Pierre Gassend, connu surtout sous le nom dePierre Gassendi[1], né àChamptercier (près deDigne-les-Bains) le et mort àParis le, est unmathématicien,philosophe,théologien etastronomefrançais. Il est notamment connu pour : avoir réintroduit la notion d'atome[2] ; avoir défendu l'existence duvide[2] ; être le premier à avoir réalisé en l'expérience sur la chute d'une pierre du haut du mât d'un navire en mouvement, expérience ayant permis de vérifier l'affirmation deGalilée (-) selon laquelle la pierre lâchée du haut du mât d'un navire tombera au pied du mât que le navire soit au repos ou animé d'un mouvement de vitesse constante[2],[3].
La légende veut que Pierre Gassendi ait commencé à se passionner pour les beautés du ciel en gardant les troupeaux de ses parents pendant la nuit. Enfant, il suit les cours des écoles de Digne, et fait preuve de grandes dispositions pour les langues et les mathématiques. Il s'inscrit par la suite à l'université d'Aix-en-Provence, où il suit l'enseignement philosophique de Philibert Fezaye[4], qu'il remplaçait quand Fezaye ne pouvait sortir de chez lui[5].
En 1612, le collège de Digne lui demande quelques conférences de philosophie.En 1614, Gassendi obtient son doctorat enthéologie à Avignon. Il est nomméchanoine de Digne.
En 1617, il entre dans les ordres. Il est nommé professeur derhétorique au collège de Digne.
En 1618, Gassendi note ses premières observations du ciel lors de l'apparition d'une comète « à tête crépue ». Il entre en relation avec l'astronomeJoseph Gaultier de la Vallette (1564–1647).
En 1620, il établit les tables de la position deJupiter par rapport aux étoiles fixes.
De 1622 à 1623, Gassendi est nommé professeur de philosophie au collège d'Aix. Il en est chassé, semble-t-il, par l'arrivée en 1621 desjésuites[6], par lettre patente de Louis XIII.
Le, il observe uneéclipse de Lune à Digne. La même année, il décrit les positions de la planèteMars.
Il se rend àGrenoble, où il publie en 1624, contre lesaristotéliciens, sesExercitationes paradoxicæ versus Aristoteleos, son premier livre, rédigé en 1622. Cette rupture avec l'aristotélisme prépare celle, douze ans plus tard, deDescartes dans sonDiscours de la méthode.
En 1625, Gassendi est à Paris ; il observe la position de Vénus depuis lepont Neuf et une éclipse avecClaude Mydorge. En avril, il retourne dans le Midi.
En 1626, il devient leprévôt de lacathédrale Saint-Jérôme de Digne ; mais dès lors sa vie se confond avec ses observations astronomiques ; il est un inlassable collectionneur d'éclipses. Avec le philosopheThomas Hobbes, Gassendi partage ses critiques de Descartes ; il est en rapport avec tous les grands astronomes de son temps :Kepler,Riccioli,Hortensius,Hévélius[7]… sa renommée s'étend jusqu'àPrague,Dantzig,Leyde etBologne. Ses observations sont menées en grande partie en étroite liaison avec son ami le conseiller au ParlementNicolas-Claude Fabri de Peiresc auprès duquel il passe ses années de transition.
