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Pierre-Marie Théas

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Pierre-Marie Théas
Image illustrative de l’article Pierre-Marie Théas
Biographie
Nom de naissancePierre Théas-Laban
Naissance
àBarzun (France)
Barzun
Ordination sacerdotale
Décès (à 82 ans)
Pau
Évêque de l'Église catholique
Ordination épiscopale parEdmond Vansteenberghe
Évêque de Tarbes et Lourdes
PrécédentGeorges ChoquetHenri DonzeSuivant
Évêque de Montauban
PrécédentEli DurandLouis de Courrèges d'UstouSuivant

« Petrus Apostolus Jesu Christi »
(en) Notice surcatholic-hierarchy.org
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Pierre-Marie Théas, né àBarzun dans lesPyrénées-Atlantiques le et mort à Pau le, est un évêquecatholiquefrançais,évêque deMontauban puis deTarbes et Lourdes.

Il se singularise au sein du clergé français comme un des rares évêques à avoir protesté publiquement contre les mesuresantisémites dugouvernement de Vichy. Son engagement actif dans le secours desJuifs de sa région lui vaudra d'être déclaréJuste parmi les nations en 1969.

Évêque de Tarbes et Lourdes, il est à l'origine de la construction de labasilique souterraineSaint-Pie-X.

Biographie

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Béarnais, Pierre-Marie Théas a effectué ses études au collège Saint-Joseph deNay puis augrand séminaire deBayonne. Incorporé en au13e régiment d'infanterie de ligne puis au173e, lesergent Théas est démobilisé en 1919 avec laCroix de guerre deux citations[Note 1]. Il est ordonnéprêtre le.

Il se rend alors àRome pour étudier auséminaire français et y obtient un doctorat endroit canonique. En 1922, il est nommé vicaire àSaint-Martin dePau avant de prendre la direction du grand séminaire de Bayonne en, y enseignant lathéologie morale.

Nomméévêque de Montauban le, il est consacré le suivant à lacathédrale de Bayonne parEdmond Vansteenberghe et prend sa charge le 17.

La guerre

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Prisonnier de guerre en, en transit à Hazebrouck, il s’évade et rallie Bayonne.

Pierre-Marie Théas fait tout d'abord totalement confiance aumaréchal Pétain et se trouve en accord avec la plupart des mesures prises par son gouvernement[1]. Il se singularise cependant au sein de l'épiscopat français. Il donne l'extrême-onction àManuel Azaña, président en exil de larépublique espagnole[2]. Reçu à l'académie de Montauban en, il fait l'éloge du philosopheHenri Bergson mort quelques jours plus tôt, soulignant notamment sa judéité[2]. À partir de l’été 1942, certains membres du haut clergé s'émeuvent des mesures antisémites, notamment après larafle du Vélodrome d'Hiver de. Le,Jules Saliège,archevêque deToulouse avec lequel l'évêque de Montauban est en étroite relation, fait lire dans son diocèse une lettre épiscopale -Et clamor Jerusalem ascendit - retentissante.

Le, le gouvernement de Vichy lance des rafles à Montauban et dans le département deTarn-et-Garonne. Pierre-Marie Théas publie alors une lettre « sur le respect de la personne humaine » qu'il fait lire à la messe du, lettre portée à bicyclette dans les églises de la paroisse par sa secrétaireMarie-Rose Gineste[3], militante à laJeunesse ouvrière chrétienne. Le message délivré, présenté comme « une protestation indignée de la conscience chrétienne contre le traitement infligé en France aux Juifs », est sans ambiguïté :

« Des scènes douloureuses et parfois horribles se déroulent en France, sans que la France en soit responsable.
À Paris, par dizaines de milliers, des Juifs ont été traités avec la plus barbare sauvagerie. Et voici que dans nos régions on assiste à un spectacle navrant : des familles sont disloquées ; des hommes et des femmes sont traités comme un vil troupeau et envoyés vers une destination inconnue, avec la perspective des plus graves dangers.
Je fais entendre la protestation indignée de la conscience chrétienne et je proclame que tous les hommes, aryens ou non aryens, sont frères parce que créés par le même Dieu ; que les hommes, quelle que soit leur race ou leur religion, ont droit au respect des individus et des États.
Or les mesures antisémitiques actuelles sont un mépris de la dignité humaine, une violation des droits les plus sacrés de la personne et de la famille.
Que Dieu console et fortifie ceux qui sont iniquement persécutés ! Qu’il accorde au monde la paix véritable et durable, fondée sur la justice et la charité ! »

Limore Yagil[4] souligne la fermeté doctrinale et la précision du vocabulaire de ce texte qui ne se retrouve pas dans d'autres actes épiscopaux. Le texte, ainsi qu'une intervention du cardinalGerlier, fut repris intégralement surRadio Londres le. Seuls cinq évêques français sur plus d'une centaine protestent publiquement contre les rafles antisémites[5]. L'évêque de Montauban déclarera encore en dans sa cathédrale que leSTO est uneatteinte au droit naturel.

Il nomme en 1943 l'abbé Corvin (Alexandre Glasberg) curé du hameau de Léribosc de la commune del'Honor-de-Cos.

Pierre-Marie Théas, au-delà de cette prise de position, s'engage dans le camouflage de Juifs tant dans les couvents du diocèse que chez les particuliers. Il couvre tous les religieux qui aident les réfugiés pourchassés du département[6]. Il signe des dizaines de faux certificats de baptême, aidé par des militants laïcs et des ecclésiastiques, couvert par le préfet de Tarn-et-Garonne,François Martin, et épaulé dans ses activités par sa collaboratrice,Marie-Rose Gineste, qui joue un rôle décisif en liaison avec la résistance toulousaine. Cette dernière sera elle aussi reconnueJuste parmi les nations en 1985.

