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Pierre Gaxotte

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Pierre Gaxotte
Fonctions
Président
Société de l’histoire de France
-
Fauteuil 36 de l'Académie française
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière de Revigny-sur-Ornain(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Jules Gaxotte(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Membre de
Distinctions
Grand prix Gobert()
Prix Louis-Barthou()
Prix des ambassadeurs (Histoire de l'Allemagne(d))()Voir et modifier les données sur Wikidata
Vue de la sépulture.

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

Pierre Gaxotte, né le àRevigny-sur-Ornain (Meuse)[1] et mort le àParis, est unhistorien etjournalistefrançais d'extrême droite. Directeur, à sa fondation, du journalJe suis partout, il est élu à l'Académie française en 1953.

Biographie

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Famille et formation

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Pierre Gaxotte est le fils de Jules Gaxotte (1859-1926), notaire àRevigny-sur-Ornain, et Marie-Augustine Fresse (1865-1912). Son père fut élu conseiller municipal en 1904 puis maire de Revigny-sur-Ornain en jusqu'à sa démission en.

Après de très bonnes études secondaires au lycée de Bar-le-Duc, Pierre Gaxotte entre enkhâgne à Paris en, il est reçu en 1917 au concours d'entrée à l'École normale supérieure. Il est reçu premier à l'agrégation d'histoire et géographie en 1920. Il est introduit dans les milieux intellectuels par l'éditeurArthème Fayard.

Engagement à l'extrême-droite

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En, présenté par l'un de ses camarades d'études, il devient le « secrétaire de nuit » du leader intellectuel et politiqueCharles Maurras (1868-1952)[2]. Gaxotte contribuera dès lors régulièrement àL'Action française.

Comme beaucoup de ses compatriotes de l'époque, il conçoit pour Charles Maurras une grande admiration :

« Maurras était en pleine force, insensible à la fatigue, aux incommodités, aux menaces, aux dangers. On était pris d'abord par son regard, où rayonnaient l'intelligence, l'autorité, l'énergie, le courage, la bienveillance, une attention extrême et parfois la gaieté. Mais on était conquis aussi par sa jeunesse, son ardeur, son alacrité[3]. »

Sa pensée s'imprègne de la « ligne maurrassienne », nationaliste et xénophobe.

À partir du, Pierre Gaxotte remplace un professeur d'histoire aulycée Charlemagne. Il raconte dans ses Mémoires :

« Le lycée Charlemagne était alors fréquenté par un grand nombre d'élèves israélites, fils de commerçants du quartier. Or les noms de famille juifs ne sont pas très nombreux. Quand je disais : "Lévy, parlez-moi des massifs hercyniens", la moitié de la classe se levait. Je dus apprendre les prénoms. »

En 1919, après le rétablissement du professeur qu'il remplaçait[4], il est nommé professeur au lycée d'Évreux et en 1924, le libraireArthème Fayard lui confie la direction du journalCandide, puis celle du journalJe suis partout.

C'est ainsi que Pierre Gaxotte réagit dans les termes suivants à l'accession au pouvoir d'Hitler :

« Le Troisième Reich est une menace pour la France : soyons forts, prenons nos précautions, armons-nous. Mais n’injurions pas. Tous ces messieurs de la gauche prolongent sur le plan extérieur leurs haines de partisans. »

— Je suis partout, 18 mars 1933

Commentant l'actualité de son époque, il écrit :« Puisqu'il s'agit toujours de tenir l'Allemagne en respect, de la mettre en garde contre elle-même et contre le renouvellement de sa folie, le mieux serait de lui inspirer une crainte salutaire par la supériorité évidente des forces[5]. » Et :« Entre le bolchevisme et le hitlérisme, il y a beaucoup moins de différences qu'entre le bolchevisme et la monarchie anglaise. La révolution allemande s'est accomplie dans un pays qui était en avance de plusieurs siècles sur la Russie des tsars. L'expérience de socialisation s'accomplit à un niveau supérieur, sur un peuple depuis longtemps dressé à une exacte discipline et qui a le fonctionnarisme dans le sang. Ce n'en est pas moins de la socialisation. Hitler est aussi antibourgeois et aussi anticapitaliste que Staline[6]. »

