Les dates précises de la naissance et de la mort de Protagoras sont incertaines[21]. Après avoir un temps proposé 485[22], les recherches contemporaines font désormais naître Protagoras vers 490[23]. Elles suivent ainsi lachronologie d'Apollodore, et la date plus précise de 492 est parfois avancée[24]. Platon affirme quele sophiste serait mort à 70 ans[18], ce qui situerait sa mort vers 420. Bien que d'autres sources parlent d'un décès vers 90 ans[25], c'est la date de 420 qui est retenue.
Concernant sa jeunesse et sesorigines sociales, deux versions existent. SelonPhilostrate[26], le père de Protagoras aurait été l'un des plus richesThraces, et aurait même hébergé le roiperseXerxèsIer lors de laseconde guerre médique. À cette occasion, Protagoras aurait pu fréquenter et être éduqué par desmages perses, à l'instar deDémocrite. Leshistoriens de la philosophie considèrent toutefois cette anecdote comme unelégende, peut-être fabriquée pour expliquer l'agnosticisme de Protagoras par des influences étrangères[27]. L'hypothèse d'un Protagoras riche mais sans lien avec les Perses n'est toutefois pas exclue[28].
À l'opposé,Diogène Laërce[29] rapporte qu'il était d'origine humble, exerçant au départ un travail manuel. Protagoras aurait étéportefaix[30], et aurait inventé latulè, élément qui sert à porter desfardeaux[31]. Son ingéniosité l'aurait fait remarquer parDémocrite, qui l'aurait pris pour disciple[32]. Cette version s'accorde toutefois mal avec les dates actuellement retenues pourDémocrite (naissance vers-460, soit de 30 ans plus jeune que Protagoras). L'hypothèse d'un lien personnel entre Démocrite et Protagoras pourrait être elle-même une invention tardive[33].
Devenu sophiste, Protagoras séjourna plusieurs fois àAthènes. Sa première visite pourrait dater de 460[34]. Il semble avoir été présent en 444, période à laquellePériclès lui aurait confié la rédaction de la constitution d'une nouvellecolonie[35]. D'autres visites en 432 et vers 420 sont susceptibles d'avoir eu lieu, soit respectivement avant laguerre du Péloponnèse et après la mort de Périclès[36]. Au-delà d'Athènes, Platon attribue à Protagoras une visite enSicile[37].
Plusieurs témoignages suggèrent un lien entre Périclès et Protagoras. Ce dernier aurait été suffisamment proche de Périclès pour s'entretenir une journée entière avec lui sur une question deresponsabilité juridique[38], et ses vuespolitiques auraient été assez favorables à ladémocratie pour que Périclès lui confie l'établissement d'une constitution[39].Diogène[40] rapporte en effet que Protagoras a été choisi pour donner des lois aux habitants deThourioï, colonie fondée pour remplacerSybaris après sa destruction. Si la constitution finale n'a pas été d'esprit spécifiquement démocratique, le mandat donné à Protagoras indiquerait une proximité minimale entre le sophiste et le pouvoir athénien.
Localisation de Thourioï, indiquée "Thurii" sur la carte.
Apulée[41] etDiogène[42] rapportent unprocès entre Protagoras et son disciple Évathlos : Évathlos refusait de payer son maître parce qu’il n'avait pas encore gagné de procès. Protagoras le cita en justice : si le disciple perdait, il devrait payer son maître ; mais s'il gagnait, il devrait aussi payer son maître, puisque la valeur de l’enseignement reçu aurait été ainsi démontrée.Apulée développe l'anecdote en mentionnant une réponse du disciple : s'il perd, il ne devra rien, puisque les leçons de Protagoras auront été inefficaces ; et s'il gagne, il ne devra rien, puisqu'il aura été absous. L'authenticité d'une telle histoire paraît douteuse, tant elle s'apparente à un scénariocomique[43]. Cela n'interdit pas qu'elle ait un fondement : selonDiogène,Aristote fait mention d'un procès contre Évathlos, quoique dans un contexte différent[N 3].
