Il est également le président deClarium Capital Management LLC, unfonds spéculatif dit de « global macro », gérant près de 3 milliards de dollars et un partenaire gérant deThe Founders Fund, un fonds de capital risque de 50 millions de dollars lancé en 2005.
Peter Andreas Thiel naît le àFrancfort-sur-le-Main enAllemagne ; sa famille émigre àCleveland auxÉtats-Unis alors qu'il a un an[1]. Elle déménage ensuite régulièrement en fonction du travail du père :jusqu'en 1977, elle vit enAfrique du Sud et en Afrique du Sud-Ouest (en actuelleNamibie), où M. Thiel travaille pour lamine d'uranium de Rössing, à l'époque où elle alimente leprogramme nucléaire sud-africain[2]. Le jeune Peter change d'école primaire sept fois. Il fréquente une école germanophone àSwakopmund[3], qui exige que les élèves portent des uniformes et pratique deschâtiments corporels, comme frapper les mains des élèves avec une règle. La communauté allemande de Swakopmund est alors connue pour sa glorification persistante dunazisme[3].
Il rencontreMax Levchin à l'été 1998 après une conférence à l'Université Stanford. Ensemble, ils ont l'idée de créer un système de paiement électronique destiné à favoriser l'émergence ducommerce électronique et ils fondent l'entreprise Fieldlink qui deviendra par la suite Confinity.PayPal est lancé en 1999 comme démo pour des paiements par courrier électronique[4]. Confinity fusionne avecX.com d'Elon Musk en 2000. X.com est renommé Paypal par la suite.
Il espère alors que PayPal fera advenir une nouvelle monnaie mondiale, libre du contrôle gouvernemental et de ladilution[6].
Thiel et ses associés vendent PayPal àeBay pour 1,5 milliard de dollars en 2002[7]. Ses 3,7 % du capital valaient environ 55 millions de dollars au moment de la cession à eBay[8],[4]. Thiel fonde alors lefonds spéculatif Clarium Capital Management, initialement doté de 10 millions de dollars[4].
En 2004,Reid Hoffman, son ami depuis ses années à Stanford, etSean Parker lui présententMark Zuckerberg. Thiel lui prête un demi-million de dollars pour l'aider à fonderFacebook. Plus tard, il acquiert 7 % du capital de l'entreprise et siège au conseil d'administration[4]. La même année, il cofonde l'entreprisePalantir Technologies, qui se spécialise dans la conception de logiciels destinés à traquer les terroristes et les fraudeurs[4].
À l'été 2008, juste avant la crise financière, Clarium est l'un des fonds spéculatifs les plus en vue avec plus de 7 milliards de dollars d'actifs et s'installe àNew York, mais l'entreprise connaît d'importantes pertes à la fin de l'année 2008 et pendant l'année 2009. En 2010, Thiel ferme le bureau de New York et revient s'installer à San Francisco[4].
Thiel est le premier investisseur extérieur deFacebook. Il espère alors que le réseau social« aiderait les gens à former des communautés spontanées en dehors des États-nations traditionnels[6]. »
En plus de Facebook, Thiel procède à de nombreux investissements précoces dans desjeunes pousses dontSlide(en),LinkedIn,Friendster et IronPort. Slide et IronPort sont chacun fondés par des collègues de Thiel à PayPal. Le magazineFortune rapporte que lesanciens de PayPal ont fondé ou investi dans une douzaine de jeunes pousses pour une valeur, selon Thiel, d'environ 30 milliards de dollars[10].
En 2010, il fonde Valar Ventures aux côtés d'Andrew McCormack et James Fitzgerald. Via ce fonds de capital-risque, il investit notamment dans les sociétés defintech françaisesQonto etShares[11].
Le, Thiel fait sensation en vendant 20 des 25,6 millions d’actions Facebook qu’il détient à un prix compris entre 19,69 et 20,70 dollars, ce qui lui génère un bénéfice d'environ 400 millions de dollars[12].
Il s'intéresse à la recherche sur les effets potentiellement rajeunissants de laparabiose[13].
En 2024, il lance le projetEnhanced Games (en français les « Jeux améliorés »), en collaboration avec Aron D'Souza, qui vise à autoriser ledopage des athlètes. Le recours à des produits serait ainsi encouragé, mais, d'après les organisateurs,« d'une manière drastiquement encadrée afin que la santé des participants ne soit pas mise en danger[14] », afin, toujours d'après eux, de ne pas entretenir« une illusion d'équité »[15] du modèle olympique[16].
