Pour les articles homonymes, voirOrry.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | (à 58 ans) La Chapelle-Godefroy |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Père | |
| Fratrie |
| Propriétaire de | Château de La Chapelle-Godefroy(d) |
|---|---|
| Conflit | |
| Distinctions |
Philibert Orry, comte deVignory, seigneur de La Chapelle-Godefroy, est un homme d'État français, né àTroyes le, et mort àLa Chapelle-Godefroy le.
Cinquième enfant[réf. nécessaire] deJean Orry, bourgeois originaire deRouen qui s'enrichit considérablement en fournissant l'armée deLouis XIV en chevaux et en munitions durant laguerre de Succession d'Espagne, puis ministre des finances dePhilippe V d'Espagne[1], Philibert Orry est capitaine de cavalerie pendant laguerre de Succession d'Espagne. Il achète ensuite une charge de conseiller auParlement de Paris, puis demaître des requêtes (1715). Il est intendant àSoissons (1722-1727)[2],[3], enRoussillon (1727-1728)[2], et àLille pour quelques mois en 1730[2],[3].
Grâce à la protection ducardinal Fleury, dont il partage le goût de l'ordre et l'austérité, et surtout parce qu'il n'est pas lié au clan Bourbon alors en disgrâce, Orry est nommécontrôleur général des finances - il obtient alors le rang de conseiller d'État - en janvier1731[4] et cumule cette fonction avec celle de ministre d'État en 1736, de directeur général desBâtiments du Roi à partir de mars1737 (au décès duduc d'Antin) ; il est conseiller d’État ordinaire en juillet 1742 et grand trésorier des Ordres du roi en février 1743[4].
Financier habile et intègre, il doit rétablir l'impôt du dixième et parvient à stabiliser le budget de l'État. Appliquant les principes deColbert, il cherche à développer des manufactures de textile et de papier. Il apporte son soutien à son frèreJean-Louis Henri Orry, (1703-1751) qui est à l'origine de la création de lamanufacture de Vincennes, (porcelaine) en1740. Il favorise le commerce avec leCanada et lesIndes en réformant les statuts de laCompagnie des Indes.[réf. nécessaire]

Comme directeur général des Bâtiments, il rétablit dans le Salon carré du Louvre le Salon annuel[5] de peinture et d'histoire[n 1] à partir de 1737[6], ce qui lui vaut d'être élu vice-protecteur de l'Académie royale de peinture et de sculpture en avril1737[5]. il fait acheter pour 190 000livres le palais Mancini, occupé depuis 1725 par la prestigieuseacadémie de France à Rome dont il surveille de près la gestion que d'Antin avait négligée. Pour remplacer Vleughels à la tête de cet établissement, en janvier 1738 il choisitJean-François de Troy[7]. Deux choses sont remarquées dans son administration de cette charge : il ne montre pas de protection particulière pour les champenois dans ses choix d'assistants, intendants, ordonnateurs et contrôleurs ; et ses commandes sur tous les chantiers royaux marquent une rupture notable avec la tradition de références mythologiques ou allégoriques. On peut le constater par exemple pour les chevaux de marbre de Guillaume Coustou commandés en 1739 pourMarly, la petite galerie des Chasses deVersailles décorée de scènes de chasses exotiques sans support narratif, àFontainebleau aussi[8]… Par contre chez lui il est plus classique : les thèmes des tableaux sont des histoires mythologiques[9].
Son directorat a généralement été sévèrement jugé. Cependant, ces critiques semblent relever moins du « bon goût » que de la mauvaise foi et de la jalousie des mémorialistes de l'époque — tousnobles — confrontés à la réussite d'un bourgeois, membre dutiers état. Lemarquis d'Argenson évoque avec mépris« le mauvais goûtbourgeois deMonsieur Orry ». Nonobstant, le fait de choisirCharles-Joseph Natoire en1730 pour décorer son château de La Chapelle-Godefroy révèle bien au contraire un discernement certain en matière artistique : c'était alors l'un des jeunes peintres d'histoire les plus prometteurs, et ses deux principaux rivaux,François Boucher etCarle Van Loo, étaient tous deux à l'étranger.
Directeur général des Ponts et Chaussées, Orry fait terminer le canal de Crozat et entretient et développe le système routier. En1733, il ordonne l'achèvement de latriangulation générale de la France, qui est réalisée parJacques Cassini[10]. Avec sonintendant des financesHenri François de Paule Lefèvre d'Ormesson, en1738 il envoie aux intendants une instruction détaillée sur lacorvée royale (trente jours par an au maximum) pour la construction et l'entretien des chemins, classés en cinq catégories. Jusqu'à laRévolution, une grande partie des routes royales existe grâce à cette institution. En1738, il demande auservice des Ponts et Chaussées, sous la direction deDaniel-Charles Trudaine, de lever les plans des grandes routes du royaume[3].
Confronté à l'ambition et à l'opposition de la nouvelle favorite royale, lamarquise de Pompadour qui était issue du monde de la finance et voulait placer ses amis au pouvoir, il dut démissionner en1745 malgré quinze années de bons et loyaux services et de succès.
Il fut grand trésorier de l'ordre du Saint-Esprit de février1743 à sa mort en1747.
Orry possède le château de La Chapelle-Godefroy àSaint-Aubin (Aube) près deNogent-sur-Seine, hérité de son père[11] en1719. Selon lesMémoires du duc de Luynes,« M. Orry a toujours paru n'avoir aucune ambition, regrettant sans cesse de ne pouvoir vivre dans sa terre de la Chapelle, près de Nogent, et toujours prêt à y aller avec plaisir[12] ». Il fait considérablement transformer et agrandir le logis seigneurial d'origine. pour ce château, il commande àCharles-Joseph Natoire trois séries de tableaux représentant l'Histoire des Dieux, sur les thèmes des Amours de Jupiter, la Vie de Clovis et les Aventures de Télémaque - soit 21 tableaux de Natoire (dontLes Quatre Saisons), réalisés entre 1731 et 1740. Il possède aussi deuxWatteau,L'Enchanteur etL'Aventurière, aujourd'hui conservés aumusée Saint-Loup de Troyes[13].
Orry (ou son frère ou son fils ?) possède en outre le domaine dit du « Petit Bercy » à Paris.[réf. nécessaire]
Sur les autres projets Wikimedia :