H250 : S'enflamme spontanément au contact de l'air H314 : Provoque de graves brûlures de la peau et des lésions oculaires H400 : Très toxique pour les organismes aquatiques P273 : Éviter le rejet dans l’environnement. P284 : Porter un équipement de protection respiratoire. P304 : En cas d'inhalation : P315 : Consulter immédiatement un médecin. P301+P310 : En cas d'ingestion : appeler immédiatement un CENTRE ANTIPOISON ou un médecin. P305+P351+P338 : En cas de contact avec les yeux : rincer avec précaution à l’eau pendant plusieurs minutes. Enlever les lentilles de contact si la victime en porte et si elles peuvent être facilement enlevées. Continuer à rincer. P422 : Stocker le contenu sous … P501 : Éliminer le contenu/récipient dans …
H228 : Matière solide inflammable H412 : Nocif pour les organismes aquatiques, entraîne des effets à long terme P210 : Tenir à l’écart de la chaleur/des étincelles/des flammes nues/des surfaces chaudes. — Ne pas fumer. P273 : Éviter le rejet dans l’environnement.
Code Kemler : 446 : matière solide inflammable et toxique qui, à une température élevée, se trouve à l'état fondu Numéro ONU : 2447 : PHOSPHORE BLANC FONDU Classe : 4.2 Étiquettes : 4.2 : Matières sujettes à l'inflammation spontanée 6.1 : Matières toxiques Emballage : Groupe d'emballageI : matières très dangereuses ;
Lephosphore (dugrec ancienφωσφόρος /phōsphóros, « porteur de lumière », par allusion à lachimiluminescence émanant du phosphore blanc, visible dans l'obscurité quand il est exposé à de l'oxygène) est l'élément chimique denuméro atomique 15, desymbole P. Dans le tableau périodique, il se trouve dans le cinquième groupe principal, ou 15e groupe IUPAC ou groupe azote. C'est un membre dugroupe despnictogènes.
Lecorps simple phosphore se présente sous desformes très différentes les unes des autres, revêtant notamment des couleurs allant du violet-noir, rouge, blanc-jaune au blanc. Très pur, le phosphore « blanc » est transparent. Généralement le phosphore est blanc ambré, légèrement malléable avec une faible odeur d'ail. Les formes rouge et noire peuvent se présenter en poudre ou cristallisées. Le phosphore blanc, composé de molécules P4, est la forme la plus facile à produire, mais certainement pas la plus stable du point de vuethermodynamique, d'où son utilisation en tant quemunition.
Le phosphore est indispensable à tous les êtres vivant sur terre, chez les êtres humains, il est particulierement important pour un fonctionnement correct du cerveau[11],[12]. Ses composés participent à la structure et au fonctionnement des organismes dans des domaines centraux, tels que l'ADN et l'approvisionnement énergétique cellulaire. La transformation biogéochimique du phosphore a lieu dans le cadre du cycle du phosphore.
Du fait que sa consommation mondiale pourrait dépasser les ressources disponibles avant une centaine d'années, l'Organisation des Nations unies (ONU) et divers scientifiques le classent comme « matière première minérale critique », qu'il faudrait apprendre à économiser et mieux recycler.
Lors de la découverte du phosphore, seulement 13 autres éléments chimiques étaient déjà connus (tableau ci-dessous), contre 118 aujourd'hui (cf.Liste des éléments chimiques). Comme les autres éléments, il ne fut reconnu comme tel que grâce aux travaux deLavoisier, quelques années plus tard[13].
Éléments connus lors de la découverte du phosphore[14]
Ses différents découvreurs lui donnèrent beaucoup de noms différents :Phosphorus fulgurans ouLumen conflans (Kunckel),Noctiluca aërea (Boyle),Lumiere condensée ou encorePhosphorus igneus puisPhosphorus pyropus parLeibnitz. Tous ses noms sont en rapport avec la forte lumière que celui-ci produit lors de sa combustion à l’air libre.
L'alchimiste découvrant le phosphore (Joseph Wright, 1771)Phosphore en poudre dans l'obscurité.
