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Paulin-Méry

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Paulin-Méry
Illustration.
Paulin Méry vers 1900.
Fonctions
Député français

(12 ans, 6 mois et 19 jours)
Élection6 octobre 1889
Réélection20 août 1893
8 mai 1898
CirconscriptionSeine
LégislatureVe,VIe etVIIe(Troisième République)
Groupe politiqueDéfense nationale(1898-1902)
PrédécesseurCirconscription créée
SuccesseurFerdinand Buisson
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissanceVilliers-sur-Tholon
Date de décès (à 52 ans)
Lieu de décès6e arrondissement de Paris
Parti politiqueBoulangisme
ProfessionMédecin,homme politique,journaliste
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César Auguste Paulin Méry, ditPaulin-Méry, né le 14 juin 1860 àVilliers-sur-Tholon et mort le 25 janvier 1913 àParis, est unmédecin,journaliste ethomme politique français.

D'abord d'orientationradical socialiste, il adhère auboulangisme puis aunationalisme proche deHenri Rochefort et desblanquistes duComité central socialiste révolutionnaire (CCSR).

Biographie

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Études et formation

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Élevé durant son enfance dans une famille d’artisans aisés[1] composée de sa mère et de son père César Méry qui exerce commetonnelier, il fait sa scolarité dans le collège deAuxerre[2] puis entame des études en école de médecine àJoigny qu’il finit àParis. Une fois reçu docteur en 1885, il se spécialise dans l’utilisation des rayons X et dans la science radiologique. Ayant ouvert un cabinet médical dans un appartement au 13rue de Turbigo et un dispensaire gratuit pour les pauvres au 176boulevard de la Gard, il commence à collaborer dans diverses feuilles politiques commeLa France Révisionniste et fonde deux journaux :Paris Libre puisLe Réveil du XIIe arrondissement[3].

Cherchant une organisation politique dans laquelle évoluer, il se rapproche duParti radical-socialiste et rentre à la commission exécutive laLigue pour la défense de la République (anti-boulangiste) en 1887[4]. Ayant côtoyé certainesblanquistes, il les suit dans leur évolution et rejoint finalement le mouvementboulangiste en 1888. Cette même année, il adhère à laLigue des patriotes et fonde une section de l'organisation dans leXIIIe arrondissement dont il devient le président.

Campagne boulangiste

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Caricature de Paulin Méry battant Émile Basly aux élections.

En 1889, il se lance dans la campagne des législatives comme « socialiste » et « révisionniste » et se présente dans la deuxième circonscription contre le mineur socialisteÉmile Basly. Remportant l'élection par 5 806 voix contre 5 774[5] pour son concurrent, la campagne menée par Paulin Méry se révèlera être particulièrement mouvementée et parfois très brutale. En effet, s'étant doté d'un journalL'Idée nationale, Paulin Méry va multiplier les attaques envers son adversaire en l'accusant par exemple d'avoir menti sur son passé de mineur ou encore d’avoir profité de sa situation en tant que député pour donner un poste à sa femme. Durant les réunions publiques, les « possibilistes-internationalistes » et les partisans de Paulin Méry vont bien souvent en arriver aux mains et de multiples bagarres vont avoir lieu[3].

Le député du XIIIe arrondissement

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Devenu député, Paulin Méry rentre en 1891 au comité directeur de laLigue des patriotes et fait figure de « rivale de gauche » àPaul Déroulède. De ce fait, ayant acquis une certaine popularité dans son arrondissement, il scissionne et utilise la section de laLigue dont il est le président pour fonderLe Drapeau Révisionniste du 13e[3].Franc-maçon et membre de la loge « Les Vrais Experts », il en est exclu la même année en raison de ses opinionsboulangistes de la même manière que d'autres députés élus commeÉmile Goussot[1].

Paulin Méry vers 1898.

