
LaRépublique de Moldavie, capitaleChișinău, se trouve enEurope orientale, entre laRoumanie et l'Ukraine. Elle englobe des parties desrégions historiques deMoldavie,Bessarabie,Podolie etYédisan (ces deux dernières, situées à l'Est duNistru ou Dniestr, forment la « Transnistrie »). Pendant un demi-siècle, elle afait partie de l'Union soviétique, puis a acquis sonindépendance lors de ladislocation de cette fédération en 1991.
Ses 3,6 millions d'habitants sont pour 78% desautochtones delangue roumaine (dite aussimoldave, notamment par les sources enrusse) dont la culture s'enracine dans l'histoire locale, et pour 22% des descendants descolons delangues slaves ou autres, dont la culture s'enracine dans l'histoire russe etsoviétique[1].
Placée aux limites de deux grandeszones d'influence séparées depuis 1812 par larivière Prut, affluent duDanube, la Moldavie est membre à la fois de laCommunauté des états indépendants dont le membre le plus puissant est laRussie, duPartenariat oriental (accord d'association avec l'Union européenne), de l'Accord de libre-échange centre-européen, de l'Organisation pour la démocratie et le développement et duPartenariat pour la paix.
Alors que lespro-russes souhaitent rester dans l'orbite russe ou même s'unir à la Russie, lespro-européens souhaitentrejoindre l'Union européenne (ou même s'unir à la Roumanie).
Lesdernières modifications des1 377 articles de laMoldavie.
LaMoldavie est officiellement appelée enfrançaisRépublique de Moldavie ouRépublique de Moldova[1]. AuxNations unies, le pays a d'abord employé officiellement en français « République de Moldavie »[2], mais depuis 1994, il emploie « République de Moldova »[3] : la première formeMoldavie, française, est préférée par les pro-européens pour marquer l’appartenance du pays à laMoldavie historique dont fait également partie lamoitié roumaine de cetterégion historique ; la seconde formeMoldova, bien que roumaine, est préférée par lescommunistes et autrespro-russes pour bien souligner en français ladifférence entre la « Moldavie » historique roumaine et l'actuelle « Moldova » post-soviétique située dans lasphère d'influence russe. La même dichotomie se retrouve enanglais (« Moldavia » / « Moldova ») et enallemand (« Moldau » / « Moldawien »), le second terme étant à chaque fois, comme en français, unnéologisme politique.
Semblable par ses paysages à laBourgogne française, et par sesvignes auBeaujolais, la Moldavie est la partie orientale de l'ancienneprincipauté de Moldavie (XIVe siècle-XIXe siècle), vassale de la « Sublime porte » (XVIe siècle-XIXe siècle), que leTraité de Bucarest (1812) a scindée en deux. Lapartie occidentale, restée autonome, a formé laRoumanie en s'unissant en1856 à laValachie. La partie orientale, rattachée à l'empire des Tzars sous les auspices d'un français,Louis de Langeron, a été alors appelée « Bessarabie » et est devenuemultiethnique : c'est la matrice de l'actuelle République, qui n'inclut cependant pas toute la « Bessarabie ».
La Moldavie est membre de laCEI, qui a succédé à l'URSS. Une partie du pays, laTransnistrie, où lesslaves sont majoritaires, n'a d'ailleurs pas souhaité se détacher de l'URSS lorsque la Moldavie a proclamé son indépendance, mais lorsque l'Union s'est effondrée, la Transnistrie s'est elle aussi déclarée indépendante (de la Moldavie, cette fois) et continue d'utiliser les symboles soviétiques et d'écrire en caractères cyrilliques non seulement le russe et l'ukrainien, mais aussi leroumain/moldave.
La Moldavie est comparable à laBelgique par sa taille (33 843 km2), son relief peu élevé (430m au point culminant) par sonmulti-linguisme et par le fait que les langues sont aussi parlées dans les pays voisins. Sa structure politique aussi, avec des unités territoriales autonomes aux langues officielles différentes et tentées par leséparatisme, présente des similitudes avec la Belgique, et génère de semblables difficultés et compromis politiques.
Mais la Belgique n'a connu que huit ans dedictature durant les cent dernières années (les deux périodes d'occupation allemande des deux guerres mondiales) et ne subit pas de pressionsgéopolitiques extérieures entravant son développement, alors que la Moldavie a connu plus d'un demi-siècle derégimes totalitaires successivementfasciste puiscommuniste stalinien, avec desgénocides[1] etdéportations[2] qui ont fortement amoindri sa population initiale, et que l'afflux decolons soviétiques n'a pas compensé : selon les données des recensements, de 1940 à 1950 le pays a perdu un tiers de ses habitants, passant de 3 200 000 personnes selon le recensement roumain de 1938, à 2 229 000 selon le recensement soviétique de 1950. Aujourd'hui, la Moldavie est bien moins peuplée que la Belgique puisqu'elle compte 3,56 millions d'habitants contre dix millions.