La découverte de cet élément est attribuée à l'alchimiste allemandHennig Brandt en1669 à partir de l'urine. Le procédé resta longtemps secret, mais malgré tout, le chimiste allemandJean Kunckel, puis le physicien anglaisRobert Boyle réussirent peu de temps après à trouver leur propre voie de synthèse.
Au cours de ses recherches de lapierre philosophale, c'est-à-dire l'art de convertir les métaux vils ou imparfaits enor et enargent,Brandt s'était imaginé qu'en ajoutant de l'extrait d'urine aux métaux dont il voulait opérer la transmutation, il réussirait plus sûrement dans son entreprise. Mais au lieu d'obtenir ce qu'il cherchait avec tant d'ardeur, il obtint un corps nouveau, blanc, lumineux par lui-même et brûlant avec une énergie sans exemple : le phosphore.
Surpris de l'apparition de ce corps, il en envoya un échantillon àKunckel,chimisteallemand, qui s'empressa de le montrer à son amiKraft de Dresde(de). Celui-ci le trouva si merveilleux qu'il se rendit immédiatement à Hambourg dans l'intention d'acheter le secret de sa préparation. Il l'obtint moyennant deux centsrischedales[15] (ancienne monnaie d'Europe du Nord) et son silence. MaisKunckel désirait lui aussi vivement le connaître, et voyant que Kraft, malgré leur amitié, ne le lui confierait pas, il se résolut à le découvrir par la voie de l'expérience. Il y parvint en1674, après beaucoup de tentatives infructueuses et devint ainsi le deuxième découvreur du phosphore, et se vantait dans le44e chapitre de sonLaboratoire chimique de savoir en synthétiser un plus pur que son ami[15].
La troisième personne à découvrir une méthode pour l'isoler est le chevalierBoyle. En 1679, il avait pu voir un morceau de phosphore apporté parKunckel pour le montrer auroi et à lareine d'Angleterre et réussir à savoir que le phosphore était une substance tirée du corps humain[15]. Ses essais portèrent leurs fruits en 1680.
En 1692 à Paris,Homberg donne dans un Mémoire à l’Académie royale des sciences[16] la recette de préparation du phosphore brûlant de Kunckel : faire évaporer sur un petit feu de l’urine jusqu’à ce qu’il reste une matière noire. Mettez à putréfier celle-ci dans une cave, puis rajoutez du sable (ou de l’argile) et de l’eau et distillez. Après avoir produit du flegme, du sel volatile et d’huile noire,« enfin la matière du phosphore viendra en forme de nuées blanches qui s’attacheront aux parois du récipient comme une petite pellicule jaune » (Hombert[16]).
Dans sonCours de chymie qui connut un immense succès,Nicolas Lémery donna la recette de la préparation du phosphore, non pas dans les premières éditions (1675, 1677, 1679, 1681, 1683) mais à partir des rééditions de 1687[17].
Hellot dans lesMémoires de l'Académie pour l'année 1737[15] fait une description publique détaillée d'une méthode de synthèse du phosphore à partir de l'urine. Il explique le comment un étranger divulgua pour la première fois tout le mystère du procédé qui jusqu'ici était jalousement gardé par ses premiers inventeurs. Celui-ci l'exécuta en présence de quatre commissaires nommés par l'Académie des Sciences,Duhamel,Dufay,Geoffroy et, lui-même.
La recette était enfin devenue publique.
Dans la même année,Rouelle la répéta dans sesCours de Chimie. Tout le monde y a accès depuis ce temps[15].Cette préparation consiste à faire évaporer àsiccité l'urine putréfiée, et à chauffer ensuite fortement le résidu dans unecornue de grès dont le col, par une allonge, plongeait dans l'eau. Il était ensuite moulé en cylindres et stocké dans de l'eau préalablement bouillie et à l'abri de la lumière[18].
Même siMargrall ajouta quelques années après unsel de plomb (nitrate de plomb[18]) à l'urine épaissie par évaporation, c'est ainsi que, pendant longtemps, le phosphore fut préparé. Le phosphore resta encore longtemps une curiosité, et un des objets les plus précieux que l'on pouvait voir. On ne le trouvait que dans les laboratoires des principaux chimistes, et les cabinets de quelques gens riches, amateurs de nouveautés.
