Pour les articles homonymes, voirDe Witt.
Cet article est uneébauche concernant unehistoriennefrançaise.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nom de naissance | Pauline Jeanne Guizot |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Père | |
| Mère | |
| Fratrie | |
| Conjoint | Cornélis de Witt(à partir de) |
| Enfant |
Pauline de Witt néeGuizot ( à Paris - àCannes) est une historienne française.
Pauline Jeanne Guizot naît le 22 juin 1831 à Paris. Elle est la seconde fille deFrançois Guizot[1],ministre sous lamonarchie de Juillet et de sa seconde épouseÉlisa Dillon,femme de lettres.
Par son père, elle descend de la bourgeoisiecévenole aisée etcalviniste[2]:14, liée auxcamisards et dont les membres risquent leur vie dans lesassemblées du Désert[2]:172. Son grand-père André Guizot, avocat partisan desGirondins, estguillotiné àNîmes le 8 avril 1794, à l'âge de 27 ans[2]:15, laissantElisabeth Sophie Bonicel veuve avec deux jeunes enfants à charge, son père et son oncleJean-Jacques. Son arrière-grand-père Jean Guizot estpasteur au Désert[3].
Par sa mère, elle descend de l'aristocratie militaire et financière du XVIIIe siècle,libérale,déiste et très fortunée jusqu'à laRévolution. Sa grand-mère Henriette de Meulan, sœur de la femme de lettresPauline de Meulan, première épouse de François Guizot, se remarie avec Jean-Marie de Vaines,préfet en disponibilité et père de son oncle, le peintreMaurice de Vaines. Son grand-père Jacques de la Croix Dillon est uningénieur d'origineirlandaise et l'un des constructeurs duPont des Arts à Paris[2]:178. Ses arrières-grands-parents sont le comte Charles de Meulan,conseiller du roi puisreceveur général des finances de lagénéralité de Paris et Marguerite de Saint-Chamans[4], issue de la vieille noblessepérigourdine[5].
Sa sœur aînéeHenriette naît le 6 août 1829 et son frèreGuillaume le 11 janvier 1833. Sa mère meurt d'unefièvre puerpérale quelques semaines après l'accouchement de ce dernier.
Pauline Guizot est très proche d'Henriette, comme le note leur père en août 1838 : « Mes deux filles sont très unies. Tout est commun entre elles. C'est un appui et un repos dans la vie qu'une vraie intimité fraternelle. Et puis ce spectacle me plaît. Mes filles sont, dans leur famille, la troisième génération qui me la donne. Et toujours l'aînée supérieure à la cadette et la plus dévouée, la plus prompte aux sacrifices, maternelle pour sa sœur »[2]:198.
La famille s'épanouit auVal-Richer, leur père n'étant plus directement aux affaires jusqu'en février 1840[2]:195. François est très proche de ses enfants, passionné par les questions d'éducation et notamment les méthodes pédagogiques novatrices deJohann Heinrich Pestalozzi inspirées de l'Emile deRousseau qu'il diffuse dans le périodiqueAnnales de l'Education entre 1811 et 1814 avec sa première épouse[6].
Ce père qui a perdu en quelques années ses deux épouses, son frèreJean-Jacques, son fils et deuxbelles-sœurs s'inquiète particulièrement de la santé de ses enfants : « Je mène demain mes filles àCaen, chez leur dentiste de province. Elles ont deuxdents de lait à faire ôter. Il n'y a pas moyen d'attendre Paris. Les dents nouvelles poussent derrière. Cette course me dérange un peu. Mais je suis mère », « Comment ne pas trembler, la santé est un si grand mystère. Que se passe-t-il dans ce sanctuaire impénétrable de la vie ? ». Il convoque fréquemment les médecins Louis Béhier rue de La Ville-l'Evêque, Hue de Lisieux au Val-Richer, voireGabriel Andral, gendre dePierre-Paul Royer-Collard et successeur deFrançois Broussais. Il organise les deux bains mensuels, encourage le régime aulait d'ânesse, insiste sur l'importance de la propreté de la chevelure et d'une alimentation consistante. Il écrit à sa mère depuis son ambassade àLondres en 1840 : « Plus j'y regarde, plus je demeure convaincu que la force, évidemment supérieure, desAnglais, tient à l'excellente viande dont ils se nourrissent habituellement » et réclame qu'aux enfants, on « [donne] de bonnes pièces de boeuf, de veau et de mouton. C'est presque toujours ce qu'ils aiment le mieux. Les petitsragoûts ne sont pas du goût du Nord comme du Midi ». François Guizot encourage l'activité physique : « Du loisir, du mouvement, de la liberté, c'est là ce qu'il faut soigner pour eux. Il n'y a point de liberté pour les enfants s'ils ne sont pas un peu seuls, livrés à eux-mêmes. L'intervention, la simple présence d'une grande personne, même dans leurs plaisirs, leur enlève quelquefois ce laisser-aller, cette verve qui leur sont très bons ». L'enfance des enfants Guizot est heureuse : « Le bonheur de mes enfants fait plaisir à voir. Ils n'ont pas assez de jambes, pas assez de voix pour y suffire »[2]:195-196.
