Au, Plappeville est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[12].Elle appartient à l'unité urbaine de Metz[Note 2], une agglomération intra-départementale regroupant42 communes, dont elle est une commune de labanlieue[Note 3],[13],[14]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Metz, dont elle est une commune de la couronne[Note 4],[14]. Cette aire, qui regroupe 245 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[15],[16].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (49,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (50,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (49,2 %), forêts (21,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (15,2 %), zones agricoles hétérogènes (10,5 %), prairies (3,1 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,1 %)[17]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
D'après les travaux menés par l'historien Louis Viansson, les environs immédiats de la ville deDivodorum, rebaptisée plus tardMetz, sont déjà habités au début de l'occupation romaine. Un certain nombre de villas furent érigées sur les pentes dumont Saint-Quentin, non loin de la route reliantReims àTrèves. Le quartier de Tignomont, actuellement situé sur les hauteurs du village, tire sans doute son nom des bûcherons qui exploitaient alors les forêts avoisinantes. AuVIIe siècle, saintPappole,28eévêque de Metz, fait construire sa résidence d’été à l’emplacement actuel du village. Il baptise sa résidencePappoli Villa, qui deviendra un toponyme, d’où la commune tire son nom. Par la suite, il lèguera la villa à l’abbaye de Saint-Symphorien qu’il avait lui-même fondée. Vers835,Drogon,40e évêque de Metz, rapporte deSaint-Quentin-en-Vermandois des reliques de saintQuentin. Il fait construire un oratoire au sommet de lamont Saint-Quentin où sont déposées les reliques. Cet oratoire fut par la suite remplacé par un sanctuaire qui servit de paroisse, plusieurs siècles durant, aux habitants de Plappeville,Scy-Chazelles,Lessy etLongeville. En923, le village est rasé par les troupes d’Henri l’Oiseleur. Les moines de Saint-Symphorien s’attellent à sa reconstruction. Ils érigent une grande chapelle où seront entreposées les reliques desainte Brigitte, abbesse deKildare près deDublin, morte en 523. Sainte Brigide est toujours la patronne du village, comme en témoigne la présence des langues de feu sur le blason de la commune.
En1143, l'église de Plappeville, ainsi que ses dépendances, passent sous l’autorité de l’abbaye de Gorze. En1212, l’abbaye de Saint-Symphorien récupère la possession de l’église de Plappeville. De1346 à1443, les armées deRobert de Commercy ravagent à trois reprises le pays messin, en particulier Tignomont. Puis la cité deMetz entre en guerre contre leduc de Lorraine. Lesiège de Metz dure sept mois et oblige les habitants duVal de Metz à trouver refuge derrière les remparts de la cité. Les villages alentour, dont Plappeville, sont rayés de la carte. Une fois de plus, le village est reconstruit, en particulier l’église, dont les travaux s’achèvent en 1493. L’église actuelle date de cette époque. Du bâtiment originel ne subsistent que la tour et quelques piliers.
En1552, les troupes d'Albert de Brandebourg établissent leur quartier dans le village, lors dusiège de Metz parCharles Quint. Après lesiège, le village de Plappeville, comme les autres villages dupays messin, est annexé au royaume deFrance. De1588 à1593, pas moins de 30 habitants sont reconnus coupables d’actes de sorcellerie et exécutés en place publique. En1603, sur les terres communales, Nicolas Houillon aménage une source ferrugineuse, dite dela Bonne Fontaine.
Au début duXVIIe siècle, le greffier de justice de l’abbaye Saint-Symphorien, Jean Bauchez[20], entreprend la rédaction d’un journal relatant les évènements importants survenus au sein du village. À l’époque, le village compte près de 300 âmes et une dizaine de notables messins y font construire leurs résidences d’été. La viticulture fait alors vivre 65 foyers sur 71. En1635, pendant laguerre de Trente Ans, les armées deBernard de Saxe-Weimar prennent d’assaut le village. Peu après, en1636, le village est pillé par les soldats croates de l’Empereur et échappe de peu aux flammes. En1643, Plappeville est de nouveau mis à sac par une bande de Bourguignons. Ce pillage met fin à une série de dommages causés par les guerres de Trente Ans, notamment la peste et le typhus, transmis par les soldats, qui frappèrent durement le village à cette époque.