Les dernières années de Protagoras semblent marquées par des événements tumultueux. Certaines sources indiquent une condamnation du sophiste pourimpiété[44], sonexpulsion d'Athènes[44], et le fait qu'on abrûlé ses livres en public[45]. Ces informations sont toutefois loin d'être avérées[46].
Protagoras aurait été condamné pour avoir écrit qu'il ignorait si lesdieux existaient ou non[47]. À la suite d'unelecture publique de son écritSur les dieux, Protagoras aurait été accusé, peut être par un dénommé Pythodore, partisan de l'oligarchie et membre desQuatre-Cents[48]. L'accusation se serait appuyée sur le décret de Diopite, qui visait à frapper lesintellectuels partisans de Périclès[49]. L'impiété serait alors un prétexte, le motif réel du procès étantpolitique. Cette version desévénements est cependant contestée. L'existence d'un teldécret[49], la tenue d'unprocès[50], ou encore le fait qu'on a brûlé les œuvres du sophiste[11] ont été mis en doute.
Un des motifs pour rejeter ceshypothèses est l'autorité dePlaton[51]. Bien que Protagoras soitcité,mis en scène, etdiscuté dans plusieursdialogues platoniciens[N 4], jamais le philosophe ne mentionne de condamnation ou de fuite du sophiste. Au contraire, il écrit dans leMénon que Protagoras serait mort estimé de tous, sans que jamais saréputation ne s'estompe[18]. Ce passage duMénon présente toutefois des ambiguïtés qui rendent sa fiabilité incertaine[N 5], et les textes platoniciens sont souventironiques ou peu soucieux devérité historique.
La mort de Protagoras pourrait être due à unnaufrage.Philostrate[52] rapporte que le sophiste serait mort pendant sa fuite d'Athènes. Son décès serait ainsi rattaché à son expulsion, et correspondrait à une période de réactionanti-péricléenne. D'autres sources[53] signalent un naufrage pendant un voyage vers laSicile. Là encore, nos informations sont faibles et peu assurées.
Lacarrière de Protagoras n'est pas connue avec précision[54]. On lui attribue un parcours desophiste typique, bien que certains éléments distinguent Protagoras. Comme ses semblables, l'Abdéritain mène une carrière d'enseignant itinérant, allant decité en cité pour prodiguer ses leçons. C'est un professionnel du savoir. Ses cours sont payants et constituent pour lui une source derevenus et de popularité. On insiste usuellement sur trois éléments :
il est célèbre auprès de ses contemporains[59],[60].
On attribue à Protagoras le fait d'être le premier des sophistes. Il serait le premier à exiger un salaire contre son enseignement. Cette pratique est jusque là inédite en Grèce et enseigner contre salaire devient un trait distinctif des sophistes[61]. SelonPlaton[62], Protagoras serait même un promoteur actif de la profession : il l'assume ouvertement et la défend face aux critiques[63]. Certaines sources[64],[65] font aussi de Protagoras l'inventeur des discourséristiques etrhétoriques. Il deviendrait alors à la fois l'inventeur destechniques rhétoriques et du métier qui les utilise.
Beaucoup de témoignages[66],[67],[68] insistent sur les tarifs et la richesse du sophiste.Diogène[29] affirme qu'il demandait un salaire de 100mines, soit 1000 fois le salaire moyend'un artisan de l'époque[69]. Ce salaire fait de Protagoras l'objet de critiques, mais participe également à sa renommée. Il contribue à forger une image négative des sophistes, perçus comme riches et cupides.
Dernier point, Protagoras est l'un des sophistes les pluscélèbres de son époque. Par ses thèses provocantes, ses tarifs élevés et sa profession controversée, le sophiste d'Abdère a marqué ses contemporains.Eupolis le met en scène dans sesFlatteurs[70], etAristophane semble s'inspirer de lui dans sesNuées[71],[N 6]. Unegénération plus tard, sa présence dans lesdialogues de Platon témoigne d'une réputation encore vive.
En tout, la carrière de Protagoras se serait étalée sur 40 ans[72],[68]. L'Abdéritain aurait enseigné dans plusieurs villes, dontAthènes, et aurait peut-être été jusqu'en Sicile[73],[74].
