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| Fratrie | Soesilo Toer(d) |
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| Distinctions | Prix PEN Barbara Goldsmith pour la liberté d'écrire(en)() Prix Ramon-Magsaysay() Prix de la culture asiatique de Fukuoka() |
Buru Quartet(d) |
Pramoedya Ananta Toer né le àBlora,Java central et mort le àJakarta, souvent appelé plus simplement « Pram », est un des plus grands écrivainsindonésiens contemporains, et le plus connu à l'étranger. Il est l'auteur de plus de 50 œuvres et a été traduit dans plus de 40 langues — toutefois une petite partie d'entre elles seulement ont été traduites en français.
Né en 1925 àBlora dans l'île deJava, fils aîné d'un père instituteur, proche duBudi Utomo[réf. nécessaire], et d'une mère marchande de riz. Son grand-père maternel avait effectué lehajj àLa Mecque[1], il fréquenta l'école professionnelle de radio deSurabaya dont il sera tout juste diplômé lorsquel'invasion japonaise débuta, et travaillera comme dactylo pour un quotidien japonais durant l'occupation du pays par les troupes nippones.
Pram commence sa vie d'homme de lettres en tant que journaliste. Lors de laRévolution indonésienne, une période de conflit qui, à la suite de laproclamation de l'indépendance de l'Indonésie en 1945, oppose la jeune république auxPays-Bas, Pram rejoint un groupe depemuda (jeunes) àJava occidental, écrivant nouvelles et livres comme il continuera de le faire durant sonincarcération à Bukit Duri de 1947 à 1949[réf. nécessaire]. Ces premières années de prison — il en connaîtra bien d'autres — sont mises à contribution pour écrire ses deux premiers romans.
Après sa libération, Pram publie dans les années cinquante un nombre important de nouvelles, son genre de prédilection, il séjourne aussi aux Pays-Bas dans le cadre d'un programme d'échanges culturels. Politiquement à gauche, il se rapproche de la Chine communiste, notamment lors d'un premier séjour en 1956, il se rend également enURSS. Journaliste hors pair n'appréciant pas le style tiède et généraliste de ses contemporains, il se livre à de véritables joutes journalistiques en leur opposant son écriture engagée.
En 1960, il est de nouveau jeté en prison sans jugement pour un an par le gouvernement de Soekarno après avoir dénoncé la politique de discrimination politique à l'encontre de la communautéchinoise d'Indonésie dans son livreLes Chinois en Indonésie.
Après une brève période de liberté, il est pris dans la tourmente des événements de 1965-1966 à la suite du "Mouvement du 30 septembre" mené par des officiers de gauche. Le nouvel homme fort, le généralSoeharto, décrète la dissolution duparti communiste indonésien (PKI). De 500 000 à un million de personnes sont massacrées. Pram est accusé d'appartenance au PKI, ce qui n'a jamais été prouvé. Il est à nouveau, pour la troisième et dernière fois, jeté en prison. Il passera cette longue période de détention (de 1965 à 1979) au bagne deBuru, où il conçoit laTétralogie de Buru (Tetralogi Buru), qu'il commence par raconter à ses codétenus, puis rédige à partir de 1975.
Pram est libéré en 1979, mais reste soumis à uncontrôle judiciaire jusqu'en 1992. En, il fonde avec deux autres anciens prisonniers politiques la maison d'éditionHasta Mitra, qui publie notammentBumi manusia (Le Monde des hommes) etAnak Semua Bangsa (Enfant de toutes les nations), tous deux rapidement interdits par la censure gouvernementale. Après sa libération, il écritGadis pantai (La Fille du rivage), un roman mi-fiction inspiré de la vie de sa grand-mère, etNyanyi Sunyi Seorang Bisu (Chanson silencieuse d'un muet, 1995), une autobiographie fondée sur des lettres écrites à sa fille mais qu'il n'avait pas le droit de lui envoyer, etArus Balik (1995).
Pram est mort le àJakarta, sans avoir obtenu la consécration internationale d'unprix Nobel de littérature pour lequel il avait pourtant été proposé à plusieurs reprises. Il aura tout de même été décoré un certain nombre de fois, son dernier prix étant le titre dedocteur honoris causa de l'université du Michigan en 1999. Il est enterré à Jakarta, aucimetière de Karet Bivak.
Peu de ses œuvres ont été traduites en français (seulement huit sur une trentaine) la plus connue en France étantLe Monde des hommes (Bumi manusia), la première partie de la « tétralogie deBuru ».Certains pensent[évasif] que ce titre est un hommage àTerre des hommes deSaint-Exupéry. Un article duMonde du explique que l'auteur n'aurait ajouté le personnage de Nyai Ontosoroh qu'après sa libération de Buru. Ce roman a été interdit en Indonésie jusqu'en.
Pram, Javanais, y dénonce la culturejavanaise, dans laquelle il voit les fondements de la dictature imposée à l'Indonésie parSoeharto, également Javanais. Pour lui, le « javanisme » (c'est-à-dire lekejawen, la culture traditionnelle javanaise) était tout simplement un fascisme javanais.