Laprimatie (dulatinprima sedes episcoporum, « premier siège des évêques ») est la dignité d'un« primat »,évêque qui possède une suprématie, au moins honorifique, sur tous lesévêques etarchevêques d'une région. Le terme désigne aussi l'étendue du ressort de la juridiction ecclésiastique du primat, et le siège de cette juridiction. L'église cathédrale du primat reçoit le titre d'église« primatiale ».
La primatie, généralement due à l'ancienneté du siège épiscopal, s'exerçait le propre diocèse du primat ainsi que sur lesévêchés qui étaient sessuffragants. EnFrance, jusqu'en 1801, certains primats avaient une officialité primatiale qui jugeait lesappels interjetés de l'officialmétropolitain.
La primatie ne comporte plus, habituellement, aucun pouvoir de gouvernement, en dehors de prérogatives honorifiques[1].
Dans lesÉglises d'Orient, le titre de primat est porté par l'évêque (patriarche ou archevêque) qui préside lesynode permanent d'uneÉglise autocéphale ou autonome. Le mot primatie est très rarement utilisé ; on parle plutôt de primauté. Les notions de primat et de primauté n'ont pas de rapport avec celle d'exarchat. Il n'y a pas de primat à titre simplement honorifique comme en Occident.
Le premier primat est celui deCarthage, qui présidait aux Églises du Nord de l'Afrique[G 1]. AvecSaint Cyprien (248-258) l'Église de Carthage acquit un grand rayonnement, notamment par la tenue fréquente deconciles (251, 252, 254, 255, 256)[10]. Une vie conciliaire intense se développa avec la christianisation de l’empire[11], marquée notamment par saintAurèle de Carthage(392-430), continua sous la tyrannievandale (484, 525) et la dominationbyzantine (535, 646). Souvent un nombre important d’évêques répondirent aux convocations des évêques de Carthage : 87 en 256, 67 en 416, 214 en 418. C’est l’évêque de Carthage « qui de droit présidera toujours leconcilium universale d’Afrique »[12]. Le concile de Carthage (397) statua que tous les évêques d’Afrique recevraient de l’Église de Carthage la date pascale (canon 1) et reconnut « comme une coutume établie le privilège de l’évêque de cette ville de nommer des titulaires aux évêchés, de confirmer et sacrer les élus chaque fois que l’église vacante lui en fait la demande » (canon 45)[13]. Cette autorité exceptionnelle fut encore proclamée lors du concile de Carthage (février 525)[14], appuyée par l’épiscopat local auprès du pape[D 1] et confirmée par Grégoire le Grand (591)[15].
Paradoxalement, la primatie des évêques de Carthage, reconnue par tous, ne s'exprima pas d'abord dans les titres de métropolitain, d'archevêque ou de primat. Ce n'est qu'entre 530 et 532 que le papeAgapetIer confirme les privilèges de l'évêque de Carthage en le qualifiant du titre, nouveau pour lui, de « métropolitain »[D 2], et il faut attendreLéon IX qui, rappelant les droits de Carthage dans la consécration des évêques et la présidence du concile provincial (17 décembre 1053)[16], pour voir apparaître les titres de « premier archevêque et […] métropolitain suprême de toute l’Afrique »[17] qui « seul reçoit le pallium de l'Église apostolique, qui seul et à jamais est le métropolitain de toute l'Afrique, le primat incommutable de tous les autres évêques de l'Église d'Afrique »[18]. L'archevêché de Carthage s'éteignit après 1076, et ne fut restauré qu'en 1884: par la bulleMaterna Ecclesiæ caritas (10 novembre 1884)Léon XIII décida de « relever le siège archiépiscopal de Carthage », ce siège qui avait « présidé aux débuts de l’Église africaine », avec « une puissance qui primait celle des autres », vraie « tête de l’Afrique »[19], mais sans lui donner le titre de primat d'Afrique. Cependant, les cinq archevêques français de Carthage (1884-1964) portèrent tous le titre primatial, et « pratiquement le Saint-Siège le reconn[ut], car toutes les lettres d'affaires émanant des Cong[régations] romaines et de la Secrétairerie d’État qualifi[èrent] l'archevêque de Carthage de primat d'Afrique »[20], jusqu'à ce quePaul VI, par la bullePrudens Ecclesiæ (9 juillet 1964)[21], supprime l'archevêché de Carthage pour le remplacer par la prélature territoriale de Tunis.
La juridiction de l'évêque de Carthage comme primat d'Afrique couvrait lediocèse (civil) d'Afrique qui comprenait lesprovinces (civiles) deMaurétanie Césarienne,Maurétanie Sitifienne,Numidie,Zeugitane,Byzacène etTripolitaine. Chacune d'elles fut progressivement érigée en province ecclésiastique, avec à sa tête non un métropolitain mais l'évêque le plus anciennement consacré, qui portait le titre de« primat » (episcopus primae sedis). L'existence d'un primat de la province ecclésiastique est attestée en Numidie (concile de Cirta de 305)[D 3], en Byzacène (avant 349)[D 4], en Maurétanie Sitifienne (concile d'Hippone de 393)[D 4], en Maurétanie Césarienne (probablement avant 349[D 4], ou entre 397 et 401[22]), en Tripolitaine (403)[23].
Une anticipation des primats: les vicaires apostoliques
Les évêques deThessalonique[G 2] reçurent le titre de« vicaires apostoliques » faisant d'eux, en pratique, deslégats pontificaux. La première expérience de délégation large et continue d’une autorité supra-métropolitaine, au sein du patriarcat romain, fut tentée dans une vaste région de l’Empire romain, l'Illyricum (Serbie, Kosovo, Monténégro, Albanie, Macédoine du Nord, Bulgarie occidentale et quasiment toute la Grèce, jusqu'à la Crète). La lettreEtiam dudum du papeSirice (entre 388 et 396)[R 1] à Anysios, évêque deThessalonique (†406/407) lui demande de surveiller les élections d'évêques en Illyricum, mais sans juridiction particulière.InnocentIer franchit un pas supplémentaire (LettreLectissimo, 17 juin 412) en utilisant un vocabulaire vicarial[R 2] pour désigner l’évêque de Thessalonique, donnant naissance à un vicariat apostolique. Contre la constitution deThéodose II (14 juillet 421), qui prétendait rattacher l’Illyricum au siège de Constantinople, le papeBonifaceIer soutint les droits de Rufus de Thessalonique (LettreRetro maioribus, 11 mars 422) en ordonnant aux évêques de Macédoine, Achaïe, Thessalie, Epire, Prévalitaine et Dacie de lui obéir en tout comme son vicaire[R 3]. Lors du concile œcuméniqueConstantinople III (680-681), l’évêque de Thessalonique signa « non seulement comme légat du siège apostolique [...], mais encore comme vicaire », ce qui lui permit de siéger « aussitôt après les patriarches »[24]. AuVIIIe siècle, l'empereur byzantin rattacha l'Illyricum au patriarcat de Constantinople, ce qui mit fin au statut privilégié de l'archevêque de Thessalonique.
Les évêques d'Arles reçurent le titre de« vicaires apostoliques »[G 3]. Le 22 mars 417, le papeZosime donna à l’évêque d’Arles Patrocle le droit exclusif de consacrer les évêques de Viennoise et des deux Narbonnaises : l’évêque de Narbonne, lésé dans ses droits métropolitains, protesta auprès du pape, qui confirma sa décision (26 septembre 417). Le 9 février 422 cependant, le papeBonifaceIer rendit à l’évêque de Narbonne ses droits sur sa province propre[25]. Les pouvoirs accordés à l’évêque d’Arles sont de nature purement personnelle[26], non seulement parce qu’ils ne sont pas attachés au siège, mais encore parce qu’ils ont pour but et pour résultat de régenter les relations entre évêques pour faire du diocèse d’Arles non une primatie territoriale, mais le centre d’un réseau d’influence[27]. À cette personnalisation des pouvoirs, il faut ajouter son caractère circonstanciel :Zosime, pour rétablir la paix dans les Églises du sud des Gaules, « taille à son protégé [Patrocle d’Arles] des prérogatives qui conviennent aux circonstances » (22 mars 417), à savoir le contrôle des élections épiscopales et la délivrance pour « l’essentiel des sept provinces qui se réunissent enconcilium à Arles », deslitteræ formatæ, mais « d’un vicariat, il n’est pas encore question » (pas de présidence des synodes, ni de prérogatives pour juger les querelles entre évêques)[28]. En donnant à Césaire d'Arles le pallium et le titre de vicaire apostolique (11 juin 514), le papeSymmaque confirmait son pouvoir de réunir les évêques en synodes et de leur délivrer la « permission » d’aller à Rome[R 4]. Après lui, Auxanius (22 mai 545), Aurélien (23 août 546), Sapaudus (3 février 557) et Virgile (12 août 595) reçurent le titre de vicaires apostoliques; puis, rien pendant plus de deux siècles. En 878, lors de la dernière concession du titre de vicaire apostolique à un archevêque d’Arles, le papeJean VIII « ne songe pas […] à ériger en faveur de l’archevêque d’Arles […] un siège primatial » ni à en faire un primat : « il copie textuellement deux lettres de GrégoireIer pour en former le privilège délivré à Rostaing. Ni dans ce document, ni dans la lettre adressée aux évêques le mot deprimatus n'est prononcé »[29].
L'évêque d'Illici reçut en 517 (LettreFecit dilectio tua)[R 5] le titre de vicaire apostolique sur l'Espagne. Le siège a été identifié soit à Elche soit à Tarragone, ce qui a permis aux archevêques de Tarragone d'y voir la racine de leur rang primatial. Mais il s'agissait là d'une nomination personnelle et non d'un titre attaché à un siège.
L'archevêque de Sens Anségise (871-883) fut nommé par le pape Jean VIII « vicaire apostolique » en Gaule et en Germanie (8 janvier 876)[R 6]. Cette délégation apostolique, extraordinaire et personnelle, fut proclamée au concile de Ponthion (juin-juillet 876): elle donnait à Anségise un rôle privilégié dans la convocation des conciles et la transmission aux évêques des Gaules des décrets du Saint-Siège, avec un réel pouvoir décisionnaire et la préséance sur les autres archevêques présents. Les évêques réagirent négativement contre ce titre et le rendirent inopérant[30]. Par la suite, les chroniqueurs sénonais duXIe (Odoran) et du XIIe siècle (Clarius) transformèrent cette mesure en privilège attaché au siège de Sens[31]. Le titre de vicaire apostolique fut une seconde fois donné par le pape Jean XV à l'archevêque de Sens Séguin (978-999)[32].
Le pape Simplicius (468-483) donna à Zénon évêque de Séville (c.472-486) le titre de vicaire apostolique « pour qu'il puisse imposer avec plus de force, dans sa province, l'obéissance aux décrets ecclésiastiques »[33]. Le même titre fut octroyé par le pape Hormisdas (514-523) à Saluste de Séville sur la Bétique et la Lusitanie en 520, à charge pour lui de transmettre les « ordres généraux » du pape, « d’assembler en concile les évêques de ces provinces, quand il seroit nécessaire ; et de juger leurs différends, à la charge de lui en faire le rapport »[34]. Mais ces deux nominations ponctuelles ne faisaient pas de Séville un vicariat apostolique stable et encore moins une primatie[G 4].
Tolède (Espagne)[G 5],[G 6]:« primat des Espagnes ». D'abord« métropolitain de la province de Carpétanie » (531 et surtout concile de Tolède III, 589), puis de la province de Carthaginoise (concile de Carthagène, 610), l'évêque de Tolède reçoit le pouvoir de consacrer tous les évêques espagnols (concile de Tolède XII, 681): il ne porte pas le titre de primat mais en assume le rôle[37],[38]. L’écroulement conjoint de la monarchie et de l’Église wisigothiques (711) amena de longs siècles d’effacement pour la chrétienté ibérique et il ne fut plus question ni de primats ni de conciles nationaux. Par la bulleCunctis sanctorum du[39], Urbain II reconnaît à l'archevêque de Tolède, Bernard, et à sessuccesseurs, le titre de primat, avec juridiction sur l'Hispanie. Cette concession rencontrera tout au long des siècles suivants l'opposition des métropoles de Tarragone, Compostelle, Braga, Narbonne et Séville[G 7], qui rendit la primatie de Tolède ineffective malgré la confirmation de ses droits par une multitude de bulles pontificales (1101, 1118, 1121, 1125, 1139, 1144, 1153, 1156, 1161, 1163, 1166, 1187, 1210, 1218, 1422, 1489...)[G 8]
Salerne (Italie)[G 9],[G 10]:« primat » (sur Conza et Acerenza) sur décision d'Urbain II (bulleSingulare semper, 20 juillet 1098)[40]. Plus tard, les archevêques de Salerne prétendront au titre de« primats de Lucanie et de Calabre »[41], voire« primats du royaume de Naples »[42], mais Rome n'a jamais dit de quoi Salerne était primat. Reconnu auIer concile du Vatican[43].
Venise (Italie)[G 11]:« primat de Dalmatie ». Héritier du patriarcat de Grado (8 octobre 1451)[44], le patriarcat de Venise reprit son titre de primat de Dalmatie, confirmé par Pie IV (bullePastoralis officii cura, 5 août 1561)[44] et toujours en usage.
Pise (Italie)[G 12],[G 13]:« primat de Corse et de Sardaigne ». L'évêque Landolfo de Pise fut d'abord nommé légat en Corse à titre personnel (bulleQuoniam propter,1er septembre 1077)[R 7], puis le vicariat de la Corse fut attaché à son siège (30 novembre 1078)[R 8]; élevé au rang de métropole, le diocèse de Pise engloba la Corse dans sa province (21 avril 1092)[R 9], la perdit (1121), la retrouva (1126)[R 10], puis la partagea (1133) avec Gênes. Par contre, si la juridiction métropolitaine de Pise sur la Corse est bien attestée, les bulles pontificales n’employèrent jamais le terme deCorsicæ Primas utilisé par bien des auteurs : sans doute fut-il adopté (au moins depuis 1616)[45] par contamination du titre de primat de Sardaigne. La Corse, quant à elle, devint suffragante d’Aix-en-Provence (1801) puis de Marseille (2002). En 1092, Urbain II concéda à l'archevêque de Pise la légation perpétuelle en Sardaigne[46]; en 1133, Innocent II lui attribue deux diocèses sardes comme suffragants (perdus auXIVe siècle). Rome accorde à Pise la primatie sur la province sarde de Torres (22 avril 1138, 1146, 1153/1154, 31 mai 1157, 26 janvier 1162)[47], puis la primatie sur les trois provinces sardes de Cagliari, Torres et Arborea (11 avril 1176, 12 novembre 1181, 1186)[48], avec le titre de primat de Sardaigne (bulleSi sua cuique du 31 décembre 1198[49], confirmée en 1200, 1204, 1218...)
Lima (Pérou)[G 14],[G 15]:« primat du Pérou ». Archevêché métropolitain (12 février 1546) élevé au rang primatial en 1571, le 28 mai 1921 (Lettre apostoliqueConstat Nobis)[50] et le 31 mai 1943 (DécretCum ecclesiastica)[51].
Sucre/Charcas/La Plata (Bolivie)[G 16],[G 17]:« primat de Bolivie ». Archevêché métropolitain (20 juillet 1609) élevé au rang primatial le 11 février 2021[52].
Mexico (Mexique)[G 18],[G 19]:« primat du Mexique ». Archevêché métropolitain (12 février 1546) élevé au rang primatial le 29 juin 1951 (DécretHonoribus et privilegiis)[53].