Protagoras serait, selonPlaton, le premier penseur à s'être revendiqué « sophiste » et à avoir demandé unerétribution financière pour sonenseignement[75]. Il offrait un enseignement qui était plus général que larhétorique enseignée par la plupart des sophistes. Il eut à ce titre, plusieurs élèves :
Selon Pierre Bayle,Socrate, qui opposa son école à celle de Protagoras, comme le montrent les études de la plupart des dialogues dePlaton[78]. Cependant, l'affirmation de Bayle repose sur une déduction et n'avance pas de preuves déterminantes d'un enseignement direct de Protagoras à Socrate. Il s'agit donc probablement d'un enseignement indirect par le contact avec ses doctrines, puisque Protagoras et ses idées étaient déjà largement connues à Athènes à l'époque de Socrate.
Ses idées sur la rhétorique et ledroit ont amené le« système adversaire »[79], ou rhétorique, dans lequel on amène un étudiant à débattre pour les deux parties en guise d'entraînement en droit. Protagoras faisait un usage fréquent desantilogies : il affirmait qu'en cas d'incertitude, deuxthèses s'opposaient nécessairement, et qu'il fallait s'efforcer de défendre et de renforcer la plus faible d'entre elles. Il était aussi intéressé par l'orthopia, l'usage correct des mots, un domaine favori de Prodicos. SelonPlaton[80],Cratyle soutenait, comme Protagoras, qu'il est impossible de tenir un discours faux, car tenir un tel discours c'est dire ce qui n'est pas. Le discours exprime donc toujours, selon lui, l'être ; selon Protagoras, n'importe quel discours peut donner une existence à n'importe quel être[81]. Faire la différence entre la vengeance et la punition,« l'une des plus considérables découvertes conceptuelles jamais faites par l'humanité » selonGregory Vlastos, est un mérite qu'il faut attribuer à Protagoras[N 7]. Malgré cette distinction, Protagoras ne remet toutefois pas en cause le fait que la vengeance soit moralement acceptable[82].
L'œuvre de Protagoras a presque intégralement disparu[83]. Nous ne conservons aujourd'hui ni ouvrage complet du sophiste, ni extrait de longueur conséquente[N 8]. C'est au travers des textes d'autres auteurs anciens, souvent critiques ou partiaux, qu'on connaît aujourd'hui ceux de Protagoras[84].
En tout, notre connaissance de l'Abdéritain s'appuie sur une cinquantaine de fragments et témoignages. Ces sources permettent d'établir une liste des œuvres du sophiste, d'identifier ses ouvrages majeurs, et de reconstituer deux citations pour lesquelles il est célèbre dès l'Antiquité.
Diogène Laërce[85] nous transmet une liste des œuvres de Protagoras composée de douze titres :
Liste des ouvrages de Protagoras
Art éristique
Sur la lutte
Sur les sciences
Sur la constitution politique
Sur l'ambition
Sur les vertus
Sur l'état primitif de l'homme
Sur ce qui se passe chez Adès
Sur les méfaits des hommes
Discours impératif
Action judiciaire à propos de son salaire
Antilogies, livres I et II
Cette liste est cependant lacunaire. Elle ne recense que les textes conservés à l'époque de Diogène (six siècles après Protagoras) et omet des titres importants connus par ailleurs (Sur la Vérité,Sur les dieux etDe l'être)[86]. La liste des œuvres de Protagoras est dès lors sujette à questionnements et interprétations.
L'absence deSur la Vérité et deSur les dieux de la liste a conduit Untersteiner à une hypothèse remarquée concernant la structure desAntilogies. Selon Untersteiner,Sur la vérité etSur les dieux seraient les titres des livres d'un ouvrage général nomméAntilogies[87]. On comprend alors le silence de Diogène, qui mentionnerait lesAntilogies sans préciser le titre de ses livres internes. La structure exacte de l’œuvre de Protagoras est donc incertaine.
Malgré ces incertitudes, on considère que les ouvrages majeurs de Protagoras sont lesAntilogies (livres I et II),Sur la Vérité etSur les dieux[88]. Certains d'entre eux sont mentionnés sous plusieurs titres.Sur la Vérité est ainsi parfois nomméDiscours renversants (Kattabàllontes), ouGrand traité (Mega logos)[89].
