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Le terme général « Maya » est une désignation collective pratique pour inclure les populations de la région qui partagent un certain degré de patrimoine linguistique et culturel. Cependant ce terme englobe des peuples distincts, des sociétés et des groupes ethniques qui ont leurs propres traditions, cultures et identités historiques.
Le motmaya signifiemaïs,céréale qui tient une place primordiale dans les mythologies précolombiennes et dans la vie quotidienne des Mayas au point qu'ils se sont désignés eux-mêmes comme les « hommes du maïs » depuis une très hauteantiquité.
La recherche moderne suppose que la diffusion de la culture dumaïs et d'autres plantes domestiquées a pu jouer un rôle déterminant dans l'histoire des Mayas et par la suite dans le développement de lacivilisation maya[6].
La consommation du maïs est largement développée dans le sud de l'Amérique centrale vers 4200 ans avant notre ère. Dans leYucatán, elle est attestée vers 4500 avant notre ère, sa culture il y a 3 600 ans. Vers 2700 avant notre ère, la déforestation et la culture du maïs sont largement répandues[7].
Il semble que ce soit l'arrivée de migrantschibchanes venus du sud de la région maya peu de temps avant 3600 avant notre ère qui ait contribué au développement de cette culture du maïs, et peut-être aussi d'autres plantes domestiquées. Ces transformations humaines et sociales ont pu favoriser le développement par la suite de la civilisation maya[6],[7]. Comme en Europe, où l'agriculture est arrivée avec des immigrants d'Anatolie, l'agriculture dans les Amériques s'est propagée au moins en partie avec des personnes en déplacement, plutôt que simplement comme un savoir-faire transmis entre les cultures. Le changement de population a finalement conduit à un nouveau régime alimentaire. Les anciens chasseurs-cueilleurs de la région tiraient en moyenne moins de 10 % de leur alimentation du maïs. Mais par la suite, entre 5600 ans et 4000 avant notre ère, cette proportion a bondi, passant de 10 % à 50 %[8]établissant le maïs comme céréale de base. Les agriculteurs d'Amérique du Sud (Pérou etBolivie) avaient en particulier développé du maïs avec des épis plus gros et plus nutritifs que celui partiellement domestiqué présent au Mexique. Les preuves suggèrent que ces migrants ont apporté des plants de maïs améliorés du sud, peut-être avec des méthodes de culture du maïs dans de petits jardins. Ce scénario pourrait également expliquer pourquoi une des premières langues mayas incorpore un motchibchane pour désigner le maïs[6].
Les études enpaléogénétique montrent que le profil génétique des premières personnes enterrées dans des abris sous roche, entre 9 600 à 7 300 ans avant notre ère, ressemblent étroitement à celui des chasseurs-cueilleurs issus d'une ancienne migration d'Amérique du Nord vers l'Amérique du Sud. Mais il y a 5 600 ans, l'ADN enregistre un changement majeur : les individus étudiés sont plus étroitement liés à un autre groupe d'autochtones qui vivent aujourd'hui du nord de laColombie auCosta Rica et qui parlent deslangues chibchanes, ce qui signifie clairement un mouvement majeur dans la région maya de personnes liées aux locuteurs de chibchan[6]. Ainsi, les populations actuelles parlant une langue maya peuvent être modélisées comme étant issues d'un mélange génétique entre l'ancienne population locale datée entre 5 600 et 3 700 ans (issue pour 31 % des chasseurs-cueilleurs locaux et d'une population ancêtre des populations chibchanes (69 %)) pour 75 % et une population reliée aux ancêtres des populations mexicaines des hautes terres (25 %) comme les Mixes, lesZapotèques et lesMixtèques[7].
Les liens de parenté avec les cultures natives d'Amérique du Nord tiennent à leurs traditions agricoles et culinaires (culture du maïs) communes, notamment les peuples cultivateurs de la côte Est. Les Mayas appartiennent au vaste ensemble culturel de la Mésoamérique auxquels appartiennent lesOlmèques, plus vieux peuple identifié dans la région, et les Aztèques, un des plus récents.
Les plus grandes populations mayas contemporaines sont dans lesÉtats mexicains duYucatán, duCampeche, duQuintana Roo, duTabasco, et duChiapas, ainsi que dans les pays d'Amérique centrale commeBelize, leGuatemala et les parties occidentales duHonduras et duSalvador. Ils s'identifient eux-mêmes simplement comme des « Mayas » sanstribu (à l'inverse de ceux des Hautes-Terres de l'ouest du Guatemala), et parlent la langue que les anthropologues appellent le« maya yucatèque », mais qui est reconnu par ceux qui le parlent et par les« Yucatecos » simplement comme« maya ». Les locuteurs de langue maya parlent également le plus souvent l'espagnol comme langue secondaire ou principale.
