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| Pierre Jeanpierre | ||
Le colonel Jeanpierre en mars 1958 en Algérie, avec Raymond Tournoux de Paris Match | ||
| Naissance | Belfort (France) | |
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| Décès | (à 46 ans) Guelma (Algérie française) Mort au combat | |
| Origine | ||
| Arme | Légion étrangère | |
| Grade | lieutenant-colonelfrançais | |
| Années de service | 1930 –1958 | |
| Commandement | 1er régiment étranger de parachutistes | |
| Conflits | Seconde Guerre mondiale Guerre d'Indochine Guerre d'Algérie | |
| Faits d'armes | Bataille d'AlgerBataille des Frontières | |
| Hommages | voir ici | |
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Pierre Jeanpierre, né le àBelfort (Arrondissement subsistant du Haut-Rhin) et mort au combat le enAlgérie, est un officier militaire supérieurfrançais de laLégion étrangère.
Fils d'un capitaine de laPremière Guerre mondiale mort en 1916, Pierre Paul Jeanpierre souhaite rapidement devenir également militaire[1].
Engagé en décembre 1930[1] au131e régiment d'infanterie comme homme du rang, il prépare et réussit le concours d'officier et est nommésous-lieutenant en1936 au1er régiment étranger (Légion étrangère), puislieutenant en. En1939, il est auLevant avec le6e régiment étranger d'infanterie.
Après lacampagne de Syrie-Liban, il refuse de rejoindre les rangs desFFL et retourne dans les rangs de la Légion étrangère àMarseille. De là, il gagne laRésistance (réseauVengeance du mouvement « Ceux de la Libération ») sous le nom de Jardin, lors de l'invasion de la zone libre en novembre 1942. En1944, il est arrêté et interné au camp deMauthausen. Souffrant d'unepleurésie, affaibli et amaigri, il est libéré par les Alliés en.
À la fin de la guerre, il se porte volontaire pour servir au sein des unités parachutistes de la Légion. Le chef de bataillonPierre Segrétain, formant en Algérie le1er bataillon étranger de parachutistes, se souvient d'un officier qu'il a connu au Levant, le capitaine Jeanpierre, et lui demande d'être son adjoint. Sous les ordres de Segrétain, le BEP et Jeanpierre rejoignent l'Indochine en1948. En1950, lors de l’évacuation deCao Bằng par laRC4, sous les ordres du colonel Lepage, le1er BEP saute sur That Khé le pour renforcer la colonne Charton, partie deLạng Sơn. Les légionnaires sont poursuivis par 30 000 soldats dugénéral Giap. Les rares survivants de la nuit de fusillade à Coc-Xa retrouvent ceux de la colonne Charton. Alors que le commandant Segrétain est grièvement blessé, que le bataillon est décimé, Jeanpierre décide de rejoindre That Khé. Il franchit les lignes d'embuscadesvietminhs, emmenant une dizaine de légionnaires, avec des éléments du3e Tabor marocain commandés par le sous-lieutenant Beucler, et fait partie du petit nombre de survivants[1].
Rapatrié enAlgérie, il repart pour l’Indochine en1954 après la chute du camp retranché deĐiện Biên Phủ. Il prend alors le commandement du1er BEP. Lorsque cette unité prend l'appellation de « régiment », il cède sa place au colonel Brothier, à qui il succédera en1957, au retour de l'expédition de Suez.
Sous son commandement, le régiment livre labataille d'Alger. Il est blessé par des éclats degrenade lancée parYacef Saâdi, chef de laZone autonome d'Alger, peu avant son arrestation. Il enchaîne les succès dans labataille des Frontières face aux combattants de l'ALN. Dans l'après-midi du, dans la région deGuelma, alors que le1er REP accroche unekatiba de l'ALN sur les pentes du djebel Mermera, l’Alouette II depuis lequel il commande son régiment est abattue[2] ; son indicatif radio étant « Soleil », le transmetteur annonce à la radio la nouvelle : « Soleil est mort ». Le régiment est frappé de stupeur. Le,un suprême hommage lui est rendu àGuelma[réf. nécessaire] puis des obsèques religieuses sont célébrées en lacathédrale de Nevers. Le colonel Pierre-Paul Jeanpierre repose désormais au « carré Légion » du cimetière dePuyloubier.
Ce chef de guerre, vétéran de plusieurs conflits, était craint en raison de sa dureté et de son exigence au combat, faisant parfois passer le bilan des opérations avant la vie de ses légionnaires. Toutefois, il était admiré de ses hommes.[réf. nécessaire]Son portrait est exposé parmi ceux des plus prestigieux officiers de la Légion dans la salle honneur du musée de la Légion étrangère à Camp Major àAubagne.
Dans l'annexe de son rapport sur labataille des Frontières[3] réservée à certains destinataires, le colonel Buchoud insiste sur
« le travail d'un commandant de GM assisté d'un seul capitaine et qui dans une même journée monte quatre opérations engageant chaque fois une dizaine de compagnies, assiste à trois briefings en des lieux différents, assure la direction de huit héliportages de compagnie, effectue 3 à 4 heures de vol en Alouette, déplace trois fois son PC »
Il cite
« ce commandant de compagnie qui est posé le à 10 h en hélicoptère à 200 mètres des rebelles, leur démolit une section, ramène trois armes automatiques, se trouve engagé à18 h, embarque en véhicules dans la nuit, fait quatre heures de route, se trouve à minuit à 20 km de là, est engagé au petit jour et démonté à8 h. Est engagé à nouveau à midi après quatre heures de camion, repris enfin en hélicoptère à15 h et posé à 20 km de là où il trouve le contact de deux compagnies rebelles…. »
L’écrivainAndré Maurois le décrit comme une personne« au cœur généreux et au caractère détestable, une assez bonne combinaison pour un chef »[1]. Toutefois, Jeanpierre est également l'un de ceux qui ont institutionnalisé latorture pratiquée par les hommes de son régiment, l'assumant parfaitement face à la lutte contre le terrorisme nationaliste, et proposant à ceux qui s'y opposaient de quitter le régiment[4].