




LePlateau d'Helfaut est le nom (lieu-dit) d'un site d'environ 300 hectares, situé près deSaint-Omer, en régionNord-Pas-de-Calais, situé dans le département duPas-de-Calais. C'est un site géologique remarquable (par la présence superficielle d'une argile à silex ditediluvium d'Helfaut et des couches géologiques inversées. Ce site abritait jusque dans les années 1960 une flore particulièrement riche et originale pour le nord de la France, ayant justifié la création de 4réserves naturelles volontaires devenuesréserves naturelles régionales), dont laRéserve naturelle des Landes d'Helfaut sise sur la commune qui a donné son nom au Plateau. Ces réserves ont en fait été créées en guise demesure compensatoire à lafragmentation écologique du plateau d'Helfaut pas laVNVA (Voie nouvelle de la vallée de l'Aa) ou« Contournement d'Heuringhem »En réalité ce plateau a un équivalent de l'autre côté de la vallée de l'Aa, ditePlateau des Bruyères.
Il est situé sur les communes de Longuenesse et de Wizernes. Il a perdu une grande partie de ses caractéristiquesécopaysagères ; Les bruyères et landes y ont presque disparu, sous l'effet des cultures, descarrières (exploitation de sable) et de l'urbanisation (périurbanisation de Saint-Omer, accompagnée de la construction d'unaérodrome et d'un champ de course hippique, puis d'uneprison.
En avril 1908, alors que le printemps était exceptionnellement sec, un important incendie s'est déclaré dans les « dornes » ; « aux Bruyères, derrière le cimetière de Longuenesse ». La presse de l'époque, qui l'a attribué à des farceurs raconte que la nuit, le spectacle a attiré les badauds qui croyaient à un feu d’usine. Cette même année, à Lumbres un incendie d’origine inconnue a également ravagé une parcelle du bois de lamontagne de Samettes, propriété de M. de Raismes[1].
Ce plateau a son« pendant », de l'autre côté de la vallée de l'Aa : le« Plateau des bruyères », mais ce dernier est écologiquement et paysagèrement beaucoup moins riche, de par sa proximité de la ville de Saint-Omer dont il est devenu la banlieue et à cause d'une mise en culture ancienne, de l'installation d'un aérodrome, d'un champ de course, et d'une prison.
Ce site a une probable origine géologique liée à la présence de ligne de failles.
Il semble avoir été l'épicentre d'un des derniers tremblements de terre fortement ressenti dans le nord de la France;
Eden 62,syndicat mixte créé par leConseil Général duPas-de-Calais pour gérer lesespaces naturels sensibles acquis grâce à laTDENS.
Situé dans le domaine de ce qu'on appelait autrefois l'ancienneforêt charbonnière mais peut-être déjà riche en landes etclairières, il a connu une occupationpréhistorique ougallo-romaine (4 buttes antiques, transformée en « buttes de tir » pour l'entrainement des soldats à l'époquenapoléonienne) Des cartes anciennes montrent à l'ouest du site un boisement commençant au bord du plateau et s'arrêtant au niveau de Blendecques. Ce boisement avait sonpendant de l'autre côté de la vallée à Longuenesse.
C'est un site qui a été très exploité pour ses silex et pour sesprés communaux, et plusieurs fois été bouleversé ; les Normands l'ont traversé pour piller l'Audomarois, en venant deThérouanne.
Il a également été remodelé par les militaires qui y ont fait des campements, un fort et qui s'y sont longtemps entrainé. De nombreuses carrières (silex,sables,craie sur sa périphérie) l'ont entamé et ont également bouleversé son régime hydromorphie. La partie supérieure de ces carrières a abrité dans les années 1970-1990, au niveau des couches sableuses (sable du dévonien) jusqu'à plusieurs centaines de nids d'hirondelles de rivage (à Helfaut, Blendecques, Baudringhem).
En bordure de plateau et sur une étendue de bruyères autrefois ensoleillée, unsanatoriumdépartemental a été construit dans lesannées 1930. On y a planté des pins. Agrandi et modernisé dans lesannées 1980, il est devenu l'hôpital de l'agglomération audomaroise. La desserte routière et la construction de lotissements ont eu lieu en parallèle avec le développement du centre hospitalier.
Un boisement artificiel derésineux (laforêt d'Helfaut, 45 hectares) concurrence désormais la lande acide à bruyère sur le site. Un intense bombardement dû à la construction par les Allemands d'unblockhaus géant (dit la « Coupole d'Helfaut ») destiné à abriter la construction demissiles « V2 » lors de laSeconde Guerre mondiale a bouleversé une partie du site, et a grandement altéré la qualité du bois fourni par lapinède.
Ledrainage du plateau, associé au recul dulièvre et surtout dulapin autrefois très présents dans ce secteur ont favorisé le boisement de milieux autrefois ouverts et entretenus par lavaine pâture et lesprés communaux. Le boisement colonise le plateau, rapidement depuis les années 1980. Ces arbres évapotranspirent une grande quantité d'eau, ce qui a contribué à assécher le plateau, en augmentant localement le risque d'incendie de forêt.
Les routes et lotissements ou divers aménagements sportifs ou de loisirs (deux stands de tir, parkings...) ont contribué à morceler et réduire le milieu naturel. La surface protégée par l'arrêté de biotope de 1995 ne représente que 52 % de laZNIEFF établie sur la base de données naturalistes datant des années 1980, acceptée en 1990 et cartographiée en 1991[2]