Les pressions économiques et politiques extérieures s'y succèdent depuis son indépendance, entravant ses importations d'énergie et ses exportations agricoles etvinicoles. Ces entraves sont venues de l'Est lorsqu'elle tentait de se rapprocher de ses voisins occidentaux, et de l'Ouest lorsqu'elle revenait vers ses voisins orientaux. Conséquence de ce contexte, le niveau de vie n'a rien de comparable : le PNB moldave par habitant (1754 $ en 2015) représente 3,7 % de celui de la Belgique (47.721 $ en 2015)[3]. Ladensité des infrastructures, les capacités agricoles et le tissu industriel, eux non plus, ne sont pas comparables : située au cœur économique de l'Europe, la Belgique est un attracteur d'investissements et de travailleurs, alors que la Moldavie voit ses ressources et sa population active s'expatrier.
C'est pourquoi le pays s'estrapproché de l'Union européenne tout en évitant de s'aliéner son principal fournisseur d'énergie et importateur de denrées, laRussie : exercice rendu difficile par les rivalités politiques internes, recouvrant et manifestant des contentieux plus anciens, liés aux spoliations, massacres et déportations croisées du passé… Le pire moment de cette période depuis l'indépendance, a été laGuerre du Dniestr de 1992[4], de même nature quecelle plus récente du Donbass en Ukraine. L'équilibre atteint en 2012 est le moins instable que le pays ait connu[5], avec d'une part le maintien dans laCEI, un présidentpro-russe, un parlement qui l'est aussi à moitié, et une langue que l'article 13 de la Constitution appelle officiellement « moldave », et d'autre part unpartenariat avec l'UE signé sans émeutes ni nouvelle guerre[6], une (courte) majorité parlementaire pro-européenne, et la même langue qu'un arrêt de la Cour constitutionnelle reconnaît comme « roumaine », conformément à la déclaration d'indépendance de 1991[7].
Cet équilibre de 2012 penchait plutôt vers l'Est, car les multiples signaux de faiblesse de l'Union européenne et de l'OTAN (attitudevis-à-vis de la Grèce, non-intervention dans lesdrames ukrainiens,Brexit, passage de relais à laRussie enSyrie,accueil fait aux migrants, déclarationsisolationnistes de divers dirigeants européens et deDonald Trump…) favorisèrent l'orientation pro-russe du pays[8],[9], que la Moldavie partageait d'ailleurs avec laBulgarie[10] dont les électeurs ont, eux aussi,élu en novembre 2016[11] unprésidenteurosceptique pro-russe.
Cependant, l'élection d'uneprésidente pro-européenne fin 2020 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 changent la donne : le pays se montre solidaire de son voisin oriental menacé et, comme l'Ukraine, formule unedemande d'adhésion à l'Union européenne, qui est acceptée, sans que les politiciens pro-russes de Moldavie répliquent, comme auparavant, par des déclarations menaçantes[12],[13],[14].
C'est leTraité de Bucarest de1812 qui, en coupant laMoldavie historique en deux, inaugure pour chaque moitié une histoire différente, plus proche desBalkans et de l'Europe centrale pour la moitié occidentale, qui en1859 forme laRoumanie en s'unissant à laValachie et qui se trouve aujourd'hui dans l'Union européenne et dans l'OTAN, mais plus proche de l'histoire russe etsoviétique pour la moitié orientale, qui se trouve aujourd'hui dans laCEI et est observatrice de laCommunauté économique eurasiatique. Tous lesmoldaves n'ont pas pour autant renoncé à l'idée de réunifier leur pays, même si lestatu quo est aujourd'hui considéré tant par l'OTAN que par laRussie comme nécessaire au maintien de la paix dans la région.
Cultures croisées
Voyez :
Culture roumanophone de Moldavie etCulture russophone en Moldavie





La culture moldave inclut :
La Moldavie a aussi abrité des cultures disparues comme celle desgrecs pontiques, destatars criméens, desallemands du Boudjak, desjuifs russes bessarabiens, desArméniens criméens, que l'histoire n'a pas épargnées, mais qui ont laissé des traces musicales et culinaires, des toponymes et quelques cimetières et lieux de culte, le plus souvent en ruines.
