| Poale Zion (he)פועלי ציון | |
Logotype officiel. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Leader | Ya'akov Zorubavel (en) |
| Fondation | début du20e siècle |
| Positionnement | Gauche |
| Idéologie | Marxisme Sionisme travailliste Socialisme Marxisme centriste |
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LePoale Zion (hébreu :פועלי ציון, aussi écrit Poalei Tziyon, Poaley Syjon ou encore Poaley Zion ; en français :Travailleurs de Sion) est un mouvementmarxiste etsioniste regroupant des cercles de travailleurs juifs fondés dans différentes villes de l'Empire russe après le rejet du sionisme par leBund ou Union générale des travailleurs juifs de Lituanie, Pologne et Russie en 1901.
Les partis et organisations composant le Poale Zion naquirent au sein de ladiaspora juive au début des années 1900. L'une de ses branches vit ainsi le jour àNew York en 1903[1]. D'autres branches furent formées à Londres et à Leeds respectivement en 1903/1904 et 1905[2],[3]. En, le Poale Zion (Travailleurs de Sion) fut fondé enPalestine mandataire, et un mois plus tard, le Parti travailliste socialiste juif (Poale Zion) fut formé auxÉtats-Unis et auCanada[4]. En, leParti travailliste socialiste démocratique juif (Poale Zion) fut créé en Russie[4]. La même année, un parti Poale Zion formel fut créé àPoltava enUkraine, sous la direction deBer Borochov, et d'autres groupes furent bientôt formés à travers l'Europe, y compris enPologne,Autriche et auRoyaume-Uni[réf. nécessaire].
Les principes clés de l'idéologie du Poale Zion à ses débuts étaient les acceptations de la vision marxiste de l'histoire et du rôle du nationalisme, que Ber Borochov pensait ne pas pouvoir être ignoré en tant que facteur de développement historique. Ainsi, selon le Poale Zion, un Prolétariat juif s'établirait sur la terre d'Israël et prendrait ensuite part à lalutte des classes. Ces lignes directrices furent exposées dansNotre plate-forme de Ber Borochov, publié en 1906.
Une Union mondiale des Poale Zion fut créée. Son deuxième congrès, en 1909, insista sur les projets socialistes pratiques en Palestine. En Palestine ottomane, le Poale Zion fonda l'organisation para-militaireHashomer afin de surveiller et de protéger les colonies duYichouv, et promeut l'idée de la « conquête par le travail » (Kibbush Ha'avoda) et de l'Avoda Ivrit (« travail juif »). Le Poale Zion fonda des bureaux pour l'emploi, des services de restauration et de santé pour ses membres. Ces services évoluèrent par la suite en institutions du sionisme social en Israël. Lors de laPremière Guerre mondiale, le Poale Zion servit à recruter des soldats pour laLégion juive.
Le Poale Zion fut actif au Royaume-Uni durant la Première Guerre mondiale, sous la direction de J. Pomeranz etM. Meyer, et influença le mouvement travailliste britannique, y compris dans l'élaboration (parSidney Webb etArthur Henderson) du Mémorandum sur les objectifs de guerre duParti travailliste, reconnaissant le droit au retour des Juifs en Palestine, document qui précéda de trois mois ladéclaration Balfour[5].
« Nous étions entre le marteau et l'enclume » explique un ancien militant de Poale Sion. Cette situation est moquée dans une chansonnette yiddish :« Fun Zion a leck, fun Marx a schmeck » (« une lichette de Sion, mais un goût de Marx »)[6].
Le Poale Zion se sépara en fractions Gauche et Droite en 1919-1920, suivant en cela une division similaire s'étant produite au sein de l'Internationale ouvrière et résultant au moins en partie des opinions des militants sur la montée du chaos et de la violence se produisant alors en Russie bolchévique.
L'aile droite (aussi connue sous le nom dePoale Zion droitiste,Droite Poale Zion ou simplementPoale Zion) était non-marxiste et était favorable à un programme socialiste plus modéré, s'affilia solidement à l'Internationale ouvrière, et évolua vers un partisocial-démocrate. Depuis leur immigration en Palestine en 1906 et 1907, les dirigeants principaux du Poale Zion étaientDavid Ben Gourion, qui rejoignit, en tant qu'étudiant à l'université de Varsovie, un groupe local Poale Zion en 1904, etYitzhak Ben-Zvi, ami proche de Ber Borochov et l'un des premiers membres du groupe Poltava. Après la séparation, les deuxBenim (« les Ben ») continuèrent à contrôler et à diriger la Droite Poale Zion en Palestine, qui finit par fusionner avec d'autres mouvements pour former de plus grandes forces.
L'aile gauche (aussi connue sous le nom dePoale Zion gauchiste ouGauche Poale Zion,yiddish :Linke Poale Tzion) ne considérait pas l'Internationale ouvrière comme assez radicale, et certains allèrent jusqu'à accuser les membres qui s'en revendiquaient d'avoir trahi les principes révolutionnaires de Borochov (de manière ironique, Ber Borochov avait commencé à modifier son idéologie dès 1914 et l'avait publiquement inscrite dans la mouvance sociale-démocrate l'année précédant sa mort). La Gauche Poale Zion, qui soutenait laRévolution bolchevique, continua à adhérer étroitement aux principesmarxistes etcommunistes et demanda de manière répétée son adhésion à l'Internationale communiste auprès de l'Union soviétique. Ses essais furent cependant infructueux, car les Soviets (et en particulier les membres juifs non-sionistes) restaient suspicieux vis-à-vis des tendances nationalistes du sionisme, et certains dirigeants du parti possédaient également des griefs à l'encontre des membres de la Gauche Poale Zion.