Bogota (Colombie)[G 20]:« primat de Colombie ». Archevêché métropolitain (22 mars 1564) élevé au rang primatial le 7 novembre 1902[54].
Santiago del Estero (Argentine):« primat d'Argentine ». Siège du diocèse de Tucumán (14 mai 1570-28 novembre 1697). Diocèse érigé le 25 mars 1907, élevé au rang archidiocésain et primatial le 22 juillet 2024[55].
Quito (Équateur)[G 21]:« primat d'Équateur ». Archevêché métropolitain (13 janvier 1848) élevé au rang primatial le 11 novembre 1995[56].
Québec (Canada)[G 22],[G 23]:« primat du Canada ». Archevêché métropolitain (12 juillet 1844) élevé au rang primatial le 24 janvier 1956 (DécretSollicitae Romanis)[57].
Prague (République tchèque)[G 24]:« primat de Bohême ». Archevêché métropolitain (1344) élevé au rang primatial probablement en même temps que lui étaient donnés de grands privilèges: droit de couronner les rois de Bohême (5 mai 1365), légation permanente sur la Bohême et les diocèses de Bamberg, Ratisbonne et Meissen (28 mai 1365), usage élargi de la croix processionnelle et du pallium[58],[59],[60],[61],[62]… La crise hussite entraîna une très longue vacance du siège (1431-1561); après leur restauration, les archevêques de Prague portèrent de nouveau (mais pas systématiquement) leur titre primatial, reconnu comme« purement honorifique » par le cardinal Michele Di Pietro, pro-préfet de la Congrégation de la Propagande (1805-1814)[63], mais encore utilisé dans des documents pontificaux (Décretsuper virtutibus, 2 juillet 1994, et Lettre décrétale de canonisation de Zdislava de Lemberk, 21 mai 1995)[64].
Durrës (Albanie):« primat d'Albanie »? On ne trouve aucune trace d'une concession pontificale ni d'un usage de ce titre par les archevêques de Durrës, mais deux documents officiels du Saint-Siège relatifs au martyre[65] et à la béatification[66] de l'archevêqueVinçens Prennushi (1940-1949) le désignent comme« Primas Albaniae ».
Grado (Italie)[G 11]:« primat de Dalmatie ». La métropole d'Aquilée, séparée de Rome (schisme des Trois Chapitres), prit la dignité patriarcale (557) puis trouva refuge à Grado (568)[67]. Le retour à la communion avec Rome du patriarche Candidien (607) entraîna l'élection d'un patriarche schismatique, Jean, résidant à Aquilée[68]. Le patriarcat de Grado, désormais reconnu, se vit attribuer la primatie de Dalmatie (bulleNe passim, 22 février 1155)[69], qu'il assuma jusqu'à sa suppression (8 octobre 1451)[44], laissant place au patriarcat de Venise.
Canterbury (Royaume-Uni)[G 25]:« primat de toute l'Angleterre ». Le diocèse est fondé en 597, et son premier évêque, saint Augustin, reçoit du pape le pallium avec des pouvoirs extraordinaires (22 juin 601) pour l'établissement en Angleterre de deux métropoles (Londres et York) ayant chacune 12 suffragants[70]. Le programme ne fut pas totalement réalisé, et la province d'York ne fut établie qu'en 735, mais York devait garder le souvenir d'une parité originelle avec Canterbury, alors que Canterbury concluait au contraire avoir eu des pouvoirs primatiaux dès le début. Les prélats de Canterbury portèrent le titre d'archevêques depuis 679/680 (concile de Hatfield)[71], puis de primats (conciles de Londres en 1075 et de Winchester en 1076) sous l'impulsion de l'archevêque Lanfranc (1070-1089)[72]. Enfin le titre de« primats de toute l'Angleterre » leur est reconnu par les évêques anglais (1093)[73], par le légat du pape (1237)[74], puis par le papeInnocent VI (bulleIn supremae dignitatis du 28 mars 1354[75]). L'archevêque Thomas Cranmer (1533-1555) fut l'artisan majeur du rejet de l'autorité pontificale et du passage de l'Angleterre à l'anglicanisme: il fut déposé en 1555 par la reine MarieIre. Le siège est vacant depuis 1558, et n'a jamais été restauré depuis. Des archevêques anglicans en portent le titre depuis 1559.
York (Royaume-Uni)[G 26]:« primat d'Angleterre ». En 1070, Lanfranc tenta de conditionner le sacre que Thomas d'York (1070-1100) lui demandait contre un serment d'obéissance : Thomas d'York refusa et remit en cause devant le pape, en octobre 1071, la supposée primatie de Canterbury sur York en s'appuyant sur les dispositions prévues en 601. Lanfranc répliqua que l'égalité projetée ne concernait qu'York et Londres citées dans la Lettre de Grégoire le Grand, non Canterbury. Le pape ne voulut pas trancher et demanda la tenue de conciles en Angleterre, qui se tinrent à Winchester (avril 1072) et Windsor (mai 1072), et donnèrent entièrement raison à Lanfranc[76]. Thurstan, archevêque d’York (1114-1140), refusa de prêter le serment d'obédience à son confrère de Canterbury, qui différa sa consécration : il dut se tourner vers Calixte II qui écrivit les bullesQuanto amplius (avril 1117), rappelant le projet initial d'égalité entre les métropoles de Londres et d'York etCaritatis bonum est (11 mars 1120) déniant à Canterbury toute primatie sur York[R 11]. Sous la pression de la monarchie anglaise, les deux archevêques entrèrent en négociations sérieuses et paraphèrent un véritable traité de paix, la« Compositio super bajulatione crucium suarum » du 20 avril 1353, que confirma le papeInnocent VI (bulleIn supremae dignitatis du 28 mars 1354[75]), reconnaissant à l'archevêque d'York le titre de« primat d'Angleterre ». Nicholas Heath (†1578) fut le dernier archevêque catholique d'York : nommé le 21 juin 1555, il fut « déposé » par ElizabethIre (1559) et remplacé par un prélat anglican, qui conserva le titre primatial.
Uppsala (Suède)[G 29]:« primat de Suède » (1455)[80],[81]; le siège, vacant (1557), est occupé dès 1531 par un archevêque luthérien.
Narbonne (France)[G 30]:« primat de Narbonnaise seconde ». Par la bullePotestatem ligandi du 6[82], Urbain II donna à l'archevêque de Narbonne, Bertrand, et à sessuccesseurs, le titre de« primat » (sans autre précision), avec juridiction sur les deux provinces deNarbonnaise, Narbonne et Aix-en-Provence: en dépit du caractère extrêmement vague des droits primatiaux de Narbonne (« quidquid dignitatis vel honoris »), Pascal II confirma par deux fois sa primatie sur la Narbonnaise seconde (Quod apud ecclesiam, 10 septembre 1099[R 13],Caritatis est donum, 13 juillet 1107[R 14]). Néanmoins cette primatie était suffisamment faible pour que le Saint-Siège prenne la précaution de l'exempter formellement de la juridiction de Bourges (antipape Benoît XIII,1er septembre 1403; Martin V, 1418)[83],[84]. Lors des Assemblées générales du Clergé de France, les archevêques portent le titre de« primat de Narbonne » (1606, 1655, 1657, 1710, 1715, 1723, 1742, 1765, 1770, 1775)[85]. Avec le Concordat de 1801, le diocèse de Narbonne fut aboli, et son titre archiépiscopal fut joint à la métropole de Toulouse[86], ce que confirma, après une restauration manquée (1817-1819), la bullePaternæ charitatis (10 octobre 1822)[87] sans restaurer la primatie, même à titre honorifique.
Nancy (France)[G 31]:« primat de Lorraine ». Le duc de Lorraine ayant vainement demandé un diocèse à Nancy, le pape lui accorda (15 mars 1602)[88] en compensation un« primat de Lorraine », chef d'un chapitre de chanoines ayant les honneurs pontificaux mais pas forcément la dignité épiscopale, jouant le rôle d'un grand aumônier de la Cour ducale mais sans aucune juridiction sur les diocèses lorrains. Lorsque le diocèse de Nancy fut érigé (19 novembre 1777), il releva le titre primatial jusqu'en 1801, date où le Concordat mit fin au diocèse et à la primatie. Depuis au moins 1840, les évêques de Nancy ont repris de leur propre chef le titre primatial, mais Rome n'a accordé aucune confirmation officielle.
Varsovie (Pologne)[G 32],[G 33]:« primat du royaume de Pologne ». Les partages de la Pologne (1772-1795) entraînèrent une série de modifications de la carte des diocèses, sur demande des puissances occupantes qui voulaient faire coïncider frontières politiques et religieuses. Aussi, Varsovie fut érigée en métropole sans suffragants (bulleMilitantis Ecclesiæ regimini, 12 mars 1818)[89], puis avec des suffragants (bulleEx imposita nobis, 30 juin 1818)[90], avec le titre de primat du royaume de Pologne (bulleRomani Pontifices prædecessores, 6 octobre 1818)[91]. Lorsqu’en 1918 la Pologne retrouva son indépendance, Gniezno et Varsovie portaient tous deux le titre de primat de Pologne, et une controverse éclata et on demanda à Rome de trancher: le 5 février 1925, un Décret de la Congrégation pour des affaires ecclésiastiques extraordinaires réservait le titre de primat à l'archevêque de Gniezno, le laissant,ad vitam, au cardinal Kakowski de Varsovie (1913-1938). Simultanément, Rome abolit la juridiction du primat sur les diocèses polonais, faisant rentrer Gniezno dans le cadre du nouveau Code de Droit Canonique (1917), qui établissait en principe le caractère honorifique des primaties[92]. Après la seconde guerre mondiale, Gniezno fut unie à Varsoviead personam (4 mars 1946-25 mars 1992)[93] ; suite à la réorganisation générale des diocèses polonais (bulleTotus Tuus Poloniæ populus), Varsovie et Gniezno furent de nouveau séparées : le cardinal Glemp cessant d’être archevêque de Gniezno aurait dû perdre le titre de primat de Pologne, mais Rome lui donna le droit exceptionnel de le conserver jusqu'à ses80 ans. Ce n'est qu'à cette date que l’archevêque de Gniezno récupéra sa primatie (lettre du 8 décembre 2009)[92].
Saint Andrews (Royaume-Uni)[G 34],[G 35] :« primat du royaume d'Écosse » (bulleAd Sanctam, 27 mars 1487)[94]; le siège est aboli par les calvinistes (1560), vacant depuis 1571. Son titre est joint à l'archevêché métropolitain d'Édimbourg, créé le 4 mars 1878, mais la primatie n'est pas restaurée.
Buenos Aires (Argentine)[G 20],[G 37]:« primat d'Argentine ». Archevêché métropolitain (5 mars 1865) élevé au rang primatial le 29 janvier 1936 (DécretCum ecclesiastica provincia)[54]. Ce titre lui est retiré le 22 juillet 2024 et transféré à Santiago del Estero[55].
Constantinople [rite arménien] (Turquie):« primat ». La Congrégation de la Propagande institua à Constantinople un vicaire rituel arménien catholique sous la dépendance du vicaire patriarcal latin (9 juillet 1769)[100]. Cet état de choses dura jusqu'à l'érection de l'archevêché de Constantinople (bulleQuod jamdiu, 6 juillet 1830), avec le titre et les privilèges de métropole primatiale[101]. Par la bulleReversurus (12 juillet 1867)[102], cependant, Rome annexait la métropole primatiale de Constantinople au patriarcat de Cilicie, avec résidence à Constantinople[103].
Tărnovo [rite byzantin] (Bulgarie):« primat du royaume de Bulgarie et de Valachie ».Innocent III, répondant à une supplique des autorités du royaume bulgare restauré afin d’obtenir le titre de patriarche pour l’évêque Basile de Tărnovo[104], lui accorda le titre de primat du royaume de Bulgarie et de Valachie (Rex regum et, 25 février 1204)[105], ajoutant aussitôt le droit de sacrer son roi et le pallium latin[106]. Le souverain bulgare décida de rompre cet accord avec Rome entre la fin de l’année 1231 et la fin de l’année 1232, avant d’entreprendre des négociations étroites avec le patriarcat byzantin pour mettre un terme aux différends les opposant. Ces négociations amenèrent à la reconnaissance du patriarcat de Bulgarie par les Byzantins en 1235 et donc à la fin de l’union avec Rome[107].
Goa (Inde)[G 38]:« primat d'Orient » ou« des Indes orientales ». Goa fut érigé en diocèse[108] suffragant de Funchal le 31 janvier 1533 (bulleRomani Pontificis circumspectio) et le 3 novembre 1534 (bulleÆquum reputamus) : « sa juridiction s’étendait à tous les territoires depuis le cap de Bonne-Espérance jusqu’à l’Inde, de l’Inde aux royaumes de Pegu et d’Awa, à Malacca et à l’Extrême-Orient »[109]. Le diocèse fut élevé au rang de métropole (bulleEtsi sancta, 4 février 1558)[110]. Le 17 septembre 1562, l’ambassadeur du Portugal au concile de Trente, revendiqua pour l'archevêque de Goa une juridiction sur les Indes, comme primat (« totius Indiæ est primas »)[111]. C'est la bullePastoralis officii cura (13 décembre 1572) qui mentionna officiellement la primatie de Goa (« Goanensis Ecclesia, quæ metropolis et Ecclesiarum Indiæ orientalis Primas existit »)[112]. En 1609, Paul V restaura l'archidiocèse de Cranganore pour que le métropolitain de Goa, ayant sous sa juridiction un autre archevêque, soit un vrai primat[113] ; la primatie est mentionnée dans d'autres actes pontificaux, notamment en 1882[114] et 1999[115]. Les archevêques s’intitulèrent soit« Indiæ et partium Orientalium primas » (1585[116], 1599[117]), soit« Indiæ orientalis primas »(1610[118], 1810[119]), soit« Indiarum primas » (1706)[120], soitPrimaz do Oriente (1810)[121]. Le concordat signé avec le gouvernement portugais le 23 juin 1886 (échange des ratifications le 7 août 1886) décidait que le titulaire de la« Chiesa Metropolitana e Primaziale di Goa » serait désormais,« per benigna concessione di Sua Santità », patriarchead honorem des Indes Orientales[122], ce que confirma la bulleHumanæ Salutis Auctor (1er septembre 1886)[123].