En1769, le SuédoisJohan Gottlieb Gahn découvrit que le phosphore était présent dans la poudre d'os calcinée puis décomposée par l'acide sulfurique. Peu de temps après, il publia, avecScheele, un procédé qui lui permit de s'en procurer des quantités assez considérables à partir d'os debœufs ou demoutons[19].
Ce nouveau protocole[19] consiste à faire brûler les os jusqu’à ce qu’ils soient friables, puis mélangés avec ducarbonate de calcium (CaCO3) et d’autres sels. On ajoute ensuite l’acide sulfurique. Puis après réaction et lavages, on le sèche avec du charbon, avant de faire chauffer le tout dans unecornue remplie d’eau.
On note que combiné à l'hydrogène, il produit un gaz inflammable. Cela peut expliquer les feux-follets causés par la décomposition de matières riches en phosphore dans les marais[18]. On comprend aussi que c'est sa présence qui fait luire dans le noir certaines matières organiques telles que la laitance et les œufs de poissons, la chair de certains mollusques (huîtres), certainssquelettes frais de poissons, la substance cérébrale ou le foie de certains animaux. On lui attribue aussi (à tort parfois) la phosphorescence de certains organismes marins et« des eaux mêmes de la mer, dans quelques cas au moins »[18].
Site d'extraction de roches phosphorées sur l'ile deNauru (2007)
La méthode de synthèse actuelle a été mise au point en 1867 par les chimistesE. Aubertin[réf. souhaitée] etM. Boblique[20]. Elle permet d’extraire le phosphore de roches phosphorées. Cela permet de se procurer du phosphore en plus grande quantité et à un meilleur prix.
Le protocole consiste à chauffer les roches entre 1400-1500 °C avec dusable et ducoke. Il se forme alors lephosphore blanc P4 selon la réaction :2 Ca3(PO4)2 + 6 SiO2 + 10 C → 6 CaSiO3 + 10 CO + P4
En pratique, le minerai est ordinairement unephosphorite, de formule générale 3 Ca3(PO4)2, Ca(OH,F,Cl)2 :
avec le minerai le plus courant, l'hydroxyapatite (la même phosphorite que dans les os et les dents), la réaction est :
si le minerai contient de lafluorapatite, elle réagit selon :
3 Ca3(PO4)2, CaF2 + 9 SiO2 + 24 C → 9 CaSiO3 + CaF2 + 24 CO + 1,5 P4.
Le procédé initial a été amélioré parJ.B. Readman en 1888[21] en ajoutant l’utilisation d’un four électrique. Malgré un rendement de près de 90 %, la formation d’une tonne de phosphore blanc par cette méthode requiert tout de même 15 MWh environ.
Les premièresallumettes (fósforo en espagnol[23]) utilisaient du phosphore blanc dans leur composition, la toxicité du phosphore les rendait d'ailleurs assez dangereuses : leur usage entraîna desempoisonnements accidentels.
De plus, l'inhalation des vapeurs de phosphore entraînait, chez les ouvriers des fabriques d'allumettes, unenécrose desos de lamâchoire, connue sous le nom denécrose phosphorée.
Lorsque le « phosphore rouge » fut découvert, son inflammabilité et sa toxicité plus faibles poussèrent à son adoption comme une alternative moins dangereuse pour la fabrication des allumettes.
Les phosphores blancs et rouges ont une structure quadratique.
Il existe un « phosphore noir »allotrope, ayant une structure similaire à celle dugraphite : les atomes sont arrangés en couches hexagonales, et il estconducteur électrique.
Lephosphore blanc est constitué de molécules tétraédriques P4. C'est un corps toxique qui s'oxyde lentement à l'air à température ambiante. On le conserve toujours sous l'eau. Le phosphore blanc se transforme en phosphore rouge sous l'influence de la lumière.
Lephosphore rouge est constitué de molécules de longueur indéterminée, mais très grande. On peut lui donner à titre d'exemple la formule P2 000. Il n'est ni toxique ni facilement inflammable. Le phosphore rouge se transforme en phosphore blanc (gazeux) sous l'influence de la chaleur, soit280 °C.
Lesphosphates sont desminéraux assez fréquents en quantité faible et dispersée, dont la concentration a généralement une origine animale (guano d'oiseaux ou dechauve-souris accumulés durant des milliers ou millions d'années sur des sites dortoirs ou de reproduction).