Dans son arrondissement, Paulin Méry va entretenir sa popularité en soutenant des œuvres de charité et d'aide aux plus démunis. Il cumulera au cours de sa carrière de député les fonctions de président de laSociété des Soupes populaires du 13e arrondissement et d'associations sportives liées à l'exercice du vélo comme laSociété National de Vélocipédie (SNV) afin de démocratiser la pratique au plus grand nombre notamment auprès des amateurs. C'est en 1895 qu'il fonde et devient le président de laFondation Cycliste des Amateurs Français(FCAF). Président de la FCAF durant 6 années consécutives, il finit par la quitter pour rejoindre l'Union Vélocipédique de France (UVF) à laquelle il restera jusqu’à sa mort. Il préside tous les Congrès annuel de l’Union à partir de 1901, sauf ceux deBordeaux en 1901, deNantes en 1905, deDijon en 1907 et deNancy en 1909, et participe activement à l’union des différentes fédération de sport, notamment en 1899 avec le traité signant l’alliance entre l’UVF et l’USFSA (Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques)[6],[7].

Il est aussi présent lors de fêtes ouvrières comme en août 1894 avec l'assemblé corporative des boulangers du 13e ou encore en mars 1895 avec laChambre syndicale des ouvriers et employés des chemins de fer de la section Paris-Orléans. Durant l'hivers 1896, il participe à la défense des locataires expulsés par la Ville de Paris en écrivant une lettre au Préfet de la Seine[3].

Contre les ouvriers étrangers

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La Ligue pour la défense du travail national

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Un des thèmes qui mobilisera Paulin Méry durant toute son action politique sera la lutte contre la venue de travailleurs étrangers en France. Dès 1891, il fonde une éphémèreLigue anti-allemande avec son collègueEugène de Ménorval visant à encourager les patrons français à ne pas embaucher d'ouvriers en provenance d'Allemagne[3].

En 1893, il se présente à nouveau aux élections (20 août - 3 septembre) et renouvelle son mandat en battant largement son concurrentAntoine Blatin par 6.035 voix contre 2.388 voix. À la suite de sa réélection, il s'engage activement dans un combat contre la venue de travailleurs étrangers sur le sol français dans le contexte dumassacre des Italiens d'Aigues-Mortes survenu entre le 16 et le 17 août de la même année. C'est dans ce contexte de tensions que Paulin Méry lancera, en janvier 1893, laLigue pour la défense du travail national. Dans le numéro du 31 décembre 1893 du journalLa Patrie, il explique ses motivations :

« Nous voulons protéger les ouvrier français contre les ouvriers étrangers qui, dans les ateliers, prennent leurs places ; nous ne voulons pas que sous le couvert la fraternité universelle, l’élément étranger, de plus en plus envahissant, se substitue au travailleur français dans la production nationale ».

Il prétend notamment que sa nouvelle organisation « compte plus de 2000 adhérents » et que celle-ci dispose « de neuf sections entièrement organisées à Paris et deux en province »[8]. Assisté par des socialistes locaux comme Charles Caron et Eugène Raimbault, Paulin Méry fonde, vers la fin de l'année 1894, unParti du travail national se confondant avec saLigue et dont le journalL'Idée nationale devient l'organe officiel avec des effectifs s'accroissant progressivement. Cette forme « d’ultra-protectionnisme » est appuyée par certains patrons qui assistent aux conférences de Paulin Méry où celui-ci se dit « à leur disposition pour leur procurer les ouvriers français nécessaires à leur exploitation » et en appelle à leur « patriotisme » tout en les traitant dans son journal de « monstres, vampires, dégoûtants parasites, rois fainéants, rongeurs »[3].

L'action parlementaire

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À la suite des élections de septembre 1893, Paulin Méry rejoint à laChambre des députés leGroupe parlementaire nationaliste (socialiste-national) formé à l'initiative dusocialiste et anciencommunardGustave Paul Cluseret et de plusieurs anciens députésboulangistes commePierre Richard etHenri Michelin. Se réclamant des « principes du socialisme français » et de « la solidarité nationale »[9], Paulin Méry soutient des propositions de lois en faveur des ouvriers français en défendant par exemple la proposition d’amnistie générale pour les grévistes portée par le députésocialistePaschal Grousset.

