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Enlinguistique et engrammaire, lapersonne représente letrait grammatical décrivant le rôle qu'occupent les acteurs d'undialogue (émetteur, récepteur, référents extérieurs au dialogue). Lesverbes, lesdéterminants etpronoms personnels, principalement, sont concernés par la distinction de personne. Les noms peuvent aussi l'être, surtout dans les cas de possession indiquée par unsuffixe personnel. Enceltique, de plus, lesprépositions peuvent aussi se fléchir selon la personne.
Ces distinctions de personnes se retrouvent dans toutes les langues connaissant des distinctions de personnes.
On distingue trois personnes :
la première correspond au locuteur (l'émetteur), à celui qui s'exprime directement : enfrançais, elle pourra être représentée par des pronoms commeje,moi,mon ;
la seconde est l'interlocuteur (le récepteur), celui à qui le message est destiné :tu,toi,ton ;
la troisième est toute personne ou chose dont on parle et qui ne participe pas au dialogue :il / elle / on,lui / elle,son.
Ces modes en effet ne s'accordent pas en personne mais ennombre ou engenre.
Il existe aussi des tournures impersonnelles se présentant comme des formes personnelles.
en français, ce rôle est tenu par la troisième personne du singulier masculin :il faut,il neige,il me semble, voireil y a. Nion nielle ne peuvent s’y substituer. On retrouve là l’origine des genres grammaticaux, qui n'ont rien de sexué : il ne marque pas le masculin mais le genrenon marqué.
en latin (aupassif impersonnel) :videtur (« il est vu » ou « on voit » ou encore « il semble »).
Les déterminants possessifs dépendent de la personne. Leur fonctionnement, cependant, varie d'une langue à l'autre. En français, par exemple, les possessifs s'accordent en personne avec le possesseur, et engenre et en nombre avec l'objet possédé (dans « la queue du chat », « la queue » est le possédé, « le chat » le possesseur, dans « mon chat », « je » non exprimé est le possesseur, « chat » le possédé). Ainsi, on dit « ma pomme » mais « mon chat ».
L'anglais, cependant, ne distingue pas le genre au moyen des possessifs sauf à la troisième personne. Cette fois-ci, ils s'accordent au genre du possesseur :his apple « sa pomme (à lui) »,her apple « sa pomme (à elle) »,its apple « sa pomme (à un inanimé, comme un arbre) ».
Dans nombre de langues, comme leturc ou encore leslangues sémitiques, il n'existe pas de déterminants possessifs mais un jeu de suffixes personnels dérivés des désinences verbales. En sorte, on assiste à une forme de conjugaison du nom. Par exemple, en turc les suffixes personnels verbaux sont :
Ladistinction T(u)-V(ous) — ou « distinction entre le tutoiement et le voussoiement / vouvoiement » — est un conceptgrammatical etlinguistique familier aux locuteurs des languesromanes,germaniques (sauf dans l'anglais courant) etslaves.
Il s'agit d'une opposition entre deux deuxièmes personnes (servant à s'adresser à un interlocuteur), le premier (tutoiement : « tu, te, toi, ton », etc.) utilisé pour les proches ou dans unregistre de langue familier (voire insultant par sa familiarité) et le second (vouvoiement : « vous, votre ») pour les personnes auxquelles on doit un certain respect, ce qui peut comprendre les inconnus, les supérieurs, les personnes âgées, etc.
Quelques faits notables se présentent dans certaines langues quand il s'agit de s'adresser à un très haut dirigeant ou dignitaire (un roi, un pape, un empereur, etc.) appartenant au clergé ou à la noblesse.
On pourra en effet employer une troisième personne du singulier précédée d'expressions commeSa Majesté ouSon Altesse, appellatifs dont legenre n'importe pas (on peut appeler un homme « Sa Majesté ») et que l'on retrouve quand on parle de ces personnes :
« Son Altesse désire-t-elle une tasse de thé ? « Monseigneur prendra-t-il une verveine ? » ;
« on aurait vu Son Altesse la reine M.* de G.* boire une tasse de thé en compagnie de Monseigneur V., lequel aurait pris une verveine ».
Parfois, c'est un déterminant possessif de2e personnepolie qui s'utilise : « Que désire Votre Altesse ? ».
Les mêmes catégories de personnes peuvent aussi s'exprimer à la troisième personne (en plus, souvent, d'une forme depluriel de majesté) : « Nous désirerions que vous laissiez Son Altesse tranquille » (où « Son Altesse » désigne bien le locuteur, « nous », mis pour « je »), « il plaît à Sa Majesté d'agir ainsi ».
Au contraire, dans la languelatine, il n'est pas rare que l'auteur s'exprime aussi au pluriel, mais ici dans un but supposé de modestie, quand il parle de lui. L'usage est resté dans la langue soutenue et scolaire : « Dans la première partie de cette dissertation, nous montrerons que Cicéron… » pour « Dans la première partie de cette dissertation, je montrerai que Cicéron... ». C'est un pluriel similaire qu'on trouve dans la littérature moderne pour des personnages ─ souvent féminins ─ voulant atténuer par modestie ou par réserve leurs propos[réf. nécessaire].
forme soutenue :nous sommes allé(e)s au cinéma, où Jean nous a retrouvé(e)s ;
forme courante :on est allé /est allés (syllepse pour lenombre) /est allées (syllepse de nombre et degenre sion renvoie à un groupe de femmes)au cinéma, où Jean nous (remplacement paron non sujet impossible)a retrouvé(e)s.
