors délimitées respectivement par les anciennes frontières duHaut et duBas-Canada[97]. Cependant, les frontières du Québec furent modifiées une première fois dès 1898, afin qu'elles englobent les terres constituantes dudistrict de l'Ungava jusqu'à larivière Eastmain[98], puis une seconde fois en 1912, jusqu'à l'extrémité nord de lapéninsule du Labrador[25]. Mais en 1927, le comité judiciaire duConseil privé de Londres retira au Dominion du Canada – par conséquent à la province de Québec – la partie située à l'est du faîte de partage des eaux séparant le bassin de labaie d'Hudson d'avec celui de lamer du Labrador[99].
La province nouvellement créée était ainsi fondue dans la région constituant le cœur historique de la nation canadienne-française. Précisément, après avoir combattu en tant que Patriotes lors de labataille de Saint-Denis en 1837,George-Étienne Cartier se classa parmi lespères de la Confédération et fit approuver les72 résolutions[100] de laconférence de Québec de 1864 pour l'établissement d'unÉtat fédéré dont le territoire allait se limiter à la contrée où les Canadiens français étaient assurés de conserver la majorité populaire. Ainsi, en dépit du sentiment populaire à l'égard de l'identité canadienne, cet organe politique offrirait un soutien de rechange à l'affirmation nationale de la collectivité canadienne-française devant unÉtat canadien qui, d'ores et déjà, allait être conquis par laculture canadienne-anglaise.
Malgré cette forme de garantie contre l'assimilation culturelle,« les impératifs du nouveau régime politique allaient toutefois révéler de grands obstacles à l'affirmation du Québec et de son Parlement. La classe politique du Québec allait découvrir que l'espace politique dévolu aux provinces serait restreint dans ce nouveau système. Québec, affaibli économiquement, devrait affronter la compétition politique d'Ottawa, capitale de l'État fédéral fortement centralisateur »[101].
À cette époque, l’omniprésence de l’Église se manifestait incontestablement deSaint-Boniface àGaspé en passant par laVieille Capitale. Défini par l’autorité ecclésiastique,« l’objectif des clérico-nationalistes consistait alors à promouvoir les valeurs de la société traditionnelle : lafamille, lalangue française, l'Église catholique et lavie rurale. Ces valeurs, véhiculées notamment parLa Bonne Chanson de l’abbé Gadbois et leroman du terroir, évoquaient alors les forces principales sur lesquelles s’appuyait l’idéologie de la survivance canadienne-française »[103]. L’escouade des mœurs devait également contenir les déviants de l’ordre ecclésial, dont les refuges les plus marquants furent probablement lescabarets montréalais et la maisoncharlevoisienne duBootlegger, symboles d'une vie clandestine défiant laProhibition.
L'Appel de la race réveillant les passions en 1922, l’historien et chanoineLionel Groulx devint le « successeur » de Bourassa en tant que défenseur des droits de la nation canadienne-française. En cette période de lutte contre l’impérialisme britannique, ses préférences allaient alors à l’action politique deLa Fontaine et à l’ultramontanisme deTardivel, dont le romanPour la Patrie (1895) projetait l’indépendance du Québec en 1950.
Le,Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, duParti conservateur, devintpremier ministre. Dès1868, il créa le ministère de l’Instruction publique dont il devint titulaire. Mais ce ministère fut vite dénoncé par le clergé, qui rejetait ainsi l’école neutre, gratuite et obligatoire, qu’il considérait comme une menace maçonnique depuis que le Parti patriote en avait instauré le premier développement, anéanti par les conséquences de l’échec des Rébellions. Boucherville abolit le ministère en1875 et le système de1867 fut rétabli. En1876,Pierre-Alexis Tremblay, candidat libéral deCharlevoix, défait lors d’une élection partielle fédérale à cause de la pression de l’Église sur les électeurs, réussit, à l’aide d’une nouvelle loi fédérale, à faire annuler l’élection (il perdit toutefois l’élection subséquente). L’année suivante, le Pape envoya son représentant pour forcer l’Église québécoise à minimiser ses interventions dans le domaine électoral. En effet, en 1887, les religieux représentaient 48 % des instituteurs des écoles catholiques.
En 1885, leParti national naissait de la coalition entre les Libéraux et des députés conservateurs, alors choqués par les mesures politiques dugouvernement John Jones Ross, qui fut accusé de n'avoir intercédé dans le procès d'exécution du chef métisLouis Riel, à larébellion du Nord-Ouest dans lesPrairies canadiennes. Legouvernement Honoré Mercier, alors au pouvoir, proposa une série de vaines réformes républicaines qui allaient dans le sens du nationalisme économique et de l’instruction publique. Puis en 1905, legouvernement Lomer Gouin entreprit une série de réformes plus modestes, mais également destinées à résoudre les défis du sous-développement canadien-français. C’est ainsi qu’il imposa la fondation d’une série d’écoles professionnelles sous l’égide de l’État, dont l'HEC Montréal (1905) fut l’une des plus notables – instrument inestimable au service du nationalisme économique auXXe siècle.
La génération Bourassa des nationalistes mit fin à son aventure politique après lesélections fédérales canadiennes de 1911 qui, malgré son succès à renverser Laurier et à faire élire un grand nombre de députés, fut considérée comme un fiasco puisque la seule alternative était un gouvernement conservateur encore plus impérialiste et anglophone, dirigé par Borden,orangiste reconnu. Cependant, elle pouvait mettre quelques réussites à l’actif de son militantisme politique, obtenu non pas à Ottawa, mais lorsque les mêmes,Armand Lavergne et Henri Bourassa notamment, se firent élire à Québec. Lavergne réussit à faire passer une loi en faveur des droits du français dans l’espace public, exigeant notamment des services publics bilingues des compagnies au Québec – à cette époque, le train, le téléphone, etc. ne reconnaissaient pas la langue majoritaire du Québec. Les nationalistes obtinrent également du gouvernement Gouin une loi obligeant à transformer sur place le bois et la pâte à papier du Québec : ce qui multiplia les centres industriels du type Shawinigan. L’espoir étant que le Québec exporterait désormais davantage ses produits finis que sa main-d’œuvre aux États-Unis.
Plus la société canadienne-française était secouée par le changement social, plus lesélites traditionnelles – groupées autour des milieuxcléricaux et de la figure de Duplessis – durcissaient leurréflexe conservateur et nationaliste canadien-français. À mesure que le mécontentement progressait à l'intérieur de la province de Québec, plus ces élites traditionnelles maintenaient un « couvercle vissé de force sur notre société convertie enmarmite de Papin[réf. souhaitée]».
Marquée particulièrement par la seconde phase denationalisation de l'hydroélectricité et le démantèlement dusyndicat financier de larue Saint-Jacques de Montréal, cette période décisive se caractérisa par le slogan de 1962 :« Maîtres chez nous », qui, devant la mainmise des conglomérats anglo-américains sur l'économie et les ressources naturelles du Québec[108], déterminait alors une volonté collective deliberté du peuple canadien-français.
Reporté au pouvoir en1966 bien que le vote populaire soit favorable auxlibéraux de Jean Lesage, le gouvernementunioniste deDaniel Johnson continue les importantes réformes du gouvernement précédent jusqu'à sa mort en1968[117].
D'une commission d'enquête à l'autre, ce mouvement prit une ampleur sans précédent dans la seconde moitié des années[1960, car pour la première fois, lesCanadiens français de la province de Québec dénonçaient à haute voix l'« état des choses établi en[1867 »[122],[123].
Déjà en 1963, les membres de laCommission Laurendeau-Dunton établie par leGouvernement du Canada[124],« constataient que, contrairement à ce que pensait une majorité deCanadiens anglais, la culture française du Québec n'était pas près de céder la place à la culture anglo-américaine, mais qu'elle était plutôt en train de passer à l’« étape de la « survivance » pure et simple » à un mode spécifique de fonctionnement et de vie, avec une langue qui s'enrichissait chaque jour. Ils constatèrent du même coup le bien-fondé des doléances des Canadiens français : leur langue et leur culture n'occupaient pas la place qui leur revenait dans l'ensemble confédéral canadien. »[123] Du côtécanadien, ces conclusions ouvraient la porte à une redéfinition duCanada dans une perspective culturelle désormais axée sur la dualité linguistique et culturelle afin de considérer équitablement lesCanadiens français[124].
En parallèle à ce débat, lalutte des classes[125] apparaissait véritablement avec des mouvements sociaux vers1968. En même temps que s'intensifiait le changement des mentalités, la société canadienne-française voyait poindre une ère nouvelle où, à la suite de la réforme duParlement du Québec[126], allaient être confrontées les mœurs politiques de ce passé vécu sous l'empire de considérations coloniales moins favorables aux francophones[127].
Les assises nationales des États généraux de novembre 1967 marquent une rupture dans les rapports entre lesfrancophones d'Amérique et particulièrement entre lesfrancophones du Canada[128]. Ainsi, les États généraux deviennent un point de repère qui expliquent la transformation des paramètres qui définissent désormais la société québécoise[128].
Mais en 1968,Option Québec suscita undébat constitutionnel sur l'avenir politique de la province où, parallèlement, allaient être confrontées les doctrinesfédéraliste[131] etsouverainiste[132], dans leur conception particulière de l'émancipation culturelle et sociale des pays québécois et canadien-français. Car, devant la fronde qui s'organisait depuis la fin des années 1950,Charles de Gaulle – premier chef d'État français en visite officielle depuis laConquête – avait déjà encouragé l'essor des ralliements populaires à l'idée de sécession en déclamant : « Vive le Québec libre ! », lors de l'Expo 67. Par suite, se développèrent diversgroupes civils, parfois jusqu'au point d'affronter la puissance publique dans des manifestations comme à lacrise d'Octobre de 1970.
Vint ensuite leréférendum de 1980 où la majorité des votants québécois se prononcèrent contre l'option de la souveraineté-association, telle que proposée par le Parti québécois[134],[135].
Le gouvernement décide cependant d'adopter un projet deloi rendant facultatif le serment au monarque qui fait que tous les députés du Québec, après PSPP, peuvent siéger en chambre sans avoir à prêter serment[153],[154].
Depuis 2023, les sondages place PSPP en tête du classement des premiers ministres potentiels favoris des Québécois[155]. Il est le seul à dépasser François Legault dans ce classement depuis 2018.
Le droit québécois est l’ensemble des règles de droit qui s’appliquent sur le territoire du Québec. Il est sous la responsabilité partagée du gouvernement fédéral et du gouvernement provincial. De par laConstitution du Canada, chacun des gouvernements est responsable du droit relativement à ses sphères de compétences. Le gouvernement fédéral est responsable notamment dudroit criminel, des affaires étrangères, des lois relativement à la régulation du commerce canadien et aux télécommunications[loi 19]. De son côté, le gouvernement québécois est responsable du droit privé en général, de l'administration de la justice et de plusieurs domaines sociaux (santé, éducation, etc.)[loi 20].
Le droit au Québec est influencé par deux traditions juridiques : latradition civiliste et lacommon law. De façon générale, on peut dire que le droit privé répond à la tradition civiliste, tandis que ledroit public est davantage influencé par la common law. Toutefois, les nombreuses influences que les deux traditions ont eues les unes à travers les autres amènent le Québec à avoir un système juridique mixte. La présence de latradition civiliste remonte à laNouvelle-France où le roiLouis XIV avait imposé dans sa colonie l'utilisation de laCoutume de Paris[156]. Lors de la cession de laNouvelle-France à laGrande-Bretagne à la suite de laguerre de Sept Ans (1756-1763), celle-ci a d'abord imposé le droit anglais, avant de se raviser et de permettre, par l'Acte de Québec (1774), l'utilisation du droit civil pour les relations privées entre individus dans toute laprovince de Québec[157].
Le droit québécois provient des quatresources classiques en droit : laloi, lajurisprudence, la doctrine et lacoutume[158]. La loi est la principale source du droit québécois. Elle comprend la Constitution, les lois duParlement du Québec et les règlements associés aux lois[f]. En droit privé, le Québec étant de tradition civiliste, lajurisprudence y occupe une place théorique mitigée, mais tout de même importante[159],[160].