Autre préoccupation, il multiplie les propositions de lois visant la main d'œuvre étrangère. Le 10 janvier 1895, il dépose une proposition visant à « déclarer inéligibles et incapables de remplir les emplois civils ou militaires les étrangers naturalisés français et les descendants d’étrangers jusqu’à la quatrième génération ». Cette loi prévoie d’interdire « aux officiers dignitaires de l’état, aux officiers de l’armée de terre et de mer et à certains fonctionnaires de contracter un mariage avec des étrangères même naturalisées et des descendants d’étrangers jusqu’à la quatrième génération ». Durant son discours, Paulin Méry invoque des raisons de « défense nationale » pour protéger une France « devenue la proie des étrangers et des juifs » et de la « juiverie » responsable selon lui « de tous les scandales » dont la France est témoins et auxquels « la vraie France est étrangère ». Cette loi, une fois appliquée, ferait en sorte que les concernés ne jouiraient pas « de la plénitude de leurs droits politiques » et que par conséquent ils seraient « Français sans avoir la qualité de citoyens français et tous les droits attachés à cette qualité »[10].

En 1897, il est à l'origine, avecMarcel Habert, d'un débat houleux au terme duquel une majorité adopte une motion qui permettrait de n’accorder des primes d’exportation qu’aux industriels employant plus de 75% d’ouvriers français. Cette motion, approuvée par la plupart des socialistes, est contestée par la commission des douanes le surlendemain et est finalement repoussée par une courte majorité (234 voix contre 232)[11].

L'activité politique de Paulin Méry entre 1898 et 1902

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Paulin Méry vers 1900.

Bien que très actif, Paulin Méry n'arrive pas à structurer suffisamment saLigue et son journalL'Idée nationale cesse de paraître en avril 1896. En 1897, lui et sa loge maçonnique sont mis en cause par le tribunal de la Seine pour détournement de fonds[1]. Le 8 janvier 1898, restant un admirateur dugénéral Boulanger, Paulin Méry fonde le « Comité pour l’entretien de la tombe de Boulanger » pour maintenir le souvenir de celui-ci. Cependant cette tentative de conservation de la mémoire du général est un échec ;Maurice Barrès se rendra sur la tombe deBoulanger une dernière fois en 1900 et en 1903 on ne dénombrera plus que 5 personnes présente. Paulin Méry est l’un des derniers en 1908 à se rendre sur la tombe du général, sur laquelle il s’était rendu annuellement depuis sa mort, pour y déposer une gerbe de fleurs.

Il continue cependant à militer et rejoint divers groupes se revendiquant comme lui dusocialisme et dunationalisme comme le 6 avril 1898 quand leComité central socialiste révolutionnaire (CCSR) desblanquistes ralliés aunationalisme accepte son adhésion. Il est aussi présent à différentes réunions de laJeunesse Blanquiste et duParti républicain socialiste français[3] fondé le 11 juin 1898 parHenri Rochefort etAlfred Gabriel au cours desquelles il « flagelle le traître (Dreyfus) et montre combien la compagne entreprise pour sa réhabilitation est marquée de tous les signes de la corruptions vénale »[12]. Réélu la même année par 8.940 voix contre 3.408 contre le socialisteEugène Givort, il devient le président du « Comité d’Action Patriotique et Socialiste » en 1901[13], collabore àLa Libre Parole deÉdouard Drumont, fait des interventions aux réunions duComité National Antijuif et défile lors de manifestations publiques en compagnie de nombreuxantisémites commeMax Régis,Ferdinand le Menuet ou encoreDaniel Cloutier[14].

Etablissement de Paulin Mery,19 rue Guénégaud (6ème arrondissement de Paris).

Fin de carrière et décès

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À partir de 1902, Paulin Méry n'est plus réélu. Il échoue en effet trois fois d'affilée face à son concurrentFerdinand Buisson : en 1902, avec 7.747 voix contre 8.468 pour son adversaire à la suite d'une rude campagne, en 1906, avec 7.764 voix contre 8.887 malgré le soutien de l'Action libérale populaire (ALP) et de laLigue patriotique des Françaises, et en 1910, avec 7.378 voix contre 8.204. Sa carrière politique se termine avec une dernière tentative en 1912 quand il fait campagne pourCharles Lalou mais échoue[15].

Malgré tout, il conserve toujours sa popularité chez les habitants qui peuvent profiter de l'établissement qu'il a ouvert au19 rue Guénégaud (6ème arrondissement).

