Pierre-Jean David naît à Angers, enAnjou, le[1]. Il est le fils d’un modeste sculpteur sur bois, Pierre Louis David (1756-1826), qui exerçait, dans sa ville natale, la profession de sculpteur-ornemaniste et de Marie Françoise Lemasson (1753-1809). David commence ses études artistiques sous la direction de Marchand etJean-Jacques Delusse professeurs à l’École centrale d’Angers entre 1806 et 1807.
En 1784, le père de David d'Angers a réalisé les boiseries du chœur de la cathédrale d'Angers et le, il s'engage contractuellement auprès deLouis-François Allard, médecin etfabricien de la paroisse, à réaliser deux statues« qui auront chacune 7 pieds 8 pouces de hauteur, y compris le socle qui n'aura que 6 pouces de haut, lesquelles statues seront de pierre, l'une représentera Saint-Remy, évêque, et l'autre Saint-Sébastien, et elles seront conformes au dessin que j'ai présenté audit Louis Allard, si ce n'est que la chape de Saint-Remy ne sera point relevée et le bras qui la tient sera un peu relevé et plié. La soutane sera de couleur rouge, le rochet blanc, dont le bas sera ainsi que le bout des manches en forme de dentelles ; l'étoile avec une frange au bas, dorée, avec un ruban qui l'attache, d'où pendront deux glands dorés ; la chape et l'étoile de couleur violette, l'orfroy en or, la lisière de la chape, la barrette et la croix dorée ; la mitre fond blanc, les filets dorés, la croix dorée et le bandeau, les coins ou glands de la mitre dorés, les gants violets, un anneau à la main droite […] La statue de Saint-Sébastien sera également conforme au dessin, elle sera peinte en couleur de chair, la ceinture blanche ainsi que les trois flèches, l'arbre couleur d'écorce. Les statues seront peintes à l'huile,recouvertes d'un beau vernis ». L'artiste s'obligeait en outre à les placer lui-même, dans le courant de septembre, de chaque côté du grand autel, sur un cul-de-lampe qu'il se chargeait de raccommoder pour l'église Saint-Rémi de Château-Gontier. L'abbé Angot indique que ces deux œuvres d'art ont été enfouies en terre lors de la construction de la nouvelle église.
Plus tard, son père s'oppose à la résolution de son fils de se rendre à Paris pour accomplir sa vocation et refuse de financer son départ. Après une tentative ratée de suicide, son père le laisse partir pour Paris avec quarante cinq francs, collectés par sa mère et ses sœurs et cinquante francs que lui prête son maître, Delusse.
En 1809, il obtient une médaille à l'Académie et est remarqué par son homonyme le peintreJacques-Louis David qui le prend sous son aile et le fait travailler dans son atelier. Il suit aussi l'enseignement des sculpteursAugustin Pajou etPhilippe-Laurent Roland. Ses ouvrages, exposés un peu plus tard au concours d'essai, lui permettent de bénéficier d'une pension de six cents francs votée par la ville d'Angers.
En 1810, il remporte le second prix de sculpture et en 1811 le grandprix de Rome avec lebas-reliefMort d'Épaminondas. Il part comme pensionnaire de l'Académie de France à Rome. L'ouvrage couronné est envoyé par l'artiste au musée de sa ville natale, comme l'a été celui de son second prix (Othryadès). En Italie, l'art antique,Michel-Ange etRaphaël sont ses sources d'inspiration durant ses voyages et au cours de ses études.
Après son séjour à Rome, David traverse la France pour se rendre àLondres où il rencontre l'artisteFlaxman et travaille au monument deWellington. David revient à Paris en 1818.
Il produit une quantité de monuments, tombeaux, statues, bustes et bas-reliefs, dont le célèbre fronton duPanthéon de Paris en 1837. Dans lesannées 1830, il sculpte une importante série de portraits en médaillons de personnalités contemporaines dans laquelle il applique les principes de laphrénologie à un niveau esthétique[4].
La séance du 25 juillet 1848 à l'Assemblée nationale, concernant les clubs politiques, caricaturée parCham. David d'Angers est représenté à l'extrême gauche.
Vestiges de l'abbaye Toussaint à Angers abritant le Musée David d'Angers.
Après avoir été accueillie pendant plus de cent cinquante ans dans le réfectoire dumusée des Beaux-Arts d'Angers, lagalerie David d'Angers a été transférée en 1984 dans l'abbaye Toussaint d'Angers entièrement restructurée. C'est dans ce lieu lumineux[9] que sont présentés au public 23 statues monumentales, le modèle en plâtre du fronton duPanthéon de Paris, 44 bustes et une centaine de médaillons.
La Galerie à Angers expose la plupart des sculptures sous forme de plâtres d’atelier, qui sont l'étape préparatoire à l'œuvre définitive, celle-ci étant coulée en bronze, sculptée en marbre ou en pierre.
Musée des monnaies, médailles et antiques (Bibliothèque nationale de France) : plus de cent vingt pièces : médaillons en bronze, plâtres originaux et moules originaux.
Marie-Éléonore Godefroid,Portrait des enfants de David d'Angers, Robert et Jeanne Hélène, Salon de 1842 (Angers, musée des Beaux-Arts)
En 1831, Pierre-Jean David d'Angers épouse Émilie Jeanne Clémentine Maillocheau, née le et morte le. Elle est la petite-fille deLouis-Marie de La Révellière-Lépeaux. Ils ont eu trois enfants[30] :
Paul David d'Angers, né en1832 et mort la même année ;
↑a etbCélestinPort (édition révisée par Jacques Levron, Pierre d'Herbécourt et Cécile Souchon),Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire et de l'ancienne province d'Anjou : D-M,t. 2, Angers, H. Siraudeau,,2eéd.(BNF34649310,lire en ligne),p. 13-14.
Roger Aubouin,David d’Angers ou la discipline de l’horizon, Goupil,Laval,1913.
Charles Louis Huart,Charles Philipon,Galerie de la presse, de la littérature et des beaux-arts, Paris, Aubert, 1839.
Emmanuel Schwartz,Les sculptures de l’école des beaux-arts de Paris. Histoire, doctrines, catalogue, école nationale supérieure des beaux-arts, Paris, 2003.
Antoinette Le Normand-Romain,Mémoire de marbre - La sculpture funéraire en France, 1804-1914, Mairie de Paris, bibliothèque historique de la Ville de Paris, Paris, 1995.
Thierry Laugée et Inès Villela-Petit,David d'Angers, les visages du romantisme, éditions Gourcuff-Gradenigo, 2012. Catalogue de l'exposition du musée des Monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France, du 22 novembre 2011 au 25 mars 2012.
Barbès et les hommes de 1848, colloque de Carcassonne organisé en novemvembre 1998 par l'Association Les Audois, les Archives départementales de l'Aude et l'Université de Toulouse-Le Mirail; sous la direction de Sylvie Caucanas et Rémy Cazals.(ISBN2-9510970-26)