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Lepop art est un ensemble dephénomènes artistiques intimement liés à l'esprit d'une époque, l'essence d'un large mouvement culturel desannées 1960.
Il trouve son origine enGrande-Bretagne avec l'exposition séminaleThis is Tomorrow (1957) sous l'impulsion deRichard Hamilton, puis se répand rapidement à l'ensemble du monde occidentalisé dans le contexte de la société industrielle capitaliste. Celle-ci s'appuie sur les nouvelles technologies en plein essor dont les artistes pop vont s'emparer et qui touchent toute la sphère culturelle : le pop art se manifeste dans les pratiques et les comportements de toute une génération.
Ce mouvement ne se limite pas seulement au domaine desarts plastiques : il touche autant la musique, la mode et les arts appliqués et beaucoup d'autres domaines de la culture.
L'expression « pop art » (abréviation de « popular art » en anglais (« art populaire » en français), a été utilisée pour la première fois par les membres de l'Independent Group, groupe d'intellectuels travaillant sur l'impact desmédias de masse et de la technologie dans la société se réunissant à l'Institute of Contemporary Arts (ICA) à Londres[1].
Le pop art émerge au milieu des années1950 enGrande-Bretagne et, sous une autre forme, vers la fin des années 1950 auxÉtats-Unis. Dans ce pays, le pop art conteste les traditions en affirmant que la production d'objets en série permettra de toucher une large audience. Il importe de distinguer très nettement le pop artanglais de son cousinaméricain. En effet, le pop art britannique prend un caractère plus ironique voire parodique et perçoit la culture américaine avec une distance plus critique.
Ce mouvement a perturbé le monde artistique d'autres manières, par exemple à travers la remise en cause du principe d'unicité de l'œuvre d'art. Warhol reproduit les siennes par dizaines, parfois même par centaines, ce qui heurte les idées classiques attribuant à une œuvre une valeur du fait de son unicité.
Le pop art constitue également une réintroduction du réel et du populaire dans le champ pictural après l'expressionnisme abstrait (à la fois art non figuratif et art destiné à une élite).
Le pop art utilise des symboles populaires, qui marquent l'inconscient dès l'enfance dans un but dedésacralisation de l'œuvre d'art qui auparavant était réservée à une élite et qui ne couvrait que des sujets « nobles ». DeMickey Mouse àMarilyn Monroe, en passant parMick Jagger, l'admiration quasi généralisée de certaines idoles y est exaltée de manière neutre ou non, selon l'artiste. La culture publicitaire de lasociété de consommation est une autre source d'inspiration, par exemple pourJasper Johns[2].
L'Independent Group se réunissait à l'Institute of Contemporary Arts depuis1952, rassemblant les grandes figures de la création du pop art, parmi lesquellesRichard Hamilton etEduardo Paolozzi. Dès1947, Paolozzi crée des collages utilisant des images de magazines américains même s'il déclara plus tard qu'il fut plus influencé par le mouvementsurréaliste que par la culture populaire. Hamilton commence à étudier les travaux deMarcel Duchamp et développe une série de projets mélangeant art et publicité. La conférence deReyner Banham à l'Independent Group pose les bases du pop art en y incluant les objets de la vie quotidienne aux États-Unis et les magazines populaires. Alloway parle de sa théorie sur un continuum entre le « high art », admis par les établissements culturels traditionnels, et le « low art » du pop art.
En 1956, les membres de l'Independent Group participent à l'expositionThis is Tomorrow à laWhitechapel Gallery pour laquelle Hamilton crée le collageJust what is it that makes today's homes so different, so appealing? Son travail est considéré comme le manifeste du pop art en Grande-Bretagne. Richard Hamilton liste d'ailleurs en 1957 dans une lettre les caractéristiques qui devraient être celles du pop art : « un art populaire destiné aux masses, éphémère, à court terme, consommable, facilement oubliable, produit en série, peu coûteux, jeune, spirituel et sexy »[3]. AprèsThis is tomorrow, Hamilton continue à développer les caractéristiques du pop art en exposant peintures et collages ayant pour sujets les voitures américaines, les biens de consommations et despin-ups en tant qu'éléments d'une étude anthropologique qui a introduit lefétichisme, lequel deviendra un élément majeur du pop art. Hamilton devient conférencier auRoyal College of Art où il rencontreDavid Hockney ainsi que d'autres jeunes artistes qui développent le pop art en Grande-Bretagne. En1961, Hockney, avecPeter Blake etR. B. Kitaj annoncent, dans une exposition commune, l'arrivée du pop art britannique. En 1962 et 1963,Robert Fraser etJohn Kasmin(en) ouvrent chacun une galerie à Londres et défendent ces artistes[4],[5].