En 1913, alors qu'il traite un de ses malades, il est victime d’une douloureuse brûlure à la main gauche sur son majeur occasionnée par les rayons X malgré des gants en plomb sensés le protéger. Il souhaite malgré tout continuer à prodiguer des soins à ses patients mais la douleur s’intensifiant de jours en jours le contraint à se faire opérer dans sa propre clinique. À la suite de l’opération, il succombe d'une congestion pulmonaire le 25 janvier à l’âge de 53 ans laissant derrière lui sa femme et sa fille de neuf ans. Avant sa mort, il aura fait en sorte qu’une partie de son testament (5 000 francs) aille au fleurissement de la tombe dugénéral Boulanger.

Postérité

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En 1929, les habitants de la rue où Paulin Méry exerçait son métier décident de proposer à la mairie de Paris de la renommer avec le nom de l’ancien médecin[16]. Bien plus tard, en 2000, une pétition est lancée par l’association « Écologie pour Paris » afin de débaptiser la rue du XIIIe arrondissement portant le nom de Paulin Méry (cette pétition n’aboutira pas) en raison de son « passé sulfureux » explique l’historien Gérard Conte, spécialiste du XIII arrondissement[17] (encore aujourd'hui, la plaque portant le nom de Paulin Méry est visible).

Plaque Rue Paulin Méry.

Œuvres

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  • La tuberculose et son traitement rationnel (5e édition), éditions Ch.Caron, Paris, 1900[18]

Notes et références

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  1. ab etcJulien Rycx,La franc-maçonnerie et la crise boulangiste (1886-1891), Presses universitaires du Septentrion,
  2. « Un compatriote victime de rayon X : le Docteur Paulin Méry »,Le Bourguignon,‎, page 1(lire en ligne)
  3. abcdef etgPierre-Jacques Derainnes, « Un précurseur : le député parisien Paulin-Méry »,Gavroche : revue d'histoire populaire,‎, page 16
  4. Jean-Marie Mayeur et Arlette Schweitz,Les parlementaires de la Seine sous la Troisième République,vol. 1, Publications de la Sorbonne,(lire en ligne), page 461
  5. Justinien Raymond, « BASLY Émile, Joseph », surMaitron,(consulté le)
  6. « Nouvelles de l'UVF »,Le Vélo : journal quotidien de vélocipédie,‎, page 1(lire en ligne)
  7. « Paulin Méry »,Union vélocipédique de France : bulletin officiel,‎, page 20(lire en ligne)
  8. « Contre les ouvriers étrangers : une nouvelle ligue - chez M. Paulin Méry »,La Patrie,‎, page 4(lire en ligne)
  9. « L'action nationaliste en province »,Le Drapeau,‎, page 6(lire en ligne)
  10. France. Assemblée nationale (1871-1942). Chambre des députés,Annales de la Chambre des députés : Documents parlementaires,vol. 46, Paris, Impr. du Journal officiel,(lire en ligne), page 18
  11. Laurent Dornel,La France hostile : Socio-histoire de la xénophobie (1870-1914), Hachette littératures,(lire en ligne), page 84
  12. « La réunion de Levallois »,L'Intransigeant,‎, page 2(lire en ligne)
  13. « Mouvement socialiste et nationaliste »,L'Intransigeant,‎, page 4(lire en ligne)
  14. « A Champigny-la-bataille : les morts pour la patrie »,La Libre Parole,‎, page 2(lire en ligne)
  15. Bertrand Joly,Dictionnaire biographique et géographique du nationalisme français (1880-1900), Honoré Champion,,p. 314
  16. « A l'Hotel de ville »,Journal des débats politiques et littéraires,‎, page 4(lire en ligne)
  17. Florence Sterg, « La rue Paulin Méry suscite une controverse »,Le Parisien,‎(lire en ligne)
  18. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5772273t/f6.item.r=Paulin%20M%C3%A9ry

Sources

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Bibliographie

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  • Julien Rycx,La franc-maçonnerie et la crise boulangiste (1886-1891), Presses universitaires du Septentrion, 2020, « Notices biographiques », p. 197-208

Voir aussi

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Liens externes

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