Le phosphore provient deroche phosphatée transformée chimiquement. Entre 120 et170 millions de tonnes de roches sont extraites chaque année depuis les trente dernières années[Depuis quand ?], correspondant à20 à 30 millions de tonnes de phosphore purifié par an[24].
Lesroches phosphatées exploitables se concentrent cependant en peu d'endroits :Maroc (plus du tiers des réserves mondiales),Chine (un peu plus du quart des réserves mondiales),Afrique du Sud,États-Unis. De plus ces réserves pourraient être épuisées avant la fin duXXIe siècle[25]. Les ressources prouvées sont de71 milliards de tonnes en 2012 selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS)[26] et la production annuelle est d'environ191 millions de tonnes extraites en 2011[26].
Les gisements géologiques accessibles de vingt-six éléments dutableau de Mendeleïev sont en voie de raréfaction, comme le cuivre, l'or, le zinc, le platine, l'uranium, le phosphore… or le phosphore est crucial pour l'agriculture et plus largement pour la vie sur terre[27],[28].
« Il suffit de penser que cet élément forme la structure même de l'ADN, qu'il pilote la respiration – ainsi que la photosynthèse chez les plantes – ou encore le métabolisme cellulaire. C'est pourquoi chaque être humain en réclame à peu près deux grammes par jour. […] Au vu de la consommation actuelle couplée à l'épuisement des gisements de qualité à travers le monde, les chercheurs de l'Institute for sustainable futures (Australie) annoncent un pic de production du phosphore au milieu desannées 2030, et estiment les réserves à340 ans. Cette prévision, quoique controversée, suscite néanmoins une vive angoisse : pourra-t-on extraire assez de phosphore pour nourrir les9 milliards d'habitants prévus en2050 ? De plus, avertit Jean-Claude Fardeau, de l'Institut national de la recherche agronomique,il n'y a aucun substitut possible au phosphore, véritable facteur limitant du vivant. Indispensable à l'homme et surtout à l'agriculture,ignorer ce problème [celui d'une future pénurie en phosphore]pourrait mettre en péril la sécurité alimentaire mondiale conclut Andrea Ulrich, de l'Institute for Environment Decisions (École polytechnique fédérale de Zurich). Car, si les ressources s'épuisent, il est bien certain que la demande en phosphore ne disparaîtra jamais[27]… »
En2009, laChine produisait 35 % du phosphore mondial, lesÉtats-Unis 17 %, et leMaroc (et dans une moindre mesure leSahara occidental) 15 %. Les États-Unis ont mis fin à leurs exportations, pendant que la Chine les a fortement réduites[29].
La plupart des engrais à base de phosphore sont dérivés du phosphate naturel extrait en Chine, aux États-Unis, au Maroc et au Sahara occidental. C’est une ressource non renouvelable : aux taux d’extraction actuels, on estime que la Chine et les États-Unis disposent chacun d’un approvisionnement d’environ trente ans dans leurs réserves récupérables connues de phosphate naturel. La plupart des pays sont des importateurs nets de minerai.
Une source alternative potentielle de phosphore est le recyclage des déchets en contenant. Ces déchets sont principalement des urines, os, déchets alimentaires, eaux usées et excréments. Les lieux densément habités et les zones d'élevage en produisent beaucoup. Ils sont également proches de zones agricoles qui recherchent du phosphore comme engrais. Vers 2015, dans le monde 72 % environ des zones cultivées sont riches en fumier.
Vers 2015, 68 % des régions cultivées peuplées sont situées dans des pays tributaires des importations de phosphore (ex : Inde, Brésil et une grande partie de l’Europe). Des chercheurs estiment que ces pays pourraient devenir autarciques en phosphore, améliorer leur sécurité alimentaire, et avoir un développement plus soutenable en recyclant le phosphore présent dans leurs propres déchets[30].
Récupération de phosphore dans les eaux usées et les effluents d'élevage
Une tonne de fumier contient de 2 à 3 kg de phosphore (et également4 à 5kg d'azote et5 à 6kg depotassium)[31]. Dans ces conditions, des associations (telles queZero Waste France) refusent de voir les biodéchets (qui pourraient en outre fournir dubiogaz dans le cadre de laméthanisation) finir endécharge ou dans desincinérateurs[32].
