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Philibert Orry

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Philibert Orry
Anonyme d'aprèsHyacinthe Rigaud,Portrait de Philibert Orry,château de Versailles.
Fonctions
Surintendant des Bâtiments
-
Contrôleur général des Finances
-
Intendant de la généralité de Perpignan
-
Intendant de la généralité de Soissons
-
Intendant de la généralité de Lille
Intendant de la généralité de Poitiers
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Père
Fratrie
Autres informations
Propriétaire de
Château de La Chapelle-Godefroy(d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflit
Distinctions

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

Philibert Orry, comte deVignory, seigneur de La Chapelle-Godefroy, est un homme d'État français, né àTroyes le, et mort àLa Chapelle-Godefroy le.

Biographie

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Cinquième enfant[réf. nécessaire] deJean Orry, bourgeois originaire deRouen qui s'enrichit considérablement en fournissant l'armée deLouis XIV en chevaux et en munitions durant laguerre de Succession d'Espagne, puis ministre des finances dePhilippe V d'Espagne[1], Philibert Orry est capitaine de cavalerie pendant laguerre de Succession d'Espagne. Il achète ensuite une charge de conseiller auParlement de Paris, puis demaître des requêtes (1715). Il est intendant àSoissons (1722-1727)[2],[3], enRoussillon (1727-1728)[2], et àLille pour quelques mois en 1730[2],[3].

Grâce à la protection ducardinal Fleury, dont il partage le goût de l'ordre et l'austérité, et surtout parce qu'il n'est pas lié au clan Bourbon alors en disgrâce, Orry est nommécontrôleur général des finances - il obtient alors le rang de conseiller d'État - en janvier1731[4] et cumule cette fonction avec celle de ministre d'État en 1736, de directeur général desBâtiments du Roi à partir de mars1737 (au décès duduc d'Antin) ; il est conseiller d’État ordinaire en juillet 1742 et grand trésorier des Ordres du roi en février 1743[4].

Financier habile et intègre, il doit rétablir l'impôt du dixième et parvient à stabiliser le budget de l'État. Appliquant les principes deColbert, il cherche à développer des manufactures de textile et de papier. Il apporte son soutien à son frèreJean-Louis Henri Orry, (1703-1751) qui est à l'origine de la création de lamanufacture de Vincennes, (porcelaine) en1740. Il favorise le commerce avec leCanada et lesIndes en réformant les statuts de laCompagnie des Indes.[réf. nécessaire]

Portrait au pastel de Philibert Orry parQuentin de La Tour, 1737.

Comme directeur général des Bâtiments, il rétablit dans le Salon carré du Louvre le Salon annuel[5] de peinture et d'histoire[n 1] à partir de 1737[6], ce qui lui vaut d'être élu vice-protecteur de l'Académie royale de peinture et de sculpture en avril1737[5]. il fait acheter pour 190 000livres le palais Mancini, occupé depuis 1725 par la prestigieuseacadémie de France à Rome dont il surveille de près la gestion que d'Antin avait négligée. Pour remplacer Vleughels à la tête de cet établissement, en janvier 1738 il choisitJean-François de Troy[7]. Deux choses sont remarquées dans son administration de cette charge : il ne montre pas de protection particulière pour les champenois dans ses choix d'assistants, intendants, ordonnateurs et contrôleurs ; et ses commandes sur tous les chantiers royaux marquent une rupture notable avec la tradition de références mythologiques ou allégoriques. On peut le constater par exemple pour les chevaux de marbre de Guillaume Coustou commandés en 1739 pourMarly, la petite galerie des Chasses deVersailles décorée de scènes de chasses exotiques sans support narratif, àFontainebleau aussi[8]… Par contre chez lui il est plus classique : les thèmes des tableaux sont des histoires mythologiques[9].
Son directorat a généralement été sévèrement jugé. Cependant, ces critiques semblent relever moins du « bon goût » que de la mauvaise foi et de la jalousie des mémorialistes de l'époque — tousnobles — confrontés à la réussite d'un bourgeois, membre dutiers état. Lemarquis d'Argenson évoque avec mépris« le mauvais goûtbourgeois deMonsieur Orry ». Nonobstant, le fait de choisirCharles-Joseph Natoire en1730 pour décorer son château de La Chapelle-Godefroy révèle bien au contraire un discernement certain en matière artistique : c'était alors l'un des jeunes peintres d'histoire les plus prometteurs, et ses deux principaux rivaux,François Boucher etCarle Van Loo, étaient tous deux à l'étranger.