Peut-on classerBanksy comme un artiste Pop Art ? La question se pose. Certes, il s'est fait connaitre en faisant ses œuvres dans la rue et donc on devrait le classer parmi les artistesstreet art, mais depuis, ses œuvres sont arrivées sur des toiles et il est par la même occasion devenu un pop artiste. Son influence en Grande-Bretagne est tellement importante que de nouveaux artistes émergent et se font un nom, commeBambi Artist, une des rares femmes dans ce domaine très masculin.[réf. nécessaire]
EnEspagne, le pop art est associé au grand « new figurative ».Eduardo Arroyo peut être admis comme artiste du pop art par son intérêt pour l'environnement ainsi que sa capacité à retranscrire « l'éventualité inter-conceptuelle de la notion absolue de la vie quotidienne ». Arroyo sera proche du courant français de lanouvelle figuration.
↑Dans :Lawrence Alloway, « The Arts and the Mass Media »,Architectural Design,, commentant l'expositionThis Is Tomorrow (1956) et d'autres œuvres récentes, il emploie le terme demass popular art.
↑Barbara Haskell,.BLAM! The Explosion of Pop, Minimalism and Performance 1958-1964. New York: W.W. Norton & Company, Inc. in association with the Whitney Museum of American Art, 1984.
↑En 2015, ce mouvement a fait place aunéo pop dont de nombreux artistes français prennent progressivement la relève de leurs illustres fondateurs. Ce nouveau mouvement a tendance à se rapprocher dustreet art en terme technique et ces deux mouvements sont de plus en plus proches. Le néo pop d'aujourd'hui est un vrai marché ou de nombreux artistes deviennent de plus en plus côtés. Le prix des toiles dans les galeries ou les célèbres maisons de ventes aux enchères explosent et lesMr Brainwash,Yann Houri ou encoreMister Luca T deviennent les références française en la matière. La French Touch a tendance à plaire et nos artistes franchie s'exportent et en premier lieu aux États-Unis, la référence en la matière (cf.Les années Pop. Centre Pompidou, Paris, 2001(ISBN2-84426-081-0).
↑AuXXIe siècle, comme ailleurs, c'est lenéo pop, identifiable par ses sujets et son style réguliers, qui a pris la relève. Beaucoup d'artistes japonais se sont inspirés desmangas et parfois deUkiyo-e ou d'art traditionnel.L'artiste le plus reconnu est actuellementTakashi Murakami du groupe d'artistesKaikai Kiki, renommés pour leur production massive, leSuperflat, un style surréaliste,post-moderne dont l'inspiration principale vient des mangas et de la culture urbaine japonaise. Ce style vise principalement la jeunesse et a un grand impact culturel. Plusieurs artistes, commeYoshitomo Nara, sont reconnus pour leursgraffitis ; d'autres, comme Takashi Murakami sont connus pour leurs figurines en plastiques.Un grand nombre d'artistes du néo pop japonais utilise des images surréalistes ou obscènes voire choquantes dans leurs œuvres. Ces éléments attirent les adolescents et les adultes (bien que censé être moralement choquant, ou provoquant, ceci n'est pas considéré comme offensant au Japon.)Une métaphore habituelle dans le néo pop japonais est l'innocence et la vulnérabilité des enfants et de la jeunesse. Des artistes commeAya Takano(en) ou Yoshitomo Nara utilisent les enfants comme sujets dans la quasi-intégralité de leurs œuvres. Alors qu'Yoshitomo Nara montre des scènes de colère ou de rébellions par des enfants, Aya Takano montre l'innocence des enfants en peignant des filles nues.
Richard Leeman, « Avant la catastrophe : le Pop en France en 1963 », inCritique d'Art, n°46, printemps-été 2016[lire en ligne]
Éliane Elmaleh, « Le Pop Art aux États-Unis : entre subversion et conformisme », inRevue Française d'Études Américaines [en ligne], n° 72, 1997, p.56-65[lire en ligne]
Louise Gauthier, « An analysis of Robert Rauschenberg's combine-painting period »,CorpusUL, 1990