À Galilée, il écrit le :
« Tout d'abord, ami Galilée, je voudrais que vous soyez bien convaincu du plaisir de l'âme avec lequel j'embrasse votre opinion en astronomie, sur le système de Copernic. Les barrières d'un monde assurément vulgaire sont brisées. L'esprit libéré erre à travers l'immensité de l'espace. Peut-être conviendrait-il que vous publiiez votre travail. En le cachant vous feriez une grave injure aux lettres et à ceux qui s'adonnent aux sciences les plus divines… Si une résolution bien arrêtée, ou la destinée, vous imposent une réserve telle que vous ne puissiez même pas communiquer par lettre à vos amis ce que vous avez conçu, faites une exception pour moi. Laissez-moi espérer ou vous demander d'être votre correspondant. »
En 1628, après un passage à Paris en mai, Gassendi voyage pendant neuf mois avec François Luillier et sur ses instances. Il arrive vers la fin de l'année enFlandres et en Hollande où il rencontreIsaac Beeckman,Thomas Hobbes[8] etHenri Reneri. Il composeDe Paraheliis à la demande de Peiresc etExamen de la doctrine deFludd à celle deMersenne[8].En 1629, il tente de dissuader l'astronome-astrologueJean-Baptiste Morin de publier une fausse théorie des marées ; il fait quelques observations sur lesflocons de neige dont se servira ultérieurement Descartes[9].Le, il observe à Paris une éclipse de Soleil quasi totale. Il contribue à populariser les thèses de Galilée, notamment par la publication de ses lettresDe motu impresso a motore translato etDe proportione qua gravia decidentia accelerentur.Le, toujours à Paris, Gassendi décrit lepassage de Mercure devant le Soleil, annoncé par Kepler. Il tente de reprendre son expérience avec lepassage de Vénus en décembre, mais le passage a lieu de nuit.Le, il décrit une éclipse de Lune à Lyon chez le frère du ministre-cardinalArmand de Richelieu.Le, Gassendi se rend à la chapelle de Saint-Lazare, près de Digne, afin d'y observer une éclipse de Soleil.En, il adresse une lettre de consolation à Galiléequi vient d'être condamné et auquel il conseille la patience.Le, il est à nouveau à Digne pour y observer une éclipse de Lune. Le de la même année, il se trouve à Aix pour observer Jupiter ; et le pour observer Mars.En 1635, Gassendi est à Aix ; il y décrit la première éclipse de Lune de l'année.En 1636, il mesure à Marseille la hauteur du Soleil au solstice d'été afin de reprendre les mesures effectuées dix-neuf siècles plus tôt parPythéas le Massaliote.
Le, il observe une éclipse de Lune de l'abbaye de Saint-Germain. La même année, il illustre à Marseille par une expérience de physique les théories de Galilée sur la chute des corps. Un curieux narre la scène :
« M. Gassendi ayant été toujours si curieux de chercher à justifier par les expériences la vérité des spéculations que la philosophie lui propose, et se trouvant à Marseille en l'an 1641 fit voir sur une galère qui sortit exprèz en mer par l'ordre de ce prince, […] qu'une pierre laschée du plus haut du mast, tandis que la galère vogue avec toute la vitesse possible, ne tombe pas ailleurs qu'elle ne feroit si la même galère étoit arrêtée et immobile. »
En cette année 1641, Gassendi est élu à l'agence générale du clergé de France. Une position officielle parmi les plus importantes car elle fait le lien entre l'Église et les séculiers. Il rencontreThomas Hobbes. En mars, il reçoit lesMéditations deDescartes ; leur querelle commence véritablement à cette occasion. Descartes répond àMersenne qu'il « méprise » ce pauvre homme qui « n'a pas le sens commun et ne sait en aucune façon raisonner ».Après la réponse de Descartes à sesobjections, il publie sesInstances, que fait imprimer son ami Sorbière et auxquelles Descartes répondit par une lettre à son éditeur[8].Le, Gassendi observe une éclipse de Lune de l'hôtel de Thou. Mersenne l'engage à porter la contradiction àJean-Baptiste Morin qui a attaqué sonDe motu impresso une translato motore.Le, il observe une éclipse de Lune àSucy-en-Brie, en compagnie de l'abbé de Champigny et du président Molé.
En 1645, il est nommé professeur de mathématiques auCollège royal, il y enseigne l'atomisme d'Épicure et deLucrèce. Pour lui, cette physique est compatible avec la doctrine chrétienne. Une de ses tâches est d'y lutter contre la croyance, ordinaire à l'époque, en les feux infernaux souterrains.
Le, Gassendi observe encore une éclipse de Lune ; toujours en 1646, il publie[8], contre le jésuite Casrée, un livre surl'accélération des graves. En 1647, il publieDe Vita, moribus, et doctrina Epicuri libri octo. pour défendre la doctrine d'Épicure. L'année suivante, il se réconcilie officiellement avec Descartes (de passage à Paris) grâce aux bons soins deCésar d'Estrées. Tannery a évoqué un repas des trois philosophes, Descartes, Gassendi et Hobbes, réunis à la table du marquis de Newcastle[11].
En 1648, une maladie de poitrine le contraint à quitter Paris pour le Midi.
En 1649, il publie ses commentaires sur le dixième livre deDiogène Laërce et son Syntagma philosophiae Epicuri. qui est son livre le plus célèbre. Il voyage enProvence, passe deux ans àToulon où il retrouve son secrétaire, élève et protégé,François Bernier, revenu d'un long voyage en Europe de l'est.
