Les contributeurs sont tenus dene pas participer à une guerre d’édition sous peine deblocage.

Cet article semble être une pageautobiographique ou autocentrée qui a fait l'objet de modifications substantielles, soit par le principal intéressé, soit parune ou plusieurs personnes en lien étroit avec le sujet().
Il peut être nécessaire de l'améliorer pour respecter le principe deneutralité de point de vue. Veuillez consulter lapage de discussion pour plus de détails.

Cet article ne s'appuie pas, ou pas assez, sur des sourcessecondaires ou tertiaires().
Pour les articles homonymes, voirAghion.
| Président Association française de science économique(d) | |
|---|---|
| - | |
Katheline Schubert(d) |
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité | |
| Domicile | |
| Formation | |
| Activités | |
| Mère |
| A travaillé pour | INSEAD(depuis) |
|---|---|
| Parti politique | |
| Membre de | |
| Directeurs de thèse | Yves Balasko(en)(), Jerry Green(en),Eric Maskin |
| Distinctions | Liste détaillée Membre associé de la Société d'économétrie() Prix Yrjö-Jahnsson() Médaille d'argent du CNRS() Prix John-von-Neumann() Chevalier de la Légion d'honneur() Prix du livre d'économie() Lauréats Clarivate des chercheurs les plus cités(en)() Prix Zerilli-Marimò() Global Award for Entrepreneurship Research(en)() Officier de l'ordre national du Mérite() Docteur honoris causa de l'université de Liège() Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel() Membre de l'Académie américaine des arts et des sciences Docteur honoris causa de l'École d'économie de Stockholm |
Philippe Aghion, né le[1] à Paris, est unéconomistefrançaisschumpéterien. Il est professeur auCollège de France (depuis octobre 2015), à l'INSEAD (depuis 2020), à laLondon School of Economics et associé à l'École d'économie de Paris.
Il est à l'origine, avecPeter Howitt, du développement de la théorie de la croissance schumpétérienne en sciences économiques.
Il obtient leprix dit Nobel d'économie en 2025, conjointement avec l’Israélo-AméricainJoel Mokyr et le CanadienPeter Howitt. Ses travaux sont récompensés pour sa« théorie d'une croissance soutenable par le biais de ladestruction créatrice »[2],[3].
Philippe Mario Aghion est le fils de Raymond Aghion[note 2], propriétaire d'unegalerie d'art[note 3],[note 4]boulevard Saint-Germain[4], fils d'un banquier-exportateur de coton[5], adhérent au parti communiste, et deGaby Aghion, styliste de prêt-à-porter de luxe, fondatrice de lamaison de mode Chloé[6],[7], fille d'un directeur d'usine[5].
Ses parents sont tous deux issus de famillesjuives italo-grecques d’Alexandrie[8]. En 1945, après deux ans d'exil en Israël, dans une propriété d'un oncle (Beit Aghion) — aujourd'hui résidence du Premier ministre israélien —, ils s'installent à Paris, dans le Quartier latin[4] puis acquièrent une maison àNeuilly-sur-Seine[5].
Philippe Aghion est le neveu de l'économistePierre Salama[9] et le cousin du cinéasteGabriel Aghion[5].Henri Curiel est le cousin germain de son père.
Il effectue ses études secondaires aulycée Henri-IV[10]. Ancien élève de l'École normale supérieure de l’enseignement technique (section mathématiques, 1976-1980), il poursuit des études demathématiques appliquées enéconomie à l'université Paris I où il obtient successivement unDEA en 1981 puis undoctorat de3e cycle en 1983. Il reçoit undoctorat en économie de l'université Harvard en 1987[11],[12].
Dès l'obtention de son doctorat en économie, Philippe Aghion est recruté comme professeur assistant auMIT (1987-1989). En 1989, il retourne en France pour être nomméchargé de recherche auCNRS. En 1990, il quitte cette fonction pour devenir économiste à laBERD, poste qu'il conserve jusqu'en 1992.
En 1992, il est nomméfellow auNuffield College de l'université d'Oxford. Il y enseigne jusqu'en 1996, date à laquelle il est nomméprofesseur d'économie à l'University College de Londres. Il y reste jusqu'en 2002.
En 2002, il est nomméRobert C. Waggoner Professor of Economics à l'université Harvard. Il quitte ce poste en 2015, lorsqu'il est nommé à la chaire « Économie des institutions, de l'innovation et de la croissance » auCollège de France, où il crée le Farhi Innovation Lab[13]. Il est parallèlementCentennial Professor à laLondon School of Economics[11],[12] et enseigne à l'École d'économie de Paris.
Il a été membre duConseil d'analyse économique (CAE) et a fait partie de laCommission pour la libération de la croissance française, dite Commission Attali, dont le rapport a été rendu le au présidentNicolas Sarkozy. Il était l'un des conseillers en économie deFrançois Hollande.
Membre duCercle des économistes[14], il est, depuis 2023, co-président du Comité de l'intelligence artificielle générative[15].
En octobre 2024 il préside le « Front économique » duMEDEF avecPatrick Martin[16]. Le rapport pour un « sursaut de croissance » est publié en août 2025 et est décrit comme« une vision qui fait un peu l’impasse sur les dégâts provoqués par l’essor du capitalisme, notamment sur le climat et la biodiversité »[17]. Néanmoins, il nuance son soutien au Medef dans un entretien accordé àMarianne, le jugeant peu enclin au compromis[18].« Patrons et syndicats doivent jouer à deux le tango » déclare-t-il, insistant sur la nécessité d'appréhender le bonheur au travail comme un objectif économique.