Jusqu'en 1939, Gaxotte poursuit sa carrière de journaliste dans une société française de plus en plus marquée par la montée de l'extrême droite et la xénophobie. Ainsi écrit-il à propos deLéon Blum :

« D'abord, il est laid. Sur un corps de pantin désarticulé, il promène la tête triste d'une jument palestinienne. […] Comme il nous hait ! […] Entre la France et l'homme maudit, il faut choisir. Lui, il incarne tout ce qui révolte notre sang et notre chair. Il est le mal. Il est la mort. »

— Candide,

Au début, lui non plus n'était pas hostile aufascisme, à l'instar ses collègues deJe suis partout. Mais, à partir de 1936, à la mort d'Arthème Fayard, il s'en éloigne progressivement. Cela lui vaut d'être remplacé au poste de rédacteur-en-chef deJe suis partout parRobert Brasillach en 1937. À partir de, il cesse définitivement de signer des éditoriaux pour ce journal.

Le refus de la Collaboration

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Selon les mémoires de l'essayisteClaude Roy, au cours de l'été 1940, Pierre Gaxotte tente en vain de persuader Maurras de suspendre la parution du quotidienL'Action française. En effet, Gaxotte a la certitude que lesÉtats-Unis entreront en guerre contre le Reich dès l'année suivante et qu'il fallait éviter de relier le mouvement maurrassien aux dérives autoritaires de l'Allemagne nazie.

L'historienFrançois Blucheécrit[Où ?] que« contrairement à certaines légendes, l'ancien secrétaire de Maurras ne fut ni collaborateur, ni vichyste. Il aimait à dire sous l'Occupation : « Les Alliés gagneront et balaieront tout cela ». »

Le journalisteThierry Maulnier raconte un bon mot de Pierre Gaxotte lors d'une soirée pendant les premiers temps de l'Occupation ; à quelqu'un affirmant« Je suis le Maréchal aveuglément », il aurait répondu « Comment le faire autrement ?[7] »

Replié àClermont-Ferrand pendant l'Occupation, Gaxotte continue à dirigerCandide sur un ton aussi agressif que possible jusqu'au jour où la verve frondeuse de ses billets lui attire les foudres des censeurs deVichy. On le somme de changer de ton ou d'abandonner. Il abandonne et ne dirige plus que l'hebdomadaire humoristiqueRic et Rac (1929-1944), pour lequel la guerre n'existe pas.

Recherché par laGestapo, Pierre Gaxotte fuit Clermont-Ferrand et se réfugie àVarennes-sur-Allier commeMitty Goldin, juif, ancien directeur du music-hallABC et le comédienJean Barreyre. Il est l'un des rares maurrassiens restés en France à ne pas être inquiétés à la Libération[8] (nombre de maurrassiens furent pendant quatre ans en poste à Vichy[9] et les trois commissaires généraux aux questions juives successifs ont tous des liens avec l’Action française[10],[11]).

L'historien et académicien

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Après laLibération, il abandonne son militantisme politique et devientéditorialiste auFigaro. Dès lors, il se consacre essentiellement à la rédaction de travaux historiques.

Pierre Gaxotte est élu à l'Académie française le — le même jour queFernand Gregh etAntoine de Lévis-Mirepoix. Il occupe le fauteuil de l'historienRené Grousset, mort quelques mois plus tôt. La même Académie lui avait décerné legrand prix Gobert en 1946 et leprix Louis-Barthou en 1952.

En 1970, il prononce l'éloge funèbre deFrançois Mauriac à l'Académie française, puis y reçoit en 1973 l'écrivainJulien Green.