Lyon (France)[G 39],[G 40] :« primat des Gaules ». Lors des conciles de Lyon II (567) et de Mâcon II (585), les évêques de Lyon furent désignés comme des « patriarches »[124]. L'archevêque Aurélien (875-895) porta le titre de« primat de toutes les Gaules » au concile de Chalon-sur-Saône (894)[125]. En 1076, l’archevêque de Tours appelait son confrère lyonnais « notre primat »[126]. Par la bulleAntiqua sanctorum patrum du 19[127], le papeGrégoire VII reconnaît à l'archevêque de LyonGébuin (1077-1081) et à sessuccesseurs le titre de« primat des Gaules », avec juridiction sur les quatre provinces deLyonnaise, à savoir les provinces ecclésiastiques deLyon, deRouen, deTours et deSens. Pierre le Vénérable écrivit à l'archevêque PierreIer (1131-1139) en l'appelant « Patriarche de l’Église de Lyon »[128]. Le Concordat de 1801 et sa Bulle d'exécution ayant aboli « la constitution de l’ancienne Église de France, tous les privilèges, dont les primaties, devaient disparaître »[129]. Mais le cardinalJoseph Fesch (1802-1839), par une ordonnance du 23 mai 1808,« reconstitua les trois officialités, ordinaire, métropolitaine et primatiale [...]. Mais, l’officialité primatiale de Fesch n’a, semble-t-il jamais joué son rôle »[129]. Le cardinalLouis-Jacques-Maurice de Bonald (1840-1870) demanda au pape de pouvoir porter le titre de primat des Gaules. « La réponse du papePie IX transmise par le nonce Garibaldi, le 25 juillet 1851, reprenait l’argumentation de Léon XII : "Le Saint-Siège depuis 1801, ne reconnaît plus dans les primats de France aucun droit annexé ou supposé inhérent à ce titre, en tant qu’il s’agit de juridiction. Le Saint-Siège ne pourra jamais dans sa correspondance et dans ses actes faire usage de ce titre…". Mais, Pie IX voulait bien, "dans sa bienveillante condescendance", ne pas mettre d’obstacle à l’archevêque de Lyon, "s’il désire conserver dans ses actes le titre de primat, comme simple titre d’honneur et de tradition" »[129]. Le titre fut confirmé au concile Vatican I (1870)[130]: lors du vote de la ConstitutionPastor æternus, on crut devoir ajouter le nouvel archevêque de Lyon aux listes de primats déjà publiées :« Ex Rmis Primatibus. Omnes fuerunt appellati qui hisce numeris in catalogo a nobis dato Vol. V pag. 513 et seqq. notantur : [...] 11 (idest Lugdunensis, in catalogo dato inter Primates omissus), qui abfuit ». Paul VI (1969)[131] et Jean-Paul II (1980)[132] mentionnèrent explicitement le titre primatial lyonnais, désormais indiscutable.
Cagliari (Italie)[G 41]:« primat de Sardaigne et de Corse ». Le titre aurait été adopté, dans un acte du 12 juin 1409, par l'archevêque de Cagliari Antonio Dexart (1403-1413)[133], puis par ses successeurs Ludovico Fenollet (1468), Pietro Pilares (1507), Baltasar de Heredia (1554), Antonio Parragués de Castillejo (1567)[134]... Il aurait reçu une confirmation indirecte dans des Brefs de Calixte III (1456), Alexandre VI (1496), Pie V (1567, 1569, 1572) et Sixte V (1585)[135],[136],[137]. On peut faire l’hypothèse d’un titre pris unilatéralement par les archevêques de Cagliari pour contrer les revendications primatiales des archevêques de Pise, à un moment où la Sardaigne, restée l’obédience de l’antipape Benoît XIII, pouvait être vue par ce pape comme un utile contrepoids face à la nouvelle obédience créée précisément au concile de Pise (1409). Une réactivation des prétentions des archevêques de Cagliari (1574, 1589)[138],[139] amena une vive réaction des archevêques de Sassari puis d'Oristano, qui firent appel à Rome et prirent eux-mêmes le titre de primats. Après des décennies de procédure, la Rote rendit quatre sentences (27 novembre 1637[140], 14 juin 1638[141], 10 décembre 1638[142], 27 avril 1640[143]), rejetant les arguments historiques présentés par Sassari pour revendiquer une haute antiquité du siège et confirmant la plus grande antiquité de Cagliari[144], sans pour autant rendre une sentence décisive sur le fond0[145], de sorte que chaque prétendant put continuer à se dire primat[146]. La hache de guerre ne fut enterrée par les évêques sardes que lors de leur réunion à Oristano (1876), lorsqu’ils admirent que le conflit pour la primatie avait profondément divisé l’Église sarde et l’avaient privée d’un centre d’action dont les circonstances difficiles leur imposaient désormais la nécessité[147].
Gniezno (Pologne)[G 44] :« primat de Pologne » déjà au concile de Constance (1416/1418)[153]; confirmé parLéon X (25 juillet1515)[154]; Benoît XIV (DécretAd decorem Ecclesiae, 22 septembre 1749)[155]; Congrégation pour les Affaires ecclésiastiques extraordinaires (5 février 1925)[92]; Benoît XVI (8 décembre 2009)[92]. Reconnu auIer concile du Vatican[43]
Salzbourg (Autriche)[G 45] :« primat de Germanie ». Métropole depuis 798, Salzbourg s'appuya sur la bulleProtoplasto generis humani[R 15] de Benoît VI (973-974) qui lui attribuait les fonctions de vicaire apostolique dans tout le Norique et dans toute la Pannonie, mais la bulle est sans doute un faux, témoin en tout cas des précoces ambitions primatiales de Salzbourg. L'archevêqueConrad III de Wittelsbach (1177-1183) reçut la bulleSusceptæ administrationis (12 avril 1179), lui octroyant le vicariat papal dans toute la province du Norique, privilège exceptionnellement accordé de façon permanente au siège et non à la personne de l'archevêque[156]. Plusieurs auteurs affirment, sans preuve, que la primatie de Salzbourg provient d'un transfert des droits de l’archevêché de Magdebourg, après sa suppression par les protestants[157],[158],[159]. On ne voit rien de tel dans les documents officiels; il faut constater que le titre de« primat de Germanie » fut adopté de son propre chef par l'archevêqueMatthäus Lang von Wellenburg (1519-1540)[160]. Il fut reconnu par Rome à plusieurs reprises (le 26 novembre 1691[161], en 1823[162], auIer concile du Vatican[43], en 1879[163]).
Dublin (Irlande)[G 46]:« primat d'Irlande ». La métropole de Dublin, érigée en 1152, obtint d'être indépendante de la primatie d'Armagh (1182, 1221)[164] et des légats pontificaux en Irlande (1248)[D 5], avant d'être replacée sous le giron d'Armagh (1261)[164]. Les archevêques de Dublin prétendirent alors au rang primatial (1320[165], 1670[166], 1719[D 6]): de guerre lasse, Rome finit par reconnaître la primatie de Dublin : le titre de« Primate nell’Irlanda » lui fut donné plusieurs années de suite dans l'Annuaire pontifical (1806-1808)[167],[168],[169], et un décret de la Congrégation du Concile (1866) donna à Paul Cullen, transféré d'Armagh à Dublin (1852), le titre de« Hiberniæ Primas ».
Saint-Domingue (République dominicaine)[G 47],[G 48]:« primat du Nouveau Monde ». Archevêché métropolitain (12 février 1546) dont le premier titulaire, Alonso de Fuenmayor (†1554) revendiqua le titre primatial[170] qui ne fut accordé que le 28 novembre 1816 (bulleDivinis praeceptis)[171]. Le Concordat du 16 juin 1954 le confirma[172].
Malines (Belgique)[G 50]:« primat de Belgique » : le titre, en germe dans la bulleEx injuncto Nobis (11 mars 1561) qui accordait une vague préséance à Malines sur Cambrai et Utrecht[174], fut porté par les archevêques (1561-1801), aboli comme toute la structure ecclésiastique de France et de Belgique au Concordat de 1801[175], porté de nouveau dès 1817[176] ; confirmé auIer concile du Vatican[43], employé par le Saint-Siège en 1935[177].
São Salvador de Bahia (Brésil)[G 51],[G 17]:« primat du Brésil » : titre revendiqué dès 1739[178], confirmé auIer concile du Vatican[43], conféré en bonne et due forme seulement le 25 octobre 1980 (DécretSollicitae Romanis)[179].
Armagh (Royaume-Uni)[G 52]: d'abord« métropolitain de toute l'Irlande » (1134)[180], puis« primat d'Irlande » (bullesCum sicut in nostra, 21 décembre 1257[181],Quoniam inter sollicitudines, 13 juillet 1272[182]...), enfin« primat de toute l'Irlande » (bulleRegimini universalis ecclesiae, 6 août 1307[183], lettreMagno quidem, 6 avril 1850[184]...). Le siège d'Armagh est dit primatial aux conciles de Rathbreasail (1111)[185] et Mellifont/Kells (1152)[186]. Titre confirmé auIer concile du Vatican[43].
Tarragone (Espagne)[G 53]:« primat des Espagnes », titre revendiqué depuis 1691 (concile provincial de Tarragone)[187] au moins, en opposition à Tolède, mais non reconnu par Rome jusqu'auIer concile du Vatican[43].
AuIer concile du Vatican, furent reconnus comme primats, en vertu d'anciennes coutumes[188],[43] les archevêques suivants : Antivari/Bar (Monténégro), Braga (Portugal), Esztergom (Hongrie), Gniezno (Pologne), Salzbourg (Autriche), Salerne (Italie), Malines (Belgique), São Salvador de Bahia (Brésil), Armagh (Irlande), Tarragone (Espagne), Lyon (France).
Magdebourg (Allemagne)[G 54]:« primat de Germanie ». Créée au concile de Ravenne (20 avril 967/968), la métropole de Magdebourg était censée, selonOttonIer, englober toutes les régions slaves converties ou à convertir (octobre 968), mais l'authenticité de ces concessions a été discutée. De même, plusieurs bulles sont censées avoir conféré aux archevêques de Magdebourg une stature primatiale, comprenant la primauté en toutes matières ecclésiastiques, l'égalité en tout avec les archevêques de Trèves, Cologne et Mayence, le rang cardinalice et, en corollaire, l'institution de douze prêtres cardinaux et de sept diacres cardinaux pour le service du maître-autel de la cathédrale« qui more Romano missas celebraturi ad altare sancti Mauritii martiris dalmaticas, lisinas et sandalia ferant ») :Si ea loca (octobre 968),Igitur quia sedem (octobre 968),Concesse nobis apostolice speculationis (septembre 981),Quoniam a Deo (1003?),Si pastores ovium (27 août 1012). Mais là encore les falsifications habiles se distinguent malaisément des documents authentiques[G 55] avec les références des spécialistes. Quoi qu'il en soit, à une date indéterminée, Rome finit par reconnaître aux archevêques de Magdebourg le titre de« primats de Germanie » (Pie V employait le terme encore en 1566)[189]. Le titre primatial survécut à la prise de contrôle protestante de la métropole (1552/1566) :Auguste de Saxe-Weissenfels, dernier administrateur luthérien de la principauté archiépiscopale de Magdebourg (1628-1680), fut constamment appelé« Administrato[r] Primatus et Archiepiscopatus Magdeburgensis »[190]. Une ultime tentative de restauration catholique avec la nomination deLéopold-Guillaume de Habsbourg (†1662) comme archevêque (1629-1635) échoua, et la principauté archiépiscopale fut dissoute en 1648. La bulleDe salute animarum (16 juillet 1821) réorganisa complètement les circonscriptions ecclésiastiques du royaume de Prusse et d'autres États de la Confédération germanique, faisant légalement disparaître les anciens diocèses de cette région, dont Magdebourg. Il fallut attendre leXXe siècle pour voir réémerger un diocèse (bulleCum gaudio et spe, 27 juin 1994)[191], sans bien sûr mentionner une éventuelle primatie.
Mayence (Allemagne)[G 56]:« primat de Germanie ». Wynfrith-Boniface, consacré évêque par le pape (722), est« envoyé de S. Pierre » en Germanie; en 731/732 il reçoit de lui le pallium[R 16] avec le titre d’archevêque pour la Germanie, avec le pouvoir d’ordonner des évêques« ex vigore Sedis apostolicæ » ; en 739 il est légat pontifical[R 17]. Son siège épiscopal est incertain: « en 745, on lui promet l’archevêché de Cologne [...]. Mais il ne veut pas s’y installer [...]. Ce n’est que trois ans après que Boniface reçoit l’archevêché de Mayence »[192]. De plus, « en 752, il demande à Pépin [...] que son disciple Lull lui succède à l’archevêché de Mayence »[193], de son vivant, ce qui permit, après coup, toutes les revendications pour chacun de ces deux sièges. On a pu voir dans ces événements la naissance d’une primatie de Germanie, d’abord pour Cologne puis très vite pour Mayence[194], mais il s’agit là d’une reconstructiona posteriori. Les archevêques Liutbert (863-889)[195], Hildebert (927-937) et Friedrich (937-954)[196] assumèrent la double fonction d'archichanceliers de l’empire et d'archichapelains de la maison impériale[197]. Vers 900, l'abbé Regino de Prüm dédia son manuel, leSendhandbuch, à l'archevêque de Mayence HattoIer (891-913) en tant que primat de toute la Germanie, et au synode de Mayence en 1071, l'archevêque SiegfriedIer (1059-1084) présida, en présence des archevêques de Salzbourg et de Trèves, avec le titre deMoguntinæ ecclesiæ primas[198]. L'archevêque de Mayence était archichancelier (archicancellarius) pour la Germanie depuis 965[D 7] ou 1354[199] ; il était « à perpétuité en vertu de cette charge, le directeur général de la diete de l'Empire, le doyen & le directeur particulier du college Electoral, l'inspecteur ou visitateur de la Chambre Impériale & du Conseil Aulique, le garde suprême des Archives Impériales, & le protecteur des postes de l'Empire »[200] ; il était également Directeur des Diètes du Cercle du Haut-Rhin[201]. « C'est à lui que s'adressent tous les Ambassadeurs des autres Electeurs, Princes, & États de l'Empire, envoyez à ces Assemblées ; & c'est en sa Chancellerie que se font les sommations, protestations, & autres Actes, par les Membres & États du Corps Germanique »[202]. Il était parfois appelé « éminentissime Archiprince de Mayence »[203]. La Révolution française entraîna l’invasion de la Rhénanie, et l’occupation (1792) puis l’annexion (1797), des territoires de la rive gauche du Rhin appartenant à la principauté électorale des archevêques de Mayence : ce partage territorial eut des conséquences sur le diocèse. Le concordat de 1801, mis en œuvre par la bulleQui Christi Domini vices (29 novembre 1801) et le décret du cardinal Caprara (9 avril 1802)[204], supprima la métropole de Mayence à l’exception du territoire non annexé par la France, sur la rive droite du Rhin : le territoire du diocèse de Mayence fut divisé en deux, le diocèse français, suffragant de l’archevêché de Malines (département du Mont-Tonnerre)[205] et le reliquat allemand, toujours gouverné par son archevêqueFrédéric-Charles Joseph d'Erthal (1774-1802)[D 8]. Avec la bulleIn universalis Ecclesiæ (1er février 1805), cette anomalie prit fin : le territoire diocésain de Mayence-Rive droite fut annexé à celui de Ratisbonne[206]. Enfin, la bulleProvida solersque, qui réorganisait les circonscriptions ecclésiastiques d’Allemagne (16 août 1821), opéra une ultime modification en calquant le territoire diocésain de Mayence sur le grand-duché de Hesse[207] et le rendant suffragant de Fribourg-en-Brisgau.