Le droit québécois peut être divisé en deux sphères : le droit privé et le droit public. Le droit privé touche les relations entre individus, alors que le droit public traite des règles qui régissent le gouvernement québécois[161].
Certaines portions du droit québécois sont considérées comme mixtes. C'est le cas par exemple des droits et libertés de la personne qui sont régis par laCharte des droits et libertés de la personne, Charte qui s'applique à la fois au gouvernement et aux citoyens[167],[168].
Les tribunaux qui ont un pouvoir sur le droit québécois sont organisés en une pyramide dont le sommet est comblé par laCour suprême du Canada. Il est important de savoir qu'au Canada, il n'existe pas de division du système judiciaire comme dans plusieurs autres pays. À quelques exceptions près, les tribunaux peuvent entendre autant des recours basés sur le droit provincial que sur le droit fédéral, de même que des recours de droit civil, pénal ou constitutionnel[169],[h]. Ainsi, pour un recours en droit au Québec, le tribunal général est laCour supérieure du Québec. Un appel de cette décision pourrait, selon les cas, être fait à laCour d'appel du Québec et finalement, si la cause est d’une grande importance, à laCour suprême du Canada.
LeParlement du Québec est responsable de l’administration des tribunaux québécois. Les principaux tribunaux québécois sont :
LaCour supérieure du Québec possède, quant à elle, le pouvoir inhérent de statuer sur toutes causes autres que celles dont les compétences sont assignées à une autre instance[loi 23]. De par cette compétence, la Cour supérieure possède le pouvoir, notamment, de trancher tout litige de plus de 75 000 $, prononcer lesdivorces, surveiller la légitimité des décisions des tribunaux administratifs, prononcer des injonctions, entendre desactions collectives, etc.[171].
Finalement, le Québec compte un grand nombre detribunaux administratifs chargés de voir à l'application d'une ou plusieurs lois.
Au total, le système judiciaire québécois compte plus de 500 juges. Près de 300 d'entre eux œuvrent dans les cours provinciales, 25 à la Cour d'appel et près de 200 à la Cour supérieure[172].
Il existe quatre types de corps policiers ayant le pouvoir de maintenir la paix et de prévenir le crime au Québec[173]. De façon générale, laSûreté du Québec est responsable de l’application de la loi sur l’ensemble du territoire québécois[loi 24],[174]. Elle agit aussi dans les municipalités qui n’ont pas de corps policiers municipaux[loi 25],[173]. Elle possède aussi un rôle de soutien et de coordination auprès d’autres corps policiers. Les corps de police municipaux, tels leService de police de la Ville de Montréal et leService de police de la Ville de Québec, sont, quant à eux, les premiers responsables de l’application de la loi dans leur municipalité. Toutefois, dans 1 038 municipalités[175], ce rôle est confié directement à laSûreté du Québec, vu la difficulté de maintenir un corps policier dans des municipalités de plus petite taille.
Pour l’application de certaines lois fédérales, laGendarmerie royale du Canada conserve un pouvoir sur le territoire du Québec[176]. Toutefois, vu l'existence de la Sûreté du Québec, son rôle est plus restreint que dans les autres provinces[176]. Finalement, il existe des corps policiers sur les territoires des communautés autochtones[177].
Finalement, le Québec est responsable de la tenue deprisons (peine de moins de deux ans) alors que le gouvernement fédéral tient despénitenciers (peine de deux ans et plus)[178].
Présidé par lepremier ministre, leConseil exécutif (ou Conseil des ministres) est l'organe directeur degouvernement[loi 29] en tant que ses membres sont les principaux conseillers du lieutenant-gouverneur dans l'exercice du pouvoir exécutif. Il est généralement composé dedéputés élus à l'Assemblée nationale.
Le Québec compte pas moins de 78 députés au parlement fédéral (Parlement du Canada)[179]. Au niveau duSénat du Canada, le Québec est représenté par 24 sénateurs[180]. Les députés sont élus lors des élections fédérales. Les sénateurs sont nommés par le premier ministre du Canada.
Le Québec est représenté auCanada par 78 députés et 24Sénateurs.
Parmi ceux-ci, cinq sont représentés en 2021 par des députés à l'Assemblée nationale: la Coalition avenir Québec (CAQ), le Parti conservateur du Québec (PCQ), le Parti libéral du Québec (PLQ), le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS).
L'intermunicipalité au Québec est une forme de coopération relevant d'une entente d'association en vue d'un projet commun – soit par délégation de compétence ou par gestion commune via une régie intermunicipale – afin de répondre aux particularités locales et régionales des collectivités municipales qui sont parties prenantes à la convention[187]. Le Québec compte au total quelque 2 292 municipalités[188].
Les terres du domaine privé composent environ 8 % du territoire québécois. Elles sont publiées auregistre foncier et divisées en 1 606cadastres.
Depuis l'abolition durégime seigneurial de la Nouvelle-France en 1854, les domaines fonciers sont détenus selon un mode de tenure du franc-alleu roturier. Lapleine propriété(en) n'est ainsi limitée que par les pouvoirs publics dedéshérence, expropriation pour bien commun,police ettaxation, ainsi que par les engagements du propriétaire.
« Depuis 1966, aucune proclamation n'a été émise à l'effet d'ériger de nouveaux cantons même s'il existe toujours de vastes étendues du Québec qui n'ont été partagées ni en seigneuries ni en cantons. Aujourd'hui, il ne s'agit plus tellement d'ouvrir de nouvelles régions à la colonisation que de répondre à des besoins très spécifiques de gestionnaires de l'État »[190].
Lesterres du domaine de l'État constituent une vaste étendue de terres publiques couvrant environ 92 % du territoire québécois, y compris la quasi-totalité des plans d'eau, lesquels forment 21 % de la superficie totale. Elles sont publiées au Registre du domaine de l'État (jusqu'en 2005, leTerrier du Québec).
Le tableau suivant mentionne les territoires traditionnels des peuples autochtones et inuits qui vivent sur le territoire québécois dans le bassin de lavallée du Saint-Laurent etbaie James, ainsi que sur lapéninsule du Labrador.
La politique nationale du Québec recouvre l'intégralité des domaines relatifs à la nation québécoise. Plus particulièrement, elle établit les valeurs et fondements sur lesquels la société québécoise fonde sa cohésion et sa spécificité. La constitution québécoise est ainsi enchâssée dans une série de traditions sociales et culturelles, définies par un ensemble de jugements judiciaires et documents législatifs, dont la Loi sur l'Assemblée nationale[loi 28], la Loi sur l'exécutif[loi 29] et laLoi électorale du Québec[loi 33]. D'autres exemples notables comprennent :
En outre, le Québec se définit comme unÉtat de droit[193], libre et démocratique.
L'Assemblée nationale du Québec a d'ailleurs adopté, le, une résolution[194] réaffirmant que le peuple québécois forme une nation, ainsi qu'une motion[195], le, citant :
« Que l'Assemblée nationale réitère sa volonté de promouvoir la langue, l'histoire, la culture et les valeurs de la nation québécoise, favorise l'intégration de chacun à notre nation dans un esprit d'ouverture et de réciprocité et témoigne de son attachement à notre patrimoine religieux et historique représenté par le crucifix de notre Salon bleu et nos armoiries ornant nos institutions. »
Le Québec participe de différentes façons à la viepolitique fédérale.
Depuis 1969, laLoi canadienne sur les langues officielles permet au Québec une meilleure intégration à lacommunauté canadienne en plus de garantir un contexte légal etlinguistique fédéral propice au développement de la province[198],[199].
De plus, le Québec fait partie duConseil de la fédération, ce qui lui permet une participation pro-active à la vie quotidienne de la fédération[200].
Enfin, les deux bureaux représentant le Québec au Canada qui ont pour mandat d'assurer une présence institutionnelle du gouvernement du Québec auprès des autres gouvernements au Canada permettent au Québec d'interagir efficacement avec les autres provinces du pays[201],[202].
La politique internationale du Québec fonde sa cohérence sur ladoctrine Gérin-Lajoie[203], formulée en 1965. Alors que le ministère des Relations internationales du Québec en coordonne les principes directeurs, lesdélégations générales du Québec en sont les principaux interlocuteurs dans les pays étrangers. Dans les dossiers relevant dudroit québécois, le fondement de la diplomatie québécoise affirme ainsi que seuls les corps politiques du Québec possèdent le pouvoir d'y négocier entièrement, avec les chefs d'État, gouvernements, ambassades et consulats étrangers, et d'y conclure, indépendamment de toute influence externe, des accords, ententes, programmes et traités. Dans l'état de droit, toute entente convenue à l'étranger, par le gouvernement fédéral ou québécois, n'est applicable en politique intérieure que du consentement de l'autorité populaire dont relève la compétence.
Le Québec est d'ailleurs la seule province canadienne qui a mis sur pied un ministère qui assume exclusivement les compétences de l'État en matière de relations internationales. La tendance générale au sein des autres provinces consiste plutôt à confier ce type de mandat à un ministère qui assume déjà d'autres responsabilités, notamment les relations intergouvernementales, c'est-à-dire les relations avec le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux et territoriaux[204].
La population du Québec semble plus sensible aux questions environnementales que celle des autres provinces. Selon une étude universitaire, 67 % des habitants sont conscients de l'impact humain sur leréchauffement climatique, alors que le chiffre s’abaisse à 47 % enSaskatchewan et à 42 % enAlberta. La structure de l'économie pourrait en être une explication : « Le Québec ne produit pas de pétrole, produit majoritairement de l’hydroélectricité. Comparé à l’Alberta… Il y a toute la structure de l’économie qui pourrait venir expliquer ce phénomène », analyse l'universitaire Erick Lachapelle. Près de 500 000 personnes ont pris part à la manifestation pour le climat dans les rues de la ville deMontréal, en septembre 2019[208].
La conciliation entre les préoccupations environnementales et économiques polarise les Québécois, principalement entre villes et régions. Selon un sondage Ipsos, 58 % des habitants du Saguenay considèrent que « les actions de certaines organisations environnementales empêchent un trop grand nombre de projets créateurs d’emplois au Québec d’aller de l’avant », contre 45 % dans les régions de Montréal. Dans le même sondage, 62 % des Saguenéens et 57 % des résidents de Chaudière-Appalaches prioriseraient la création d’emplois plutôt que la diminution des émissions de GES, alors que 57 % des habitants de Montréal et 58 % des habitants de la ville de Québec prioriseraient plutôt la diminution des GES. De plus, la moitié des Québécois croient que la province devrait exploiter ses propres ressources pétrolières, alors que 34 % de la population préfère continuer à importer tout le pétrole consommé au Québec[209].
L'agriculture au Québec fait l'objet d'une réglementation sur le zonage agricole, depuis 1978[loi 38]. Devant l'expansion de l'urbanisation, des zones furent alors créées afin d'assurer la protection des terres fertiles qui composent environ 2 % de la superficie totale du territoire québécois[210]. La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) en est la principale garante[211]. Avec ses nombreuses institutions, la ville deSaint-Hyacinthe est la technopole agricole du Québec et Cité de la biotechnologie agroalimentaire, vétérinaire et agro-environnementale.
Le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale du Québec veille au développement social et de la main-d'œuvre, par les organismes d'Emploi-Québec et ses centres locaux d'emploi (CLE)[213]. De plus, il est responsable de la gestion du Régime québécois d'assurance parentale (RQAP) ainsi que du soutien financier de dernier recours aux familles et personnes démunies.
Chapeautées par le ministère du Travail du Québec, laCommission des normes du travail du Québec et la Commission des relations du travail du Québec voient au respect des conditions minimales pour tous les travailleurs[loi 39] ainsi que des conventions collectives conclues entre syndicats d'employés et patronaux[loi 40].
Adélard Godbout (PLQ),premier ministre libéral de 1939 à 1944, accorda le droit de votes aux femmes en 1940, rendit obligatoire les études jusqu'à l'âge de 14 ans, instaura la gratuité scolaire au primaire et affirma le droit à lasyndicalisation des travailleurs.