AuXVIIIe siècle, malgré les famines et les maladies, la tradition viticole subsiste et reste l’activité dominante de la population. En1701, les premiers registres d’état civil apparaissent dans la paroisse. Ils sont d’abord tenus par les prêtres, puis par la mairie à partir de 1790. En 1728, le ban communal compte 49 ha de vignobles. En1789, lors desÉtats Généraux, les habitants adressent leur cahier de doléances au roi. Ils y dénoncent les impôts et autres redevances seigneuriales qui les privent des trois cinquièmes de leurs revenus. Le village sera épargné par les tourments de la Révolution. De nombreux émigrés y trouvent refuge, fuyant les troubles et laTerreur.
AuXIXe siècle, la commune perpétue sa tradition viticole. En1814, lors dusiège de Metz, une division russe occupe temporairement le village. En1870, le maréchalBazaine, fils d'unScygéocastellois, établit son quartier général dans le village. Il y organise la défense deMetz. Le, la ville de Metz tombe aux mains des Prussiens, après unsiège de deux mois. Le, le dépôt de munitions dufort de Plappeville, occupé par les Allemands, explose. De nombreux prisonniers de guerre français périssent dans l'accident. De par letraité de Francfort, Plappeville, tout comme l’Alsace et laMoselle, est annexé par l’Allemagne. Les Allemands reconstruisent le fort et l’intègrent à une nouvelleceinture fortifiée. Les familles plappevilloises sont peu à peu remplacées par des familles allemandes. Les grandes maisons, souvent entourées de hauts murs, sont rachetées par des bourgeois ou des aristocrates allemands, notamment leGeneralfeldmarschallGottlieb von Haeseler. Celui-ci, amoureux du pays, reviendra finir sa vie au village et y sera inhumé en 1920[21]. Lorsque laPremière Guerre mondiale éclate, les Mosellans se battent naturellement pour l’Empire allemand. Beaucoup de jeunes gens tombent au champ d'honneur sous l’uniforme allemand. Le, la commune prend le nom dePapolsheim par décret impérial. Les restrictions alimentaires amènent bientôt les habitants à ruser avec les autorités militaires pour cacher le bétail[21]. Les Plappevillois accueillent avec joie la fin des hostilités et la paix, enfin retrouvée[21]. La commune redevient française en.
Si Plappeville n'a pas été directement touché par laPremière Guerre mondiale, il n’en fut pas de même pendant laSeconde Guerre mondiale. Une fois de plus, le village connut l'annexion, mais cette fois, la transition fut brutale. Le, l’armée allemande expulse 95 % de la population du village, qui doit se réfugier en zone libre, d'Albi àCastres, en passant parQuillan ouCordes. Le, la commune de Plappeville, rebaptiséePleppweiler, intègre leStadtkreis Metz, le district urbain du Grand Metz. Au cours de labataille de Metz, après trois jours de combat acharnés, la commune de Plappeville est libérée le par la5e division d’infanterie de l’arméePatton[22]. C'est au cours de ces combats, que la voûte de l’église fut endommagée par un bombardement américain visant les forts du Saint-Quentin, le. Après la libération de la commune, deux détachements de la462e Volks-Grenadier-Division de l'armée deKnobelsdorff résistèrent encore deux semaines dans les forts duSaint-Quentin et dePlappeville, interdisant le retour de la population civile dans la commune.
De 1950 à 1980, et pour renouer avec une tradition qui remonte à 1800, le village organise la fête de saint Vincent, patron des vignerons[21].
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[25]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[26].