Le, il détermine le rapport des diamètres réels de la Lune et du Soleil, qui selon lui, est de 1 contre 1 000 à 1 028. L'année suivante il revient à Paris. Bernier y attaque Morin pour défendre Gassendi ; l'astrologue le fait menacer d'excommunication et Gassendi obtient de Bernier qu'il cesse sa dispute. Sorbière se propose de traduire la philosophie de Gassendi et d’Épicure mais la publication ne se fait pas et l'impression en est arrêtée pour complaire à Gassendi[12]. En 1653, Gassendi publie ses vies deTycho Brahe et deCopernic ainsi qu'unehistoire de l'église de Digne[8].Le, Gassendi observe sa dernière éclipse dans le château deMontmor, auMesnil-Saint-Denis.
Soigné par sept médecins, et de nombreux apothicaires, il reçoit douze saignées, sept purges et vingt-deux lavements avant de s'éteindre le entre les bras de son élève. Un monument de marbre blanc reçut sa dépouille dans la propre chapelle de son ami Montmor, en l'église Saint-Nicolas-des-Champs, ce monument a été détruit durant la Révolution en 1793.
Selon le témoignage de ses contemporains, Gassendi se levait régulièrement à trois heures du matin, jamais plus tard que quatre heures, et quelquefois à deux. Il étudiait jusqu'à onze heures, à moins de recevoir une visite et se remettait à l'étude vers deux ou trois heures après midi jusqu'à huit. Il soupait légèrement (une tisane tiède, des légumes, rarement de la viande) et se couchait entre neuf et dix heures. On le disait pieux, et pratiquant avec scrupule ses devoirs de prêtre ; ses paroissiens l'appelaient le saint prêtre. Par sa pauvreté, sa modestie, sa douceur, son humanité, sa bienfaisance, sa charité et sa simplicité, il faisait figure d'un anachorète, vivant dans le monde selon la règle d'un monastère[13],[14]. Peu d'auteurs ont imaginé qu'il s'agissait là d'une posture, ou d'un masque.
Henri Louis Habert de Montmor publia ses œuvres complètes à Lyon en 1658 et Bernier répandit sa doctrine en la vulgarisant. Déformée, la philosophie de Gassendi apparut dès lors comme celle d'un matérialiste. Les médecinsNicolas de Blégny, Guillaume Lamy, G.B. de Saint Romain (témoin des expériences sur le vide réalisées au Puy-de-Dôme)[15] contribuèrent à forger cette image.
(7179) Gassendi, un astéroïde de la ceinture principale d'astéroïdes
Un genre d'ammonite provençale lui a été dédié par Bert et al., 2006 :Gassendiceras.
Il y a unmusée Gassendi, boulevard Gassendi, à Digne-les-Bains[18], un Collège d'enseignement secondaire Gassendi dans la même ville, un collège Gassendi[19] àRocbaron et unerue Gassendi à Paris et à Lille. Il existe aussi un boulevard Gassendi à Marseille dans le douzième arrondissement (quartier de Saint Barnabé).
De 30 ans plus jeune queGalilée, Gassendi s'est consacré en astronomie à l'observation et à la description du mouvement des planètes, deséclipses solaires et à l'évolution destaches solaires. Une de ses observations les plus marquantes a lieu le lors du passage de laplanèteMercure devant le Soleil (untransit). Alors qu'on ne peut observer la planète à l'œil nu, il a l'idée de faire projeter son image sur une feuille de papier. Cela lui permet de se rendre compte de la petitesse de la planète. Il en a tiré une publication,Mercurius in Sole visus, Parisiis, pro voto et admonitione Kepleri[20].
Ses travaux portent également sur la propagation des sons ainsi que sur les lois du mouvement et de l'inertie, et en collaboration avecPierre de Fermat sur l'étude desgraves.Opposé à l'astrologie, il entretint une querelle avec Jean-Baptiste Morin[21]. Ce dernier alla jusqu'à prédire la mort prochaine du philosophe dès 1650.
À la recherche d'une voie moyenne entredogmatisme etscepticisme, Gassendi s'attaque avec violence àAristote dès sa première publication. En réalité, sa critique porte contre tous ceux qui prétendent avoir découvert quelque recette, innée, nécessaire et indubitable, relativement à la nature réelle des choses. Pour lui, tout le savoir provient de l'expérience sensible. Son courant de pensée tient duphénoménisme[n 1] et de l'éclectisme. Gassendi estrationaliste etpragmatique. En particulier, il s'oppose à Descartes, auquel il reproche à la fois les idées innées, et sa théorie de l'animal-machine. Un animal a une « petite âme », écrit Gassendi (pour ajouter aussitôt : « Pas aussi grande que celle des hommes »). Sa préférence va à Hobbes, qu'il admire pour la force et la liberté de sa pensée.
Pierre Gassendi.