Ses premiers travaux, à la fin des années 1980, portent sur la théorie des contrats et la finance d’entreprise, en particulier avecPatrick Bolton (en) etOliver Hart, autour des problèmes de mécanismes d’incitation, de faillite et de gouvernance. En 1992, il propose, avecPeter Howitt, un modèle fondateur de lathéorie de la croissance endogène schumpéterienne[19],[20], centrée sur l’innovation et ladestruction créatrice.
Cette publication ouvre un large champ de travaux théoriques et empiriques sur les déterminants et les politiques de la croissance. Cela l’amène, dans les années 2000, à explorer les liens entre concurrence, institutions et croissance, notamment la relation en U inversé entre intensité concurrentielle et innovation[21].Dans les années 2010,[réf. nécessaire] ses recherches s’élargissent aux questions d’inégalités, de mobilité sociale et d’économie politique de l’innovation. Ses travaux les plus récents traitent des effets de l’automatisation, de l’intelligence artificielle, de la mondialisation, ainsi que de la croissance verte[22].
Ses travaux sont critiqués pour son techno-optimisme, son attachement à la croissance du PIB comme indicateur phare et à sa compréhension limitée de la crise environnementale multi-factorielle contemporaine[23]. Il déclare pourtant« Je crois qu'il faut une croissance parce qu'on ne peut pas distribuer ce qu'on ne produit pas. Mais je la veux inclusive. Je veux que tout le monde puisse avoir sa part, participer », lors de son audition par leCESE en 2024. Son cycle de cours au Collège de France porte pour l'année 2024-2025 sur lacroissance verte[24], dans lequel il expose les ressorts du verdissement de l'innovation et présente par exemple sa recherche sur la « décroissance endogène », avec Timo Boppart, Michael Peters, Matthew Schwartzman etFabrizio Zilibotti[25].
SelonUfuk Akcigit (en), le cadre de pensée développé par Philippe Aghion et Peter Howitt dans leur article de 1992[19] révolutionne l’analyse des dynamiques de croissance économique endogène en permettant d’établir des allers et retours entre la théorie et les données sur les firmes, d’où la prospérité du modèle dans la littérature économique. Leur approche est caractérisée par l’introduction du mécanisme de « destruction créatrice » schumpétérien, selon lequel les innovations rendent les anciennes technologies obsolètes (« business stealing »effect) et qui gouverne les créations et les faillites de firmes. L’effort d’innovation est une réponse à la recherche de rentes de la part des entreprises. Ces rentes agissent comme une carotte et la création destructrice comme un bâton ; néanmoins, lorsque les rentes sont trop importantes, elles permettent d’établir des barrières à l’entrée de nouvelles firmes sur un marché. Dans le même temps, la motivation à l’effort d’innovation disparaît et il est possible de se retrouver avec une croissance ralentie lorsqu’il n’y a plus de bâton et que la carotte est acquise. C’est notamment la prise en compte de l’hétérogénéité des firmes qui caractérise l’originalité de ce paradoxe, permettant d’étudier la dynamique de croissance selon qu’elles soient petites ou grandes, déjà actrices d’un marché ou nouvellement créées, à la pointe de l’innovation ou en position d’imitation[26][page à préciser].
Philippe Aghion a également contribué à l’analyse du « middle-income trap », désignant la difficulté pour certains pays émergents à franchir le cap vers une économie avancée. Selon lui[27], la croissance tirée par l’accumulation de capital et l’imitation technologique permet d’abord un rattrapage rapide, mais atteint ses limites lorsque les pays se rapprochent de lafrontière technologique[21]. Pour maintenir leur trajectoire, ils doivent alors réorienter leurs institutions et leurs politiques vers l’innovation de frontière, ce qu’illustre l’échec de l’Argentine auXXe siècle ou, à l’inverse, la réussite temporaire de la Corée du Sud après lacrise asiatique de 1997. Dans ces situations, les intérêts établis des firmes dominantes freinent souvent les réformes qui favoriseraient la concurrence, la recherche et l’ouverture économique. Aghion met ainsi en lumière l’importance des transitions institutionnelles : seule l’adoption de politiques adaptées — éducation supérieure, soutien à la recherche fondamentale, marchés financiers développés et concurrence effective — permet d’éviter l’essoufflement de la croissance et de franchir le seuil entre rattrapage et innovation.[citation nécessaire]
À partir des années 2010[réf. nécessaire], Philippe Aghion a consacré une partie importante de ses recherches aux liens entre croissance, inégalités et mobilité sociale. Ses travaux montrent que l’innovation, moteur de la destruction créatrice, tend à accroître les écarts de revenus chez les 1 % les plus riches en favorisant les individus et entreprises à la frontière technologique[28]. Toutefois, ces inégalités peuvent être rendues compatibles avec la croissance si elles s’accompagnent d’une forte mobilité sociale. Dans cette perspective, Aghion met en évidence le rôle central de l’éducation et de la formation : l’investissement dans l’enseignement secondaire et supérieur conditionne la capacité des individus à participer aux dynamiques d’innovation et à accéder à une meilleure mobilité intergénérationnelle. Il s’est également intéressé à la fiscalité et aux politiques publiques, montrant qu’une simplification des incitations fiscales peut stimuler l’entrepreneuriat, tandis que des filets de protection sociale bien conçus favorisent la prise de risque et l’innovation[29]. Ces analyses prolongent la théorie schumpéterienne en insistant sur l’importance des institutions éducatives et redistributives pour rendre la croissance inclusive et durable.[citation nécessaire]