De ses nombreuses œuvres (dont unTraité des Dieux, unSur l'Être, unContradictions, un ouvrage deRéfutations, unDe la Vérité), quelques fragments subsistent, et deux sont déterminants dans la définition de sa pensée. Dans le premier, rapporté entre autres par Platon, il affirme :
« L'homme est la mesure de toutes choses : de celles qui sont, du fait qu’elles sont ; de celles qui ne sont pas, du fait qu’elles ne sont pas. »
De nombreuses interprétations ont été données à cet énoncé dans l'histoire de la philosophie. SelonSextus Empiricus,doxographe grec considéré lui-même comme un sceptique, Protagoras affirme que« l'homme est le critère (kriterion) de tous les objets ».« (…) il ne pose pour chacun que les seuls phénomènes et de cette manière, il introduit le relativisme »[90]. Dans leThéétète de Platon, la doctrine de Protagoras est examinée dans la première tentative de définition de la science. Selon sa doctrine, c'est du point de vue de ce que perçoit l'homme que le bien et le mal, le vrai et le faux prendraient leur définition. La vérité, la justice ou la morale seraient alors relatives.
L'énoncé peut aussi signifier que c'est l'homme qui crée les différences en ce qui concerne le langage, le savoir, la sensibilité ou les perceptions. Alors toute affirmation faite par un homme n'aurait de signification absolue que pour cet homme.Par exemple[réf. nécessaire]. Cet énoncé, examiné et réfuté par Socratedans leThéétète[réf. nécessaire], est souvent compris comme une forme derelativisme, ou comme une critique de laconception réaliste de la connaissance.
La présentationplatonicienne en fait une sorte d'individualisme de la connaissance, davantage qu'un relativisme au sens moderne du terme : selon le Protagoras tel que dépeint par Platon, ce qui est senti par « un » homme est vrai, même si d'autres hommes sentent d'autres choses. Platon s'attache à réfuter cette proposition par une série deparadoxes, et par la distinction de certains domaines où celle-ci est valide (ce qui dépend de l'opinion, oudoxa) et d'autres où elle ne peut l'être (ce qui dépend de la connaissance scientifique ou philosophique). Dans l'autre fragment, il nous montre sonscepticisme religieux :
« Pour ce qui est des dieux, je ne peux savoir ni qu’ils sont ni qu’ils ne sont pas, ni quel est leur aspect. Beaucoup de choses empêchent de le savoir : d’abord l’absence d’indications à ce propos, ensuite la brièveté de la vie humaine[91]. »
Selon Protagoras, si l'on accepte de croire en un Dieu sans l'avoir vu, il deviendrait absurde de refuser aux autres dieux leur existence. En ce qui concerne les croyances, le fait que l'opinion change selon les gens et les sociétés justifierait, toujours selon lui, de s'abstenir d'en chercher une qui concorde avec la vérité.
DansProtagoras,Platon lui consacre un dialogue qui décrit une discussion entre lui etSocrate. Ce dernier demande en quoi consiste son enseignement. Protagoras répond que son enseignement« porte sur la manière de bien délibérer dans les affaires privées, savoir comment administrer au mieux sa propre maison, ainsi que, dans les affaires de la cité, savoir comment devenir le plus à même de les traiter, en actes comme en paroles »[92]. Cela ne convainc pas Socrate qui doute que l’art politique puisse s’enseigner et qui regrette que, dans la cité, tout citoyen puisse prendre la parole sans qu’aucun savoir puisse la justifier. En effet, alors que la cité fait appel à des savants pour la construction des navires, elle ne reconnaît aucune prééminence à un savoir spécifique dès lors qu’il s’agit des affaires publiques. Protagoras fait alors appel au mythe de Prométhée, mais offre un dénouement différent. En effet, les humains possédant la technique se révèlent incapables de fonder un ordre politique stable. Zeus offre donc aux hommes la justice et la pudeur, permettant l’art politique, et Protagoras propose que ces qualités aient été distribuées de manière équitable sur l’ensemble des hommes. Le mythe vient donc justifier le régime athénien en ce sens qu’il justifie la séparation entre la technique et le politique, mais également par le fait que les qualités permettant la politique sont distribuées de manière égalitaire justifiant l’isonomie, valeur cardinale du régime. La discussion se poursuit sur le terrain de la vertu. Protagoras explique alors que sa conception de la vertu s’apparente à celle de l’art de la flûte.
