| Pogrom d'Anvers | ||
Image de propagande de la mise à sac de la synagogue. | ||
| Type | Pogrom | |
|---|---|---|
| Pays | ||
| Localisation | Anvers | |
| Coordonnées | 51° 13′ nord, 4° 24′ est | |
| Date | ||
Géolocalisation sur la carte :Belgique | ||
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Lepogrom d'Anvers est une émeute antisémite survenue àAnvers, le lundi[1]. À la suite de la projection du film de propagande nazieLe Juif éternel, deux cents activistespro-nazis de laZwarte Brigade, duVNV, deDe Vlag, de la ligue anti-juiveVolksverwering et de laSS Vlaanderen provoquent une émeute connue sous le nom dePogrom d'Anvers. Ils mettent le feu à deux synagogues[2] et à l'habitation dugrand-rabbinMarkus Rottenberg qui parvient à s'enfuir. Deux cents vitrines de magasins sont détruites. L'occupant empêche les pompiers d'accéder aux lieux du sinistre. Des exemplaires de laTorah et des livres de prières sont brûlés sur la rue en unautodafé[3].
Le matin du lundi dePâques, à10 h, laPropaganda-Abteilung a organisé la projection du film deFritz HipplerLe Juif éternel dans le cinéma Rex de laKeyzerlei. Elle s'appuie sur la ligue antijuive qui compte un millier d'activistes sous la houlette de l'avocat anversoisRené Lambrichts (1900-1993). Devant une salle de 1 500 places comble, ce dernier fait une allocution en préambule à la projection.Collaborationniste, il salue la politique menée parHitler qui libérera l'Europe de l'influence juive. Le journal clandestin socialisteLe Peuple dénonçait déjà les agissements de Lambrichts qui, par ses harangues, ne visaient qu'à déclencher des émeutesantisémites. C'est le cas à l'issue de la projection : deux cents activistes descendent laKeyzerlei en direction du quartier juif de lagare centrale,Pelikaanstraat. Ils passent devant laKommandantur d'Anvers qui ignore tout de cette manifestation et voit défiler les émeutiers armés de gourdins et de bâton ferrés. Sur leur passage, les vitrines des commerces juifs sont saccagées. Le groupe se dirige ensuite vers laOostenstraat etVan-den-Nestlei pour ypiller les deux synagogues, en détruire le mobilier, les objets du culte et leslivres sacrés. Ils se rendent ensuite chez legrand-rabbin d'Anvers (depuis 1912[4])Markus (Mordechai) Rottenberg (père dugrand-rabbinChaim Yaakov Rottenberg et grand-père du rabbinMordechai Rottenberg, né après la guerre et qui porte son nom) mais celui-ci et sa famille parviennent à prendre la fuite avant l'arrivée des émeutiers qui mettent le feu à son habitation[5],[6]. Les émeutiers ne laissent pas les pompiers accéder aux lieux des sinistres, et ils ne peuvent intervenir que tardivement, quand les dégâts portés aux édifices sont déjà considérables.
Eggert Reeder, chef de laMilitärverwaltung pour laBelgique et le Nord de la France, responsable de la question juive, fulmine. Il entend régler la question juive dans le calme (fait pour tromper) et de tels débordements vont compromettre la planification des actions. Le, les émeutiers tenteront de relancer une action. Ils trouveront cette fois devant eux les forces de l'ordre tant de la police que de la gendarmerie anversoise. En armes, avec l'aval de l'occupant, les policiers étouffent rapidement la manifestation antisémite et procèdent à des arrestations. Les Allemands font toutefois pression pour que les antisémites arrêtés soient relaxés[7].
Le grand-rabbinMarkus (Mordechai) Rottenberg[8],[9], sera d'abord déporté auCamp d'internement de Vittel, enFrance, avant d'être envoyé àAuschwitz où il meurt dès son arrivée au début du mois de mai 1944.
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