Trèves (Allemagne)[G 57] :« primat de Gaule Belgique ». Diocèse depuis le troisième quart duIIIe siècle[208], métropole depuis leVIIIe siècle[209]. L'archevêqueThietgaud de Trèves (847-863) joua un rôle déterminant : l’archevêque de Trèves, s'appuyant sur lesFausses Décrétales, prétendit « faire reconnaître sonprimatus sur l’Église de Reims » (852/853)[210], et prit (863), le titre de « primas Belgicæ Gallicæ »[211]. Son successeur l’archevêqueRobert (931-956), profitant des dissensions qui minaient le diocèse de Reims, reprit ces prétentions[212]. Les bullesQuia licet indigni (22 janvier 969, 27 janvier 973, 18 janvier 975)[R 18], donnèrent aux archevêques de Trèves le vicariat apostolique et la préséance dans les conciles gallo-germaniques, mais leur authenticité a été fortement contestée. Par la bulleÆternum divinæ dispensationis (13 ou 23 avril 1049)[R 19], Léon IX reconnut la primatie de l'archevêqueEberhard (de) (1047-1066), mais avec une titulature primatiale hésitant entreGallia et Germania etGallia Belgica[213]. Le pape Victor II réitéra le privilège (bulleIustis ac Domino, 25 avril 1057)[R 20]. Mais le 25 décembre 1089, Urbain II accordait à l’archevêque de Reims « la primatie sur la province de Belgique II [...], dont Reims est la métropole, comme Trêves en Belgique I »[214], ce qui semblait partager les droits primatiaux (en fait simplement métropolitains) de l'ancienneBelgica romaine, et réduire donc à une expression purement verbale la primatie de 1049.Albéron de Montreuil (1132-1152) vit la primatie de son Église confirmée (bulleSingularum ecclesiarum,1er octobre 1137) mentionnant sa primatie de Gaule Belgique[R 21].Othon de Ziegenheim (1419-1430), dans les actes du concile provincial de Trèves (1423), signait « Germaniæ & Galliæ Belgicæ prima[s] »[215].Cunon II de Falkenstein (1362-1388) se donnait le titre de « Totius Galliæ & Germaniæ, auctoritate Apostolica, primum Patriarcham & Patronum »[216]. Le Concordat de 1801, mis en œuvre par la BulleQui Christi Domini vices (29 novembre 1801)[217] et le Décret du cardinal Caprara (9 avril 1802)[218], supprima la métropole de Trèves à l’exception du territoire non annexé par la France, sur la rive droite du Rhin[219] : le territoire du diocèse de Trèves fut donc divisé en deux, le diocèse français, suffragant de l’archevêché de Malines (département de la Sarre)[220] et le reliquat allemand qui fut donné en administration à Dalberg, nouvel archevêque de Ratisbonne (BulleIn universalis Ecclesiæ,1er février 1805)[221]. La bulleDe salute animarum (16 juillet 1821)[222] réunifia les deux moitiés du diocèse de Trèves qui ne redevint pas métropole, eta fortiori pas primatie.
Reims (France)[G 58]:« primat de Gaule Belgique ». L'archevêqueHincmar de Reims (844-882) écrivit au pape Léon IV que l’archevêque de Reims« a toujours détenu un primat parmi les primats et fut l’un des premiers primats des Gaules » (851/852)[223]. Les archevêquesFoulques le Vénérable (883-900) etGervais de Bellême (1055-1067)[224] revendiquèrent aussi le titre de primat. Par la bullePotestatem ligandi du[225], le papeUrbain II reconnaît à l'archevêque de Reims,RenauldIer du Bellay, et à sessuccesseurs, le titre de primat, avec juridiction sur laBelgique seconde, c'est-à-dire laprovince ecclésiastique de Reims. Avec le Concordat, le diocèse de Reims fut supprimé, et son titre archiépiscopal annexé à la métropole de Paris (1801)[86]. Après une restauration manquée (1817-1819), la bullePaternæ charitatis (10 octobre 1822)[87] qui releva définitivement la métropole de Reims, ne reparla absolument pas de primatie, même honorifique. Les archevêques du siège restauré de Reims remirent pourtant à l’honneur dès 1822 leur titre de primat, sans que Rome ait procédé à une restitution de ces honneurs d’Ancien Régime explicitement abolis par le Concordat de 1801. Les actes du concile provincial queThomas II Gousset (1840-1866) avait présidé en tant que« primat de Gaule Belgique » (1849) furent approuvés par le Saint-Siège à la seule exception du titre primatial[226].
Bourges (France)[G 59]:« primat des Aquitaines, patriarche ». L'autorité métropolitaine de Bourges sur l'Aquitaine est admise à la fin duVe siècle[227]; déjà en 630, Didier, évêque de Cahors (629-654), appelait « patriarche » Sulpice, évêque de Bourges (624-644)[228]; en 786, Ermembert de Bourges, métropolitain, devenait le premier archevêque de son siège en recevant le pallium[229]. Chardon en tirait la conclusion que « la première église qui ait été honorée de la dignité primatiale proprement dite, après les deux anciennes d’Occident, je veux dire celle de Rome et celle de Carthage, est celle de Bourges », supposant que l'archevêque « prit occasion de l’érection de sa ville en capitale du royaume d’Aquitaine pour s’attribuer le droit de primauté sur les provinces de Bordeaux, d’Auch et même de Narbonne »[230]. Dans une lettre (vers 864/867) du pape NicolasIer à l'archevêque Raoul, Radulf ou Rodolphe (840-866), le siège de Bourges est qualifié de patriarcat, mais sa juridiction sur Narbonne est réduite à néant[231]. Il s’agit, selon toute apparence, d’un faux[232],[233], sans grandes conséquences immédiates : on sait que Vulfade (866-876) reçut le pallium (23 février 868)[R 22], mais guère plus. On constate dans la première moitié duXIe siècle une utilisation diffuse du titre de primat pour désigner l'archevêque de Bourges, par exemple dans une lettre d'Oliba, évêque de Vich (1017-1046), àGauzlin (1013-1030)[234]. Les premières attestations officielles du titre de primat, de la part d'archevêques de Bourges, sont : un sceau déjà en usage sousRichard II (1071-1093)[D 9] le titre deprimas Bituricensis arboré parAudebert de Montmorillon (1093-1097) en 1095, dans une transaction entre le chapitre de Limoges et l'abbaye de Déols[235], l'épitaphe et le sceau de l'archevêqueLéger (1099-1120)[236], les souscriptions dans les actes officiels, où le titre de primat d'Aquitaine apparut à partir du 25 septembre 1185[237]. Rome reconnut cette primatie, d'abord de façon très vague (bulles de 1112[238] et de 1126[R 23]), puis en confirmant explicitement la primatie de Bourges sur Bordeaux : bulles d'Eugène III (15 mars 1146)[R 24], d’Alexandre III (21 août 1177)[R 25], de Lucius III (3 janvier 1184)[R 26], d’Urbain III (28 janvier 1187)[R 27] et de Célestin III (11 janvier 1193)[R 28]. Dans les Assemblées générales du Clergé de France, le titulaire de Bourges se nommait « Archevêque, Patriarche de Bourges, Primat d’Aquitaine » (1582, 1585, 1588)[239] ; « Patriarche, Archevêque de Bourges, Primat d’Aquitaine » (1584, 1595, 1598, 1600, 1602, 1608, 1610, 1625, 1645)[240]; « Patriarche, Archevêque de Bourges, Primat des Aquitaines » (1655, 1681, 1685, 1693, 1695, 1700, 1705, 1710, 1713, 1715, 1730, 1735, 1742, 1750)[241] ; « Patriarche-Archevêque de Bourges, Primat des Aquitaines » (1755, 1765, 1775)[242]. On trouve les titres de « patriarcha archiepiscopus Bituricensis Aquitanorum primas » dans l'épitaphe d'Anne de Lévis de Ventadour (1649-1662)[243] et de « patriarcha archiepiscopus Bituricensis Aquitaniarum primas » dans l'épitaphe deMichel II Poncet de La Rivière (1675-1677)[244]. Mais ces prétentions rencontrèrent l'hostilité des archevêques de Bordeaux, contraignant Rome à multiplier les rappels à l'ordre: le 18 mars 1232 encore, Grégoire IX tenta de fixer « les relations juridiques entre le primat d’Aquitaine et son subordonné l’archevêque de Bordeaux »[245]. Mais Bordeaux ne se soumit pas et obtint son indépendance en 1305. Avec le Concordat de 1801, le diocèse de Bourges fut, comme tous les autres, « annul[é], supprim[é] et étein[t] à perpétuité » puis « érig[é] sous une nouvelle forme »[246], ce qui mettait un terme à sa primatie et son très incertain patriarcat. Après la Restauration, les archevêquesJean-Marie Cliquet de Fontenay (1820-1824)[247],Guillaume-Aubin de Villèle (1824-1841)[248],Charles-Amable de La Tour d'Auvergne-Lauragais (1861-1879)[249],Martin-Jérôme Izart (1916-1934)[250],Joseph-Charles Lefèbvre (1943-1969)[251], portèrent le double titre de patriarche et de primat, qui n'est plus en usage aujourd'hui.
Vienne (France)[G 60] :« primat des primats ». Fondé aux premiers siècles du christianisme, probablement aux environs de 240/250[252], le diocèse de Vienne devient très vite important, et son évêque est déjà métropolitain auconcile de Valence (374)[253]. L'évêqueBarnard (810-841) est le deuxième, aprèsWillicaire/Wilchaire (c.732 ?)[254], à recevoir lepallium (5 décembre 817)[R 29] : cette concession est l’occasion de forger de fausses lettres pontificales pour exalter le rôle juridique de l’archevêque de Vienne[255].Léger (1030-1070) portait dès 1031 le titre « d’éminent primat »[256] et affirme son rang dans sa souscription auconcile de Rimini « commeprimat de l’Église de Vienne en tête des évêques non italiens » (1053)[256].Warmond (1077-1081) se fait confirmer par la bulle (sans doute interpolée)Cum ex apostolicæ (6 mars 1077) la primatie sur les sept provinces de Vienne, Embrun, Aix, Narbonne, Bourges, Bordeaux et Auch[257]. L'archevêqueGui de Bourgogne (c.1088-1119), élu pape sous le nom de Calixte II (1119-1124), promulgue (28 juin 1119) la bulleEtsi ecclesiarum omnium[258], par laquelle, « s’appuyant sur des privilèges antérieurs [...] dont nous avons vu qu’ils étaient pour le moins douteux »[259], il « confirm[ait] (il faut lire : accord[ait]) la primatie sur les six provinces de Bourges, Bordeaux, Auch, Narbonne, Aix et Embrun, sur l’archevêque de Tarentaise »[260], faisant de l’archevêque de Vienne le « représentant du pape auprès de ces Églises, lui donnant le droit de convoquer les assemblées synodales et de juger en dernier ressort les affaires ecclésiastiques »[259]. Cette concession reste purement nominale, ce qui n'empêche pas Antoine de Clermont (1496-1506), concurrent de Federico Sanseverino (1497-1515), de se dire « Primat de l’Église de Vienne, [...] immédiatement soumis et ne reconnaissant d’autre supérieur en deçà des monts que la sainte Église romaine »[261]. Pierre III de Villars (1626-1662) s'intitule « primat des primats » ; Henri de Villars (1662-1693) est « primat des primats »[262], mais aussi « Grand Primat des Primats des Gaules »[263] ; Armand de Montmorin (1694-1713) se dit « Primat des Primats des Gaules, et par un Indult du Saint-Siège Vice-gérant du Souverain Pontife dans la Province Viennoise, et dans sept autres Provinces »[264]. Le titre de« primat des primats » est porté jusqu'à la suppression du diocèse de Vienne (Concordat de 1801).
Funchal (Portugal)[G 61]:« primat des Indes ». Le diocèse est érigé par le papeLéon X (bullePro excellenti præeminentia, 12 juin 1514)[265]. Très vite, son premier évêque Diogo Pinheiro (1514-1526) prétendit à la primatie[266] : il avait juridiction sur toute la zone occupée par les Portugais dans l'Atlantique et l'océan Indien[D 10]. Ainsi, le diocèse comprenait tous les territoires découverts ou à découvrir par les Portugais. Sa juridiction s'étendait sur tout territoire de l'Afrique occidentale et orientale, le Brésil et l'Asie. Pour cette raison, son premier évêque, Funchal fut élevé au rang de métropole (cedula consistorialis du 31 janvier 1533)[267] ; son titre de« primat des Indes » aussitôt mentionné (cedula consistorialis du 10 février 1533)[268] et confirmé par les bullesÆquum reputamus (3 novembre 1534)[269],Gregis Dominici (25 août 1536)[270] etRomani pontificis (8 juillet 1539)[271]. Funchal devenait la capitale de la plus grande province ecclésiastique du monde, ayant pour diocèses suffragants : lesAçores (diocèse d'Angra), le Cap-Vert (diocèse de Santiago du Cap-Vert), le Brésil (diocèse de São Salvador da Bahia), l'Afrique (diocèse de Tomé) et les Indes (Goa). Mais dès le 3 juillet 1551, la métropole fut rétrogradée au rang de simple diocèse, suffragant de Lisbonne, et perdit sa primatie[D 11].
Nicosie (Chypre):« primat du royaume de Chypre ». Après la conquête de Chypre par les Croisés (mai 1191)[272], il fallut songer à l’organisation d’une Église latine à l’instar de ce qui s’était fait en Terre Sainte. Par la bulle du 21 février 1196,Célestin III délégua ses pouvoirs à deux archidiacres pour régler « tout ce qui concernait l’institution, la hiérarchie et la dotation de la nouvelle Église chypriote. Sur leur rapport le Saint-Siége [..] créa un archevêché latin à Nicosie et trois évêchés, ses suffragants, dans les villes de Paphos, Limassol et Famagouste »[273]. Le 3 juillet 1260,Alexandre IV, dans saConstitution chypriote, plaçait les diocèses grecs subsistants « sous l’autorité suprême de l’archevêque latin de Nicosie, seul métropolitain du royaume »[274]. Mais il n'est pas question de primatie dans ces documents, et il est très difficile de dire à partir de quand le titre fut porté, car, « si on excepte un cartulaire de Sainte-Sophie contenant 140 documents d’avant 1478, toutes les archives ont disparu »[275]. En tout cas le dernier archevêque latin résidentiel, Filippo Mocenigo (1560-1586), avait assisté en 1563 aux ultimes sessions du concile de Trente et y souscrivit ainsi : « regni Cypri primas et legatus natus »[276], ce qui suppose une reconnaissance romaine. La conquête ottomane de l'île (1571) mit fin à l'archevêché, devenu simple siège titulaire.
Rouen (France)[G 62]:« primat de Normandie ». La métropole de Rouen, soumise depuis 1079 à la primatie lyonnaise, tenta de s'en émanciper, et remporta deux victoires, l'une quand Rome établit en principe l'immédiate soumission au Saint-Siège de l’Église de Rouen (8 juillet 1458)[277], l'autre devant Louis XIV (). Les archevêques de Rouen prirent le titre de« primats de Normandie » (à partir de 1527[278]), jamais reconnu par Rome. Les prétentions primatiales furent supprimées avec le Concordat de 1801[279],[280]. Depuis le1er février 1820, les archevêques ont repris le titre de« primat de Normandie »[281] — avec une exception notable à Vatican II, où le titre primatial ne fut pas exhibé… Aujourd’hui encore, l’Annuaire diocésain de Rouen revendique le titre de primat de Normandie, mais il n'a pas de valeur canonique.
Bari (Italie)[G 63]:« primat des Pouilles ». Urbain II confirma à la nouvelle métropole de Bari la possession du titre de Canosa (7 octobre 1089)[R 30] : comme cette Bulle incluait Trani dans l'énumération des suffragants de Bari, Beatillo[282] en déduisait qu'elle élevait Bari au rang de primat de la Pouille, puisqu'un simple archevêque n'aurait pas pu être métropolitain d'un autre archevêque. Mais, en plus du silence total du document pontifical sur ces prérogatives primatiales, certains soutiennent que Trani n’était pas encore métropole et donc que la primatie n’avait pas lieu d’être[283]. C'est néanmoins sur ce syllogisme que des auteurs desXIXe et XXe siècles ont cru pouvoir affirmer qu'Urbain II conféra à Bari le titre de primat des Pouilles[284],[D 12]. En dépit de l'absence de confirmation romaines, le titre de« Primas Apuliæ » ou« Primate di Puglia » fut largement utilisé par les archevêques de Bari : Michele Carlo von Althan (1728-1735), Muzio II Gaeta (1735-1754)[285], Gennaro Maria Guevara Suardo (1792-1804), Baldassare Mormile (1805-1818)[286], Nicola Coppola (1818-1823)[287], Enrico Ernesto Mazzella (1887-1897)[288], Augusto Curi (1925-1933)[289], Marcello Mimmi (1933-1952)[290], Enrico Nicodemo (1952-1973)[291], Andrea Mariano Magrassi (1977-1999)[292], Francesco Cacucci (1999)[293].