Pierre Gaxotte a écrit de nombreux ouvrages d'histoire, si marquants pour son époque qu'ils furent plusieurs fois réédités, notamment ceux publiés avant laSeconde Guerre mondiale :La Révolution française (1928) ;Le Siècle de Louis XV (1933) etFrédéric II (1938). L'auteur y propose une vision critique de laRévolution française en même temps qu'une réhabilitation deLouis XV, jusque là très décrié. C'est pourquoi ses travaux se situent dans le même courant que ceux de ses contemporainsJacques Bainville,Louis Bertrand etFrantz Funck-Brentano.

En 1979, Pierre Gaxotte fait partie du comité de patronage de la revue intellectuelleNouvelle École, périodique duGRECE, lié à laNouvelle Droite.

Opposé à la présence deFemmes à l'Académie française, il déclare en 1980 :« Si on élisait une femme, on finirait par élire unnègre »[12],[13].

Décès

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Mort le, célibataire, Pierre Gaxotte est inhumé dans sa ville natale deRevigny-sur-Ornain.

À l'Académie,Jean Dutourd prononce un discours d'hommage dans lequel il précise que« ce regard si intelligent, infaillible pour retrouver la vérité sous des stratifications séculaires d’erreurs ou de bêtises, fait de Pierre Gaxotte un incomparable historien, et certainement l’un des plus originaux que notre littérature ait compté[14]. »

Vie mondaine

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Pierre Gaxotte était un ami deColette,Julien Green etRobert de Saint-Jean,Christian Dior,Henri Sauguet,Max Jacob,Alain Daniélou,Jean Cocteau,Georges Dumézil (auquel il a dédiéLa Révolution française),Thierry Maulnier,Jean Mistler,Matthieu Galeyetc.

Passionné de musique et de ballets, il était membre de l'Académie du disque français, qu'avait fondée Colette en 1951.

Vie privée

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Pierre Gaxotte était homosexuel. Il a longtemps vécu avecJean Fazil, ancien danseur[15],[16].Didier Eribon lui prête une liaison avecGeorges Dumézil au début des années 1920[17].Lucien Rebatet etPierre-Antoine Cousteau, qui ont connu Gaxotte au temps deJe suis partout et se présentent comme ses disciples, évoquent son homosexualité dansDialogue de vaincus[18].

Prix Pierre-Gaxotte

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À l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de sa mort, le prix Pierre-Gaxotte est créé.

La première édition est remise à Revigny-sur-Ornain et récompense l'historienChristian Bouyer (1941-) pour sonGaston d'Orléans (Pygmalion).

L'année suivante, le prix émigre à Metz et devient le Prix Pierre-Gaxotte de la biographie et le Prix Pierre-Gaxotte de l'essai historique. Les lauréats 2008 sontMichel de Decker avecNapoléon III ou l'empire des sens (Belfond) etHenry Bogdan avecHistoire de la Bavière(Perrin).

En 2009, les lauréats sontDidier Le Fur avecHenri II (Tallandier) etJean-Paul Gourévitch avecLe Rêve méditerranéen, D'Ulysse à Nicolas Sarkozy (L'Œuvre).

Depuis sa fondation, le prix est présidé parRoger Maudhuy. Le musicologuePhilippe Beaussant, qui occupe le fauteuil qui fut celui de Gaxotte à l'Académie française, en est le président d'honneur.