L'immigration au Québec est soutenue par des programmes d'intégration favorisant le français, comme langue commune de tous les Québécois, ainsi que les principes depluralisme et d'interculturalisme. Alors que le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles du Québec est responsable de la sélection et intégration des nouveaux arrivants au Québec[214], la politique d'immigration privilégie le respect des valeurs québécoises et caractéristiques d'ordre culturelles, historiques et sociales[215],[216].
Le système de santé du Québec est souvent cité en exemple en Amérique du Nord. Il présente néanmoins des faiblesses, notamment le manque de lits d’hôpitaux et de médecins généralistes. En 2022, environ 10 % de la population québécoise est dans l'attente d’un médecin de famille. L'entretien de ce système de santé est en outre onéreux en raison du poids de la rémunération des médecins, pouvant aller jusqu’à 300 000 dollars par an. « Ils constituent un groupe d’intérêt très puissant qui absorbe l’essentiel des dépenses de santé, et toute tentative des pouvoirs publics de baisser leur rémunération se heurte à un front du refus », relève ainsi Olivier Jacques, professeur au département de politique de santé de l’université de Montréal[217]. Au début de l’année 2022, à la suite des difficultés encourues par le système de santé pendant lapandémie de la Covid-19, plusieurs voix se sont fait entendre, réclamant des réformes du système de santé au Québec[218].
En 2012, avec un coût annuel pour les étudiants de 2 168 dollars canadiens – soit moins de la moitié de la moyenne nationale –, les universités du Québec figurent, en 2012 parmi les moins onéreuses du pays. La relative démocratisation des études supérieures a été mise en œuvre durant laRévolution tranquille dans les années 1960, quand le gouvernement provincial avait gelé les frais de scolarité à un niveau relativement bas, et créé les collèges d’enseignement général et professionnel (cégeps). Le gouvernement deJean Charest décide en 2012 de fortement augmenter les frais universitaires, provoquant desmanifestations massives d'étudiants[220].
Les étudiants étrangers représentent une manne financière non négligeable pour le Québec (hormis les Français et les Belges, les étudiants paient jusqu’à cinq fois plus cher leurs frais de scolarité que les étudiants canadiens). Les étudiants sont cependant confrontés, comme l'ensemble des Canadiens, au problème de la pénurie de logements et de la hausse des prix, ce qui conduit le gouvernement à envisager de réduire leur nombre[221].
Bien que le Québec possède une quantité substantielle de ressources naturelles, lesecteur tertiaire génère 70 % de sonproduit intérieur brut (PIB)[224]. Le taux de chômage se situe à 5,4 % en, sensiblement inférieur à la moyenne canadienne[225].
Saint-Georges, au cœur de la Beauce, reconnue pour sa multitude de petites et moyennes entreprises (PME).
Parmi les entreprises québécoises possédant un marché considérable à la grandeur du Québec, le dénombrement inclut le réseau des pharmaciesJean Coutu, les dépanneursCouche-Tard, les distributeurs en alimentation du groupeMetro Inc., le distributeur en produits de rénovations et de quincaillerieRONA, les rôtisseriesSt-Hubert, etc. D'autres entreprises ont, par ailleurs, développé une présence marquée au niveau de certaines économies locales et régionales.[réf. souhaitée]
De plus, étant donné qu'il produit de l’énergie en grande quantité et à un bas coût, le Québec produit près de 10 % de l’aluminium sur la planète et se classe au quatrième rang en rapport à la production mondiale d'aluminium[226], grâce à l'aluminerieAlcan (rachetée par le groupe britanno-australienRio Tinto en 2007) et à son concurrent américain,Alcoa.
En 2007, l’économie québécoise doit faire face à plusieurs embûches : hausse fulgurante du dollar canadien, féroce concurrence étrangère (Asie), hausse du prix de l'énergie, crise dans le secteur forestier et ralentissement de l'économie américaine. La croissance a été de 2,2 % en 2006, inférieure à la moyenne canadienne de 3 %. LePIB québécois est de 230,6 milliards$US enparité de pouvoir d’achat (PPA), et celui par habitant est de 30 143 dollars américains (en PPA)[227], un montant qui se compare à celui de laFrance[228] ou de l’Italie[229]. Cependant, l’écart entre le PIB/Habitant avec l'Ontario et la moyenne canadienne est d’environ 15-20 %, la moyenne canadienne se situant à 35 875 $US (en PPA)[230]. De par sa taille, l’économie du Québec se compare à celle de laNorvège[231]. L'économie du Québec se classe parmi les cinquante plus importantes dans le monde et au21e rang dans l'Organisation de coopération et de développement économiques[232].
Saint-Hyacinthe, en Montérégie, est la plaque tournante des marchés nord-américains dans le secteur des biotechnologies agroalimentaires, vétérinaires et agroenvironnementales.
Grâce à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et à l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), le Québec connaît une augmentation de sa capacité à concurrencer le marché international. À la suite de ces accords, ses relations commerciales avec les autres pays se sont dynamisées. Par conséquent, le Québec a vu ses exportations s’accroître de manière importante. Ces échanges internationaux contribuent à la vigueur de l’économie québécoise, notamment en matière d’emploi. Environ 60 % de ses exportations sont réalisées ailleurs qu’auCanada[233].
Exportations du Québec à l'international en fonction des pays.
En 2008, les exportations québécoises ailleurs au Canada et à l'étranger totalisent 157,3 milliards de dollars canadiens, soit 51,8 % de sonproduit intérieur brut (PIB). De ce total, la part des exportations internationales est de 60,4 % par rapport à 39,6 % pour les exportations interprovinciales. La répartition par destination des exportations internationales de marchandises est la suivante :États-Unis (72,2 %),Europe (14,4 %),Asie (5,1 %),Moyen-Orient (2,7 %),Amérique centrale (2,3 %),Amérique du Sud (1,9 %),Afrique (0,8 %) etOcéanie (0,7 %). En 2008, le Québec importe 178 milliards de dollars canadiens de biens et de services, soit 58,6 % de son PIB. Les importations internationales constituent 62,9 % du total par rapport à 37,1 % pour les importations interprovinciales. La répartition par provenance des importations internationales de marchandises est la suivante : États-Unis (31,1 %), Europe (28,7 %), Asie (17,1 %), Afrique (11,7 %), Amérique du Sud (4,5 %), Amérique centrale (3,7 %), Moyen-Orient (1,3 %) et Océanie (0,7 %). L'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) donne au Québec, entre autres, l'accès à un marché de 130 millions de consommateurs dans un rayon de 1 000 kilomètres[233].
Exportations du Québec au Canada et à l'international.
Cependant le principal partenaire économique du Québec est le Canada avec plus de 59 milliards de dollars d'exportation en 2009. Ce qui représente plus de la moitié des exportations du Québec.
Le gouvernement du Québec se déclare en faveur dunationalisme économique[235]. Cette position a été critiquée par certaines personnes comme étant néfaste pour l’économie québécoise[236], et poussant d’autres entreprises à la faillite[237].
L’abondance de ses ressources naturelles confère au Québec une position avantageuse sur le plan mondial. Le Québec se distingue notamment dans le secteur minier en se classant parmi les dix principaux producteurs mondiaux. Il se démarque également par l’exploitation de ses ressources forestières.
Le Québec est remarquable par les richesses naturelles de son vaste territoire. Il compte environ 30 mines, 158 entreprises d’exploration et une quinzaine d’industries de première transformation. Plusieurs minéraux métalliques y sont exploités, dont les principaux : l’or, lefer, lecuivre et lezinc. D'autres substances comprennent letitane, l’amiante, l’argent, lemagnésium, lenickel ainsi que de nombreux autres métaux et minéraux industriels[238]. Cependant, seul 40 % du potentiel minéral du sous-sol québécois est actuellement connu. En 2003, la valeur des expéditions minérales du Québec a atteint 3,7 milliards de dollars[239]. Par ailleurs, en tant que pôle d'exploration majeur dudiamant[240], le Québec a connu, depuis 2002, une recrudescence de la prospection minière, notamment dans le Nord-Ouest ainsi que dans lesmonts Otish et lesmonts Torngat.
L’immense majorité (90,5 %) des forêts du Québec est de propriété publique. Les forêts recouvrent plus de la moitié du territoire québécois, soit 761 100 km2[241]. Le domaine forestier québécois s’étend sur sept degrés de latitude. En 2020, la foresterie représentait 8 % des exportations québécoises[242].
Le Québec recouvre plus d'un million de lacs et cours d'eau, occupant 21 % de la superficie totale de son territoire. Ce milieu aquatique est alors constitué de 12,1 % d'eaux douces et de 9,2 % d'eaux saumâtres et salées[243].
Contrairement à la plupart des autres régions du monde, le Québec se distingue par l'importance des sources d'énergies renouvelables dans son bilan énergétique. En 2017, 47 % des approvisionnements en énergie provenaient de sources renouvelables exploitées sur le territoire[244].
Le Québec produit la majeure partie de l'hydroélectricité au Canada et constitue, à lui seul, l'un des principaux producteurs mondiaux, derrière laChine, leBrésil et lesÉtats-Unis[245]. En 2019, la production québécoise s'élevait à 214 terawatt-heure (TWh), dont 95 % provient de centrales hydroélectriques. L'énergie éolienne fournit 4,7 % des approvisionnements. La production d'électricité thermique est pratiquement absente, hormis quelques centrales exploitant labiomasse forestière ainsi que des génératrices diesel qui alimentent unevingtaine de communautés éloignées[246].
La raffinerie Valero de Lévis a une capacité de production de 265 000 barils par jour.
Le Québec étant pratiquement exempt de gisements significatifs d'énergies fossiles[250], l'ensemble deshydrocarbures est importé. Les stratégies d'approvisionnement des raffineurs ont varié au fil du temps, en fonction des conditions de marché. Le Québec, qui achetait sonpétrole de la Mer du Nord dans les années 1990, consomme presque exclusivement lebrut produit dans les gisements de l'Ouest du Canada et des États-Unis depuis 2015[251]. La production des deux raffineries en activité (la raffinerieValero de Lévis et celle deSuncor à Montréal) ont une capacité totale (402 000 barils par jour) supérieures aux besoins locaux, qui s'élevaient à 365 000 barils par jour en 2018[250].
Legaz naturel consommé au Québec arrive par le réseau de transport deTC Énergie. Le principal distributeur de gaz, la sociétéÉnergir, s'approvisionne depuis 2016 au point de réception Dawn dans le sud-ouest de l'Ontario, plutôt que du carrefour Empress, à la frontière de l'Alberta. Ce changement s'explique par l'accroissement de la production non traditionnelle desgaz de schiste, qui stimule la concurrence entre les différents bassins d'approvisionnement exploités à l'échelle du continent. En 2018, 86 % des volumes provenaient de Dawn et 12 % d'Empress. Le reste est constitué d'injections de gaz produits localement par la valorisation des matières résiduelles[252].
La politique énergétique du gouvernement, mise à jour en 2016 a comme vision de faire du Québec« un chef de file nord-américain dans les domaines de l'énergie renouvelable et de l'efficacité énergétique », afin de bâtir, d'ici 2030, une économie à faibleempreinte carbone[253]. La politique se donne notamment pour objectifs de réduire de 40 % la quantité deproduits pétroliers consommés, d'augmenter de 25 % la production d'énergies renouvelables et de 50 % la production debioénergies. Le gouvernement estime que ses cibles devraient permettre une réduction lesémissions degaz à effet de serre de 16 mégatonnes d'équivalent CO2 d'ici 2030[254].
Le traversier N.M.Camille-Marcoux, de la Société des traversiers du Québec, assurant les liaisons Baie-Comeau–Matane et Godbout–Matane.