Des solutions de compostage des déchets humains ouutilisation des excreta (en y intégrant l'urine) permettraient de produire des fertilisants contenant du phosphore plus facilement accessible aux plantes. Dans ledigestat deméthanisation issus d'effluents d'élevage, le phosphore peut être présent à raison de 9 à 20 g/kg de matière sèche, et être aussi disponible pour les plantes que le triplesuperphosphate[33].
En France, la station d'épuration de Nîmes a testé en 2016 un procédé de récupération du phosphore (déphosphatation) dit « Extraphore »[34],[35] avec des tests qui en 2016 ont confirmé un possible développement à échelle industrielle[36]. D’autres travaux sont menés àIrstea pour développer des procédés biologiques d’acidification des boues d'épuration (mais aussi des effluents d'élevage) permettant le relargage du phosphore accumulé par les bactéries déphosphatantes. La voie biologique adoptée par les chercheurs permet de diminuer les coûts du phosphore recyclé par rapport aux méthodes chimiques, rendant ce produit aussi compétitif que les engrais chimiques importés[37]. Le déploiement du procédé à l'échelle semi-industriel est en cours en 2018.
Dans l'organisme humain, le phosphore est présent dans les cellules où il sert de support à l'énergie (adénosine triphosphate), ainsi que dans les os : leur partie minérale est composée essentiellement dephosphate de calcium apatitique.
Allumettes etpyrotechnie : le phosphore sous sa forme rouge est l'élément igniteur desallumettes et d'un grand nombre de dispositifs pyrotechniques.
Alliage : involontaire dans l'acier, car étant présent dans lesminerais de fer, il provoque un effondrement des caractéristiques mécaniques, en particulier de la résilience à basse température, et parfois un alliage volontaire est réalisé avec lebronze, où il permet une usinabilité améliorée. Par contre les pièces enbronze phosphoreux soudées ou brasées donnent une très mauvaise tenue mécanique.
Botanique : une équipechinoise de l’Université agricole de Chine méridionale a injecté des particules de phosphore dans des succulentes. Le résultat est que ces plantes sont devenues phosphorescentes[40].
De loin, les utilisations les plus répandues du phosphore sont :
engrais minéraux : élément essentiel entrant dans la composition des engrais minéraux (NPK), sous forme monohydrogénophosphate CaHPO4 ou dihydrogénophosphate Ca(H2PO4)2. Cette utilisation du phosphore représenterait à elle seule 80 % de l'utilisation totale[24] ;
pâtedentifrice : agent polisseur sous forme de dihydrogénophosphate et comme apporteur defluor Na2PO3F ;
additif stabilisant (E339,E340) : desphosphates de sodium ou depotassium, substances « tampons » ont un effet stabilisateur dans des compositions alimentaires ;
par les êtres vivants : le phosphore entre dans la composition de l’ATP et de l’ADP, de certainslipides tels que leslécithines, et est un constituant des molécules d'ADN.
nutriment : dans le traitement des eaux, le phosphore est ajouté à un réacteur biologique pour assurer la survie et la croissance desbactéries ;
protection contre la corrosion des aciers par trempage des pièces dans cet acide (opération dite dephosphatation). Il en résulte une pellicule noire, fine, stable et poreuse qui est une excellente base dans l'accrochage des peintures anti-rouille.
Le protocoleIII de laConvention sur certaines armes classiques (CCAC), entré en vigueur en 1983, interdit les armes incendiaires contre des civils, et même contre des bases militaires situées« à l’intérieur d’une concentration de civils ».
Un protocole de dosage a été validé en France par l'AFNOR[41].
Les ions phosphate réagissent avec une solution acide contenant des ions molybdate et antimoine pour former un complexe antimonyl-phosphomolybdate. Ce complexe est ensuite réduit par l'acide ascorbique pour former un complexe de bleu de molybdène de couleur vive. L'absorbance est alors mesurée pour déterminer la concentration.