Littérature
Écrivains :Vasile Alecsandri,Nicolae Alexandri (ro),Gavril Bănulescu-Bodoni (ro),Dimitrie Cantemir,Paul Celan,Ștefan Ciobanu (ro),N. D. Cocea,Miron Costin,Ion Creangă,Leonid Dimov,Matei Donici (ro),Liuba Dumitriu (ro),Mihai Eminescu,Emanoil Gavriliţă (ro),Onisifor Ghibu (ro),Pantelimon Halippa,Alexei Mateevici,Nicolae Milescu,Ion Neculce,Ion Pelivan (ro),Alexandre Pouchkine,Tudose Roman (ro),Mihail Sadoveanu,Constantin Stere,Mihail Ștefănescu (ro) (« Melchisedec »),Grigore Ureche,Mihail Vîntu (ro)…Pour l'orthographe des écrits enmoldave antérieurs à 1989, il faut utiliser latranslittération officielle du moldave en lettres latines et non latranslittération des caractères cyrilliques russes qui rend ces écrits incompréhensibles[1].
Patrimoine
Musique
Beaux-Arts
Cinéma
Sports
Danse
Les aires naturelles et patrimoniales protégées de Moldavie

LesAires naturelles protégées de la Moldavie couvrent 1 650 km2, soit 5% du territoire du pays (2013)[1] et forment dix groupes selon leur typologie et leurs objectifs[2] :

Lagéographie de la Moldavie, entre lePrut et leDniestr (Nistru enroumain) et sur la rive gauche de ce fleuve, la situe au sud-est de l’Europe (45°28’ - 48°28’ N, 26°40’ - 30°06’ E).
La superficie est de 33 843 km2 (comparable à laBourgogne ou à laBelgique) sur une étendue de 350 km du nord au sud, et de 150 km d’ouest en est. Cette superficie est contrôlée par deux entités : l'une internationalement reconnue (legouvernement et le parlement de la Moldavie sur 29 680 km2), l'autre non (l'état autoproclamé deTransnistrie sur 4 163 km2).

Ses 1 389 km de frontières se répartissant entre les 450 kmavec la Roumanie et les 939 kmavec l'Ukraine.
Le relief est vallonné (altitude moyenne 150 m), culmine aux collines de Bălănești (432 m) et son point le plus bas est l'embouchure du Nistru près de lamer Noire (0,8 m).
La langue des autochtones, soit trois quarts de la population, estlatine, ce qui relie le pays à l'Europe du Sud-Est. Conformément à l'alternative « canard-lapin », cette langue porte deux noms au choix. Les slavophones, les pro-russes et l'état russophile autoproclamé de Transnistrie l'appellent, comme l'ancienneURSS et laRussie actuelle : « Moldave ». La déclaration d'indépendance de 1991, lespro-européens, l'arrêt n° 36 de la Cour constitutionnelle du 5 décembre 2013 et la loino 52 du l'appellent « Roumain » comme leslinguistes et comme le pays voisin, laRoumanie, dont la région contigüe, également appelée « Moldavie », est aussi issue de l'ancienne principauté. Le dernier quart des habitants a d'autres langues maternelles comme lerusse, l'ukrainien, legagaouze ou lebulgare, et la quasi-totalité de la population comprend et peut parler le russe, langue de communication inter-ethnique héritée de l'époque soviétique, ce qui relie le pays à l'Europe de l'Est et aux pays issus de ladislocation de l'URSS.
La partiela plus âgée de la population comprend aussi lefrançais car jusqu'en1991 les Moldaves avaient conservé la traditionnellefrancophilie héritée de l'influence desLumières dans lesprincipautés roumaines auXVIIIe siècle et dans l'Empire russe auXIXe siècle : lefrançais, première langue étrangère enseignée tant sous lesTzars que sous les rois roumains et à l'époque soviétique, a longtemps été un élément-clé de la formation culturelle des jeunes Moldaves.
Mais après 1989, avec l'ouverture de laglasnost, les Moldaves découvrent une nouvelle France aux yeux de laquelle leur pays n'existe pas, ou bien sort, peut-être, d'unefameuse bande dessinée belge. Aux yeux desmédia de cette « nouvelle France », la Moldavie, quand elle apparaît, c'est comme une région patriarcale, aux campagnes misérables, où règnent latraite des Blanches et les réseaux mafieux : une « marche de l'Europe aux confins de l'Eurasie ou de la Russie aux confins de l'Europe »[1] dont les aspirations culturelles et sociales sont qualifiées d'« agitation nationaliste »[2]. Ce choc culturel se traduit par la perte de vitesse du français face à l'anglais, désormais première langue universitaire. Dans la capitaleChișinău, l'Agence universitaire de la francophonie, le relais local de l'Organisation internationale de la francophonie, tente de sauver ce qui peut l'être[3].