Dans les eaux du Saint-Laurent se trouvent huit ports en eau profonde destinés au transbordement des marchandises. En 2003, 3 886 cargos et 9,7 millions de tonnes de marchandises ont transité par la portion québécoise de laVoie maritime du Saint-Laurent[256]. De plus, le service de laSociété des traversiers du Québec assure la liaison des routes terrestres par voie maritime, principalement sur lefleuve Saint-Laurent. L'Institut maritime du Québec, àRimouski, est le principal établissement veillant à la formation supérieure en navigation et construction maritime.
Quant au transport ferroviaire, le Québec dispose de 6 678 km de voies ferrées[257] qui s’intègrent au grand réseau nord-américain. Bien que principalement destiné au transport des marchandises, notamment par leCanadien National (CN) et leCanadien Pacifique (CP), le réseau ferroviaire québécois tient compte du transport interurbain des voyageurs par l'intermédiaire deVia Rail Canada et d'Amtrak. Le transport ferroviaire régional est essentiellement limité aux tours opérateurs, alors que le territoire de laCommunauté métropolitaine de Montréal est desservie par un réseau régional de trains de banlieue, administrée par Exo, anciennement l'Agence métropolitaine de transport (AMT). La formation supérieure en génie ferroviaire est assurée par l'École polytechnique de Montréal.
Le réseau aérien supérieur comprend43 aéroports qui offrent des services réguliers sur une base quotidienne[256]. De plus, legouvernement québécois est propriétaire d'aéroports et héliports permettant l'accessibilité des services locaux aux communautés de laBasse-Côte-Nord et des régions nordiques[258]. Alors que l'École nationale d'aérotechnique, à l'aéroport de Saint-Hubert, est spécialisée dans la construction et la maintenance d'aéronefs, lecégep de Chicoutimi est le seul établissement public du Québec offrant la formation supérieure en pilotage, en collaboration avec le Centre québécois de formation aéronautique (CQFA) deSaint-Honoré.
Divers autres réseaux de transport sillonnent le territoire québécois, dont les sentiers pédestres, les sentiers de motoneiges et les pistes cyclables; laroute Verte étant la plus importante avec près de 4 000 kilomètres de longueur.[réf. souhaitée]
La science et la technologie sont des facteurs déterminants dans le positionnement économique du Québec. Étant l’un des chefs de file mondiaux dans des secteurs de pointe tels que l’aérospatiale, les technologies de l’information, lesbiotechnologies et l’industrie pharmaceutique, le Québec joue un rôle significatif dans la communauté scientifique et technologique. Le Québec est également actif dans le développement de ses industries de l'énergie, y compris les énergies renouvelables comme l'hydroélectricité eténergie éolienne.[réf. souhaitée]
L’industrie aérospatiale, un secteur clé de la technologie au Québec, est la cinquième au monde en importance avec des revenus annuels de 12,4 milliards de dollars et représente, à elle seule, 2 % du PIB et 12,5 % des exportations manufacturières du Québec[263],[264]. Elle est ainsi supportée par le Consortium de recherche et d'innovation en aérospatiale au Québec (CRIAQ) qui regroupe, notamment, des constructeurs telsBombardier Aéronautique,Lockheed Martin Canada etHéroux-Devtek, implantés principalement sur le territoire de laCommunauté métropolitaine de Montréal[265]. D'autres organisations d'envergure œuvrant dans l'industrie ont de même élu domicile au Québec, tel queAir Canada et l'Agence spatiale canadienne (ASC). Le Québec à lui seul représente 60 % de l'industrie aérospatiale du Canada[266].
Lessciences de la vie sont un autre secteur sur lequel le Québec mise énormément[267]. Plus de 32 000 personnes travaillent actuellement dans le secteur de la santé au Québec dont plus de 13 000 chercheurs[267]. Montréal, métropole du Québec[268], mise énormément sur ce secteur de l'économie en construisant le quartier de la santé qui comprend plus de 3 000 établissements et plus de 200 centres de recherche[269]. En 2005, le Québec possédait plus de 68 % des brevets de médicaments, 42 % des investissements en recherche lié au secteur pharmaceutique et 41 % des investissements dans la biotechnologie au Canada alors que sa population ne représente que 23 % de la population canadienne[270]. Le Québec compte plus de 450 compagnies dans les secteurs pharmaceutiques et biotechnologiques qui emploient 25 000 personnes et 10 000 chercheurs[270]. La ville de Montréal se classe au4e rang en Amérique du Nord pour le nombre d'emplois liés au secteur pharmaceutique[271].
Les industries des services informatiques et du logiciel ainsi que celle du multimédia sont deux autres secteurs importants liés à la technologie au Québec[272],[273]. Particulièrement active à Montréal, l'industrie dujeu vidéo y est en plein développement[273]. La revue britannique spécialiséeDevelop mentionne d'ailleurs en octobre 2006 que la métropole est l’endroit qui a connu le plus grand essor dans ce domaine au cours des 10 dernières années. Ce secteur a d'abord été développé par des pionniers tel que Softimage (fondée par Daniel Langlois en 1986) et Discreet Logic mais la présence du chef de file mondial dans ce domaine en particulier,Ubisoft (arrivée au Québec en 1997),Electronic Arts etEidos ne sont pas étrangères à ce succès[273]. Le secteur des services informatiques et du logiciel est aussi très développé au Québec et emploie près de 145 000 personnes[272],[274]. Plusieurs entreprises québécoises comme OSF Global Services connaissent une forte expansion sur le plan international[275]. On retrouve à Québec le deuxième pôle de la province en création multimédia et en jeux vidéo avec 1 630 emplois comptant le studio de création artistique multimédiaEx Machina deRobert Lepage et les studios de jeu vidéoBeenox (Activision), Ubisoft etSarbakan, ainsi que la plus importante entreprise de jeux vidéo de propriété québécoise,Frima Studio[276].
L’industrie touristique est un pilier économique majeur au Québec. Le ministère du Tourisme du Québec en assure le développement en opérant sous le nom commercial Québec Original[277]. Dans la même veine, l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec œuvre dans la formation supérieure des professionnels du domaine[loi 47].
En 2005, l’industrie touristique procurait des emplois directs à 133 271 travailleurs[278]. Ces employés œuvrent dans plus de 29 000 entreprises touristiques québécoises[279]. On estime qu’en 2007, le Québec a accueilli 25,8 millions de touristes[280]. De ce nombre 76,1 % provenaient du Québec, 12,2 % du reste duCanada, 7,7 % des États-Unis et 4,1 % d’autres pays[280]. Annuellement, les touristes dépensent plus de 6,7 milliards de dollars dans les différentes sphères de l’industrie touristique québécoise[280].
Le Québec compte 22 régions touristiques dont le développement est assuré par un réseau autonome d'associations touristiques régionales[281]. De plus, des sociétés de développement économique veillent à la promotion du tourisme local de certaines municipalités constituées en zones touristiques (régions historiques ou culturelles). Sur une terre de contrastes et d'immensité, nombre d’activités et d'attraits s’offrent aux visiteurs sur les routes et circuits touristiques[282]. De la vie urbaine à l'Archipel-de-Mingan, en passant par le Grand Nord et lesHautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, une panoplie de sites et plaisirs saisonniers font la satisfaction des touristes, sur l'eau, dans les montagnes ou dans les airs. Enfin, le Québec est le théâtre de nombreux événements d’envergure internationale, dont des compétitions sportives (Grand Prix automobile du Canada,coupe Rogers) et des festivals (Festival international de jazz de Montréal,Festival d’été international de Québec) ainsi que le plus important carnaval d'hiver au monde, leCarnaval de Québec.
Au, la population estimée du Québec est de 8 831 257 habitants[295]. Elle se compare ainsi à celle de pays comme laSuisse et laSierra Leone. Ladensité de population est d'environ 5,5 habitants par kilomètre carré, 80 % de sa population est principalement répartie au sud, près des rives dufleuve Saint-Laurent. Ainsi, en 2009, 1 906 693 personnes étaient comptabilisées dans les 498 km2 de l’île de Montréal (pour une densité de 3 861,6 hab./km2). En revanche, seulement 41 129 Québécois habitaient la région duNord-du-Québec, laquelle compte pour 43 % du territoire[296].
Dix villes québécoises les plus peuplées (2021)[297]
LesAutochtones habitent le territoire québécois depuis plusieurs millénaires. Chaque communauté possède sa propre structure sociale, culture et entité territoriale. En 2003, la population autochtone du Québec comptait 159 905 personnes[301]. Cependant, comme la loi fédérale n’a reconnu que les enfants de père autochtone jusque dans les années 1980, il est possible que leur nombre soit plus élevé, en plus desMétis.
De ces peuples autochtones, coexistent des tribus dites « nomades », précisément les tribus de cultures algonquiennes (ex.: les Algonquins, les Cris et les Innus) de celles plus « sédentaires », précisément les tribus de traditions iroquoiennes (ex.: les Iroquois et les Hurons-Wendat). Ces dernières ont développé des formes d’organisation sociale plus importante. Les tribus de tradition nomades suivent la migration des troupeaux d’animaux qui leur servent de proie, comme lebison, l’orignal ou lephoque[302]. Le mode de vie des tribus algonquiennes et inuites sont dictés par les obligations liées à la chasse et la pêche. Les traditions des tribus iroquoiennes, productrices desTrois sœurs:maïs,haricots etcourges, sont plutôt développées autour d'une structurematriarcale dérivée de la « cabane longue », oulongue maison (une traduction littérale de l’expressionlonghouse), qui regroupe plusieurs familles sous l’autorité d’une doyenne[192],[réf. incomplète].
Uninuksuk inuit sur la place de l'Assemblée-Nationale à Québec.
Bien qu’ils représentent aujourd’hui – approximativement – 3 % de la population québécoise, les Autochtones ont beaucoup[262] apporté à la société québécoise grâce, principalement à leurs idéaux de respect de la faune et de la flore, de la nature et de l'environnement, à leurs valeurs d'hospitalité de générosité et de partage. Économiquement grâce à latraite des fourrures et au développement de relations avec les colons, dont lescoureurs des bois, marchands, cartographes et pères jésuites. En plus de contribuer à latoponymie québécoise, leurs apports résident, par exemple, dans leurs connaissances plus avancées dans les domaines suivants : la médecine holistique, le fonctionnement de la biologie humaine, les remèdes soignant plusieurs maladies, dont principalement lescorbut à l'arrivée des colons (faits de gomme blanche à base de plantes indigènes : sapin, cèdre blanc ouanneda, selon les théories), les vêtements d'hiver (tannage de lafourrure), l'architecture des habitations (isolation contre le froid), les moyens de transport sur neige (raquette à neige ettraîneau à chiens) et sur l'eau (canoës,kayaks etrabaskas), l'acériculture, les sports (crosse etpêche blanche), la chasse à l'orignal et aucaribou, letrappage, le territoire et ses composantes, les bassins versants et leurs cours d'eau, les ressources naturelles, etc[303].
« Plutôt que par la conquête et par la force, c'est en favorisant des alliances commerciales et militaires, en concluant de nombreux traités de paix et d'amitié que les relations entre les deux peuples se sont solidifiées[304]. »
Lors de laproclamation royale de 1763, un droit incontestable est confirmé aux autochtones sur leurs terres. Cependant, par suite de cette même proclamation, après les traités de paix et d'amitié conclus en Nouvelle-France, la Couronne britanniques instituera les traités territoriaux, par lesquels les autorités britanniques procéderont à l'extinction totale des titres fonciers des groupes autochtones.« En visualisant la carte des traités territoriaux ratifiés à la fin duXIXe siècle et au début duXXe siècle, nous constatons que rien de tel n'a été conclu sur le territoire du Québec »[i].
