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La photographie du philosophe allemand Edmund Husserl (1859—1938).
« Philosophie continentale » est un terme utilisé à l'origine par les philosophes de langue anglaise, notamment ceux qui se rattachent à laphilosophie analytique, afin de désigner plusieurs traditions philosophiques issues de l'Europe continentale (surtout de l'Allemagne et de France). Dans l'usage laphilosophie continentale correspond à la tradition romano-germanique. Par opposition, l'autre philosophie est celle de traditionbritannique ou anglo-saxonne. Laphilosophie asiatique est exclue de cette classification qui ne concerne que laphilosophie occidentale.
Le terme est surtout utilisé pour décrire une activité par contraste avec laphilosophie analytique. Il est parfois plus populaire hors du domaine des sciences naturelles, dans les sciences sociales voire enesthétique, enlittérature, en théorie du cinéma ou enarchitecture.
Contrairement au concept qui lui est opposé, celui de « philosophie analytique », peu de gens se réclament explicitement de cette tradition. On se réclame du marxisme, de la phénoménologie, etc., jamais de la « philosophie continentale ». Le concept s'est cependant répandu avec le temps et certains l'emploient plus positivement, par exemple lesÉditions Nota bene qui ont créé la Collection Philosophie continentale. On peut mentionner également le spécialiste de l'histoire intellectuelle, Peter Gordon, lequel, dansContinental Divide: Heidegger, Cassirer, Davos, entend montrer que la philosophie continentale s'est divisée entre deux tendances principales lors de la rencontre entre Cassirer et Heidegger à Davos en 1929[1].
Historiquement, ce concept fut créé comme concept négatif, privatif, servant à rassembler tout ce qui n'appartient pas à la philosophie analytique. Il n'y a pas véritablement de caractéristique positive qui soit commune à la grande diversité de mouvements que l'on rassemble sous ce terme.
On peut se demander si la principale fonction de ce concept est véritablementclassificatoire (si le concept a un authentique contenu théorique, si ses instances présentent de réelles propriétés communes), ou si elle n'est pas plutôtpolémique. Dans ce dernier cas, ce concept servirait à former un ensemble par rapport auquel la « philosophie analytique » puisse se positionner, c'est-à-dire, souvent, auquel elle puisse s'opposer.
Historiquement, le concept fut d'abord polémique ; il est possible que les entreprises contemporaines visant à faire dialoguer les deux « traditions » en viennent à neutraliser partiellement la charge polémique de ce concept. Gagnera-t-il pour autant une véritable utilité classificatoire positive ?
Débat entre les philosophies analytique et continentale
De manière générale, les philosophes ditscontinentaux accusent la philosophie diteanalytique de reprendre naïvement une perspective scientifique et formaliste sans assez s'interroger sur ses présupposés. La philosophie diteanalytique accuse la philosophie ditecontinentale de plus faire de l'exégèse d'autorités que de clarifier des problèmes philosophiques et d'argumenter en vue de leur solution. La philosophie diteanalytique reproche aussi à la philosophie ditecontinentale de manquer de clarté et de ne pas suffisamment s'inscrire dans une approche collective (avec des concepts et théories partagées entre philosophes)Certains[Qui ?] prétendent que la philosophie d'Alfred North Whitehead permet d'éviter la brisure analytico-continentale[2].