Leur père leur fait fréquemment la lecture, notamment des romans deWalter Scott, en premier lieuIvanhoë : « Vous n'avez pas idée de l'état d'exaltation où cela les met. Elles bondissent sur leurs chaises, elles en rêvent la nuit d'après. Cela ne vaut rien. [...] Je choisirai avec soin mes lectures. J'éviterai celles qui ébranleraient trop fort ces petits nerfs ». Il leur litVillehardouin,Joinville, les grands classiques duthéâtre français. En août 1839, il résume ainsi sa méthode éducative : « Je n'ai avec mes enfants point d'apprêt ni de pruderie ; je ne prétends pas arranger toutes choses autour d'eux de telle sorte qu'ils ignorent le monde, et ses imperfections et ses mélanges, jusqu'au moment où ils y seront jetés. Mais je veux que leur esprit se nourrisse d'excellents aliments comme le corps de bon pain et de bon boeuf. L'atmosphère et le régime, c'est l'éducation, morale comme physique. Je veille beaucoup à cela, et puis de la liberté, beaucoup de liberté. [...] J'ajoute beaucoup d'affection »[2]:196-197.
Les lettres échangées par Pauline Guizot et son père ne sont que partiellement conservées ou retrouvées. Elle apparaît fantasque, perpétuellement gaie. Elle est une excellente musicienne. Cependant, sa santé est délicate. D'après laprincesse de Lieven, elle ressemble à son père : « elle a vos yeux »[2]:197.
Guillaume, le frère de Pauline Guizot, fait la connaissance au collège de Bourbon (aujourd'huilycée Condorcet) deCornélis de Witt. Celui-ci, accompagné de son frère aîné Conrad, fréquentent à partir de 1846 l'appartement duministère des Affaires étrangèresboulevard des Capucines où résident les Guizot. Cornélis visite même ces derniers à Londres. Au retour de la famille au Val-Richer en juillet 1849, les frères sont les premiers invités et se rapprochent d'Henriette et Pauline Guizot. Cette dernière écrit dans son journal : en plein culte familial, début mars 1850, « mon père nous a donné sa bénédiction à toutes deux, sous le portrait de notre mère, en nous disant : ''elle serait bien heureuse aujourd'hui'' »[2]:198-199.
Le, sa sœur Henriette épouse à ParisConrad de Witt. Le 18 mai 1850, Pauline Guizot épouseCornelis de Witt[7], frère de Conrad. Le couple a sept enfants[8] :
A Guillaume Guizot,Sainte-Beuve dit au sujet de Cornélis : « Il est négendre de monsieur votre père »[2]:198. En effet, ils partagent tous deux un grand intérêt à la fois pour l'histoire et pour lapolitique. Par ailleurs, les frères sont égalementcalvinistes. Son beau-père lui écrit en 1852 : « J'ai été bien préoccupé de l'avenir de mes filles. J'étais très difficile et par conséquent très inquiet pour elles. Vous avez, votre frère et vous, réalisé mes rêves et dépassé mes espérances. Je trouve votre bonheur intérieur si complet et si bon que je ne demande pour vous rien de plus »[2]:199.
Sa belle-sœur Elisabeth, toujours célibataire à 28 ans, épouse le 4 mars 1854 Gaston Gaillard,fonctionnaire des Finances issu d'une bonne famille protestante duGard. En 1878, la fille aînée d'Elisabeth et Gaston, Sophie Gaillard, épouse Robert de Witt, troisième enfant de Cornélis et Pauline de Witt[2]:199-200.
Conrad et Henriette exploitent le domaine du Val-Richer à partir de 1855 et ne le quittent plus jamais. Cornélis et Pauline de Witt y vivent également jusqu'en 1867, date à laquelle ils s'installent à Paris. L'été, les familles se retrouvent dans le domaine familial autour du patriache[2]:200.
Elle a publié uneHistoire de Guillaume le Conquérant, et collaboré activement au dernier ouvrage de son père :Histoire de France racontée à mes petits-enfants.
Le 28 février 1874, Pauline de Witt meurt à 43 ans de latuberculose envillégiature médicale àCannes, entourée de son mari, de ses enfants et de sa sœur Henriette, qui écrit à son père absent : « Elle est si belle et si douce dans son éternel repos. Elle vous ressemble, et à François [son demi-frère, fils dePauline de Meulan, mort en 1837] »[2]:200.
Elle est inhumée au cimetière autour de l'église deSaint-Ouen-le-Pin, avec de très nombreux membres de la famille Guizot.