Publications

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Notes et références

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  1. « Acte de naissance n°36 avec mention du décès »,Archives départementales de la Meuse(consulté le),p. 23/242
  2. Pierre Gaxotte,Les Autres et moi, Flammarion, 1975,p. 38 :

    « Un de mes camarades dont les destinées prenaient un autre cours, me demanda si je pouvais le remplacer comme secrétaire nocturne de M. Maurras. J'acceptai, et M. Maurras me prit au tarif de 150 francs par mois. »

  3. Pierre Gaxotte,Les Autres et moi, Flammarion, 1975, p. 42.
  4. Pierre Gaxotte,Les Autres et moi, Flammarion, 1975,p. 83.
  5. La Nation belge,.
  6. La Nation belge,.
  7. Le Figaro,.
  8. Gilbert Comte, « Pierre Gaxotte est mort »,Le Monde,‎(lire en ligne)
  9. Gilles Richard,« Les droites face au nazisme : le grand schisme (1938-1944) », dansHistoire des droites en France,(lire en ligne),p. 275 à 302 (§28)
  10. Laurent Joly, « D'une guerre l'autre. L'Action française et les Juifs, de l'Union sacrée à la Révolution nationale (1914-1944) »,Revue d’histoire moderne & contemporaine,vol. 2012/4,no n° 59-4,‎,p. 97 à 124 (§77)(lire en ligne)
  11. La fidélité de l'Action française et de Maurras au régime du Maréchal sera maintenue jusqu'au bout. C'est pourquoi bien des ligueurs ou sympathisants ont repris leur liberté : "on peut, en effet, constater un éclatement de la ligue en plusieurs courants, en gros quatre, pour se limiter à l'essentiel : les fidèles envers et contre tout, regroupés à Lyon autour du maître ; les journalistes parisiens « collaborationnistes » retournés contre leur maître et rejetés par lui, tel Lucien Rebatet qui fustige « l'inaction française » (...), ceux qui se sont éloignés de l'Action française, mais que les principes de la Révolution nationale fédèrent autour du Maréchal ; enfin, ceux qui ont rejoint Londres, sans adhérer nécessairement à la France libre" (L’Action française, Jacques Prévotat (2004),p. 89 à 103 (§11).
  12. Éliane Viennot, Maria Candea, Yannick Chevalier, Sylvia Duverger et Anne-Marie Houdebine,L’Académie contre la langue française, Éditions iXe,, 224 p.,p. 40
  13. Christine Bard,« On ne peut plus rien dire... » », dansFéminismes,(lire en ligne),p. 275 à 286
  14. « Hommage prononcé à l’occasion de la mort de M. Pierre Gaxotte », surAcadémie française,(consulté le).
  15. Daniel Garcia,Coupole et dépendance. Enquête sur l'Académie française, éditions du moment, 2014.
  16. Alain Daniélou 2015.
  17. Jean Birnbaum, « Réflexions sur la déraison gay »,Le Monde, 5 février 2014.
  18. Dialogueno 9, Le troisième sexe :

    « Cousteau : Tiens, pour ne parler que de A. [Gaxotte], il m'a fallu attendre sa trahison pour apprendre du même coup qu'il était à la colle avec un danseur luxembourgeois. Entre nous, rappelle-toi : si libres que nous fussions dans nos propos, nous nous serions évanouis de honte plutôt que de risquer la moindre allusion aux mœurs de notre grand homme. L'anus de A. ne devait pas plus être soupçonné que la femme de César… Pourtant, j'aurais dû être éclairé. Une de mes cousines de province, oie demi-blanche de passage à Paris avait déjeuné avec A. et les danseurs chez un ami commun. Là, A. renonçait au mystère. Il étalait ce qu'il nous cachait. Ma cousine en profita pour faire de fines plaisanteries sur mes fréquentations. Naturellement, je m'étranglai d'indignation. Je refusai l'évidence. C'est toujours comme ça quand on a la foi. J'avais foi en A. et ça suffisait pour m'empêcher de le voir tel qu'il était. »

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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René Grousset
Pierre Gaxotte
1953-1982
Jacques Soustelle
v ·m
Composition de l'Académie française au jour de son élection(29 janvier 1953)
Par numéro
de fauteuil
Par date
d'élection
v ·m
Composition de l'Académie française au jour de sa mort(21 novembre 1982)
Par numéro
de fauteuil
Par date
d'élection
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