Westminster (Royaume-Uni)[G 64] :« primat d'Angleterre ». Par le brefUniversalis Ecclesiae du, le papePie IX rétablit la hiérarchie catholique en Angleterre et au pays de Galles : le vicariat apostolique du district de Londres devint l'archidiocèse métropolitain de Westminster.Par laconstitution apostoliqueSi qua est du, le papePie X éleva deux diocèses — Birmingham etLiverpool — au rang d'archidiocèses métropolitains, réduisant d'autant la juridiction métropolitaine de Westminster. En compensation, Westminster reçut des honneurs rarement conférés par le Saint-Siège[294] : « il préside de droit des synodes interprovinciaux d’Angleterre ; il a préséance dans tout le pays sur les autres métropolitains, même dans la propre province de ceux-ci ; peut porter le pallium, ériger son trône et faire porter la croix devant lui, dans toutes les églises de l’Angleterre ; il est le représentant officiel de toute l’Église d’Angleterre auprès de la Cour »[295]. Par ces honneurs, Westminster approchait la primatie de Canterbury disparue de l’Église catholique en Angleterre depuis 1559; cependant aucun titre primatial ne fut officiellement accordé par Rome. Cela n'empêcha pas le cardinal Heenan (1963-1975) de signer les Actes de Vatican II comme « Primas Angliæ »[296].
Sens (France)[G 65]:« primat des Gaules et de Germanie ». Le 8 janvier 876, le pape Jean VIII établissait l'archevêque de SensAnségise (871-883) comme son« vicaire apostolique » en Gaule et en Germanie[297]. Cette délégation apostolique, extraordinaire et personnelle, fut confiée par le pape Jean XV à son successeurSéguin ou Sévin (978-999)[298], qui prit à l'occasion du concile de Saint-Basle de Verzy (991) le titre de« primat des Gaules »[299]. De là à parler de primatie pour le diocèse de Sens, il n'y avait qu'un pas à franchir, mais il faut attendre l'archevêqueJean II de Nanton (1422-1432) pour voir apparaître le titre de« primat des Gaules et de Germanie » (concile de Paris, 1429)[300], jamais confirmé par Rome, qui considérait au contraire que la province de Sens était soumise à Lyon,« primat des Gaules » depuis 1079. Les prétentions de Sens, supprimées avec le diocèse (Concordat de 1801[279],[280]), ressurgirent avec sa restauration (1821)[301], toujours sans reconnaissance romaine. Depuis le 8 décembre 2002, l'archevêque de Sens n'est plus métropolitain et devient suffragant de la métropole de Dijon: il semble avoir renoncé à ce titre primatial aprèsGeorges Gilson (1996-2004).
Bordeaux (France)[G 66]:« primat d'Aquitaine ». En 989,Gombaud de Gascogne présida le concile de Charroux comme « archevêque de l’Aquitaine Seconde »[302]. Devant les prétentions croissantes des archevêques de Bourges à l'hégémonie sur les provinces aquitaines, les archevêques de Bordeaux pensèrent eux aussi à la primatie : en 1300, Bertrand de Got, nouvel archevêque de Bordeaux, prit le titre de primat d’Aquitaine seconde, auquel avaient déjà aspiré ses prédécesseurs. Gilles Colonna, archevêque de Bourges, répondit par une excommunication[303]. Malheureusement pour lui, son adversaire devint pape le 5 juin 1305 sous le nom deClément V et il s'empressa de libérer officiellement Bordeaux de la tutelle de Bourges, par la bulleIn supremæ solio (26 novembre 1305)[304]. Alors qu'il n'est pas question de primatie pour Bordeaux dans cette bulle, les successeurs de Bertrand de Got prirent le titre de« primat d'Aquitaine », même s'il est difficile de dire à partir de quand : on le trouve dans l'épitaphe d'André d'Espinay (1488-1499)[305], dans une ordonnance de FrançoisIer (1542)[306], au concile de Bordeaux (1582)[307], dans les Assemblées générales du Clergé de France (1567, 1602, 1608, 1610, 1614, 1635, 1655, 1681, 1685, 1700, 1701, 1705, 1707, 1710, 1711, 1715, 1723, 1730, 1745, 1750, 1760, 1775)[308]. Comme toutes les primaties françaises, Bordeaux perdit son rang au Concordat de 1801, et le régime concordataire ne permit aucune restauration canonique : cela n'empêcha pasFerdinand-François-Auguste Donnet (1837-1882)[309],Pierre Paulin Andrieu (1909-1935)[310],Maurice Feltin (1935-1949)[311],Paul Richaud (1950-1968)[312] de reprendre le titre de primat d'Aquitaine, évitant toutefois de le faire dans les Actes de Vatican II. Aujourd’hui, l’Annuaire diocésain de Bordeaux ne mentionne plus ce titre.
Auch (France)[G 65]:« primat de la Novempopulanie et des Deux-Navarres ». Au cours de l'histoire, les archevêques d'Auch durent se défendre contre les velléités hégémoniques de leurs confrères de Vienne, de Bourges et de Bordeaux. Il fallut cependant attendre 1675 pour les voir prendre le titre de primats dans les Assemblées-générales du Clergé de France : est alors rapporté le titre de« primat de la Novempopulanie & du Royaume de Navarre » (1675)[313], puis de« primat de la Novempopulanie et des Deux-Navarres » avec Jean-François de Montillet de Grenaud (1742-1776)[314]. Les prétentions d'Auch, supprimées avec le diocèse (Concordat de 1801[279],[280]), ressurgirent avec sa restauration (1822)[314], toujours sans reconnaissance romaine. Depuis le 8 décembre 2002, l'archevêque d'Auch n'est plus métropolitain et devient suffragant de la métropole de Toulouse: il semble avoir renoncé à ce titre primatial après Ernest Ricard (1907-1934).
Toulouse (France)[G 67]:« primat de la Gaule narbonnaise ». Le Concordat de 1801 supprima le diocèse de Narbonne et sa primatie, et le titre archiépiscopal fut joint à la métropole de Toulouse[86].Paul-Thérèse-David d'Astros (1830-1851) fut appelé « archevêque de Toulouse et de Narbonne, primat des Gaules »[315] ; ses successeurs,Jean-Augustin Germain (1899-1928)[316],Jules Saliège (1928-1956)[317],Émile Marcus (1996-2006)[318], portèrent le titre d'« archevêques de Toulouse et de Narbonne, primats de la Gaule narbonnaise ». L'Armorial des prélats français duXIXe siècle attribuait à l’archevêque de Toulouse le titre de« Primat des Gaules » (tout court), oude la Gaule narbonnaise »[319]. Depuis le 14 juin 2006, Narbonne est redevenu simple titre épiscopal rattaché à Carcassonne, et l’Annuaire diocésain de Toulouse ne parle plus de primatie[320].
Arles (France)[G 68]:« primat ». Forts de leurs prédécesseurs nommés à plusieurs reprises« vicaires apostoliques » (entre 514 et 878) et animés par la rivalité séculaire avec la métropole de Vienne pour le contrôle d'un maximum de diocèses suffragants en Provence et en Burgondie, les archevêques d'Arles prirent le titre de primats, sans oser ajouter« des Gaules ».Elifantus d'Arles avait souscrit au concile de Narbonne (788) « Primæ Sedis Episcopus »[321], mais cela ne semble pas avoir porté à conséquence. Le 15 octobre 879, à Mantaille, une assemblée de prélats et de seigneurs proclama Boson roi de Provence ou d’Arles : parmi les signatures, on voit celle deRostang d'Arles: « archevêque d’Arles, primat de Bourgogne (Rostagnus, archiepiscopus Arelatensis, Burgundiæ primas) »[322]. Plus concrètement, Aix-en-Provence resta sous la coupe des archevêques d'Arles duVe siècle jusqu’au tournant desXIe et XIIe siècles[323], d'abord comme diocèse suffragant, puis comme métropole soumise au primat (794, 878) : « les archevêques d’Aix demeurèrent sous la dépendance de la primatie d’Arles »[324]. Cette prééminence était reconnue à l'extérieur de la province ; ainsi les évêques des provinces de Lyon et de Sens écrivirent (956/957) àManassès d'Arles : « Au grand des grands, au premier des premiers, le seigneur Manassès, archevêque du siège métropolitain d’Arles »[325]. Cependant on ne trouve pas de reconnaissance romane explicite : la bulleArelatensem metropolim (26 décembre 1153)[R 31] ne parla pas de primatie (alors qu’elle voulait explicitement confirmer tous les privilèges de l’Église d’Arles), se contentant de déclarer que la province d’Arles ne serait soumise à aucun légat, excepté à un légata latere. En 1661, l'archevêque d’ArlesFrançois Adhémar de Monteil de Grignan (1645-1689) refusa explicitement « de reconnaître à l’archevêque de Lyon le titre de Primat des Gaules »[326] et s'intitula « primat et prince »[327]. Dans les Assemblées générales du Clergé de France, l'archevêque d’Arles apparut, sans précision, comme « primat » (1657, 1666, 1693, 1705, 1707, 1725, 1742, 1745, 1747, 1755)[328]. L'usage devait en être récent, car aucune des épitaphes (1388, 1431, 1450, 1464, 1475, 1489, 1521, 1589) citées par un ouvrage tout entier consacré à l'exaltation de la primatie d'Arles ne comporte de titre primatial[329]. Le siège d'Arles disparut avec leConcordat de 1801.
Aix-en-Provence (France)[G 69]:« primat ». Avec leConcordat de 1801, le titre archiépiscopal d'Arles fut relevé et annexé à la métropole d'Aix (1801)[330]. Une restauration du diocèse échoua (1817-1819), et Rome, après avoir insisté en 1822 pour le rétablissement du siège d'Arles[331], se résigna à le supprimer (bullePaternæ charitatis, 10 octobre 1822)[87] et à annexer le titre à Aix-en-Provence, sans aucun rang primatial, même honorifique[332]. CependantThéodore-Augustin Forcade(1873-1885)[333] etFrançois-Xavier Gouthe-Soulard (1886-1900)[334] furent appelés« archevêques d'Aix, Arles et Embrun, primats ».
Rennes (France)[G 70]:« primat de Bretagne ». Croyant hériter des droits primatiaux de Dol,Godefroy Brossay-Saint-Marc, évêque de Rennes (1841-1878), rallié à Napoléon III, avait demandé « d’être promu archevêque-primat de Bretagne »[335], mais on se contenta de créer un archevêché métropolitain (bulleUbi primum, 3 janvier 1859)[336]. Le, le pape concède aux archevêques de Rennes les titres d'évêque de Dol et de Saint‑Malo. L'archevêquePaul-Joseph-Marie Gouyon (1964-1985) signa les Actes de Vatican II avec le titre « Primas Britanniæ »[337], qui ne fut jamais reconnu et est absent de l'Annuaire diocésain de Rennes.
Sassari (Italie)[G 71]:« primat de Sardaigne et de Corse ». Un grave conflit éclata entre les archevêques de Cagliari et de Sassari sur le titre primatial (1574)[138] que Sassari et Pise refusaient à Cagliari : on fit appel à Rome (1589), qui examina l'affaire pendant des décennies avant de rendre quatre sentences qui ne tranchèrent pas le débat (1637-1640)[338]. Dès 1609, l'archevêque de Sassari avait pris le titre de primat de Sardaigne et de Corse[339], qu'il porta jusqu'à Vatican II[340]. Depuis, la titulature primatiale est omise.
Oristano (Italie)[G 72] :« primat de Sardaigne ». Au cœur du conflit pour la primatie entre Cagliari et Sassari (1574-1640), l'archevêque d'Oristano, aux alentours de 1638, y prétendit également[341],[342]. Mais ces prétentions sont tombées dans l'oubli.
Palerme (Italie)[G 73]:« primat de Sicile ». Pour affirmer la position de la cité de Palerme face aux ambitions de Messine, Rocco Pirri citait deux sources: Ralph de Diceto (†1199/1200), qui prétendait que l'archevêque de Palerme avait reçu en 1166 le titre detotius Siciliæ Primas[343], et Antonio Possevino (†1611) qui appelait l’archevêque Paolo Visconti (1469-1473)Siciliæ primas[344] ; cependant il devait admettre que le pape Innocent III refusa à Palerme le titre primatial (1201)[345]. On trouve encore le titre primatial inscrit (1544) sur le mausolée de l’archevêque Jean Carondelet[346] et repris par divers ouvrages et auteurs[347],[348],[D 13], mais il n'a jamais été validé par Rome.
Ravenne (Italie)[G 74] :« primat ».Maximien de Ravenne (546-c.557), « seul partisan important de la condamnation des« Trois Chapitres » en Italie du Nord », se vit concéder par l’empereur de Constantinople « l'autorité sur des provinces dont les métropolitains étaient hostiles à leur politique, la Dalmatie, l'Istrie et peut-être même toute l'Italia »[349], ce qui fut l’occasion de prendre le titre d'archiepiscopus et le pallium. Les prélats de Ravenne obtinrent le1er mars 666 de l’empereur byzantin Constant II le privilège de l’autocéphalie, leur permettant d’être consacrés par leurs suffragants et non plus par le pape, et de recevoir leur pallium… de l’empereur lui-même[350]. L’archevêque Léon (770-777) prétendit au titre de « servus servorum Dei, divina gratia sanctæ catholicæ Ecclesiæ Ravennatis archiepiscopus et primas, Italiæ exarchus » , dans une claire opposition au siège de Rome[351]. Toutes ces tentatives furent considérées à Rome comme des rébellions et n'eurent jamais de valeur canonique.
Tuam (Irlande)[G 75] :« primat de Connaught »[352]. L'archevêque Malachy O'Queely [Maelseachlainn Ua Cadhla] (1630-1645) signait (1636) « Conaciæ [ouConnaciæ]Primas »[353], et James Lynch (1669-1713) « provinciæ Conaciæ in Hybernia metropolitanus & primas » (1702)[354], titre repris (Primate and Metropolitan of Connaught[355]) par les prélats anglicans de Tuam jusqu’en 1834/1839. Cependant, aux conciles pléniers d'Irlande (1850[356] et 1875[357]), l'archevêque de Tuam ne signa pas en tant que primat, au contraire de ses confrères d'Armagh et de Dublin ; il siégea à Vatican I parmi les simples archevêques[358]. Battandier publiait un sceau (1903) de John Healy (1903-1918) portant la mention : « Conaciæ primas »[359]. Ces revendications primatiales ne semblent plus d'actualité.
Cashel (Irlande)[G 76]:« primat du Munster ». Le synode de Rathbreasail (1111) avait pris soin de laisser Cashel soumis à Armagh « tamquam primati »[360], et l’archevêque d’Armagh put exercer son droit de visite sur la province de Cashel au moins jusqu'en 1461[361]. Néanmoins, Commanville notait la difficulté des trois archevêques irlandais à accepter la supériorité d'Armagh[362]. A une époque qu'il est difficile de préciser, les archevêques de Cashel prétendirent à la primatie sur la province de Munster : James Butler (1774-1791) signait (1776) « Momoniæ primas », que l’on traduit par« Primat de Munster »[363] ; au concile provincial de Thurles (1853) un journal donnait à Michael Slattery (1833-1857) le titre deMetropolitan and Primate of Munster[364]. Aux conciles pléniers d'Irlande (1850[356] et 1875[357]) l'archevêque de Cashel ne signa pas en tant que primat, au contraire de ses confrères d'Armagh et de Dublin et il siégea à Vatican I parmi les simples archevêques[365]. Depuis le titre primatial semble oublié. Les prélats anglicans de Cashel revendiquèrent le titre dePrimate and Metropolitan of all Munster jusqu’en 1833/1838[366].
