Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

Paulicianisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Lepaulicianisme était unereligion d'originechrétienne orientale, probablementarménienne, aujourd'hui disparue. Ce mouvement néo-manichéen apparaît enAsie Mineure, alors part de l’Empire byzantin, à la fin duVIIe siècle. Il a été considéré commehérétique par les Églisescatholique etorthodoxe.

Histoire

[modifier |modifier le code]

Les origines

[modifier |modifier le code]

Ses origines ne sont pas bien connues :épîtres desaint Paul opposées à celles desaint Pierre ou bien enseignements de Paul l'Arménien (père de Gegnaesius, troisième chef de l'Église paulicienne et de Théodore)[1] ? Paul l'Arménien est un prédicateur manichéen duVIIe siècle, organisateur d'un mouvement regroupant des communautés agraires qui n'hésitent pas à s'armer[2], et qui mourut en715.

Les pauliciens, se référant àPaul de Tarse et peut-être aussi aumonothéisme strict dePaul de Samosate en matière de foi, rejettent le clergé, la croix, les saints, l'Eucharistie, les sacrements, le mariage et le cérémonial des Églises grecque et romaine, leur formalisme et leur appétit pour le pouvoir et la richesse. La communion se fait par l'enseignement du Christ et non par l'Eucharistie. Ils prônent une lecture intérieure et personnelle desÉcritures, la méditation et laprière. LePater Noster est pour eux la seule prière. Cela vaut aussi par la suite pour divers courants duprotestantisme et ducatharisme.

Il y avait deux branches :

  • enArménie, on considérait que leChrist était adopté parDieu ;
  • en Grècemanichéenne, Dieu était un double principe créateur du monde : mauvais pour l'esprit humain à travers le monde (siège de la matière, de la violence et du mensonge, c'est-à-dire des tentations) mais bon à travers le ciel (siège de la force, de la sagesse et de la beauté spirituelles, c'est-à-dire des vertus).

Constantin de Mananalis

[modifier |modifier le code]

Constantin de Mananalis fonde, vers660, une secte néo-manichéenne dont les écrits desaint Paul constituent une base doctrinale. Il sera condamné à mort pour hérésie par l'empereur byzantin en687.

La doctrine dualiste de Constantin de Mananalis oppose l'esprit divin à la matière, qui est l'œuvre du diable. Elle rejette tout culte marial car les pauliciens estiment que Marie n'était ni vierge au sens charnel du terme, ni la mère charnelle du Christ, dont le corps (œuvre diabolique, s'il avait été réel, et qui n'aurait jamais pu emprisonner l'esprit divin du Christ) n'était qu'une illusion. Pour les pauliciens, l'esprit divin du Christ n'a fait que « se parer de l'image d'un corps humain » afin que les hommes le reçoivent. Ils rejetaient lessacrements (baptême,Eucharistie) et n'avaient pas de prêtres.

L'État militaire en lutte contre l'Empire byzantin

[modifier |modifier le code]

Après la mort de Sergios, le dernier didascale (« enseignant » en grec), vers834-835, le mouvement évolue et se structure en État militaire autonome, basé enAnatolie (dans l'est de l'actuelleTurquie) qui entre en lutte contre l'Empire. En842-843, l'impératriceThéodora relance la persécution contre la secte, ce qui a pour effet de renforcer l'émigration vers la région d'Argaoun. Un officier (prôtomandator) duthème desAnatoliques,Karbéas, se laisse convertir avec une partie de sa troupe : ils font défection et s'assurent le commandement de la ville qui devient le quartier général militaire des pauliciens, d'où ils lancent des raids contre l'empire, s'alliant pour cela à l'émir deMélitène dans le territoire duquel ils sont accueillis. Là, ils fondent une nouvelle capitale pour leur mouvement :Téphrikè, entreSébastée et Argaoun, près de la frontière byzantine du thème desArméniaques. S'ensuit une série d'attaques contre l'empire, en859,861 et863, où les pauliciens épaulent finalement les arméesarabes, ce qui les fait considérer par les Byzantins non seulement comme des hérétiques, mais aussi comme des apostats et des traîtres (ἀπόστασιοι ϰάι ϖροδότες) punissables de mort[3].

Chrysocheire (Χρυσόχειρος : « main dorée » en grec) succède à son oncle et beau-père Karbéas et poursuit son activité militaire : il porte les attaques de plus en plus profondément en territoire impérial, atteignantNicée,Nicomédie etÉphèse, mises à sac en869-870. Une ambassade dePierre de Sicile, cette même année, est envoyée négocier à Tephrikè le rachat des prisonniers et un traité de paix, en vain.

La contre-offensive militaire byzantine commence par un échec en871 avec une expédition malheureuse deBasile Ier. La mort de Chrysocheire en872 sur le chemin du retour d'un raid enGalatie, àBathys Ryax, porte toutefois un coup décisif à l'État paulicien, dont la capitale tombe finalement en878[3].

La diaspora paulicienne

[modifier |modifier le code]
Carte du paulicianisme et de ses avatars probables.