En 1975, lescris,inuits et le gouvernement québécois sont convenus d'une entente qui élargissait les droits autochtones au-delà des réserves, soit sur plus des deux tiers du territoire, et qui fut instituée par laConvention de la Baie-James et du Nord québécois. En 1978, lesNaskapis se joignent à l'entente lors de la signature de la Convention du Nord-Est québécois. De ce fait, ces trois ethnies ont pu se détacher de leur assujettissement à la Loi sur les Indiens. Des pourparlers sont en cours depuis quelques années avec les Montagnais de laCôte-Nord et duSaguenay–Lac-Saint-Jean pour la création d'une autonomie similaire sur deux territoires distincts, l'Innu Assi et leNitassinan[306]. D'ailleurs en janvier 2010, une entente conclue entre Québec et les Montagnais accordait au Conseil de bande deMashteuiatsh la planification du concept d'aire innue d'aménagement et de développement dans toute laréserve faunique Ashuapmushuan, laquelle est située sur leNitassinan de la communauté des Pekuakamiulnuatsh[307],[308].
Plus d’un million de Québécois sont d'ascendance acadienne[312],[313],[314],[315]. Plusieurs s'étaient réfugiés au Québec après ladéportation des Acadiens. Ces derniers habitent surtout auxîles de la Madeleine et enGaspésie. Mais une trentaine d’autres communautés sont présentes ailleurs au Québec, en particulier sur laCôte-Nord et dans leCentre-du-Québec. Une communauté acadienne du Québec peut être appelée une « Cadie » ou « Petite Cadie », alors que plusieurs villes utilisent le gentilé « Cadien ». En fait, entre membres de l'Acadie ou de ladiaspora acadienne, l'appartenance de certaines communautés du Québec est sujet à débat[316],[317].
Le Festival acadien des Îles-de-la-Madeleine est organisé chaque année au mois d’août, en souvenir des fondateurs des premiers villages de ces îles. Le festival se tient àHavre-Aubert, pendant environ deux semaines, où Québécois etAcadiens de tous les coins du Québec et d’autres terres voisines se mêlent aux Madelinots pour célébrer la culture acadienne[318]. Il y a un musée de la culture acadienne dans la ville deBonaventure, en Gaspésie. Lemusée acadien propose l’exposition permanente intitulée, une Acadie Québécoise, qui permet de mieux comprendre l’importance et les particularités de la présence acadienne au Québec[319]. Le 15 août 2002, jour de laFête nationale de l'Acadie, laCommission de la capitale nationale du Québec a dévoilé le monument aux Acadiens à l’extrémité de la promenade du même nom dans le parc de l’Amérique française, dans la ville de Québec. Intitulé « Vers la lumière », le monument représente un phare surmonté des couleurs et de l’étoile du drapeau acadien. Symbolisant ainsi le rôle prédominant que les Acadiens et leurs descendants ont joué dans l’histoire du Québec. Le premier ministre du Québec,Bernard Landry, y avait alors déclaré : « Entre le peuple québécois et le peuple acadien, il y a plus que de l’amitié, il y a de la parenté »[320].
Le Québec se distingue des autresprovinces canadiennes par le fait que lefrançais y est la seulelangue officielle[loi 35],[321], alors que l’anglais prédomine dans lereste du Canada[322]. Le français est la langue commune, comprise et parlée par 94,46 % de la population[323],[324]. En 2016, quelque 79,06 % des Québécois ont le français pour lalangue maternelle (77,1 % ont le français pour langue maternelle unique et 2 % ont plusieurs langues maternelles dont le français)[325]. En nette croissance démographique, l’anglais était en 2011 la langue maternelle de 8,3 % de la population québécoise[326]. 71 % des Anglo-Québécois se considèrent bilingues, c’est-à-dire qu’ils ont une maîtrise suffisante du français pour soutenir une conversation[327]. De plus, onzenations autochtones font partie du Québec.
Les Québécois défendent lafrancophonie face à la prépondérance nord-américaine de lalangue anglaise. Dans cette optique, le rapport de laCommission Gendron établit, en 1968, les fondements duLivre blanc pour la politique linguistique du gouvernement du Québec. Tributaire des commissions d'enquête, cet énoncé de politique accompagne laCharte de la langue française – la « loi 101 » – depuis 1977.« La campagne de désinformation systématique menée par les journaux de langue anglaise au sujet du Québec a pris naissance avec la Charte et n'a cessé de s'alimenter de la Charte ; elle a suscité des préjugés tenaces et entretenu une méconnaissance profonde de la réalité québécoise »[328].
La proximité des dialectes amérindiens, surtout de la famille linguistique algonquienne, avec le lexique des colons suscita l'adaptation de la langue française aux réalités duNouveau Monde (ex. : géographie, température, faune et flore) alors inconnues duVieux Continent. Ensuite, le français québécois évolua sur les bases de lacour de France, du fait de l’arrivée desfilles du Roy, majoritairement orphelines et éduquées dans les couvents qui inculquaient lefrançais du roy.
Dans sonMémoire sur l’état de la Nouvelle-France de 1757, Bougainville écrit :« Les Canadiens ont de l’esprit naturellement ; ils parlent avec aisance, ils ne savent pas écrire, leur accent est aussi bon qu’à Paris, leur diction est rempli de phrases vicieuses, empruntées de la langue des Sauvages ou des termes de marine, appliquées dans le style ordinaire. »
Laconquête britannique de 1759 bouleversa l’évolution du français parlé au Québec et en Amérique du Nord. En coupant les liens avec la France, le français parlé au Québec se sépara définitivement du français parlé enmétropole. Le français québécois naissait véritablement, conservant les particularités des anciennes langues d'oïl presque éteintes enFrance d’une part, et créant uneterminologie propre d’autre part, influencée et menacée par la langue des nouveaux conquérantsanglais. Les nouvelles influences et les parlures existantes se mêlèrent alors à l'éloignement et aux réalités régionales, suscitant l'avènement de nouvelles variétés de français, tels le beauceron, lechaouin, le gaspésien, le jeannois, lejoual, lemagoua, l'outaouais, lesaguenéen, etc.
Dès l'époque de la Nouvelle-France on note unedécroissance démographique entre les anglophones et les francophones en Amérique du Nord soit dans une démographie qui donne pour 250 000 Anglais une population de 16 500 Français en 1700[329].
Après laconquête de 1759 cette réalité est devenue plus brutale pour le Québec qui devait alors éviter l'assimilation et survivre culturellement et donc linguistiquement aussi[330].
Ainsi, encore aujourd’hui, après des baisses démographiques sans cesse croissante, le Québec fait encore face à la menace assimilatrice de la langue anglaise en Amérique du Nord. De plus, la population de langue maternelle française pour l’Île de Montréal, la métropole québécoise, est passée sous le cap des 50 % depuis 2011 avec seulement 49 % de la population qui est de langue française[331], à cause d’une forte augmentation de la populationallophone (dont la langue maternelle n’est ni le français ni l'anglais).
Le, le gouvernement du Québec annonce qu'il allait investir 603 millions de dollars sur cinq ans pour freiner le déclin du français. La majorité du budget sera consacrée à la francisation des travailleurs étrangers temporaires et des demandeurs d'asile[332].
LaCharte de la langue française au Québec suscite des réactionsprotectionnistes chez les francophones québécois. Ici cet acte de vandalisme réclame le motarrêt plutôt questop sur ce panneau routier, et fait référence à la loi 101.
L’anglais est la langue maternelle de près de 650 000 Québécois (8,3 % de la population)[326]. Ceux-ci, appelésAnglo-Québécois, constituent le deuxième groupe linguistique en importance au Québec. Par ailleurs, 50 000 personnes (0,7 % de la population) considèrent à la fois le français et l’anglais comme leur langue maternelle[300],[336]. D'après les recensements de 2001, 2006, 2011 et 2016, le pourcentage d'anglophones au Québec s'est plus ou moins stabilisé, mais en nombre absolu ils augmentent constamment. Les allophones par contre augmentent fortement autant en nombre absolu qu'en pourcentage. Selon le recensement de 2016[337], il y a 49,1 % de personnes habitant au Québec qui disent pouvoir soutenir une conversation en anglais (anglais comme langue maternelle ou langue seconde). Pour ce qui est du bilinguisme français-anglais, il y a 44,5 % de gens bilingues au Québec, c'est-à-dire des personnes qui ont répondu avoir la capacité de soutenir une conversation autant en français qu'en anglais.
L’anglais fit son apparition sur le territoire québécois à partir de 1760, année de laconquête britannique. À cette époque, les premiers marchandsanglais etécossais vinrent s’installer dans les villes deQuébec et deMontréal. Dès 1784, lesloyalistes de l'Empire-Uni firent augmenter considérablement le nombre d’anglophones sur le territoire québécois, par suite de leur expulsion à laguerre d'indépendance des États-Unis. Ces loyalistes, évitant la campagne francophone et catholique, s’établirent principalement dans des régions alors peu développées, constituant ainsi lesCantons de l’Est et l’Outaouais. Dès la proclamation de l'Acte d'Union de 1840, une immigration massive desîles Britanniques se décela sur le territoire québécois avec l'avènement deslangues celtiques insulaires. L'influence de l'anglais et les tentatives répétées d'assimilation linguistique eurent alors un impact considérable sur la culture de langue française au Québec. Aujourd'hui, les Anglo-Québécois résident principalement dans l’ouest de l’île de Montréal (West Island), lecentre-ville de Montréal et lePontiac.
Les anglophones du Québec possèdent plusieurs infrastructures. Au travers de la province, 94 municipalités et arrondissements possèdent le statutbilingue français-anglais[338]. Au niveau éducatif, ils bénéficient de plusieurscommissions scolaires regroupées dans l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec[339]. Au niveau des médias, ils possèdent, entre autres, lequotidienThe Gazette à Montréal[340] et leChronicle-Telegraph à Québec, le plus vieux journal en Amérique du Nord[341]. D'autres organisations telles laQuebec Writers' Federation, un regroupement des auteurs québécois de langue anglaise[342] ou laVoice of English-speaking Québec[343], représentant les intérêts de la communauté anglophone de la région de Québec, font partie du paysage des anglophones de la province.
On utilise le terme « allophone » pour référer aux personnes dont la langue maternelle n'est ni le français, ni l'anglais[344]. On peut distinguer deux groupes d'allophones : les personnes qui parlent des langues autochtones, et celles qui parlent des langues dites immigrantes.
Lors du recensement de 2016, le Québec comprenait 1 171 045 personnes dont la langue maternelle (ou l'une des langues maternelles, puisqu'il est possible d'en déclarer plusieurs) n'était ni lefrançais, ni l'anglais, représentant 14,5 % de la population totale[345]. De ce nombre, 47 025 (0,6 % de la population) ont déclaré comme langue maternelle une langue autochtone, alors que 1 124 020 (13,9 % de la population) ont déclaré une langue dite immigrante[345]. Au total, ce sont 1 060 830 personnes (13,2 % de la population) qui n'ont déclaré ni le français, ni l'anglais comme langue maternelle (excluant donc les personnes plurilingues ayant déclaré le français ou l'anglais parmi leurs langues maternelles)[346].
Trois familles de langues autochtones existent au Québec. Celles-ci regroupent les langues communes à tous les membres d'une même ethnie. Ces langues, à l'origine de plusieurs dénominations québécoises, sont parfois sous-divisées en différents dialectes dans les communautés.Panneau de signalisation routière multilingue : cri, anglais et français, àMistissini.
Lors du recensement de 2016, 50 895 personnes au Québec disaient connaître au moins une langue autochtone[347]. Ce sont 45 570 personnes qui déclaraient avoir une langue autochtone comme langue maternelle. Pour 38 995 d'entre elles, il s'agissait de la langue la plus fréquemment parlée à la maison, tout comme pour 1 195 personnes additionnelles qui n'avaient pas une langue autochtone comme langue maternelle[348].
La plupart des langues autochtones se transmettent actuellement relativement bien d'une génération à l'autre au Québec, avec un taux de rétention de la langue maternelle de 92 %[349].
Lors du recensement de 2016, ce sont 1 124 020 personnes qui ont déclaré avoir une langue immigrante comme langue maternelle au Québec. Les langues les plus déclarées sont l'arabe (2,5 % de la population totale), l'espagnol (1,9 %), l'italien (1,4 %), les langues créoles (principalement lecréole haïtien) (0,8 %) et lemandarin (0,6 %)[350].