Mohilev (Biélorussie)[G 77] :« primat du grand-duché de Lithuanie et de toutes les Églises romaines en Russie ». Un oukase de l’impératrice Catherine II réunit tous les catholiques latins de son empire en un seul diocèse (14 décembre 1772)[367] ; ce diocèse devint l'archidiocèse de Mohilev (oukase du 28 janvier 1782), et son titulaire, installé sans même attendre la réponse pontificale, reçut « des pouvoirs à peu près illimités sur le clergé séculier et régulier » de toute la Russie[368]. Rome reconnut l'archidiocèse de Mohilev (26 décembre 1783)[369] mais dès le 5 mai 1799, un nouvel oukase faisait de l’archevêque de Mohilev le« primat de l’Église catholique en Russie »[370]. Le 4 novembre 1814, le tsar demandait à Rome la reconnaissance d'un« primat du grand-duché de Lithuanie et de toutes les Églises romaines en Russie », mais le Saint-Siège fit traîner les négociations en longueur et ne concéda jamais de titre primatial à Mohilev[371]. Ruinée par les persécutions du régime soviétique, la métropole de Mohilev fut abolie et son titre uni à Minsk (bulleEx quadam præteritorum, 13 avril 1991)[372].
Cologne (Allemagne)[G 78] :« primat de Germanie ». Philipp Eberhard Zech concédait la primatie à Cologne[373]. Un annuaire politico-ecclésiastique de la fin duXVIIIe siècle mentionnait les droits primatiaux de Cologne (« l'archevêque est primat enGermania cisrhenana secunda ou enFrancia ripuaria »), en concédant que le titre était fort peu porté[374]. Toute l'histoire de l'archevêché de Cologne tourne autour de la primatie, sans aucune concession papale décisive. En 745, un concile décida d’ériger Cologne comme métropole de la province ecclésiastique d’Austrasie, mais l’opposition des évêques fut telle que saint Boniface dut accepter le siège épiscopal de Mayence[375]. Nombreux furent les archevêques de Cologne à occuper les fonctions d'archichapelain : Hildebald (787-818) pour Charlemagne, en 791[376] ; Gunthar (850-863), pour Lothaire II de Lotharingie ; HermannIer von Bliesgau (c.889-924)[377], pour Zwentibold de Lotharingie en 895 ; et pour OthonIer, Wicfred (941-953) en 941[D 14] et BrunoIer (953-965) en 951[R 32]… Wicfred de Cologne (923-953) « revendiqua (8 août 936) pour lui le droit de couronner l'empereur Othon le Grand », mais dut composer avec son confrère de Trèves qui couronna avec lui et donna l'onction[D 15] ; Pilgrim (1021-1036) obtint pour les archevêques de Cologne le droit de couronner le roi de Germanie (1028) et le titre, purement honorifique, d’archichancelier du royaume d’Italie (1031) que ses successeurs portèrent après lui[378]. On constate une longue « querelle de primatie entre Trêves, Cologne et Mayence dans la deuxième moitié duXe siècle et auXIe siècle »[379], sans conclusion décisive tant les forces étaient égales. Mayence emporta une première manche (936), puis ce fut Cologne (951), Magdebourg (968, 981), Trèves (969)[380]... Le temps passant, le conflit sembla s'assoupir, mais chacun des trois archevêques rhénans revendiqua la prééminence de son Église. Les bullesIn eminenti apostolicæ (8 janvier 1152)[R 33],Cum ita sit (20 janvier 1157)[R 34] etEtsi teneamur (19 juin 1178)[R 35], sans trancher la question, reconnurent à l'archevêché de Cologne l'exemption de la juridiction de tout primat, la soumission immédiate au Saint-Siège, le droit de sacrer dans sa province le roi de Germanie et la première place dans les conciles qui se tiendraient dans sa province. La bulleDe salute animarum (16 juillet 1821)[381] restaura l’intégrité de l’archidiocèse de Cologne en supprimant l’éphémère le diocèse français d’Aix-la-Chapelle et en remodelant le territoire du diocèse et de la province: jusqu'en 1930, Cologne se retrouva dans une position exceptionnelle, comme la seule métropole du royaume de Prusse et même de toute l'Allemagne du Nord. À ce titre, Cologne fut amenée à jouer un rôle dans les relations souvent compliquées entre la Prusse et le Saint-Siège: l'archevêque Ferdinand-Auguste Spiegel (1824-1835) put même rêver « de jouer en Allemagne le rôle d’un primat »[382].
Ratisbonne (Allemagne)[G 79] :« primat d’Allemagne ». Après les victoires françaises en Allemagne, le concordat de 1801 supprimait l'archidiocèse de Mayence-Rive gauche, mais laissait subsister la partie Mayence-Rive droite. Bonaparte voulut que « les titres d’Électeur et d’archichancelier, qui étaient liés au siège épiscopal de Mayence, celui de métropolite de la province ecclésiastique de Mayence, et le nouveau titre de primat d'Allemagne, conquis par Dalberg, [soient] transférés à Ratisbonne. Le choix de Ratisbonne, siège du Reichstag, et de Wetzlar, siège de la cour suprême, avait une signification politique. Dalberg fut mis en possession, le1er déc. 1802, du siège de Ratisbonne. Le pape refusa d’entériner toutes ces innovations et, par un bref du 29 janv. 1803, lui défendit d’exercer les fonctions d'évêque de Ratisbonne et de primat d’Allemagne. Cependant, à la mort de l'évêque de Ratisbonne en avr. 1803, Pie VII confia à Dalberg l'administration du diocèse »[D 16]. Finalement Pie VII se résolut à transférer le siège de Mayence-Rive droite à Ratisbonne érigée en métropole sur tous les diocèses d’Allemagne (sauf la Prusse et l’Autriche) : « mais il ne lui reconn[ut] pas le titre de primat et lui accord[a] une simple« prééminence » » (bulleIn universalis Ecclesiæ,1er février 1805)[383]. Lors des négociations internationales du Congrès de Vienne (1814-1815),Charles-Théodore de Dalberg tenta de créer « une Église nationale allemande, dépendante d’un primat »[D 17], mais échoua; quand il mourut (10 février 1817), Ratisbonne fut rétrogradée au rang de simple diocèse (bulleDei ac Domini Nostri,1er avril 1818).
Vilnius (Lituanie)[G 80] :« primat du grand-duché de Lituanie ». L'évêché de Vilnius fut fondé pendant le Grand Schisme d'Occident. Très tôt « membre permanent du conseil du grand-duc »[384], l'évêque de Vilnius avait le premier rang dans la hiérarchie des diocèses lituaniens : cela lui donna l’idée de s’autoproclamer, sans aucune base légale[385], « Primas Magni Ducatus Lithuaniæ ». Après l’Union de Lublin (1569), l'évêque de Vilnius, désormais nommé par le roi, devint membre du conseil royal, rejoignant le Sénat de la République de Pologne[386] : ce qui encouragea Benedykt Wojna (1600-1615), Eustachy Wołłowicz (1616-1630), Abraham Wojna (1631-1641) et Jerzy Białłozor (1661-1664)[385] à prendre le titre de« primats du grand-duché de Lituanie ». Pour contrer ces prétentions, l’archevêque de Gniezno Wacław Leszczyński (1659-1666) exigea des évêques de Vilnius qu'ils garantissent par écrit de ne pas recommencer[385], et crut devoir allonger son titre de« Regni Poloniæ Primas » en« Regni Poloniæ Magnique Ducatus Lithuaniæ Primas »[387]. L’évêque de Vilnius dut faire marche arrière[G 80].
Corinthe (Grèce)[G 82]:« primat de toute l'Achaïe ». Vialart (repris par Matougues)[391], Commanville[392] et Moroni[393] attribuèrent aux archevêques latins de Corinthe (1205-1458) le titre de« primat de toute l’Achaïe », mais il s’agit d’un décalque erroné du titre d’« exarque et hypertime de tout le Péloponnèse »[394] que portaient les archevêques grecs de Corinthe, car depuis Thomassin au moins, les ecclésiologues catholiques avaient l’habitude de traduire « exarque et hypertime » par« honoratissimus et primas »[395].
Patras (Grèce)[G 83] :« primat d'Achaïe ». Patras fut le siège, suite à laIVe croisade, d’un archevêché latin (1205-1430) : Sponde[396], Thomassin[397], Finlay[398], Miller[399] et Clair[400] donnèrent à son premier archevêque, Antelme de Cluny, le titre de« primat d’Achaïe ». Mais il s’agit d’un décalque erroné du titre d’« exarque et hypertime de toute l’Achaïe »[394] que portaient les archevêques grecs de Patras, car depuis Thomassin au moins, les ecclésiologues catholiques avaient l’habitude de traduire « exarque et hypertime » par« honoratissimus et primas »[401].
Sirmium (Serbie)[G 84]:« primat des Pannonies et des Noriques ». Ville stratégique de l'Empire romain, Sirmium fut très tôt évêché (avant 304) puis métropole (sans doute dès avant 325)[402]: le préfet d'Illyricum y résida quelque temps, mais la ville fut ruinée par la domination des Huns, Gépides et Lombards (441-567), et remplacée sur les plans civil et ecclésiastique par Justinien par la ville deJustiniana Prima, désormais siège d’un archevêque (535)[403]. Charles de Saint-Paul, reproduit par Matougues, affirma que Sirmium était« sedes primatis Pannoniarum et Norici utriusque »[404], mais il s'agit d'un anachronisme.
Knin (Croatie)[G 85]:« primat de Croatie ». On trouve parfois la mention de l’évêque de Knin comme primat de Croatie (1682/1684)[405],[406], mais c'est une confusion avec les fonctions palatines de l’évêque de Knin, qu'on appelait« Croatiensis », &« Croatiæ », &« Croatorum Episcopus »[407].
Dol (France)[G 86]:« primat de Bretagne ». Le ducNominoë épure l'épiscopat breton[408] pour y placer des fidèles : en 849, lors du synode de Coitlouh[409], il érige àDol un siège épiscopal[410],[411]. Mais il n’est pas question de métropole et encore moins de primatie. Après l'extinction du schisme grâce aux négociations avec le pape NicolasIer[412], les rois bretons, successeurs de Nominoë, qui ne veulent pas dépendre de l’archevêque franc de Tours[413], tentent d'obtenir de Rome la création d’une métropole. Une demande de pallium pour Dol est cependant rejetée dès 866[414]. Néanmoins la métropole de Dol, « usurpation politique »[415], tenta d'exister : Dol obtint le pallium, et donc une semi-autonomie (1076), sous Grégoire VII[R 36], Urbain II[R 37], Pascal II[R 38], jusqu'au refus de Lucius II (1144)[R 39], et surtout à la sentence d'Innocent III (bulleLicet primum,1er juin 1199) qui interdisait aux prélats de Dol de se dire archevêques ou de porter le pallium[416]. Mais quoi qu'en dise Rhein[417], s’appuyant sur Levillain[418] (qui n’emploie pas une seule fois le mot de primat), jamais les archevêques de Dol n'ont été« primats de Bretagne » ni n'en ont porté le titre.
Lucques (Italie)[G 87]:« primat de Toscane ». Battandier[419] donnait aux évêques de Lucques le titre de« primats de Toscane » (1068 ou 1070), citant faussement à l'appui Ughelli[420] qui ne parlait que de pallium et de croix processionnelle : mais les honneurs accordés au siège de Lucques — pallium (1120), croix archiépiscopale (1181), calotte rouge[421]— ne sont jamais montés jusqu'à un titre primatial.
Messine (Italie)[G 88]:« primat de Sicile ». Dans la lutte d'influence contre la cité de Palerme, les défenseurs de Messine firent appel à l'antiquité gréco-romaine, en soulignant que la cité fut alors déclaréePrimate della Sicilia[422], en inventant un édit de l'empereur Arcadius qui lui aurait donné le privilège d'être« in tota Magna Græcia & Sicilia Prothometropolim » (407)[423], en faisant de l'évêque Jean, présent au concile de Chalcédoine (451) [en fait évêque de Messène d'Achaïe], un« Primate e Protometropolitano di tutta la Sicilia »[424]… Mais la création d'une métropole à Messine fut l'œuvre de l'antipapeAnaclet II (14 septembre 1131)[R 40], et le premier archevêque canoniquement reconnu fut Nicolò (1166-1182)[425].
Capoue (Italie)[G 89]:« primat de toute la Lombardie mineure ». La prétendue primatie des archevêques de Capoue est l'œuvre d'un faussaire duXVIIIe siècle,Francesco Maria Pratilli[426] : l’empereurLouis II le Jeune aurait demandé au pape que Landolfo évêque de Capoue (852-879) fût institué unique métropolite et primat de toute la nation Lombarde (vers 877)[427]. Ainsi Landolfo aurait pu prétendre au titre de primat de toute la Lombardie mineure[428]. Ces inventions de Pratilli, répercutées par Del Prete (à la date de 965)[429], n'ont aucun fondement historique.
Milan (Italie)[G 90]:« primat de Ligurie » ou« de Lombardie ». Mario Fois écrivait que Milan se prétendit « totius Liguriæ Primas », ajoutant, peut-être un peu vite, que cette prétention fut confirmée au synode romain de 1027[430]. Kehr était plus précis en notant qu’auxXe – XIIe siècles, l'archevêque de Milan était parfois appelé « primas Liguriæ »[431]. Ellies du Pin attribuait à l’archevêque de Milan le titre de « totius Vicariatus Italiæ Exarchus »[432]. Dans des listes de provinces ecclésiastiques de l’Empire austro-hongrois (1819, 1822, 1827...), on compte Milan comme primat de Lombardie[433],[434],[435] ; par contre un autre auteur de la double monarchie ne le comptait pas comme primat[436], ce qui est plus exact.
Reggio de Calabre (Italie)[G 91] :« primat de Calabre ». Le siège de Reggio est connu comme archevêché autocéphale dépendant du patriarcat de Constantinople (Notitiæ II-III, entre c.650 et c.800), puis comme métropole (Notitiæ IV-XX, entre 845/869 et vers 1400)[437]. Cette promotion au rang de métropole, réalisée par l'empereur byzantin pour démanteler le patriarcat romain en Italie du Sud, a été transformée par certains auteurs[438],[439],[440] en primatie, mais Reggio n'a jamais été primat.
Otrante (Italie)[G 92] :« primat ». Le siège d'Otrante est connu comme archevêché autocéphale dépendant du patriarcat de Constantinople (en 879 et dans laNotitia VII, c.901/907)[441], puis comme métropole à partir de 968 (Notitiæ VIII-XIX, entre leXe siècle et c.1350)[442]. Certains auteurs[443],[444] attribuèrent à ses archevêques le rang primatial, mais Otrante n'a jamais été primat.
Séville (Espagne)[G 93] :« primat d’Espagne, d’Andalousie et du Portugal » (480-1145)[352] selon Battandier, mais le titre et les dates sont fantaisistes. Les deux évêques de Séville nommés vicaires apostoliques (480, 520) ou le fait que Séville devint la métropole ecclésiastique du Nouveau Monde espagnol (8 août 1511-12 février 1546)[445], put faire croire à son rang primatial[446], mais Séville ne fut jamais plus qu'une métropole[447].