Il a aussi des ambitions culturelles. Il a coproduit le filmThank You for Smoking. Il est coauteur (avecDavid Sacks) du livre,The Diversity Myth: 'Multiculturalism' and the Politics of Intolerance at Stanford. Il a contribué à des articles dansThe Wall Street Journal,First Things,Forbes etPolicy Review, le journal de laHoover Institution (il appartient à son conseil d'administration).
Il entretient de bons rapports personnels avec le chancelier autrichienSebastian Kurz, qu'il recrute en 2022 au poste de conseiller stratégique après que celui-ci a quitté le pouvoir en raison d'accusations de corruption[19].
En, il révèle qu'il a financé les procès de plusieurs personnalités, parmi lesquelles le catcheurHulk Hogan, contre le groupeGawker Media[20],[21].
En 2021,Business Insider révèle que Thiel est un informateur (confidential human source) duFBI[22]. Son nom de code au sein du FBI est « Philosopher » (Le Philosophe)[23].
En 2011, il obtient lanationalité néo-zélandaise « à titre exceptionnel »[24],[25]. En effet, il n'y a passé que 12 jours dans sa vie, contre les 1 350 normalement requis dans les 5 dernières années[26]. Cette information n'est révélée qu'en 2017 et engendre unscandale[27].
En 2015, il achète pour près de 12 millions d’euros une ferme de près de 200 hectares de terrain enNouvelle-Zélande, sur les rives du lacWanaka, dans le sud du pays. Avec d'autresmilliardaires — commeSam Altman —, il souhaite construire de grandes résidences ultra-sécurisées, contenant notamment desabris antiatomiques, en cas d'effondrement[28]. Cependant, ce projet se heurte aux populations locales qui dénoncent sonimpact environnemental[29].
Celui-ci épouse son partenaire de longue date Matt Danzeisen en, àVienne, enAutriche. Danzeisen travaille en tant que gestionnaire de portefeuille chez Thiel Capital[31].
Selon une biographie de 2021 intituléeThe Contrarian, Thiel aurait défendu le système d'apartheid comme« économiquement viable » durant ses études àStanford. Thiel nie quant à lui avoir jamais soutenu l'apartheid et a déclaré que sa scolarisation à Swakopmund lui a inculqué une aversion pour l'embrigadement qui l'a orienté vers lelibertarianisme[3].
Dans un ouvrage co-écrit avecDavid Sacks qu'il intituleThe Diversity Myth, il défend son camaradeKeith Rabois(en) au nom de la liberté d'expression après que ce dernier a crié des injures homophobes et« J'espère que vous mourrez du sida ! » devant la résidence de l'un de ses professeurs[6]. Il y promeut également des alternatives à l'État traditionnel, notamment à travers le concept depied-à-mer (néologisme) (mot-valise seasteading en anglais, création de communautés océaniques autonomes)[34].
Les auteurs affirment aussi que certaines accusations de viol sur les campus universitaires peuvent n'être que des« regrets tardifs » et remettent en question les politiques de lutte contre les agressions sexuelles de l'université Stanford. Thiel déclare en 2016 au magazineForbes regretter ces« déclarations insensibles et grossièrement argumentées »[35],[36].
Dès 2004, Thiel exprime sa frustration envers le système démocratique américain, déplorant que« les mécanismes constitutionnels américains » empêchent la« reconstruction de l'ancienne République par une seule personne ambitieuse »[37].
Dans un essai de 2004 intituléThe Straussian Moment, Thiel développe une critique radicale dulibéralisme desLumières qu'il juge inadapté face aux menaces existentielles comme leterrorisme islamiste après le11 septembre 2001. S'appuyant sur les travaux deCarl Schmitt etLeo Strauss, il y argumente que ladémocratie libérale souffre de paralysie politique et suggère la nécessité d'un« cadre politique qui opère en dehors deschecks and balances de ladémocratie représentative »[38]. Il évoque ainsi la création d'un réseau mondial de surveillance coordonnant secrètement les services de renseignement mondiaux comme« voie décisive vers une véritablePax Americana »[39].
En 2009, il expose dans l'articleL'Éducation d'un libertarien (The Education of a Libertarian) des idées politiques qui articulent désormais le cœur de sa pensée :« Je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient compatibles. […] Je reste attaché, depuis mon adolescence, à l’idée que la liberté humaine authentique est une conditionsine qua non du bien absolu. Je suis opposé aux taxes confiscatoires, aux collectifs totalitaires et à l’idéologie de l'inévitabilité de la mort »[6],[40]. Il estime également dans cet article que lecapitalisme et ladémocratie sont devenus incompatibles depuis que les femmes ont obtenu ledroit de vote[41].
Le théoriciennéoréactionnaireNick Land considère que cet article et la déclaration selon laquelle la liberté et la démocratie ne seraient plus compatibles comme un moment charnière dans l'émergence du mouvement de la néoréaction[42].