Tant le nombre que la proportion de locuteurs de langues tierces sont en progression constante au Québec, et ce depuis le recensement de 1951[351].
En 2015, la grande majorité (89 %) des jeunes élèves allophones du Québec fréquentaient desécoles francophones[352],[353].
Propulsés par laProhibition au début des années 1920, lescabarets montréalais ont transformé radicalement la scène artistique et grandement influencé l'industrie actuelle du spectacle québécois. Lequartier Latin de Montréal et leVieux-Québec sont deux hauts lieux de rencontre pour les artistes du Québec. La vie de cafés et de terrasses y témoignent l'héritage latin de la culture québécoise avec pour attrait principal lethéâtre Saint-Denis à Montréal et lethéâtre Capitole à Québec.
Issue du répertoire musical québécois, la chansonÀ la claire fontaine[356] fut longtemps l'hymne national de laNouvelle-France, des Patriotes et desCanadiens français, puis remplacée par leÔ Canada. À l'heure actuelle, la chansonGens du pays (1975), de Gilles Vigneault, est adulée par nombre de Québécois et considérée comme l'hymne nationalde facto du Québec. Présenté en 1968,L'Osstidcho révolutionna le monde du spectacle québécois en montrant une jeunesse avide de changements. Ce scandale religieux donna vite à la langue populaire son droit de cité dans la chanson québécoise[357].
DepuisLa Bolduc dans les années 1920-1930 jusqu’aux artistes contemporains commeRobert Charlebois, la chanson québécoise a fait connaître de multiples auteurs-compositeurs-interprètes, chanteurs de variétés, chanteurs de charme (crooners) et groupes de musique, dans lafrancophonie et même au-delà. Parmi eux figure la chanteuseCéline Dion, dont le succès planétaire en fait une desplus grandes vendeuses de disques de l'histoire de l'industrie musicale.[réf. souhaitée]
La musique traditionnelle est empreinte de nombreuses danses, telles que lagigue, lequadrille, lereel et lesdanses en ligne, qui se sont développées dans les fêtes populaires depuis les débuts de la colonisation, grâce à divers instruments comme l'harmonica (musique-à-bouche ou ruine-babine), le violon, les cuillères, laguimbarde et l'accordéon, chromatique comme diatonique. Lapodorythmie est une caractéristique propre à la musique traditionnelle québécoise qui, à l'heure actuelle, est assurée par divers groupes contemporains qui animent particulièrement plusieurs évènements, le temps duJour de l'an, comme laFête nationale du Québec, le festivalInnu Nikamu qui se déroule à Mani-Utenam ou mois d'août, et de nombreux festivals.
Émile Nelligan, poète québécois, célèbre pour son poèmeSoir d'hiver.
Depuis la Nouvelle-France, la littérature québécoise s'est tout d'abord développée dans les récits de voyages des explorateurs telsJacques Cartier,Jean de Brébeuf, lebaron de La Hontan etNicolas Perrot, décrivant leurs relations avec les peuples autochtones.Le Moulin à Paroles retrace les grands textes qui ont façonné l'histoire du Québec depuis ses fondements en 1534 jusqu'à l'ère de la modernité.[réf. souhaitée]
François-Xavier Garneau est considéré comme le premier auteur à produire une véritable synthèse historique qui met au premier plan l'expérience du peuple canadien-français, accablé par la déroute de larébellion des Patriotes de 1837-1838 et l'injustice de l'Acte d'Union. Publiés entre 1845 et 1852, les quatre tomes de l'Histoire du Canada ont le mérite aux yeux de ses contemporain« de structurer leur mémoire sociale en un roman national, afin de raconter leur expérience historique comme un combat incessant, sinon pour se gouverner eux-mêmes, au moins pour être respectés »[359].
Divers contes et récits sont racontés par la tradition orale, tels les légendes duBonhomme Sept Heures, de laChasse-galerie, duCheval noir des Trois-Pistoles, de laComplainte de Cadieux, deLa Corriveau, duDiable qui danse à Saint-Ambroise, duGéant Beaupré, des monstres des lacsPohénégamook etMemphrémagog, duPont de Québec (alias, le pont du diable), duRocher Percé, deRose Latulipe, par exemple[360].Hermine Lanctôt, considérée comme l'une des premières écrivaines du Canada français, publie en 1899Fleurs enfantines qui réunit des portraits d'enfants, des contes et des nouvelles[361].
Le théâtre d'été est un véritable symbole de la littérature québécoise[364],[365]. Alors présenté en saison estivale, il offre divers amusements, souvent des comédies musicales ou des drames humoristiques, parfois en plein-air, dans les régions rurales et semi-rurales du Québec, tel qu'au théâtre de la Dame de Cœur àUpton, Montérégie, au théâtre des Grands Chênes àKingsey Falls, Centre-du-Québec, au théâtre de la Marjolaine àEastman, Estrie, etc.
D’abord influencé, depuis l’époque de la Nouvelle-France, par le culte religieux du catholicisme, avec des œuvres notamment dufrère Luc et plus récemment d’Ozias Leduc et deGuido Nincheri, l’art du Québec s'est développé autour des caractéristiques propres à ses paysages et représentations culturelles, historiques, sociales et politiques[366].
Divers édifices témoignent du patrimoine architectural qui caractérise le Québec, tels les édifices à vocation religieuse, les hôtels de ville, les maisons de seigneuries, etc.
Quand les colons français arrivent enNouvelle-France, ils construisent les maisons de la même manière qu’enFrance, mais ils adaptent l'architecture pour se protéger du froid, du gel et du vent[367]. Les maisons de bois, plus pauvres, sont construites avec des fondations, les fentes sont bouchées avec de l’argile et les murs extérieurs sont recouverts de chaux. Les maisons de pierre, plus riches, ont des murs recouverts dechaux blanche pour prévenir l’effritement de la maçonnerie. En général, les ouvertures des maisons sont disposées dans le sens contraire du vent et ont des volets. Les toits plus pointus empêchent la neige de s’accumuler, puis lacorniche allongée abrite unegalerie. On installe de grandes cheminées. Plusieurs se chauffent avec des poêles en fer. La maison montréalaise est courte, massive, profonde, construite de gros cailloux noirs noyés dans un épais mortier blanc. Ce style de maison vient directement de laBretagne.
LaCinémathèque québécoise a pour mandat la promotion du patrimoine cinématographique et télévisuel du Québec. De même, l'Office national du film du Canada (ONF), société d'État fédérale, pourvoit à cette même mission au Québec.
De la même manière, l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ) promeut« la production indépendante en cinéma et télévision »[368]. Alors que l'Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ) représente les professionnels de la réalisation cinématographique et télévisuelle, l'Association des radiodiffuseurs communautaires du Québec (ARCQ) représente les radios indépendantes.
Plusieurs salles de cinémas à travers le Québec veillent à la diffusion du cinéma québécois.
Avec ses installations cinématographiques, telles la Cité du cinéma et les studios Mel's, la ville de Montréal accueille les tournages de diverses productions[369].
La société d'ÉtatTélé-Québec, la société d'État fédéraleRadio-Canada, les chaînes privées, généralistes et spécialisées, les réseaux radiophoniques ainsi que les stations indépendantes et communautaires diffusent les diverstéléromans québécois, émissions d'informations nationales et régionales, programmations interactives et parlées, etc.[372],[373].
LeGala Artis et le gala desprix Gémeaux récompensent les personnalités de l'industrie télévisuelle et radiophonique du Québec et de la francophonie canadienne.
Louis-José Houde est un humoriste, animateur et acteur québécois.
Plusieurs festivals d'humour furent créés au Québec, dont le festivalJuste pour rire deMontréal, qui jouit d'une réputation internationale en marge du scandale relatif à des comportements sexuels inappropriés de son fondateurGilbert Rozon[374], ainsi que les festivals Grand Rire deQuébec,Gatineau etSherbrooke.
L'Association des professionnels de l'industrie de l'humour (APIH) est le principal organisme de promotion et de développement du secteur culturel de l'humour au Québec.
Plusieurs troupes de cirque furent créés dans les dernières décennies, dont la plus importante : leCirque du Soleil. Parmi ces troupes se trouvent des cirques contemporains, ambulants et à cheval, tels leCirque Éloize,Cavalia,Kosmogonia, Saka, Cirque Akya, etc.
Présenté en plein-air, sous un chapiteau ou dans des salles de spectacles semblables à celles duCasino de Montréal, elles attirent de nombreuses foules autant au Québec qu'à l'étranger.
L'École nationale de cirque et l'École de cirque de Québec furent créées afin de former les futurs artistes ducirque contemporain. De son côté,TOHU fut fondé en 2004 afin de diffuser les arts du cirque.
Des vêtements traditionnels à la haute couture, la mode québécoise s'est d'abord développée autour des conditions de vie et du climat québécois. Ainsi, enNouvelle-France, lesnobles et lesbourgeois suivaient la mode vestimentaire de laFrance. Ils étaient en retard sur la mode deParis de seulement une année, le temps qu’arrive le vaisseau du roi[376]. Les habitants (seigneurs etcensitaires) avaient une mode vestimentaire différente. Ils adaptaient leurs vêtements aux coutumes desAutochtones : les femmes portaient des jupes plus courtes et se couvraient les épaules d’unchâle; les hommes portaient des mitasses, des mocassins et destuques de laine. Les Canadiens avaient une grande liberté vestimentaire. Plusieurs femmes plus pauvres se peignaient les cheveux le dimanche de manière sophistiquée. Les administrateurs de la colonie n’étaient pas d’accord, car ils disaient que cette façon de se peigner les cheveux était réservée aux bourgeois et aux nobles. Aussi, certaines femmes portaient des vêtements jugés indécents. C'est ainsi qu'à la fin duXVIIe siècle, la mode veut que les femmes aient les seins à peu près découverts. C’est une mode queJean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier va dénoncer dans son rituel. Il va même ordonner aux curés de : « refuser les sacrements, surtout celui du mariage, aux personnes du sexe qui seront immodestement habillées, qui n’auront pas la tête voilée, qui auront le sein découvert ou seulement couvert d’une toile transparente[377] ».
La mode québécoise se fait aujourd'hui valoir grâce à des stylistes, tels Marie Saint-Pierre, Marie-Claude Guay, Philippe Dubuc, Léo Chevalier et John Warden, ainsi qu'à des boutiques et magasins, telsLa Maison Simons,Ogilvy's,Holt Renfrew,Les Ailes de la Mode,le Château, etc. Les grands couturiers de renom international qui font affaire au Québec sont, par ailleurs, principalement concentrés auxCours Mont-Royal.
Alors que La Grande Braderie expose les principales œuvres de la mode québécoise, le gala de la Griffe d'or en récompense les créateurs.
De son côté, la décoration intérieure est assurée par des créateurs de renom québécois, tels Signature Maurice Tanguay, Germain Larivière, De Lacroix Design, etc. Alors que d'autres créateurs se spécialisent dans le prêt-à-monter, tels les Industries Dorel, Mobilier Déco Design, etc.
Le Fonds du patrimoine culturel québécois est un programme du gouvernement du Québec visant la conservation et la mise en valeur du patrimoine québécois, conjointement avec diverses lois[378]. Plusieurs organismes veillent à cette même mission, autant dans les traditions culturelles que dans les paysages et édifices patrimoniaux, dont le Conseil du patrimoine culturel du Québec, le Centre de conservation du Québec, leConseil québécois du patrimoine vivant,Action patrimoine (la Fondation québécoise du patrimoine),Archéo-Québec, leCentre de valorisation du patrimoine vivant,EspaceTrad, l'Association québécoise d'interprétation du patrimoine, etc.
Fortement marquée par la présence de l'Église catholique, la mise en valeur de l'histoire religieuse du Québec est assurée par des organismes tels le Conseil du patrimoine religieux du Québec. Depuis 2007, le gouvernement favorise, avec les divers acteurs du milieu, la conclusion d'ententes sur l'utilisation des biens appartenant aux fabriques et corporations épiscopales afin d'établir des« partenariats dans le financement de la restauration et de la rénovation du bâti religieux »[379].