Directeur général des Ponts et Chaussées, Orry fait terminer le canal de Crozat et entretient et développe le système routier. En1733, il ordonne l'achèvement de latriangulation générale de la France, qui est réalisée parJacques Cassini[10]. Avec sonintendant des financesHenri François de Paule Lefèvre d'Ormesson, en1738 il envoie aux intendants une instruction détaillée sur lacorvée royale (trente jours par an au maximum) pour la construction et l'entretien des chemins, classés en cinq catégories. Jusqu'à laRévolution, une grande partie des routes royales existe grâce à cette institution. En1738, il demande auservice des Ponts et Chaussées, sous la direction deDaniel-Charles Trudaine, de lever les plans des grandes routes du royaume[3].

Confronté à l'ambition et à l'opposition de la nouvelle favorite royale, lamarquise de Pompadour qui était issue du monde de la finance et voulait placer ses amis au pouvoir, il dut démissionner en1745 malgré quinze années de bons et loyaux services et de succès.

Il fut grand trésorier de l'ordre du Saint-Esprit de février1743 à sa mort en1747.

Résidences

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Orry possède le château de La Chapelle-Godefroy àSaint-Aubin (Aube) près deNogent-sur-Seine, hérité de son père[11] en1719. Selon lesMémoires du duc de Luynes,« M. Orry a toujours paru n'avoir aucune ambition, regrettant sans cesse de ne pouvoir vivre dans sa terre de la Chapelle, près de Nogent, et toujours prêt à y aller avec plaisir[12] ». Il fait considérablement transformer et agrandir le logis seigneurial d'origine. pour ce château, il commande àCharles-Joseph Natoire trois séries de tableaux représentant l'Histoire des Dieux, sur les thèmes des Amours de Jupiter, la Vie de Clovis et les Aventures de Télémaque - soit 21 tableaux de Natoire (dontLes Quatre Saisons), réalisés entre 1731 et 1740. Il possède aussi deuxWatteau,L'Enchanteur etL'Aventurière, aujourd'hui conservés aumusée Saint-Loup de Troyes[13].

Orry (ou son frère ou son fils ?) possède en outre le domaine dit du « Petit Bercy » à Paris.[réf. nécessaire]

Notes et références

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Notes
  1. La première de ces manifestations est le concours de peinture de d'histoire organisé par le duc d'Antin (voirOta 2014,p. 37 ; il a été fermé en 1704 (voirJoulie 2015, § 3). Après Orry, le salon est perpétué par Le Normand de Tournehem et le marquis de Marigny (voirOta 2014,p. 37).
Références
  1. Joulie 2015, § 11.
  2. ab etcJoulie 2015, § 1.
  3. ab etcAnneConchon,La corvée des grands chemins auXVIIIe siècle : Économie d'une institution, Rennes, Presses universitaires de Rennes,coll. « Histoire »,, 352 p.(ISBN 978-2-7535-5555-6,lire en ligne),chap. 1 (« Un dispositif de réquisition au service de la politique routière »),p. 21-53 (voir § 12).
  4. a etbJoulie 2015, § 2.
  5. a etbJoulie 2015, § 3.
  6. [Ota 2014] Miki Ota,Cycles ou séries de tableaux à sujets profanes en France (1730-1774) (thèse de doctorat d'histoire de l'art), université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, dir. Daniel Rabreau,, 799 p.(lire en ligne[PDF] surtheses.hal.science),p. 37.
  7. Joulie 2015, § 4.
  8. Joulie 2015, § 5.
  9. Joulie 2015, § 6.
  10. [Guilhot 2005] Nicolas Guilhot,Histoire d’une parenthèse cartographique : les Alpes du nord dans la cartographie topographique française aux19e et20e siècles (thèse de doctorat de l'Université Lumière Lyon 2, dir. Girolamo Ramunni),, surtheses.univ-lyon2.fr(présentation en ligne,lire en ligne),chap. 1.1.2.5 (« La priorité des questions scientifiques sous l'influence des Cassini »),p. 120. Voir aussi1.1.3.2. (« Le projet de la carte de France de Cassini »), p. 122.
  11. Babeau 1876,p. 6.
  12. Babeau 1876,p. 7.
  13. [Ruelle 2011] Patricia Ruelle,Le patrimoine aubois à la Révolution Française, entre vandalisme révolutionnaire et conservation (1789-1799) (Mémoire de master « Expertise, protection et valorisation du patrimoine culturel et environnemental »), Université de Reims-Champagne-Ardenne,, 118 p., suracademia.edu(lire en ligne),p. 77.

Annexes

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Articles connexes

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Bibliographie

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Liens externes

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Philibert Orry
Précédé parSuivi par
Michel Robert Le Peletier des Forts
contrôleur général
des finances
Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville
Louis Antoine de Pardaillan de Gondrin, duc d'Antin
directeur général
des bâtiments du roi
17361745
Charles François Paul Le Normant de Tournehem
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