Qu'est-ce qu’il prendra ? Un petit blanc, comme d'habitude ?
Ah, si c'est la route de Paris qu’elle cherche, alors faut qu’elle fasse demi-tour.
[…] L'épicier dit : « bonjouril va bien ce matin, qu'est ce qu'illui fallait ? », alors « il dit » qu'ilvoudrait des piles. […] Pierre Desproges, « Les Piles » inTextes de scène, Seuil 1997
Cet emploi est généralement ressenti comme très familier, voire impoli, ou encore ironique.
Lecoréen, lejaponais et levietnamien (mais pas exclusivement ces langues) partagent tous les trois une particularité importante, celle d'exprimer grammaticalement et lexicalement de manière très précise les rapports sociaux et hiérarchiques, comme si elles possédaient un grand nombre de personnes, chacune renvoyant à un système de respect hiérarchique. En fait, dans ces langues l'expression de la politesse peut remplacer celle de la personne.
Le coréen utilise deux « modes » de politesse et septregistres de langue exprimés grammaticalement (et non seulementlexicalement) permettant de construire pour un verbe donné quatorze paradigmes possibles (tous n'étant pas fréquemment utilisés). Les modes de politesse (neutre ~ poli) concernent ce dont on parle et sont indiqués par un choixlexical (à la manière de l'opposition entrechaussure etgodasse), lasuffixation (comme pourblond ~blondasse). À la différence du français, les verbes reçoivent une marque, uninfixe-si-, pour passer au mode poli, sans forcément changer de radical (commevivre ~vivoter si le principe était systématique) et s'étendent aux verbes et adjectifs, qui reçoivent des marques spécifiques.
Les sept registres, quant à eux, indiquent le respect qu'on témoigne à l'interlocuteur (à l'image de notrevouvoiement). Il est important pour les locuteurs de respecter l'expression grammaticale du point de vue et de la politesse, chaque situation de communication entraînant un mode et un registre particulier (entre inconnus, avec un supérieur, entre collègues, entre amis proches, etc.). Tout écart est connoté et témoigne d'une agression verbale, d'une marque de mépris, de pédantisme (ou d'une erreur si le locuteur est visiblement étranger). Il est cependant possible aux interlocuteurs de changer de mode de politesse en le demandant, de même que les francophones peuvent demander à utiliser le tutoiement mutuel. Les pronoms personnels suivent évidemment le même principe : chaque gradation dans la politesse demande un pronom particulier.
Le japonais suit des principes très proches (double lexique, conjugaisons variant en politesse) et se montre surtout étonnant quant àsa richesse en pronoms personnels. En effet, il en existe tellement, quelle que soit la personne, qu'on peut les considérer comme plus que des pronoms, de véritables noms portant leursconnotations. Chacun de ces noms concerne une personne donnée et indique le point de vue du locuteur, réel ou imposé par les conventions, sur la personne concernée par le pronom, son interlocuteur, lui-même.
Par exemple, pour la seule première personne, « je/moi », on peut compter :
générique soutenu : 私 (わたし)watashi ;
locuteur femme donnant d'elle l'image attendue d'une personne charmante, mignonne : あたしatashi, あっしasshi(rare) ou あたいatai (rare) ;
locuteur âgé : 儂 ou 私 (わし)washi ;
locuteur homme, registre neutre mais pas assez soutenu dans certains cas : 僕 (ぼく)boku (nom signifiant « serviteur ») ;
locuteur homme voulant donner de lui une image virile et arrogante : 俺 (おれ)ore.
Employer un terme peu soutenu dans un contexte qui ne s'y prête pas pour parler de soi ne signifie pas que l'on se dénigre mais que l'on dénigre l'interlocuteur[réf. nécessaire].
La gradation dans la politesse s'opère, par exemple, en passant deboku àwatashi. S'il faut être encore plus poli, il convient d'éviter les pronoms pour utiliser des périphrases comme 我が社 (わがしゃ)waga sha, « mon humble société » ou 此方 (こちら)kochira, « cette direction (près de moi) ». On fait bien sûr de même avec la seconde personne.
lenuer (langue nilo-saharienne) (transcriptionAPI) : [kɔ́ːn] ~ [kɔ̀n]. Ces deux pronoms s'opposent à [kɔːn], forme deduel servant quand seuls le locuteur et son interlocuteur sont concernés ;
entok pisin, le système est similaire :mipela (nous exclusif pluriel : « moi et eux ») ~mitupela (nous exclusif duel : « moi et lui / elle ») ~yumitupela (nous inclusifduel : « moi et toi »).
Le Poular, La langue peule (encore appelée fula, fulfulde ou pulaar) en Afrique de l'Ouest: [en] ~ [men]