Après la destruction de l'État paulicien, une partie de la communauté émigre vers le sud et constitue une véritablediaspora paulicienne enSyrie. Ils y sont parfois persécutés en tant que chrétiens, et, face au danger arabo-musulman, l'Empire de son côté cherche des alliés et offre aux pauliciens son pardon : certains soldats sont intégrés dans l'armée byzantine en contingents spéciaux, sans être forcés d'abjurer semble-t-il : leurs unités sont mentionnées par la suite dans l'histoire militaire de l'empire, comme celle d'un certain Diakonitzès qui s'illustre au service deNicéphore Phocas l'Ancien enItalie du Sud vers.

La reconquête de la Syrie-Mésopotamie parJean Ier Tzimiskès (-) entraîne l'intégration de nouveaux contingents pauliciens qui sont transférés dans lesBalkans, où ils sont établis comme garnisons des défilés de l'Axios et de l'Euros, en amont deSalonique et dePhilippopolis, et où ils sont appelés « Bardariotes »[4].

D'autres communautés sont attestées par les vies de saints enAsie Mineure : Paul le Jeune (avant) les combat et demande à l'empereur de les éloigner deMilet et du thème desCibyrrhéotes. Philothéos, métropolited'Euchaïta dans lePont (aujourd'hui village d'Avgat-Beyözü), est également confronté à leur présence dans sa métropole, et demande conseil à Théodore de Nicée[5].

Ils représentent toujours une communauté puissante sous le règne d'Alexis Ier Comnène et envoient un contingent de trois mille hommes à labataille de Dyrracheion en. Après la défaite, ils refusent de répondre aux nouvelles convocations de l'empereur et celui-ci en fait exiler leurs principaux chefs. Les Pauliciens s'allient alors auxPétchénègues et participent à la bataille de Béliatova () qui est un désastre pour les Byzantins. Par la suite, Alexis tente plutôt la persuasion pour se concilier à nouveau les Pauliciens et participe personnellement à des débats religieux avec eux.

Même si les sources, fragmentaires et rares, ne permettent pas de le prouver de manière formelle, il est évident, par la similitude desthéologies, que les Pauliciens ont influencé les « Foundagiagites » (« sommets de la sainteté » engrec) d'Asie Mineure[6], et les pauliciens ont également été rapprochés desEuchites ou Messaliens et parfois desPriscilliens. EnArménie se serait également constituée une communauté d'inspiration paulicienne, la secte desThondrakiens. Des similitudes théologiques les apparentent aussi auxBogomiles desBalkans dans la deuxième moitié duXe siècle puis, auXIe siècle, aux« tisserands » et aux « vaudois », aux « patarins », « cathares » et « piphles » d'Occident[7] ainsi que, côté musulman, auxalévis d'Anatolie, nombreux dans les régions autrefois pauliciennes de laTurquie actuelle ; dans lesBalkans, les régions autrefois bogomiles sont celles dont les habitants se sont le plus aisément convertis à l'islam (Bulgares,Goranes ouBosniens parmi lesSlaves,Bektachis parmi lesAlbanais etMoglénites parmi lesValaques)[8]. Enfin dans les régions jadis cathares en France, lescamisards protestants ont développé unetradition de résistance armée après larévocation de l'édit de Nantes.

Bien sûr, on ne peut pas démontrer de lien direct entre le passé religieux ancien de ces régions et leurs traditions ultérieures, mais la concordance géographique semble indiquer que le souvenir des traditions pauliciennes ne s'est pas effacé dans les mémoires des habitants, par-delà les évolutions des langues et des religions. Toutefois, la théologie paulicienne, ainsi que ses avatars européens, a bel et bien disparu du paysage religieux moderne[9].

Notes et références

[modifier |modifier le code]
  1. EdwardGibbon (trad. François Guizot),Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain,t. 11, Paris, Lefèvre,(lire en ligne),p. 3
  2. Gérard Chaliand et Sophie Mousset,2000 ans de chrétientés: guide historique, 2000
  3. a etbDagron [1993], p. 229.
  4. François Pouqueville :Voyage en Morée, à Constantinople, en Albanie, et dans plusieurs autres parties de l'Empire Ottoman, Paris, 1805, 3 vol., à lire suren ligne (Gallica).
  5. Dagron [1993], p. 231.
  6. Euthyme de la Péribleptos,Lettre contre les Phoundagiagites (XIe s.),  éd. G. Ficker,Die Phundagiagiten : ein Beitrag zur Ketsergeschichte des byzantinischen Mittelalters, Leipzig, 1908.
  7. Roger Caratini,Les Cathares, de la gloire à la tragédie, pp 18-19.
  8. (en)Selian, Edouard (2009). The Pomaks: an Islamized People of Europe.
  9. « L'énigme des Pauliciens », Chrétiens d'Orient - France Culture,(consulté le)

Voir aussi

[modifier |modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

[modifier |modifier le code]

Articles connexes

[modifier |modifier le code]

Liens externes

[modifier |modifier le code]

Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Paulicianisme&oldid=232215348 ».
Catégories :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2026 Movatter.jp