De fait, Gassendi est l'héritier de moralistes, commePierre Charron et d'anti-aristotéliciens, commeJean Louis Vivès etPierre de La Ramée. RenouvelantPyrrhon d'Élis, il prend ainsi le relais deFrancis Bacon, auquel il emprunte de nombreux éléments de la « méthode » scientifique. De surcroît, il croit au vide (contrairement à Descartes) et aux atomes[24] (alors que Descartes en tient pour les quatre éléments) ; il s'accorde avec la méthode expérimentale deBlaise Pascal et manifeste un sentiment très vif de la connaissance approchée[25]. Fidèle à l'érudition des savants de la première moitié duXVIIe siècle[26], il s'oppose donc naturellement à latabula rasa cartésienne.
À l'opposé des certitudes duphilosophe de la Haye, Pierre Gassendi maintient un scepticisme curieux. Alors que Descartes explique l'Univers par sa vision mécaniste, Gassendi y devine une complexité sensible due à l'interaction des atomes et du vide[27].Il demande à Descartes par quel mécanisme une âme immatérielle pourrait mouvoir un corps matériel[25] ; questions qui irritent lephilosophe de la Haye. D'autre part, Gassendi voudrait que soit reconnue à l'imagination une place aussi importante que celle de la raison ; que le doute cartésien demeure un doute sceptique et non une simple prétérition du discours. Leur querelle oppose deux philosophes d'égale renommée à l'époque[28] mais Descartes en retour le traite avec mépris de philosophe charnel, de disciple d'Épicure. Dans ses lettres, il l'appellemon très chair ou « bonne grosse bête », selon Tannery et Adam « ô Caro optima » dans le texte. Mais à ce jeu, Gassendi gagne l'avantage car, selon le mot d'Adolphe Franck, il sait mieux que Descartesrailler sans blesser[8].
La démarche de Gassendi consiste en une tout autre approche que le cartésianisme. Elle est d'abordnominaliste, au sens double où :
Ce point de vue réduit la philosophie des catégoriessubstantialistes à néant, évacue la métaphysique et réclame dès lors de ne faire porter les raisonnements que sur la physique. Dans ce domaine, Gassendi adopte le point de vue deDémocrite et d'Épicure ; l'épicurisme de Gassendi est la solution auxapories que révèle son nominalisme[29]. Il en retient la théorie corpusculaire et l'interprétation de la lumière. Contrairement à Descartes, pour qui le propre de lamatière est l'étendue, Gassendi la relie à l'impénétrabilité. Cette profession de foi atomiste lui attire alors de sévères critiques deCampanella. Il se défend du coup du matérialisme dont on l'accuse en supposant ces atomes sensibles… Pour Gassendi, la matière est active ; ce qu'on a pu appeler un matérialisme dynamique[29]. Il défend ce point de vue dans trois ouvrages :
De Vita, moribus et doctrina Epicuri libri octo (Lyon, 1647, in-4),
De Vita, moribus et placitis Epicuri, seu Animadversiones in librum X Diogenis Laertii (Lyon, 1649, in-fol.; dern. édit., 1675)
Syntagma philosophiae Epicuri (Lyon, 1649, in-4; Amsterdam, 1684, in-4).
Une autre version du livre VIII duDe Vita, moribus et doctrina Epicuri, avec le titreDe philosophia Epicuri universe, est conservée à la British Library, Ms. Harley 1677, ff. 1v – 55r; les livres IX – XI, sur la Canonique, écrits à Aix-en-Provence en 1636, ont été publiés en 2012 avec le titrela Logique de Carpentras par Sylvie Taussig, les livres XII – XXV dédiés à la Physique se trouvent à la Bibliothèque de Tours, Mss. 707-710.
Ce système, où les atomes sont mortels, mais l'âme non, est le ferment qui donnera naissance au sensualisme deLocke et deCondillac. Il va bien au-delà de son précurseur, l'archevêque polonaisGuillaume de Sanok[30]
Nominaliste (et si l'on veut, en ce sens, relativiste), Pierre Gassendi resta sa vie durant fidèle à l'Église et à la foi chrétienne. Autre paradoxe, il étudia toute sa vieÉpicure, qu'il réinterpréta à la lumière de la science de son temps et de sa foi. Sa théologie s'exprime (autour d'Épicure), dansDu principe efficient, c'est-à-dire des causes des choses.