La première confrontation entre les Européens et la population indigène duYucatán date de 1511, après qu'un groupe de rescapés espagnols, ayant survécu à un naufrage, débarqua sur les rives du Yucatán. L'un des marins,Gonzalo Guerrero, s'intégra parfaitement à la population locale dans la région de ce qui est aujourd'huiChetumal. Les expéditions espagnoles suivantes (Córdoba en 1517,Grijalva en 1518 etCortés en 1519) aboutirent à de nombreux conflits et, finalement, à une guerre ouverte. La vulnérabilité aux maladies européennes et les conflits avec les Espagnols réduisirent la population des Mayas Yucatèques à moins de 10 000 âmes en 1850. Les Mayas Yucatèques qui vivaient dans la jungle deQuintana Roo, à l'est, moins en contact avec les Espagnols, ont mieux résisté et ont survécu en plus grand nombre. Historiquement, la population de la moitié est de la péninsule a été moins intégrée et moins affectée par la culture hispanique que celle de la moitié ouest. Aujourd'hui, dans la péninsule du Yucatán (États mexicains deCampeche,Yucatán etQuintana Roo), entre 750 000 et 1 200 000 personnes parlent une deslangues mayas. Cependant, les populations d'origine maya mais ne parlant pas leur langue d'origine sont trois fois plus nombreuses. Elles possèdent, cependant toujours, d'anciens noms mayas comme Ak, Can, Chan, Be, Cantun, Dzib, Canche, Chi, Chuc, Coyoc, Hoil, Hau, May, Tamay, Ucan, Pool, Zapo, Touki, etc.
Les groupes Mayas du Chiapas comprennent lesTzotzils et lesTzeltals, dans les hauts-plateaux de l'État, lesTojolabales, concentrés dans les basses-terres autour deLas Margaritas, et lesCh'ol dans la jungle.
Les Mayas deBelize sont éparpillés à travers toute la région, avec, toutefois, une concentration dans les districts deCayo et deToledo. Ils se divisent en MayasYucatèques,Q'eqchi', etMopan(en).
Une considérable identification avec les communautés locales et linguistiques, correspondant souvent aux États des nations pré-colombiennes, continue, et beaucoup de gens portent des vêtements traditionnels qui affichent leur identité spécifique locale. Les habits des femmes tendent à être plus traditionnels que ceux des hommes, ces derniers ayant plus d'interaction avec le commerce et la culture hispanique.
La plupart des Mayas sont devenus catholiques après la colonisation espagnole. Cependant, ils ont intégré à leur nouvelle pratique religieuse de nombreux rites et croyances issus de leur religion antérieure.
« Nous ne sommes pas des mythes du passé, des ruines dans la jungle ou dans les zoos. Nous sommes des gens et nous voulons être respectés, et non victimes d'intolérance et de racisme »—Rigoberta Menchú, 1992[10].
↑a etbLa population totale du Guatemala a été estimée, en 2010, à 13 550 440 habitants par leWorld Factbook de laCIA. Selon cette même source, 40,4 % de la population guatémaltèque appartiendrait à une des ethnies mayas. En recoupant ces deux données, on obtient un total de 5 474 377 Mayas au Guatemala. Par ailleurs, selon l'étude« Población y Pobreza 2008-2009 » publiée par l'institut national de statistiques (INE) du Guatemala,69,2 % des 4 455 815 Guatémaltèques interrogés s'identifient comme des indigènes appartenant à l'une des différentes ethnies mayas. Si on recoupe ce chiffre avec l'estimation de la population totale du Guatemala, on obtient une estimation haute de 9 376 904 Mayas au Guatemala.
↑Monseigneur Enrique Díaz Díaz (évêque auxiliaire de San Cristóbal de las Casas),IV DC Mirando la cruz, homélie, 20 mars 2009, publié dansVoces de los Obispos sur le site de la conférence de l'épiscopat mexicain.
↑Citation tirée d'une interview avec elle par un représentant de l'organisation d'Amérique Centrale des droits de l'homme (Riis-Hansen 1992). Menchú donna cette interview peu avant d'être récompensée par le prix Nobel de la Paix.
Chiappari, Christopher L., « Toward a Maya Theology of Liberation: The Reformulation of a "Traditional" Religion in the Global Context »,Journal for the Scientific Study of Religion,vol. 41,no 1,,p. 47–67(ISSN0021-8294)
Nikolai Grube (Eva Eggebrecht and Matthias Seidel (assistant Eds.)),Maya : Divine Kings of the Rain Forest, Cologne, Könemann Press,, 417–425 p.(ISBN3-8331-1957-8,OCLC71165439), « Maya Today - From Indios Deprived of Rights to the Maya Movement »