LeRépertoire du patrimoine culturel du Québec permet d'avoir accès à des renseignements détaillés sur les éléments qui composent le patrimoine du Québec, dans tous les types de patrimoine reconnus par laLoi sur la conservation du patrimoine du Québec (immobilier, immatériel, mobilier, événement, personnages historiques, etc.).
Lehockey sur glace occupe une place privilégiée dans la vie de nombreux Québécois, en tant que sport national du Canada.
L'arénaQuébec Skating Rink (1892-1918)
Une des premières équipes de l'histoire du hockey a exister est celle desBulldogs de Québec, évoluant entre 1890 et 1920[381]. Le début du siècle voit la création de plusieurs équipes de hockey de haut niveau qui existent quelques années avant de disparaître comme leNational de Montréal (1903-1910) ou lesWanderers de Montréal (1903-1918). Parmi ces clubs, le « Club Athlétique Canadien » est créé le, club qui devient par la suite lesCanadiens de Montréal[382]. Un règlement de décembre 1911 stipule que le Canadien ne peut « employer que des joueurs francophones » alors que les Wanderers ont pour vocation de représenter les anglophones de Montréal[383]. Ce règlement mène le Canadien à obtenir, le, « le premier droit sur tout joueur canadien-français se trouvant dans le territoire de la ligue »[384].
Entre-temps, en 1917, les équipes des Canadiens et Wanderers aident à créer laLigue nationale de hockey avec son trophée iconique dans le monde du hockey : laCoupe Stanley[385]. En, les Wanderers sont forcés à arrêter de jouer à la suite de l'incendie de leur patinoire, l'Aréna de Westmount[386]. LesMaroons de Montréal viennent combler le manque d'équipe anglophone de haut niveau à Montréal et existent entre 1924 et 1938. Une rivalité avec les Canadiens est donc créé volontairement à Montréal, les deux clubs se mettent d'accord en 1927 pour pimenter un peu les confrontations en remettant un trophée à l'équipe remportant le plus de matchs de la saison régulière. Le trophée porte alors le nom anglais « George Kennedy Memorial Cup », la Coupe à la mémoire deGeorge Kennedy, propriétaire des Canadiens entre 1910 et 1921[387]. Alors qu'au cours de leur existence, les Maroons remportent deux fois la Coupe Stanley (1926 et 1935), les Canadiens l'emportent 24 fois (1916, 1924, 1930, 1931, 1944, 1946, 1953, 1956, 1957, 1958, 1959, 1960, 1965, 1966, 1968, 1969, 1971, 1973, 1976, 1977, 1978, 1979, 1986 et 1993)[388], un record de la ligue[389].
Du côté de Québec, les finances ne suivent pas et la franchise des Bulldogs est relocalisée enOntario par la LNH en novembre 1920, où ils deviennent lesTigers de Hamilton[390]. Entre 1942 et 1967, la LNH ne compte que six équipes, le Québec étant représenté au haut niveau uniquement par les Canadiens de Montréal[391]. Une expansion en 1967 double le nombre d'équipe mais aucun club de la province n'est ajouté[392].
Période d'échauffement avant un match au Colisée de Québec desNordiques de Québec en 1986
A contrario, des ligues juniors de différents niveaux existent sur la province depuis plusieurs années mais en 1969, il est décidé au Québec de créer une ligue de haut niveau unique afin de pouvoir être un sérieux prétendant à laCoupe Memorial, trophée ultime junior du Canada. Ainsi, la Ligue de hockey junior « A » du Québec voit le jour avec des équipes dans plusieurs villes du Québec :Drummondville,Québec,Shawinigan,Sherbrooke,Sorel-Tracy,Trois-Rivières,Laval,Rosemont,Saint-Jérôme etVerdun. Deux ans plus tard, la ligue devient la Ligue de hockey junior majeur du Québec avant de prendre le nom deLigue de hockey junior Maritimes Québec en 2024[393].
La ville de Québec ne voit le retour d'une équipe de ligue majeure qu'en 1972 avec la création desNordiques de Québec pour jouer dans l'Association mondiale de hockey[394] avant de rejoindre la LNH en 1979. Cette équipe marque l’histoire et la culture sportive du Québec, et contribué à la rivalité naturelle Québec-Montréal, avant de déménager en 1995 auColorado (États-Unis)[395],[396]. Depuis, l'espoir de retrouver une équipe en LNH est toujours présent[396],[397], la ville ayant même construit une toute nouvelle aréna de 18 259 places, leCentre Vidéotron[398].
En 1998, uneLigue nationale de hockey féminin est créée et compte quatre équipes de la région de Montréal parmi les 10 équipes du circuit : l'Avalanche du Québec, le Mistral de Laval, le Jofa-Titan de Montréal et enfin l'Axion de Montréal, championnes du circuit en 2005-2006[399]. La ligue existera jusqu'en 2007 avant d'être remplacée par laLigue canadienne de hockey féminin ; cette dernière comprend alors deux équipes féminines du Québec, toutes deux situées à Montréal : lePhénix du Québec et les Stars de Montréal (qui deviennentCanadiennes de Montréal par la suite)[400]. Les Stars de Montréal remportent laCoupe Clarkson de la meilleure équipe du circuit à quatre reprises (2009, 2011, 2012 et 2017). En 2019, la Ligue canadienne annonce qu'elle cesse ses activités en raison de difficultés financières[401]. En 2023, la nouvelleLigue professionnelle de hockey féminin est créée et elle compte dans ses rangs un club à Montréal, renomméVictoire de Montréal pour sa deuxième saison[402].
Les équipes professionnelles de baseball au Québec sont maintenant lesCapitales de Québec depuis 1999. Maintenant dans laLigue Frontière, elle a remporté 11 championnats dans son histoire parmi les liguesLigue Can-Am et Frontière.
Depuis 2013, lesAigles de Trois-Rivières existent et font aussi partie de la Ligue Frontière. En 2015, ils ont remporté le championnat de la Ligue Cam-Am.
La saison hivernale au Québec s’étend sur près de la moitié de l’année, de novembre à avril, avec des conditions de neige exceptionnelles (de 3 à 15 mètres de neige par hiver selon les régions). Les principaux centres de ski alpin du Québec sont situés enEstrie, dans lesLaurentides, dans laCapitale-Nationale et enGaspésie.
Lors desJeux olympiques d'hiver de PyeongChang 2018, les athlètes du Québec ont enregistré une performance exceptionnelle, remportant à eux seuls presque la moitié[411] de toutes les médailles du Canada (un record de 12 sur 29); le Québec étant l'un des états de la fédération canadienne. Aux Jeux d'hiver 2010 de Vancouver, les athlètes québécois avaient remporté 9 des 26 médailles canadiennes. Aux Jeux de Sotchi en 2014 ils en avaient remporté 10 sur 25.
Les premiers colons enNouvelle-France préparaient des repas consistants pour mieux affronter les rigueurs du climat et du labeur quotidien. Selon les témoignages des voyageurs qui ont visité la Nouvelle-France, la condition physique du Canadien semble meilleure que celle du paysan deFrance de l’époque[412]. C'est ainsi qu'on mangeait de latourtière, des œufs, du poisson, de la viande d’élevage ou de chasse, des framboises, des bleuets, de la citrouille, des baies sauvages, des fraises. Alors qu'en France leblé d'Inde était inconnu, on en consommait beaucoup en Nouvelle-France; on consommait également plus de viande mais moins de pain[413].
Une cuisine familiale, basée sur la tradition française[414], s’est développée au fil des siècles, intégrant poisson, gibier, légumes etfruits frais. La tourtière, lecipaille, lesfèves au lard, la soupe aux pois, lerôti de porc, lescretons, latarte au sucre et les galettes de sarrasin sont quelques exemples de ces mets traditionnels. Certains demeurent au menu de restaurants alors que d’autres sont servis en de grandes occasions, comme les repas traditionnels de la période des Fêtes. Au printemps, ces plats peuvent être servis dans lescabanes à sucre. Les recettes traditionnelles sont également réinterprétées au goût du jour par les chefs des grands restaurants québécois, qui proposent également une foule de produits fins du Québec, comme lefoie gras, lemagret decanard, le caviar de corégone (un poisson des eaux de l’Abitibi), lecidre de glace et levin de glace.
En matière derestauration rapide, laguédille et lapoutine sont des mets typiquement québécois, généralement servis dans lescantines du coin. La poutine est unmets constitué de frites et de fromage en grains (cheddar frais) que l’on recouvre généralement d'une sauce brune. Son origine n'est pas connue précisément et il en existe de nombreuses variantes : différentes sauces, fromages, ajout d'autres ingrédients, etc. (ou,stands à patates frites).[réf. souhaitée]
Le Québec compte également pour 80 % de la production mondiale desirop d’érable[415],[416]. Issue de traditions autochtone adaptées et modifiées par les colons de la Nouvelle-France, l’acériculture consiste en un premier temps à entailler lesérables à sucre au moment du dégel printanier. La sève recueillie est ensuite réduite par évaporation jusqu’à l’obtention d’un délicieux sirop sucré[417], idéal pour accompagner crêpes, gaufres, pain perdu (dit pain doré), ainsi qu’une multitude de plats.
En 2007,le Devoir identifiait lepâté chinois, un mets typique du Québec, comme« plat national des québécois »[418]. Un panel de personnalités interrogées à ce sujet mentionnant que ce plat possède plusieurs atouts tel que son côté familial et réconfortant, son faible coût et ses racines historiques liés aux crises économiques. À l'origine c'était un plat simple préparé à partir de« restes de viande et de légumes bon marché », qui est de plus en plus l'objet de« remodelage et entre dans le monde de la gastronomie »[418]. Il faut tout de même mentionner que l'on partage cet aspect avec le Canada où au moment de la construction du chemin de fer est - ouest au pays , l'on servait dans tout le Canada ce plat aux ouvriers qui se composaient aussi d'une main-d'œuvre immigrante chinoise nombreuse d'où l'appellation de pâté chinois[419].
Lepâté chinois fait partie de la gastronomie du Québec.
Lesfèves au lard, également appelées bines, sont typiques du Québec.
Lescretons intègrent aussi les habitudes alimentaires des québécois.
Cette facette de la culture québécoise se compose de nombreux éléments. On peut en noter certains tels : l'identification culturelle à la Métropole française remarquable à de nombreuses réalités telles l'Association Québec-France ou France -Québec qui dynamisent les échanges culturels entre les deux entités[420],[421], la présence du Centre de la Francophonie des Amériques au Québec qui a été commandité par la France[422] ou encore l'implication de TV5 monde dans des activités culturelles québécoises comme la Saint-Jean-Baptiste par exemple[423]. De plus Haïti en tant que bassin américain francophone est aussi un volet de l'identité québécoise qui se remarque à la présence d'une communauté haïtienne significative à Montréal[424]. Enfin de façon plus générale on peut énoncer que toute l'Amérique française façonne l'identité nationale au Québec[425].
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La participation du Québec à la création du Canada fut un élément majeur pour la nation canadienne[426]. Qui plus est, on note le lien qui unit le Québec avec la couronne britannique. Effectivement, le lieutenant-gouverneur du Québec est le représentant deCharles III au Québec (le souverain du Royaume-Uni et du Canada)[427]. La présence d'une citadelle anglaise dans la capitale nationale de la province de Québec est un exemple de l'influence britannique sur le territoire québécois, influence qui participe, comme celle française, de l’identité canadienne au Québec[428].Ainsi, le Québec allieculture française majoritaire etculture britannique, ce qui contribue à sa singularité au sein de la fédération canadienne et participe à son intérêt historique et touristique.[réf. nécessaire]
Avec un taux d'adhésion de 75 % de la population québécoise, lecatholicisme est la principale religion au Québec[429], mais la pratique traditionnelle n'y est suivie que par 10 % des croyants[430]. Dès le début de la colonie, puis au cours de l'histoirecanadienne-française, l’Église catholique a joué un rôle prépondérant dans le développement social et politique du Québec.