Sans aller, commeGiordano Bruno, jusqu'à défendre l'idée d'une pluralité de Mondes, théorie qu'il condamne en regard de ses conséquences théologiques, Gassendi, qui possédait un exemplairede Immenso[31] laisse affleurer dans ses ouvrages son accord avec l'aspect cosmologique des thèses duphilosophe nolain, notamment l'idée que les étoiles sont d'autres soleils, éventuellement entourés de planètes. Il imagine également que ces étoiles sontdispersées dans l'univers mais pas forcément rangées en « couches » comme l'imaginait encoreJohannes Kepler. Il envisage que ces planètes soient habitées, tout en mettant en garde contre les conceptions anthropomorphiques des conceptions du vivant[32].
L'édition complète de ses œuvres en 1655 (rédigé en 1636) comprend entre autres un traité spéculatif intituléManuductio ad theoriam seu partem speculativam musicæ. Il s'agit d'une introduction à la théorie musicale assez convenue (intervalles, consonances, clefs, indications de mesure) et sans aspects pratiques, au contraire des œuvres théoriques de son époque (Harmonie universelle deMarin Mersenne par exemple). Gassendi insiste sur les fondements mathématiques des intervalles, des consonances et des modes.
Il comprend quatre parties :
les proportions universelles et leur conséquences harmoniques
les consonances et leurs proportions relatives ; dont on trouvera un commentaire pertinent sur le site consacré à Peiresc[33]
les genres musicaux (diatonique, chromatique, diatonique)
les tons et modes de chant
Institutio astronomica, 1683.SonTychonis Brahei..., 1654, Paris par Mathurin Dupuis.
Du principe efficient, c'est-à-dire des causes des choses, Syntagma philosophicum, Physique, section I, Livre 4, traduit du latin, présenté et annoté par Sylvie Taussig, Turnhout, Brepols, 2006.
De la liberté, de la fortune, du destin et de la divination, (Syntagma philosophicum, Éthique, Livre III), traduction et annotation par Sylvie Taussig, Turnhout, Brepols, 2007.
Initiation à la théorie ou partie spéculative de la musique,Manuductio ad theoriam seu partem speculativam musicæ, 1655, introduction, traduction et notes par Patrice Bailhache, Tornhout, Brepols, 2005.
La logique de Carpentras, (1636) Texte, introduction et traduction par Sylvie Taussig, Turnhout, Brepols, 2012.
Examen de la philosophie de Robert Fludd. Texte présenté, traduit et annoté par Sylvie Taussig, SÉHA - Archè, Paris - Milan, 2016.
↑L'historien des sciencesPaul Tannery souhaitait fortement qu'on dise plutôtPierre Gassend (Œuvres de Descartes,p. 85), mais c'est la formeGassendi qui a prévalu.
↑Guy Patinrappelle avec humour le souvenir d'une « débauche » à laquelle ont participé Naudé (« qui n'a jamais goûté de vin »), Gassendi (qui « s'imagine que son corps brûlerait s'il en avait jamais bu ») et lui-même (qui en boit fort peu),« et néanmoins ce sera une débauche, mais philosophique et peut-être davantage ». Ce genre de propos donne un appui à ceux, comme René Pintard, qui parlent de « libertinage érudit » (liberté d'idées sans nécessairement liberté de mœurs). Patin, au même endroit, décrit son trio :« Tous trois guéris du loup-garou et délivrés du mal des scrupules qui est le tyran des consciences ».
↑Jean Salem,L'atomisme auxXVIIe et XVIIIe siècles, journée d'études organisée le dimanche 26 octobre 1997 à la Sorbonne, Publications de la Sorbonne, 1999. José Kany-Turpin, « Atomisme et molécules dans les Animadversiones de Gassendi », p. 59
↑Gaston Godard fait remarquer en 1996 que Gassendi avait étudié la cristallisation des sels en 1635 et avait écrit : « ces gros solides soient cubiques, soientoctohedriques, ou autres, sont tous composez d'autres moindres, de mesme figure, et ceux cy d'autres moindres jusques à la résolution en de si menus, qu'ils sont presque insensibles et tousjours figurez de mesme, dont je conclus que ceux cy se vont encores resolvant jusques aux atomes, qui par quelque sorte de nécessité doivent estre de mesme figure ». Il avait donc perçu la notion de structure atomique d'un cristal, généralement attribuée àRené-Just Haüy
↑Son érudition fut d'ailleurs remarquée par Leibniz, dans ses Opera (tome V) lorsqu'il écrivit :« Je trouve Gassendi d'un savoir grand et étendu, très versé dans la lecture des Anciens et dans tout genre d'érudition », dans Louis Mandon,Études sur Gassendi (1858)
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