Mérida (Espagne)[G 94] :« primat des Espagnes ». La crise née de l'hérésie priscillianiste permit à Hydace, évêque de Mérida, d’exercer une autorité métropolitaine, exceptionnelle en Espagne à ce moment (c.380) mais c'est à tort qu'on a cru y repérer « le rôle prépondérant de primat des Espagnes »[448]. Plus tard, Patruinus de Mérida présida le concile de Tolède (400), et Turibius de Mérida fut sollicité à la fois par des confrères et par le pape (447) pour prendre la direction des opérations dans la lutte contre le manichéisme dans la péninsule: il est cependant anachronique de voir dans Mérida, intégrée au royaume suève (439), « le siège du métropolite de Lusitanie et du primat des Espagnes, supérieur au métropolite de Galice »[449].
Athènes (Grèce) [rite byzantin] :« primat de Grèce » (IXe siècle-1145)[352] selon Battandier, mais cet archevêché autocéphale (vers 819), signalé comme métropole lors des conciles œcuméniques de 869-870 et 879, n’est définitivement élevé au rang de métropole distincte qu’en 975. Dans les différentesNotitiae Episcopatuum du patriarcat de Constantinople, la position d'Athènes dans la hiérarchie des métropoles sous Constantinople reste relativement basse (34e sur 37 dans laNotitia 2,48e sur 49 dans laNotitia 3,28e dans laNotitia de 901)[450]. Son soi-disant titre primatial est un décalque malheureux de son titre d’ « exarque et hypertime de toute la Grèce »[451].
Trondheim/Nidaros (Norvège)[G 95] :« primat de Norvège » (1148-1538)[352]. La métropole de Trondheim fut fondée en 1148[452] ou en 1152-1153[453]. La province s’étendait sur toute la Norvège, l'Islande, le Groenland et les îles autour de l’Écosse appartenant au roi de Norvège, ce qui en faisait une des plus vastes de la Chrétienté médiévale. Tore den Trøndske (1227-1230) et Jon Raude (1268-1282) sont dits « Norvegiæ Primas »[454]: le titre est abusif mais il correspond au fait que « parallèlement au développement d’un royaume unifié et unificateur pour toute la Norvège, l’archevêque de Trondheim a acquis la pleine autorité d’unification liturgique de toute la province ecclésiastique — une situation unique dans le Moyen Âge occidental »[455]. l’archevêque de Trondheim, qui avait depuis 1164 le droit de sacrer le roi[456], présidait le Conseil du royaume norvégien, ce qui lui valut, jusqu'à la Réforme protestante, une influence majeure dans un pays que le roi du Danemark détenait en union personnelle sans y résider[457]. Il y avait là tous les éléments d’une primatie : aussi Moroni attribue-t-il à Erik Axelsson Valkendorf, avant-dernier archevêque de Trondheim (1510-1522), le titre deprimate di Norvegia[458], mais il ne semble pas que ce titre ait jamais été porté ou concédé.
Vienne (Autriche)[G 97] :« primat d'Autriche ». On trouve dans quelques répertoires que l'archevêque de Vienne est primat d'Autriche[460],[461] : c'est un usage social dû à l’influence et au prestige de l’archevêque de la capitale, systématiquement cardinal depuis 1855 ; mais jamais Rome n’a octroyé de titre primatial à Vienne (Wien)[462].
Skopje (Macédoine du Nord):« primat de Serbie ». Un récent ouvrage mentionne « l’archevêque catholique de Skoplje et primat de Serbie, Mihajlo Suma » (1728-avant 1743)[463] : mais aucun titre primatial ne fut jamais attaché à Skopje.
Santiago du Chili (Chili):« primat du Chili ».José María Caro Rodríguez archevêque de Santiago du Chili (1939-1958) reçut du Saint-Siège un honneur inusité, à l’occasion de ses60 ans de sacerdoce (11 octobre 1950) : il fut créé« primat du Chili », à titre uniquement personnel (« fruitur titulo Primatis in Republica Chilena ex singulari concessione SSmi Domini Nostri Pii XII facta cum perillustris vir sexagesimum sui sacerdotii anniversarium celebrabat. ''Singularis'' dicimus, eo quod non solet Sancta Sedes titulum primatis ad personam concedere »[464]. Le caractère hors norme de ce privilège entraîne donc pas pour ses successeurs un quelconque droit au rang primatial[G 98].
Caracas (Venezuela):« primat du Venezuela ». Un honneur exceptionnel[G 99] fut conféré à l'archevêque Lucas Guillermo Castillo Hernández (1946-1955) : Pie XII lui accorda, à titre purement personnel, le titre de« primat du Venezuela » (« decreto SC Consistorialis diei 23 aprilis 1952, fruitur honoribus primatis Venezuelæ ad personam »)[465]. De là vient l’erreur de ceux qui attribuent au siège de Caracas une dignité primatiale pérenne, alors qu’il ne s’agissait que d’une gratification personnelle destinée à s’éteindre avec le récipiendaire.
Les attributions des primats différaient considérablement selon les régions. C'est enAfrique du Nord qu'elles étaient le plus étendues. Le primat y exerçait un droit de vigilance et de contrôle, comme il ressort des conciles de Carthage en 397 et du concile deMilève, enNumidie en 402. Le primat d'Esztergom possédait également certains droits de juridiction sur les évêchés.
Ailleurs, diverses prérogatives pouvaient être reconnues aux primats : droit de convoquer lesconciles nationaux et de les présider, droit de couronner les rois, droit de recevoir les instances d'appel. Mais généralement leurs prérogatives étaient purement honorifiques.
Ledroit actuel de l'Église, sauf exceptions dues à la coutume ou en vertu d'un privilège accordé par leSiège apostolique, ne reconnaît que ces prérogatives honorifiques et exclut tout pouvoir de gouvernement des primats[466].
Les armoiries des primats comportent une rangée dehouppes de plus que celles desarchevêques.
Comme celles des archevêques, les armes des primats sont timbrées d'une croix à deux traverses, et du chapeau avec plusieurs rangées de houppes (les archevêques en ont quatre, les primats en ont cinq). Si le primat n'est pas cardinal, le chapeau et les houppes restent verts, sinon ils sont rouges. Les armoiries desprimats de Lorraine (qui ne sont pas archevêques), ont quatre rangées de houppes, soit une rangée de houppes de plus qu'un évêque.
↑Prospetto della gerarchia episcopale in ogni rito dei Vicariati, Delegazioni e Prefetture nei luoghi di missione della S. Chiesa cattolica, apostolica, romana in tutto l'orbe al 1. Gennaio 1850, 1850, p. viii ;Gerarchia cattolica 1851, p. iii ;Gerarchia cattolica 1863,p. 39...
↑Louis de Mas Latrie,Traités de paix et de commerce et documents divers concernant les relations des chrétiens avec les Arabes de l'Afrique septentrionale au moyen-âge recueillis par ordre de l'empereur et publiés avec une introduction historique, Paris,,p. 17.
↑Michel Lauwers,« Territorium non facere diocesim. Conflits, limites et représentation territoriale du diocèse,Ve – XIIIe siècle », dans Florian Mazel, dir.,L’espace du diocèse. Genèse d’un territoire dans l’Occident médiéval (Ve – XIIIe siècle), Rennes,(DOI10.4000/books.pur.4628),p. 4-5.
↑Charles Pietri,Roma christiana. Recherches sur l'Église de Rome, son organisation, sa politique, son idéologie, de Miltiade à Sixte III (311-440), II, Roma,,p. 1007-1010.
↑E. Lesne,La hiérarchie épiscopale. Provinces, métropolitains, primats en Gaule et Germanie, depuis la réforme de saint Boniface jusqu’à la mort d’Hincmar, 742-882, Lille – Paris,,p. 263.
↑Synodus diœcesana Pisana, quam Franciscus Boncianus archiepiscopus Pisanus, insularum Corsicæ, & Sardiniæ primas, & in eis legatus natus habuit anno a Christi incarnatione 1616, Pisa,, couverture.
↑J.Schott,De iure perpetuæ legationis apostolicæ per diœceses Bambergensem, Ratisbonensem et Misnensem Archiepiscopo Pragensi haud competente, Bamberg,,p. 41-44.
↑A.Petitova-Benoliel,L’Église à Prague sous la dynastie des Luxembourg, 1310-1419, Hilversum,,p. 47,
↑F.S.Rautenstrucha,Institutiones Iuris Ecclesiastici Germaniæ, I, Praha,,p. 311-312.
↑J.T.Sprenger,Institutiones juris publici, antehac sub titulo Jurisprudentiæ publicæ Editæ, Frankfurt,,p. 388.
↑DécretSpes in Dominum : Beatificationis seu Declarationis Martyrii Servorum Dei Vincentii Prennushi ex Ordine Fratrum Minorum Archiepiscopi Dyrrachiensis et Primatis Albaniae et XXXVII Sociorum († 1945-1974) (26 avril 2016) :Acta Apostolicae Sedis 109 (2017),p. 1235-1239.
↑Lettre apostoliqueEt multi : Venerabilibus Servis Dei Vincentio Prennushi, ex Ordine Fratrum Minorum, Archiepiscopo Dyrrachiensi, et XXXVII Sociis, martyribus, Beatorum honores decernuntur (5 novembre 2016) : « Vincentius (in saeculo Nicolaus) Prennushi, O.F.M., primum Episcopus Sappensis, ac deinde Archiepiscopus Dyrrachiensis et Primas Albaniae » :Acta Apostolicae Sedis 110 (2018),p. 1164.
↑L.Bréhier et R.Aigrain,« Grégoire le Grand, les États barbares et la conquête arabe (590-737) », dans A. Fliche et V. Martin,Histoire de l’Église depuis les origines jusqu’à nos jours,t. V, Paris,,p. 322.
↑Denis de Sainte-Marthe,Gallia christiana, VI, Paris,,p. 4.
↑Collection des procès-verbaux des Assemblées-générales du Clergé de France, depuis l’année 1560, jusqu’à présent, rédigés par ordre de matières, et réduits à ce qu’ils ont d’essentiel, 1770.1774.1775.1778, IV, Paris,p. 20 ; VI, p. 990.1320 ; VII, p. 1794 ; VIII/2, p. 1138.1621.2072.
↑Iuris pontificii de propaganda fide: Pars prima, complectens, VI/1, Roma 1894,p. 453-458.
↑Salim Dermarkar,Arméniens et catholiques, de l'émancipation au schisme. Une identité contrariée au temps de l'éveil des nationalités (1809-1888), Paris,.
↑M. Zerner, « Du court moment où on appela les hérétiques des bougres »,Cahiers de civilisation médiévale,vol. 32/128,,p. 312-313.
↑T.C., de BemMemorias historicas chronologicas da sagrada religiao dos Clerigos regulares em Portugal, e suas conquistas na India Oriental, II, Lisboa 1794, livre xi,p. 9.
↑Constituições do Arcebispado de Goa compostas, e addicionadas pelo Excellentissimo e Reverendissimo Senhor Dom Antonio Taveira de Neiva Brum, Arcebispo Metropolitano de Goa, Primaz da India Oriental..., Lisboa 1810.
↑Constituições do Arcebispado de Goa compostas, e addicionadas pelo Excellentissimo e Reverendissimo Senhor Dom Antonio Taveira de Neiva Brum, Arcebispo Metropolitano de Goa, Primaz da India Oriental..., Lisboa 1810, i.ii.
↑Conventiones de Rebus Ecclesiasticis Inter S. Sedem Et Civilem Potestatem Initæ Sub Pontificatu Ssmi D.N. Leonis PP. XIII usque ad diem 7 Nov. 1893, Roma 1893,p. 47, §2.
↑É.-J. Poullin de Lumina,Histoire de l’Église de Lyon depuis son établissement par Saint Pothin, dans le second siècle de l’Église, jusqu'à nos jours, Lyon,,p. 206.
↑« Discorso di Paolo VI per l’assegnazione dei Titoli e delle Diaconie ai nuovi Cardinali (30 avril 1969) ; Chirographe Nell’allocuzione (2 mai 1969) »,Acta Apostolicae Sedis,vol. 61,,p. 349-351.
↑« Homélie aux évêques de France »,Acta Apostolicae Sedis,vol. 72,,p. 724.
↑Ambrogio Machin,Defensio sanctitatis beati Luciferi archiepiscopi Calaritani. Sardiniœ, et & Corsicœ Primatis, & aliorum Sanctorum, quos colit Calaritana Ecclesia. Necnon, & Primatus Archiepiscopi Calaritani, & ejus Primatialis Ecclesiœ, una cum Decisionibus Sacrœ Rotœ Romanœ, II, Cagliari,,p. 62.
↑A. Barbosa,Collectanea doctorum tam veterum, quam recentiorum, in ius pontificium vniversum, I, Lyon 1636,In Lib. II Decretal., de Præscriptionibus, Tit. xxvi, Capit. Si diligenti, xvii, §sicut tota Sardinia, 635.
↑D. Bonfant,Breue tratado del primado de Cerdeña, y Corsega, en fauor de los Arçobispos de Caller, y del Reale Patronasgo de su Magestad, que le tiene fundado en la dignidad Primacial de la Santa Iglesia de la Ciudad de Caller, cabeça de todo el Reyno de Cerdeña, Cagliari 1637, 35-37.
↑A.Theiner (éd.),Vetera monumenta historica Hungariam sacram illustrantia, maximam partem nondum edita ex tabulariis Vaticanis deprompta collecta ac serie chronologica disposita, II, Roma – Paris – Wien,,p. 637, n°831.
↑Histoire Ecclesiastique D'Allemagne, contenant l'Erection, le Progrez & l'Etat ancien & moderne de ses Archevêchez et Evechez,vol. II, Bruxelles,,p. 4.
↑« O Cartulário seiscentista da Mitra de Braga, "Rerum Memorabilium" »,Boletim Cultural da Câmara Municipal do Porto,vol. 31/1-2,,p. 110.113.
↑C.Van Gestel,Historia sacra et profana Archiepiscopatus Mechliniensis ; sive, Descriptio archi-diœcesis illius ; item urbium, oppidorum, pagorum, dominiorum, monasteriorum, castellorumque sub eâ, in XI. decanatus divisa. Cum toparcharum inscriptionibus sepulchralibus, ex monasteriorum tabulis, principum diplomatibus insertis, et inspectionibus locorum verificata, I, La Haye,,p. 24.
↑J.Bouglet,Institution et charisme dans l’Église de 1846 à nos jours : la question du jugement épiscopal sur les apparitions mariales modernes et contemporaines, Bordeaux,,p. 219.
↑S.Da Rocha Pitta,« Historia da America Portugueza &c. C’est-à-dire Histoire de l’Amérique Portugaise depuis l’année 1500 qu’elle fut découverte jusqu’à 1724 », dans E. Ganeau et F. Plaignard, éd.,Mémoires pour l’Histoire des Sciences et des Beaux Arts (octobre 1739), Paris,,p. 2219.
↑J.C.Herold,Tractatio Synoptica Successionis Legitimæ, Præsertim quæ contingit Iure Repræsentationis, Et Transpositionis : Continens receptas Opiniones Omnium casuum Successionis Intestati... Ex fontibus Historiæ Iuris Romani, Consuetudinibus ve Saxonum, imprimis vero ex recepta consuetudine ArchiEpiscopatus Magdeburgensis, & Civitatis Hallensis…, Saale,.