Le Poale Zion en Palestine se divisa entre aile droite et aile gauche lors de son congrès de février-. En, une fraction de la Gauche Poale Zion fonda leMifleget Poalim Sozialistiim (Parti des travailleurs socialistes), rebaptisé en 1921Parti communiste juif, puis éclata en 1922 sur la question du sionisme, l'une des fractions prenant le nom deParti communiste palestinien et l'autre, plus anti-sioniste, le nom deParti communiste de Palestine. La première conserva ses liens avec la Gauche Poale Zion. Ces deux tendances fusionnèrent en 1923 sous le nom deParti communiste de Palestine en 1923 et devint une section officielle de l'Internationale communiste. Une autre des fractions de la Gauche Poale Zion liée au mouvement kibboutzHachomer Hatzaïr, fondé en 1919 en Europe devint par la suite le partiMapam. L'aile droite devint sous la direction de David Ben Gourion l'Akhdut HaAvoda en 1919, qui devient à la suite d'une fusion avec un autre parti leMapaï, lui-même précurseur duParti travailliste israélien.
La Gauche Poale Zion de Russie participa à la Révolution bolchevique. Ber Borochov lui-même retourna en Russie après laRévolution de Février et organisa des brigades d'activistes du Poale Zion, surnommées « brigades Borochov », afin de combattre dans l'Armée rouge. Le parti resta légal jusqu'en 1928, année durant laquelle il fut liquidé par leNKVD. La plupart des autres organisations sionistes avaient été dissoutes en 1919, et il semble que la Gauche Poale Zion fut autorisée au-delà de cette date car reconnue officiellement comme un parti de type communiste. En 1919, les communistes de la Gauche Poale Zion quittèrent le parti pour fonder leParti communiste juif, qui finit par rejoindre leParti communiste de l'Union soviétique, ce qui le conduisit à une perte importante de ses membres en Russie. La fraction gauche rencontra plus de succès et de popularité auRoyaume-Uni et enPologne durant la Seconde Guerre mondiale.
L'Union mondiale des Poale Zion (l'aile droite des Poale Zion) fut membre de l'Internationale ouvrière socialiste entre 1923 et 1930 (par sa section palestinienne)[7].
En 1928, l'Union mondiale des Poale Zion (aile droite des Poale Zion) indiquait compter 22 500 membres dans ses sections dans le monde entier : 5 000 en Pologne et aux États-Unis, 4 000 en Palestine, 3 000 en Russie, 1 000 en Lituanie, Roumanie, Argentine et au Royaume-Uni, 500 en Lettonie et 1 000 autres répartis dans d'autres pays comme l'Allemagne, l'Autriche, la Tchécoslovaquie, la Belgique, la France et le Brésil. À ce moment, le secrétaire général de l'organisation était B. Locker. L'Union mondiale possédait une branche féminine, l'Organisation des Femmes pour les Pionnières en Palestine[8].
À l'instar de leurs attitudes sur lestalinisme, les deux ailes du Poale Zion se divisèrent sur l'utilisation et le développement duyiddish et de la culture yiddish, la gauche étant davantage favorable à cette culture, comme dans leBundisme, alors que l'aile droite s'identifiait plus fortement avec lemouvement de résurgence de l'hébreu qui devint populaire au sein du mouvement sioniste au début des années 1900.
Pendant une brève période suivant la guerre, les deux fractions du Poale Zion furent considérées comme des partis légaux et « agissants » en Pologne, mais leur devenir était très incertain. Ils furent dissous en au cours du bannissement général des partis politiques juifs par la direction communiste.
Durant laSeconde Guerre mondiale en Pologne, le groupe de résistants juifsŻOB fut fondé à partir d'une coalition comprenant leHashomer Hatzair, leDror, leBnei Akiva, l'Union générale des travailleurs juifs, de nombreux groupes communistes juifs et les deux tendances du Poale Zion.De nombreux combattants connus de cette résistance juive, particulièrement ceux impliqués dans lesoulèvement du ghetto de Varsovie, étaient membres du Poale Zion. Parmi eux :
Après la Première Guerre mondiale,David Ben Gourion fonda le partiAkhdut HaAvoda qui intégrait la plus grande partie des membres de droite de Poale Zion enPalestine mandataire. Il fut une des composantes fondatrices duMapaï dans les années 1930. La gauche de Poale Zion fusionna avec leParti des Travailleurs Hashomer Hatzair de Palestine lié à l'organisationHachomer Hatzaïr pour les kibboutz et la Ligue socialiste s'appuyant sur les urbains pour former leMapam en 1948, qui fusionna plus tard avec deux petits partis, leRatz et leShinouï afin de former leMeretz-Yachad. En 1946, une scission au sein du Mapai conduisit à la résurgence de l'Akhdut HaAvoda (Akhdut HaAvoda-Travailleurs de Sion), qui s'unit au Mapam en 1948. En 1954, un petit groupe de dissidents du Mapam quitta le parti en reprenant le nom d'Akhdut HaAvoda-Travailleurs de Sion. Ce parti prit finalement part à l'Alignement dans une fusion en 1965 (qui plus tard inclut leMapam et leRafi). En 1992, l'Alignement devient leParti travailliste israélien.
En Amérique du Nord, le Poale Zion fonda le mouvementHechalutz, leFarband et leHabonim Dror, puis plus tard l'Organisation travailliste sioniste d'Amérique, qui fusionna avec d'autres groupes au sein de l'Alliance travailliste sioniste, qui se rebaptisaAmeinu en 2007. En Grande-Bretagne, le Poale Zion se rebaptisa en 2004Mouvement travailliste juif.
À l'international, la Droite Poale Zion est représentée au sein de l'Organisation sioniste mondiale par lemouvement sioniste travailliste mondial, le groupe « à la gauche » de l'Organisation sioniste mondiale étant l'Union mondiale des Meretz.