Homme de caractère, ayant protesté à de nombreuses reprises contre des arrestations abusives, affirmant en privé que la lutte contre les nazis était un devoir de chacun[7], il est finalement arrêté par laGestapo le, le même jour que Jules Saliège. Interné à Toulouse puis auFrontstalag 122 près deCompiègne, il est libéré par la28e division d'infanterie américaine dans la nuit du au. Quelques jours plus tard, le, il rencontre legénéral de Gaulle à Paris qui lui confie une mission auprès du papePie XII afin que le Vatican reconnaisse leGouvernement provisoire de la République française, ce qu'il obtient le.

Engagements et ministère

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Son internement, qui lui fit côtoyer des protestants, des juifs, des orthodoxes et des communistes, semble l'avoir marqué profondément et lui fait prendre conscience de la nécessité d’initiativesœcuméniques[8]. Dès, il est à l'initiative, avec Marthe Dortel-Claudot, du Mouvement de Réconciliation franco-allemand qui deviendra le mouvementPax Christi.

Son parcours religieux croise également les grandes questions sociales, politiques, religieuses et internationales, dans le contexte difficile de la guerre froide, duXXe siècle. S'il fut un pionnier dudialogue social, l’évêque social, sans cesse préoccupé par le soutien aux défavorisés, restera totalement opposé aumarxisme[9].

Du au, il est évêque de Tarbes et Lourdes. Il tâche d'améliorer la qualité du clergé diocésain et de combattre, mais en vain, la crise des vocations. Il œuvre à « adapter Lourdes aux temps nouveaux » en reprenant en main les sanctuaires, tentant de revivifier ladévotion mariale dans un espace modernisé.

Prévoyant l'afflux de très nombreux pèlerins à Lourdes à l'occasion du centenaire des apparitions de la Vierge en 1858, il lance l'audacieux projet d'ungrand abri, projet dont la témérité lui vaudra l’humiliation de se voir accompagné d'un évêquecoadjuteur gestionnaire,Jean-Marie Maury. L'impressionnantebasilique souterraine Saint-Pie-X sera inaugurée en1958 par lecardinal Roncalli, alorsPatriarche deVenise, qui deviendra bientôt le papeJean XXIII, et Pierre-Marie Théas redevient seul maître de son diocèse le. Promoteur, malgré les plus grandes difficultés de tous ordres, de ce monument exceptionnel, il reçoit en 1959 le Grand Prix d'Architecture qu'il aurait mieux vu attribuer aux architectes eux-mêmes, mais affirme cependant : « Ayant reçu beaucoup de critiques imméritées, je crois pouvoir accepter sans scrupules une récompense imméritée elle aussi. »

Les dernières années de son épiscopat marquent un certain repli sur le diocèse et sont décrites[9] comme « un difficile aggiornamento » marqué par un engagement moins prononcé sur les grands problèmes qui traversent le temps, comme laguerre d’Algérie, la défense de l’enseignement privé ou leconcile Vatican II.

Il démissionne de ses fonctions en 1970, est nommé évêque titulaire deSanctus Germanus (de) et se retire àNotre-Dame de Bétharram[10].

Hommages

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Il reçoit en 1959 le Grand Prix d'architecture, pour labasilique Saint-Pie-X de Lourdes.[réf. souhaitée]

Yad Vashem lui décerne le titre deJuste parmi les nations le[11].

Depuis la rentrée 2008-2009, un lycée privé de la ville deMontauban porte désormais son nom, résultant du rassemblement du lycée Institut familial, du lycée Saint-Théodard et du lycée professionnel Montauriol.

Notes et références

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Notes

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  1. Citation à l'ordre du régiment, étoile de bronze, et citation à l'ordre du corps d'armée, étoile de vermeil.

Références

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  1. Jean Estebe,Les juifs au temps de Vichy : À Toulouse et en Midi toulousain, Toulouse, Presses universitaires du Midi,, 351 p.(lire en ligne),p. 145
  2. a etbPascalCaïla, « Un évêque dans la tourmente :Mgr Pierre-Marie Théas »,Annales du Midi,vol. 104,no 199,‎,p. 335–354(DOI 10.3406/anami.1992.3743,lire en ligne, consulté le)
  3. Max Lagarrigue (en), « Femme d’action, femme résistante. Marie-Rose Gineste, Juste parmi les Nations »,Arkheia, Montauban,nos 7-8-9,‎(lire en ligne) et« Marie-Rose Gineste, Résistante et Juste chrétienne (mémoires) »,Arkheia,no 22,‎(lire en ligne).
  4. Limore Yagil,Chrétiens et Juifs sous Vichy, 1940-1944, sauvetage et désobéissance civile, éd. Cerf,,p. 284.
  5. Outre Pierre-Marie Théas, Jules Saliège et le cardinal Gerlier,Jean Delay à Marseille,Jean-Joseph-Aimé Moussaron à Albi etEdmond Vansteenberghe à Bayonne en septembre.
  6. Michel Debré,Trois Républiques pour une France : mémoires,t. I :Combattre, Paris,, cité parYagil 2005
  7. Pierre Bertaux,La Libération de Toulouse et de sa région, éd. Hachette,, cité parYagil 2005
  8. Sylvaine Guinle-Lorinet,« Pierre Marie Théas, Un évêque à la rencontre duXXe siècle », dansRevue d’histoire immédiate,coll. « Sources et Travaux » (no 1),, citée parles Archives pyrénéennes.
  9. a etbSylvaine Guinle-Lorinet, op. cit.
  10. Pierre Puchulu,Les évêques originaires du diocèse de Bayonne depuis le concordat de 1801, Bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de Bayonne, n° 133,.
  11. Site duComité français pour Yad Vashem.

Bibliographie

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Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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