Le phosphore tend à être lessivé vers les mers sous l'action dulessivage par les pluies, du haut dubassin versant vers la mer. L'érosion éolienne peut transporter des quantités significatives de phosphore vers des zones très éloignées (dont duSahara jusqu'enAmazonie, via desaérosols visibles desatellite).
Autrefois, c'étaient surtout lesmigrations d'oiseaux marins ou piscivores (via leursfientes enrichies en phosphore) et plus encore les migrations desaumons qui constituaient le mécanisme principal de« retour à la terre » du phosphore. Après leur phase de croissance en mer et leur remontée, en mourant par dizaines de millions dans les rivières des hauts de bassin versant après y avoir pondu, les saumons remontaient et libéraient des quantités importantes de phosphore recyclées dans les écosystèmes situés en amont des bassins versants, via leurs squelettes et cadavres particulièrement riches en phosphore, et via les urines et excréments des animaux qui chassaient ou pêchaient les saumons lors de leur remontée (ours en particulier). Aujourd'hui les saumons ont fortement régressé ou ont disparu sur une grande partie de leur ancienne aire de répartition, et l'agriculture intensive se fournit en phosphates de guano ou de synthèse, importés.
Le phosphore, abondamment gaspillé par l'agriculture intensive et certaines unités de traitement des eaux usées, et fortement présent dans leslessives notamment dans lesannées 1980, est avec lenitrate un des grands responsables de l'eutrophisation.
En France, depuis lesannées 1970 l'amélioration des pratiques culturales a permis de réduire significativement les apports en engrais minéraux phosphatés par unité de surface, et lesbandes enherbées (localement obligatoires le long decours d'eau) pourraient encore contribuer à le réduire dans l'environnement[42]. Malgré cela, la teneur en phosphore des sols agricoles augmente globalement, bien que de manière inégale selon les régions : augmentation enBretagne,Pays de la Loire,Champagne-Ardenne etAquitaine, et diminution au nord, au centre et à l'ouest. En Bretagne, par exemple, cette hausse est causée par l'emploi des effluents issus de l'élevage intensif pour la fertilisation des sols[43].
Le mécanisme eutrophisant du phosphore est complexe, variant selon les environnements et différent de celui des nitrates avec lesquels il interfère aussi. Selon une étude faite dans de vraislacs et dans des« lacs expérimentaux », la charge du milieu en phosphore n'est un bon prédicteur de l'eutrophisation que si l'on introduit un facteur de correction tenant bien compte du renouvellement de l'eau, alors que la correction selon lesédiment a un rôle mineur[44].
Le phosphore est un oligoélément indispensable — sous forme de sels — pour de nombreux organismes vivants, et sous forme de phosphate notamment pour les plantes. Sous formes solubles et solubilisées notamment, le phosphore a servi de médicament (extrait de l'urine humaine jusqu'en1774). Mais quand il est pur, et sous certaines de ses formes, c'est un puissanttoxique etcorrosif de l'organisme.
Il a néanmoins été utilisé dans des expériences de « physique amusante » ou de magie en causant des blessures parfois sérieuses chez les expérimentateurs.
F.V. Mérat et A.J. de Lens, dans leurDictionnaire universel de matière médicale et de thérapeutique (vol. 3[18]) rappellent qu'après que le phosphore ait été découvert dans l'urine, puis utilisé comme médicament, sa toxicité a été largement observée chez l'Homme et confirmée expérimentalement chez l'animal parM. Lœbelstein-Lœbel sur des chiens,M. Bouttatz sur des chats, des cochons d'Inde, des poules et des pigeons, des jeunes coqs et des grenouilles, enfinMM. Orfila, Brera, Mugetti, Worbe et Bogros sur des chiens, prouvent, la plupart, que le phosphore agit à la manière des poisons corrosifs ; que les accidents une fois développés ne peuvent que difficilement être entravés par les secours de l'art. (…) Dissous ou divisé dans l'huile, et aussi à l'état de fusion dans l'eau chaude (M. Worbe), la combustion, qui en est rapide produit, semble-t-il, de l'acide phosphorique ; l'inflammation est alors des plus vives, les douleurs atroces, les vomissements opiniâtres, et la mort arrive au milieu des mouvements convulsifs les plus horribles. Injectée dans les veines ou dans la plèvre, cette même huile phosphorée donne lieu, dans l'espace de quelques minutes, à des flots de vapeurs blanches chargées d'acide phosphatique, qui à chaque expiration s'échappent de la gueule de l'animal (Magendie, Além. pour servira Phi* t. de la transpiration pulmonaire ; Bibl. méd., XXXII, 19) : la mort dans ce cas a lieu par asphyxie et résulte de l'inflammation subite des poumons[18].