Dans son article « Against Edenism » publié en 2015 dans la revuecatholiqueFirst Things, Peter Thiel développe une théologie de la technologie aux accentseschatologiques. Déclarant s'appuyer sur des versets de l'Apocalypse de Jean, il argue que l'accélération technologique serait un moyen d'édifier leroyaume de Dieu sur Terre. Selon lui, l'accélération technologique serait nécessaire pour faire face à la raréfaction des ressources naturelles et aux défis existentiels de l'humanité. Il conçoit ainsi la technologie comme un instrument derédemption spirituelle[43].
Depuis 2023, il donne des conférences sur l'Antéchrist et lekatechon (concept biblique de « ce qui retient » la fin des temps), s'inspirant largement des travaux du théologien autrichien Wolfgang Palaver et du juriste naziCarl Schmitt. Dans ses interventions publiques, Thiel exprime la crainte que l'humanité moderne, terrorisée par les risques technologiques, devienne vulnérable à un Antéchrist qui unifierait le monde sous une gouvernance globale. Il voit dans le mouvementnational-conservateur américain, qu'il soutient financièrement, une forme de katechon capable de maintenir un ordre multipolaire et de retarder l'apocalypse[39].
En octobre 2025, Peter Thiel donne une série de quatre conférences à huis clos sur le thème de l'Antéchrist et de l'Armageddon. Il affirme que le monde vivrait sous une doctrine de « paix et sécurité » depuis 50 ans, qui correspondrait au slogan biblique de l'Antéchrist, faisant courir au monde le risque de sa domination, et soutient que cette approche sécuritaire aurait causé 50 ans de stagnation scientifique et technologique, particulièrement dans le domaine de l'intelligence artificielle. L'Astronome royal britanniqueMartin Rees qualifie d'« absurdité » cette théorie de stagnation scientifique généralisée[44].
Thiel établit également des liens entre ses croyances eschatologiques et son travail dans la technologie, affirmant que son travail chez PayPal visait à développer des technologies pour contourner les politiques des« puissances et principautés mondiales », ce qu'il relie à sa réflexion sur l'Antéchrist dans le contexte de l'architecture financière mondiale[45].
Dans ses conférences d'octobre 2025, il identifie plusieurs figures contemporaines comme potentiellement dangereuses, notammentGreta Thunberg[45],[46],[44],Bill Gates[45] et le philosopheNick Bostrom, spécialiste des risques liés à l'IA, qu'il qualifie de« légionnaire de l'Antéchrist »[44]. Il critique également les organisations internationales comme laCour pénale internationale et l'Organisation des Nations unies qu'il considère comme des précurseurs d'un État mondial[45].
En 2014, il publie le livreZero to One, dans lequel il s'exprime contre laconcurrence économique et pour les« monopoleurs créatifs ». L'Economist considère qu'il n'est ainsi« plus tant un libertarien qu'unnietzschéen d'entreprise »[6].
Il soutient le candidat républicainDonald Trump pour l'élection présidentielle de 2016[51]. Le 21 juillet 2016, Peter Thiel s'exprime à la tribune de la Convention Républicaine à Cleveland pour apporter son soutien à Donald Trump. Une fois ce dernier élu en novembre 2016, Peter devient membre du comité de transition à la présidence de celui-ci[52],[53], ce qui a fait de lui un proche conseiller de l'ex-président américain. AvecSafra A. Catz, présidente directrice générale d'Oracle Corporation, il compte parmi les rares figures du domaine de la high-tech à soutenir ensuite laprésidence deDonald Trump[54].
Il est affilié au mouvement politico-idéologique de ladroite tech, dont il est l'un des principaux idéologues[56],[57]. Il est également proche du mouvementnéoréactionnaire et notamment deCurtis Yarvin, un théoricien de ce mouvement qui prône le remplacement de la démocratie par un système de gouvernance inspiré du modèle entrepreneurial[34],[37],[55]. En 2013, il investit dans Tlon Corp., l'entreprise de Yarvin[37],[55]. Il devient à partir de 2019 l'une des figures importantes du mouvementnational-conservateur américain, ouvrant chaque année laNational Conservatism Conference[34].
↑(en) BartonGellman, « Peter Thiel Is Taking a Break From Democracy », surThe Atlantic,(consulté le) :« He reported the contact to the FBI, for which Thiel had become a confidential human source code-named “Philosopher.” Thiel’s role as an FBI informant, first reported by Insider, dated back to May 2021. Charles Johnson, a tech investor, right-wing attention troll, and longtime associate of Thiel’s, told me he himself had become an FBI informant some time ago. Johnson introduced Thiel to FBI Special Agent Johnathan Buma. »