« Imagine qu’il ne puisse y avoir de cité à moins que nous ne soyons tous flûtistes, chacun dans la mesure de ses capacités ; qu’en privé comme en public chacun enseigne cet art à chacun, reprenne celui qui joue mal et ne refuse cet enseignement à personne, pas plus que maintenant personne ne refuse à personne l’enseignement de ce qui est juste et conforme aux usages ni n’en fait un mystère, à la différence de ce qui se passe pour les tours de main des autres métiers (car il me semble que nous avons tous avantage à pratiquer entre nous la justice et la vertu et c’est pour cette raison que chacun expose et apprend à chacun ce qui est juste et conforme aux usages) »[92].
Selon Protagoras, l’enseignement de la vertu, au sein de cette cité desaulètes (joueurs de flûte), se fait par échange entre égaux tout au long de l’existence tandis que l’enseignement d’un métier se passe entre un maître qui enseigne à ses disciples. Il distingue l’enseignement vertical de la technique à l’enseignement horizontal de la vertu. Dans sa pensée ce sont les rencontres entre citoyens, et la délibération constante inhérentes à la vie civique qui enseigne la vertu, sans qu’aucun prérequis ne soit nécessaire.
Dans leThéétète, Socrate se livre à une réfutation de la doctrine de Protagoras[93]. Dans saPoétique,Aristote explique que selon Protagoras, dire de faire ou de ne pas faire une chose, c'est donner un ordre[94].
À la suite[95] de Rosa Barbara Forer[96], Protagoras est considéré comme le premier à avoir identifié legenre grammatical comme catégorie, à avoir classé les noms enmasculin,féminin etinanimé selon que leréférent possède ou non un certain sexe[95],[97].
↑DepuisHermann Diels (XIXe) les fragments et témoignages sur Protagoras sont présentés au sein des recueils sur les sophistes. Sur la reconnaissance moderne des sophistes :Pradeau 2009,p. 10-15.
↑Diogène Laërce rapporte que le procès aurait été intenté à la suite de la lecture deSur les dieux, traité dans lequel Protagoras exprime une position agnostique.
↑Dans ce passage duMénon, Protagoras est cité aux côtés de personnages dont l'un des points communs est de tous avoir fait l'objet d'une condamnation. Protagoras serait donc une exception dans cette liste, sauf à admettre qu'il ait été lui aussi condamné. Par ailleurs, dans sonProtagoras Platon fait dire au sophiste qu'il a trouvé un moyen d'exposer ses théories sans aucun risque. Si Protagoras a réellement été condamné, le texte platonicien prend une dimension comique et ironique qui n'est pas inhabituelle chez Platon. VoirBonazzi 2009,p. 448-449 (note 9)
↑Bien que ce soitSocrate qui soit mis en scène dansLes Nuées, Aristophane s'inspire de plusieurs intellectuels célèbres de l'époque. VoirDorion, 2011,p. 27-35.
↑Les fragments et témoignages dont nous disposons ne font souvent que quelques paragraphes. Les témoignages plus importants, comme leProtagoras et leThéétète dePlaton, sont d'une fiabilité problématique pour reconstituer l’œuvre du sophiste. En tout, nous disposons d'une cinquantaine de fragments ou témoignages.
Alain Boyer, « L'oubli de soi, Du mythe de Protagoras au voile d'ignorance », inPhilosophie, 1990 (7),no 28,p. 57-67
LaetitiaMonteils-Laeng,« La figure du sophiste selon Platon. Protagoras ou les ambivalences du savoir public », dans Arnaud Macé (dir.),Le Savoir public : La vocation politique du savoir en Grèce ancienne, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté,(ISBN978-2-84867-456-8,DOI10.4000/books.pufc.23682,lire en ligne),p. 265–282