Son usage s'est ensuite fortement réduit, mais il a été utilisé dans les armes chimiques et munitions incendiaires, et son isotope radioactif a été utilisé comme« radiotraceur », dans des éléments solides (métal ou alliage par exemple[45]) ou chez des espèces vivantes (pour le suivi de la pollinisation par exemple, via des pollens marqués au soufre ou au phosphore radioactif[46], pour le suivi de microbes ou virus dans l'organisme[47]) ou encore pour le suivi de mouches afin d'étudier leur rôle épidémiologique (1957)[48]. On a aussi tenté de l'utiliser comme médicament dans les années 1950, aux débuts de lamédecine nucléaire, par exemple contre laleucose chronique (1955)[49] ou pour traiter des tissuscalcifiés (1958)[50] ou pour détecter des néoplasmes intraoculaires[51], comprendre ou traiter des cancers[52], ou pour l'étude de certaines maladies (ex. :maladie de Vaquez (1967)[53] ou de cancers (1946)[54]).
Un autre problème environnemental est posé par la radioactivité de certainsisotopes du phosphore.
Les terrils oucrassiers dephosphogypse découlant de la production industrielle d'engrais contiennent des éléments radioactifs, et que lesengrais phosphatés sont aussi une source decadmium toxique qui s'accumule dans les champs ou pollue l'environnement.
L'isotope radioactif stable du phosphate[Quoi ?] est sous certaines formes (phosphates) très bioassimilable (il est notamment incorporé dans l'adénosine triphosphate[55]) ; il estmutagène[56].
L'excès de phosphore a de plus un effet écotoxique diteutrophisant, du greceutrophos « nourrissant » ettrophos « nourriture », le préfixeeu- traduisant la notion d'« abondance »), soit un facteur de développement rapide de végétaux dans les milieux aquatiques (eaux douces et eaux salées).
Radiotoxicologie : lephosphore 32 qui n'existe pas dans la nature est produit en physique nucléaire comme marqueur de l'ADN ou l'ARN. Il peut être incorporé à des phosphates et est très bioassimilable (comme tout phosphate). Cette propriété en fait son intérêt pour les biologistes, mais aussi une source de risque lors de sa manipulation (car les laborantins risquent de l'assimiler et il est mutagène).
Sans surprise, du fait de sa luminosité, le phosphore est associé à la planèteVénus, du moins dans son apparition matinale que les Grecs anciens appelaientΦωσφόρος /Phōsphóros, « apporteur de lumière », deφῶς /phỗs, « flambeau, lumière » etφέρω /phérō, « porter », outreἙωσφόρος /Heōsphóros, « l'étoile du matin », et par opposition àἝσπερος /Hésperos, « l'étoile du soir ». Par extension, la lumière étant associée à la vérité, notamment chezPlaton avec sonallégorie de la caverne, l'astre du matin,phosphoros, fut censé « apporter la lumière », donc « la vérité »[57],[58]
Plus tard, lorsque lesanciens Romains comprirent que ces deux "astres" n'étaient qu'un seul et même objet céleste, outre les deux noms grecs traditionnels, émergea l'appellation latine équivalente deLucifer, le « porteur de lumière », de « lux », lumière et « ferre », porter, traduisant également la notion de l'apparition de l'astre du matin[59].
↑a etbEntrée « Phosphorus, white » dans la base de données de produits chimiquesGESTIS de la IFA (organisme allemand responsable de la sécurité et de la santé au travail) (allemand,anglais), accès le 30 juin 2018(JavaScript nécessaire)
↑« Phosphore jaune » dans la base de données de produits chimiquesReptox de laCSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009
↑« Phosphore rouge » dans la base de données de produits chimiquesReptox de laCSST (organisme québécois responsable de la sécurité et de la santé au travail), consulté le 25 avril 2009
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