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Piero di Niccolò d’Antonio da Filicaia (né àFlorence le – mort entre 1528 et 1531) est un auteur italien du début duXVIe siècle. Il est principalement connu pour son traité intituléI giuochi mathematici, l'un des premiers ouvrages consacrés aux jeux et problèmes mathématiques rédigés en langue vernaculaire. Son manuscrit contient par ailleurs une attestation originale de l'anecdote de l'« Œuf de Colomb »[1],[2].
Piero di Niccolò d’Antonio da Filicaia naît àFlorence le 21 mars 1489, au sein d’une famille de copistes active depuis leXVe siècle. Cette tradition familiale favorise très tôt sa proximité avec la culture écrite e l'élite intellectuelle florentine[1]. Par sa mère, il est lié àBartolomeo Scala, chancelier de larépublique de Florence, historien et humaniste proche du cercle desMédicis, ce qui lui permet de bénéficier d'une certaine protection culturelle et politique[1],[2]. Durant son enfance, il reçoit une éducation en latin e en italien ; sa tante,Alessandra Scala, une poétesse réputée pour sa maîtrise du grec, participe en partie à son éducation avant que la famille ne quitte la cité toscane[1],[2].
Après 1501, son installation àBorgo Sansepolcro marque un tournant majeur dans son parcours intellectuel. Il y réside pendant plus de quinze ans à la suite de son père, qui y occupe des fonctions administratives pour le compte de l'État florentin[1],[2]. C'est à Sansepolcro qu'il complète sa formation sous la direction du frère Pascasio, au couvent franciscain où avait également étudiéLuca Pacioli. La présence ponctuelle de ce dernier en ville, ainsi que l'accès à la bibliothèque du couvent, nourrissent l'intérêt de Filicaia pour les mathématiques e les jeux arithmétiques, thèmes centraux de son œuvre majeure[1],[2].Durant cette période, il exerce diverses fonctions civiles et militaires mineures tout en maintenant des liens avec la vie culturelle florentine par ses lectures et ses correspondances familiales[1],[2].
Il retourne définitivement à Florence en 1516 et épouse Lena degliAlbizi, issue d'une des familles les plus influentes du patriciat florentin, ce qui renforce son prestige social[1],[2]. Dans les années 1520, il semble se consacrer à des activités marchandes, comme en témoignent plusieurs actes notariés enregistrant sa présence en ville[1].C'est probablement à cette époque qu'il rédige sa principale contribution littéraire, leLibro di giuochi mathematici, dédié àJulien de Médicis dans l'espoir de s'attirer les faveurs de la cour, traditionnellement sensible aux disciplines scientifiques[1],[2].
Les dernières années de sa vie demeurent mal connues. Selon les recherches récentes, il serait mort entre le 21 novembre 1528 et le 4 juillet 1531. Sa disparition a probablement eu lieu hors de Florence, son nom ne figurant pas dans les registres de décès de la cité. Il pourrait avoir succombé à l’épidémie depeste de 1528 ou être décédé lors d'une mission à l'étranger[1]. Toutefois, certaines mentions dans laStoria fiorentina deBenedetto Varchi (1529-1530) évoquent un certain Piero da Filicaia impliqué dans les affaires publiques durant lesiège impérial ; s'il s'agit du même homme, son décès serait alors postérieur à juillet 1530[1].
L'ouvrage le plus célèbre de Piero di Niccolò da Filicaia est le traitéGiuochi mathematici (« Jeux mathématiques »), rédigé entre 1515 et 1516. Le texte s'inscrit dans un contexte culturel où les mathématiques appliquées, les énigmes numériques et les divertissements arithmétiques étaient particulièrement prisés à la cour de Florence[1],[2]. Le traité adopte un style simple et direct, rassemblant une série d'exercices, de devinettes numériques et de problèmes de calcul conçus à la fois comme des outils pédagogiques et des passe-temps intellectuels, s'inscrivant dans la tradition des « jeux d'esprit » de l'époque[1]. L'auteur y exprime explicitement son souhait d'attirer l'attention deJulien de Médicis afin d'obtenir un poste public ou une protection officielle[1].
L'ouvrage contient également l'une des versions les plus anciennes de l'anecdote de l'« Œuf de Colomb », présentée sous une forme narrative destinée à une large diffusion. Ce passage est aujourd'hui l'un des éléments les plus cités du manuscrit en raison de sa valeur anecdotique e de son lien avec la culture florentine de la Renaissance[2]. Bien que la circulation du traité soit restée limitée à une sphère locale, il constitue un témoignage précieux sur la pratique des mathématiques et la culture ludique du début duXVIe siècle in Italie[1].