La ville s'est longtemps appelée « Pistoria » (enlatin,Pistorium,Pistoria,Pistoriae, formes toutes documentées), terme visiblement dérivé du latinpistor désignant celui qui pile le grain, puis un boulanger. On suppose qu'il y aurait eu sur le site une sorte de moulin primitif permettant de broyer les grains pour nourrir à la fois hommes et bêtes. Par la suite, dans le dialecte toscan, ler s'estamuï au contact du yod, d'où la forme modernePistoia. Il semble que la ville de Pistoie soit à l'origine du mot françaisbistouri par l'intermédiaire du latin médiévalpistorensis, utilisé pour désigner une sorte de couteau fabriqué à Pistoie (en italien modernepistolese). Par contre, la pistole et le pistolet, contrairement à ce qu'on croit parfois, n'ont apparemment rien à voir avec Pistoia : ils viennent de l'allemandPistole, lui-même emprunté au tchèquepichtol.
En 1254, Pistoie, villegibeline, fut conquise par Florenceguelfe, mais cela provoqua la division des Guelfes en factions noire et blanche. Pistoia resta sous contrôle florentin, sauf pendant une période brève auXIVe siècle, quandCastruccio Castracani la conquit pourLucques, et fut officiellement annexée par Florence en 1301. Le poète duXVe siècleAntonio Cammelli est né à Pistoie, d'où son surnomil Pistoia.
Dans laDivine Comédie,Dante Alighieri a mis dans sonEnferVanni Fucci, personnalité célèbre de Pistoie à la fin duXIIIe siècle. Il le place dans le septièmebolge duhuitième cercle (lemalebolge), là où se trouvent les voleurs d'objets sacrés tourmentés par des serpents. Vanni Fucci avait en effet dérobé des objets dans la sacristie de la cathédrale, laissant condamner un innocent à sa place. De plus, il faisait partie desGuelfesnoirs, tandis que Dante appartenait à la faction desblancs, une raison de plus pour l'envoyer en enfer.
La ville de Pistoia est composée de plusieurshameaux : Badia a Pacciana, Bargi, Bonelle, Bottegone, Botro, Canapale, Chiodo, Chiazzano, Chiesina Montalese, Cireglio, Collina, Capostrada, Candeglia, Gello, Le Grazie, Le Piastre, Masiano, Orsigna, Piazza, Piteccio, Pontelungo, Pontenuovo, Pracchia, Ramini, San Felice, Sammommè, Santomato, Saturnana, Spazzavento, Valdibrana, Vicofaro, Vivaio, Sant'Agostino, Torbecchia, Nespolo, Le Querci, Le Fornaci.
La grandePiazza del Duomo, aligne des immeubles originaux et devient le théâtre, en juillet, des « joutes de l'ours » (Giostra dell'Orso).
LaGiostra dell'Orso se déroule chaque25 juillet, jour de la fête catholique desaint Jacques le Majeur patron de la ville, et voit s'affronter les quatre quartiers de la ville (ditsRioni) qui sont ceux duGrifone (Griffon), duLeon d'Oro (Lion d'Or), duDrago (Dragon) et duCervo Bianco (Cerf blanc). Trois cavaliers de chaque quartier (plus une réserve) s'affrontent en duel sur18 tours. Les meilleurs cavaliers de ces quartiers, lancés à une allure effrayante, doivent frapper avec des lances une cible tenue par un mannequin ayant l'aspect d'un ours. Le quartier ayant engrangé le plus de points gagne la joute et reçoit lePalio (l'étendard) pour l'année. Le meilleur cavalier reçoit lui leSperon d'Oro (l'éperon d'or) pour sa performance.
La première cathédrale de San Zeno brûla en1108, mais fut rebâtie pendant le siècle suivant, et reçut des améliorations jusqu'auXVIIe siècle. Elle est plus connue sous le nom deDuomo, du fait de la présence d'un dôme roman duXIIe siècle, avec campanile et portique duXIVe. Son point le plus remarquable est l'autel de saint Jacques, pièce d'argenterie commencée en1287, mais qui ne fut pas terminée avant leXVe siècle. Les diverses sections du retable contiennent628 figures, le total pesant près d'une tonne — saint Jacques le Majeur était devenu le patron de Pistoia, depuis qu'une partie de ses reliques avait été acquise par la ville en1143.
L'Ospedale del Ceppo.
Le centre-ville contient environ une douzaine d'églises et d'immeubles médiévaux, parmi lesquels :
↑SandroBellesi,« Notices biographiques », dans Mina Gregori,Le Musée des Offices et le Palais Pitti, Paris, Éditions Place des Victoires,(ISBN2-84459-006-3),p. 644.