Unpremier méridien (ouméridien origine) est unméridien qui, encartographie, sert de référence delongitude, c’est-à-dire 0° de longitude, à l'échelle d'un corps céleste.
À la différence desparallèles, qui sont entièrement définis par l'axe de rotation d'un objet céleste, le choix d'un premier méridien est la plupart du temps arbitraire.
AuXIVe siècle,Nicolas Oresme, évêque de Lisieux et conseiller du roi de FranceCharles V, affirme qu'il faudrait aussi une ligne de démarcation qui déterminerait quand commence chaque jour calendaire[2].
Détail d'unecarte deHaute-Silésie datant de 1746, comportant le texte en latin :Longitudines numeratæ à primo Meridiano perIns[ulam]Ferri.
À partir duXVIe siècle, chaque puissance maritime européenne choisit un méridien d'origine qui lui est propre : l'île deTerceira auxAçores pour lePortugal,Tolède pour l'Espagne,Tenerife aux Canaries pour lesPays-Bas, etc[3]. Conscient des problèmes posés par cette pluralité de références, leroi de FranceLouis XIII réunit en les plus importantsgéographes etastronomes d'Europe pour qu'ils s'accordent sur la définition d'un premier méridien unique. Fortement imprégnés des idées de Ptolémée, les savants décident de le situer àEl Hierro, alors appelée « île de Fer ». Bien que ne s'adressant qu'aux cartographes français, le choix duméridien de Ferro est durablement acceptée par de nombreux géographes européens, en dehors du monde britannique.
Au milieu duXIXe siècle, avec la puissante marine britannique, deux tiers des navigateurs dans le monde se réfèrent auméridien de l'observatoire de Greenwich, proche de Londres. De plus, dans cette période, les transports tant maritimes que ferroviaires se densifient. Et comme leur organisation se mondialise, leur coordination internationale devient nécessaire. En, laConférence internationale de Washington recommande que Greenwich deviennent la référence mondiale de la cartographie et desfuseaux horaires (suivant letemps moyen de Greenwich). Ces standards sont adoptés par 25 pays ; 22 pays ont voté pour, La République dominicaine a voté contre, la France et le Brésil se sont abstenus. Puis leur usage s'est progressivement étendu au reste de la planète.
Après les travaux de géographes et astronomes européens réunis parLouis XIII en, il est décrété par ordonnance que toutes lescartes etglobes terrestres de France doivent utiliser le méridien de l'île de Fer comme référence de l'origine des longitudes. Elle est officiellement abandonnée en au profit duméridien de Paris.
Le gouvernement français adopte leméridien de Greenwich, comme premier méridien, le.Dans la nuit du au, toutes les horloges de France ont été arrêtées à minuit, puis relancées 9 minutes et 21 secondes plus tard afin de se mettre en concordance avec le temps universel (GMT)[6].[source insuffisante]
La loi de a été remplacée le par un décret qui stipule que « letemps légal est obtenu en ajoutant ou en retranchant un nombre entier d’heures autemps universel coordonné »[7].
Le système de référence géodésique françaisNTF, également employé dans certains pays d'Afrique du Nord, utilisait encore le méridien de Paris comme origine des longitudes, pour des coordonnées exprimées engrades, jusqu'à l'adoption duRéseau géodésique français RGF93[8].
Un premier méridien a été défini pour d'autres objets dusystème solaire :
Sur laLune, il passe directement au milieu de la face visible depuis la Terre, près du cratèreBruce. Plus généralement, pour les objets dont la rotation estsynchrone, il est possible d'adopter la position moyenne dupoint qui fait directement face au corps autour duquel ils tournent comme origine des longitudes. Cette convention est généralement adoptée pourIo,Europe,Ganymède,Callisto ouTitan.
SurMercure, la longitude 20° E est définie par un petit cratère nomméHun Kal (« 20 » enmaya)[2].
SurMars, le premier méridien est défini par le cratèreAiry-0.
Sur lesgéantes gazeuses, qui ne semblent pas posséder de surface solide et dont l'atmosphère tourne à des vitesses différentes selon la latitude, plusieurs systèmes peuvent être employés, comme de prendre pour référence lechamp magnétique de ces planètes.
Les lunes des géantes gazeuses, du moins celles qui n'en sont pas trop éloignées, sont presque toujours en rotation synchrone, et on peut alors définir le méridien origine comme étant celui du point sub-primaire (le point de la face de la lune qui a l'objet primaire à son zénith).