↑F. Clément et N. Viton de Saint-Allais,L’art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur par le moyen d’une table chronologique, où l’on trouve les années de Jésus-Christ et de l’Ere d’Espagne, les Indictions, le Cycle pascal, les Pâques de chaque année, les Cycles solaires et lunaires. Avec un Calendrier perpétuel, l’Histoire abrégée des conciles, des papes, des empereurs romains, grecs, français, allemands et turcs ; des rois de France, d’Espagne et d’Angleterre, d’Écosse, de Lombardie, de Sicile, de Jérusalem, etc., des ducs de Bourgogne, de Normandie, de Bretagne ; des Comtes de Toulouse, de Champagne et de Blois, XV, Paris,,p. 85-87.
↑J.C. Pfister,Histoire d’Allemagne depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, d’après les sources, V, Paris,,p. 19-20.
↑J.-B.R. Robinet,Dictionnaire universel des sciences morale, économique, politique et diplomatique ; ou Bibliotheque de l'homme-d'Etat et du citoyen, XI, London,,p. 270.
↑F.L. Bresler,Les Souverains du Monde, I, La Haye,,p. 35.
↑A.-N. Amelot de La Houssaye,Memoires historiques, politiques, critiques et littéraires, II, Amsterdam,,p. 353.
↑R.-P. Tassin,Nouveau traité de diplomatique, où l'on examine les fondemens de cet art : on établit des règles sur le discernement des titres et l'on expose historiquement les caractères des bulles pontificales et des diplômes donnés en chaque siècle, I, Paris,,p. 95.
↑Edward Roberts, « Construire une hiérarchie épiscopale : Flodoard de Reims et la correspondance de l’archevêque Foulques (vers 850-vers 950) »,Cahiers de civilisation médiévale,vol. 1,no 241,(DOI10.4000/ccm.1797).
↑Jacques Péricard,Le diocèse de Bourges au haut Moyen Âge, de Saint Ursin à Audebert (IVe s. – 1097) (Thèse de doctorat d’histoire), Université Jean Moulin Lyon 3,,p. 292.
↑A. Fliche et V. Martin,Histoire de l’Église depuis les origines jusqu’à nos jours,t. VI, Paris,,p. 80-81.
↑M.C. Chardon,Histoire des Sacrements, ou de la manière dont ils ont été célébrés et administrés dans l’Église, et de l’usage qu’on en a fait depuis le temps des Apôtres jusqu’à présent, Paris 1745, in Migne, J.-P., éd.,Theologiæ : cursus completus ex tractatibus omnium perfectissimis ubique habitis, XX, Paris 1840,p. 951-952.
↑Jacques Péricard,Le diocèse de Bourges au haut Moyen Âge, de Saint Ursin à Audebert (IVe s. – 1097) (Thèse de doctorat d’histoire), Université Jean Moulin Lyon 3,,p. 331.
↑Jacques Péricard,Le diocèse de Bourges au haut Moyen Âge, de Saint Ursin à Audebert (IVe s. – 1097) (Thèse de doctorat d’histoire), Université Jean Moulin Lyon 3,,p. 336.
↑Fabrice Delivré,« Aux fondements de la juridiction du primat-patriarche de Bourges dans la province ecclésiastique de Narbonne : genèse, transmission et usages d’une lettre interpolée du pape NicolasIer (XIe – XVe siècle) », dans J. Chiffoleau (dir.),Les justices d’Église dans le Midi (XIe – XVe siècle), Toulouse,coll. « Cahiers de Fanjeaux » (no 42),,p. 421.
↑Fabrice Delivré,« Aux fondements de la juridiction du primat-patriarche de Bourges dans la province ecclésiastique de Narbonne : genèse, transmission et usages d’une lettre interpolée du pape NicolasIer (XIe – XVe siècle) », dans J. Chiffoleau (dir.),Les justices d’Église dans le Midi (XIe – XVe siècle), Toulouse,coll. « Cahiers de Fanjeaux » (no 42),,p. 420-421.
↑Collection des procès-verbaux des Assemblées-générales du Clergé de France, depuis l’année 1560, jusqu’à présent, rédigés par ordre de matières, et réduits à ce qu’ils ont d’essentiel, I, Paris 1767,p. 232-278 ; VIII/1, Paris 1778, (3e supplément),p. 78.
↑Collection des procès-verbaux des Assemblées-générales du Clergé de France, depuis l’année 1560, jusqu’à présent, rédigés par ordre de matières, et réduits à ce qu’ils ont d’essentiel, VIII/1, Paris 1778,p. 431 ; VIII/2, Paris 1778,p. 1138, 2071-2072.
↑J.-R. Palanque,« Les évêchés provençaux à l'époque romaine », dansProvence historique,vol. 1,,p. 143.
↑Ulysse Chevalier,Etude historique sur la Constitution de l’Église métropolitaine et primatiale de Vienne en Dauphiné (origines-1500),vol. II, Vienne,,p. 5.
↑Ulysse Robert,Bullaire du pape Calixte II, I,, Paris,, p. 36-38, n°25.
↑a etbGilles-Marie Moreau,Calixte II (v.1060-1124), « le Père de la paix », Paris,,p. 152.
↑Ulysse Chevalier,Etude historique sur la Constitution de l’Église métropolitaine et primatiale de Vienne en Dauphiné (origines-1500),vol. II, Vienne,,p. 35.
↑F.-Z. Collombet,Histoire de la sainte Église de Vienne depuis les premiers temps du christianisme, jusqu’à la suppression du Siège, en 1801,vol. III, Lyon,,p. 2.
↑Factum, pour messire Henry de Villars, archevesque & comte de Vienne, primat des primats des Gaules, conseiller du Roy en ses Conseils, demandeur, Contre messire Jean Rasse, abbbé [sic] de Saint Antoine de Viennois, defendeur,.
↑F.-Z. Collombet,Histoire de la sainte Église de Vienne depuis les premiers temps du christianisme, jusqu’à la suppression du Siège, en 1801,vol. III, Lyon,,p. 312.
↑W. Rudt de Collenberg, « État et origine du haut clergé de Chypre avant le Grand Schisme d’après les Registres des Papes duXIIIe et du XIVe siècle »,Mélanges de l’Ecole française de Rome. Moyen-Age, Temps modernes,vol. 91/1,,p. 197.
↑Louis de Mas Latrie,« Histoire des Archevêques latins de l'île de Chypre », dansArchives de l’Orient latin,vol. II, Paris,,p. 327.
↑F.Jacques,Historiographie générale des provinces ecclésiastiques de l’Église latine, où l’on traite de l’origine des patriarcats, primaties, archevêchez répandus dans les quatre parties du monde, comme aussi de l’établissement des ordres religieux dans chaque diocèse, et des lieux, qui ont donné naissance à leurs fondateurs et fondatrices, Avignon,,p. 165-166.
↑É.-J.Poullin de Lumina,Histoire de l’Église de Lyon depuis son établissement par Saint Pothin, dans le second siècle de l’Église, jusqu'à nos jours, Lyon,,p. 429.
↑ab etcCode religieux : contenant textuellement les Lois, Conventions, Réglemens, Discours et Rapports, les Brefs en latin et en français, et généralement tout ce qui concerne l’organisation et la police des Cultes, avec une table alphabétique, I, Paris,,p. 169.171.
↑C.Fleury,La France pontificale. Métropole de Sens. Sens et Auxerre, Paris,p. 36.
↑YvesSassier,Hugues Capet. Naissance d’une dynastie, Paris,,p. 236.
↑P.Labbé, G.Cossart et N.Colet,Sacrosancta Concilia ad Regiam Editionem Exacta, XVII, Venezia,,p. 123.
↑O.Greard,La législation de l’instruction primaire en France depuis 1789 jusqu’à nos jours : recueil des lois, décrets, ordonnances, arrêtés, règlements, décisions, avis, projets de lois, avec introduction historique et table analytique, I, de 1789 à 1833, Paris,,p. 511.
↑D. Barthélemy,L'an mil et la paix de Dieu. La France chrétienne et féodale 980-1060, Paris,,p. 284.
↑F. Jacques,Historiographie générale des provinces ecclésiastiques de l’Église latine, où l’on traite de l’origine des patriarcats, primaties, archevêchez répandus dans les quatre parties du monde, comme aussi de l’établissement des ordres religieux dans chaque diocèse, et des lieux, qui ont donné naissance à leurs fondateurs et fondatrices, Avignon,,p. 162.
↑Approbation au Catéchisme de persévérance de l’abbé Gaume (1839) ;Lettre synodale des pères du concile provincial de Bordeaux au clergé et aux fidèles des diocèses dont se compose la nouvelle circonscription métropolitaine, Bordeaux 1851.
↑Lettre-circulaire de S.E. le Cardinal-Archevêque de Bordeaux Primat d’Aquitaine à l’occasion de la Guerre déclarée à la France, Bordeaux 1914
↑Collection des procès-verbaux des Assemblées-générales du Clergé de France, depuis l’année 1560, jusqu’à présent, rédigés par ordre de matières, et réduits à ce qu’ils ont d’essentiel, V, Paris,,p. 171.
↑a etbJean-François Bladé, « Influence des métropolitains d'Eauze et des archevêques d'Auch en Navarre et en Aragon, depuis la conquête de l'Espagne par les musulmans jusqu'à la fin du onzième siècle (fin) »,Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale,vol. 9,no 33,,p. 21(DOI10.3406/anami.1897.3241,lire en ligne, consulté le).
↑Jean-Baptiste Caussette,Oraison funèbre de S.E. le Cardinal d’Astros, Archevêque de Toulouse et de Narbonne, Primat des Gaules, par le R.P. Caussette, Prononcée dans l’Église Métropolitaine S. Etienne, le 12 novembre 1851, Toulouse,.
↑Cf. portrait officiel, Henri Manuel, Paris, photographie NB. Archives municipales de Toulouse, 3 Fi 150.
↑C. Rousseau-Lefebvre, « Chronique héraldique et sigillographique des évêques et abbés de France »,Revue française d’héraldique et de sigillographie,vol. 65,,p. 157.
↑A. d’Arlot de Saint-Saud,Armorial des prélats français duXIXe siècle, Paris,,p. 28.
↑C. Bertin et M. Bertin, « Les consuls d'Arles face à l'Archevêque François Monteil de Grignan. Conflit entre l'Archevêque et les Consuls 1652-1661 »,Bûlletin des Amis du vieil Arles,vol. 117,,p. 49(lire en ligne).
↑Collection des procès-verbaux des Assemblées-générales du Clergé de France, depuis l’année 1560, jusqu’à présent, rédigés par ordre de matières, et réduits à ce qu’ils ont d’essentiel, VI, Paris 1774, p. 8, 726, 939 ; VII, Paris 1775, p. 13, 1792, 1876 ; VIII/1, Paris 1778, p. 8 et 432 ; VIII/2, Paris 1778, p. 1016, 1136, 1620.
↑Mémoires de l'Académie des sciences, agriculture, arts et belles-lettres d'Aix17 (1898), 321
↑H. Goallou, « L’évolution politique de l’Ille-et-Vilaine du 2 décembre 1851 au 5 janvier 1879 [compte-rendu] »,Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest,vol. 79,no 2,,p. 509.
↑Pii IX Pontificis Maximi Acta. Pars prima, I/3, Roma, 1864,p. 34-48.
↑Documents conciliaires des 21 novembre 1964 [AAS 57 (1965), 71.89.112], 28 octobre 1965 [AAS 58 (1966), 701], 18 novembre 1965 [AAS 58 (1966), 835], 7 décembre 1965 [AAS 58 (1966), 946.1120].
↑Annales de la Société d’Emulation pour l’Histoire et les Antiquités de la Flandre Occidentale, IV, Bruges 1846,p. 216.
↑F.M.E. Gaetani di Villabianca,Diari palermitani o Annali storici, che cominciano dall’anno 1746, per non dire dal 1743, in cui scarsamente vi son memorie, e seguono fino a' giorni presenti, arrivati oggi al numero di tomi 17 in foglio. Carte iconografiche degli arcivescovi palermitani e primati della Sicilia che pe' loro gloriosi nomi in rami d’onore ne vengono espressi e che quì espongonsi dal Villabianca per servire agli Opuscoli suoi letterarj, che alla Patria sua gloriosa nella gran parte son dedicati, XVIII, <1743-1802>.
↑Enrico Morini,« L’autocéphalie et la notion d’apostolicité », dans Marie-Hélène Blanchetet al.,Autocéphalies. L’exercice de l’indépendance dans les Églises slaves orientales : (IXe – XXIe siècle), Rome, École française de Rome,(DOI10.4000/books.efr.11562).
↑J.C. Erck, éd.,The ecclesiastical register: containing the names of the dignitaries, and parochial clergy, of ireland ; as also, of the parishes, and their respective patrons, and an account of monies granted for building churches and glebe-houses, with ecclesiastical annals, annexed to each diocese ; and appendixes containing, among other things, several cases of ‘‘quare impedit’’, Dublin 1827,p. 145-146.
↑a etbGeorgius Codinus Curopalata,De officiis magnæ ecclesiæ, et aulæ Constantinopolitanæ (Τακτικόν περί τών όφφικίων τού Παλατίου Kωνσταντινουπόλεως και τής μεγάλης Έκκλησίας), reproduite et traduite in Emmanuel Schelstrate,Antiquitas ecclesiæ dissertationibus, monimentis ac notis illustrata opera et studio, II, Roma 1697,p. 784-786.
↑R. Clair, « A Hautecombe, la tour du phare et la chapelle Saint-André »,Le Bugey, société scientifique, historique et littéraire,vol. 16/70, 1983-1984,p. 623-634 ; recension in« Périodiques régionaux »,RHEF,vol. 70/185,,p. 410.
↑G.A. Berniera,Compendium Historiæ Reformationis, a Zuinglii & Lutheri temporibus, ad nostra usque tempora deductæ, London 1707,p. 194.
↑Pierre Bayle,Œuvres Diverses contenant tout ce que cet auteur a publié sur des matieres de Theologie, de Philosophie, de Critique, d’Histoire, & de Litterature ; excepté son Dictionnaire Historique et Critique, I, La Haye 1737,p. 37.
↑Daniele Farlati, Illyricum sacrum, IV, Venezia 1769,p. 280.
↑André Chédeville et Hubert Guillotel,La Bretagne des saints et des roisVe – Xe siècle, Rennes,, 423 p.,p. 266.
↑R. Foreville,« Royaumes, métropolitains et conciles provinciaux. France, Grande-Bretagne, Péninsule ibérique », dans L. Prosdocimi et P. Zerbi, éd.,Le Istituzioni ecclesiastiche della « Societas christiana » dei secoli XI-XII. Papato, cardinalato ed episcopato (Atti della quinta Settimana internazionale di studio, Mendola, 26-31 agosto 1971), Milano,coll. « Miscellanea del Centro di Studi Medioevali » (no 7),,p. 283.
↑Bullarum diplomatum et privilegiorum sanctorum romanorum Pontificum (Taurinensis editio), III, Torino 1858,p. 143-151.
↑N. Giroud,Une mosaïque de Fr. Bartholomé de las Casas (1484-1566). Histoire de la réception dans l’histoire, la théologie, la société, l’art et la littérature, Fribourg,coll. « Studia Friburgensia » (no 93),,p. 130 note 45.
↑D. Neuhold,Franz Kardinal König – Religion und Freiheit. Versuch eines theologischen und politischen Profils, Fribourg 2008,p. 171.
↑R. Samardžić, S.M. Ćirković, O. Zirojević, R. Tričković, D.T. Bataković, V. Djuretić, K. Čavoški et A. Jevtić,Le Kosovo-Metohija dans l’histoire serbe, Lausanne,,p. 116.