Étudiant, il est communiste, il vendL'Humanité Dimanche place Monge. Il fait même l'école des cadres duParti communiste français (PCF) pour devenir permanent[30].
Lors de l'élection présidentielle française de 2012, il signe l'appel des économistes en soutien du candidatFrançois Hollande en raison de « la pertinence des options [proposées], en particulier pour ce qui concerne la reprise de la croissance et de l'emploi »[31]. SelonChallenges, l'économiste a sans doute « influencé François Hollande sur ces mesures pro entreprises comme leCICE », mais n'a pas pris part à la conception de sa politique économique qu'il a jugée de plus comme étant « brouillonne, mal assumée et mal exécutée »[32].
En octobre 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, a participé « assis au premier rang » et prenant des « notes sans regarder son portable pendant une heure » à la leçon inaugurale de Philippe Aghion au Collège de France[33]. Lors de l'élection présidentielle de 2017, Aghion apporte son soutien à Emmanuel Macron[34]. De l'avis général, y comprisEmmanuel Macron lui-même[35], Philippe Aghion est l'un des économistes ayant le plus inspiré, dès 2017, sa politique économique ; il trouve un rôle d'inspirateur de sa politique de l'offre, axée sur le soutien à la croissance et à l'innovation de rupture et des mesures fiscales renforçant la compétitivité des entreprises[36],[37], par exemple à travers la baisse de la taxation des revenus du capital via la mise en place de laflat tax.
Malgré cela, Philippe Aghion s'est progressivement détourné dès 2018 de la politique du chef de l'État et a appelé à un rééquilibrage social de cette politique[32]. Philippe Aghion a ainsi formulé plusieurs critiques à l’égard de la politique économique menée par Emmanuel Macron. Selon lui, le président français aurait pris un « tournant libéral » s’inspirant des modèles anglo-saxon, plutôt qu’un « tournant social-libéral » fondé sur lemodèle scandinave, qu’il juge plus favorable à l’innovation et à la croissance inclusive. Aghion déplore notamment le manque d'investissements publics dans les domaines de la recherche, de l'éducation et de la santé. Il critique également le fonctionnement ducrédit d'impôt recherche (CIR), qu’il estime générer principalement un « effet d’aubaine » au bénéfice des grands groupes, sans véritable impact sur leur effort de recherche et d’innovation. Il souligne également l'absence de « remise à plat » des niches fiscales qui aurait dû aller selon lui de pair avec l'instauration d'unimpôt à taux unique[38]. Enfin, Philippe Aghion se montre très critique de la gestion de la réforme des retraites par legouvernement Philippe; il lui reproche de s'être arc-bouté sur la mise en place de l'âge pivot à 64 ans sous la pression d'Edouard Philippe, au détriment de la mise en place de laretraite par points[39], sujet sur lequel laCFDT avait déclaré être ouvert à la négociation avec les organisations patronales[40].
Mediapart le décrit comme l’« un des principaux pourfendeurs de lataxe Zucman » : l’économiste a critiqué la proposition de son collègue, estimant qu’elle risquerait de « brider l’innovation » et de transformer la France en « prison fiscale »[36].
En novembre 2025, Philippe Aghion apporte son soutien à une alliance entre l'aile droite duParti socialiste etPlace publique, à l'occasion d'un meeting rassemblantFrançois Hollande,Carole Delga,Raphaël Glucksmann etBernard Cazeneuve[41]. Il estime alors que ce dernier « incarne l'espoir » en vue de l'élection présidentielle de 2027[42].

Membre de l'Academia Europaea et de l'Académie américaine des arts et des sciences, il est membre correspondant de laBritish Academy[55].
| 1969-1975 | |
|---|---|
| 1976-2000 |
|
| Depuis 2001 |
|