En 2023, la commune comptait 2 027 habitants[Note 5], en évolution de +1,45 % par rapport à 2017 (Moselle : +0,75 %,France horsMayotte : +2,36 %).
Maison d'Arros, foyer Saint-Michel, mairie actuelle : on ne connaît pas l'époque de construction de cette maison appelée autrefois château. En 1743, Louis Charles de Rostaing en est le propriétaire. En 1775, le comte d'Arros en est possesseur. Bazaine y installa son quartier général en 1870, lors de labataille de Saint-Privat. En 1896, les religieuses du Pauvre Enfant Jésus achètent le domaine. Elles y créent un orphelinat jusqu’en. Cette remarquable demeure est rachetée par la commune qui y aménage la mairie en 1993 ;
Les lavoirs[37] : de nombreuses sources alimentent fontaines et lavoirs. Ces derniers ont été utilisés par les lavandières jusqu’au milieu des années 1980. Leur réhabilitation en font des joyaux du patrimoine communal ;
Maisons vigneronnes : dans lePays messin, la tradition viticole est très ancienne et remonte à l’époque gallo-romaine. La vigne se développe et finit par recouvrir les pentes dumont Saint-Quentin. En 1848, elle couvre plus d’un tiers du territoire de la commune. Cette tradition explique la présence de nombreuses maisons vigneronnes dans le village ;
Unarboretum situé au col deLessy a été inauguré en 1989. De nombreuses espèces de végétaux régionaux y sont présentées.
L'église Sainte-Brigide datant duXIe siècle[38], ruinée en 1445 lors du siège de Metz par leduc de Lorraine, l'église fut rebâtie en 1493 à l'emplacement d'un sanctuaire fortifié construit vers 1040[39]. Celle-ci garde encore quelques éléments de l'église romane qui s'intègrent harmonieusement au nouvel édifice reconstruit à l'initiative des abbés de Saint-Symphorien et avec l'aide des habitants du village. Entièrement restauré, l'édifice a retrouvé toute sa splendeur. La voûte s’effondre lors du bombardement du. L'église est inscrite sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 28 octobre 1980. Les vitraux sont deCamille Hilaire ;
Joseph d'Arros (1779-1855), homme politique, maire deLongeville-lès-Metz, préfet du Finistère en 1819, de l'Aveyron en 1820 et de la Meuse en 1828, député de la Meuse de 1830 à 1831.
Louis Ernest Marie Joseph Caignart de Saulcy, né à Grenoble en 1803,polytechnicien, officier de Marine, maire de Plappeville de 1857 à 1865. Entomologiste et spécialiste de lasériciculture, président de l’Académie de Metz.
Albert Thiam, né à Plappeville en 1921,ébéniste lorrain, connu pour ses tableaux de marqueterie illustrant les traditions populaires de la région.
De gueules à la crosse d'or, accostée de six langues de feu ordonnées 1 et 2 de chaque côté et brochant sur une septième du même en pointe, à l'oiseau d'argent brochant en pointe.
Michel Hérold, Françoise Gatouillat,Les vitraux de Lorraine et d'Alsace,Corpus vitrearum, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Paris, CNRS Editions Inventaire général,, 330 p.(ISBN2-271-05154-1)
Recensement des vitraux anciens de la France, Volume V, Plappeville, page 113
(fr)Le patrimoine architectural et mobilier de la commune sur le site officiel duministère français de la Culture (Bases Mérimée, Palissy, Palissy, Mémoire, ArchiDoc), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (archives photographiques) diffusion RMN, et service régional de l'inventaire général de la direction de la Culture et du Patrimoine de la Région
↑Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de200 mètres entre deux constructions) et comptant au moins 2 000 habitants. Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie.
↑Dans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Metz comprend une ville-centre et41 communes de banlieue.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155).
↑a etbM. Bouteiller,Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, rédigé en 1868 sous les auspices de la Société d'archéologie et d'histoire de la Moselle, Paris, Imprimerie nationale (lire en ligne)