En réalité, dans cet espacemulticulturel coexistent diverses mentalités, traditionnelles ou pro-occidentales, certaines nostalgiques de tel ou tel passé, roumain ou soviétique, d'autres espérant un avenir différent, européen ou russe…[4]
La Moldavie est unerépubliqueparlementairemultipartite, où le Premier ministre est le chef dugouvernement et le présidentchef d'État. Ceux-ci détiennent lepouvoir exécutif tandis que lepouvoir législatif est partagé entre le gouvernement et leparlement. Lepouvoir judiciaire est indépendant des deux premiers.
| Nom | Début du mandat | Fin du mandat | Parti politique | Notes |
|---|---|---|---|---|
| Mircea Snegur | 3 septembre1990 | 15 janvier1997 | Parti agrarien de Moldavie | |
| Petru Lucinschi | 15 janvier1997 | 7 avril2001 | Indépendant | |
| Vladimir Voronin | 7 avril2001 | 11 septembre2009 | Parti des communistes de la république de Moldavie | |
| Mihai Ghimpu | 11 septembre2009 | 28 décembre2010 | Parti libéral | Par intérim |
| Vladimir Filat | 28 décembre2010 | 30 décembre2010 | Parti libéral-démocrate de Moldavie | Par intérim |
| Marian Lupu | 30 décembre2010 | 16 mars2012 | Parti démocrate de Moldavie | Par intérim |
| Nicolae Timofti | 16 mars2012 | 22 décembre2016 | Indépendant | |
| Igor Dodon | 23 décembre2016 | 22 décembre2020 | Parti des socialistes de la république de Moldavie | |
| Maia Sandu | 23 décembre2020 | en fonction | Parti action et solidarité |
Les enjeux de la politique moldave se situent comme saposition géographique entre l'Ouest (soit l'Union européenne, l'OTAN et laRoumanie), et l'Est (soit laCEI, l'Ukraine et lasphère d'influence russe). Ce contexte conditionne non seulement sesrelations extérieures mais aussi sapolitique intérieure, car chaque sphère d'influence « joue sur des » (ou « sert de point d'appui aux », selon les points de vue) populations et partis politiques ayant des liens historiques, culturels et politiques préférentiels d'un côté ou de l'autre : de ce fait, la politique moldave depuis l'indépendance (août 1991) est une longue suite de conflits et de compromis plus ou moins satisfaisants, ou insatisfaisants pour chaque partie[1].
Mars etPéroun étaient, respectivementchez les Romains et leschez les Slaves, les dieux de laguerre. Mais, à défaut desérénité politique, d'équité sociale et de prospérité économique, lapaix virile, c'est à dire militaire, règne en Moldavie depuis laguerre du Dniestr de1992 (qui fut le deuxième conflit demaintien de l'influence russe après ladislocation de l'URSS : dans l'ordre chronologique :première guerre d'Ossétie de 1991-92, Guerre du Dniestr,Guerre abkhaze de 1998,Guerre en Géorgie de 2006,seconde guerre d'Ossétie de 2008,guerre civile de Crimée etGuerre du Donbass depuis 2014)[2].



Depuis1994, la reconstitution d'unParti communiste qui emporte près de la moitié des sièges auParlement (qu'il partage désormais avec unParti socialiste phagocité en2011[3]) ; l'exercice direct du pouvoir par lespro-russes de 2001 à 2009 (présidenceVoronine) et depuis 2016 (présidenceDodon) ; l'existence de deux régions autonomes pro-russes, l'une (Gagaouzie) sous souveraineté moldave, l'autre (Transnistrie) indépendantede facto mais qui toutes deux annoncent vouloir se rattacher à laRussie ou à laNouvelle-Russie dès que la Moldavieresserre ses liens avec l'UE ou tente de reconnaître l'appartenance desMoldaves à laculture roumaine[4] ; mais surtout la présence d'uneforce militaire pro-russe de 7500 hommes[5] quasi-équivalente auxforces gouvernementales de 7300 hommes[6], montrent clairement qu'il s'agit d'une « paix russe ».C'est, sous la houlette de laCEI, une paix que la majorité de Moldaves préfère néanmoins à latragique situation de l'Ukraine voisine, comme le démontrent les résultats desrécentes élections[7].
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