La première messe fut célébrée par le prêtre accompagnantJacques Cartier lors de son voyage en 1535. Mais, l’évangélisation des Autochtones par les missionnaires catholiques précéda la fondation des paroisses. Puis, en 1627, lecardinal de Richelieu décréta une proclamation royale, suivant laquelleLouis XIII bannissait tous les non-catholiques, y compris leshuguenots, de la Nouvelle-France. Levicariat apostolique fut fondé en 1658, suivi dudiocèse de Québec en 1674[431]. D'ailleurs, l'évêque de Québec qui, aujourd'hui, est d'office leprimat de l'Église catholique du Canada, était membre duConseil souverain pour le gouvernement de la Nouvelle-France.
En 1872 est créé sur lefleuve Saint-Laurent lediocèse d'Ogdensburg, eu égard au nombre croissant d'immigrants catholiques à New York et à la forte présence catholique au Québec voisin. Le premier évêque Edgar Wadhams recrute des prêtres au Québec. Le deuxième évêque Henry Gabriëls, d'originebelge, parle français et anglais, et entretient les relations avec leCanada et le Québec. Le troisième évêque Joseph Henry Conroy a fait ses études àMontréal, Québec, et àToronto, Ontario[432].
Cette pratique du catholicisme réformé était présente dès les débuts de l'histoire du Québec à l'époque de la Nouvelle-France.
En effet, dès le tout début du Canada, plusieurshuguenots de religioncalviniste seront présents sur le territoire. La pratique duprotestantisme sera tolérée enNouvelle-France jusqu'en1627[433]. On a recensé des huguenots dans à peu près toutes les classes de la société, tant colons, pêcheurs que filles du roy et on peut même compter parmi eux quelques personnages marquants de l'histoire de la colonie, nommés plus haut. Par contre, la très grande majorité ont été forcés de cacher leur foi et de vivre en tant quecatholiques. Finalement, durant le Régime français, on estima le nombre d'immigrants de religion protestante dans la colonie à hauteur de 1 450 personnes.
Depuis le régime britannique, la religion protestante et plus particulièrement la confession anglicane qui en est la branche royaliste, est devenue une religion tolérée sur le territoire québécois, encouragée entre autres par des anglophonesprotestants qui viennent s’établir dans certaines régions du Québec.[réf. souhaitée]
En 1664, labasilique-cathédrale Notre-Dame de Québec devint la première église paroissiale en Amérique du Nord[436]. Sa construction remonte à 1647 et, fut alors nommée sous le vocable Notre-Dame-de-la-Paix. Sa première messe y fut célébrée par le père Vimont le 24 décembre 1650. Elle obtint le statut de cathédrale en 1674, lorsqueFrançois de Laval devintévêque de Québec, et son statut de basilique mineure en 1874. Cette cathédrale est le siège du primat catholique du Canada. Elle a été reconstruite à deux reprises après lesiège de Québec de 1759 et l’incendie de 1922[437].
Le lieu de culte le plus fréquenté du Québec est labasilique Sainte-Anne-de-Beaupré[réf. nécessaire], dans la municipalité du même nom, près deQuébec. Cette basilique catholique accueille des millions de visiteurs chaque année, et surtout pendant la neuvaine de Sainte-Anne, qui culmine le26 juillet. Elle est reconnue pour ses miracles (les milliers de béquilles à l’entrée en faisant foi) et par le fait que la statue de Sainte-Anne a survécu à deux incendies majeurs[438],[439].
L’oratoire Saint-Joseph, àMontréal, est le plus grand lieu de culte au monde dédié àsaint Joseph. Situé sur le flanc duMont Royal, on le connaît pour ses 283 marches, que les pèlerins viennent chaque année monter à genoux[440], récitant une prière sur chacune des marches.
Un autre lieu de culte important au Québec est la cathédrale anglicane Holy Trinity dans la ville de Québec qui fut érigée entre 1800 et 1804 . Il s’agit de la première Cathédrale anglicane en dehors des îles britanniques[441].
En août 2019, la ministre de la CultureNathalie Roy annonce l'allocation de 15 millions de dollars pour préserver le patrimoine culturel à caractère religieux et de 5 millions de dollars pour la requalification des lieux de culte[442].
En termes vexillographiques, le drapeau du Québec est « d’azur à la croix d’argent cantonnée de quatrefleurs de lys du même »[loi 50] et désigné sous le nom de « Fleurdelisé ». LeJour du drapeau est le 21 janvier, date à laquelle en 1948 lui fut accordé le statut de « drapeau officiel du Québec » par legouvernement[447]. Remarque : le drapeau français auXVIIIe siècle arborait la fleur de lys avant d'être modifié
« Tiercé en fasce; d'azur, à trois fleurs-de-lis d'or; de gueules, à un léopard d'or, armé et lampassé d'azur; d'or, à une branche d'érable à sucre à triple feuille de sinople, aux nervures du champ. Timbré de la couronne royale. Sous l'écu, un listel d'argent bordé d'azur portant la devise JE ME SOUVIENS du même[loi 51]. »
Ladevise nationale du Québec est le résultat de l’initiative d'Eugène-Étienne Taché – architecte de l’hôtel du Parlement. En 1883, ce dernier conçut l'épigraphe JE ME SOUVIENS qui surmonte depuis lors la porte principale de l'édifice.
En 1987, leharfang des neiges – rappelant la blancheur deshivers québécois, l’enracinement dans un climat semi-nordique et l’extension sur un vaste territoire – devint l’emblème aviaire du Québec[loi 50],[448].
Différentstartans sont attribués auCanada selon lesprovinces et territoires. Ces tissus, liés auRoyaume-Uni, sont normalement adoptés officiellement pour toutes les provinces canadiennes. Au Québec, le tartan a été dessiné en 1965 par la même personne qui fit celui de l'Ontario, mais le tartan du Québec, encore en vigueur aujourd'hui, n'a jamais été adopté officiellement.
Le24 juin est date officielle de la Fête nationale du Québec – jour férié et chômé[loi 52], marqué de diverses manifestations publiques et populaires (défilés, concerts, etc.).
Depuis 2003, larébellion des Patriotes du Bas-Canada est commémorée à la Journée nationale des patriotes – le lundi précédant le 25 mai de chaque année[loi 53].
Avant 2003, ce jour était officiellement désigné sous le nom de « Fête de Dollard » afin de souligner les exploits d'Adam Dollard des Ormeaux – héros de la Nouvelle-France à labataille de Long Sault. Néanmoins, il coïncide dans les deux cas avec laFête de la Reine depuis 1910.
Depuis 1971, les vacances de la construction sont un congé estival pour la quasi-totalité des travailleurs de la construction, qui s'étend sur les deux dernières semaines civiles complètes de juillet[loi 54]. D'autres secteurs d'activité ont adopté cette mesure. Ainsi, environ le quart de la main-d'œuvre active québécoise est en vacances pendant cette période[451].
Pour commencer, on retrouve une association du Québec en Allemagne[454]. Une autre association la rejoint sur cette plateforme, laFédération France-Québec / francophonie qui veille à entretenir et enrichir des relations entre le Québec et la France[455]. De plus, à Paris, une place du Québec a été inaugurée en 1980 et rénovée en 2011[456].
LaBanque de Montréal possède pour sa part un réseau mondial auxÉtats-Unis et dans les autres provinces canadiennes par exemple[457].Hydro-Québec de son côté est une entreprise qui échange beaucoup avec le nord-est du continent. La valeur de ses exportations atteint actuellement environ 1 milliard de dollars par année[458].Bombardier, entreprise québécoise, est aussi présente dans de nombreux pays[459]. À cela il faut ajouter le réseau mondial des entreprisesCouche-Tard[460] qui compte plus de 6 000 succursales sur la planète[461]. De plus, dans l'État de laFloride aux États-Unis, de nombreux Québécois sont présents ou à l'année ou encore selon différentes périodes de l'année ; à titre d'infrastructures sur ce territoire, la communauté québécoise possède 3 succursales de laCaisse populaire Desjardins ce qui permet de répondre aux besoins de la communauté dans cette région[462]. À ce sujet, Desjardins représentent un groupe mondial répandu un peu partout dans le monde[463].
Du point de vue de l'édition internationale, le groupe Québec Édition est un comité issu de l'Association nationale des éditeurs de livres qui se consacre au rayonnement international de l'édition francophone du Québec et du Canada[464].
Le monde de lachanson du Québec a une taille modeste sur la scène internationale et ce historiquement parlant. Par contre, le Québec est tout de même présent avec des vedettes internationales tellesAlys Robi (1923 - 2011) ouCéline Dion (1968 -). En marge de cette question, l'émission de télévisionStar Académie[465] vient ouvrir le Québec à laFrancophonie canadienne en mettant en lumière des participants francophonesacadiens ou autres tels Jean-Marc Couture[466] ouWilfred LeBouthillier[467]. Enfin, la ville deQuébec est jumulée à la ville deBordeaux en France ce qui stimule les échanges entre les deux villes[468].
Le Québec entretient des relations avec lafrancophoniecanadienne et internationale[469],[470]. Par exemple ces relations auront amené en 1987 et en 2008 desSommets de la francophonie au Québec. Le Centre de la francophonie des Amérique veut pour sa part faire la promotion et le lien des différents aspects de la langue française en Amérique[422]. De plus, lesJeux de la francophonie canadienne, trisannuels, se sont tenus au Québec en 2014[471].
Finalement, le Québec compte desreprésentations diplomatiques à l'étranger. Le Québec possède 7 délégations générales :Bruxelles,Londres,Mexico,Munich,New York,Paris,Tokyo. Il possède aussi 5 délégations : Atlanta, Boston, Chicago, Los Angeles et Rome. Le Québec jouit aussi de 10 bureaux répartis un peu partout sur la planète : Barcelone, Pékin, Berlin, Hong Kong, Moscou, Mumbai, São Paulo, Shanghai, Stockholm et Washington. Il dispose aussi de 4 antennes : Milan, Santiago, Séoul et Taipei.
Enfin le Québec participe aussi à d'autres activités internationales grâce à ses 3 représentations en affaires multilatérales : une délégation aux affaires francophones et multilatérales, une représentation au sein de la délégation permanente du Canada à l'Unesco et pour conclure une participation particulière à l'Organisation des États américains[472].
Historiquement le Québec est le plus grand foyer de diffusion de la culture française en Amérique[474] en marge des autres communautés duCanada qui s'intègrent aussi à l'Amérique française[475],[476].
Ainsi, tous les peuplements francophones extérieurs au Québec (Vermont, New Hampshire, Maine, Louisiane, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse…) sont liés, en théorie, à l'histoire de l'expansion du territoire de laprovince de Québec[477],[478].
Que ce soit pour du magasinage ou, encore, pour prendre l'avion àPlattsburgh dans l'État de New York, d'aucunes municipalités, telles queBurlington dans leVermont[479], adoptent des résolutions afin d'accroître la présence du français dans leur ville.
↑Selon une estimation deStatistique Canada basée sur une collection de données en temps réel, la population du Québec a dépassé les neuf millions en[1]
↑(en)Cour suprême du Canada,Attorney General of Nova Scotia v. Attorney General of Canada,(lire en ligne), [1951] S.C.R. 31,p. 58« While the two former sections provide for a distribution of legislative powers between Parliament and the Legislatures of the provinces, they go further and bar one from entering the legislative field assigned to the other. This distribution, and the prohibition which is a necessary corollary of it, constitute a peculiar feature of the Act with respect to the right of delegation and calls for different considerations in applying it. Each of these legislative bodies, equally sovereign within its own field … ».
↑Il existe toutefois quelques tribunaux spécialisés en droit fédéral : laCour fédérale et laCour canadienne de l'impôt. De plus, il ne faut pas oublier que les tribunaux administratifs sont limités par le mandat qui leur a été confié dans leur loi constitutive.
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La version du 6 septembre 2005 de cet article a été reconnue comme « article de qualité », c'est-à-dire qu'elle répond à des critères de qualité concernant le style, la clarté, la pertinence, la citation des sources et l'illustration.